Tag: LFI

  • Deux listes pour tourner la page Bazzucchi à La Penne

    Deux listes pour tourner la page Bazzucchi à La Penne

    À moins de trois semaines du 1er tour, trois candidats sont officiellement en lice à La Penne, dont le maire (SE) a été mis en examen pour viols, violences aggravées et enregistrement d’images à caractère sexuel. Malgré l’affaire, Nicolas Bazzucchi a annoncé sa candidature fin janvier. Il mènera une liste composée essentiellement de ses derniers soutiens au conseil municipal et d’agents. Les deux autres candidats sont aussi positionnés à droite.

    Stéphane Castérot (DVD), ancien adjoint aux finances de Bazzucchi, a pris la tête de la liste Unis vers Demain. Sans étiquette, elle réunit onze démissionnaires de l’ex-majorité. Ce dernier, ancien adjoint aux finances, a pris ses distances il y a quelques mois. « J’ai démissionné pour de bonnes raisons », glisse-t-il, expliquant ne pas vouloir être associé à ces « problèmes de mœurs » et aux déboires financiers de la commune, dont le budget primitif a été suspendu par le Préfet.

    Sa campagne, lancée en octobre, s’accélère depuis un mois avec distribution de tracts et porte à porte. Parmi les projets présentés, la découverture de l’Huveaune pour recréer un poumon vert en cœur de ville. « C’est un des projets phares qui va radicalement changer le visage de La Penne et faire redécouvrir son fleuve à la seule ville qui porte son nom. Il y aura une voie douce et des places de parkings pour accéder aux commerces. »

    « On n’est pas que dans l’attaque, on propose et on a de très bons échos sur le terrain : majoritairement les habitants disent plus jamais Bazzucchi », glisse Thibaud Labus. Membre du cabinet de Renaud Muselier, chargé à la Région de l’éducation, il sera sur cette liste où apparaît aussi Alain Fédi, élu depuis 1977 sous les mandatures Donadini, Maingaud et Capdeville. « Je lui ai demandé pour lancer les jeunes élus et apporter son expérience », explique Castérot. N°2 de la liste, Carine Boghossian, responsable RH dans le civil, fait partie des nouveaux venus. La seule présente aux toutes premières places.

    La liste La Penne Ensemble du docteur Frédéric Szabo (DVD) a, elle, été déposée lundi. Un mouvement, l’Alliance citoyenne pour une démocratie éthique, a été créé « pour sortir du clivage droite-gauche. En dehors des extrêmes, on a des gens de différents courants choisis pour ce qu’ils peuvent apporter à la commune », explique l’entourage du candidat. « On voulait en finir avec ces noms qui ont tourné et retourné leur veste, et faire respirer la démocratie. »

    Les insoumis au départ ?

    La présidence du comité de soutien a été confiée Pierre Chevaly, fils d’un autre médecin historique de la commune. La n°2 de la liste est Karima Habi, une infirmière libérale. Romain Soudeille est en 3e position, Sarah Akel en 4e. Elle a travaillé sur le volet éducation du programme. Il s’articule « autour des solidarités de proximité, des services publics et d’une gestion budgétaire rigoureuse ». Au menu, entre autres, la création d’un centre communal de santé, un guichet unique pour les démarches liées au logement social, une Maison de la petite enfance… Une réunion publique a lieu le 27 février à 18h30, salle de la Massabielle.

    Si le RN semble avoir abandonné l’idée d’une candidature, la France insoumise y travaille avec l’espoir de voir « une vraie liste de gauche » dans cette commune longtemps géré par le PCF. « Quand on voit les frasques du maire et ces deux listes à droite, on doit arriver à un rassemblement autour de Jean-Marc Ferry », conclut Axel Bruneau (LFI).

  • Un sondage donne le RN en tête du second tour à Marseille

    Un sondage donne le RN en tête du second tour à Marseille

    L’extrême droite a-t-elle encore un plafond de verre ? Une enquête d’opinion réalisée par OpinionWay pour les médias de la sphère Bolloré CNews, Europe 1 et le Journal du dimanche donne, pour la première fois, le candidat du RN Franck Allisio vainqueur au second tour des municipales à Marseille, dans l’hypothèse d’une quadrangulaire, au coude à coude cependant avec le maire sortant (DVG) Benoît Payan.

