Tag: lycée

  • [Grève dans l’éducation nationale] Cédric Turco (FSU-SNUipp 83) : « L’éducation n’est pas un coût, c’est un investissement »

    [Grève dans l’éducation nationale] Cédric Turco (FSU-SNUipp 83) : « L’éducation n’est pas un coût, c’est un investissement »

    La Marseillaise : Dans le Var, les syndicats dénoncent notamment la suppression de cinq postes de professeurs des écoles pour la rentrée 2026, ainsi que six postes dans le secondaire…

    Cédric Turco : C’est catastrophique. Les classes sont surchargées dans le premier degré, encore plus dans le second. On ne peut pas travailler sereinement avec 35 ou 36 élèves par classe au lycée, ou avec 30 par classe dans le premier degré. On a des élèves relevant de l’enseignement spécialisé qui se retrouvent dans le circuit général, faute de place. Nous, généralistes, n’avons pas la formation pour les accueillir correctement.

    Cela se fait au détriment de tous les élèves, tout le monde est perdant et, in fine, la nation l’est aussi. Il y a un manque criant d’enseignants du premier degré. On fait partie des départements moins bien classés au niveau professeurs par classe et élèves par professeurs.

    Pourtant, il y a 86 000 élèves dans le premier degré, dans le Var. Des effectifs assez stables.

    C.T. : On aurait dû se servir de cela pour ouvrir des postes supplémentaires et améliorer les conditions d’apprentissage, pour une école ambitieuse permettant à tous les élèves de réussir. Mercredi a lieu une commission académique pour décider des ouvertures et fermetures de postes. Je vais y siéger. On va tenir notre rôle d’élu avec force et on sera aux côtés des parents de toutes les écoles, pour qu’à la rentrée 2026, les conditions ne soient pas dégradées.

    La manifestation de ce mardi intervient quelques semaines après l’agression au couteau d’une professeure au collège de Sanary. Que dit cet événement du contexte éducatif français ?

    C.T. : La faiblesse des investissements dans l’éducation est dramatique et inexplicable, car l’école forme les citoyens de demain. Ce n’est pas un coût, c’est un investissement dans notre avenir. Et le gouvernement a 0/20 là-dessus. Le sous-investissement dans le personnel, au niveau des AESH, AED, psychologues et autres infirmières mène à des conditions dégradées. Cela engendre un mal-être au travail, pour les enseignants comme pour les élèves. Et ça se concrétise, parfois, par des violences physiques et verbales, ce qu’on a vu à Sanary dépassant les bornes.

    L’école, comme nombre de services publics, souffre également du processus de privatisation latent…

    C.T. : Tout est fait pour casser les services publics. Que ce soit l’hôpital, les collectivités ou les écoles, tout est fait pour orienter vers le privé. Les Français n’ont pas besoin de ça, ils ont besoin de services publics de qualité partout et pour tous. Heureusement que les familles ont encore confiance en l’éducation publique et y scolarisent massivement leurs enfants, c’est pour ça qu’on a besoin de moyens. Le privé fausse l’égalité. On s’oppose à ce principe-là. Les services publics sont faits pour réduire les inégalités. Avec ces politiques, on ne les réduit pas, on les creuse les inégalités et on en crée même de nouvelles, ce qui est inacceptable.

    Doit-on s’attendre à ce que la mobilisation dure ?

    C.T. : L’arc syndical est uni, avec la CGT, FSU, FO, l’Unsa, SNALC, Sud et Solidaires. Nous œuvrons main dans la main pour dénoncer la situation très difficile, dans le Var et partout en France. Très rapidement, après la journée d’action, nous nous réunirons pour échanger sur les modalités de la suite. On est uni, déterminé, on ne lâchera rien, et la mobilisation n’est pas près de s’arrêter.

  • Des lycéens à la découverte de la police et de la justice

    Des lycéens à la découverte de la police et de la justice

    Magistrats, avocats, scènes de crime, armes… Des lycéens de filière professionnelle de Martin Bret à Manosque ont pu découvrir lundi les coulisses et les rouages de la justice et de la police nationale. Le matin, ils se sont rendus au tribunal d’instance, où ils ont reconstitué un procès. L’après-midi, ils sont allés au commissariat, où les policiers leur ont montré une fausse scène de crime, les cellules de garde à vue ou encore leurs armes.

