Tag: Maire

  • [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    C’est le cas à Martigues où le maire communiste sortant, Gaby Charroux, va tenter de conserver le bastion communiste qu’il tient depuis 2009. Mais il doit faire face à une extrême droite qui ne cesse de progresser lors des scrutins nationaux (45,47% des voix dès le premier tour sur la ville lors des législatives de 2024). Et surtout une belle division à gauche avec deux listes concurrentes, l’une conduite par l’insoumis Frédéric Grimaud et une autre de son ancienne adjointe Anne-Marie Sudry (GRS). Lors des dernières municipales, il avait été réélu dès le 1er tour (plus de 60%), contre deux listes qui retentent le coup pour ce scrutin : une d’extrême droite et une pour Les Républicains.

    C’est un peu le même principe à Fos-sur-Mer où Rémi Esnault, le successeur désigné du maire, René Raimondi (ex-PS), fait face à une autre liste classée à gauche, et une liste d’alliance entre la droite et l’extrême droite ainsi qu’une liste centriste. À Miramas, là aussi la gauche part en ordre dispersé. Avec d’un côté, la liste du maire sortant, Frédéric Vigouroux (DVG) élu depuis 2008, et d’un autre côté la liste d’union de la gauche. Le tout, face à une liste du RN. Et que dire de Berre-l’Étang où le maire candidat à sa succession, Mario Martinet, se retrouve avec deux autres listes divers gauche et le RN.

    À Istres comme à Vitrolles, les deux maires sortants en place depuis plusieurs mandats et élus dès le premier tour en 2020, font aussi face à des oppositions à l’affût. Pour Istres, François Bernadini (DVG), en lice pour un 5e mandat retrouve une liste du RN, une liste de droite et une autre liste estampillée à gauche pour lui contester cette sous-préfecture. Configuration moins élargie à Vitrolles où le socialiste Loïc Gachon, maire depuis 2009, a le RN et une liste centriste face à lui.

    Des progressistes

    en bonne position

    Il y a des villes où les listes progressistes ont des raisons d’espérer une bonne position au soir du premier tour. À Roquevaire, c’est Hélène Spinelli, la première adjointe du maire sortant Yves Mesnard, qui conduit la seule liste de gauche sur la commune et peut compter sur la division de la droite avec deux listes, ainsi qu’une liste centriste. À Septèmes-les-Vallons, le maire communiste historique de la commune, André Molino vise un 5e mandat. Mais à la différence de sa victoire de 2020 dès le premier tour (plus de 80%) des voix face à une liste RN, il fait face cette fois à un candidat investi par l’Union des droites d’Éric Ciotti et une liste insoumise.

    Des duels et des bastions

    à reconquérir

    Dans deux autres bastions communistes, à Port-de-Bouc et au Rove, la configuration est similaire : le PCF est en duel direct avec l’extrême droite et l’élection sera jouée dès ce 15 mars. Pour la première, le maire sortant, Laurent Belsola est confronté à une liste de droite soutenue indirectement par le RN. Pour la seconde, Paul Sabatino, également maire sortant puisque le défunt Georges Rosso lui avait passé la main, a un duel avec une liste RN.

    Du côté des reconquêtes possibles, trois communes d’importance sont dans le viseur. À Arles, ville longtemps sous pavillon rouge, le maire sortant, Patrick De Carolis (Horizon), voit son siège contesté avec une désunion dans son camp via une autre liste centriste. Une fenêtre donc pour le communiste Nicolas Koukas, arrivé 2e en 2020, à la tête d’une vaste liste d’union de la gauche mais sans les insoumis, qui en conduisent une autre.

    Même principe à Aubagne, également ancienne ville communiste, prise en 2014 par l’actuel maire sortant Gérard Gazay (LR). La présence de deux listes classées au centre, conduites par d’anciens adjoints, risque de ne pas l’aider. Le candidat de l’union de la gauche (là encore hors LFI qui a sa propre liste), Jean-Pierre Squillari, a une carte à jouer. Quid de Gardanne, ville historiquement PCF malencontreusement passée à droite en 2020. Le maire de droite sortant, Hervé Granier (LR) fait face à une gauche largement unie autour de Jean-Marc La Piana et une candidature du RN.