    Ce sondage, sur la base de 735 personnes sondées entre le 16 et le 23 février ayant la certitude d’aller voter, donne les deux premiers candidats, Benoît Payan et Franck Allisio, à égalité au premier tour avec 34% des suffrages. Le maire sortant obtiendrait trois points de plus que dans l’enquête d’opinion Elabe pour La Provence et BFMTV publiée le 18 février, le député RN de Marignane bondirait quant à lui de cinq points. La candidate de la droite et du centre, Martine Vassal ,est quant à elle sondée à 14%, un effondrement de sept points dans un contexte marqué par sa sortie de route lors du débat organisé par BFMTV, le 19 février, où elle a énuméré la devise pétainiste à l’antenne. Elle fait jeu égal avec le député LFI Sébastien Delogu (+2 points). Malgré son retrait annoncé le 18 février, Victor Hugo Espinosa (Écologie au centre) est sondé à 2%, autant que l’ex-directeur des relations internationales au Département, Erwan Davoux (DVD). Rémy Bazzali (LO) ferait moins de 1%.

    Unir les voix de gauche

    Avec quatre personnes passant la barre des 10% se profile une fois de plus la possibilité d’une quadrangulaire. Or, pour la première fois, le candidat RN en sortirait vainqueur avec 37% des suffrages, devant Benoît Payan (36%). Martine Vassal conserverait 14% des voix, Sébastien Delogu, 13%. En cas de retrait des insoumis, c’est cependant bien le maire sortant qui l’emporterait haut la main, crédité de 47% d’intentions de votes, loin devant Franck Allisio (38%) et Martine Vassal (15%).

    Face à cette rupture dans les pronostics sondagiers, le Printemps marseillais a appelé une fois de plus au rassemblement des électeurs de gauche par communiqué de presse. « Les aventures personnelles et les tentatives de divisions, notamment à gauche, font le jeu des extrêmes, réitère la majorité sortante. Face au risque réel de voir l’extrême droite raciste diriger notre ville, Marseille ne peut pas se permettre les divisions. » Une ligne tenue depuis le mois de janvier. « Tous les Marseillais d’où qu’ils viennent, attachés aux valeurs de notre ville et au vivre-ensemble doivent se mobiliser pour Marseille dès le premier tour autour de Benoît Payan », répète donc, encore une fois, le Printemps marseillais.

    « Décalage des sondages »

    « Les sondages se sont toujours trompés pour Marseille », élude le directeur de campagne de Sébastien Delogu, Hedi Bounouar. Mais, après les scores élevés du RN lors des derniers scrutins, il reconnaît : « On peut avoir des désaccords très profonds à gauche, l’adversaire fondamental, c’est l’extrême droite. S’il y a un risque, il faudra se réunir à gauche. » En rejetant la responsabilité sur le candidat qui, à gauche, sortira en tête. « Nous serons présents d’une manière ou d’une autre au second tour », annonce-t-il.

    En chute libre, la droite est plus circonspecte sur un sondage qui varie énormément des précédentes enquêtes d’opinion. « Lors des régionales, la dynamique était sans cesse contre, chaque sondage était pire que le précédent, rappelle le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano. Avoir vécu une telle expérience de décalage entre les sondages et la réalité des urnes permet d’avoir beaucoup de distance. » Alors que la campagne va entrer dans sa dernière ligne droite, il reste convaincu que la droite réussira à faire entendre ses propositions. « Tant pis s’il y a un cloud de polémiques, de disputes, de scandales : on n’est pas dans le cloud, on est les pieds sur terre », assure-t-il.

  • « L’extrême droite veut plonger le pays dans la guerre civile »

    « L’extrême droite veut plonger le pays dans la guerre civile »

    La Marseillaise : Demandez-vous l’interdiction de la marche suite à la mort de Quentin Deranque qui se déroule ce samedi à Lyon ?

