Tag: lycée

  • Un ciné-débat sur le harcèlement scolaire organisé à Toulon

    Un ciné-débat sur le harcèlement scolaire organisé à Toulon

    Sensibiliser les jeunes au harcèlement scolaire, un défi de taille tant ce phénomène, pourtant subi par plus d’un élève sur trois en 2025 selon l’association E-Enfance, est parfois sous-estimé ou mal compris. « J’ai l’impression qu’il y a moins de harcèlement après la seconde, et beaucoup plus au collège », livre par exemple Théa, élève de première et référente harcèlement au lycée Beaussier. Pourtant, ces mêmes chiffres affirment que 37% des lycéens, pour 35% des collégiens et élèves de primaire, en ont été victimes cette année.

    Eu égard à cela, à l’initiative d’Orange et d’E-Enfance, 90 lycéens de l’aire toulonnaise ont assisté mercredi à la projection du film Tkt, sorti en 2024 en Belgique et cette année en France, qui traite du harcèlement scolaire et virtuel subi par une lycéenne pourtant intégrée socialement. Les élèves ont ensuite débattu autour de ce film aux thématiques lourdes, qui ont mis en valeur leur propre vécu. « On a pu confronter notre définition du harcèlement. Et en images, voir qu’on peut en mourir, la détresse des parents, c’est encore plus parlant », affirme Théa. « Il est devenu normal de harceler, via des blagues pas drôles et répétitives. Ça commence plus tôt qu’on ne le pense », commente Amandine, elle aussi référente harcèlement, comme Dorian, pour qui ce genre de projets « reste en tête et va faire réduire le problème ».

    Un numéro : le 3018

    « Cette opération est une première, explique Pascale Beynet CPE et coordinatrice ressources du programme Phare, qui lutte contre le harcèlement, au lycée Beaussier. C’est intéressant de faire toucher du doigt ce qui peut se passer. » Un intérêt pour les professeurs également, pas toujours formés à ces problématiques : « C‘était une bonne opportunité. Le débat et la vidéo finale montrent qu’on peut endiguer le problème avec des solutions simples », ajoute Claire Duhamel, professeure de français du même lycée.

    « On intervient partout en France pour sensibiliser les jeunes », détaille Yasmine Hamoum, chargée de projet pour E-Enfance. « On veut dire aux jeunes qu’on les écoute, qu’il faut s’exprimer, à travers des mots ou autre » explique la jeune femme, qui invite tout jeune en ayant besoin, ou ayant repéré un camarade en détresse, à contacter le 3018, numéro spécial anti-harcèlement mis en place par l’association, et qui reçoit chaque jour près de 500 appels.

  • Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    « L’omerta, le déni et les mensonges, ne peuvent plus durer. » Devant le palais de justice de Marseille, Nathalie Laclau, présidence de l’Avalé 13 (Association des victimes de l’amiante dans les locaux de l’éducation des Bouches-du-Rhône) tire la sonnette d’alarme sur un « scandale sanitaire » dans le bâti scolaire. Entourée de représentants syndicaux d’enseignants, d’agents territoriaux, d’association de parents d’élèves, elle dénonce : « Il n’y a jamais eu de politique d’éradication de l’amiante dans les locaux scolaires depuis son interdiction. Mais le bâti s’est usé et libère immanquablement des fibres d’amiante. »

    D’où un dépôt de plainte inédit, contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, auprès du procureur de la République du pôle santé publique de Marseille, ce mercredi par la dizaine d’organisations et les plusieurs dizaines de parties civiles réunies sous la même bannière pour cette action. L’objectif affiché est simple : « Demander justice et faire la lumière sur les responsabilités politiques et institutionnelles. Que plus personne ne puisse se défiler sans rendre des comptes », résume Arnaud Dupleix pour la FCPE 13. Pour les travailleurs des établissements scolaires comme les parents d’élèves, la présence d’amiante et leur exposition ne font aucun doute. « Il y a eu des droits de retrait et des mobilisations d’ampleur dans plusieurs établissements sur la question », rappelle Laurence Rouvière, pour le Snudi-FO. « L’éducation et les collectivités territoriales refusent de se confronter à l’ampleur du phénomène », abonde Sébastien Fournier, pour la FSU-SNUipp.