    Casser la barrière

    entre jeunes et policiers

    L’objectif de cette journée en immersion était de susciter des vocations et de « casser la barrière qu’il peut y avoir entre les jeunes et les policiers », explique Caroline Paolasso, vice-présidente à la politique de la ville de l’agglomération Durance Luberon Verdon, qui organisait l’événement avec le CDAD 04 (conseil départemental d’accès aux droits).

    « Il faut passer l’examen du barreau, c’est très difficile, il faut s’accrocher », raconte aux jeunes Me Julie Okon, avocate à Manosque. Mais, « il ne faut pas se laisser effrayer par le travail. Quand on a envie, on y arrive », les rassure Me Emmanuelle Orta.

    « Pourquoi on a pas le droit d’aller en boîte de nuit quand on est avocat ? », demande un lycéen, étonné de la remarque de la bâtonnière qui leur a expliqué que, lorsqu’on était avocat, on ne pouvait pas « danser sur les tables en boîte de nuit ». « Notre attitude doit être irréprochable, nous représentons la justice partout, en toutes circonstances », lui répond Me Orta.

    « Est-ce que vous avez le droit de porter des armes à feu ? », « vos vitres, elles sont blindées ? », « est-ce que vos gilets arrêtent les balles de fusil à pompe ? », ont ensuite demandé les lycéens aux policiers manosquins.

  • Les lycéens sont aux manettes dans la lutte

    Les lycéens sont aux manettes dans la lutte

    Depuis maintenant deux semaines, des lycées du département sont en lutte contre la baisse des moyens annoncée par le rectorat. Alors qu’une journée de grève a réuni les personnels éducatifs et les élèves, mardi 17 mars à Marseille, des lycées étaient de nouveau bloqués, ce jeudi 19 mars. Les lycéens de Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Montgrand (6e), Périer (8e), Rempart (7e), Nelson-Mandela (12e), mais aussi de Mendès-France à Vitrolles, ont tenu des blocus dès le matin. La preuve selon Adèle, du Mouvement national lycéen (MNL) et élève de première, que « les lycéens aussi savent s’organiser pour défendre leurs droits ».

    S’organiser pour mieux lutter

    Le MNL est un syndicat lycéen « écologiste, féministe, antifasciste, anticapitaliste et révolutionnaire », qui vise à « organiser la réflexion, l’information et l’action dans les établissements scolaires », explique Adèle. À Marseille, il regroupe une cinquantaine d’adhérents. Mobilisé depuis le début du mouvement le 5 mars, le MNL « organise ou soutient les blocus lycéens, sensibilise les élèves aux revendications, maintient le lien entre les lycéens et les professeurs en lutte », continue l’élève.

    Interrogée sur les méthodes d’action du syndicat, Adèle justifie : « Le blocus est le principal moyen pour nous de se faire entendre. » Elle reconnaît cependant « des divergences entre les élèves » sur la poursuite de cette stratégie, qui « impacte les conditions d’étude ».

    « On va rien lâcher »

    Le MNL se dit « content de la mobilisation qui se met en place, et optimiste quant à la suite », bien que de la « frustration » soit ressentie « face au manque de réponses obtenues de la part du rectorat et à la répression qui s’intensifie contre les élèves ». À ce jour, six lycéens mineurs ont été interpellés en marge des blocus et placés en garde à vue. Trois d’entre eux, présents sur le blocage du lycée Victor-Hugo lundi 16 mars, ont effectué 48h de garde à vue avant d’être déférés devant le juge des enfants qui leur a enjoint des mesures éducatives judiciaires provisoires. Ils étaient mis en cause pour « violences en réunion sans incapacité » et « dissimulation volontaire de visage en manifestation sur la voie publique », indique le parquet de Marseille. Le rectorat ne souhaite pas commenter du fait de « la période de réserve » des élections municipales.