    Manuel Bompard : Évidemment que je demande son interdiction. La marche à Lyon n’a rien d’un hommage. Un hommage serait légitime mais il s’agit là de faire une démonstration de force de groupes fascistes, néonazis, violents, racistes et antisémites. La presse fait d’ailleurs état du fait que plus de 1 000 militants d’extrême droite venus de toute l’Europe y sont attendus. C’est un danger pour les habitants, ça serait irresponsable de laisser cette marche s’organiser dans le contexte que l’on connaît. Je constate aussi que même la famille [de Quentin Deranque, Ndlr.] dit qu’elle n’y participera pas et que, quelque part, ça n’a rien à voir avec elle. Qu’on rende hommage à une personne qui vient de mourir, c’est légitime. Mais qu’on en profite pour faire une démonstration de force de l’extrême droite, fasciste, c’est inacceptable. J’appelle le ministre de l’Intérieur à prendre les dispositions nécessaires pour que ça ne puisse pas avoir lieu.

    Il y a des mobilisations antifascistes prévues ce week-end, vous y participerez ? Craignez-vous des menaces contre des militants insoumis ?

    M.B. : Quand on a une quinzaine de permanences parlementaires et locaux de campagne attaqués, une attaque à la bombe, des militants menacés et poursuivis jusqu’à leur domicile personnel… J’appelle d’abord à faire preuve de la plus grande vigilance possible. Et évidemment à ne participer à aucune initiative qui pourrait donner lieu à des scènes de violences. S’il y a des protestations pacifiques, démocratiques, elles sont les bienvenues. Mais je vois bien comment une partie de la classe politique française, de l’extrême droite en particulier, a l’intention de plonger notre pays dans la guerre civile. Il faut faire preuve du plus grand sang froid et ne céder à aucune provocation. Je considère qu’on est dans un contexte qui n’est pas digne d’une démocratie qui fonctionne bien. Les pouvoirs publics, les autorités doivent garantir la capacité de chacun d’exprimer ses idées. Et cesser l’instrumentalisation honteuse et ignoble à laquelle ils participent depuis des jours. Il y a une responsabilité absolue du gouvernement qui a bazardé, en une semaine, tous les principes de l’État de droit : il n’y a plus de séparation des pouvoirs, d’indépendance de la justice, de secret de l’enquête, plus de secret de l’instruction… Il faut qu’ils se ressaisissent et qu’ils fassent en sorte que tout le monde puisse défendre ses idées, faire campagne, sans risquer de se faire agresser, intimider ou tabasser dans la rue.

    Quelles conséquences internes au sein du mouvement ? Raphaël Arnault est-il maintenu à LFI ? Sera-t-il présent sur une liste pour les municipales à Avignon ?

    M.B. : Il est actuellement menacé dans tous le pays et dans toute l’Europe. Il n’est absolument pas question qu’il soit démis de ses fonctions. Pour sa participation à une liste à Avignon, il faudra lui poser la question. Pour l’instant, une enquête est en cours, il faut attendre qu’elle aille à son terme et ne pas faire d’accusations hâtives. Un des deux collaborateurs qui avait soi-disant une responsabilité dans ce drame a été relâché et ne fait l’objet d’aucune poursuite. Et pour le deuxième, si j’en crois les propos du Procureur ce jeudi, il n’est pas accusé d’avoir une responsabilité directe dans la mort de cette personne. C’est à la justice de déterminer les circonstances des uns et des autres. Pas aux groupes d’extrême droite sur les réseaux sociaux, ni aux médias qui en relaient les accusations.

    Vous dénoncez une instrumentalisation, entendez-vous ceux qui demandent une clarification de LFI ?

    M.B. : Absolument pas. Mes propos sont très clairs depuis le début : je condamne absolument le fait qu’on frappe un homme à terre, je suis en désaccord avec ce qu’il s’est passé. De quelle clarification supplémentaire y a-t-il besoin ?

    Vous craignez que ça enterre de possibles unions avec les autres forces de gauche, au second tour des municipales ?

