Tag: La Seyne-sur-Mer

  • Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Débuté mercredi, l’exercice nucléaire obligatoire auquel sont soumis, tous les cinq ans, les territoires dotés d’installations nucléaires, s’est poursuivi jeudi. Après une journée dédiée aux Plans d’urgence interne (PUI), avec la simulation d’un accident nucléaire sur la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque au sein de la base navale de Toulon, ce jeudi était dédié à la mise en place du Plan particulier d’intervention (PPI), qui recense les mesures et procédures visant à protéger les populations civiles.

    C’est dans ce cadre que se sont déroulés des ateliers de contrôle de contamination de masse, au stade Hubidos de La Seyne. Pendant 2h30, 214 participants, en majorité des élèves du collège Marie Curie – parmi lesquels 30 cas positifs fictifs -, ont pris part à une mise en situation dans les conditions du réel. Ils ont été soumis à un parcours de contrôle de contamination stricte, encadré par les moyens du Sdis 83 (avec des renforts des Sdis 06 et 13) et de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), en compagnie de deux médecins du Sdis 83 et de l’hôpital Sainte-Anne.

    La meilleure prévention :

    « Rester chez soi »

    Un process en plusieurs étapes. Après avoir récupéré des étiquettes dotées de QR code servant à tracer leur parcours et leur état de santé, de l’entrée en décontamination jusqu’à, éventuellement, l’hôpital, les participants franchissent un portique de contrôle de contamination. S’ils sont positifs à la contamination externe, ils passent par les douches de décontamination, avant de revenir au portique de contrôle, et si nécessaire, aux douches. « Mais en principe, une douche suffit à décontaminer », affirme le commandant Laurent Roques du Sdis 83.

    Étape suivante : la cellule d’anthropogammamétrie, gérée par l’ASNR, pour vérifier, cette fois, la contamination interne à l’iode radioactif, qui peut-être prévenue par les cachets d’iode stable en accès gratuit dans les pharmacies. Après dix minutes d’examen (jusqu’à 36 prises en charge simultanées), un médecin définit si la personne doit rejoindre le centre d’accueil pour les impliqués, où sont regroupées les personnes décontaminées, être soumise à un traitement ou être transférée à l’hôpital. « Respecter les consignes de sécurité de la préfecture permet de limiter l’exposition au risque », soutient le commandant Roques. La plus importante : « Rester chez soi ou se mettre à l’abri dans un bâtiment. »

  • Une bonne gauche pour s’opposer au RN à La Seyne

    Une bonne gauche pour s’opposer au RN à La Seyne

    Beaucoup de monde ce samedi matin en salle du conseil municipal pour assister à l’élection du maire RN, Dorian Munoz, et de ses adjoints. Avec de nombreux soutiens hargneux de la nouvelle équipe venus jouir de la concrétisation de leur victoire en séance publique, mais aussi des partisans de gauche soucieux de voir comment la résistance politique à l’extrême droite s’organise à la Seyne-sur-Mer, ancienne ville de gauche. Dans sa prise de parole, très attendue, Stéphane Sacco (GRS) pour le groupe Alternative progressiste – qui regroupe à ses côtés Brigitte Cheinet (PCF), Cédric Turco (PCF) et Florence Guaddacha (GRS)- explique que « ce n’est pas un jour comme les autres ». « Aujourd’hui, nous faisons face à un basculement grave, lourd de conséquences pour notre ville, pour son histoire, pour son avenir », commence-t-il. Il souligne que le résultat du scrutin ,tout indiscutable qu’il soit, n’est pas un blanc-seing donnée à la nouvelle majorité. Et de rappeler que « des milliers d’habitants ont choisi une autre voie, celle de la justice sociale, de la solidarité et de la dignité républicaine », que les élus de gauche entendent bien défendre dans cette assemblée tout au long du mandat.