  • [Entretien] « Mettre mon expérience au service des Roquevairois »

    [Entretien] « Mettre mon expérience au service des Roquevairois »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre campagne ?

    Hélène Spinelli : Très bien, nous étions prêts. Nous avions un bilan de dix-huit ans, puisque je m’inscris dans la continuité d’Yves Mesnard. Nous connaissons notre territoire et ce qu’il faut poursuivre et mettre en place : la nouvelle école, un poste de police, un projet de maison du sport et de la santé. Nous avons formé les nouveaux colistiers sur l’urbanisme, les logements sociaux, les finances et les risques qui touchent notre commune concernant les inondations et les feux de forêts. Enfin, nous avons multiplié les rencontres sur le terrain, avec un meeting et des réunions à la demande des habitants.

    Vous êtes la seule liste de gauche ?

    H.S. : Oui, je suis divers gauche, mais qu’on soit de gauche ou de droite, lorsqu’on est maire, on est là pour tout le monde et pour régler les problématiques de nos concitoyens. Dans la gestion communale, il y a quand même une différence. Par exemple, nous savons que les candidats de droite délèguent plus facilement avec les délégations de service public (DSP). Nous, nous avons décidé de récupérer des agents municipaux pour notre centre culturel.

    Comment ça s’est passé avec les listes d’opposition ?

    H.S. : Nous sommes sereins et confiants par rapport à notre programme. Dès que nos opposants affirmaient des éléments faux, nous faisions des démentis avec des communiqués.

    Comment allez-vous utiliser votre expérience de première adjointe si vous êtes élue ?

    H.S. : Je vais utiliser mon expérience de première adjointe et adjointe à l’aménagement du territoire, parce que je suis au courant de tous les dossiers, je sais comment ça marche, j’ai beaucoup travaillé et appris, donc je suis prête. Mais je vais aussi me servir de mon expérience professionnelle : je suis géographe de formation et j’ai une maîtrise en aménagement du territoire. J’ai les compétences et la proximité avec les habitants, puisque je suis roquevairoise, depuis plus de 60 ans.

    Est-ce que vous êtes en rupture par rapport aux trois mandatures d’Yves Mesnard ?

    H.S. : Pas vraiment, mais je vais aller plus loin sur certaines choses, notamment sur le rôle de la police municipale. Parce que je pense, qu’aujourd’hui, face aux incivilités, nous avons besoin de prévention et de sanctions. Pour envoyer un signal fort, j’ai prévu de déplacer le poste de la police municipale au rez-de-chaussée du futur immeuble du Clos Castellan. Et évidemment, je vais embaucher également un peu plus.

  • Face à la droite, l’ancien maire d’Aramon à la rescousse

    Face à la droite, l’ancien maire d’Aramon à la rescousse

    Lors des deux mandats de maire de Michel Pronesti, Pascale Prat fut l’une de ses élues (2008-2014) et même son adjointe (2014-2020). Pourtant, le 15 mars, c’est bien contre la maire sortante que Michel Pronesti se présente à Aramon. « Malheureusement, elle a bien changé ! », regrette le militant communiste qui mène la liste divers gauche (DVG) « Aramon : plusieurs générations, une même ambition ». S’il fait son retour au premier plan, c’est dit-il, en raison d’une dérive droitière de la municipalité sortante. « Des citoyens sont venus me chercher, ça ne va pas du tout avec elle ». En 2020, Michel Pronesti décide de faire un break pour « raisons personnelles ». Il soutient la liste (DVG) de Jean-Marie Rosier qui se fait élire. Lequel décède en 2022. Depuis que Pascale Prat a pris sa place, tout irait de travers. « Sa gestion est verticale, elle est frileuse sur l’argent public. Elle se dit apolitique mais a été rejointe par des gens très à droite et parle comme eux alors que nous n’avons pas de problème de sécurité ici », illustre M. Pronesti. L’ancien maire déplore que le projet de maison de santé qu’il avait engagé n’ait jamais vu le jour dans ce désert médical. M. Pronesti s’engage à enfin le concrétiser. Face à celle dont il affirme qu’elle est « incapable d’insuffler de nouveaux projets », il propose un vrai pôle de santé pluridisciplinaire. M. Pronesti entend aussi sécuriser les établissements scolaires, préserver la présence industrielle en redynamisant la centrale EDF fermée via l’énergie verte circulaire ou l’hydrogène vert. Il promet de travailler en « bonne coopération » avec ses voisins et ne briguera pas la présidence de la Communauté de communes.

