Tag: lycées

  • Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    À l’heure où la sonnerie de midi retentit, le parvis du lycée Jean-Lurçat est bien plus rempli qu’à l’accoutumée. L’Union locale CGT, Sud Éducation, FSU, les associations de parents d’élèves, la FCPE et l’Apeep, ainsi que les personnels de Paul Langevin et des écoles de Martigues s’y sont rassemblés pour protester contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de moyens dans l’éducation.

    Au sein de l’établissement des Rayettes, « c’est un phénomène récurrent », affirme la professeure d’espagnol Vanessa Perdu-Ortiz. Tous les ans, l’équipe pédagogique est en lutte contre ces attaques. « L’an dernier on a eu une diminution assez sévère qui se confirme cette année. Les effets qui se font sentir : dans le lycée professionnel, on a un seul prof d’EPS pour des groupes de 30 élèves, sachant que les classes devraient être dédoublées, on a un regroupement de classes en filière technologique, avec des effectifs à plus de 35… » Son collègue Philippe Sénégas appuie : « Comme par hasard, ceux qui souvent subissent les conséquences de ces politiques antisociales, ce sont les plus fragiles de nos élèves. »

    « Il n’y a pas de prise de conscience des pouvoirs publics de ce que ça implique pour nous, ils considèrent que ça continue de tourner avec toujours moins de moyens parce qu’on met en place des stratégies pour continuer d’assurer un service d’éducation auprès des élèves, regrette Vanessa Perdu-Ortiz. Ça ne peut plus durer. La situation devient insoutenable. Les enseignants se retrouvent parfois avec des salles qui ne sont même pas équipées pour installer le nombre de jeunes. »

    Pour la rentrée prochaine, le lycée Paul Langevin est aussi ciblé, avec des spécialités qui risquent de disparaître à l’instar de la Littérature, langues et cultures de l’antiquité, le théâtre, le numérique et sciences informatiques ou encore le brevet d’initiation aéronautique.

    Une vision court-termiste

    « Ce sont des pans d’études entiers vers lesquels les élèves ne pourront pas se diriger, parce qu’ils n’auront pas la spécialité offerte, et c’est inquiétant parce que les autres établissements du bassin martégal ne les auront plus non plus », dénonce la professeure de physique-chimie Laetitia Jenna, qui s’inquiète d’une « école à deux vitesses » avec une inégalité des chances en fonction de son origine géographique. À Langevin, les enseignants s’organisent dans une grève tournante les mardis et les jeudis, ont lancé une pétition et demandé une audience au rectorat, restée pour le moment sans réponse.

    Le premier degré n’est pas épargné, avec environ 150 fermetures de classes recensées dans les écoles du département. « C’est énorme, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, s’alarme Valérie Zika-Dussol de la FSU-SNUipp. À Martigues ça se traduit par une fermeture à Carro et à Louise Michel. C’est inadmissible, ça va dégrader les conditions de travail des collègues et l’apprentissage des élèves. » Si la baisse démographique est une réalité dans les maternelles et les primaires, la syndicaliste dénonce la « vision court-termiste » du gouvernement. « L’école est un investissement et ne doit pas être considérée comme un coût. »

    Philippe Sénégas rappelle : « Ce qu’on subit dans l’Éducation nationale, ce sont tous les services publics qui le subissent : la santé, la justice, la culture… Toute cette richesse qui appartient à ceux qui ne l’ont pas. » Alors que le gouvernement investit 413 milliards d’euros sur sept ans dans le cadre de la Loi de programmation militaire, l’enseignant assène : « Je ne sais pas si on a besoin de porte-avions nucléaires mais on a besoin d’écoles, d’options, de spécialités… »

  • Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    « Plus d’une centaine de classes sont menacées dans le département, principalement à Marseille mais aussi à Aix, à La Bouilladisse ou Salon. Et si nous n’avons pas de chiffres sur les dotations globales horaires, de nombreux établissements, principalement des lycées sont impactés. » Pour Letizia Vignone, administratrice du Mouvement départemental des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) qui se prépare à une audience avec le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale), ce mercredi 8 avril à Aix-en-Provence, la situation au sein de l’Éducation nationale s’est nettement dégradée, au détriment déjà des élèves.

