Tag: Logement

  • Logement et feux de forêts :la municipalité interpelle l’État

    Logement et feux de forêts :la municipalité interpelle l’État

    Six ans après, la municipalité ne baisse toujours pas les bras. Ce vendredi matin dès l’ouverture du conseil municipal de Marseille, l’adjointe (PCF) au logement Audrey Garino a profité d’une série de délibérations consacrées aux droits des locataires et à la participation de la Ville à l’observatoire local des loyers privés pour remettre sur la table la question de l’encadrement des loyers. L’expérimentation nationale en effet doit s’achever le 1er novembre prochain, sans que Marseille n’ait pu en bénéficier.

    «Depuis 2015, près de 70 communes ont pu expérimenter l’encadrement des loyers, une mesure dont toutes mesurent l’effet positif sur les prix, et dont toutes demandent la pérennisation », rappelle l’élue communiste. Si Marseille avait candidaté dès 2020 au dispositif, la Métropole n’avait donné son accord que deux ans plus tard. « Mais cette demande se heurte à une fin de non-recevoir du gouvernement », déplore Audrey Garino. Avant de rappeler les chiffres marseillais : en dix ans, les loyers y ont augmenté de 10%, et même de 14% lorsque le locataire a changé, des hausses qui s’accélèrent ces dernières années. Alors après la signature par le maire (DVG) Benoît Payan d’une tribune de la Fondation pour le logement des défavorisés (notre édition du 23/05), l’adjointe réitère : « Nous réclamons une nouvelle fois la prolongation de l’expérimentation et son extension aux villes, comme Marseille, qui en font la demande. »

    Souvenir du feu de l’Estaque

    L’interpellation se double d’une alerte, au moment d’approuver des subventions pour les associations hébergeant des personnes sans domicile fixe, face aux coupes budgétaires dans les crédits de l’hébergement d’urgence. « En quatre ans, le nombre d’appels au 115 [le numéro d’urgence dédié, Ndlr.] a augmenté de 50%», souligne Audrey Garino. Et d’appuyer : « Nous refusons d’accepter cette fatalité et appelons l’État à prendre enfin la mesure de l’urgence qui frappe les habitants de Marseille. »

    Après elle, c’est le maire (DVG) Benoît Payan qui monte au créneau, sur les délibérations ayant trait au bataillon des marins-pompiers. Une semaine après l’incendie de Marseilleveyre, éteint grâce à l’intervention de quatre Canadair sur un terrain difficile d’accès, il alerte : « Nous devons continuer à réclamer des moyens, parce que nous sommes en difficulté quand ils ne sont plus accordés. » Et de raviver la comparaison avec la gestion de l’incendie de l’Estaque, un an plus tôt. « Le choix avait été fait de sortir les Canadair en dehors de Marseille alors que des vies étaient en jeu », s’indigne-t-il. D’autant plus que les avions largueurs d’eau ont quitté depuis 2016 la base de Marignane, et sont désormais vieillissants. « Quand ils devaient partir, le vent s’est levé et ils ont dû faire machine arrière, ce ne serait pas arrivé s’ils étaient à Marignane », dénonce l’édile qui remercie les députés qui ont réclamé une commission d’enquête sur l’incendie, encore dans les tiroirs. Mais le maire cible aussi les assureurs qu’il appelle à faire leur travail, « parce qu’il y a toujours des assurés qui n’ont toujours pas reçu la moindre aide ». Et remet sur la table le financement insuffisant du bataillon par le conseil départemental, en appelant à l’État « pour qu’il corrige cette iniquité ».

  • Jean-Marc Perrin quitte déjà la présidence de 13 Habitat

    Jean-Marc Perrin quitte déjà la présidence de 13 Habitat

    C’est dans un message publié sur Facebook que Jean-Marc Perrin a officialisé son départ, mercredi après-midi : « C’était mon dernier conseil d’administration de 13 Habitat en ma qualité de président. Je quitte l’office HLM car la présidente du Département des Bouches-du-Rhône m’a confié l’importante délégation du handicap et la présidence de la MDPH 13 (Maison départementale des personnes handicapées). »

    L’élu était arrivé le 9 juillet 2025, il y a près d’un an, à la tête de 13 Habitat, satellite du conseil départemental, dans un contexte de crise, alors que l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols), chargée d’une mission de contrôle et d’évaluation des organismes, avait rendu un rapport accablant sur la gestion de la précédente présidente, Nora Preziosi (DVD).