    « Le combat ne fait

    que commencer »

    Un puissant soutien populaire qui oblige et donne une légitimité pleine et entière pour porter une voix forte dans ce conseil. Stéphane Sacco poursuit en s’adressant au maire : « Nous serons une opposition sans concession. Une opposition ferme, déterminée, et vigilante à chaque instant ». Une extrême vigilance sera portée, insiste Stéphane Sacco, sur les tentatives de division de la population. « Nous serons là chaque fois que vous chercherez à opposer les habitants entre eux », tempête-t-il. Mais aussi sur les velléités de fragiliser le tissu associatif se manifesteront.

    « Socle de l’égalité »

    L’occasion aussi de rappeler au nouveau venu l’histoire sociale de l’ex-cité industrielle qui en conserve encore dans ses tripes la mémoire : « Une terre ouvrière, forgée par le travail et les luttes sociales des chantiers navals qui a vu des générations construire, produire et se battre pour leurs droits et pour la dignité ». Avec des idéaux encore ancrés, malgré le naufrage actuel, dans les valeurs de solidarité, de progrès social et de défense des services.

    Le groupe de gauche met donc en garde : « Les écoles, les crèches, les centres sociaux, les équipements culturels et sportifs, les services de proximité, les agents qui les font vivre au quotidien… Tout cela constitue le socle de l’égalité et de Fraternité républicaines. Nous nous opposerons à toute tentative de les affaiblir, de les privatiser, de les rendre inaccessibles ».

    Une fois élu premier magistrat RN, Dorian Munoz a tenu un discours trés policé en promettant que « le temps du rassemblement commence » et qu’il voulait être « le maire de tous les Seynois, sans distinction, sans exclusion, sans division ».

    Dont acte…

    Les adjoints

    1 – Thierry Tidona

    2- Isabelle Delyon

    3-William Khalifa

    4- adjointe Nadine Garcez

    5- Henri Gabriele

    6-Sarah Chéreau

    7-Lionel Estivant

    8-Dorothée Bertrand

    9-Mathieu Perchoc

    10-Marie France Philipon

    11-Jonathan Roth

    12-Manon Manacorda

    13-Philippe Le Sausse

    14-Cécilia Demanger

    15-Jean-Claude Houlné

    Adjoints de quartier :

    Fadila Bouzidi

    Francis Gouley

    Annie Heyse

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] Les quartiers de La Seyne entrent en résistance

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] Les quartiers de La Seyne entrent en résistance

    Aux abords de la mairie de La Seyne-sur-Mer, on se méfie. Puis, avec l’assurance de l’anonymisation du témoignage, on se confie, non sans s’être retourné une ou deux fois, histoire de vérifier si personne n’assiste à l’entrevue. « Bien sûr qu’on a peur pour nos emplois, nos effectifs, nos acquis de longue date, comme le 13e mois, la suppression de services ou leur privatisation », confie d’un bloc Émilie, fonctionnaire territoriale. Sans compter, poursuit-elle, la mise à l’écart « d’un certain nombre d’employés » pour placer les leurs, comme l’avait d’ailleurs fait la droite en arrivant aux manettes, avec des mises au placard.

    « Je suis très inquiet parce que si la nouvelle municipalité décidait une cure d’austérité en direction des associations, la jeunesse et la ville perdraient beaucoup », explique Samir Ben Myoub, président d’Univers-Cité. Une structure d’accompagnement socio-éducatif œuvrant dans les Quartiers prioritaires de la ville. Et il sait de quoi il parle, indiquant que la municipalité de droite lui a déjà supprimé toutes ses subventions, sous prétexte qu’il était un « opposant politique ». « Je pense qu’on a connu le RN avant l’heure », ajoute-t-il avec le sourire.

    Mais il prévient : les conséquences d’une telle politique sur des populations déjà paupérisées seraient catastrophiques. Le revenu médian en centre-ville atteint à peine 800 euros, et seulement 844 euros à la cité Berthe.