    « Au lycée, cela veut dire concrètement des options en moins, des classes qui peuvent atteindre 30 à 35 élèves lorsqu’ils font des travaux pratiques, en SVT ou physique-chimie. Au collège, les classes dédoublées pour l’apprentissage du français sauteraient avec la coupe budgétaire » illustre-t-elle, espérant « grappiller » un maximum d’heures. Le MPE 13 compte également mettre la pression sur le préfet qui doit valider la carte scolaire et les dotations globales horaires cette semaine.

    À Aubagne, Jadran Svrdlin, professeur des écoles et syndiqué à la CGT Educ’action mesure déjà le manque de postes d’enseignant dans son école. « Depuis janvier, nous approchons les 130 journées non remplacées soit 2,7 à 2,8 absences par jour pour nos 9 classes », explique-t-il.

    « En mode dégradé permanent »

    Les élèves sur le carreau étant répartis sur les classes qui restent, « nous sommes en mode dégradé permanent. Le nombre de remplaçants affectés n’a pas changé depuis des années ». Raison principale pour laquelle il sera présent ce mercredi au rassemblement organisé devant le collège Lou Garlaban à 11h avec la CGT, le syndicat SUD mais aussi les associations de parents d’élèves. Une autre mobilisation étant prévue le vendredi à 16h30 devant l’école de la Tourtelle.

    De la primaire au secondaire, cet enseignement « dégradé » a de terribles conséquences pointe Jadran Svrdlin. Réformes injustes finalement avortées, annonces ministérielles intempestives, « on met en place des échéances couperet comme le brevet dont M. Attal faisait un préalable obligatoire au lycée », analyse-t-il, se souvenant aussi de l’expérience des groupes de niveaux que nombre d’enseignants ont refusé d’appliquer. Un « tri social » où « on élimine » estime-t-il, déplorant que les premières victimes soient les « enfants des classes populaires qui n’ont que l’école publique comme patrimoine ». La CGT Educ’action s’inquiète aussi dans un communiqué de la « mise à mal de l’école inclusive » avec un nombre d’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) insuffisant, tout comme celui des personnels de Rased (Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté).

    À Marseille, le syndicat SUD Éducation 13 appelle aussi à un rassemblement devant la Chambre de commerce, sur la Canebière, ce mercredi à 17h30 « contre les coupes budgétaires imposées par l’Éducation nationale et la violente répression des lycéens ». Déjà devant l’école Leverrier (4e) ce mardi, après avoir appris la fermeture d’une classe la semaine dernière, les parents d’élèves ont déployé banderoles et mégaphones.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Marseille, les lycéens en force dans la rue

    [Grève dans l’éducation nationale] À Marseille, les lycéens en force dans la rue

    En lutte depuis près de quatre semaines, les lycéens ont répondu présents à l’appel à la grève nationale lancé le 20 mars par la FSU, l’Unsa Éducation, la CFDT Éducation formation et recherche publiques, la CGT Éduc’action et Sud Éducation. Après avoir participé au blocus de leur lycée – les établissements de Montgrand (6e), Saint-Charles (1er), Nelson-Mandela (12e), Perrier (8e) et de César-Badalccini (7e) étaient bloqués mardi matin -, près de 200 élèves militants se sont rendus à la manifestation. Parti à 11h45 des Réformés (1er), le cortège a rassemblé 800 personnes, selon la préfecture.

    Les revendications ne bougent pas : professeurs, élèves et personnels éducatifs sont tous venus dénoncer les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement, impliquant notamment la suppression de 4 000 postes dans l’éducation nationale, à la rentrée 2026. Dans les lycées, c’est d’abord le nombre d’heures d’enseignement qui risque d’être réduit : 22 établissements publics sont concernés dans les Bouches-du-Rhône, dont 11 à Marseille.