    M.B. : Ça dépend lesquelles. J’ai enregistré avec une grande satisfaction les déclarations du président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, Stéphane Peu. J’ai vu les réactions de Sandrine Rousseau, d’Elsa Faucillon, celle de Marine Tondelier qui est d’une clarté totale. C’est un certain nombre, à mon avis minoritaire, des dirigeants politiques de gauche qui perdent leurs repères quand ils mettent sur le même plan le fascisme et l’antifascisme. Il y a une différence fondamentale qu’il faut rappeler : le jour où il n’y a plus de fascistes, il n’y a plus d’antifascistes mais le jour il n’y aura plus d’antifascistes, malheureusement il y aura encore des fascistes.

  • Mathilde Louvain : « À Avignon, cela ressoude les rangs »

    Mathilde Louvain : « À Avignon, cela ressoude les rangs »

    On a connu meilleur contexte de dernière ligne droite pour une première campagne. Mais à Avignon, Mathilde Louvain préfère regarder devant. « Les Avignonnais ont besoin de savoir ce qu’on leur propose, on répondra toujours à toutes leurs questions pour clarifier », assure la tête de liste insoumise. « Quand on porte un projet pour l’humain, on ne peut pas être pour la violence », redit-elle. À l’heure d’entamer une tournée populaire en cinq dates, dont la première ce samedi (15h, à Montfavet parvis de l’école Sainte-Catherine), Mathilde Louvain ne craint pas de voir le drame de Lyon lui coller comme le sparadrap du capitaine Haddock : « Cela ne menace pas notre campagne, même si nous recevons des intimidations qui ne nous feront pas baisser les yeux ni les bras. » Selon elle, « la cabale médiatique ressoude les rangs et crée de la solidarité ». Saluant le soutien des partenaires (PCF, G.s, Avignon collectif), la candidate dément « toute défection ou désertion ».

    Jusque-là, Raphaël Arnault montrait son « envie de s’investir » dans la campagne, sollicitant si besoin une place symbolique sur la liste. « Il ne sera pas candidat, la décision avait été prise avant la semaine dernière », précise Mathilde Louvain, qui continue à échanger avec le député, contraint de rester en retrait car « il est menacé de mort ». Sa présence aurait-elle eu de toute façon un effet repoussoir ? « Non, c’est un soutien, pas un fardeau. Il reste un élu de la République qui a toute sa place dans la vie politique avignonnaise », défend Mathilde Louvain, prenant ses distances avec les collaborateurs parlementaires, mis en cause par la justice. « Ils étaient là aux côtés de Raphaël mais en aucun cas, lui ou ses collaborateurs ne participent au programme, à la liste », expose la candidate.

    Un message qu’elle s’évertuera à faire passer lors de sa tournée programmatique, sous haute sécurité. « On est la seule alternative de gauche à l’extrême droite, dans le sens où notre projet est social, tourné vers les habitants et que la rupture que l’on prône, c’est instaurer un rapport de force avec les collectivités, l’État, pour aller chercher les moyens dont on a besoin », fait valoir Mathilde Louvain. Le terme de « rupture » agace la liste concurrente de gauche de David Fournier (PS). « Par rupture, ce n’est pas un rejet complet du bilan mais c’est revoir la gouvernance de la mairie ou revenir aux régies publiques comme celle du camping par exemple », illustre la candidate qui estime se singulariser « par un projet transversal et pas un catalogue de mesures ».

  • Les candidats sollicités sur un pacte pour « Marseille propre »

    Les candidats sollicités sur un pacte pour « Marseille propre »

    Un dispositif de nettoyage et de collecte cher et inefficace… Les résultats du « plus grand baromètre citoyen jamais réalisé sur la propreté et les déchets à Marseille » dévoilés ce mardi 17 février par le collectif Basta sont finalement peu surprenants. Sur les 3 743 personnes qui ont répondu aux 48 questions, 79% trouvent la ville « très sale », 70% ne supportent plus les crottes de chiens, 40% ne connaissent pas les jours de passage de la collecte et 60% jugent « très prioritaire » de sanctionner les professionnels qui ne respectent pas les règles.

    Se basant sur les données de la Métropole, le collectif a établi que la quantité de déchets par habitant et par an est supérieure à la moyenne régionale, avec 342 kg contre 285, que le tri est à la traîne avec 38 kg d’emballages triés par an et par habitant à Marseille contre une moyenne régionale de 57 kg. Le tout pour un coût qui explose, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères se montant à 245 euros par habitant et par an contre 140 au national, Marseille restant la ville la plus taxée de la Métropole. Face à ces piètres performances, « nous, collectif apartisan mais politique, au service des Marseillaises et des Marseillais, voulons mettre fin à une mauvaise gestion », explique Félix de Monts, de Basta.

