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  • L’organisation des Estivals provoque des débats houleux au conseil municipal des Pennes Mirabeau

    L’organisation des Estivals provoque des débats houleux au conseil municipal des Pennes Mirabeau

    À quelques jours des Estivals, l’événement festif de l’été, après le refus du Comité des fêtes, organisateur historique de la manifestation, de signer la convention, la Ville a proposé le Club de rugby des Cadeneaux pour le remplacer. Un revirement qui a provoqué de houleux débats au conseil municipal convoqué en urgence lundi soir. « Notre volonté est de réintroduire de l’ordre, de la légalité et de l’égalité », a justifié le maire (LR), Romain Amaro.

    Un argument que l’opposant Jean-Philippe Musso (DVG) rejette en bloc : « Refuser cette convention ne rend pas les procédures antérieures illégales. On peut changer de méthode mais on peut pas jeter le discrédit sur une association et ses bénévoles qui, pendant des années, ont fait vivre des événements populaires, attendus et appréciés des Pennois ». Selon lui, le texte vise sciemment à écarter le Comité des fêtes et son représentant, Jean-Marc Léonetti, ex-premier adjoint sous Michel Amiel. Il dénonce une convention qui retire à l’association le choix de ses partenaires, met en péril son équilibre financier et impose un suivi jugé abusif de sa communication avec la presse. « Aux Pennes-Mirabeau, on n’est pas dans une dictature », ajoute-t-il, dénonçant une « chasse aux sorcières » visant les associations favorables à l’ancienne majorité.

    Autre point de tension, jusqu’à la veille du conseil, l’organisation revenait au Sporting Club Police Marseillais, présidé par Romain Vesperini, élu aux côtés du maire actuel. Une proximité soulevant « l’hypothèse d’un conflit d’intérêts » selon l’opposition. « Peut-être parce que ce choix devenait difficilement défendable, vous avez rétropédalé et confié l’organisation au club de rugby des Cadeneaux », a lancé Jean-Philippe Musso, disant avoir appris ce nouveau changement d’organisateur par la presse, le matin même du conseil. En fin de débat, le maire tente un ultime coup de théâtre pour espérer remporter la partie en sous-entendant un conflit d’intérêts. Il fait distribuer un formulaire d’inscription destiné aux food-trucks des Estivals. Le document exige une caution de 40 euros à l’ordre du Comité des fêtes, à envoyer à l’adresse de Jean-Marc Léonetti, accompagnée du contact e-mail de sa propre cave à vin.

    L’affaire délicate

    du Data Center

    Le reste du conseil n’a pas échappé à cette tension notamment quand la question du Data Center – projet de l’ancienne mandature que le maire Romain Amaro disait vouloir abandonner – arrive au menu. « On passe d’un extrême à l’autre », relève Jean-Philippe Musso. Le maire présente un accord en cours de négociation avec l’entreprise Telehouse, pour enrichir le projet de panneaux solaires et de redistribution de la chaleur fatale de l’infrastructure qui permettrait « une réduction des factures d’électricité » assure Romain Amaro. Des avantages jugés insuffisants pour Jean-Philippe Musso qui pointe « des coûts exorbitants par rapport aux bénéfices ».

    Devant la mairie, les opposants se sont fait entendre. Christine Muscat, présidente du Comité d’intérêt de quartier Pallières, dénonce « des mensonges » sur la promesse d’un accès gratuit des habitants à l’énergie produite et réclame des preuves.

  • [Entretien] Cécile Helle : « Je suis surprise, l’attaque du maire est extrêmement violente »

    [Entretien] Cécile Helle : « Je suis surprise, l’attaque du maire est extrêmement violente »

    Sollicitée par La Marseillaise, l’ancienne première magistrate a accepté de sortir de la « réserve » qu’elle s’impose depuis qu’elle n’est plus en responsabilité. Et ce, afin de rétablir sa vérité financière après les lourdes accusations sur sa gestion portées par son successeur Olivier Galzi (DVD).