    « Dans notre lycée, on devrait perdre 77 heures de cours, s’indigne Joseph, en terminale à Saint-Charles. Plusieurs options de seconde doivent être supprimées, sans doute des heures de soutien, et toutes les heures en demi-groupe qui nous permettent de mieux bosser. » À Montgrand, Camille est tout aussi inquiète : « Comme d’habitude, on nous supprime des heures. Là, ça va être en musique, en théâtre, en langue… On est là pour revendiquer un ras-le-bol général. »

    Marche antimilitariste

    Au milieu des traditionnels chants anticapitalistes, les lycéens n’ont pas manqué d’insister sur leur position antimilitariste. « C’est pas l’éducation qui coûte trop cher, c’est l’armée, c’est la guerre », ont-ils scandé à de nombreuses reprises. Cette revendication se constate aussi sur les tracts revendicatifs des jeunes militants, où sont comparées les évolutions budgétaires de l’Éducation et de la Défense : « De manière continue depuis 2012, le budget par étudiant a baissé de 22%, celui de la défense a augmenté de 60% », lit-on sur le document distribué devant le lycée Perrier.

    « Quand on voit toutes les coupes budgétaires qui se font et tout l’argent que l’armée récupère, avec le déploiement de milliards d’euros, on ne peut que faire le lien. On se bat aussi contre la militarisation et la mise au pas de la jeunesse, insiste Gwendal, membre du Mouvement national lycéen 13. La situation géopolitique nous inquiète, surtout quand on entend des phrases telles que “il faut de la jeunesse pour faire une guerre”, ce qu’un animateur a dit lors de ma journée d’appel. » Une délégation de parents d’élèves, professeurs et d’un représentant lycéen a été reçue à la préfecture. Les jeunes militants projettent de poursuivre les mobilisations, y compris pendant les vacances.

  • [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    En première ligne depuis le début du mouvement, lancé le 5 mars, les lycéens ne s’essoufflent pas. Déterminés à défendre la qualité de leurs enseignements et les conditions de travail de leurs professeurs, ils prendront part, ce mardi, aux mobilisations organisées dans le cadre de l’appel de l’intersyndicale (FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation formation et recherche publiques, CGT Educ’Action et Sud Éducation), lancé le 20 mars.

    En proie à d’importantes coupes budgétaires, impliquant notamment la suppression de 4 000 postes dans l’éducation nationale, le secteur de l’enseignement est poussé à de sérieuses restructurations à la rentrée 2026. Dans le cas des lycées, c’est d’abord le nombre d’heures d’enseignement délivré qu’on menace de réduire, avec 22 établissements publics concernés dans les Bouches-du-Rhône, dont 11 à Marseille. « Certains de mes proches vont être directement impactés par cette politique d’austérité, s’inquiète Gwendal, élève de terminale au lycée César-Baldaccini (7e) et membre du Mouvement national lycéen 13 (MNL). Des spécialités doivent être supprimées, comme humanité, littérature ou philosophie. C’est triste que les générations futures n’aient pas accès aux dispositifs que nous avons connus nous. »

    D’après un communiqué de Sud éducation, publié le 9 mars, ce sont 80 heures qui devraient être perdues au lycée Nelson-Mandela (12e), 180 heures à Jean-Perrin (10e), 146 à Marie-Curie (5e), 100 à Montgrand (6e), 80 à Diderot (13e) ou encore 77 à Saint-Charles (1er).

    Luc, entré au MNL 13 au début du mouvement et élève de première à Saint-Charles, est, lui, directement concerné par ces importantes baisses de moyens : « 77 heures (…), c’est un énorme impact sur la qualité de l’enseignement qui est donnée. Par exemple, dans les classes de spécialité, qui sont les cours les plus importants, aujourd’hui on est 25 élèves. L’année prochaine, avec ces baisses de dotations, on sera 35 par salle. » Et Gwendal d’ajouter : « Notre objectif est d’élargir le plus possible la lutte, à la fois au niveau national, pour que d’autres lycées nous rejoignent, mais aussi aux autres institutions du service public. Nous nous sommes déjà unis avec certains étudiants postbac. » Le MNL 13 annonce une série d’actions organisées sur les deux prochaines semaines, qui ne prendront pas forcément la forme de blocus.