    Pression citoyenne

    Après cette étude, un pacte pour Marseille propre, 5 chapitres pour 25 propositions, sera soumis aux candidats. Parmi elles, qu’un élu marseillais soit responsable de la propreté, de la collecte des déchets et des aménagements de voirie nécessaires, la mise en place d’un comité citoyen trimestriel avec une déclinaison par secteur. Et enfin l’organisation d’états généraux.

    « Je signe moi », s’emballe le candidat insoumis, Sébastien Delogu, quand Sébastien Barles, allié de LFI avec son collectif Vaï, se demande comment le pacte peut être opposable. « Moi aussi je signe », embraye Erwan Davoux, de « Marseille pour Tous » pour qui « on ne pourra pas avancer tant que le problème de gouvernance [entre Métropole et Ville] n’est pas résolu. » Une des représentantes du Printemps marseillais constate, elle, que plus de 90% des propositions sont raccord avec les celles de Benoît Payan tandis que du côté de Christophe Madrolle (Union des centristes et écologistes), candidat sur la liste de Martine Vassal (DVD), actuelle présidente de la Métropole, on joue la prudence. « On va le signer ce pacte », promet-il émettant des réserves sur un baromètre dont le collectif a convenu dans ses biais qu’il n’était pas représentatif de tous les Marseillais, avec une surreprésentation des habitants des 5e, 6e et 7e arrondissements au détriment des 13e, 14e et 15e, faute de ressources. « Il faut voir qui compose le futur comité car une résidence dans le 14e et le 8e, c’est pas pareil. Et plus de cantonniers c’est bien mais il faut revaloriser leur statut aussi », nuance-t-il.

    « Nous ne sommes pas candidats, nous voulons faire signer les gens et suivre les indicateurs. On sera là pour vérifier ce qui a été mis en place », martèle Félix de Monts. Le collectif n’excluant pas en dernier recours, de passer par la justice pour se faire entendre.

  • Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Venus de la Busserine, de Font-Vert ou de Font Obscure, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement pour l’inauguration du local de campagne de Tina Biard Sansonetti (DVG), tête de liste du Printemps marseillais dans les 13-14. À l’aise, après avoir fait son entrée sur fond de Jump de Van Halen façon stade Vel’ aux côtés du maire sortant et candidat Benoît Payan (DVG), l’ancienne directrice du centre social de Saint-Joseph met en avant son expérience de terrain.

    « Je pense à Kamel, le premier jour où j’ai pris mes fonctions au centre où quand on parlait des transports, il m’avait qu’il n’y en a pas car “ils ne veulent pas qu’on descende”, je pense à toutes ces femmes qui se battent tous les jours pour simplement vivre dans des logements dignes, je pense à Élodie, Mounira après 20 ans de bataille pour avoir des écoles dignes, je pense à Daniel, Patricia, Gérard pour remettre du beau et avoir un jardin à Shollchaumel », égrène-t-elle.

    « Le RN, ici, on l’a vécu »

    Elle martèle : « Il est temps de transformer ce secteur » qui doit être traité comme « le premier de la ville » car le plus peuplé. Et de promettre de végétaliser la L2, des « grands équipements » avec un centre urbain du Merlan rénové assorti d’une bibliothèque et d’un cinéma, de créer des places de village pour « vivre ensemble », de réhabiliter les co-propriétés dégradées. Mais la mère des batailles reste la lutte contre l’extrême droite dans un secteur tombé aux mains de ce qui était alors le FN en 2014 avec l’élection de Stéphane Ravier. « Le RN ici on l’a vécu, c’est le clientélisme, le recul des services publics de proximité, la discrimination », rappelle-t-elle, estimant qu’il faudra se battre dès le 15 mars.