  • « L’urgence » de la santé à Port-Saint-Louis

    « L’urgence » de la santé à Port-Saint-Louis

    « Notre objectif est de redonner vie au centre médical », affirme Aurélie Grach, postée devant l’édifice dont les portes sont closes samedi matin. La tête de liste (DVG) de l’union de la gauche hors LFI avance que la santé est « une urgence, plus qu’une priorité, un engagement plus qu’une volonté », insiste-t-elle.

    Le centre de santé Joliot Curie est un symbole. Les effectifs ont fondu depuis plusieurs années, la commune ne compte plus que trois médecins généralistes pour 8 500 habitants. « Il y en a eu jusqu’à 14, plus la clinique du Golfe de Fos et les professionnels de Joliot Curie », remarque Valérie Coulomb, infirmière libérale et colistière. « Après l’incendie de 2015, le centre était fermé. On a estimé que près d’un cinquième de la population ne se soignait plus », complète Aurore Raoux, colistière et ancienne conseillère départementale PCF qui avait obtenu une enveloppe de 116 000 euros au conseil départemental pour la rénovation. « Il faut de la volonté, on va se donner tous les moyens pour attirer les professionnels de santé », argue Aurélie Grach.

    « La ville ne peut se dédouaner de ses responsabilités, le travail est fait par une médecin qui va chercher les professionnels de santé, notamment des internes, en plus de sa vie professionnelle et sa vie de famille », indique Aurélie Grach, « ça n’est pas normal quand on sait qu’entre 2008 et 2014 il y avait au CCAS une référente pour les questions de santé ». « On recréera ce poste supprimé en 2014 par Martial Alvarez », plaide-t-elle, à propos du maire sortant divers centre.

    Et la médecine libérale ? « Ce n’est pas suffisant », tranche Aurore Raoux. « Le projet qu’on porte est celui de la médecine accessible à tous et sans avance, une vision particulière de la santé. » La colistière argue que « les Saint-louisiens sont inquiets de la fermeture d’Oxance. Qu’a fait le maire actuel ? Rien sinon répéter que la menace ne concerne pas Port-Saint-Louis et que la santé n’est pas de la compétence du maire », tacle-t-elle, estimant que « ce n’est pas qu’en faisant des annonces qu’on résoudra les problèmes mais en allant demander des subventions à l’Agence régionale de santé, en montant un projet global de santé, en lien avec l’éloignement géographique, l’implantation de nouvelles industries, la santé au travail et la prévention ».

    Au-delà des élections

    L’équipe d’Aurélie Grach insiste, en fond, sur l’importance de la lutte avec la population et les travailleurs. Notamment en 2012 lorsque les centres médicaux étaient menacés de fermeture. « On avait mis près de 1 000 personnes dans les rues avec les organisations syndicales et les forces de gauche locales », rappelle Annie Stamatiou, ancienne adjointe à la santé de Jean-Marc Charrier (PCF) et directrice de campagne. D’où la remarque de Valérie Coulomb : « Si on n’implique pas la population avec des pétitions, des manifestations et des actions fortes comme on l’a fait à l’époque, nos revendications ne remontent pas », affirme-t-elle. C’est notamment le rôle de la commission extra-municipale dédiée à la santé, qu’Aurélie Grach veut renforcer et développer. « Elle ne s’est réunie que trois fois en six ans », déplore sa colistière infirmière.