    Jean-Marc Perrin récupère donc les délégations du handicap au sein du Département et doit désormais occuper la présidence de la MDPH 13. Des responsabilités confiées par la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, à travers un arrêté pris le mercredi 3 juin dernier, suite à l’éviction de la vice-présidente Valérie Guarino, dont le ralliement à l’extrême droite avait été annoncé lundi 1er juin.

    « Ces responsabilités viennent s’agréger à ma délégation Bel Age avec l’objectif de créer et piloter le futur Service public départemental de l’autonomie (SPDA) et ouvrir, début 2027, la maison départementale de l’Autonomie. Je remercie Martine Vassal pour sa confiance et souhaite à 13 Habitat, son redressement amorcé depuis un an », conclut Jean-Marc Perrin.

    Pour rappel, Martine Vassal a retiré, le 2 juin, les délégations de trois de ses vice-présidentes, Laure-Agnès Caradec, Marie-Pierre Callet et Valérie Guarino, deux semaines après leur ralliement à l’extrême droite.

  • France handicap campe devant le Département

    France handicap campe devant le Département

    « Si on ne peut pas être logés dignement alors on va dormir sous la tente. On a fait une niche aussi, les chiens sont mieux logés que nous des fois », dénonce Catherine Duroc, médecin retraitée en situation de handicap moteur et visuel. Autour d’elle, un petit campement improvisé sur la place Saint-Arnoux de Gap ce lundi après-midi par APF France handicap, association de défense des droits des personnes en situation de handicap. En campant devant le Département, le collectif proteste contre une carence perpétuelle de logements adaptés. « Il y a des personnes qui n’ont pas un logement digne, qui ne peuvent pas sortir de chez elle parce que la porte d’entrée est trop lourde ou que l’ascenseur est laissé en panne… Nous avons le cas d’une personne qui ne peut pas accéder aux toilettes et qui fait ses besoins dans la salle de bains. Ce n’est pas une situation digne », poursuit Catherine Duroc.

    Créer un fichier des logements

    L’association demande la création d’un fichier qui réunisse toutes les données d’offres de logement et les demandes des personnes. « Actuellement, quand on interroge les mairies, les bailleurs, on nous dit “il n’y a pas de demandes donc il n’y a pas de besoin”. Nous, à l’APF, on a une liste de trente personnes en attente de logements qui ne trouvent pas de logement. Donc les besoins il y en a, mais ils sont invisibilisés », rétorque Catherine Duroc.

  • À La Ciotat, des initiatives pour contrer la crise du logement

    À La Ciotat, des initiatives pour contrer la crise du logement

    C’est dans les petites rues exiguës du centre ancien de La Ciotat que se sont donné rendez-vous, ce jeudi, le bailleur social 3M, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, et le maire (DVD) de la commune, Alexandre Doriol. Ils sont venus visiter les travaux des immeubles des 12, 14 et 16 rue Albert-et-Georges-Arnoux, qui devraient accueillir, à partir de juin ou octobre 2027, cinq logements sociaux, six logements classiques, quatre boutiques ainsi qu’un passage reliant deux rues étroites du centre.

    Pour le maire, l’objectif est double. S’il permet l’accès à de nouveaux logements pour les habitants, qu’ils soient sociaux ou privés, ce projet participe également à la réhabilitation du centre-ville : « Il nous permet de faire entrer de la lumière dans le centre ancien grâce à un puits de lumière et de ramener encore plus de vie avec de nouvelles boutiques. »

    Ce programme s’inscrit dans une opération d’« acquis amélioré », lancé par l’état, qui permet un bonus financier pour les bailleurs qui font le choix de réhabiliter du bâti existant. « Car on sait que cela coûte plus cher de réhabiliter. Et dans notre région, où la pression foncière est forte, cela a du sens de réhabiliter », insiste la préfète. Ainsi, alors que les subventions pour les projets neufs tournent autour de 4% du budget, ce projet bénéficie de 13,5% d’aides.