    La Marseillaise : Quelle a été votre réaction quand vous avez entendu Olivier Galzi dire que « la Ville est un champ de ruines » ?

    Cécile Helle : J’ai mûrement réfléchi avant de sortir de mon silence. Je comprends qu’il y ait une théâtralisation dans la mise en scène, mais outrancière. Il faut savoir raison garder et ramener sur la réalité des chiffres. En 2014, on avait fait un audit, mais on n’avait pas cherché à l’exploiter politiquement. La différence aussi par rapport à nous quand on est arrivé, c’est que là, il y a un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) qui est tombé quasiment au même moment que l’audit. C’est cela qui prévaut, avec des magistrats indépendants qui ont analysé la situation financière de la ville de 2019 à 2024. On peut leur faire confiance. Ils ont aussi posé un certain nombre de questions sur le budget de 2025, même s’ils n’en ont pas formellement rendu compte dans leur analyse.

    Vous vous inscrivez en faux avec les données avancées par Olivier Galzi ?

    C.H. : Je suis surprise de cette analyse. Les villes ont l’habitude d’être accompagnées par des cabinets qui font régulièrement des prospectifs financiers avec des scénarios alarmistes. Chacun des budgets qu’on a eu à construire, ça a été des combats. Quand on a des convictions, comme nous, pour porter un haut niveau de service public, pour être sur des politiques de solidarité et de soutien au pouvoir d’achat des familles, tout en préparant la ville aussi à la transition climatique, à travers un haut niveau d’investissement, il faut y aller, ne pas avoir peur de l’adversité et surtout ne pas refuser l’obstacle. Quand j’ai rencontré Olivier Galzi lors de la passation de pouvoir, c’est un point sur lequel je l’avais alerté en le prévenant qu’il fallait vraiment être en première ligne pour piloter et suivre le budget. Quant aux chiffres avancés, il y a non seulement le rapport de la CRC, mais aussi le compte administratif 2025. On sort avec une épargne brute qui est à 21,5 millions d’euros et un excédent de 18 millions d’euros. En 2025, on a réussi notre plus haut niveau de désendettement à 2,4 millions d’euros, ce qui était une des exigences de la CRC. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de points d’alerte, mais est-ce ça la faillite ?

    Le maire dit qu’il y a eu 5 millions d’euros de glissement du budget 2025 non payées vers 2026.

    C.H. : Je n’ai pas les éléments. Je n’ai eu aucune alerte de ce point de vue là, y compris lorsque j’ai refait une réunion sur le budget en mars, où j’avais demandé des documents pour qu’il y ait un dossier transmis au futur maire. Je n’ai eu aucune alerte des services, ni du comptable public, ni du préfet [Olivier Galzi met en avant un courrier signé par le préfet et le directeur des finances publiques qui fait état de mauvais indicateurs], avec qui j’ai déjeuné en tête à tête à la mi-février. Chaque année, il y a des reports. C’est de la gestion des comptabilités, mais au début de chaque mois de décembre, on arrête ce qu’on appelle les mandatements, donc de payer les factures. Et ce, à la demande du comptable public. Et donc nécessairement, tout ça glisse sur l’année suivante.

    Quid aussi, par exemple, de l’absence de fond pour faire fonctionner la piscine Pierre-Reyne, qui doit rouvrir cette année après travaux ?

    C.H. : On avait bien précisé que le budget primitif qui était présenté en décembre offrait un cadre global avec les grandes orientations. J’assume le budget sur le premier trimestre, mais pas la suite. Vu que la piscine allait rouvrir au plus tard en septembre, c’est au nouveau maire de calibrer la dépense de fonctionnement qui est liée à la réouverture de cet équipement. Je l’ai fait quand on a rouvert les piscines Jean-Clément et Chevalier de Folard. Quand pendant l’été, on décide de ne pas ouvrir toutes les piscines, c’est dans un souci d’une gestion financière soutenable du budget annexe des activités aquatiques. Il faut trouver ensuite un juste équilibre. J’avais fait travailler les services sur différents scénarios et ce que ça représente en dépenses de fluides, de ressources humaines. C’est bien le rôle d’un maire que de piloter au plus près les budgets.