    « Leur bête noire »

    « J’espère que l’État, la Métropole, le Département et la Région permettront aux associations, si cela devait se produire, de continuer leurs activités, qui sont la continuité du service public », ajoute-t-il. Et de conclure : « Ce qui me fait le plus peur, c’est que le racisme se décomplexe et se normalise dans l’une des villes les plus cosmopolites de la métropole. »

    à la cité Berthe, c’est jour de marché, mais l’ambiance est tout autant plombée. « Déjà que la municipalité sortante a tout fait pour tuer certaines associations dans le quartier en les privant des subventions de droits communs… », tempête Céline Ivaldi, présidente de l’Amicale du Messidor. « On était déjà considérés comme des moins que rien », intervient Malika à ses côtés. Et de poursuivre : « On connaît déjà le délit de faciès, mais on n’acceptera pas que le racisme se développe. On ne se laissera pas faire. »

    Plus loin, Radia, plus philosophe, propose d’attendre et d’observer. « Pour l’instant, on n’en pas vu un seul. Pas plus pendant la campagne que depuis dimanche dernier. On ne sait donc pas ce qu’ils sont en train de nous mijoter », glisse-t-elle. Même si elle n’appréhende rien de bon pour le quartier et ses habitants. Et de confier : « Je suis née à La Seyne, j’ai 63 ans, je n’aurais jamais cru que cela puisse nous arriver un jour, que La Seyne tombe dans les mains du Front national. Comment ? Oui, le Rassemblement national, c’est la même chose ! Notre crainte, c’est que le quartier Nord devienne leur bête noire. »

    L’enseignant en retraite Guy Calmes estime que les effets de la victoire de l’extrême droite, menée par Dorian Munoz (RN), aurait déjà produit ses effets délétères : « Une pièce de théâtre antiraciste devait être jouée au centre Mandela. Elle a été annulée au dernier moment. Le directeur dit ne pas avoir reçu de pression, mais il s’est autocensuré pour préserver, dit-il, l’intérêt de ses salariés. » La menace de perdre des subventions, pour ceux qui passeraient au travers, risque en effet de réfréner bien des ardeurs. Et de conclure : « Certains vont y réfléchir à deux fois avant d’ouvrir leur gueule. »

    Ce n’est pas le cas de Toussaint, grosse moustache et veste en bleu de Chine, déterminé à mettre les points sur les i : « Tu sais comment les camarades toulonnais appelaient La Seyne quand j’étais jeune ? C’était La Mecque. Notre Mecque à nous, les communistes. Alors ce n’est pas maintenant qu’on va se laisser faire. » Ni résignation, ni collaboration, donc. Mais résistance.

  • La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    Une claque à la hauteur du préjudice. Entre 1945 et 2020, la Seyne-sur-Mer a passé 55 ans à gauche, dont 22 sous le mandat de Toussaint Merle, illustre figure communiste de la Résistance. Le RPR (droite) y a exercé le pouvoir par intermittence, mais la cité des chantiers navals finissait toujours par revenir à ses racines ouvrières, portée par une mémoire profondément ancrée dans le fer du syndicalisme industriel.

    Une histoire qui perdure, mais qui n’a pas suffi à empêcher un brutal basculement vers le RN. Son nouveau maire, Dorian Munoz, s’impose avec un score sans appel de 46,31% au second tour. Une question s’impose alors : comment en est-on arrivé là, dans une commune encore ancrée à gauche il y a six ans ? Occulter les responsabilités de cette dernière face à ce tsunami brun serait une erreur d’analyse. Le dernier maire progressiste, Marc Vuillemot (GRS, 2008-2020), n’est sans doute pas parvenu à relancer une ville que de nombreux habitants décrivent comme « en stagnation », voire « à l’abandon », pointant, entre autres, l’état des routes, du centre-ville et des écoles. Mais, dans un contexte d’austérité, est-il judicieux d’élire un parti qui a proposé, et voté, en janvier, une baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales ?

