Tag: Logement

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • À Marseille, la veille sociale crée des liens entre jeunes et personnes âgées

    À Marseille, la veille sociale crée des liens entre jeunes et personnes âgées

    « Allô bonjour ! », salue au téléphone Méline, 18 ans, opératrice de veille sociale estivale au Centre communal d’action sociale de Marseille. Cet été, vingt jeunes, dix en juillet et dix en août, passeront des milliers d’appels téléphoniques auprès des seniors marseillais pour les protéger des fortes chaleurs et de la canicule, dans le cadre du renforcement de la veille sociale du Centre. « Quand on appelle la personne, on essaye de créer un lien avec elle. On lui demande si tout se passe bien chez elle, si elle pense bien à s’hydrater », explique l’un d’entre eux. Sans oublier de leur rappeler aussi les bons gestes à adopter en cas de fortes chaleurs. « Ils ont conscience que la canicule dure de plus en plus longtemps et qu’elle est plus fréquente. Ils nous disent souvent qu’ils en souffrent », confie Méline, étudiante en prépa commerciale. Mais les appels ne s’arrêtent pas aux conseils pour faire face à la chaleur. Les opérateurs veillent aussi à ce que les personnes âgées ne soient pas isolées. « Vous avez de la famille qui vient vous rendre visite ? », demande, en ligne, l’un des jeunes à une personne âgée. « Oui, mes enfants et petits-enfants n’habitent pas loin. Je suis bien accompagnée. Pour l’instant, je touche du bois, tout va très bien », se réjouit cette senior.

    Des visites de convivialité

    Dans le cas où une personne âgée est isolée, une visite de convivialité est organisée à son domicile. Les opérateurs se rendent en binôme chez elle. L’occasion de lui donner un kit pour lutter contre la chaleur et, c’est la nouveauté cette année, de la sensibiliser aux écogestes. Mais aussi de lui tenir compagnie le temps d’une heure ou deux. « On essaye de partager un bon moment avec elle, de lui faire plaisir, pour qu’elle ne se sente pas seule », explique l’un des opérateurs. La visite est rythmée de discussions et d’anecdotes. « Ils racontent souvent leur enfance. Ce sont des personnes qui ont eu des vies remplies et extrêmement différentes. Pour les plus joueurs, on leur propose de faire un jeu de cartes », s’enthousiasme Méline. Et parfois, ce sont les personnes âgées elles-mêmes qui proposent une partie de Scrabble. « Derrière chaque appel, derrière chaque visite, il y a une attention portée à une personne. Un échange, un sourire, une présence. Souvent même une intervention qui permet d’éviter que les situations ne se dégradent. C’est cela l’esprit de la veille sociale, être présent avant qu’il ne soit trop tard. Être à l’écoute, aller vers celles et ceux qui en ont le plus besoin. Au CCAS de Marseille, nous sommes convaincus qu’une politique sociale efficace est avant tout une politique de proximité. Une politique qui protège, une politique qui innove, une politique qui ne laisse personne de côté », exprime Karim Touche, président du Centre communal d’action sociale et adjoint au maire de Marseille. À ce jour, 8 000 personnes sont inscrites dans le registre du Centre. Il est aussi possible d’inscrire quelqu’un d’autre que soit. Une initiative qui ne laisse pas indifférents les opérateurs. « Ça fait du bien. On tire des leçons de ces échanges. C’est constructif, pour les personnes âgées, mais aussi pour nous », constate Rafaël, 20 ans, opérateur et étudiant en troisième année en BUT réseau et télécommunication à Luminy. Un sentiment partagé par Méline. « J’aime le côté intergénérationnel. Je l’ai déjà fait l’été dernier. J’ai noué des liens avec certaines personnes. Revenir me permet de reprendre des nouvelles. »

