Tag: logement social

  • « Je suis candidat pour aller au bout des projets »

    « Je suis candidat pour aller au bout des projets »

    La Marseillaise : Pourquoi candidater aux élections municipales de 2026 ?

    Michel Illac : Parce que j’ai envie de terminer le travail commencé en 2008. Nous avons fait évoluer la commune qui est maintenant dotée d’un service public de qualité, avec des régies municipales pour les crèches, la bibliothèque, ou les portages de repas à domicile du CCAS. Nous sommes passés de 0 à 150 logements sociaux, et 50 sont dans les tuyaux. Ils ont profité aux familles d’Ensuès, aux jeunes pour partir de chez leurs parents et à des personnes âgées pour quitter un logement inadapté. Nous avons créé un jardin partagé de 20 parcelles en mai dernier dans lesquels les gens ont récolté courges, aubergines et tomates. Un jardin pédagogique va suivre pour les écoles, pour lesquelles la concertation pour désimperméabiliser les cours est terminée. Mais il reste 3 gros dossiers en cours et j’ai besoin d’un 4e mandat pour les terminer.

    Quels sont ces dossiers en cours ?

    M.I. : Déjà le réaménagement du cœur de village amorcé il y a 16 ans. Les questions foncières sont en bonne voie d’être finalisées le 30 septembre prochain et nous pouvons maintenant le proposer. On y voit le retour de commerces et activités, des services, de l’habitat de qualité, de la nature en ville avec des espaces très verts et stationnement sans bitume, sans oublier l’embellissement du centre et de l’église historique. Une grosse concertation a été menée depuis 2021 malgré le Covid avec les assos, riverains et partenaires. Le projet pourrait être présenté au prochain budget. Il y a également l’aménagement de la grande voie du vallon de Graffiane, sur un kilomètre, Avec enfouissement des lignes Et la création de pistes cyclables et piétonnes pour sécuriser et relier les calanques au village en sécurité. 10 millions d’euros sont mobilisés et le projet est programmé avec la Métropole entre 2026 et tout début 2028.

    Pensez-vous au parc des Aiguilles, qui a été sujet à débat et critiques ?

    M.I. : J’y viens, c’est le troisième. J’ai travaillé 15 ans pour obtenir les aménagements routiers et l’échangeur avec l’A55 se construit en ce moment même, la fin des travaux prévue en 2026. Nous avons créé 100 000 mètres carrés de hangars et 60 sont à venir, car le permis de construire est à l’instruction, après le départ de Biotechna, qui cause de grosses nuisances olfactives dans le secteur. Certains ne voulaient pas de cette zone et voulaient planter des carottes dans un terrain pollué. Aujourd’hui on parle de 600 emplois et il y en aura 2 000 à terme. Il y a aussi un aspect de retombées fiscales du foncier bâti qui a déjà permis d’éponger les pénalités de la loi SRU sur le logement social ainsi que de compenser l’augmentation de la masse salariale de la Ville.

    Six ans de plus, ne vous font pas peur ?

    M.I. : C’est une expérience, et un réseau qui va avec. J’ai 66 ans, la pêche et l’envie. J’aime les gens. Certains utilisent le mensonge et la division pour tenter d’obtenir le pouvoir à tout prix. Alors on peut ne pas être d’accord. La critique est productive, elle m’a déjà permis de revoir certains projets. Mais quand on est sur du faux, il faut quand même s’expliquer, tranquillement, et parler de fond. Sans animosité, car on respecte la démocratie et la République. On va écrire le bilan avec mon équipe sortante que l’on publiera dans les prochains mois pendant que je construis ma liste jusqu’à la fin de l’année.

  • Patrick Pappalardo bascule à l’extrême droite

    Patrick Pappalardo bascule à l’extrême droite

    Face à la presse ce lundi matin, le président -poussé vers la sortie- du bailleur métropolitain Provence Métropole Logement (ex-HMP) le jure : « Je ne suis pas d’extrême droite. » Patrick Pappalardo a pourtant officialisé son ralliement au candidat du RN pour les municipales à Marseille, Franck Allisio, et rejoint les rangs de l’UDR d’éric Ciotti. Déjà lors des législatives, le député des Alpes-Maritimes l’avait poussé pour se présenter dans les 9-10, où il a finalement laissé sa place à Olivier Fayssat (UDR). Ce dernier se félicite de la « formidable expertise » qu’il apporte sur le logement. Il n’a pas tort : Patrick Pappalardo avait revendu à la découpe des immeubles avant qu’ils ne basculent en péril, révélait La Marseillaise en 2021.