    Trois villes de TPM au RN

    Mais là n’est pas le nœud de la question. En 2020, les Seynois ont élu Nathalie Bicais (LR), à la tête d’une « coalition » composée et recomposée, au fil du mandat, de personnes de sensibilités diverses, de la gauche jusqu’au RN. Un cocktail instable qui a explosé quand la maire a été condamnée à 5 ans d’inéligibilité et remplacée par Joseph Minniti. D’incongrue, la majorité est devenue illisible, au détriment de La Seyne, toujours dans l’immobilisme, symbolisé par le recul sur la construction d’une école et le retard pris dans les projets d’urbanisme. La « faillite » d’une droite « qui a passé son temps à se quereller », pointait Stéphane Sacco, candidat de la liste Uni.e.s à Gauche pour la Seyne, arrivé troisième dimanche soir.

    Dernier épisode : la guerre ouverte entre Joseph Minniti et son ancien adjoint Cheikh Mansour. Le premier, qui avait, lors de son élection, assuré qu’il n’irait pas au-delà de son intérim, est revenu sur sa décision. Le second, qui ambitionnait sûrement de longue date de se présenter, a été au bout de son idée. Leur passe d’armes dans l’entre-deux-tours aura duré jusqu’à dimanche soir. Cheikh Mansour reprochait encore à Joseph Minniti son refus de fusion, pointant son incapacité « à cumuler les voix de Dailleau et Peurière ». Joseph Minniti, lui, reprochait à Cheikh Mansour d’avoir « trahi la ville », répétant que la tradition républicaine voulait que les candidats arrivés derrière se retirent.

    Un reproche également adressé à Stéphane Sacco, que le socialiste Olivier Andrau accusait d’avoir « fait le choix du pire : les places et les indemnités, les miettes plutôt que l’intérêt général », qualifiant sa liste et celle de Cheikh Mansour de « coalition d’irresponsables ». Stéphane Sacco qualifiait l’accusation d’« inappropriée », rétorquant que « c’est la partie de la gauche qui ne [les] a pas appuyés qui manque pour être 2e », pointant aussi le soutien de Marc Vuillemot à Joseph Minniti.

    Tous disaient regretter ce dénouement, qui semblait toutefois bien moins évitable qu’à Six-Fours, tombée dans l’escarcelle du député RN Frédéric Boccaletti… à seulement 21 voix près. Avec La Valette-du-Var, acquise par Julien Argento, ce sont désormais trois villes de la métropole TPM conquises par le parti frontiste. « Nous ne lâcherons rien pendant 7 ans », promet Stéphane Sacco.

  • Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Il n’y a pas eu de miracle. La quadrangulaire seynoise du second tour, aucun des candidats qualifiés ne consentant à se retirer, ou à conclure des accords de fusion, fussent-ils techniques, semblait quasiment acter la victoire du RN et de Dorian Munoz. Le conseiller municipal d’opposition depuis 2020, en tête au premier tour (35,3%), devançait largement le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), Cheikh Mansour (HOR, 13,25%), et la tête de liste d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%). Et il est même parvenu à largement asseoir son avance, avec 46,31%, devant le maire sortant (24,39%), Stéphane Sacco (19,02%) et Cheikh Mansour (10,28%).

    Un dénouement presque inéluctable, après un mandat marqué par les débâcles politiques. la condamnation à 5 ans d’inéligibilité de la maire Nathalie Bicais en mai dernier, qui a fait exploser une majorité disparate et déjà sous tension, à travers une guerre de succession qui a vu les allégeances et alliances se faire et se défaire au gré des aléas. Joseph Minniti, sorti vainqueur de celle-ci, avouait même que cette « coalition, saluée de tous en 2020 », avait viré à « la catastrophe ». Pourtant de son côté lors de son élection, Cheikh Mansour avait décidé de faire cavalier seul, considérant que le maire par intérim et ses 83 ans ne représentaient pas l’avenir, d’autant que ce dernier avait annoncé qu’il n’irait pas plus loin que ce remplacement de quelques mois. Ce bilan n’a pu être compensé au second tour, malgré une baisse de l’abstention, seul espoir de l’entre-deux-tours, qui s’est avérée insuffisante.