    L’annonce de la réduction des dotations horaires globales (DHG) dans de nombreux lycées de l’académie a déclenché le mouvement de protestation début mars. Ces enveloppes budgétaires sont déterminantes par exemple pour le maintien des options, des spécialités, ou le dédoublement des classes. Dans un communiqué, les personnels des établissements mobilisés, réunis en AG le 10 mars, indiquent que la baisse des moyens va provoquer la perte de « 40 postes dans le secondaire et 36 dans le premier degré », dans l’académie. Une nouvelle journée de grève a été annoncée par les syndicats le 26 mars, à l’échelle nationale cette fois-ci. « D’ici là, on va rien lâcher », avertit Adèle.

  • Le lycée Périer a été visé par un « tir de mortier »

    Le lycée Périer a été visé par un « tir de mortier »

    Un individu cagoulé a été filmé en train de tirer sur le lycée Périer à Marseille, mardi, en plein mouvement de contestation contre la baisse des heures d’enseignement. La vidéo, relayée notamment par le site « Faisons parler Marseille », est devenue virale sur les réseaux et a d’abord laissé croire à l’usage d’une arme à feu. Ce que démend la préfecture de police : « Pas de tir d’arme à feu. Une fausse information a circulé (…). Ces images correspondent à un tir de mortier (…) dans le contexte de là mobilisation (…) ». Elle ajoute qu’il n’y a eu « ni dégradation, ni blessé ».

    Ludovic Perney, vice-président de la Région Sud en charge de l’Éducation, s’est rendu sur place. Muselier, président (Ren.) de la Région, souligne : « Cet acte franchit un seuil insupportable et appelle une réponse d’une fermeté absolue. Cette tentative d’intimidation (…) ne doit, et ne sera pas banalisée (…). La sécurité de nos lycéens et de nos personnels reste notre priorité absolue (…) ».

  • Un comité de soutien pour Amine, menacé d’expulsion

    Un comité de soutien pour Amine, menacé d’expulsion

    Amine Ganzoui a soufflé ses 18 bougies en avril 2025. Arrivé huit ans plus tôt en France depuis la Tunisie, et désormais majeur, il a déposé une demande de titre de séjour et a reçu son récépissé en juillet 2025. Ce document provisoire lui permet de séjourner régulièrement en France durant l’examen de son dossier. « J’étais heureux de me dire que j’allais enfin pouvoir vivre comme les autres et commencer des études », raconte Amine, qui envisage une licence de droit après son bac au lycée Montgrand (1er).

    Mais les choses ne se passent pas comme prévu : la demande est rejetée, et il reçoit le 7 août 2025 une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette mesure administrative, délivrée par la préfecture, l’informe qu’il a désormais trente jours pour quitter le territoire avant d’en être expulsé. Le motif ? Selon l’arrêté, « l’intéressé, célibataire et sans enfant, ne justifie pas l’ancienneté et les liens familiaux » dont il devrait se prévaloir pour justifier la délivrance du titre de séjour. « Comment imaginer m’en aller en un mois alors que toute ma vie est ici ? », interroge Amine. Ses amis, à ses côtés, hochent la tête : « On était choqués, on ne comprend pas comment c’est possible, c’est tellement injuste. »

    Un comité de soutien pour sa régularisation

    Dans la salle des professeurs du lycée Montgrand, des enseignants et des élèves se sont réunis ce mercredi 18 mars pour organiser le comité de soutien pour Amine. Une pétition et un communiqué, appuyés par le Réseau éducation sans frontières (RESF), circulent. Le texte raconte comment Amine est arrivé en France « fin août 2018 » car « ses parents, gravement malades », ont décidé de le « confier à sa sœur qui réside en France dans l’espoir d’une vie meilleure ». Depuis, ses camarades et ses professeurs témoignent de son « parcours exemplaire ». Impliqué dans le dispositif Télémaque, Amine a également pu bénéficier de « soutien scolaire et de sorties culturelles ».