    Un soutien qui permet l’accélération de la création de logements, en particulier sociaux, alors que 117 000 personnes sont encore en attente d’une affectation dans les Bouches-du-Rhône. « Avec le plan logement de l’état, nous espérons localement la construction de 4 700 logements sociaux dans le département par an », ajoute la préfète.

    Pension de famille, une autre forme de logement social

    Cette visite de la préfète faisait suite à celle d’une pension de famille située sur les hauteurs de la ville. Ouverte il y a deux ans, cette structure permet d’accueillir 25 personnes isolées, souvent marquées par des parcours de vie difficiles : sortie de rue, troubles psychiatriques, addictions ou problèmes familiaux. Les pensions de famille offrent une solution intermédiaire permettant de retrouver une forme de stabilité. Si les petits studios garantissent une indépendance totale, des espaces communs et des animations favorisent la création de liens sociaux entre des locataires souvent esseulés.

    La préfète tenait à mettre en avant ces dispositifs pour illustrer les différentes réponses à la crise du logement : « Ce type de structures peut être un sas pour des personnes parfois éloignées de l’accès au logement. Et je veux donc valoriser ce que l’on fait de bien, surtout dans ce contexte de budget contraint ou c’est important de montrer que cela fonctionne. »

  • Logement : CDC Habitat veut poursuivre sur sa lancée

    Logement : CDC Habitat veut poursuivre sur sa lancée

    Filiale de la caisse des dépôts et consignation, CDC Habitat, premier bailleur de France, compte poursuivre sa dynamique en région Paca. En 2025, 1 919 logements neufs ont été livrés, indique son directeur, Pierre Fournon, qui espère maintenir « ce train d’activité soutenu ». Dans un contexte de demande « forte » dans le locatif, « nous avons la volonté de continuer à produire de manière forte tout en travaillant sur notre patrimoine » poursuit-il. Au sein de son parc de 29 987 unités, le bailleur panache logements sociaux, intermédiaires et libre moyennant 422 millions d’investissements en 2025. Des logements répartis de Menton à Fos-sur-Mer, essentiellement « sur la frange littorale et le long des axes autoroutiers », précise le directeur interrégional.

    Démolition, construction, rénovation, l’entreprise sociale mène de front différents projets au fil des politiques publiques locales. On la retrouve notamment à Marseille sur un « recyclage d’habitat dégradé » à Saint-Mauront, avec une quarantaine de logements sociaux qui devraient être livrés à l’automne. Dans le cadre d’une concession d’aménagement pour le compte de la Métropole Aix Marseille, CDC Habitat est aussi partie prenante de la réhabilitation du parc Corot, vaste co-propriété dégradée, de six bâtiments. Le bâtiment A a été démoli, la tour C va suivre d’ici septembre-octobre.

    De la ville sur la ville

    À la Maurelette, un contingent de 756 logements, CDC Habitat va passer la main, la résidence faisant partie des quatre ORCOD-IN sur Marseille, un programme massif de travaux destiné à lutter contre le logement indigne par le biais d’une convention entre État, Ville de Marseille, Métropole, Agence nationale de l’habitat et Établissement public foncier.

    Sur son patrimoine, le bailleur « essaie de reconstruire de la ville sur la ville car le foncier est rare », précise Pierre Fournon. Comme Boulevard Schloesing (9e), où 56 logements vont être détruits pour en remettre 67 sociaux et intermédiaires. à Aix-en-Provence, la résidence Bellevue va passer de 42 à 100 logements.

    Pour ses 199 logements rénovés en 2025, CDC Habitat a aussi fait dans le qualitatif en agissant sur le confort thermique, à Roquefort-la-Bédoule, ou en tentant la peinture réfléchissante sur le toit terrasse à Canto-Perdrix, à Martigues.

  • [Quoi de neuf] « Localement, le gros problème c’est le logement »

    [Quoi de neuf] « Localement, le gros problème c’est le logement »

    À l’occasion de ses 75 ans, l’UFC-Que Choisir a fait évoluer son nom pour devenir « Que Choisir Ensemble ». Née en 1951, l’association est composée d’associations locales dans tous les territoires, dont l’Hérault. En septembre Que Choisir Ensemble-Montpellier va célébrer ses cinquante ans d’existence lors d’une grande journée de rencontres et de débats, le 18 septembre. Outre le thème central du logement, l’association milite pour l’accès aux soins.