    Cette description apocalyptique sert-elle à préparer les esprits à des renoncements ou privatisations ?

    C.H. : Je pense que c’est un habillage pour sûrement ensuite instaurer une politique d’austérité et vraisemblablement de privatisations. Si on prend la cantine [service remunicipalisé par Cécile Helle en 2015], la Ville ne dépense pas plus aujourd’hui que ce qu’elle dépensait quand elle versait une contribution à Scolarest [délégataire privé]. Et entre-temps, on a assuré une meilleure qualité alimentaire aux enfants, en baissant les tarifs en trois temps. Plus généralement, pendant 12 ans, on a réussi à construire des budgets, y compris dans des contextes où l’adversité était encore plus forte qu’à l’heure actuelle, comme en début de second mandat avec les crises sanitaires et énergétiques. On a assumé un haut niveau de subventions aux associations [diminuées de 10% au conseil municipal de mardi] et d’investissement sans jamais augmenter les impôts.

    Plus globalement, quel bilan tirez-vous des 100 premiers jours de votre successeur ?

    C.H. : Je ne cherche pas à commenter. Je pense avoir renvoyé l’image d’une maire soucieuse du devenir de sa commune, de l’accompagnement de ses concitoyens et qui a essayé de faire au mieux dans le contexte qui est celui de la ville d’Avignon : à savoir une ville pauvre où il y a 30% de ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté, où il y a 36% de logements sociaux, où on a un revenu moyen par habitant qui est de 13 000 euros, quand dans les villes de la même strate c’est 17 000 euros. Croire que la gestion d’une ville comme Avignon est facile, c’est se fourvoyer. En 2022, on a eu une année budgétaire extrêmement compliquée : je suis allée chercher, avec les dents, un total de 4 millions d’euros dont 1 en toute fin d’année, après un déjeuner avec la Première ministre. Alors c’est sûr, moi, je n’en ai pas fait un selfie sur le perron de Matignon.

    On ne vous a pas entendu sur le résultat des municipales. Y voyez-vous un rejet de votre bilan ?

    C.H. : Je ne l’ai pas analysé comme ça. Parce que la liste conduite par David Fournier n’a pas été battue par un grand nombre de voix [40,62 % contre 38,01%]. Bien sûr qu’il y a un regret qu’il n’y ait pas eu une continuité politique. Et quand je vois la manifestation mardi [devant le conseil municipal contre le démantèlement du plan Faubourgs], je me dis qu’il y a quand même des gens qui se sont reconnus dans ce qu’il s’est fait pendant 12 ans, et qu’il ne faut pas simplement aller voir sur les réseaux sociaux ou écouter les gens qui habitent dans l’agglomération, mais pas dans la ville-centre.

    Quelle est désormais votre journée type ?

    C.H. : Je suis redevenue une citoyenne d’Avignon. Je n’ai pas vocation à revenir sur le devant de la scène. Je l’avais bien précisé et je n’ai pas changé d’avis. En voyant l’attaque extrêmement violente de la part du maire actuel, il fallait rappeler certaines choses. Il y a toute une temporalité de la part de M. Galzi où il tape sur les prédécesseurs, mais là, maintenant, on va voir ce qu’il est capable de faire sur le budget 2027. Y compris sur le plan pluriannuel d’investissement [PPI] qu’il va devoir construire sur tout son mandat. Je serais intéressée de voir ce qu’il va proposer, là où il va mettre les priorités et qu’il nous apporte la démonstration qu’il a un vrai projet, une vraie sensibilité aux enjeux environnementaux et aussi voir ses choix en termes d’accompagnement des Avignonnais dans leur vie quotidienne et leurs difficultés.

