Tag: Logement

  • Habitat & Humanisme renforce son implantation dans les Alpes

    Habitat & Humanisme renforce son implantation dans les Alpes

    L’insertion commence par le logement », affirme Michel Mané, secrétaire en charge de la gestion locative adaptée. Pour l’association Habitat & Humanisme, le logement est « un droit universel pour tous ». Les bénévoles de l’association interviennent sur deux départements (le 04 et le 05).

    L’enjeu de lever des fonds

    Cette association agit sur trois axes : le logement accompagné, logement d’urgence et médico-social. Quinze logements solidaires sont déjà répartis à Digne-les-Bains, Gap, Sisteron et Manosque. « Il y a beaucoup plus de demandes, que de logements sociaux dans nos départements », rappelle le président de l’association Alpes Provence, Alain Burin des Roziers.

    Une pension de famille de 22 logements doit voir le jour à Manosque d’ici 2027. « L’objectif est de favoriser leur accès à l’autonomie par le logement », précise le président. À Digne-les-Bains, un centre d’hébergement d’urgence de 59 places, comprenant un accueil dédié aux femmes et enfants victimes de violences, fait l’objet d’une recherche de fonds importante pour sa rénovation. Un financement participatif est en cours.

    À Forcalquier, les démarches pour un nouvel Ehpad ont été finalisées : 44 places, plus 20 lits supplémentaires inscrits. Des qui restent toutefois conditionnés à l’obtention de financements « Le plus difficile reste la captation de logements. Il faut se faire connaître des mairies et des propriétaires potentiellement solidaires », souligne le président Alain Burin des Roziers.

    Leurs nouveaux locaux à Sisteron seront inaugurés à l’automne et, en plus des bénévoles, un travailleur social a été recruté.

    Des projets conditionnés aux financements

    Cette association aide entre autres à l’obtention d’un logement d’urgence – notamment pour les femmes victimes de violences – ou médico-social. Quinze logements solidaires sont déjà répartis à Digne-les-Bains, Gap, Sisteron et Manosque. « Il y a beaucoup plus de demandes, que de logements sociaux dans nos départements », rappelle le président de l’association Alpes Provence, Alain Burin des Roziers.

    Une pension de famille de 22 logements doit voir le jour à Manosque d’ici 2027. « L’objectif est de favoriser leur accès à l’autonomie par le logement », précise le président. À Digne-les-Bains, un centre d’hébergement d’urgence de 59 places, comprenant un accueil dédié aux femmes et enfants victimes de violences, est à l’étude.

    À Forcalquier, les démarches pour un nouvel Ehpad ont été finalisées : 44 places, plus 20 lits supplémentaires inscrits. Des projets qui restent toutefois conditionnés à l’obtention de financements. « Le plus difficile reste la captation de logements. Il faut se faire connaître des mairies et des propriétaires potentiellement solidaires », souligne le président Alain Burin des Roziers.

    Marie Moreau

  • Quand l’extrême droite se repaît de la détresse sociale

    Quand l’extrême droite se repaît de la détresse sociale

    Meurtis, choqués,
    abasourdis… Les Toulonnais se sont réveillés en apprenant la sinistre nouvelle du geste désespéré de cette mère de famille qui s’est suicidée et a entraîné avec elle dans la mort trois de ses enfants, quand ils ne l’ont pas vécu en direct au pied de la barre délabrée de Pontcarral où prospèrent la misère et la désespérance.

    Le moins qu’on puisse attendre de tout le monde en pareil cas, c’est un peu de dignité et de compassion. Ce qui n’empêche pas l’analyse politique portant sur la situation sociale de notre pays de s’exercer et aux appels à l’aide de s’élever pour inciter à ouvrir les yeux et à réclamer des moyens pour les quartiers populaires. Hélas, ce drame n’a pas empêché « les ordures racistes », comme les qualifie à juste titre l’ancien conseiller municipal de gauche de Toulon Robert Alfonsi, de déverser un torrent de boue abject sur les réseaux sociaux en réaction aux articles de presse parus pour relater les faits.

    À des années-lumière de ces cracheurs de haine, les acteurs associatifs accomplissent un formidable travail sur le terrain en tentant de répondre
    à l’urgence sociale.
    C’est le cas d’Anne-Marie Kazourian, présidente de Bébés de France, une structure qui vient en aide aux mères isolées et aux familles en difficulté. La militante associative a envoyé à la maire de Toulon, Josée Massi, un SOS, sous forme de lettre ouverte. Elle y expose l’étendue des demandes auxquelles l’association doit faire face et aux besoins de moyens matériels et financiers, notamment en termes de local adapté, qui lui font défaut « pour répondre aux besoins des mamans en souffrance qui se débattent jour après jour, comme elles le peuvent contre la pauvreté, l’exclusion et la solitude ».