    Autant de preuves de « sa bonne intégration », qui rendent le refus de la préfecture de lui accorder le titre de séjour « incompréhensible » pour la sœur d’Amine, Nouha Hamlet. « Depuis qu’il a appris pour l’OQTF, il vit dans la peur quotidienne de l’expulsion et ça a des conséquences, à la fois physiques et psychiques, sur lui », témoigne-t-elle. Inquiète, elle a informé les enseignants du lycée Montgrand de la situation du lycéen au début de l’année scolaire. Ses professeurs et ses amis ont alors décidé d’organiser un comité de soutien pour « mettre en œuvre tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’Amine Ganzoui puisse rester ici, chez lui, et être régularisé ».

    Amine, sa sœur et son avocat ont déposé un recours contre la décision, qui sera jugé le 26 mars prochain au tribunal administratif de Marseille.

  • Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    « Aujourd’hui, si on est aussi nombreux et nombreuses, c’est parce que, pour une fois, on a décidé de ne pas se laisser faire face à ce rouleau compresseur qui nous écrase depuis des années. » Au mégaphone, Marthe Bonifay, professeur de lettres et histoire au lycée professionnel Denis-Diderot à Marseille (13e). Une grève du secteur de l’éducation est organisée ce mardi 17 mars, à l’appel de l’intersyndicale, suite à l’annonce par le rectorat de la suppression d’heures d’enseignement à la rentrée 2026 dans plusieurs lycées du département. Une foule a commencé à se réunir dès 11h près du kiosque des Réformés pour une manifestation. Un cortège d’élèves de différents établissements s’y est joint, sous des acclamations, en brandissant des pancartes « Le fric pour la santé et l’éducation, pas pour les flics et les prisons ».

    Élèves et enseignants main dans la main

    Au total, plus de 700 personnes, selon la préfecture de police, se sont réunies à Marseille pour la mobilisation. Le cortège était à l’image du mouvement de protestation, représenté pour moitié par des élèves. « Il prend de l’ampleur tous les jours » depuis le 5 mars, selon Françoise Julia, secrétaire académique CGT Educ-action13 et enseignante. Elle raconte que dans le département, et surtout à Marseille où des lycées sont sévèrement touchés par la baisse des moyens, « des grèves des personnels éducatifs et des blocus lycéens se sont relayés pour faire entendre le ras-le-bol ».

    Si certains établissements ont vécu plusieurs jours de blocages successifs, comme les lycées Montgrand (6e), Victor-Hugo (3e), Artaud (13e) ou Diderot (13e), trois lycéennes en classe de seconde confient avoir « participé au premier blocus de leur vie ce matin » au lycée Nelson-Mandela (12e). Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ? « On a peur de se retrouver trop nombreux en classe et que ça creuse les inégalités entre les élèves », expliquent-elles. Même chose à la Cité scolaire internationale (CSI) Jacques-Chirac (2e), où les élèves ont organisé un blocus pour la première fois mardi matin. Un professeur de mathématiques de la CSI rapporte être « impressionné » par « la maturité et l’organisation des élèves ».

    Dans certains établissements, les blocages ont pourtant conduit à des tensions, notamment avec les forces de l’ordre. Après un premier lycéen interpellé au lycée Thiers le 10 mars, deux élèves du lycée Artaud ont été placés en garde-à-vue le 13 mars. Des lycéens du lycée Diderot témoignent avoir « reçu des pressions et des menaces d’exclusion de la part de la direction » du fait de leur participation aux blocus. Contacté à ce sujet, le rectorat indique ne pas souhaiter communiquer « en raison du devoir de réserve lié à la période électorale actuelle ».

    Élargir le mouvement

    Une délégation d’enseignants, de lycéens et de parents d’élèves a été reçue en audience par la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), mardi. Une assemblée générale s’est ensuite tenue à la Bourse du travail « pour décider de la suite des actions ». Pour Caroline Roux, professeure d’histoire-géographie à Montgrand, l’enjeu est de « construire un mouvement très fort, qui part de la base, pour un service public de l’éducation de qualité ». Reste donc pour eux à étendre la mobilisation aux établissements qui ne sont pas encore entrés dans la danse, y compris les collèges, en vue de la journée de grève nationale annoncée pour le 26 mars.

  • Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Depuis le 5 mars, des lycées marseillais s’activent suite aux annonces début février de la baisse des moyens attribués par le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, pour préparer la rentrée 2026. Alors que les personnels éducatifs et les lycéens en lutte ont décidé de reconduire le mouvement le 17 mars, l’intersyndicale de l’éducation des Bouches-du-Rhône (FSU, CGT Éduc’action, SUD Éduc, FO-Fnec, Sgen-CFDT) annonce « soutenir leur mobilisation et appelle à une journée de grève et de mobilisation départementale dans tous les établissements ».

    Une mobilisation d’ampleur attendue

    Le 17 mars, Marthe Bonifay, professeure de lettres et histoire au lycée Denis-Diderot (13e) et CGT Éduc’action, s’attend à « un mouvement massif ». « Nous avons rarement vu autant de professeurs mobilisés, affirme-t-elle, avec presque une soixantaine d’entre nous présents à la réunion d’information syndicale en cette veille de grève. » Même chose dans les autres établissements qui se soulèvent depuis deux semaines. À Marseille, les lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Nelson-Mandela (12e) et Antonin-Artaud (13e) ont connu des blocages et des grèves depuis le 5 mars. Les enseignants du lycée Mongrand (6e) déclarent que plus de 90% des professeurs étaient en grève le 10 mars.

    Pour encourager à rejoindre le mouvement, « un travail de sensibilisation a été conduit », explique Maria Ignacio, enseignante au lycée Antonin-Artaud (13e) et membre du Snes-FSU 13. Elle raconte qu’une « assemblée générale des établissements en lutte s’est réunie le 10 mars pour décider collectivement des actions », mais aussi que « des temps de discussion avec les élèves et parents d’élèves sont organisés pour éclairer les raisons de la mobilisation ». À l’initiative du Mouvement des parents d’élèves 13 (MPE13) une réunion d’information s’est d’ailleurs tenue au lycée Montgrand lundi soir.

    Le 17, un rassemblement est prévu à 11h aux Réformés à Marseille, avant de se rendre à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), où une demande d’audience a été déposée par les syndicats. Une AG des personnels en lutte se tiendra ensuite à la Bourse du travail à 14h.

    Faire converger les luttes

    Le mouvement de colère a démarré quand l’annonce des dotations horaires globales (DHG) pour la rentrée 2026, qui déterminent les heures d’enseignement dans les établissements, a révélé des réductions considérables dans de nombreux lycées du département. « On accuse le coup d’années successives de restrictions budgétaires qui obligent à une gestion de la misère. On demande simplement des moyens à hauteur des besoins, pour préserver le service public de l’éducation », fulmine Marthe Bonifay. « Et les élèves comprennent parfaitement les enjeux, ils savent qu’ils vont en payer les frais. » Le lycée Diderot était de nouveau bloqué par les lycéens ce lundi. Elle conclut : « Face à la stratégie de division du rectorat qui cherche à nous mettre en compétition pour la distribution des heures, nous appelons à un mouvement de convergence de la lutte. » Une nouvelle journée de grève a déjà été annoncée par les syndicats le 26 mars, à l’échelle nationale cette fois-ci.

  • [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    Ce vendredi au matin, le lycée Montgrand n’a pas ouvert ses portes. Déjà bloqué le 11 mars par les lycéens, après un mouvement de grève massif des enseignants le 10 mars, les élèves ont remis le couvert. Cette fois-ci, « les lycéens, rassemblés en assemblée générale, ont voté démocratiquement la poursuite du blocage », raconte Angèle, élève de première et militante au syndicat Mouvement national lycéen (MNL). « Nous soutenons leur initiative », indiquent Caroline Roux, Violaine Vandepoorter et Sophia Banoudi, professeures d’histoire-géographie et de français. « Il faut que nos mobilisations convergent, continuent-elles, car avec la perte de 100 heures de notre dotation les conditions d’enseignement, pour nous, et d’apprentissage, pour eux, ne seront plus les mêmes. » Les trois enseignantes craignent par exemple « la suppression des groupes de langues et d’accompagnement personnalisé » et anticipent « qu’il sera compliqué de repérer les difficultés des élèves dans des classes de 32 ».