    Minniti : « Mansour a trahi la ville »

    C’est donc le RN et Munoz qui en profitent, offrant pour la première fois la deuxième ville du Var à l’extrême droite. Les deux candidats de droite se renvoyaient encore la balle, le maire sortant regrettant que les deux candidats arrivés derrière lui ne se soient pas retirés, reprochant même à Mansour d’avoir « trahi la ville ». Ce dernier disait ne pas regretter sa candidature et continuait d’affirmer que la seule option pour l’emporter était l’union. Stéphane Sacco, qui avait justifié son maintien par l’impossibilité que « les voix de gauche ne soient pas audibles pendant 7 ans », pointait ainsi « la faillite de la liste Bicais qui a exacerbé le vote RN » et réfutait la responsabilité de la gauche dans la débâcle. « Les Seynois ont préféré le RN, à nous de porter l’espoir. Nous avons un socle sérieux, avec un électeur sur cinq ayant voté pour nous, alors qu’on ne partait de rien », voulait-il croire à l’aube de son premier mandat dans l’opposition.

  • La gauche est bien la seule alternative au RN à La Seyne

    La gauche est bien la seule alternative au RN à La Seyne

    Alors là bien sûr, le retard à rattraper est considérable, la gauche étant partie divisée au premier tour, ce qui a certainement contribué à amener certains électeurs progressistes fâchés à bouder les urnes.

    Mais à présent, devant la menace de voir l’ex-Cité des Chantiers sombrer dans les bras de l’extrême droite, ils sauront cette fois se mobiliser.

    Et malgré les atermoiements de certaines personnalités, voire les renoncements (pour ne pas dire la cacophonie chez les révolutionnaires d’opérette), l’ensemble de ceux qui ont voté au premier tour pour la liste menée par le socialiste Olivier Andrau, devraient se reporter maintenant sur celle de Stéphane Sacco.

    Les Écologistes varois qui avaient choisi Andrau le disent, eux, aujourd’hui sans ambiguïté. Ils appellent donc clairement « à rejeter tous les projets portés aujourd’hui à la Seyne, par l’extrême droite et les deux listes de droite qui consistent à fracturer la population seynoise et à fragiliser les personnes les plus précaires et les plus exposées aux effets du dérèglement climatique ».

    Sans compter que, contrairement à Toulon, les deux ex-colistiers de la maire élue en 2020, la LR Nathalie Bicais (contrainte à la démission après sa condamnation) continuent de s’entre-déchirer dans une guerre de succession fratricide plutôt que d’essayer de rassembler les Seynois. Dans ces conditions même le maire sortant Jo Minniti qui n’a recueilli que 15,91% des suffrages ne paraît guère être susceptible de l’emporter face au RN.

    Et puis on a vu des retournements de situations très improbables se produire, à La Seyne, en faveur de la gauche à l’issue de triangulaire ou quadrangulaires. L’élection de Marc Vuillemot n’avait par exemple été pronostiquée par personne en 2008. L’intéressé se retrouvant le premier surpris par l’annonce de sa victoire. Il n’avait pour mémoire recueilli que 19,42% au 1er tour.

    Il ne tient donc qu’aux Seynois à se lever dimanche prochain et aller massivement voter pour réaliser un nouvel exploit en votant pour le candidat de la gauche rassemblée Stéphane Sacco. Le seul capable face à la division de vraiment barrer la route au RN. Arrêtons les simagrées.

  • L’appel des Écologistes pour contrer la droite et l’extrême droite à La Seyne

    L’appel des Écologistes pour contrer la droite et l’extrême droite à La Seyne

    « La désunion (…) de la gauche et des écologistes aboutit à un désastre. Ce 22 mars, les électrices et électeurs de la 2e ville du Var auront trois choix possibles : une gauche écologique, l’extrême droite ou la droite divisée et poreuse aux idées extrémistes. Les écologistes varois appellent chacun, chacune, en conscience, à rejeter tous les projets portés aujourd’hui à La Seyne, par l’extrême droite et les deux listes de droite. Les écologistes et la gauche se doivent de tirer les conséquences de cette situation seynoise », souligne le mouvement.