    « Ce texte ne vous appartient pas »

    La récupération politique par l’extrême droite n’a pas tardé. La conseillère municipale d’opposition RN Laure Lavalette a posté la missive de la militante associative sur sa page Facebook, ce qui a provoqué la colère de la bénévole qui lui a intimé de la retirer sur-le-champ, en lui adressant ce message : « Madame Lavalette, je ne vous autorise pas à utiliser ma lettre ouverte à des fins de récupération politique car si vous aviez été élue maire de Toulon vous nous auriez coupé toutes nos subventions sous le prétexte que nous aidons des étrangers. Nous ne partageons pas les mêmes valeurs et je ne veux rien avoir à faire avec vous. » L’élue d’extrême droite a décidé, dans un premier temps, de faire la sourde oreille et d’ignorer la mise en demeure, obligeant Anne-Marie Kazourian à hausser le ton.

    Elle a été encore plus explicite en intimant à l’élue d’extrême droite d’effacer son post : « Retirez ma publication, ce texte ne vous appartient pas et n’a rien à faire sur le compte d’une personne qui n’est que haine et mépris de l’être humain. »

    Cette fois-ci le message a été entendu et la publication supprimée. Ce genre de récupération devrait faire réfléchir ceux qui se laissent abuser par le chant des sirènes de l’extrême droite et sur la mascarade d’un RN prétendument à l’écoute des petites gens.

  • À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    La défaillance du syndic de cette copropriété du 11e arrondissement et les lourdes dettes accumulées ont conduit à une dégradation du bâti et de graves dysfonctionnements qui ont conduit la justice à la placer sous administration provisoire, confiée à AJAssociés en 2023. Le 3 avril dernier, un plan de sauvegarde a été décidé par la préfecture en coordination avec les collectivités pour permettre d’engager des travaux d’urgence, notamment la remise en fonctionnement des huit ascenseurs qui desservent 16 étages.

    Plusieurs centaines de milliers d’euros ont été mobilisés par l’État, à travers en particulier des subventions de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) mais la situation financière non redressée plombait l’avancée des travaux. L’État a donc engagé en mars une nouvelle étape avec la décision prise en avril d’élaboration d’un plan de sauvegarde. À cet effet, un opérateur, dont la désignation organisée par la Métropole est prévue à l’automne, sera chargé d’assurer un accompagnement portant à la fois sur les aspects financiers et le suivi des travaux.

    Le 19 mai, face à l’inquiétude des copropriétaires et locataires de la résidence qui ne voient pas d’amélioration dans leur quotidien, une réunion initiée par Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, faisait un nouveau point d’étape sur l’avancement du dossier. L’Anah a accordé en octobre 2025, comme l’État s’y était engagé, rappelle la préfecture, « une subvention à hauteur de 50% du montant du devis de l’ascensoriste AMS proposé par les copropriétaires, soit plus de 700 000 euros ». L’administrateur a reçu l’agrément ainsi que l’avance de 70%, soit plus de 500 000 euros en janvier dernier. AJAssociés a lancé les appels de fonds auprès de l’ensemble des copropriétaires, « 3 580 euros en moyenne par copropriétaire, au lieu de 7 000 précédemment » précise l’administrateur. Cependant, AJA « n’est pas en mesure de signer les devis faute de fonds suffisants, seuls 19 copropriétaires sur 247 ont versé leur quote-part à date, soit 70 000 euros », indique la préfecture.

    Des procédures longues

    Auxiliaire de justice, le cabinet AJA est le seul en capacité de représenter juridiquement la copropriété, de rendre compte de sa gestion et d’engager des décisions opérationnelles. Parmi les copropriétaires, 64% sont bailleurs contre 36% occupants. « Mais nous sommes aujourd’hui tous coincés, or nous refusons de laisser sombrer Bel Ombre, de laisser les marchands de sommeil et le deal s’emparer de nos immeubles, comme c’est le cas dans d’autres copropriétés dégradées », plaide Yoann Titous, porte-parole de 130 signataires d’une pétition pour exiger des réponses d’urgence et être associés au comité de suivi du plan de sauvegarde.

    « Ces copropriétés présentent des dysfonctionnements depuis des décennies. Cela témoigne d’une fragilisation sociale sur un temps long de certains copropriétaires qui n’ont pas eu les moyens d’assumer leurs responsabilités d’entretien de leur bien, souligne la préfecture, ces renoncements aboutissent à un mur des investissements pour remettre aux normes les équipements qui se conjugue à un mur des impayés des charges ».

    Pour désenrayer la spirale, « nous voulons la transparence sur les devis car il y a un écart énorme entre celui présenté par AJA et ceux des copropriétaires et c’est en raison de ce désaccord que les fonds n’ont pas été réunis », objecte Radhouane Ouachani, membre de LFI, en soutien à l’association Préservons Bel Ombre qui réunit 148 propriétaires et locataires, sur 233 appartements. La transparence sera faite, s’est engagée Isabelle Epaillard.

  • Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    « On a abordé la réunion sous le prisme de la méfiance, il y a eu des moments houleux où les habitants en souffrance ont exprimé leur amertume », résumait Yoann Titous devant la salle archi-comble du centre social d’Air Bel, ce mardi. Porte-parole des 130 pétitionnaires, locataires et copropriétaires de Bel Ombre, il reconnaissait : « à la sortie, on avait une opinion plus favorable des institutions publiques, mais il reste qu’AJA pourrait faire un effort de communication. »

    Pour rappel, en 2023, les dettes cumulées de la copropriété du 11e arrondissement, des travaux urgents, mais impossibles à financer sur la remise en état des ascenseurs qui desservent 16 étages, la dégradation du béton sur les balcons et divers autres dysfonctionnements, avaient conduit le tribunal à en confier la gestion à l’administrateur judiciare AJA. Pour autant, en juillet 2025, confrontés à l’installation d’un point de deal, à la dégradation continue du bâti, à un seul des huit ascenseurs en état de marche et à des charges à la hausse, les copropriétaires et les locataires avaient alerté les pouvoirs publics.

    En octobre, une nouvelle séance de travail avait débouché sur des engagements. « L’Agence nationale de l’habitat (Anah) financera à hauteur de 50% les travaux urgents, notamment la modernisation et les réparations des ascenseurs. L’administrateur provisoire s’engage à solliciter d’autres devis permettant l’amélioration pérenne des conditions de vie des occupants », avait annoncé la préfecture.

    Vers un calendrier

    Plus de six mois ont passé, les impayés de charges s’élèvent encore à 750 000 euros, augmentés d’une « dette fournisseurs d’environ 250 000 euros », indique l’arrêté préfectoral. « Les comptes sont bloqués donc rien n’avance », déplorent les copropriétaires et locataires, qui se sont organisés en association et craignent de s’enfoncer encore. « On n’obtient aucune réponse d’AJA qui a décidé de remplacer les ascenseurs sur la base d’un seul devis alors qu’il s’agissait d’une modernisation », déplore Mohamed Ramdani, représentant de Préservons Bel Ombre. Les copropriétaires ont demandé d’autres évaluations et notent « des factures bien moindres ». Quant à la demande de transparence des copropriétaires, le représentant d’AJA a balayé : « Nous gérons 500 mandats sur le territoire français. nous n’avons de comptes à rendre qu’au tribunal. » Au regard des situations dans lesquelles les habitants des Rosiers, du Mail, du Parc Corot, de la Maurelette, de la Mazenaude, de la Sauvagère ou de Benza s’enlisent, un membre du collectif intercopro Marseille interroge : « Mais ils en sauvent combien ? »

    Autant dire que ce dernier tour de table initié, mardi, par la préfète déléguée pour l’égalité des chances, était nécessaire. Isabelle Epaillard a réaffirmé sa volonté de trouver des solutions, « il y a urgence à avancer ». Elle a proposé un diagnostic par un tiers afin d’avoir de quoi établir un calendrier des travaux. Pour sa part, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge du logement et nouvellement élue à la présidence du bailleur social métropolitain PML, précisant que « la Ville intervient au titre de son pouvoir de police lorsqu’un désordre est constaté », a prorogé pour la 4e fois, la phase contradictoire déjà engagée. Une décision « assise sur l’acceptation du plan de sauvegarde ». De quoi voir s’éloigner la crainte, chez les copropriétaires, d’un arrêté de mise en sécurité qui aurait de fait entraîné le gel des loyers, l’obligation de relogement et un endettement plus fort.

  • Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Les juges ont débouté le bailleur social qui voulait « faire un exemple » (notre édition du 9 mars 2026) en expulsant deux familles de la cité La Castellane (15e) sur le fondement de la loi Narcotrafic de juin 2025. Entendant les arguments de Me Marilou Poisot et Me Sofien Dridi, le tribunal a estimé que la condamnation pour trafic de stupéfiants de ces deux enfants majeurs, qui par ailleurs n’habitent plus la cité, ne suffisait pas car la « proximité suffisante » des faits troublant la jouissance d’autrui avec le logement n’étant pas démontré par Erilia. Les juges se sont appuyés sur une réserve d’interprétation du Conseil constitutionnel.

    Un fils majeur avait été condamné comme « ravitailleur » d’un réseau. Il avait été interpellé quittant la cité en voiture avec un sac contenant 1,2 kg de résine et 632 gr de coke. « Pour autant, dit le jugement, la commission de ces infractions ne saurait à elle seule, suffire à établir la réalité des manquements graves à l’obligation contractuelle du locataire d’user paisiblement du bien donné à bail. » Le bailleur doit établir que les faits ont été commis dans le même ensemble immobilier à une proximité suffisante du logement dont il est demandé l’expulsion de la famille.

    S’agissant de l’autre famille, si l’enfant majeur a été condamné à trois reprises pour trafic de stupéfiants : la première se rapporte à des faits commis cité Consolat à 3 km de là. Pour la seconde, le majeur se trouvait place des Bartavelles à 400m de logement sans que soit précisé où était le point de deal. S’agissant de la 3e condamnation pour des faits de trafic dans La Castellane, Erilia n’apporte pas davantage de précision sur la distance entre le lieu de commission des faits et le logement de la famille.