    Des heurts avec la police

    Au lycée Artaud, les lycéens ont aussi enchaîné un blocus les 12 et 13 mars, avec près de 200 élèves mobilisés selon la préfecture de police. Alors que l’action de la veille s’était déroulée pacifiquement, les forces de l’ordre rapportent vendredi avoir essuyé de la part de certains élèves des jets de projectiles et un départ de feu aurait été déclenché sur un local poubelles dans une résidence en face du lycée. Selon la préfecture, deux lycéens ont été interpellés avant que la situation ne revienne au calme.

    Il s’agit de la septième journée de mobilisation dans les lycées marseillais. Depuis le 5 mars, des élèves et des enseignants des lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Diderot (13e) ou encore Mandela (14e), se relaient pour faire entendre leur colère, entre blocus et piquets de grève. Ils protestent contre la suppression des heures d’enseignement prévue dans les dotations horaires globales (DHG), distribuées par l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée 2026.

    Les organisations syndicales (CGT Éduc et SUD Éduc) appellent à une mobilisation générale et une journée de grève mardi 17 mars, avec un rassemblement à 11h aux Réformés.

  • Élèves et personnels des lycées se relaient pour être entendus à Marseille

    Élèves et personnels des lycées se relaient pour être entendus à Marseille

    « Ce sont les élèves qui sont en ligne de mire. Ce sont leurs conditions d’apprentissage qui sont remises en question. » Réunis devant le lycée Montgrand (1er), les enseignants ont reconduit leur grève, ce mercredi. Déjà mobilisés la veille, avec plus de 90% des personnels en grève, ils ont profité, mercredi matin, du « relais des lycéens », explique Didier Castino, professeur de lettres et de membre de la CGT Educ, en désignant l’amoncellement de poubelles qui bloquent l’entrée de l’établissement. Avant de continuer : « On a vraiment des revendications qui se complètent. Avec les élèves qui se mobilisent, on ne peut qu’embrayer. »

    Convergence

    Au lycée Montgrand comme au lycée Diderot (13e), enseignants et élèves se sont mobilisés, mercredi, contre la suppression des heures d’enseignement prévue par les dotations horaires globales (DHG). Les critiques concernent aussi « la suppression des 4 000 postes annoncée pour la rentrée 2026 » et « la baisse des moyens pour l’éducation, tandis que de l’argent, il y en a pour financer la guerre et l’armée », explique a CGT Educ 13 .

    Les personnels éducatifs et les élèves se rejoignent aussi sur la crainte de voir des établissements qui accueillent des publics scolaires déjà fragiles mis encore plus en difficulté. La perte de 100,5 heures, soit 9,2% de sa dotation, signifierait par exemple, pour le lycée Montgrand, « la suppression des groupes de soutien en première, qui sont mis en place pour que les élèves puissent réussir leur bac de français », indique une professeure. Des lycéens mentionnent « des classes surpeuplées qui monteraient à 35 élèves ». Au lycée Diderot, la même crainte s’exprime. « On va perdre le dédoublement des classes dans la formation professionnelle », redoute un professeur d’histoire-géographie.

    Une assemblée générale des établissements mobilisés, réunie à la Bourse du travail mardi, a voté un appel à la grève plus large pour le mardi 17 mars. « Pour faire aboutir nos revendications, nos luttes et nos grèves doivent converger », note la CGT Educ 13, qui appelle « les établissements durement touchés par des pertes d’heures à rejoindre le mouvement ».

    Un rassemblement est prévu à 11h le 17 mars au kiosque des Réformés à Marseille, pour réunir personnels, élèves et parents. Les enseignants des lycées Montgrand et Diderot ont annoncé une nouvelle grève, ce 12 mars. Un moyen de mettre la pression sur leurs chefs d’établissement, reçus ces jours-ci par le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille. Contacté, le rectorat rappelle que que « la période (…) est consacrée aux échanges avec les établissements afin d’identifier (…) les besoins pour la rentrée (…). Les dotations sont fixées (…) par la baisse démographique, l’objectif demeure inchangé : être au plus près des besoins des élèves et leur garantir les meilleures conditions possibles. Le retrait des emplois dans les lycées (…) de l’académie représente moins de 1% des moyens dont dispose les lycées (-0,6%) ».