  • [Exclusif] Expulsion sauvage à 13 Habitat : le parquet ouvre une enquête

    [Exclusif] Expulsion sauvage à 13 Habitat : le parquet ouvre une enquête

    Le parquet de Marseille a confirmé à La Marseillaise avoir ouvert une enquête préliminaire sur les conditions de l’expulsion violente de l’occupant d’un logement de 13 Habitat. Vendredi 26 juin à 16 heures, trois policiers nationaux pénètrent de force avec deux agents de l’office HLM et un serrurier dans un appartement au 4e étage du 8, rue Félix Éboué, 2e, un immeuble haussmannien qui n’est pas en péril. Le couple et leurs quatre enfants de 4, 7, 8 et 13 ans vivaient jusqu’alors chez des proches. Ils ont emménagé le 11 juin dans le T4. « Ils ont été arnaqués par quelqu’un qui leur a proposé l’appartement. Ils ont versé six mois d’avance. L’escroc leur a donné les clés, le badge d’entrée et n’a plus répondu au téléphone » explique l’avocat du couple, Me Nicolas Chambardon qui a déposé plainte contre 13 Habitat et tout intervenant pour expulsion illégale, violences volontaires en réunion avec arme et à caractère raciste, violation de domicile, menace, atteinte arbitraire à la liberté individuelle.

    « Prends tes merdes

    et casse-toi ! »

    « Ils ont forcé la porte et m’ont insulté » relate Mahdi, 31 ans, livreur qui nous reçoit dans l’appartement, « je leur disais que ma femme allait arriver pour leur montrer l’abonnement EDF. » Les policiers n’ont présenté ni jugement, ni arrêté préfectoral d’évacuation forcée. « Ils m’ont dit “dégage, prends tes merdes et casse-toi !” D’un coup, dans le salon, un policier m’a fait une clé au cou. Je me suis évanoui. J’ai repris connaissance sur le palier. Un policier m’a lancé “Vous les Arabes vous prenez les Français pour des cons”. Quand j’ai voulu me relever, ils m’ont plaqué et tazé ». Sur son corps, les brûlures des pics caractéristiques d’un pistolet à impulsions électriques en mode contact.

    Alertées par les cris, ses voisines, deux dames âgées, le découvrent menotté au sol. « Il gémissait. J’ai voulu lui venir en aide. J’ai dit “Arrêtez, il crache du sang !” Ils étaient sur lui alors qu’il n’était pas agressif. Il leur disait qu’il était asthmatique. J’ai nettoyé sa bouche. Le grand policier m’a dit de ne pas m’en mêler et a refusé que je lui donne de l’eau » explique Fatiha qui vit au 5e étage. « C’est scandaleux. J’étais choquée de voir ça. On l’a sauvé ! » intervient Asnia, la voisine de palier qui précise que les anciens locataires étaient partis il y a plus de six mois. Son fils a filmé un bout de la scène. Sur la vidéo d’une minute, Mahdi gémit et dit « il m’a cassé la tête », le policier paraît gêné : « C’est pas méchamment, mais ça ne vous regarde pas. Il y a un problème avec l’appartement qui est squatté, ça sert à rien de filmer ! »

    « La vérité, ces dames m’ont sauvé » dit Mahdi qui explique que les policiers lui retirent alors les menottes, le vouvoient. « Ils m’ont dit qu’ils me faisaient un cadeau en ne mettant pas en garde à vue. » Quand l’épouse arrive, elle parvient à noter le numéro RIO d’un policier. À l’Hôpital européen où Mahdi est conduit par les marins-pompiers qu’il a dû lui-même appeler, le certificat médical fait état d’un traumatisme crânien, d’un trauma de l’épaule et d’un genou, des cervicalgies, des douleurs thoraciques et un choc psychologique. 3 jours d’ITT sont prescrits.

    « Faire sortir les gens

    à la mexicaine »

    Lundi 29 juin, le couple revient à l’appartement. 13 Habitat qui a recruté un vigile, l’autorise à les laisser prendre leurs effets. Amina et Mahdi décident alors de rester et déposent plainte en ligne pour escroquerie. Ils disent avoir été ensuite appelés par un policier en mode masqué qui les menace d’un « Si vous ne partez pas, nous allons revenir très nombreux vous expulser et vous enlever vos enfants ». Vers 17h, des policiers se présentent, calmes et rassurants. Le couple leur parle de l’assaut du 26 juin. « Ils ont recherché sur leur terminal mais n’ont rien trouvé. Ils ont dit qu’il y a des brigades qui travaillent un peu au noir avec des sociétés pour faire sortir les gens à la mexicaine » se souvient le père.