    Benoît Payan enchaîne, harangue une foule conquise. « De par l’histoire, vous, habitants de ces arrondissements, vous avez été relégués parce que vous ne votiez pas ou vous votiez mal, ou vous n’étiez pas nés dans le bon quartier. Ce n’est rien d’autre qu’une ville qui s’est coupée en deux qui s’est construite ici. C’est face à ces marchands de haine que nous nous dressons », lance-t-il.

    Il prône une politique faite avec « le cœur », sans « promesse d’appartements ou d’emplois », et appelle à agir « ensemble », dénonçant le poison de la division « dans le camp du progrès et de l’écologie. » Une pique claire au candidat LFI, Sébastien Delogu qui a fait des quartiers Nord son terrain favori.

  • En Vaucluse, le député insoumis et son assistant dans la tourmente

    En Vaucluse, le député insoumis et son assistant dans la tourmente

    Il y a un peu plus d’une semaine, lors du meeting de campagne à Avignon de la candidate LFI Mathilde Louvain, aux côtés du député Antoine Léaument, le média d’extrême droite Frontières est resté en live pendant plus de deux heures devant le lieu du meeting. Une sorte d’affrontement resté verbal ou enfariné -pour le « journaliste » vedette de Frontières- auquel Jacques-Élie Favrot a été confronté. Une scène qui, aujourd’hui, prend un autre relief alors que le nom du collaborateur parlementaire du député Raphaël Arnault (LFI-NFP) est jeté en pâture, désigné par le groupuscule d’extrême droite Némésis comme un des agresseurs ayant entraîné la mort du militant identitaire lyonnais.

    Par la voix de son avocat, Jacques-Élie Favrot a, dimanche, « formellement démenti être responsable de ce drame » et s’est mis en retrait de sa fonction de collaborateur. Ce lundi, la présidente de l’Assemblée nationale lui a suspendu l’accès au palais Bourbon par crainte de « troubles à l’ordre public ». Côté justice, le procureur de Lyon n’a, pour le moment, délivré aucune indication sur le profil des agresseurs. Pour rappel, samedi, Raphaël Arnault a fait part de son « horreur et dégoût » suite au décès et souhaité « que toute la lumière soit faite sur ce drame ».

    « On n’a rien à voir avec ça »

    Contacté, Raphaël Arnault, qui siégeait à l’Assemblée nationale le soir du drame, n’a pas donné suite. « Même si ça prend des proportions énormes, on n’a rien à voir avec ça », confie-t-on dans son entourage, qui n’a guère goûté de voir, dimanche, trois députés RN se mettre en scène devant la permanence parlementaire de Raphaël Arnault. Pancarte « l’extrême gauche tue », Catherine Rimbert, Marie-France Lorho (par ailleurs condamnée et inéligible pour emploi fictif de son ex-assistant Yann Bompard, les deux ont fait appel) et Hervé de Lépinau (candidat aux municipales de Carpentras) demandent la démission ou la levée de l’immunité parlementaire du député insoumis. Le tout, sans la moindre prudence judiciaire. À Camaret, le maire RN a, ce lundi, mis les drapeaux de la mairie en berne tenant aussi pour responsable les « militants de l’extrême gauche ».

    À un mois du premier tour des municipales, ce contexte risque de peser alors « que les haines sont attisées par l’extrême droite », regrette-t-on dans l’équipe de Mathilde Louvain. À Carpentras, un local visant LFI a été tagué (lire ci-dessous). À Avignon, la question de mettre en retrait de la campagne Raphaël Arnault ne s’est pas encore posée. Le député, qui pourrait seulement être sur la liste à une place symbolique, est toutefois « investi » dans la campagne, assurait-il mi-janvier. « En fonction de l’enquête, les responsabilités seront établies et il reviendra au député d’avoir sa propre réaction, en revanche il n’appartient pas à LFI de contrôler les réactions des adversaires potentiels », conclut-on du côté de Mathilde Louvain.

    Carpentras : un lieu tagué « LFI, antifa assassin »

    Ce samedi, l’espace Fenouil à Carpentras, un lieu associatif privé, doit accueillir un forum « Décolonisons nos esprits », organisé par les candidats LFI aux municipales. Un site qui « a été la cible de tags intimidants », dénonce la France insoumise. Sur des photos, consultées par La Marseillaise, on peut y lire « LFI, antifa assassin », « Arnaut (sic) tueur ».La présence du député Raphaël Arnault à ce forum a été annoncée. « Dans un contexte marqué par la montée des discours d’extrême droite, les menaces et les tentatives de pression n’ont pas leur place dans un débat démocratique », déplore LFI. F.C.