    Gardanne : grève au collège Pesquier

    À Gardanne, les enseignants se sont mis en grève, les 10 et 11 mars. Ils dénoncent l’absence de réponse du rectorat devant « la recrudescence des faits de violence » dans l’établissement, qu’ils attribuent au « manque de moyens », comme l’explique Johanne Guedini Souche, professeur de français. Des postes de proviseur adjoint, de professeur de musique ou d’assistant social sont vacants depuis le début de l’année scolaire. Une délégation de l’établissement a été reçue par le directeur d’académie des Bouches-du-Rhône, mercredi. Celui-ci réaffirme « sa vigilance particulière quant à la dotation des collèges du département », note le rectorat.

  • La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    Après des premiers blocus la semaine passée, les élèves et le personnel éducatif des lycées Saint-Charles, Diderot, Victor-Hugo et Montgrand se sont de nouveau mobilisés ce 10 mars. Ils sont vent debout contre la baisse des dotations horaires attendue pour la rentrée prochaine. Le mouvement, soutenu par l’intersyndicale (CGT Educ’action, FSU, SGEN-CFDT, SUD Éducation), a été suivi avec près de 90% du personnel enseignant en grève à Montgrand et Victor-Hugo, selon les syndicats.

    Moins d’heures pour moins d’accompagnement

    Dans un communiqué de presse, les enseignants du lycée Montgrand disent constater « une dégradation de leurs conditions de travail et des conditions d’étude des élèves » ignorée par un gouvernement qui mène « une politique de destruction du service public d’éducation avec la suppression de 4 000 postes pour la rentrée prochaine ». 900 postes seraient concernés dans l’académie Aix-Marseille.

    Dans ce lycée, la dotation horaire globale (DHG) se voit amputée de 100 heures. Autrement dit, « une coupe de près de 10% par rapport à notre enveloppe actuelle », rage un professeur de physique-chimie de l’établissement. Pour les enseignants, la suppression des heures signifie « la fin des cours dédoublés en français en classe de première, des effectifs plus importants dans les groupes de spécialités » ou encore « la suppression de l’accompagnement personnalisé en classe de seconde ».

    Le lycée Victor-Hugo se voit quant à lui retirer 83 heures de la DHG, soit une réduction de 5% par rapport à l’enveloppe actuelle. Le constat est similaire : « Une fois encore ce sont nos élèves qui vont faire les frais de cette suppression à la rentrée prochaine », précise les personnels du lycée dans un communiqué. Et tous partagent la même colère : « On nous demande de faire toujours mieux avec moins : l’équation est impossible ! »

    Un lycéen en garde à vue

    Alors que les lycées Montgrand et Saint-Charles étaient bloqués mardi matin, des élèves en ont profité pour étendre la mobilisation au lycée Thiers. La raison ? « Le lycée Thiers, avec ses classes préparatoires étoiles et son public privilégié n’est quasiment pas concerné par les coupes. Ce n’est pas un hasard, c’est toujours les mêmes qui subissent les conséquences des politiques d’austérité », justifie une lycéenne affiliée au syndicat Mouvement national lycéen 13. Elle raconte que les étudiants ont souhaité « filtrer les entrées du lycée pour sensibiliser les élèves à la mobilisation en cours ». Alors que le blocus se mettait en place, des agents de la police sont intervenus « brutalement » pour évacuer les lieux et un lycéen a été interpellé. Des vidéos prises sur le moment montrent pourtant que le groupe de manifestants était pacifique. Le jeune est mis en cause pour « outrage et rébellion » a confirmé la préfecture auprès de nos confrères de La Provence.

    Placé en garde à vue, un rassemblement de soutien devant le commissariat Noailles s’est tenu à partir de midi. Des événements que l’Union départementale CGT 13 a dénoncés mardi soir dans un communiqué, disant « condamner avec la plus grande fermeté cette répression policière » et appelant à « défendre le droit fondamental de manifester ».