    « Des expositions passives et actives »

    Et s’ils posent la question de la responsabilité, c’est car le collectif fait face à un labyrinthe institutionnel où se mêlent l’intervention de l’Éducation nationale et les compétences des collectivités territoriales sur le bâti scolaire : les écoles dépendent des communes, les collèges du Département et les lycées de la Région. « On a 12 exemples : des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et un lycée dans les Bouches-du-Rhône où il y a une défaillance dans la production et la communication des diagnostics techniques amiantes. Ils sont parfois inexistants, parfois incomplets », précise Me Julie Andreu qui porte le dossier. Avant de conclure : « Il y a des expositions actives et passives : quand on est enseignant et qu’on perce un mur, on peut être exposé à l’amiante. Quand on est élève et qu’on dort dans une salle où il y a des dalles de plafond dégradées et amiantées, on n’est pas informé.»

  • Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Depuis la rentrée scolaire, les élèves de terminale ST2S1 du lycée Raynouard –dont les camarades de terminale ASSP avaient connu une situation similaire en fin d’année dernière– sont privés de leur enseignante de spécialité, en arrêt maladie jusqu’au 10 décembre (minimum). Depuis, malgré les relances incessantes des parents d’élèves, professeurs et du proviseur, aucune réaction du rectorat, alors que cette absence aurait pu être anticipée. « Le professeur en question a prévenu le rectorat au mois d’août, explique Sophie Zolla, déléguée FCPE et mère d’une élève. Ils n’ont réagi que quand on a menacé de contacter la presse. On nous a demandé un délai jusqu’au 10 novembre au soir. Nous n’avons rien eu. »

    « Il faut plus de places

    aux concours »

    Une situation difficile pour les élèves, privés de l’enseignement le plus important pour leur bac (coefficient 16, 8h/semaine), qui doivent aussi composer sans leur professeure de physique-chimie, en congé maternité : « Ça génère du stress car ils voient leurs camarades avancer sur le programme et pas eux. Ils ont peur de se planter », s’inquiète la déléguée FCPE, qui indique qu’une annonce pour trouver un remplaçant a été déposée sur les réseaux sociaux de la FCPE du lycée. « Ils sont tenaces, mais je les sens fatigués. Ils attendent toute la journée pour aller en cours et perdent du temps et leur motivation, même s’ils restent sérieux. Je suis optimiste, mais on craint la démotivation », met en garde Joël Beullier, leur professeur de philosophie.

    La professeure de spécialité de l’autre terminale ST2S prend le relais 2h par semaine, mais cela n’est pas suffisant : « Les élèves ont 50h et quatre chapitres de retard », déplore Sophie Zolla. « Ces remplacements courte durée (RCD) n’en sont plus. Ça ajoute du travail et cela dégrade nos conditions de travail », fustige Joël Beullier, qui pointe l’inaction du rectorat et des effectifs trop restreints pour assurer la continuité de l’enseignement : « Après avoir vécu ça l’an dernier, on est effaré de voir que ça se répète. C’est inquiétant car ça ramène à la crise du métier et de la vocation. On n’a plus assez de collègues. Tous les postes proposés sont pourvus, mais on n’a plus de titulaire en zone de remplacement. On est complètement à flux tendu sur ces disciplines. Il faut plus de places aux concours pour répondre à ces difficultés. »

    Contacté, le rectorat n’a pas pu être joint.

  • Des ateliers de prévention contre le harcèlement scolaire

    Des ateliers de prévention contre le harcèlement scolaire

    « Je te le dis mais tu le dis à personne, d’accord ? », « Je te fais confiance, t’es mon meilleur pote. Tu me jures que tu diras pas ? ». Comment réagir face aux premières confidences d’un jeune harcelé, souvent encore marqué par la honte ? C’est ce qu’a tenté d’expliquer Alexander Chaneac, jeudi, aux élèves du lycée Marcel-Pagnol (10e). Intervenant Paca-Corse pour Colosse aux pieds d’argile, association de lutte contre les violences sexuelles et le bizutage, Alexandre appartient à l’une des trois structures, mandatée par la Région Sud, venues intervenir dans l’établissement ce jeudi, journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. « Qui est persuadé qu’il ne se laisserait jamais faire par un agresseur ? », lance l’animateur à l’assemblée de jeunes gens. Et de répondre aux audacieuses mains levées : « C’est très bien si vous arrivez à vous défendre ou que vous pensez pouvoir le faire. Mais sachez que la violence peut parfois placer les victimes dans un état de sidération qui les empêche de réagir, et ce n’est pas une honte. »