    Françoise Verna : Rappelez-nous les domaines d’intervention de Que Choisir Ensemble Montpellier. Y a-t-il des spécificités de l’aide apportée aux consommateurs dans le territoire ?

    Gilbert Rieu : Il faut savoir que l’association locale a 1 600 adhérents. Nous intervenons dans la région de Montpellier : c’est le Lunellois, le Gangeois, le Clermontais… Les spécificités nous les mesurons dans l’accueil des consommateurs au quotidien, lors de nos permanences du lundi au vendredi matin. Localement, le gros problème c’est le logement. C’est pour cela que nous avons orienté nos actions autour de cette question. Cela va être le cœur d’un anniversaire local, celui des cinquante ans de notre association, le 18 septembre qui aura pour thématique principale le logement. Historiquement, le logement n’était pas une culture d’action des associations de défense des consommateurs. Mais depuis plusieurs années, on prend en compte le fait que c’est un besoin essentiel au niveau du consommateur. Donc on est engagé franchement sur cette question avec une dimension qui a été développée par Marina Seccal-Bersinger [ancienne présidente et désormais trésorière nationale], avant mon arrivée, vis-à-vis des bailleurs sociaux. Nous nous sommes manifestés lors des élections dans les organismes avec des succès remarquables et nous préparons les prochaines. C’est une action importante sur le Montpelliérain.

    Olivier Nottale : Cela consiste en quoi de défendre les locataires des bailleurs sociaux ?

    Marina Secall-Bersinger : Nous sommes particulièrement militants et nous portons ce combat. Sur le logement social, nous sommes déjà en campagne puisque les élections vont se dérouler de novembre à décembre pour siéger au sein des organismes. Nous avons déjà des bénévoles sur le terrain. Nous avons ciblé trois bailleurs sociaux : ACM Habitat, Hérault Logement et FDI Habitat. Au niveau national nous étions arrivés premiers chez CDC Habitat. Localement, cela a permis de créer une commission logement qui se réunit deux fois par mois avec des bénévoles et des locataires qui nous ont rejoints. Cela permet, au niveau local, d’organiser des rendez-vous conso’ dans les résidences. Nous y parlons problèmes d’énergie, des thématiques qui les intéressent, etc. C’est en lien aussi avec notre campagne nationale qui porte sur le logement, pas seulement social.

    Françoise Verna : Là encore, Y a-t-il des particularités locales ?

    Marina Secall-Bersinger : Sur Montpellier, ce que nous souhaitons cibler lors de nos cinquante ans c’est la problématique du logement des étudiants.

    Nous sommes dans une ville où il y a un problème entre l’offre et la demande. Et puis nous voulons aussi travailler sur tout ce qui est « contractualisation ». On a aussi gagné un combat pour pouvoir changer d’assurance emprunteur. Pour nous qui souhaitons nous adresser aux jeunes, en première accessibilité, le fait de pouvoir dénoncer son assurance emprunteur fait gagner des dizaines de milliers d’euros.

    Olivier Nottale : Marina Secall-Bessinger, outre vos responsabilités de trésorière vous êtes également déléguée nationale à l’accès aux soins de l’association Que Choisir Ensemble. Comment vous agissez ?

    Marina Secall-Bersinger : Je commencerai par notre légitimité. Nous avons sorti notre première étude sur la fracture sanitaire en 2012. Nous l’avons actualisée et nous mettons à disposition des outils. Vous pouvez voir, en allant sur notre site, l’équipement médical autour de chez vous. La richesse de notre analyse c’est que ce n’est pas simplement une problématique géographique. Nous sommes allés plus loin parce qu’il n’y a pas qu’une fracture démographique mais aussi une fracture financière. La problématique, notamment locale, ce sont les dépassements d’honoraires. C’est là que l’usager de la santé a de grosses difficultés.