  • David Fournier dénonce « l’esbroufe et l’outrance » du maire d’Avignon sur les finances

    David Fournier dénonce « l’esbroufe et l’outrance » du maire d’Avignon sur les finances

    Le groupe de gauche Ensemble et solidaires au conseil municipal, issu de la liste de David Fournier (PS), est revenu, ce mercredi en fin de journée, sur la brûlante question des finances d’Avignon. Et ce au lendemain d’un conseil municipal jugé « fantasque » par David Fournier alors que la Chambre régionale des comptes (CRC) a rendu officiellement son rapport sur la gestion de la Ville (2019-2024). « La situation s’est stabilisée entre 2023 et 2024 mais demeure fragile en raison de la dynamique des charges et du poids de la dette », synthétise la CRC.

    Depuis vendredi dernier, la nouvelle majorité conduite par Olivier Galzi s’attelle à décrire un état des finances apocalyptique sur la foi d’un audit. « Dans des termes outranciers, le maire dévoile des choses dérangeantes en se fondant sur une entreprise privée qui n’a aucune compétence officielle pour vérifier des comptes et établit des vérités qui sont contredites par le trésorier public », assène David Fournier, qui, comme en séance mardi soir, réaffirme que la « situation est saine ».

    Là où Olivier Galzi insiste sur le fait que le rapport de la CRC s’arrête en 2024 alors que les dérapages auraient eu lieu en 2025, David Fournier soutient que la CRC a mis le nez dans les comptes 2025 « sans rien trouver à redire car le compte administratif n’était pas voté ». Un compte rejeté mardi qui va entraîner une période de latence, où la CRC va prendre la main pour vérifier la conformité des dépenses et recettes sans aller forcément à la tutelle. « Ce qui sera intéressant, c’est si, la CRC nous demande d’intégrer au budget supplémentaire les dépenses qui auraient dû être intégrées en 2025, analyse Olivier Galzi, questionné à l’issue de la séance. À ce moment-là, la question sera de savoir si on met des recettes en face… »

    David Fournier renvoie, lui, au 1,4 million d’euros de dépenses nouvelles engagées par la majorité et redoute que l’audit serve d’alibi permanent à opérer des restrictions. « Il prépare des décisions impopulaires avec une externalisation et privatisation des services », prédit Samir Allel, conseiller départemental écologiste.

  • Le portail rouvert, la voie est libre aux Chutes Lavie

    Le portail rouvert, la voie est libre aux Chutes Lavie

    Mobilisation, médiations, soutien du maire de secteur, de la mairie centrale : il était moins une avant que l’affaire ne se règle devant la justice. Le 29 juin, réunie en assemblée générale, l’ASL a voté la réouverture de la rue au quartier.

    L’ASL, aux commandes la co-propriété depuis la vente de la cité-jardin par HMP, aujourd’hui PML, avait revendiqué la privatisation de la rue qui traverse la cité en condamnant le portail et tout un quartier à faire des détours dangereux. Un combat des habitants des Chutes Lavie s’était alors engagé. La dynamique Nathalie Prost, à la tête du collectif, avait fait monter l’aïoli pour rendre leur liberté de passage aux habitants et faire entendre raison aux copropriétaires. C’était chose faite lundi. La réouverture est actée.

    Fête du partage à la rentrée

    « J’étais une habitante engagée, je suis aujourd’hui élue du secteur », a-t-elle rappelé, mardi, devant le portail, en remerciant l’ensemble des soutiens. En précisant : « Mon engagement citoyen a trouvé un relais politique, Didier Jau nous a entendus et la politique défendue est celle d’une ville ouverte, solidaire, où la liberté de déplacement est rendue aux citoyens. » Le maire écologiste du Printemps marseillais voit dans cette victoire un symbole et se félicite : « 100 jours pile après notre réinstallation à la mairie des 4e et 5e arrondissements. C’était un engagement de campagne. Avec le soutien de la mairie centrale, il a été tenu. »

    Si le vote entérine la réouverture piétonne, il ne reste qu’à desceller les verrous du portail pour que l’accès au jardin municipal rénové, à la crèche communale et au collège Dumas soit rendu à tous. Et Didier Jau d’inviter « tout le quartier à une grande fête à la rentrée, la fête du partage, de la solidarité et de la marchabilité ».