    Dans la salle, la majorité des élèves sont « ambassadeurs harcèlement scolaire ». Choisis par leurs professeurs après candidature, ils appartiennent à la cellule Phare, programme national de lutte contre le harcèlement. « L’idée de ce programme est de valoriser le dialogue et pas la sanction, car c’est souvent par peur de représailles que les jeunes ne parlent pas, détaille Laetitia Bouillon, professeure référente de l’équipe Phare au lycée Marcel-Pagnol. Les ambassadeurs sont essentiels car ils constatent beaucoup de situations ou discussions qui échappent aux adultes. »

    Multitude d’ateliers

    Deux autres ateliers sont ce jour-là organisés dans l’établissement : le premier animé par Femmes en Défense, le second, qui prendra la forme d’une performance de danse, par la Cie Essevesse, deux associations elles aussi mandatées par la Région Sud. Au total dans la journée, 600 lycéens de Paca ont pu bénéficier de ce type d’animations préventives. « La région investit chaque année 1 million d’euros dans la lutte contre le harcèlement et ça ne bougera pas malgré les coupes budgétaires. Il s’agit pour nous d’une grande cause », souligne Ludovic Perney, vice-président de la Région en charge de la Jeunesse.

    Entre mars 2022, date d’entrée en vigueur du délit de harcèlement scolaire, et fin 2024, 10 100 affaires relatives à cette infraction ont été enregistrées par les parquets, selon le ministère de la Justice. Le harcèlement scolaire est un délit pénal passible de 3 ans d’emprisonnement.

  • Quand l’éloquence rencontre l’écologie au lycée Marie-France de Toulon

    Quand l’éloquence rencontre l’écologie au lycée Marie-France de Toulon

    Favoriser l’éloquence des jeunes grâce à l’écologie : c’est le principe de la Fédération l’Air et Moi, programme pédagogique créé en 2009 et qui se targue d’avoir sensibilisé plus d’un million d’enfants à la question de la qualité de l’air. « On est parti du constat qu’on respire 15 000 litres d’air par jour et que la pollution de l’air provoque 9 millions de décès par an », pointe Victor Hugo Espinosa, concepteur et pilote du projet.

    Lundi, 90 élèves de terminale commerce, vente et STMG du lycée Marie-France de Toulon (qui avait déjà participé à AirLoquence en 2021) ont pu en bénéficier. à travers des échanges autour de l’éco-anxiété et de la qualité de l’air, encadrés par M. Espinosa, en s’appuyant notamment sur une exposition mobile, les élèves se sont entraînés à prendre la parole en public.

    Pour ce faire, ce dernier utilise « l’humour. On décale les choses par le rire. Ça a permis à certains de réussir à parler en public. Tous seront confrontés à des stages, à l’emploi, et ça peut leur porter préjudice. Tout le monde a appris de petites choses ». Une méthode qui porte ses fruits, si bien « qu’elle est reprise par d’autres structures. Les ressources sont disponibles sur notre site et notre exposition sera affichée dans d’autres établissements », se félicite le porteur du projet.

    Pourquoi lier éloquence et éco-anxiété ? « Car un jeune qui parle à d’autres aura plus d’impact qu’un adulte », affirme M. Espinosa. Mais aussi car le simple fait de parler soulage : « Avec le Covid, beaucoup de jeunes ont subi un choc. Il faut trouver un sens à sa vie et la transmission peut en être un. » En particulier à une époque dans laquelle l’enjeu climatique est clé : « On repart avec des idées sur ce qu’on peut faire au quotidien », avance Julie, une des élèves.

    Une vidéo pour la COP 30

    Pour Aurore Arnal, professeure de SVT à l’origine de la venue du projet, « les exercices ouvrent les consciences. L’air n’est pas au programme, mais ça permet de faire le lien avec la préservation des énergies ». « C’est bien de sortir de la salle de classe, de ne pas rester sur un secteur et de faire comprendre l’interdépendance des personnes avec leur environnement », complète le proviseur, Yann Deniau.

    Cette journée donnera lieu à une vidéo – complétée par une future intervention dans un lycée avignonnais – qui sera diffusée au pavillon Francophonie lors de la COP 30 au Brésil, en 2026. « Chaque année, je fais une vidéo lycée et une vidéo enfants. Il n’y a pas de COP sans action locale. Ce qu’on fait, c’est une petite bouteille à la mer », conclut Victor Hugo Espinosa.