  • À Carpentras, les lycées Fabre et Victor-Hugo luttent ensemble

    À Carpentras, les lycées Fabre et Victor-Hugo luttent ensemble

    Les deux établissements font face à une grosse baisse de moyens annoncée pour la rentrée prochaine. Un premier rassemblement s’était également tenu le matin même devant le lycée Fabre.

  • Le « ras-le-bol général » des enseignants face aux suppressions de postes

    Le « ras-le-bol général » des enseignants face aux suppressions de postes

    « Le directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) a mis sur la table, mercredi, 168 suppressions de postes pour seulement 94 ouvertures, dans les Bouches-du-Rhône pour le 1er degré », explique, mécontent, Franck Neff, professeur des écoles et membre de la FSU-SNUipp 13. Il poursuit : « On se mobilise aussi avec le second degré, il y a un ras-le-bol général et des classes surchargées. Ils vont nous imposer une carte scolaire, le 2 avril, mais nous n’en voulons pas. » La carte scolaire désigne à la fois l’affectation des élèves dans les établissements, selon leur lieu de résidence, et la répartition des moyens, comme les ouvertures ou fermetures de classes. Elle doit favoriser la mixité sociale en répartissant les élèves d’un même territoire.

    Moins de moyens pour les REP

    Une professeure d’anglais du lycée Victor-Hugo, membre de Solidaires, décrit une réalité bien différente : « Victor-Hugo est situé dans un quartier défavorisé où la mixité sociale est quasi inexistante. Les élèves viennent de collèges classés Réseau d’éducation prioritaire (REP). » Depuis la réforme de l’éducation prioritaire menée en 2014-2015 par Vincent Peillon, alors ministre de l’Éducation nationale, les lycées ont été exclus du dispositif REP et REP+. « Nous allons avoir des classes plus chargées et moins de moyens, alors que nous devrions être prioritaires pour accompagner nos élèves et leur offrir les mêmes chances que ceux des quartiers plus favorisés », déplore l’enseignante.

    Monia Haddaoui, membre de la CGT Éduc’action 13, dénonce les critères utilisés par l’administration : « La direction académique se base désormais davantage sur l’indice de positionnement social et délaisse les dispositifs REP et REP+. » La CGT Éduc’action revendique des classes limitées à 20 élèves, et à 15 dans les zones prioritaires. « On se retrouve avec des fermetures de postes essentiels, des classes dédoublées en REP+, tandis que des postes sont créés dans les services administratifs », conclut-elle.

  • À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    Contre les suppressions d’heures, de classes et de postes, la contestation s’est étendue des lycéens aux collégiens, personnels enseignants, assistants d’éducation, accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et parents d’élèves. Ils étaient 900 selon la police, plus de 3 000 pour d’autres observateurs, à manifester, ce jeudi, des Réformés jusqu’à l’Inspection académique, pour exiger un budget digne de l’éducation nationale. Une mobilisation aux côtés des syndicats MNL, FSU-SNUipp, Snes-FSU, FO, CGT, SUD, CFDT, et de militants de LFI, de la JC ou de Révolution permanente.

    « Déjà, on n’arrive pas à remplacer un prof absent, déplore une maman derrière la banderole FCPE 13. Ces nouvelles suppressions sont inadmissibles, injustifiables. » C’est le cas au collège de l’Estaque, dans le 15e arrondissement, où quatre classes n’ont plus cours de français depuis janvier. « Nous, c’est une classe de 3e qu’on perd et on sera à 30 au lieu de 25 par classe », ajoute Noa, 13 ans, en 4e à Jean-Malrieu, interrompu par l’arrivée en fanfare des « lycées des quartiers nord ».

    Ce jeudi, les collégiens et les parents sont venus rejoindre le mouvement des lycéens, initié il y a près d’un mois. Ensemble, ils protestent contre la baisse des dotations aux établissements, la suppression de 3 256 postes d’enseignants dans le pays, dont 2 200 dans le premier degré, annoncée en janvier par l’éducation nationale pour la rentrée 2026-2027.