  • La piscine de Gardanne n’ouvrira qu’en juillet, le PCF dénonce un manque d’anticipation

    La piscine de Gardanne n’ouvrira qu’en juillet, le PCF dénonce un manque d’anticipation

    Le message a été publié sur les réseaux sociaux du maire en fin de semaine dernière. « La piscine métropolitaine n’ouvrira pas le 29 juin comme prévu », écrivait Hervé Granier (LR). La réouverture de cet équipement métropolitain devrait donc être reportée à « tout début juillet », selon l’édile.

    Dans son communiqué, le premier magistrat fait part d’une situation qui « l’agace », tombée en pleine période de canicule. « La vérité et vous le savez certainement, c’est que la Métropole traverse une crise budgétaire sans précédent et que ces turbulences, qui se jouent à des kilomètres de Gardanne-Biver, dans des conseils et des arbitrages préfectoraux, finissent toujours par retomber et pénaliser les habitants de nos communes. » Avant d’assurer se battre pour que ce service public « soit rendu ».

    Sur ses réseaux sociaux, la section PCF de Gardanne renchérit et pointe un manque d’anticipation face aux fortes chaleurs. « Il aurait fallu par exemple, cette année, ne pas tailler les platanes du cours à la mi-mars, période bien trop tardive (…). C’est aussi au mois de mars qu’il aurait fallu se demander si la piscine pourrait être prête à accueillir baigneuses et baigneurs au mois de juin (…), estime, par voie de communiqué, la section. Les péripéties budgétaires de la Métropole, invoquées pour justifier le retard, n’ont démarré qu’au mois d’avril. Elles sont un faux argument à la limite du mensonge. La Métropole continue de fonctionner, sinon, nos poubelles ne seraient pas ramassées, l’eau n’arriverait plus à notre robinet et nous ne pourrions prendre le bus (…). Le problème aurait été évité avec un peu d’anticipation. L’engagement est pris pour début juillet, mais l’absence de date précise n’augure rien de bon. »

  • Tranquillité publique : la préfète de police fait dans la dentelle

    Tranquillité publique : la préfète de police fait dans la dentelle

    « Si vous saviez ce radar, j’ai bataillé ! Mais on l’a eu, j’en avais marre de faire des massages [cardiaques] à des enfants. » Intarissable, Anissa Cheurfa, présidente du comité d’intérêt de quartier (CIQ) de la Viste, emmène cet après-midi-là la préfète de police déléguée, Corinne Simon, son directeur adjoint, Pierre Gilardeau et le commandant Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, pour une visite express de la Viste (15e). Objectif : « devancer les difficultés avant qu’elles arrivent », en matière de sécurité publique résume la préfète, qui souhaite prendre le temps d’écouter les habitants, au plus près de leurs préoccupations. « C’est vous qui savez ce qui se passe, quelles sont les problématiques », martèle-t-elle, rappelant que le répressif va avec le préventif.

    Avoir des magasins utiles

    Du parc Brégante au collège Jean Moulin, le long de l’avenue de la Viste, le noyau villageois représente 6 800 habitants nous explique Anissa. « Deux mondes », avec celui des cités, qui coexistent tant bien que mal. Délinquance, stationnement anarchique qui empêche le ramassage des poubelles, potelets arrachés, tags… Les troubles à la tranquillité publique sont nombreux. « On subit de grosses bagarres depuis ce week-end avec 20 à 25 personnes qui se frappent, au niveau du 68 et 75, jusqu’à 2h du matin, trois policiers de la Bac sont venus pour désamorcer mais c’est récurrent l’été », raconte Jean-Marc, un riverain. En cause visiblement, la boisson qui échauffe les esprits. « Il faudrait peut-être plus contrôler les terrasses », propose-t-il tandis que le directeur adjoint note scrupuleusement.