    Le handicap, thème cher à la tête de liste, n’est pas oublié. « Nous sommes en carence, on avait auparavant une permanence du Conseil départemental », pour aider à remplir les dossiers de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Un projet de vie est la base de tout le dossier, il y a des termes clés à insérer, c’est technique. C’est ce qui donne droit aux prestations demandées, des enfants jusqu’aux personnes âgées handicapées », détaille-t-elle. Aurore Raoux précise que ce rôle serait endossé par le référent santé de la Ville, qui serait « également référent handicap, un soutien précieux pour les enfants et les familles ».

    Le meeting de 1er tour de la liste est prévu jeudi 12 mars à 18h30 salle Marcel Pagnol.

  • L’Union locale CGT de Port-de-Bouc vote Laurent Belsola

    L’Union locale CGT de Port-de-Bouc vote Laurent Belsola

    Une communication sans équivoque. L’Union locale CGT des syndicats de Port-de-Bouc a diffusé sur les réseaux sociaux, ce lundi 9 mars, un tract au message clair : « Le 15 mars, votez pour la liste “Avec Laurent Belsola, poursuivons de l’avant”. »

    Une montée au créneau loin d’être anodine à moins d’une semaine du premier tour : « Les municipales auront lieu dans un contexte de poursuite des attaques sociales menées contre les droits des travailleurs. Elles seront déterminantes : la commune peut être soit un rempart face à l’austérité, soit en devenir le relais. » Pour rappel, les travailleurs de Port-de-Bouc devront choisir entre le maire sortant, Laurent Belsola (PCF) et son opposant Pascal Spanu (DVD).

    Des valeurs communes

    D’où l’explication de l’organisation syndicale : « Le candidat de l’opposition, parrainé par le Rassemblement national et proche de l’union des droites, porte un projet dangereux.» Une référence au soutien du « RPR », mouvement fondé par le député d’extrême droite Franck Allisio à Pascal Spanu. Ce dernier porterait un projet avec « les mêmes logiques de régression sociale que le gouvernement macroniste : réforme des retraites, de l’assurance chômage, de la santé, etc.»

    A contrario, « la candidature communiste conduite par le maire sortant, Laurent Belsola s’inscrit dans une continuité claire : celle des valeurs de solidarité, du vivre ensemble, de défense des services publics et de progrès social », juge l’UL CGT. Des valeurs évidemment communes avec celles de la CGT. Qui conclut : « Nous sommes attachés à une politique municipale dans l’intérêt de toutes et tous, nous appelons à soutenir une équipe engagée pour l’intérêt général ! »

  • À Saint-Zacharie, Claude Passerel mise sur la proximité

    À Saint-Zacharie, Claude Passerel mise sur la proximité

    Ancien adjoint aux finances du maire actuel Jean-Jacques Coulomb (DVG), ayant démissionné en 2023 en raison de désaccords avec ce dernier, Claude Passrel (SE) tente aujourd’hui de reprendre la mairie à celui dont il fut le colistier.

    À 66 ans, celui qui a été responsable des finances de la commune et acteur associatif local s’est entouré d’une équipe intergénérationnelle, de 21 à 76 ans, composée de femmes et d’hommes issus de tous horizons : anciens élus, chefs d’entreprise, professionnels de santé, enseignants, agents publics, éducateurs sportifs, bénévoles et présidents d’associations, étudiants ou jeunes actifs.

    « Une nouvelle page »

    Une liste qu’il décrit « d’une diversité rarement observée dans la vie politique locale, engagée et tournée vers l’avenir, déjà investie dans la vie du village et porteuse d’une dynamique nouvelle. Cette pluralité traduit la volonté d’incarner une alternance collective et crédible, fondée sur les compétences et l’engagement citoyen ».