    Interrogé, le bailleur 13 Habitat nous a répondu par écrit qu’un « problème structurel détecté sur un plancher affaissé » a justifié « il y a plusieurs semaines » le départ des anciens locataires, qu’un prestataire venu faire un diagnostic a constaté le 26 juin que la porte anti-intrusion n’était plus en place. « Le squat constaté étant inférieur à 24 heures, l’homme présent dans l’appartement a été évincé par la police, qui est intervenue en raison de la dangerosité potentielle du logement pour tout occupant » affirme 13 Habitat qui ajoute : « Nos services ont permis aux squatteurs de récupérer leurs affaires. Ils ont profité de cette occasion pour se réinstaller dans le logement en toute illégalité, et malgré le danger qu’ils prennent compte tenu du problème structurel. » L’office HLM dit avoir « déclenché une procédure contentieuse afin d’aboutir au plus vite à une expulsion. »

    Le bureau Déontologie et Enquêtes de la Police nationale a lui débuté ses investigations.

  • Chaud devant !

    Chaud devant !

    Il y a une réelle mise en danger à vouloir remettre sur le marché les bouilloires thermiques (classées F et G) tel que le présentait fin juin le ministre du Logement, en plein épisode caniculaire. D’après les chiffres publiés par Santé publique France, la surmortalité survenue lors de ce même épisode est avérée, plus de 2 000 morts, dont « 40% à domicile ». Isolement, logement peu ou pas adapté… Les plus de 65 ans ont d’ores et déjà payé un lourd tribut aux conséquences du dérèglement climatique. Certes, des améliorations ont été apportées, notamment dans les Ehpad, suite au traumatisme collectif causé par la canicule d’août 2003 et son sinistre bilan de 15 000 décès. Et à l’évidence, dans l’immédiat, la clim’ sauve des vies.

    L’urgence des financements

    À moyen et long termes, l’équipement apparaît cependant dérisoire à constater que ledit « dérèglement » n’induira pas seulement une hausse des températures, mais des épisodes climatiques de plus en plus violents et fréquents : vagues de chaleur, intempéries, épisodes cévenols, inondations, etc. Si les pouvoirs publics et les collectivités tentent aujourd’hui de prendre le problème à bras-le-corps en multipliant îlots de fraîcheur, désimperméabilisation, ou en améliorant la gestion de l’eau, il reste encore à financer les mesures d’atténuation et d’adaptation à la hauteur des enjeux, notamment dans le secteur immobilier. Les plans d’austérité et d’économies annoncés à répétition par le gouvernement sont de bien mauvais augure pour répondre à un tel défi qui nous concerne tous.

  • L’immobilier affronte une crise « sans précédent »

    L’immobilier affronte une crise « sans précédent »

    Des loyers de plus en plus chers, un nombre insuffisant de logements neufs et de logements sociaux. L’Observatoire immobilier de Provence (OIP) fait état d’un parc immobilier en difficulté, dans toutes ses dimensions. Lors de la conférence de presse du 6 juillet, Cyril Sauvat, le nouveau président de l’observatoire, parle d’une crise « sans précédent ». Il déplore l’« impact sociétal monumental » de cette crise, notamment sur les logements sociaux. Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont plus de 40 000 salariés qui ont demandé à bénéficier d’un logement social. « De plus en plus de salariés dorment dans leur voiture », souligne Cyril Sauvat.

    « Il faut une prise

    de conscience collective »

    Sur l’ensemble de la région Paca, 11 000 agréments ont été déposés en 2025, avec un loyer de 450 euros en moyenne. « On a enfin dépassé le cap des 10 000 », se félicite Florent Léonardi, directeur de l’ARHLM Paca et Corse. Mais ces agréments demeurent bien en deçà de la demande réelle en logements sociaux. Selon l’ARHLM, « il faudrait doubler la production pour atteindre l’objectif fixé par la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) ». À l’échelle régionale, 90 000 demandes urgentes devraient être prises en charge par les bailleurs sociaux. Autant de personnes qui devraient pouvoir dormir dans un logement social « dès ce soir », précise Florent Leonardi.