    Françoise Verna : Pourtant, à Montpellier il y a tout pour se soigner…

    Marina Secall-Bersinger : Oui, tout le monde est là, les spécialistes, etc. Mais à quel prix ? Quand on voit le problème du désengagement de l’État, le report sur les complémentaires santé et l’augmentation de ces complémentaires, il y a beaucoup de gens qui ne peuvent plus se soigner même s’il y a des médecins. C’est ce travail que l’on porte et nous alertons régulièrement les politiques.

    Olivier Nottale : Vous pesez sur eux ?

    Marina Secall-Bersinger : En ce moment revient au Sénat la loi Garot à laquelle nous nous sommes associés et qui concerne l’installation territoriale des médecins. L’article premier est passé et c’est la navette avec le Sénat. On invite les associations locales à saisir les sénateurs.

    Recueilli par F.V.

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • À Toulon, l’accueil du 115 pour les sans domicile fait peau neuve

    À Toulon, l’accueil du 115 pour les sans domicile fait peau neuve

    Donner des moyens d’action adaptés aux besoins. Voilà l’enjeu de la rénovation et de l’agrandissement des locaux du Service intégré d’accueil et d’orientation
    (Siao-115) du Var, inauguré en grande pompe mardi en présence du préfet Simon Babre. Un investissement chiffré à 1,38 million d’euros, dont 850 000 pour les nouveaux locaux, qui a permis de faire passer le bâtiment de 110 à 287 m². « En 2012, on a commencé notre action dans 20 m² », rappelle Sylvain Renouf, directeur des opérations d’Itinova, groupe associatif sanitaire et social gestionnaire du Siao-115 du Var.

    Un agrandissement proportionnel à l’intensification de l’action sociale dans le département et la France entière, « dans un contexte de précarité qui augmente », évoque ce dernier. « Nos missions touchent des enfants, des hommes, des femmes mais aussi de plus en plus de personnes âgées. »

    Une hausse des demandes de 22% en 2025

    Les chiffres de l’année 2025 illustrent cette situation. Le Siao-115 du Var a ainsi reçu 96 722 appels, et a pu en traiter 69 697, soit un taux de prise en charge de 72%. Il a instruit 23 969 demandes de logement (16 991 ont abouti) soit +22% par rapport à 2024, et un total de 1 758 personnes hébergées dans les 943 places de logement qu’offre le Département. Et au-delà des demandes d’hébergement d’urgence, les besoins en logement durable augmentent aussi fortement. À cet égard, « 541 personnes ont pu bénéficier d’un logement adapté [destiné aux personnes dans l’incapacité de se procurer un logement décent et adapté à leurs besoins, Ndlr] », « 889 personnes en recherche d’hébergement d’urgence d’un logement social », en plus des « 535 places supplémentaires créées en intermédiation locative [système qui permet, grâce à l’intervention d’un tiers social, de faciliter la relation entre le locataire et le bailleur, Ndlr] », précise le préfet.

    L’agrandissement des locaux permettra d’aller encore plus loin. « Grâce à cela, on a pu revoir notre organisation, en découpant le département en quatre secteurs (Brignoles, Toulon, Draguignan et Fréjus Saint-Raphaël) qui bénéficient chacun d’un espace de travail », explique Anne-Laure Bertacchini, directrice du Siao. Et de fait, d’offrir « un meilleur confort de travail », avec notamment des espaces de réunion, pour des employés sur le pied de guerre 24h sur 24, 7 jours sur 7, au service du bien commun.

  • Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Depuis la présentation par le préfet la semaine dernière de sa stratégie pour augmenter la production de logements sociaux dans le département, afin de répondre aux besoins de la population, en termes de dignité pour commencer, les réactions d’hostilité ne se sont pas fait attendre. Comme si la droite et l’extrême droite si promptes à réclamer toujours plus de fermeté envers la jeunesse s’acharner à défendre avec presque autant de ferveur les maires hors la loi.

    Pour mémoire, le représentant de l’État annonçait aussi l’audience prochaine des premiers magistrats. L’objectif étant d’évaluer les résultats de l’application de la loi Solidarité et renouvellement Urbain (SRU) pour l’exercice 2023-2025. Ainsi que le volontarisme des élus aux manettes. Avec la ferme intention de réclamer à tous ceux qui continuent de traîner les pieds de s’engager dans une voie vertueuse au risque sinon de perdre la main sur la délivrance des permis de construire. Rien de scandaleux, au contraire. Puisque les récidivistes sont invités une fois encore à mieux faire. Déjà beaucoup trop pour le maire de Carqueiranne qui aussitôt crie à l’injustice.