    Par ailleurs, « Saint-Zach’ pour vous et avec vous » compte de nombreux jeunes parents, dont plusieurs ont été délégués de parents d’élèves dans les écoles du village. Une composition qui, selon Claude Passerel, incarne « une attention particulière portée à la jeunesse, à l’éducation et à la qualité de vie des familles. » Il conclut : « Sans renier le passé, nous faisons le choix d’ouvrir une nouvelle page pour Saint-Zacharie. Cette équipe rassemble des habitants qui partagent une même envie : servir le village avec sérieux, transparence et esprit collectif. »

  • [Entretien] Mehdi Medjati : « La personnalisation du débat à Cabriès est inquiétante »

    [Entretien] Mehdi Medjati : « La personnalisation du débat à Cabriès est inquiétante »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur votre campagne, avant le premier tour ?

    M.M. : On a mené jusqu’ici, et on va continuer jusqu’au bout, une campagne basée sur la proximité et donc
    sur des visites de quartiers. Essentiellement du porte-à-porte. J’ai voulu ajouter aux méthodes traditionnelles de réunions publiques et tractage, le côté rencontre chez les gens. C’est très instructif parce qu’on se rend compte que les problèmes qui remontent, dans certains quartiers, ne sont pas forcément ceux auxquels on s’attend. Dans 70% des cas, les gens posent des questions précises sur leurs besoins précis. Ils vont donc rationnellement comparer les programmes et faire leur choix.

    Quel est l’objectif de ce dernier meeting ?

    M.M. : Je vais rappeler les mesures phares et dévoiler le second volet de mesures particulières que nous avons prévues. Quelques colistiers devraient aussi parler. Moi, j’animerai en posant des questions. Parce que la personnalisation du débat est assez inquiétante. On vote pour un collectif, je ne suis pas tout seul. Ils vont voter pour un conseil municipal et pas pour un maire. Il y a certes un leader, une locomotive, mais il y a aussi des talents et une intelligence partagée.
    Je veux montrer ça aux habitants.

    Avez-vous des regrets sur cette campagne ?

    M.M. : J’aurais aimé pouvoir débattre avec Madame Ventron. L’idée, ça aurait été de piocher des questions de citoyens où chacun aurait pu y répondre sans se couper la parole. Je pense qu’elle l’a perçu comme un piège. J’ai été étonné qu’elle n’y réponde même pas. Il est vrai qu’on a des rapports exécrables. Elle m’avait fait un procès en diffamation publique qu’elle a perdu. Au conseil municipal, elle n’a jamais été capable de garder son calme quand je prends la parole. J’aurais aimé débattre parce qu’on est les deux seuls candidats avec des projets opposés sur plein de points.

    Et quels sont ces points
    de divergence
     ?

    M.M. : Par exemple sur l’aménagement du territoire. Elle a demandé, à la place de l’ancien Renault Club, de faire une cité des sciences. J’y suis opposé. Aussi sur la question du demi-échangeur à Bouc-Bel-Air. Je lui reproche, depuis le départ, de ne pas avoir voté contre. Elle n’a pas participé au vote alors qu’elle était présente quand le PLU a été voté. Sur l’éclairage public, partout, on m’a dit qu’il fallait remettre l’éclairage le soir. Madame Ventron a décidé que tout devait s’éteindre à 23h. Moi, j’estime qu’on pourrait baisser l’intensité à partir de 23h et éteindre plus tard dans la nuit, pour que les gens puissent simplement voir où ils marchent la nuit. Beaucoup de gens s’en plaignent. On est sur deux conceptions complètement radicales de comment vivre dans le village.

  • Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    C’est un Jean-Luc Mélenchon comme à la maison qui a investi, ce samedi, la scène de la Cartonnerie, à la Friche Belle de Mai (3e) pour le meeting de Sébastien Delogu, candidat insoumis à la Ville de Marseille. Un soutien de poids pour un « enfant du peuple de Marseille » qui a su rassembler, sur une liste, « des insoumis et des écolos », insiste le leader de LFI.