    « Créer des logements sociaux, c’est aussi créer des richesses », explique le directeur. Payer un moindre loyer permet d’augmenter son pouvoir d’achat, le loyer étant le premier poste de dépense des ménages. Cela représenterait près de 140 millions d’euros, réinvestis dans le territoire de la Métropole.

    Le Plan local de l’habitat (PLH) prévoit 11 000 logements livrés chaque année, sur la période 2023-2028. Cet engagement, promis par les 92 maires de la métropole d’Aix-Marseille, est loin d’être tenu. « On est seulement à 2 000 », reconnaît Arnaud Bastide, président de FPI Provence. Un manque de logements, résultat d’un marché locatif en tension : « on a perdu notre clientèle d’investisseurs, soit 50 000 ventes », regrette le président.

    En cause ? Une faible dynamique de délivrance de permis, des prix à l’achat beaucoup trop élevés et la fin de la loi Pinel, entre autres. Cette loi permettait de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu après un investissement locatif dans le neuf.

  • Un vaste programme social de 1 000 logements à Marseille d’ici 2050

    Un vaste programme social de 1 000 logements à Marseille d’ici 2050

    « Un projet construit en dialogue permanent avec les habitants », affirme Fairouz El Hayti, directrice territoriale d’ICF Habitat lors de l’inauguration de la résidence « Les Jardins de Cazaulx » ce mardi 30 juin. La construction de ces 88 logements marque la première des 7 phases d’un projet plus vaste de renouvellement patrimonial des plus de 1 000 logements sociaux de la Grande Bastide Cazaulx dans le 12e arrondissement de Marseille à l’horizon 2050. Chaque phase respecte la même logique : de nouveaux logements sont construits afin de loger des habitants d’anciens appartements pour pouvoir les libérer, les détruire et reconstruire.

    Afin d’améliorer la qualité du logement et de réduire les coûts énergétiques pour les habitants, la directrice se félicite d’une opération « exemplaire sur le plan environnemental ». En effet, en plein épisode caniculaire, la réponse aux enjeux du changement climatique était au centre de la présentation. Pour Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée au logement, ce projet est à la fois « adapté aux besoins des habitants » mais aussi « aux enjeux de demain ».

    Ces habitants sont au cœur de la conception du projet comme le rappelle André Cargnino, membre du comité régional Action Logement qui a financé à hauteur de plus d’1,6 million d’euros l’opération et pour qui la priorité reste d’« accueillir, héberger et loger les salariés ». Le maire de secteur d’extrême droite, Olivier Rioult, se contente lui de commentaires sur l’esthétique des constructions…

    Un enthousiasme partagé par les habitants

    « C’est beaucoup mieux qu’avant », savoure Mohamed, habitant de la résidence, qui note l’amélioration du confort et des aménagements. Chaque appartement dispose maintenant d’un espace extérieur (terrasse ou jardin) et une majeure partie des unités sont équipées d’ascenseurs afin de garantir l’accessibilité de la résidence. Des efforts d’adaptation salués par Patrick, résident en fauteuil roulant qui se réjouit de pouvoir se « déplacer beaucoup plus facilement ». Pourtant, ce dernier émet une réserve : selon lui certains bâtiments de la résidence ne sont pas accessibles aux ambulances, camions de pompiers ou de police.

    Finalement, alors que tous les logements sont déjà occupés, la préfète Isabelle Epaillard, met en garde sur la situation du logement social, « il n’y en a pas assez ! ». Elle félicite néanmoins le département qui a dépassé les objectifs de reconstitution de l’offre de logement l’année passée et voit ce projet comme la continuité de cette dynamique.