    « Il m’a parlé comme à un enfant », déclare-t-il en conseil municipal (des propos rapportés par notre confrère Var Matin), faisant même planer la menace de démissionner. Le référent de la Fondation pour le logement Jean-Paul Jambon rappelle pour commencer qu’« en septembre 2020 Arnaud Latil alors fraîchement élu, fut déjà soumis à la question par la commission départementale pour l’exercice 2018-2019 ». Sur un bilan donc dont il n’était alors pas responsable, consent-il. Mais le militant logement de préciser, que lors de ces rencontres avec le préfet le maire n’aurait pas non plus laissé entrevoir d’emblée trop d’intérêt pour le logement social.

    À cela s’ajoute l’absence d’un Plan local d’urbanisme de la commune, insiste-t-il. Et ce malgré les propositions en 2024 de l’ancien préfet du Var Philippe Mahé qui proposait de mettre à sa disposition les services de l’État pour l’aider dans cette démarche.

    Aucun « volontarisme »

    « Contrairement donc à ce qu’il prétend avoir entrepris depuis 2020, le volontarisme ne semble pas avoir été à l’ordre du jour, et l’on peut comprendre l’agacement du préfet Babre chargé de faire appliquer la loi et de recourir aux moyens préconisés par le Ministre du logement dans sa dernière circulaire », juge Jean-Paul Jambon. Le militant logement, en profite d’ailleurs pour s’étonner de l’intervention du président du département Jean-Louis Masson (LR) venu à la rescousse du maire de Carqueiranne qui, selon lui, « défend avec détermination les intérêts de sa commune et de ses habitants ». Vraiment ? L’intérêt général n’est-il pas de répondre aux besoins de ses habitants ?

    Et de rappeler « une tribune conjointe des maires de MTPM en 2022 », du même acabit, fustigeant le préfet de l’époque Evence Richard, que Jean-Louis Masson traitait de « préfet servile », tout ça parce qu’il faisait appliquer la loi.

    Ce qui est un petit peu surprenant venant d’ancien un officier supérieur de la gendarmerie. La députée d’extrême droite Laure Lavalette est également montée au front, non pas pour défendre les intérêts des classes populaires, mais pour pilonner la loi SRU, « une stupidité sans nom, promulguée par la gauche ». Selon elle, les maires n’ont besoin de personne pour construire en respectant l’urbanisme, l’environnement et la demande sociale. Une blague ? Pour ce qui est de Carqueiranne, en 2023 on comptait 5,56% de logement sociaux contre 4,84% en 2002, soit une progression de 0,72% en 20 ans.

    Pendant que les demandes, elles, progressaient de 11,85% avec une tension de 14,4% c’est-à-dire une attribution pour 14 demandes. Sans commentaire.

  • Au Rove, la Coop des élus communistes et républicains se renouvelle

    Au Rove, la Coop des élus communistes et républicains se renouvelle

    La Coop 13, Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens des Bouches-du-Rhône, s’est réunie dans le village du Rove. Une cinquantaine d’élus des communes du département étaient présents pour échanger sur les objectifs de la Coop 13.

    Renforcée en nombre après les élections municipales et communautaires, la Coop 13 a dressé un bilan de son activité et s’est projetée dans l’agenda politique prochain avec notamment les sénatoriales qui doivent renforcer le pôle de gauche au Sénat.

    Pour les membres de la Coop 13, les enjeux politiques actuels sont déterminants pour l’avenir proche. De la Métropole au Département en passant par la Région Sud, la Coop 13 veut faire entendre sa voix ; l’activité doit prendre en compte la situation des habitants, des familles.

    Désireux d’être aux côtés de toutes celles et tous ceux qui sont victimes, à différents degrés, de la situation politique du moment : logement, emploi, insécurité, mobilité, bien vivre… Les élus s’inquiètent du contexte alarmant qui affecte la vie des personnes dans nos villes et villages et pour lequel ils restent mobilisés.