    « Benoît Payan, inventeur de la pochette-surprise »

    Fort des « immenses meetings de 2012 et 2017 » sur les plages du Prado et au Vieux-Port, de la présence de 2 500 personnes ce samedi, selon les organisateurs, Jean-Luc Mélenchon est venu « participer à la démonstration de force » face à la menace de l’extrême droite. « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune », assène-t-il, et « cela sera empêché par et grâce à nous ». Il revient sur la place de la ville dans son parcours politique et celui des insoumis : « Marseille qui m’élit, fait de moi le premier président de la gauche radicale depuis des décennies, Marseille qui a élu au premier tour Manuel Bompard et Sébastien Delogu ! »

    Et de s’en prendre au maire sortant, Benoît Payan (DVG), candidat à sa succession, qui selon lui fait partie de ces « personnages dérisoires, comparables d’une ville à l’autre », sans « un projet sans une idée, armés de mépris ». « Quand je viens ici pour préparer mon discours, je demande “qu’est-ce qu’il a fait ?” On me répond “rien” », ironise Jean-Luc Mélenchon. Il en remet une louche « sur les milliards du Grand Marseille qui devait se déverser ici », puis fait dans la blague : « Cet homme est l’inventeur de la pochette municipale surprise. Vous prenez la pochette, y a marqué dessus pochette Rubirola, vous ouvrez, coucou Payan ! »

    Après une longue digression sur la géopolitique internationale, il revient sur la menace d’une extrême droite violente face à la « division de la gauche, (….) un désastre », s’indigne-t-il, fustigeant le PS qui « met tout le monde en grand danger », en ostracisant les insoumis. Pour barrer la route au RN, il ne faut pas se désister, estime-t-il, rappelant la promesse de Benoît Payan de le faire si Sébastien Delogu arrive en tête. Il prône « un accord de fusion technique » comme un « front anti-fasciste ». Et si LFI venait à arriver derrière le Printemps marseillais ? C’est ce qui est demandé plus tard au député Manuel Bompard, Sébastien Delogu le laissant répondre aux questions de la presse. « Nous ferons la même chose, nous l’avons toujours dit », affirme-t-il.

  • À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, la défense de l’hôpital public se fait sur deux jambes. Le maire sortant Gaby Charroux (PCF) est autant à l’aise lorsqu’il s’agit de dialoguer avec les institutions de l’hôpital et de l’État que lorsqu’il s’agit de récolter et rapporter les revendications des syndicats CGT de l’hôpital et alentours, comme le 22 janvier dernier (ci-contre).

    Depuis trois ans les syndicats CGT du golfe de Fos associés à celui de l’hôpital bataillent pour obtenir un plan d’investissement de 170 millions d’euros et la création de 90 emplois statutaires à taux plein, notamment face aux urgences régulièrement saturées lors d’épidémies hivernales. Récemment, l’Hôpital et l’ARS annonçaient un nouveau plan immobilier de 60 millions d’euros, créant un nouveau plateau technique et agrandissant les urgences. Pour le maire, « les investissements sont très inférieurs à ce que nous revendiquions », mais « c’est une bonne nouvelle, mieux que rien, qui invite à ne pas lâcher le combat », estimait-il en début d’année.

    Une participation financière

    Car si la santé est censée être une compétence étatique, le maire communiste de Martigues en fait un cheval de bataille. « 170 000 habitants sont couverts par l’hôpital. La mutation du territoire va augmenter les besoins, cela demande une planification sérieuse y compris en matière de sécurité industrielle et nous avons à cœur de porter ses revendications à l’État », considère l’édile.

    La Ville a déjà financé le nouveau mammographe de l’hôpital. Et pour le prochain mandat, Gaby Charroux compte bien préempter les locaux commerciaux du centre-ville pour y favoriser l’implantation de cabinets médicaux. « C’est un levier » assure-t-il.