  • Le droit au logement reste encore à la rue

    Le droit au logement reste encore à la rue

    Dans les décisions rendues par le tribunal administratif de Marseille ce jeudi 25 juin, l’addition monte rapidement. 300 euros d’indemnités pour une personne dont le relogement en urgence était réclamé depuis le 22 mai 2025. 1 150 euros pour une autre reconnue prioritaire depuis le 5 octobre 2023. 2 300 euros pour une femme avec son conjoint et ses quatre enfants « devant être logée d’urgence » depuis le 26 janvier 2023. Tous vivaient « dans des conditions de logement précaires », reprennent les jugements. Et ils sont loin d’être les seuls.

    Selon le bilan régional publié à la mi-juin, l’État a ainsi été condamné en 2025 à verser 446 000 euros aux ménages de Provence-Alpes-Côte d’Azur considérés prioritaires pour accéder à un logement social dans le cadre du droit au logement opposable (Dalo), et laissés sans solution. Les injonctions à l’État pour reloger ces personnes ont aussi atteint un nouveau record, avec 1 225 recours déposés sur l’année, dont une majorité dans les Bouches-du-Rhône.

    Explosion des demandes

    Mis en place en 2007, le Dalo garantit un accès à un logement décent et indépendant pour toutes les personnes qui ne peuvent y accéder par leur propre moyen. Ainsi les personnes sans logement, hébergées chez un proche ou dans une structure, menacées d’expulsion, vivant dans une habitation insalubre ou suroccupée ou confrontées à un traitement « anormalement long » de leur demande de logement social (30 mois dans les Bouches-du-Rhône) peuvent déposer un recours auprès des commissions de médiation pour que leur demande soit considérée « prioritaire et urgente ».

    Mais sur fond de crise du logement, les demandes explosent. En cinq ans, le nombre de recours Dalo a augmenté de 26%, pour atteindre 20 610 ménages dans la région en 2025, dont une majorité dans les Bouches-du-Rhône. Avec des hausses très marquées dans le Var (+38% en cinq ans) et surtout les Alpes-de-Haute-Provence où ils ont été multipliés par neuf sur la période.

    Parmi les requérants – aux deux tiers des personnes seules ou des familles monoparentales – ils sont 40% à avoir un emploi, près de la moitié à avoir des ressources supérieures au Smic. Moins d’un tiers d’entre eux, soit 6 186 ménages en 2025 dans la région, ont vu la commission de médiation classer leur dossier comme « prioritaire et urgent » pour obtenir un logement social. La faute, la plupart du temps, à des dossiers considérés irrecevables car incomplets.

    Les collectivités freinent

    Mais même les familles reconnues prioritaires doivent encore attendre en moyenne 395 jours, une durée qui augmente d’année en année, quand la loi impose un délai de trois mois. « Les Bouches-du-Rhône, et Marseille en particulier, sont particulièrement touchés par la forte diminution de la production de nouveaux logements sociaux, la suppression des logements insalubres et les relogements nécessaires », explique le président de la commission de médiation des Bouches-du-Rhône, Patrick Albrecht en introduction du bilan départemental. Résultat : ils sont plus de 10 000 dans la région à attendre un relogement malgré une décision favorable. Dont 47 qui attendent au moins depuis 2017.

    « Cette situation appelle des mesures énergiques, afin de conserver au Dalo l’effectivité recherchée », écrit donc la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, qui appelle à une relance des logements dits « très sociaux » (PLAI). Surtout, elle réclame « une application stricte par tous les réservataires et les bailleurs des priorités d’attribution » en considérant leur effort « insuffisant ». En d’autres termes : les collectivités du territoire rechignent à attribuer des logements sociaux aux ménages prioritaires malgré leurs obligations. Dans les Bouches-du-Rhône, le préfet a repris la main sur l’attribution de 693 logements sociaux pour que les bailleurs sociaux rentrent dans les clous. Un coup de semonce d’autant plus important que la loi Jeanbrun, présentée le 7 juillet, prévoit de confier aux maires et intercommunalités l’attribution des logements sociaux aujourd’hui à la main de l’État.