  • [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous incarnons seuls l’espoir à La Seyne »

    [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous incarnons seuls l’espoir à La Seyne »

    La Marseillaise : Quel est votre sentiment à quelques jours du 2nd tour ?

    Stéphane Sacco : Celui de la responsabilité. L’espoir et la renaissance de notre ville sont plus que jamais entre nos mains. Nous incarnons le rassemblement contre la haine et le repli sur soi. Je rappelle que la numéro 2 de la liste RN a partagé à plusieurs reprises les publications du militant néonazi multicondamné, Boris Le Lay et compare les migrants à des « parasites ». Tandis que le numéro 5 affiche des positions ouvertement anti-IVG et homophobes, qualifiant l’Eurovision de « super gay pride internationale validée par le milieu pervers artistique ». Un très fort sentiment de responsabilité, je le répète. Nous ne pouvons pas abandonner notre ville entre leurs mains.

    Qui appelez-vous à se rassembler derrière votre liste ?

    S.Sa. : Bien entendu le peuple de gauche pour commencer, mais aussi bien au-delà, les républicains de notre ville e tous les abstentionnistes du premier tour, en leur disant : « Dimanche, choisissez l’espoir et le progrès pour notre ville. »

    Mais également l’intégrité politique et de gestion. Ne laissez personne décider à votre place. Nous leur demandons d’ouvrir les yeux sur l’imposture sociale du RN qui, comme le démontrent tous ces votes à l’Assemblée nationale, comme la baisse des dotations aux collectivités et contre le blocage des prix de première nécessité et la revalorisation du Smic et des petites retraites et le gel du prix des loyers.

    La gauche a-t-elle encore une chance de reprendre son ancien fief ?

    S.Sa. : Bien entendu et c’est d’ailleurs dans cet esprit que nous continuons depuis lundi sur le terrain à multiplier les rencontres avec les Seynois pour les convaincre de venir voter pour un projet chiffré et financé qui donne un avenir à notre ville.

    Tout est encore possible. Face à une droite disqualifiée et divisée, notre liste est la seule en mesure de faire efficacement barrage au Rassemblement national arrivé en tête au premier tour.

    Nous avons choisi le combat et la résistance pour ne trahir ni nos électeurs ni nos convictions. Priver la gauche et les démocrates de voix au second tour aurait amplifié la démobilisation et ouvert un boulevard à l’extrême droite.

    Nous ne pouvions pas davantage sacrifier à la droite libérale les attentes de notre population la plus fragile, c’est toujours elle la première victime des renoncements politiques.

    Notre ville va mieux il est temps qu’elle prenne un nouveau départ.

  • Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans quatre des cinq plus importantes villes du Var, les progressistes n’ont pas passé le premier tour. Il n’y a qu’à La Seyne où Stéphane Sacco, 4e, ira au second tour, maintenant sa liste malgré la menace de l’arrivée du RN, pour conserver une voix de gauche à la mairie. À Draguignan, où tout était à faire après 12 années de quasi-disparition de la gauche et des écologistes, il n’y avait guère d’illusion. « On partait de 0, donc 8,4%, c’est une étape, même si on aurait préféré passer les 10% », analyse la tête de liste (Les Écologistes) d’Uni.es pour Draguignan Christophe Terras, qui a pu jauger « la nécessité de l’union. La division aurait donné un très mauvais résultat. On va continuer de travailler sur cette dynamique. Il reste beaucoup de travail qu’on n’a pas pu faire en un an », affirme-t-il avec optimisme.

    Peu d’illusions à Fréjus, également, où la réélection de David Rachline (RN) au premier tour, quasi certaine avant le scrutin, a ironiquement permis à « Fréjus Riposte » de sauver le siège qu’elle détenait au conseil municipal. À Toulon, en revanche, ne pas passer la barre des 10% représente une sacrée déception. Certes, Magali Brunel réalise un score proche de celui de Guy Rebec en 2020 (8,38% contre 9,12). Mais ce dernier avait bénéficié de la victoire au premier tour d’Hubert Falco pour obtenir trois sièges, ce qui n’est pas le cas cette année puisque l’élection se jouera en deux tours. Et malgré sa « main tendue » à Josée Massi, celle-ci ne l’a pas saisie, ce que « regrette » le collectif, qui ne sera donc plus présent dans l’opposition municipale, mais promet de « continuer à porter ses propositions dans l’intérêt des Toulonnais et des Toulonnaises ».