    D’une manière générale, les habitants regrettent le temps où l’avenue était commerçante. La Poste a fermé, les magasins ont tiré petit à petit le rideau, sous l’effet de l’insécurité assurent-ils. Ils imaginent bien le retour d’une « boucherie, une papeterie, je vais chercher le journal à l’Estaque », se désole Anissa. Snack et chichas, « c’est bon on en a assez, on veut des magasins utiles », complète Jean-Marc. La chargée de mission au centre social Del Rio, point sensible du quartier, est venue aussi témoigner d’une certaine amélioration. « Chaque fois qu’on appelle on est entendu », se félicite-t-elle précisant qu’un tournoi de foot avec enfants et policiers doit avoir lieu le samedi.

    Un radar efficace

    Sur l’étroit trottoir de l’avenue de la Viste, entre trous dans le bitume et bacs à poubelles, Anissa tient également à montrer le fameux radar dont elle a demandé l’installation pour limiter la vitesse à 30 kilomètres heure sur cet axe très passant. Et c’est efficace avec une diminution du nombre d’accidents note le commandant Roux. De 5 dont un mortel en 2025 sur les six premiers mois de l’année avant le radar, « nous sommes passés à 2 blessés légers dont un piéton », indique-t-il.

    Poursuivant son cheminement, la petite troupe passe devant la piste pédagogique routière, abandonnée depuis des années, dont on devine les panneaux dans les herbes folles. « Dites-lui à Samia Ghali et aussi au maire de secteur Jean-Marc Coppola, qu’il faut faire quelque chose », nous intime Anissa. Au bout de l’impasse, tout à côté des 30 parcelles du jardin partagé, le belvédère offre une vue imprenable sur la rade marseillaise, surplombant les grandes lettres « Marseille » devenues emblématiques. Un tableau gâché par les multiples canettes de bière en verre au sol, et une bouteille de protoxyde d’azote. « C’est là que les gens viennent le soir consommer de l’alcool, de la drogue et deviennent agressifs », dénonce Jean-Marc. « Bon les jeunes, il faut aussi savoir leur parler », tempère Anissa.

    Même si, côté point de deal, les opérations policières se multiplient avance le commandant Roux, 31 depuis le début de l’année, autant que toute l’année dernière réunie, les prises passant de 46 kg d’herbe de cannabis en 2024 à 2 kg en 2025. « Parce que vous nous avez alertés, on a mis les moyens », rappelle-t-il. Pierre Gilardeau a de son côté noirci deux pages de carnet. CIQ, collectifs sont une source précieuse pour agir de manière coordonnée avec les autres acteurs concernés comme les collectivités estime la préfète. « On a cette capacité à mettre tout le monde autour de la table », insiste Corinne Simon qui veut faire du « cousu main ». Quand parfois changer le sens d’une rue ou mettre un banc résout le problème…

  • À Martigues, le nouveau collège Pagnol inaugure le pôle éducatif nord

    À Martigues, le nouveau collège Pagnol inaugure le pôle éducatif nord

    Le voile tombe et Marcel Pagnol apparaît, en habits d’académicien. Ça y est : le nouveau collège Pagnol de Martigues est inauguré, mardi matin, après trois ans de travaux. Les élèves et leurs professeurs ont déjà pris possession des lieux depuis le 2 mars.

    « Je suis fier que ce collège porte le nom de mon grand-père, même si je n’y suis pour rien », réagit Nicolas Pagnol, tout sourire, devant l’assemblée, espérant « que son œuvre sera encore enseignée aux jeunes ». Les quatre élèves de 5e qui ont récité un extrait de la scène de chasse dans la garrigue de La gloire de mon père le démontrent, introduits par le solo de hautbois de leur professeure reprenant le thème du film « Jean De Florette ». « C’est la transmission de beaux sentiments, l’amitié, le travail et la famille », conclut Nicolas Pagnol.