    Proximité avec

    les habitants

    Face à un Rassemblement national sans complexe et au plus haut, ils ont fait part de leur détermination de le combattre sur tous les fronts pour construire des espaces de dignité, de solidarité et de lutte avec la population.

    Résolument engagés au plus près des habitants pour défendre les acquis et en gagner de nouveaux, la Coop 13 s’est dotée d’un nouveau collectif de travail composé d’une trentaine de personnes représentantes d’une vingtaine de communes dans la diversité du département ; des élus inscrits dans les majorités municipales, mais aussi dans les oppositions, une nécessité pour être en lien avec les différentes réalités du terrain.

    Sur proposition de Florian Salazar-Martin, maire-adjoint à Martigues et président en titre, l’assemblée a élu à l’unanimité Paul Sabatino, maire du Rove, en tant que président, Florian Salazar-Martin devenant le secrétaire général de l’association et pour compléter le bureau départemental : Sophie Celton maire-adjointe à Septèmes-les-Vallons, membre du bureau national de la Coop ; Marie Claude Bonnet, maire-adjointe au Rove ; Ibrahim Mze, conseiller municipal des 15-16 à Marseille et Audrey Cermolacce, maire-adjointe de Septèmes-les-Vallons.

    La rencontre s’est terminée dans la convivialité avec un appel lancé à tous les élus progressistes par le président Paul Sabatino, pour adhérer à la Coop 13 ; une ambition partagée par l’assemblée pour peser partout dans le département pour mieux vivre.

  • Logement social : le préfet du Var pourrait prendre la main

    Logement social : le préfet du Var pourrait prendre la main

    Le préfet du Var a présenté mercredi matin, devant la presse, les enjeux de la production de logements sociaux dans le département pour répondre aux besoins des ménages varois mais aussi comme vecteur important de développement et d’attractivité économique du territoire.

    « Nous allons commencer nos entretiens à partir de la semaine prochaine avec les maires des communes soumises à la loi SRU et qui n’atteignent pas leurs objectifs », explique le préfet du Var Simon Babre. Le début d’un processus qui, à l’aide d’un bilan statistique et des éléments d’appréciation qualitatifs sur les efforts fournis pour se rapprocher des objectifs de loi SRU va conduire à prononcer, ou non, le constat de carence et les pénalités associées.

    L’objectif étant d’augmenter la production de logements sociaux et tenter de réduire le nombre de demandes insatisfaites qui s’établit aujourd’hui à 36 826. Des ménages qui ne peuvent ni accéder à la propriété ni répondre en termes de revenus aux exigences du secteur privé, souvent bloqués dans des logements inadaptés et parfois indignes.

    Mais le représentant de l’État préfère voir le verre à moitié plein et mettre en avant un record, de 2 173 logements agréés en 2025. Le meilleur chiffre depuis 2018.

    Une progression qui s’explique, argumente-t-il, par le très grand nombre de Contrats de mixité sociale , 26 exactement, signés dans le département. Le classant en première position en France.

    Pour mémoire, ils permettent grâce à un dialogue avec les élus de définir des objectifs intermédiaires consensuels et réalistes, qui vont permettre d’apprécier le volontarisme des communes. Avec de très bons résultats enregistrés par endroits, comme à Toulon. La ville préfecture pourrait cette année sortir de la carence.

    Reste les communes réticentes, qui comme La Crau (qui n’atteint pas les 8%) et Carqueiranne n’ont pas signé de contrat de mixité sociale et s’obstinent à refuser d’appliquer la loi.

    Toulon pourrait sortir

    de la carence

    Là, le préfet prévient qu’il existe pour les contraindre à l’action des outils d’urbanisme opérationnels qui seront si besoin utilisés. « Ils vont être au cœur de la stratégie de l’État pour les prochains mois », annonce-t-il.

    Le premier consiste à récupérer le droit de préemption urbain. Ce qui veut dire que toute transaction immobilière doit être portée à la connaissance de la Direction département des territoires et de la mer (DDTM) qui regarde de quels fonciers et de quels bâtiments il s’agit et vérifie si on pourrait y faire des logements sociaux. Dans les communes où la production qui est restée atone, un examen systématique de toutes les déclarations d’intention sera effectué.