    « Ouvrez les écoles, vous fermerez des prisons », affiche une pancarte. « La logique gouvernementale est absente, comme mon père », dénonce une autre, tendue par Femida et Sacha. Élèves à Diderot, ils précisent : « On nous enlève tout ce qui était mis en place pour permettre plus d’égalité. » Les jeunes venus des lycées Montgrand, Monticelli ou Diderot réclament davantage d’heures de cours. « Ce ne sont pas juste des heures, c’est des possibilités d’enseignements différents, de l’aide aux devoirs, du travail en demi-groupe », insiste Nina, militante MNL. « C’est notre avenir, notre formation qui sont en jeu, on perd deux heures par spécialité et toutes nos options », complète Andréas, élève de terminale à Nelson-Mandela. Des chiffres couperet tombent, lâchés par un militant syndical de la FSU : « 147 heures pour le lycée Marie-Curie, 100 heures pour Montgrand, 72 heures pour Victor-Hugo, 64 heures pour Diderot… »

    Touchés, dès le 1er degré

    Venues des écoles élémentaires Grenier et Lauriers de Malpassé (13e arrondissement), des enseignantes s’alarment également. « Nos groupes scolaires sont aussi touchés par les restrictions budgétaires. On a eu une année de CP à 15 élèves, et puis gros retour en arrière. Maintenant, on nous annonce une classe en moins, avec des niveaux en insertion bien chargés, on saborde les conditions d’enseignement », dénoncent Alicia et Sarah, alors que le cortège s’engage sur le boulevard Charles-Nédelec en entonnant « la jeunesse emmerde le Front national ».

    Parmi les drapeaux secoués par le Mistral, celui de la Palestine et celui de Cuba rappellent que « le mouvement est parti contre la guerre, souligne Inès. On demande que ce budget ne soit pas utilisé pour des armes, mais pour l’éducation nationale, pour des conditions d’études décentes, des classes où l’eau ne coule pas du plafond comme à Marie-Curie, ou pour que les étudiants en photo aient accès à du matériel à Blaise-Pascal ». Des jeunes déterminés à construire un avenir fait de solidarités.

    Devant le bâtiment de l’éducation nationale bardé de CRS, les syndicats appellent à une nouvelle journée nationale de grève et mobilisation, le 31 mars. Un nouveau comité social d’administration (CSA) se tiendra le 2 avril, au cours duquel l’administration doit annoncer ses décisions avant validation en préfecture.

  • Grève tournante au lycée Paul-Langevin à Martigues

    Grève tournante au lycée Paul-Langevin à Martigues

    Alors que la sonnerie retentit, des dizaines de parents, de professeurs et d’élèves inquiets se rassemblent devant le lycée Paul-Langevin. En cause : les manques de moyens qui s’accentuent année après année, dégradant les conditions d’enseignement et de travail.

    À la rentrée scolaire 2026, 4 000 postes seront supprimés dans les collèges et les lycées. « Sur la France, ça paraît pas tant que ça, commence le professeur de mathématiques Akrem M’Hamdi. Pourtant si. Ce sont des groupes en moins, donc la fin d’une pédagogie différenciée, individualisée. Ce sont des classes de 35, alors qu’on s’est battus pendant des années pour que les élèves de seconde soient 24 par classe. C’est aussi moins d’accompagnants des élèves en situation de handicap, moins de surveillants. C’est une nouvelle attaque portée à l’école publique. C’est dangereux pour la France de demain. »

    Devant l’établissement, les enseignants distribuent un graphique montrant l’évolution du nombre d’heures par élève entre 2013 et 2026. En 13 ans, la baisse s’établit à 17,08%. « Avant la réforme du lycée, les élèves avaient 32 heures par semaine, rappelle Akrem M’Hamdi. Après, c’est 28 heures par semaine, c’est-à-dire deux mois de cours en moins par an. »