    La préfecture de son côté met en avant son travail pour relancer la production, avec une programmation record dans les Bouches-du-Rhône de 4 772 logements sociaux en 2025. En plus des contrats de mixité sociale dans les communes carencées, des aides de recyclage foncier ont été mises en place depuis 2025 pour faciliter la requalification de logements dégradés, avec 9,8 millions d’euros versés. Reste à savoir si cela suffira à éteindre l’incendie de la crise du logement, quand le gouvernement a asséché les ressources des bailleurs sociaux.

    LA CRISE EN CHIFFRES

    +7%

    L’augmentation du nombre de recours au droit au logement opposable dans la région en 2025, une hausse encore plus marquée dans les Alpes-Maritimes, le Var et surtout les Alpes-de-Haute-Provence (+36,9%). Au total, 20 610 demandes ont été déposées en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 10 647 pour les seules Bouches-du-Rhône. 30 % ont reçu un avis favorable par les commissions de médiation, soit 6 035 reconnaissances du caractère « prioritaire et urgent ».

    395 jours

    Le délai moyen du relogement après la reconnaissance du caractère « prioritaire et urgent » de la demande en 2025 dans la région (444 jours dans les Bouches-du-Rhône), contre 379 jours en 2024 pour un délai légal de seulement trois mois. S’il est deux fois moins important que pour l’accès classique à un logement social, 10 509 personnes reconnues prioritaires sont en attente d’un relogement dans la région (8 138 dans les Bouches-du-Rhône), dont la moitié au moins depuis 2023.

    446 000 euros

    Les indemnités versées en 2025 par l’État aux ménages qui n’ont pas été relogés dans les délais légaux, un montant quia été multiplié par quatre depuis 2022. Quelque 294 recours indemnitaires ont ainsi été déposés dans la région en 2025, contre seulement 74 recours en 2024. S’y ajoutent 1 225 recours en injonction pour non-relogement par l’État. Un nombre en forte hausse : on en comptait 1 019en 2024, et 770 en 2023. Ils représentent désormais 16% des dossiers validés.

  • Une vie digne pour tous

    Une vie digne pour tous

    Les voyants d’alerte de la crise du logement n’en finissent plus de clignoter. Dans notre région la situation est particulièrement grave. Alors que le Droit au Logement a valeur constitutionnelle, sa traduction dans la loi crée les conditions de son non-respect.

    L’objectif de 25% de logements sociaux par commune est sanctionné par… des amendes. Des candidats aux élections municipales, des maires font donc de l’infraction à la loi leur programme.

    De même, le « Droit au logement opposable » institué dans la loi, abouti désormais à des sanctions financières pour l’État, plutôt que l’amélioration des conditions de vie des ménages qui en ont le plus besoin.

    446 000,00 euros à payer pour l’État rien que l’année dernière concernant la région Provence-Alpes-Côte d’Azur !

    Mesures concrètes

    Il est plus que nécessaire de prendre des mesures concrètes pour résoudre la crise du logement. Les textes incitatifs, déclaratifs, verbeux, ont fait la preuve de leur insuffisance.

    Pour cela, la relance de la construction de logements avec des quotas réellement contraignants de logements sociaux doit être une priorité, plutôt que de ponctionner les bailleurs sociaux, l’État doit exiger d’eux un nouvel élan de constructions et de rénovations, conforme aux attentes de notre temps. Une régulation nationale des meublés touristiques qui assèchent le nombre de logements disponibles doit être mise en œuvre.

    Enfin, la question de la réquisition des logements vacants doit être posée pour répondre à l’urgence. Il n’est pas supportable que le droit de propriété prime sur le droit à une vie digne.

  • À Montpellier, des associations réclament des mesures pour les personnes sans-abri

    À Montpellier, des associations réclament des mesures pour les personnes sans-abri

    Être à la rue, ça peut tuer. C’est vrai aussi en été », alerte une pancarte. Mardi 30 juin, à la mi-journée, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées sous un soleil de plomb devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, pour interpeller les pouvoirs publics sur la situation des personnes sans-abri durant les périodes de chaleur intense, mais aussi pour pointer les défaillances structurelles de l’État en matière d’hébergement d’urgence, alors que le nombre de personnes sans logement explose.