    Le maire (PCF), Gaby Charroux, ne manque pas de reconnaître le « talent » des élèves, parlant d’une « magnifique réalisation » pour désigner le lieu. Un « investissement dans l’avenir » de 34 millions d’euros souligné par la conseillère départementale (Ren.) Laurence Angeletti, issu du plan Charlemagne de modernisation des collèges.

    « Collège du XXIe siècle »

    Chacun prend ses marques dans ce nouveau complexe, dont la surface est presque double de celle de l’ancien site, avec des salles de cours lumineuses. De la cuisine moderne au self immaculé, en passant par le gymnase, le plateau sportif et la salle de travaux manuels équipée, l’établissement offre de vastes espaces de circulation dans ses couloirs gris béton. Il est également accessible aux personnes malvoyantes : chaque porte et panneau d’indication est traduit en braille.

    L’équipement sportif est particulièrement fourni, avec mur d’escalade, tables de ping-pong, archerie, ainsi que plusieurs terrains intérieurs et extérieurs, entourés d’une piste d’athlétisme de 200 m. « C’est la moitié de l’homologation en compétition, plus adapté pour les collégiens », fait remarquer Samir Dahmani, conseiller municipal (SE). « C’est presque un J”ulien-Olive” au collège ! », s’émerveille Valérie Baqué, adjointe (PCF).

    L’établissement est « conçu pour répondre aux exigences du XXIe siècle renchérit Gaby Charroux. Il est remarquable pour ses équipements, notamment sportifs et pour la Segpa » et par « la prise en compte des enjeux environnementaux ». Tant en termes de compensations que de construction. « L’établissement est moderne par sa conception bioclimatique et sa chaufferie bois, indique Laurence Angeletti. Il prépare à vivre dans un monde plus durable. » Les bancs et les tables de ping-pong en dur, dans la cour, sont en matériaux recyclés, d’après l’architecte.

    Un chantier qui donne le ton de l’évolution de ce nouveau quartier de la ville, au cœur du « pôle éducatif » relevé par l’édile.

  • Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le Var est en deuil. Dominique Lain, maire du Luc-en-Provence, est décédé dimanche 14 juin aux alentours de 23 heures, à l’âge de 61 ans. Hospitalisé à l’hôpital de la Timone à Marseille après un infarctus survenu à la fin du mois de mai, il avait été opéré, mais n’a finalement pas survécu. L’annonce a été faite par la mairie sur Facebook.

    « Engagé »

    La semaine dernière, l’élu avait annoncé sa mise en retrait de la vie politique pour quelques mois. Élu maire en 2020 puis reconduit en mars dernier, il était également conseiller départemental depuis 2015, vice-président du conseil départemental du Var chargé de la sécurité et de la prévention des risques, président du Sdis 83 (Service départemental d’incendie et de secours) et de la communauté de communes Cœur du Var.

    Le préfet du Var Simon Babre, dans un communiqué, salue « un élu de terrain, proche de ses concitoyens, engagé pour offrir une ambition à sa commune du Luc-en-Provence et pour la concrétiser ».

    L’émotion est forte dans le département. Le président du conseil départemental, Jean-Louis Masson, a évoqué « une immense tristesse » après la disparition de son « ami fidèle ». Il a salué « un élu d’exception, profondément attaché à son territoire et à ses habitants », soulignant son « courage », sa « loyauté » et sa « profonde bienveillance ». Dans un communiqué, les sapeurs-pompiers du Var décrivent un « président disponible et impliqué ». Les hommages se multiplient également de la part de nombreuses personnalités politiques varoises, tels que Thierry Bongiorno, maire de Gonfaron, ou Yannick Simon, ancien maire de Cabasse et ancien président de Cœur du Var, tous deux proches du disparu.

    Au Luc-en-Provence, un livre de condoléances a été ouvert à l’accueil de la mairie. La première adjointe, Élisabeth Mariottini, devrait assurer l’intérim à la tête de la commune jusqu’à l’élection d’un nouveau maire par le conseil municipal.