  • À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, on comptait environ 1 200 personnes jeudi (3 000 selon l’intersyndicale), à 10h30, au départ de la manifestation, devant la Préfecture. Des chiffres en baisse qui ne traduisent pas une diminution de la colère chez les enseignants, malgré, là aussi, une mobilisation moindre (6,42% de grévistes selon le ministère de l’Éducation).

    Pour certains, comme Bernard Conte, militant CGT Éduc’action et enseignant au lycée Janetti, la journée a commencé tôt, avec un mouvement dès 8h devant son établissement à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, suivi par des enseignants, des élèves et l’ensemble du personnel de la vie scolaire, pour « alerter sur nos problématiques locales », explique-t-il. Parmi elles, « le nombre d’élèves par classe, 36 à 37 en Seconde, à cause de l’austérité, qui empêche d’ouvrir des classes et génère des effectifs trop importants ». Et les réponses apportées restent largement insuffisantes : « Ça fait 20 ans que je suis dans le lycée. On touche une prime “effectif pléthorique” seulement depuis l’an dernier. Mais ce n’est pas parce qu’on nous donne trois sous que cela va améliorer la qualité de notre enseignement », fustige-t-il.

    Des retraites et un budget qui font grincer des dents

    Derrière ces demandes insatisfaites, un budget qui ne suit pas : « Tous les problèmes de l’Éducation nationale viennent de Bercy, affirme Dominique Queyroulet, enseignant à Borme-les-Mimosas et secrétaire départemental du Snes-FSU. Entre suppressions de postes et difficultés à recruter, nos conditions se dégradent depuis des années, particulièrement dans l’académie de Nice, une des plus mal classées sur le taux d’encadrement. » Ces problèmes ne concernent d’ailleurs pas que les professeurs, mais « tous les fonctionnaires, qui, dans le budget Bayrou, en grande partie repris par Lecornu, vont payer un lourd tribut en termes de suppression de postes et de protection sociale. Et comme on l’a déjà vu avec le budget 2025, on est largement pénalisé sur les rémunérations lorsqu’on est en arrêt maladie », détaille Bruno Combette, secrétaire départemental adjoint de la Snes-FSU.

    Enfin, la question des retraites ne cesse de crisper : « Un engagement sur une suspension de la réforme est indispensable », martèle Bruno Combette. « J’ai pris deux ans de plus à 55 ans. C’est lourd. Nos parents avaient la retraite à 60 ans. C’est terminé, alors que l’espérance de vie en bonne santé n’est pas bien plus élevée que 64 ans », déplore Bernard Conte.

  • Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    La manifestation du 18 septembre a réuni plus de 6000 personnes à Toulon. Un mouvement suivi au sein de certains établissements scolaires, comme au Lycée Dumont d’Urville, devant lequel élèves et enseignants se sont retrouvés tôt le matin, « afin d’exiger un autre avenir pour la jeunesse, d’affirmer leur opposition aux idées d’extrême droite et d’appeler à une rupture avec les politiques économiques, sociales et environnementales menées jusqu’ici », souligne l’intersyndicale FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation – CGT Educ’action dans une lettre ouverte.

    Un mouvement achevé en fin de matinée et qui s’est « très bien passé », jusqu’à ce qu’une « étudiante qui préparait sa pancarte [pour la manifestation de l’après-midi] a été interpellée par les forces de l’ordre (en civil et sans brassard) de manière violente, sans explication. […] Refusant cette interpellation arbitraire, elle est traînée au sol et menottée, ainsi que sa camarade qui voulait la protéger, sans savoir qu’il s’agissait des forces de l’ordre », s’indignent les syndicats.

    La première avait été placée en garde à vue pour violences et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour rébellion. Convoquées début octobre devant le délégué du procureur pour des stages de citoyenneté, ainsi qu’une composition pénale et une obligation d’indemniser un policier pour la première des deux, elles ont reçu le soutien des syndicats qui disent « partager l’indignation face à ces mesures de répression brutale contre des jeunes qui exercent leur liberté d’expression et d’opinion », rappelant « les conditions d’études dégradées » auxquelles sont sujets les élèves du secondaire et du supérieur, dont « plus de 100 000 étaient sans affectation après la première phase d’admission Parcoursup. » Ils fustigent « la volonté de criminaliser les revendications » et exigent « l’abandon de toute répression administrative, judiciaire et d’État ».

    Note