    « En 2002, l’Insee recensait 120 000 personnes à la rue en France. 20 ans plus tard, ce nombre a pratiquement triplé, puisque la Fondation pour le logement dénombrait 350 000 personnes sans logement en 2025 », illustre Cécile, de l’association Droit au logement (DAL) Montpellier. « C’est le résultat de choix politiques faits depuis des années, qui précipitent une fraction croissante de la population dans la rue. La crise du sans-abrisme est liée à celle du logement. » Selon les associations mobilisées, « au moins 1 000 personnes » seraient actuellement sans-abri à Montpellier et 34 seraient mortes dans la rue l’année dernière. « Ça fait une personne tous les 11 jours ! », insiste la militante du DAL. « En France, l’espérance de vie de quelqu’un qui a connu la rue est de 49 ans. C’est dérisoire », renchérit Gilles, du collectif contre le sans-abrisme.

    Pas plus qu’en hiver, la vie dans la rue n’est soutenable en été, par des températures de plus en plus caniculaires et régulières. « Pour une personne sans-abri, une vague de chaleur n’est pas un simple inconfort, c’est un danger : déshydratation, épuisement, aggravation des pathologies et, dans les cas les plus graves, décès », liste Gilles.

    « Combien faudra-t-il encore de morts ? »

    « Il y a quelques jours, je faisais la manche vers le centre commercial du Polygone, et j’ai un fait un malaise », témoigne Alex, sans-abri montpelliérain présent au rassemblement. « Quand on fait la manche, on est en plein cagnard. Mais on n’a pas le choix, il faut qu’on mange le soir… Parfois on se fait virer par la police, qui nous dit d’aller ailleurs. Alors on essaie de se mettre à l’ombre dans des parkings, mais la police nous vire encore… C’est épuisant. J’ai 35 ans, j’en fais 50… »

    « Le sujet de la canicule et des sans-abri n’est pas très médiatique, hélas. Il ne faut surtout pas qu’il y ait trop de personnes âgées qui meurent, car en 2003 ça a fait du grabuge, mais on ne se préoccupe pas vraiment des morts sans-abri. Il n’y a aucune statistique là-dessus  », dénonce Gilles. « On va attendre une vigilance orange voire rouge pour agir, parce qu’on ne sait mettre en place que de la gestion de crise. On attend qu’il y ait des catastrophes pour éventuellement trouver des solutions. Combien faudra-t-il encore de morts pour que les pouvoirs publics prennent la mesure de l’urgence ? », interroge-t-il. « Un nouvel épisode caniculaire est prévu dans les jours qui viennent. On exige des pouvoirs publics qu’ils prévoient des lieux d’hébergement de jour comme de nuit.  »

    Des mesures immédiates pour parer à l’urgence qui, insistent les associations mobilisées, ne doivent pas masquer le problème plus global des réponses apportées à la crise du sans-abrisme. « On rappelle que l’État a une obligation légale d’hébergement d’urgence inconditionnel. Or le dispositif d’hébergement d’urgence est notoirement insuffisant depuis des années. Mais au lieu de créer des places, leur nombre baisse, au contraire  », relate Cécile, qui dénonce « une politique de cruauté sociale. Aujourd’hui, on souhaite visibiliser les conséquences de ces décisions. On est venu demander des comptes à la préfecture, qui n’a pas donné suite à notre demande d’audience », déplore la représentante du DAL. Les associations mobilisées ont également envoyé une lettre ouverte au maire de Montpellier et président de la Métropole Michaël Delafosse pour l’inciter à prendre, lui aussi, des « mesures d’urgence », comme ce fut le cas cet hiver avec l’ouverture, durant quelques jours, du gymnase Gambardella. Elles l’invitent également, fort de sa « compétence supplétive », à s’« attaquer de manière structurelle à cette situation en lançant un plan massif de mises à l’abri ».

    Amélie Goursaud

    « On essaie
    de se mettre
    à l’ombre dans des parkings, mais la police nous vire… »