    Aujourd’hui, au-delà du contexte national, il justifie son choix par le refus des Républicains de présenter une candidature face à l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache (Ren.) ainsi que par le manque de considération de la présidente (DVD) de la Métropole : lors d’une réunion en novembre dernier, son directeur de cabinet lui a reproché l’embauche d’une ancienne salariée du Département, explique-t-il. « Il a cherché à m’humilier en me disant : “moi, je te démissionne quand je veux”. Je lui ai dit : “vas-y !” »

    Il assure désormais rejoindre Franck Allisio « sans condition ». Prêt, cependant, à siéger avec un candidat qui a cosigné une proposition de loi pour attribuer des logements sociaux en fonction de la nationalité.

  • [Info La Marseillaise] Solange Biaggi pressentie à la tête du bailleur de la Métropole

    [Info La Marseillaise] Solange Biaggi pressentie à la tête du bailleur de la Métropole

    Il n’aura fallu qu’un seul week-end pour pousser
    le président du bailleur social métropolitain Provence Métropole Logement (ex-HMP), Patrick Pappalardo, vers la sortie. Après la révélation samedi, dans nos colonnes, de son ralliement à l’extrême droite pour les prochaines municipales, la présidente (DVD) de la Métropole Aix-Marseille, Martine Vassal, a dès dimanche soir annoncé qu’un remplaçant lui sera trouvé dès le prochain conseil métropolitain.

    « J’ai pris acte de la décision de Patrick Pappalardo de rejoindre le camp de l’UDR et du RN », écrit-elle dans un communiqué transmis à la presse. Avant d’annoncer que « dans ces conditions, il n’est plus possible pour Patrick Pappalardo de se maintenir à son poste ». « Le 18 septembre 2025, une délibération sera mise au vote en conseil de Métropole afin de désigner un futur président, détaille la présidente de l’intercommunalité. Cette délibération visera à remplacer Patrick Pappalardo à son poste et à assurer la continuité des projets et des activités de Habitat Marseille Provence. »

    Selon nos informations, c’est la conseillère métropolitaine (LR) chargée des commerces de centre-ville, Solange Biaggi, qui serait pressentie pour prendre la suite à la tête du bailleur fraîchement renommé et qui gère quelque 14 700 logements sociaux sur le territoire métropolitain. Un intérim jusqu’aux prochaines municipales, avec cependant le dossier de la rénovation urbaine à Frais-Vallon, longtemps freiné par Habitat Marseille Provence (HMP), sur le haut de la pile.

    Élue au côté de Jean-Claude Gaudin depuis 2001 et siégeant désormais dans l’opposition municipale, l’ex-adjointe marseillaise au commerce était déjà au conseil d’administration de HMP, désignée parmi les administrateurs métropolitains, en juillet 2020, après les dernières élections municipales. Élue dans les 2-3, elle fait également partie du conseil d’administration de la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-IN) chargée de la rénovation de l’habitat dégradé dans le centre-ville de Marseille. « Solange Biaggi a toujours été extrêmement impliquée à HMP/PML, ce serait amplement mérité », glisse un représentant métropolitain au conseil d’administration du bailleur social. Sollicitée, l’intéressée n’a pas donné suite.

    « Je ne m’y opposerai pas »

    « Je ne suis pas favorable à ma démission, quand on démissionne, c’est que quelque chose ne va pas », protestait pour sa part Patrick Pappalardo à l’occasion d’une conférence de presse, ce lundi matin. « C’est une mauvaise chose de changer de président à quelques mois des élections, c’est déstabilisant pour les locataires », justifiait-il, après avoir été appelé, la veille au soir, par Martine Vassal. S’il conçoit qu’il ne peut rester à son poste « parce qu’il y a un changement de ligne politique », celui qui a franchi le Rubicon pour s’allier à l’extrême droite s’étonne de la rapidité de la décision. « Je sens cela comme une punition, parce que je suis allé à un meeting », déplore-t-il. Dès samedi, il s’affichait au côté d’Éric Ciotti. Malgré cela, il accepte la sanction : « Je ne m’y opposerai pas, c’est son droit. » Et un réflexe républicain face à l’extrême droite.