  • L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    C’est un sempiternel sujet, qui refait forcément surface à quelques jours des élections municipales : celui du stade Mayol, « très important pour la ville, au-delà du cadre du sport », affirme Bernard Lemaître, le président du RC Toulon. Une enceinte dont l’impact économique demeure majeur (243 emplois, 21,5 millions de chiffre d’affaires annuel), mais qui semble avoir atteint ses limites : classé 14e et dernier stade de l’élite du rugby français selon une étude du Midi Olympique, Mayol parvient « péniblement à 5 millions (8e total du Top 14) de CA annuel sur les hospitalités, quand nos concurrents font jusqu’à 13 millions », déplore Bernard Lemaître.

    Pas assez pour un club qui ambitionne de redevenir une place forte du rugby français, élément phare de l’identité toulonnaise, et qui se doit donc de jouir d’un stade d’une autre envergure, « pour le rayonnement et l’attractivité économique d’une ville moyenne comme Toulon. Il faut qu’on prenne des décisions rapidement », presse le président du RCT.

    L’objectif premier était de rénover le stade : « On a fait un travail avec des experts pendant plus de 6 mois. On a été rattrapé par l’actualité », explique Martin d’Argenlieu, directeur général adjoint du club. Au cours des 18 derniers mois, Mayol a connu des alertes de sécurité importantes : la pluie, tout d’abord, a conduit au report de deux rencontres et montré les limites de l’infrastructure, totalement inondée en septembre face à La Rochelle. Si bien que la Ligue nationale de rugby a menacé de délocaliser de futurs matches en cas d’alerte orange météo.

    Rénovation plus chère qu’un nouveau stade

    Autre problème majeur : en marge de travaux sur l’éclairage l’an dernier, des fragilités ont été repérées dans la structure de la tribune Lafontan, ensuite fermée en partie pendant plusieurs mois. « Il faut un diagnostic de solidité, on aurait pu avoir un morceau de béton dans la tribune », alerte Martin d’Argenlieu. « S’il faut remettre des étais, on en mettra. On n’a aucune autre alternative que de jouer à Mayol. Il faut tenir le temps d’un nouveau projet. »

    Car l’étroitesse et l’impossibilité de s’étendre sans toucher aux infrastructures à proximité (routes, immeubles, parking, palais Neptune, centre commercial…) complique l’idée d’une rénovation. La norme GEEM (Grands Équipements à Exploitation Multiple), référentiel national de sécurité des stades de plus de 15 000 places, impose des obligations impossibles à tenir (12 m d’espace libre autour du stade, 4 cages d’escalier pour les secours contre zéro aujourd’hui ; infirmerie et PC sécurité de 100 m², aire de stationnement pour les secours impossibles à créer…). Sans parler de l’impossibilité de couvrir les tribunes à cause de la structure existante, car le stade est bâti sur une zone marécageuse, rendant périlleux l’ajout de poids supplémentaire.

    Une rénovation coûterait 400 millions d’euros. Un nouveau stade 200 millions. Un argument dont la direction veut se servir pour convaincre les candidats à la mairie « d’abord méfiants, puis, je pense, progressivement séduits », avance Bernard Lemaître. « Les obstacles du Mayol actuel font réfléchir, tout comme la création d’un outil phare qui n’existe pas » (lire par ailleurs). Pour l’instant, la maire sortante Josée Massi a affirmé son opposition, arguant avoir « investi 8 millions en deux ans pour le stade » et « discuté d’un plan sur 6 ans avec le président. Où trouver le foncier et les 200 millions ? », demande-t-elle. Un avis partagé par Michel Bonnus, pour qui « il n’y a pas débat : on ne déplace pas Mayol ». Même son de cloche pour Isaline Cornil (LFI) : « Un enfant sur deux en 6e ne peut courir plus de 5 minutes. De nombreux équipements sont à rénover ou à créer. 200 millions, c’est trois fois le total annuel des investissements de la ville ! » La candidate RN Laure Lavalette, elle, se montre ouverte à l’idée si nécessaire. À gauche, Magali Brunel veut agir « en concertation et en responsabilité » et « par étapes. D’abord mettre le stade en sécurité, construire un bâtiment hospitalité devant, puis évaluer le modèle économique et les véritables besoins des acteurs ».