    Le préfet peut également reprendre la compétence de délivrance des permis de construire, considérant que s’il ne prend pas la main, rien ne se fera.

    Cette possibilité a déjà théoriquement été utilisée pour Carqueiranne. Mais « il pourrait y avoir d’autres communes concernées en fonction de la teneur des discussions que nous aurons avec les maires dans les semaines à venir », prévient-il.

    Et de se faire plus précis : « On peut focaliser notre attention et notre action sur les communes où rien ne se passe, où on a trop de demandes de logements sociaux insatisfaites, des problèmes de dignité de certains de nos concitoyens et qu’il est absolument nécessaire d’accroître le parc social. »

    À bon entendeur !

    Pour en revenir aux élus de bonne volonté, le représentant de l’État veut mettre en avant ce qu’il appelle « une révolution de financement », avec la décision du préfet de région en 2025 de réorienter une partie des aides à la pierre vers le logement social diffus et les réhabilitations de bâtiments pour en faire des logements sociaux.

    Celles-ci pouvant atteindre 35 000 euros par logement social dès lors qu’on démontre qu’on est dans une opération d’acquisition-réhabilitation. Ce qui va permettre de réorienter les choix des bailleurs sociaux qui, jusqu’à présent se focalisaient sur des programmes neufs et les grands ensembles, plus rentables économiquement, et pour ça, avaient besoin d’identifier du foncier vierge. Ce qui était contradictoire avec les objectifs de l’État de sobriété foncière, notamment le zéro artificialisation nette. « Cela permet de crédibiliser le modèle économique pour des petits programmes de logements sociaux ou des opérations réhabilitation », souligne Simon Babre.

    Pour en revenir au bilan de cette période triennale qui s’achève, il montre qu’il y a des communes qui acceptent de jouer le jeu, et les aménagements leur permettant de combler en partie leur déficit pour lesquelles l’accompagnement bienveillant de l’État va continuer. Et puis il y a des cas où les choses n’avancent pas, et où il y a besoin de débloquer les situations par la contrainte faute de volonté politique.

    Plus diplomate, Simon Babre préfère présenter ces interventions à venir comme « des outils d’aide apportée aux équipes municipales qui ont des difficultés à envisager certains scénarios ». Pourquoi pas. Le tout c’est de ne plus hésiter à « aider » les contrevenants qui se vantent de ne pas respecter la loi par pure idéologie et contre l’intérêt général.

    Leurs jérémiades ont assez duré.

    CHIFFRES

    38 826

    ménages ont fait une demande d’accès à un logement social dans le Var, pour seulement 3 730 attributions en 2025.

    Et sur les 11 982 demandes de changement, 781 ont été acceptées.

    22 millions

    d’euros ont été engagés par la Direction départementale des Territoires et de la Mer du Var (DDTM) pour le financement de nouveaux logements locatifs sociaux (LLS) en projet par des bailleurs sociaux et 4,5 millions d’euros de subventions leur ont

    été versés pour des projets en cours de réalisation.

    26

    communes varoises, sur les 44 soumises à la loi Solidarité renouvellement urbain (SRU) ont signé des contrats de mixité sociale (CMS) pour la période 2023-2025.

    Et concernant les copropriétés dégradées ?

    Interrogé sur le cas des copropriétés dégradées comme Pontcarral – là où la jeune mère de famille s’est donné la mort avec ses enfants – et la Grande Plaine, à Toulon, deux ensembles où la misère et le mal logement prospèrent, le préfet du Var Simon Babre, a répondu que « la politique qui consiste à traiter le sujet des copropriétés dégradées en faisant rentrer des bailleurs sociaux dans la propriété de ces ensembles est une politique gagnant-gagnant ».

    Puisque cela va permettre d’améliorer le sort des populations concernées, éviter les drames humains, et remettre aussi de l’objectivité dans la façon de comptabiliser l’habitat social, explique-t-il. Et de poursuivre : « Ce sont des logements pour populations modestes avec parfois des abus de la part des propriétaires privés. Et donc agir sur ces copropriétés, c’est une de nos politiques claires, et on le fait main dans la main avec certaines municipalités. »