  • Amine Kessaci élu à la tête de Marseille Habitat

    Amine Kessaci élu à la tête de Marseille Habitat

    « Sil a 22 ans et est très certainement le plus jeune président des bailleurs sociaux du pays, il a beaucoup d’ambition pour les habitants », promettait le maire (DVG) Benoît Payan. Ce mardi matin, sans surprise, c’est le 4e adjoint (EELV) au maire de Marseille, Amine Kessaci, qui a été élu à la tête de Marseille Habitat, le bailleur social de la municipalité, prenant la succession de l’ancienne adjointe (PS) à la politique de la ville, aujourd’hui chargée de l’urbanisme, Audrey Gatian.

    « J’ai conscience de toutes ces problématiques, conscience de tout ce que cela implique pour notre ville », assurait le jeune militant écologiste face au conseil d’administration largement renouvelé. En rappelant son enfance dans les logements sociaux de Frais Vallon (13e). « Toute ma vie, j’ai aidé mes parents, mes voisins, à écrire des courriers l’hiver pour dire qu’on avait froid, que l’eau chaude ne fonctionnait pas, que les ascenseurs étaient en panne », témoignait-il, en promettant qu’il saura « répondre au téléphone, me déplacer, aller rencontrer et aussi trouver les solutions lorsque cela sera nécessaire, aller chercher des moyens ».

    Rénovations urbaines

    Au moment de présenter sa candidature, le maire Benoît Payan prend le temps aussi de saluer le travail déjà réalisé lors de la précédente mandature, « un premier mandat de consolidation », avant de promettre de faire de la société d’économie mixte « un exemple en France ». Certes, le passé n’est jamais loin : le procès en appel des effondrements de la rue d’Aubagne se tiendra à partir du 2 novembre, avant l’audience en septembre 2027 sur les intérêts civils.

    Mais d’autres chantiers majeurs ont déjà été engagés. « Marseille Habitat est un bailleur qui répare, engage de nouveaux chantiers, des démolitions d’immeubles », brosse rapidement Amine Kessaci, évoquant la cité Kallisté, ancienne copropriété reprise par la société d’économie mixte où a été engagée la démolition, en février, du bâtiment G (notre édition du 18/02), ainsi que Félix-Pyat où doit être démolie la tour B. Autre chantier en coulisse, la recapitalisation du bailleur social, dont le conseil municipal avait déjà approuvé le principe, en décembre dernier, à hauteur de 22,5 millions d’euros afin de mener à bien son plan stratégique patrimonial pour notamment rénover 59 immeubles. La Ville doit apporter la moitié des fonds, reste aux actionnaires minoritaires 
    -Caisse d’Épargne, Action logement et la Caisse des dépôts- à se prononcer.

    Surtout, le jeune militant contre le narcotrafic espère faire de Marseille habitat le fer de lance pour reloger les familles de victimes. « Nous allons mettre tous les acteurs autour de la table pour expliquer l’urgence de reloger ces familles et donc de créer un contingent spécifique dédié à leur relogement », explique-t-il, en précisant que le bailleur marseillais ne portera pas seul cette responsabilité.

  • [Trafic de stupéfiants] La fable du jeune transporteur de grosses liasses de billets

    [Trafic de stupéfiants] La fable du jeune transporteur de grosses liasses de billets

    Chamsedine (*) 21 ans, comparait pour la troisième fois. Le 9 juin dernier, la Bac Nord l’a contrôlé à 21h au volant d’une Opel qui n’était pas la sienne, immobilisée moteur tournant, à côté de la cité Félix Pyat, sur un parking considéré comme un point de deal. À leur vue, le conducteur a vite éteint ses deux portables et agité ses jambes. Sous le siège, un sachet contenant 21 000 euros conditionnés en liasses de billets de 50, 20 et 10 euros. « Ce sont mes économies et des jeux d’argent » avait-il narré en garde à vue réfutant qu’il fut la petite main collectrice d’un réseau de stupéfiants.

    « La bonne version »

    « J’ai pas donné la bonne version aux policiers car j’étais stressé », s’élance le prévenu très hâbleur dans un récit qu’on est prié de croire. « En réalité, c’est l’argent de mon père que j’ai pris sans autorisation dans son coffre pour louer une grosse voiture. C’était 1 000 euros la location et 20 000 la caution. Mais j’ai pas envie de donner d’éléments sur le loueur pour ne pas le mettre à l’envers. » De narrer que son père gardait tout cet argent car « il fait souvent des retraits pour préparer un voyage en famille aux Comores ». De remettre une liasse de documents bancaires parentaux pour donner corps à la fable.