  • À Avignon, Mathilde Louvain prône la concertation

    À Avignon, Mathilde Louvain prône la concertation

    Il est 16h30 et la sonnerie vient de retentir à l’école des Grands Cyprès. Sous la pluie, des dizaines de parents attendent leurs enfants tandis que la candidate insoumise aux municipales, Mathilde Louvain, attend à quelques pas des parents d’élèves pour évoquer le sujet des travaux devant l’établissement. « Il n’y a pas eu une vraie concertation avec les habitants », assure-t-elle.

    Elle est confortée par les témoignages de deux mamans et d’un employé qui se tiennent à ses côtés. « On vit dans la boue. Les engins ne devaient pas fonctionner lors des entrées et sorties de nos enfants, mais c’est finalement le cas et on n’est pas sereins », regrette Asma, représentante des parents d’élèves. En cause, la refonte de la place du marquis de Calvières, qui servait auparavant de parking, pour en faire un bassin de rétention d’eau afin de « protéger le quartier contre les inondations », précise la fiche explicative collée dans les bâtiments. Des aménagements qui devraient être terminés fin avril.

    « Mais on ne peut pas tout lancer d’un coup comme ça. On n’a pas l’impression d’avoir été consultés. C’est nous qui en pâtissons », regrette une autre maman. La candidate lui emboîte le pas et exprime la volonté, « en tant que force de terrain », de « prendre la mesure de ce qui est dysfonctionnel quand on parle d’aménagements du territoire et qu’il y a un manquement dans la concertation ».

    Intégration les usagers

    Elle estime que ce regard critique est son « rôle » pour améliorer la situation « pour le quotidien des enfants, des enseignants et des habitants ». Pour, plus tard, envisager « l’intégration des usagers et usagères dans les commissions, les temps de réunion, dans le choix des aménagements ».

    Contactée par La Marseillaise, la municipalité n’a pas précisé si un processus de consultation avait été mis en place, ni sous quelle forme.

  • [Entretien] Katia Yakoubi : « La stratégie de la France insoumise ne concerne pas Marseille »

    [Entretien] Katia Yakoubi : « La stratégie de la France insoumise ne concerne pas Marseille »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous décidé d’apporter votre soutien au Printemps marseillais ?

    Katia Yakoubi : Lorsque la France insoumise s’est créée, elle se revendiquait comme un mouvement, au plus près du terrain, des acteurs associatifs. Je me suis investie, je suis devenue la coanimatrice du livret quartiers populaires, j’ai contribué au programme. Mais je fais partie de ceux qui ont été écartés de manière violente parce que nous avons prôné une stratégie rassembleuse, qui ne veut pas faire de nos partenaires de gauche des ennemis pour gagner un changement dans la société. Aujourd’hui, la France insoumise se trompe d’ennemis parce que sa stratégie ne concerne pas Marseille mais plutôt des calculs nationaux. Comment atteindre des objectifs pour la dignité, la solidarité, l’émancipation si vous saccagez tous les partenaires potentiels, si vous mettez la ville dans les bras du Rassemblement national ?

    Quelle voix voulez-vous porter ?

    K.Y. : Je viens porter la voix de l’unité, de la pluralité. Mais aussi pour défendre un projet qui me tient à cœur, que j’ai travaillé depuis deux ans : le premier conservatoire dans les quartiers nord de la ville de Marseille, qui se trouve dans notre plan Justice pour nos quartiers, autour du narcotrafic. Le RN explique que la réponse ne peut être que dans la répression, il oublie le côté social. Les jeunes happés par ce système ont été détachés d’une structure collective alors qu’ils peuvent avoir une sensibilité à l’art, à la musique. Il faut faire de la culture un levier d’émancipation.

  • Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Il y a un peu moins d’un an, lorsque Max Roustan laissait son fauteuil de maire à l’omniprésent premier adjoint et président d’Alès agglomération Christophe Rivenq, la survie du « roustanisme » semblait assurée. Mais onze mois plus tard, rien n’est moins sûr tant les problèmes à Alès s’accumulent, bien loin de l’image du « sud ingénieux » vantée par Christophe Rivenq.

    Les fusillades liées au narcotrafic se succèdent ces derniers mois et viennent souligner l’abandon des quartiers populaires où les services publics disparaissent les uns après les autres à l’image de la fermeture du bureau de poste de Tamaris. Ces quartiers manquent aussi d’une réelle connexion avec le centre-ville qui aurait lui aussi à y gagner tant les fermetures de commerces y sont récurrentes. Touchée par un important taux de chômage (23,8% en 2022) notamment chez les jeunes (39,3% pour les 15-24 ans), la ville doit retrouver une économie florissante qui embauche, clé pour retrouver l’attractivité d’Alès. Un développement économique qui ne pourra se faire qu’en lien avec l’écologie car Alès sera la troisième ville de France la plus impactée par l’augmentation des températures due au dérèglement climatique.

    Face à tous ces enjeux, avec la liste « Alès, c’est vous ! » Paul Planque a lancé une initiative citoyenne de consultation de la population pour construire un projet au plus près des attentes des 46 000 habitants de la ville. Ingénieur architecte et ancien premier adjoint de la ville de Saint-Ouen en banlieue parisienne où il a lancé le plus vaste projet d’écoquartier d’Île-de-France, il souhaite désormais mettre son expérience au profit de sa ville natale. Pour cela, il mènera une liste soutenue par La France insoumise, L’Après, le Parti animaliste et des militants syndicaux et associatifs.

    Mais Planque n’aura pas réussi à réunir toute la gauche au premier tour puisque Basile Imbert (PS) soutenu par les Écologistes, est bien décidé à aller au bout. « Je vous remercie pour ce énième appel solennel à se ranger derrière le candidat du PCF et pour votre généreuse proposition sur votre liste, une méthode qui me confirme que vous n’avez toujours pas saisi pourquoi il y a aujourd’hui deux listes de gauche à Alès », a répondu le jeune socialiste à l’appel d’union lancé par « Alès c’est vous » fin janvier. S’il a dévoilé une partie de son programme, Basile Imbert n’a toujours pas communiqué sur sa liste et certains s’interrogent sur sa capacité à cocher la quarantaine de noms nécessaires pour se présenter.

    Le RN en embuscade

    À l’instar d’un Jean-Paul Fournier à Nîmes, Max Roustan parvenait à chaque élection à capter un électorat populaire habituellement acquis à la gauche. Pas sûr qu’il en soit de même pour Christophe Rivenq. S’il annonce dans tout Alès que des sondages le donnent large vainqueur au premier tour, sa popularité dans la deuxième ville du Gard reste largement à prouver tant les voix critiques sont nombreuses. « Tout le monde nous dit la même chose : Rivenq n’est pas Roustan. Rivenq n’est pas apprécié du tout car il a gardé ce côté directeur. Les gens attendent une alternance et une autre proposition », soutient Armand Crépin (LFI).

    D’autant que Rivenq devra faire face à deux listes sur sa droite. Le président de l’association Agir pour Alès et son Agglomération (AAA) Marc Infantès a en effet décidé de se lancer dans la bataille avec sa liste « Alès Moderne et Authentique ». Ce retraité de la gendarmerie a axé sa campagne sur la sécurité, ciblant là aussi une faiblesse de la municipalité sortante dans une ville gangrenée par le narcotrafic. Le Rassemblement National suit la même stratégie. Si le parti d’extrême droite n’a pas envoyé de poids lourd en Cévennes, il s’appuie lui aussi sur un fonctionnaire de police pour mener sa liste et compte marteler un discours sécuritaire. Anthony Bordarier, 40 ans, a en effet officialisé sa candidature le 6 février, entouré des députés Pierre Meurin et Yoann Gillet. Il confirme vouloir « créer la surprise ». Et dans une triangulaire, voire une quadrangulaire, au second tour, les chances de Christophe Rivenq de l’emporter sont tout sauf acquises. À Alès, tout reste donc ouvert.