  • Conseillère en économie sociale et familiale, Lucie Mekerke tisse du lien dans les quartiers nord

    Conseillère en économie sociale et familiale, Lucie Mekerke tisse du lien dans les quartiers nord

    Sur le bureau de Lucie Mekerke, conseillère en économie sociale et familiale chez le bailleur social Erilia, tout est parfaitement rangé. Une organisation qui contraste avec l’incertitude de son emploi du temps : « j’essaye toujours de planifier, mais ça change souvent ». Les journées de Lucie ne se ressemblent jamais et sont toujours bien remplies. Entre les rendez-vous mensuels dans les différents ensembles pour rencontrer les locataires, la gestion d’urgence et le suivi des dossiers, « on ne s’ennuie pas », affirme-t-elle.

    La jeune femme est l’une des 20 conseillères en économie sociale et familiale de l’entreprise sur Marseille. Elle est chargée des 15 et 16e arrondissements où Erilia a environ 1 000 locataires. Depuis son arrivée dans l’agence en novembre 2024, elle tente d’apporter des solutions à ceux qui en ont besoin. « Mon rôle c’est de les accompagner dans la recherche, l’accès et le maintien au logement. Je les accompagne parfois dans leur demande d’aides ».

    Pour cela, elle est en contact régulier avec différentes structures, comme la Caf, des assistantes sociales ou encore l’hôpital Édouard Toulouse. C’est également à la conseillère de faire les signalements lorsque des personnes peuvent être dangereuses pour elles ou pour autrui. « Mais le but de ces signalements c’est que ces personnes soient suivies, de trouver la meilleure solution pour elles. »

    Le lien social à cœur

    Un travail qui tient à cœur à Lucie Mekerke qui aime particulièrement le lien social qu’elle peut tisser avec les locataires. « J’ai toujours su que je voulais travailler dans le social, parce que j’aime aider les gens ». Dès le bac, son appétence l’oriente vers la filière ST2S (sciences et technologies de la santé et du social). Puis elle poursuit avec un BTS en économie sociale et familiale à Marseille et une licence dans le même domaine. C’est au cours de ces études qu’elle découvre ce métier « je me suis dit que c’était ce que je voulais faire parce que c’est tellement riche et on peut y faire tellement de postes différents ».

    Âgée de 23 ans, elle n’est pas à sa première expérience. « J’étais dans une association à Istres pendant à peu près un an ». Mais, elle veut se spécialiser sur la question du logement et travailler à Marseille « parce que le public y est particulièrement fragilisé. » et décide donc de venir travailler chez Erilia. Elle avoue toutefois : « J’avais un peu peur d’aller travailler dans les quartiers nord. Mais en fait ça se passe super bien ». Ce nouveau travail lui donne également le sentiment d’être utile : « Ici, on a des lignes directes avec la Caf, le Département ou la Ville, donc je peux apporter des vraies réponses. »

    Il est 9h30, un matin d’août, et après un court passage à l’agence d’Erilia, située dans le boulevard National (3e), direction les logements du 38 avenue de la Viste (15e) pour rencontrer les locataires. « Je préfère les rencontrer sur place, dans un lieu qui leur est familier. Parce qu’on a des locaux pour les recevoir à l’agence, mais c’est loin pour eux et c’est impersonnel. ça peut être plus compliqué de se confier sur des sujets difficiles », développe la conseillère.

    Un travail d’équipe

    Sur place, c’est une équipe complète qu’elle retrouve avec les gestionnaires d’immeubles et la gestionnaire de contentieux. « Ils sont tout le temps sur place, donc ils connaissent mieux les habitants et leurs problématiques. Ce sont un peu nos yeux et nos oreilles. Sans eux, je ne pourrais rien faire ». Après chaque rendez-vous, elle échange avec eux sur les solutions possibles, car ils ont souvent plus d’informations sur la situation. « Notre but c’est de trouver les meilleures solutions et d’éviter les expulsions », insiste Lucie.

    Très impliquée et appliquée, la jeune femme sait pour autant qu’il est important de prendre du recul sur certaines situations. Mais elle est reconnaissante : « Depuis que je suis arrivée, on a réussi en équipe à trouver des solutions. Quand tout se débloque pour les locataires, c’est incroyable, et on reçoit beaucoup de gratitude. »

    Eva Janus