    Déceptions à Sanary et St-Cyr, espoirs au Pradet et à La Garde

    À Hyères, il y aura un second mandat de suite sans élu de gauche. La liste d’union conduite par Caroline Moulin (Les Écologistes) ne franchit pas le premier tour, comme Philippe Dao en 2020, mais affiche une légère progression (7,86% contre 6,63) et une dynamique enclenchée.

    Il est des endroits où le cœur est plus lourd. À Sanary, Jean-Pierre Meyer (PCF), qui avait ramené la gauche au conseil municipal 12 ans après sa disparition, n’a pas pu réitérer cette performance. « Avec 76 voix de plus nous pouvions être au second tour. Mais ce résultat n’efface pas notre belle progression depuis 2014 » positive le candidat, qui veut continuer de favoriser le « vivre tous mieux à Sanary, y compris sans élu, même s’il faudra parler plus fort ». Situation similaire à Saint-Cyr, sevré de ses deux élus de gauche, où la communiste Sylvie Vinceneux veut poursuivre « le combat pour la justice sociale, la solidarité, la paix, la transition écologique et le pouvoir d’achat par d’autres voies ».

    Pas davantage de réussite à Six-Fours, où la liste de Pascal Cabras ne verra pas le second tour. Notons cependant des éclaircies au Pradet, où le Printemps Pradétan de Laurent Bailloux sera au second tour, tout comme la liste (apparentée DVG) de Julia Peironet-Brémond à La Garde, qui, avec 30,65%, n’est qu’à 793 voix de la maire sortante Hélène Arnaud-Bill (LR).

  • Une autoroute pour le RN se dessine à La Seyne

    Une autoroute pour le RN se dessine à La Seyne

    Le scénario dont n’osaient même pas rêver le RN et Dorian Munoz, arrivés en tête au premier tour avec 35,3% des suffrages, est en passe de se réaliser. Il n’y aura pas de front républicain pour les empêcher de prendre la deuxième ville du Var, giron communiste puis socialiste sur une période totale de 55 ans, entre 1947 et 2020.

    Les trois autres qualifiés au second tour ont décidé de se maintenir. Stéphane Sacco, tête d’une liste d’union de gauche, considère « impensable qu’il n’y ait pas de voix de gauche audible à La Seyne pendant 7 ans. La droite a fait n’importe quoi pendant son mandat », justifie-t-il, affirmant que ni son parti (GRS), ni le PCF, n’avaient donné de consigne de retrait ou de fusion, y compris avec le PS Olivier Andrau, qui se retire, « ne voulant pas porter la responsabilité de l’arrivée du RN », affirme Stéphane Sacco.

    Passe d’armes à droite

    À droite, le maire sortant Joseph Minniti (LR) et le dissident de la majorité Cheikh Mansour (Hor.) se renvoient la balle. Le premier, qui se dit « prêt à discuter, mais encore faut-il qu’on (lui) demande », martèle que le second avait annoncé qu’en cas de 3e place, il se retirerait. « J’en appelle à une réaction républicaine de chacun », lance-t-il, confirmant que sa liste ne bougerait pas. Quant à Cheikh Mansour, il traite son ancien allié de « menteur. Il fait croire qu’il est ouvert, mais pas du tout », réfutant avoir tenu les propos qu’on lui prête. « Son équipe m’a demandé de me retirer contre une aide pour les législatives », jure-t-il, regrettant le fait que « tout le monde savait que le RN serait en haut, personne n’a pris le soin de s’allier ». Seul point d’accord entre les trois candidats : il reste 20 000 abstentionnistes à mobiliser. En une semaine, cela ressemble à nettoyer les écuries d’Augias.