    Pas dupe, la présidente ironise : « Vous nous dites avoir eu accès au code du coffre de votre père qui est poseur de portes blindées. Les cordonniers sont décidément les plus mal chaussés. » De lui rappeler ses récentes condamnations : en novembre 2023 pour trafic de stupéfiants à 10 mois de prison aménagé en détention à domicile avec interdiction de séjour dans les 15e et 16e arrondissements ; en mars 2024 pour violation d’interdiction de séjour et refus de donner le code de son portable à 6 mois de prison ferme convertis par le juge des libertés et de la détention en 210 heures de travaux d’intérêt général toujours pas effectuées car il n’a pas daigné récupérer le courrier judiciaire… « Ce sont des œuvres de jeunesse, c’est du passé. Il faut regarder devant », jure l’oiseau qui a déjà grillé son permis de conduire probatoire.

    « Vous naviguez en eaux troubles ! »

    « Il nous raconte une histoire enjolivée avec aujourd’hui, deus ex machina, des relevés bancaires des parents pour faire tenir une histoire ridicule, ce qui n’est pas encourageant pour l’avenir de ce jeune », se cabre la procureure qui qualifie son positionnement de « particulièrement éhonté et inquiétant ». Elle lui lance : « Que faites-vous à 21h près de Félix Pyat dans une voiture qui n’est pas à vous avec deux téléphones en main et 21 000 euros à vos pieds ?! Le décor est déjà posé ! Vous naviguez en eaux troubles ! » De requérir un an de prison dont 6 mois avec sursis probatoire de deux ans avec l’obligation de travailler. Pour les six mois ferme, un bracelet à domicile.

    Du coup, la défense se retrouve à devoir justifier les retraits mirifiques de modestes parents. « Sur les 30 000 euros retirés en 3 ans, il y a une indemnité de 15 000 euros reçus des parents pour leur logement qui a été jugé insalubre. »

    Au regard de cette « détention d’argent fortement suspecte », de « déclarations contradictoires » et « des éléments produits insuffisants pour rapporter une origine légale des fonds », le tribunal l’a reconnu coupable et condamné à la peine requise avec confiscation de l’argent saisi.

    * Son prénom a été modifié

  • Maires et associations main dans la main pour protéger les femmes battues

    Maires et associations main dans la main pour protéger les femmes battues

    L’aide à l’hébergement et au logement pour les victimes de violences « n’est pas nouveau sur le territoire » campe Anne-Sophie, de l’association Solidarité Femmes 13 (SF13). Depuis 50 ans, l’association œuvre sur l’ensemble du département, à travers trois antennes – Marseille, Aix et Istres – et 12 permanences pour être au plus près des besoins des femmes et enfants du territoire. Sans oublier les hébergements disséminés sur toutes les Bouches-du-Rhône : Marseille, Istres, Port-de-Bouc, etc.

    Un accompagnement social qui n’aurait jamais pu se faire « sans l’aide des services publics », souligne la salariée de SF13. Subventions de l’État principalement, mais aussi des collectivités locales, « nous bénéficions d’engagements locaux assez puissants – Région, Département, Villes, sans lesquels nous ne pourrions aujourd’hui pas nous déployer », reconnaît-elle. Depuis 50 ans que l’association existe, la coordination entre associations et politiques publiques est « primordiale ». « Autant nous avons besoin du soutien financier et institutionnel des acteurs politiques du territoire, autant la réalité du terrain que nous recensons leur est essentielle pour développer des services publics cohérents. C’est un lien que nous devons conserver, si ce n’est renforcer », détaille Anne-Sophie.

    Un dispositif innovant

    et inédit

    « L’objectif est de poursuivre son développement, compléter l’offre, et la créer lorsqu’il n’y en a pas » poursuit-elle. Le nouveau projet qui sera révélé le 4 juin est un dispositif innovant et inédit, alliant les pouvoirs publics, la sphère privée et notre association : « nous n’avions jamais mis en place un projet d’une telle ampleur », confie la salariée de l’association SF13.

    Un pari que Marie Batoux, déléguée à l’égalité des genres de la ville de Marseille applaudit : « Le programme est intéressant car il permettra de structurer sur le territoire, des solutions pour aider les femmes victimes de violences en précarité ou en tout cas, soumises à des conditions qui ne leur permettent pas de se protéger. »

    L’aide au logement pour les victimes de violences n’est pas nouvelle sur le territoire marseillais. Marie Batoux s’en souvient bien. « Pendant la Covid-19, nous avons soutenu l’auberge marseillaise, un lieu refuge initié par neuf associations dans l’ancienne Auberge de Jeunesse Bonneveine (8e) », rappelle l’élue.

    Le dispositif de la Cepac et de SF13 s’inscrit d’ailleurs dans cette « réflexion menée par de la ville », apprécie Marie Batoux. Un maillage entre les institutions politiques est associatives qu’elle juge nécessaire : « Nous sommes face à un problème de société patriarcal. Nous, élus et acteurs politiques, devons répondre à ce problème local, en proposant des ressources. Incarner ce que doit être la Ville de Marseille, une entité protectrice du public vulnérable, en travaillant avec des experts de la question comme Solidarité femmes 13 », conclut-elle.

  • Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Adjointe chargée du logement
    Les moyens d’action

    Didier Gesualdi : On vous a confié l’une des délégations les plus délicates, celle du logement. Quels sont vos objectifs ?

    La question du logement est une priorité de l’action municipale depuis 6 ans. Évidemment parce que notre ville a des spécificités lourdes et parce qu’elle est impactée comme l’ensemble des grandes villes de France par des phénomènes qui sont liés à l’augmentation des meublés de tourisme, l’augmentation des loyers, la rareté du foncier… De façon très caricaturale, ma feuille de route a trois axes : premièrement la question du logement abordable avec l’encadrement des loyers, la production de logements sociaux, deuxièmement la question du logement indigne qui est très fort dans notre ville et dont la vacance se nourrit et troisièmement la question du parcours dans le logement. Vous l’avez noté, dans ma délégation il y a la question de l’hébergement d’urgence, ce n’était pas le cas dans la délégation de mon prédécesseur. Pourquoi ? Parce que précisément nous avons souhaité nous inscrire dans une prise en compte transversale du logement qui va de la rue jusqu’au logement privé. Le parcours du logement c’est ça mais aussi à travers les différents âges de la vie, depuis le logement étudiant jusqu’à celui des seniors.

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis 2020. Le logement, c’était l’un des moteurs du vote Printemps marseillais. Est-ce que le compte y est ?

    Nous avons énormément travaillé car nous avons hérité de pas grand-chose. Nous avons structuré un certain nombre de politiques publiques et de services qui n’existaient pas. Je pense notamment à toute la politique d’hébergement d’urgence avec la mise à disposition de 15 sites et de 600 places. Je rappelle aussi l’ensemble des actions menées par mon prédécesseur sur la question du logement indigne avec la mise en place d’équipes dédiées pour traiter les périls, accompagner les ménages évacués, engager des politiques de travaux d’office. On partait de pas grand-chose, ça a été très long à mettre en place. Aujourd’hui nous avons des dispositifs qui fonctionnent, qui demeurent à amplifier bien évidemment, et des équipes efficaces.

    Didier Gesualdi : La semaine dernière sur ce plateau, Romain Simmarano disait que le Printemps marseillais avait désormais l’ensemble des mannettes.

    M. Simmarano a le mérite de faire de la politique et d’en faire plutôt bien mais nous n’avons pas l’ensemble des mannettes. Si c’était le cas, nous aurions l’ensemble des institutions publiques qui concourent aux politiques publiques sur notre territoire et donc le Département, la Région et pourquoi pas l’État ? Ça ne vous aura pas échappé que ce n’est pas le cas. Pour autant, le travail que nous avons engagé avec la Métropole vise à nous délier les mains sur un certain nombre de sujets : propreté, transports en commun, voirie, logement… Cela va permettre des avancées notables pour la vie quotidienne des Marseillais. Toutefois, l’honnêteté me pousse à dire que durant ces six dernières années, ce n’est pas sur le logement que la Ville et la Métropole ont le moins bien travaillé ensemble. Un certain nombre d’outils ont été créés. Le plan local de l’habitat a été voté. La Ville entre enfin dans la Soléma, la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, Provence Métropole Logement… Elle va irriguer la réflexion de ces outils avec ses objectifs municipaux.

    Léo Purguette : Rénovation des copropriétés dégradées, rénovation urbaine… Comment reloger les personnes ?

    Les besoins sont énormes on va avoir besoin de l’ensemble des outils pour reconstituer l’offre. On a relevé la jauge d’agrément des logements sociaux pour y arriver.

    Le logement indigne

    Léo Purguette : La lutte contre le logement indigne semble sans fin. Quand des logements sont réhabilités d’autres entrent dans l’indignité. Comment entendez-vous mener la bataille pour que le nombre de logements indignes soit réduit réellement ?

    Il commence à réduire. Nous avons moins de stock de logements indignes depuis quelques mois, moins de signalements. Preuve que le travail très pro-actif que nous menons depuis 6 ans commence à porter ses fruits mais on part de très très loin. Le travail qui est devant nous est encore énorme, c’est pour ça qu’on avait besoin de la société publique locale SPLAIN à qui nous avons transmis 34 immeubles de centre-ville à réhabiliter intégralement. On avait besoin de la puissance publique parce qu’il s’agit d’opérations lourdes, extrêmement onéreuses et qui nécessitent un volontarisme très fort. On a eu six ans de mise à plat, aujourd’hui on a des outils qui commencent à prendre leur pleine mesure, ça va nous permettre de démultiplier nos actions en maintenant un très haut niveau d’engagement. Nous maintiendrons un très haut niveau de contrainte également, je pense notamment au travail que nous menons contre les marchands de sommeil et qui est concomitant de notre politique de lutte contre le logement indigne. L’enjeu pour nous, c’est d’accompagner l’ensemble des ménages qui souffrent de ce fléau dans notre ville.