    À Paul-Langevin, les effets de cette « austérité budgétaire » se font déjà ressentir. Élèves en terminale, Lou et Léna témoignent. « On est 36 dans notre classe, donc il y a facilement du bruit, c’est dur d’étudier. On prend du retard sur le programme. Les heures en moins obligent à supprimer des options. L’an dernier c’était l’anglais. L’année prochaine ce sera probablement le latin. On pourra bientôt plus faire de demi-groupe pour les langues, donc on n’aura plus d’oral, alors que c’est nécessaire pour apprendre. Bref, on fait les frais de cette politique et c’est plus vivable. »

    Présents sur place, le maire communiste Gaby Charroux et ses élus annoncent leur intention d’intervenir auprès du rectorat. L’équipe pédagogique annonce quant à elle un mouvement où « deux fois par semaine, des collègues feront grève et se mettront devant le lycée », détaille Akrem M’Hamdi.

  • Nouvelle mobilisation dans l’éducation annoncée jeudi

    Nouvelle mobilisation dans l’éducation annoncée jeudi

    Non au budget d’austérité ! Des moyens pour l’école ! » Ce sont les mots d’ordre de l’appel à la grève générale pour ce jeudi 26 mars par l’intersyndicale des Bouches-du-Rhône, qui rassemble la CGT Educ’Action, la FSU, la Fnec FP-FO et SUD éducation.

    « Nos revendications portent sur les moyens humains. Les personnels sont impactés par la loi de finances avec les suppressions de postes qui se matérialisent par la fermeture de classes dans le premier degré et la perte d’heures dans les lycées généraux, professionnels et polyvalents », explique Magali Hidalgo, membre de la CGT Educ’Action. Assistantes sociales, enseignants et lycéens devraient suivre l’appel à la grève et se mobiliser ce jeudi.

    Écoles et collèges concernés

    Le premier degré est également touché. Les préoccupations concernent le manque d’enseignants et les remplacements. Des collèges et écoles primaires commencent à rejoindre la mobilisation des lycées dans le département. Le lycée Diderot (13e) créé un mouvement de jonction avec l’école élémentaire Malpassé (13e) avec une réunion publique, ce mardi 24 mars à 18h, pour préparer la journée d’action de jeudi.

    Un rassemblement est organisé par les parents d’élèves de l’école élémentaire Gilles-Vigneault (5e), ce mardi à 16h30, devant l’annexe Pardigon, contre la potentielle fermeture de deux classes. Un appel à la grève nationale est prévu le 31 mars. Il sera un « rebond pour la mobilisation », pour Magali Hidalgo.

    Jeudi 26 mars, le rassemblement est prévu à 11h aux Réformés à Marseille

  • Les lycéens marseillais poursuivent leurs actions de blocage

    Les lycéens marseillais poursuivent leurs actions de blocage

    À Marseille, les lycées Périer (8e), Montgrand (6e) et Nelson Mandela (12e) faisaient partie des établissements bloqués. Au lycée Saint-Charles (1er). Dans celui-ci, « ce sont 77h qui vont être supprimées, on veut les récupérer ! On voit le budget de l’armée multiplié, alors que celui de l’éducation est totalement délaissé ! », lance Adèle, élève de premier qui participe aux actions depuis deux semaines.

    Les élèves dénoncent notamment la suppression de l’aide aux devoirs, des demi-groupes et de certaines options.

    Aux abords du lycée Victor Hugo (3e), l’inquiétude est double avec non seulement la baisse des moyens et l’interpellation lundi de trois élèves après un blocus. « On est là pour s’assurer que les élèves vont bien », explique les professeurs présents sur place tandis que la CGT des Bouches-du-Rhône « condamne les violences policières » et demande la levée des gardes à vue.

    « De mauvaises décisions »

    Côté lycéens, la colère est palpable : « On va nous enlever des sorties, des options, les seules choses qui nous motivent à venir, on les enlève », déplore Mowgli, élève au lycée Victor Hugo. « On veut qu’ils arrêtent de prendre des mauvaises décisions. On part déjà avec un désavantage, et là on va nous en rajouter », ajoute Mounir-Mohamed, élève de première.