    Didier Gesualdi : Le permis de louer, c’est satisfaisant ? C’est suffisant ?

    Non on souhaite très clairement l’étendre pour, a minima, coller à la cartographie de l’indécence des logements dans l’hypercentre ou les quartiers nord. C’est une des réponses à ce problème.

    Le cadre de vie

    Léo Purguette : La précédente ministre du Logement, Juliette Méadel, avait mis la pression sur les bailleurs HLM sur la question de vie quotidienne : poubelles, boîtes aux lettres fracturées, ascenseurs en panne… Est-ce que ça a porté ses fruits ? Que ferez-vous en tant que présidente du bailleur PML ?

    C’est un peu récent pour en tirer un bilan mais l’angle est le bon. Effectivement, les pieds d’immeuble participent de la qualité de vie que l’on doit à nos résidents. Ça fait partie des premiers échanges que j’ai eu avec les équipes de PML et plus généralement avec les équipes de la politique de la ville. Nous avons eu un certain nombre de remontées d’habitants de logements sociaux qui étaient dégradés soit en extérieur soit en intérieur. Et le fait que nous ayons une relation plus apaisée avec la Métropole va notamment permettre d’avancer sur les encombrants…

    Les meublés touristiques

    Léo Purguette : À quoi bon construire des logements privés s’ils sont accaparés par les meublés de tourisme ? Que comptez-vous faire ?

    C’est un vrai enjeu. On estime qu’environ 2 000 logements sont concernés par an, donc si vous rapportez ça au nombre de logements construits par an, ça fait un sur deux qui disparaît. La Ville est quasiment au taquet de ce que la loi permet en matière de contraintes. Nous avons fait baisser le nombre de jours quand on est sur une résidence principale de 120 à 90 jours avec obligation de déclaration et pour les résidences secondaires, il faut une demande de dérogation et reconstituer l’offre c’est-à-dire mettre un bien équivalent dans le marché locatif traditionnel. La dernière option qui reste mais pour l’instant nous ne sommes pas prêts à avancer, c’est de modifier le plan local d’urbanisme pour interdire, comme à Paris, certains arrondissements complètement aux meublés de tourisme. Là on est sur une échéance un peu plus loin. Ce qu’on peut faire tout de suite, c’est contrôler et c’est judiciariser les abus. Il y a des règles, elles doivent être respectées, on n’est pas un el dorado du tourisme mais une ville qui a des besoins de logements.

    Le logement social

    Léo Purguette : Dans le précédent mandat, la Ville a été critiquée pour l’insuffisance de construction de logements sociaux, le tir a ensuite été corrigé. Quels sont vos objectifs en la matière ?

    Nous les avons votés avec le programme local de l’habitat en 2024 : construire chaque année, 4 500 logements en tout dont 2 300 logements sociaux. Oui, nous avons rattrapé le tir puisqu’en 2025, la Ville a autorisé la construction de 2 480 logements sociaux dont les trois quarts sont des logements sociaux ou très sociaux, car vous le savez il existe des nuances au sein de la grande catégorie logement social. Si Marseille avait d’ailleurs un taux de logements sociaux acceptable au regard de la loi avant notre arrivée, c’est qu’il était essentiellement le fait de la construction de logements dits PLS, le plus haut niveau de logements sociaux. Or nous souhaitons que ce soit PLAI et PLUS, les catégories très sociales qui puissent être construites sur tout le territoire. Nous avons une dynamique de rattrapage qui est bonne puisque nous sommes à 103% de réalisation de nos objectifs triennaux. Nous les avons donc atteints et même dépassés.

    Léo Purguette : Allez-vous continuer à faire inclure des logements sociaux dans les programmes de construction ou des bâtiments de logements sociaux vont-ils sortir de terre ?

    L’un et l’autre ne s’excluent pas. On est plutôt dans une logique de maillage et donc de seuil dans chaque construction. Aujourd’hui à partir de 30 logements construits, il y a 30% de logements sociaux dus dans le programme. Je pense que c’est un bon outil pour favoriser la mixité sociale. Ça permet de construire du logement social partout. Il peut, demain, y avoir un objet de promotion unique sur la question sociale mais globalement, on est sur de petits lots qui viennent renforcer l’offre dans l’ensemble des arrondissements.

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous que des maires dans le département, dont le programme était de ne pas faire de logements sociaux, aient été réélus ?

    Leur programme était dans l’illégalité. Je le juge sévèrement parce qu’on a un objectif d’équilibre territorial à atteindre. Aujourd’hui, la Ville de Marseille a considérablement relevé le nombre de permis attribués à des logements sociaux et elle produit à elle seule 55%des logements sociaux de la Métropole alors qu’elle pèse 46% de la population. C’est Marseille la locomotive mais on ne peut pas tout faire à Marseille, j’appelle l’ensemble des maires à l’entendre.

    Didier Gesualdi : Beaucoup disent qu’ils n’ont pas le foncier…

    On peut entendre toutes les limites de l’exercice mais on voit bien qui sont celles et ceux qui ont de vraies contraintes. Quand il y en a, il n’y a pas de constat de carence parce que l’État en tient compte.

    La vacance

    Didier Gesualdi : Des professionnels de l’immobilier disent que les règles anti-meublés touristiques sont telles que les propriétaires préfèrent garder leur logement vide plutôt que de jouer le jeu ?

    Ce n’est pas tout à fait les chiffres dont on dispose. La vacance se nourrit davantage de l’indignité. On est sur un phénomène de marchandisation du logement. Moins d’un tiers des propriétaires de meublés de tourisme sont Marseillais. On voit bien que c’est un investissement locatif avec des gens qui cherchent de la rentabilité. Nous, on cherche l’intérêt général.

    Léo Purguette : Allez-vous réquisitionner les logements vides ?

    J’aimerais beaucoup. La loi ne permet pas aux communes la réquisition. Elle est cassée immédiatement par le tribunal administratif car c’est un outil à la main du préfet. Il en existe d’autres comme le doublement de la taxe sur la vacance après deux ans et l’intermédiation locative qui permet à des propriétaires frileux d’avoir un tiers pour gérer la relation avec un locataire.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Julie : Pourquoi ne pas fixer le taux de logements sociaux par arrondissement ?

    Ce n’est pas le cadre de la loi, pour autant c’est l’objectif qu’on se fixe. L’objectif de mixité, on le pense à l’échelle de la ville. On ne souhaite pas que les logements sociaux soient tous dans les mêmes arrondissements ce qui a été le cas pendant très longtemps. C’est pour ça que nous avons souhaité faire baisser le seuil de construction de logements sociaux aux opérations de 30 logements pour que nous puissions égrener dans toute la ville des logements sociaux à l’inverse de ce qui a été fait par nos prédécesseurs. J’aurais une attention particulière sur les arrondissements très déficitaires. Je pense au 7e ou au 12e arrondissements, qui sont en très grande tension. Pas plus tard que lundi matin, j’étudiais un projet dans le 12e. Sans la baisse du seuil que j’évoquais, ce type de projets n’aurait jamais pu exister. C’est parce qu’on l’impose qu’il arrive dans l’objet de promotion, sinon, le promoteur n’aurait jamais fait cette proposition. C’est donc un dispositif très utile. Sera-t-il suffisant ? Je ne sais pas. À titre personnel je suis favorable à une évolution de la loi pour que l’objectif passe à 25% de logements sociaux par secteur municipal.

  • En pleine rénovation, Bellevue remise à neuf

    En pleine rénovation, Bellevue remise à neuf

    Les rues enchevêtrées du quartier de Bellevue, surnommé « Chicago » par les Port-de-Boucains, sont calmes. La seule animation à proximité vient du lycée Charles-Mongrand et du centre social Nelson-Mandela, où les habitants bêchent le jardin partagé. L’opération de rénovation urbaine a vidé les logements alentour. Dans l’immeuble collectif d’habitation, les 67 appartements sont vacants depuis deux ans. Le bâtiment est désormais en cours de grignotage, après avoir subi une phase de désamiantage. « Ce sera fini d’ici le mois de juillet », assure Fabrice Moulin, responsable territorial chez 13 Habitat.

    À la place, le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola (PCF) imagine « des appartements étudiants ». « Beaucoup de jeunes, qui suivent un cursus BTS ou se forment à l’institut de soudure, voire même des internes en médecine à Martigues, nous confient leurs difficultés à trouver un logement courte durée », explique-t-il. Rien n’est arrêté, mais il s’agit de la piste de réflexion privilégiée.

    En dessous de la barre, une vingtaine de familles vivent encore dans les petites maisons individuelles du quartier. « Ce sont des personnes qui voulaient rester en maison, donc on attend les reconstructions adéquates pour les reloger et tout raser », précise Fabrice Moulin. Le reste est inhabité, ce qui entraîne son lot d’inconvénients.

    Des réunions mensuelles

    « On est confrontés à des problématiques de squat », affirme le responsable de 13 Habitat. « Il y a aussi des entreprises qui en profitent pour venir vider leurs bennes dans les cours inoccupées, mais aussi des tags et des ordures qui sont jetées », complète le directeur de la Régie de quartier Renaud Barbe. Alors, pour que « les habitants ne se sentent pas abandonnés », les services de la Ville et le bailleur social ont investi Bellevue en nombre mercredi matin pour mener des travaux d’élagage, de nettoyage des murs et d’enlevage des encombrants.

    « On fait des réunions tous les mois avec les services concernés, le centre social et la police municipale pour maintenir une surveillance accrue et s’assurer que les riverains soient bien suivis jusqu’à ce que le quartier ait son nouveau visage », Valérie Rambaud, du service gestion urbaine et sociale de proximité.