Tag: La Seyne-sur-Mer

  • Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Le débat d’orientation budgétaire à l’ordre du jour de cette séance publique a permis un décryptage politique en règle par la gauche du cap pris par la nouvelle majorité RN. Et ce même si l’adjointe aux finances, Isabelle Delyon, a tenu en préambule à désamorcer les critiques, en avouant que c’était davantage « un budget de transition » que « de rupture » construit dans l’urgence et dans un grand climat d’incertitude. Mais qu’on pouvait y lire néanmoins « les premières inflexions ». Et d’insister sur l’environnement géopolitique international particulièrement tendu, l’augmentation du prix des matières premières, l’inflation… Bref, c’est pas terrible mais ce n’est pas de notre faute.

    La conseillère municipale d’opposition du groupe Alternative progressiste, Brigitte Cheinet (PCF) a qualifié ce qui se dessine de politique « d’austérité, sécuritaire plus que de véritable projet pour la ville ».

    Et de pointer clairement les responsabilités. Gouvernemen-tales pour commencer, avec des dotations de l’État en baisse continuelle. L’occasion de rappeler la complicité du RN à l’Assemblée nationale sur ce sujet avec « l’ensemble de l’hémicycle de la droite au RN validant une perte de 5 milliards pour les collectivités [en janvier] ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, à la réponse au besoin de la population, vous proposez moins de services publics en parlant de rationalisation de la masse salariale et en ne remplaçant pas les départs à la retraite des titulaires. »

    Pour Brigitte Cheinet ce budget reflète « une vision à court terme » qui fait l’impasse sur des projets structurants comme celui de la piscine, équipement dont la 2e ville du Var ne dispose pas, ou la construction du tant attendu groupe scolaire Verne-Mabily.

    Peu d’ambition

    Le maire RN Dorian Munoz a nié en bloc accusant même la gauche de mentir, en revendiquant une augmentation du budget consacré à l’école pour la rénovation des établissements dont certains sont dans un piteux état. Et de poursuivre : « Ce n’est pas totalement notre budget […] Un budget en 15 jours c’est impossible […] J’hérite d’une situation. »

    Le premier magistrat dira plus tard partager les constats de l’opposition sur la situation. Et de lâcher : « Depuis que je suis élu j’en découvre des choses ! Sauf de l’argent ! »

    Le chef de file de l’opposition de gauche Stéphane Sacco (GRS), évoque « un budget de repli, davantage guidé par la rigueur comptable que par une véritable ambition pour la ville et pour ses habitants ».

    Pour l’élu le contexte contraint ne suffit pas à expliquer « les choix peu ambitieux » opérés.

    Sur « la rationalisation des subventions » évoquée par la majorité d’extrême droite, Stéphane Sacco met en garde sur les conséquences concrètes sur le tissu associatif et sur « l’affaiblissement de la richesse humaine et sociale de notre territoire ».

    Le conseiller municipal conclut : « Ce budget est insuffisamment tourné vers l’avenir. Il gère plus qu’il ne transforme. Il organise la contrainte plus qu’il ne prépare le développement de demain. » La gauche s’est donc abstenue.

    Le maire a pour sa part affirmé ne pas réduire les subventions aux associations.

    Dont acte.

  • Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Le débat d’orientation budgétaire à l’ordre du jour de cette séance publique a permis un décryptage politique en règle par la gauche du cap pris par la nouvelle majorité RN. Et ce même si l’adjointe aux finances, Isabelle Delyon, a tenu en préambule à désamorcer les critiques, en avouant que c’était davantage « un budget de transition » que « de rupture » construit dans l’urgence et dans un grand climat d’incertitude. Mais qu’on pouvait y lire néanmoins « les premières inflexions ». Et d’insister sur l’environnement géopolitique international particulièrement tendu, l’augmentation du prix des matières premières, l’inflation… Bref, c’est pas terrible mais ce n’est pas de notre faute.

    La conseillère municipale d’opposition du groupe Alternative progressiste, Brigitte Cheinet (PCF) a qualifié ce qui se dessine de politique « d’austérité, sécuritaire plus que de véritable projet pour la ville ».

    Et de pointer clairement les responsabilités. Gouvernemen-tales pour commencer, avec des dotations de l’État en baisse continuelle. L’occasion de rappeler la complicité du RN à l’Assemblée nationale sur ce sujet avec « l’ensemble de l’hémicycle de la droite au RN validant une perte de 5 milliards pour les collectivités [en janvier] ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, à la réponse au besoin de la population, vous proposez moins de services publics en parlant de rationalisation de la masse salariale et en ne remplaçant pas les départs à la retraite des titulaires. »

    Pour Brigitte Cheinet ce budget reflète « une vision à court terme » qui fait l’impasse sur des projets structurants comme celui de la piscine, équipement dont la 2e ville du Var ne dispose pas, ou la construction du tant attendu groupe scolaire Verne-Mabily.

    Peu d’ambition

    Le maire RN Dorian Munoz a nié en bloc accusant même la gauche de mentir, en revendiquant une augmentation du budget consacré à l’école pour la rénovation des établissements dont certains sont dans un piteux état. Et de poursuivre : « Ce n’est pas totalement notre budget […] Un budget en 15 jours c’est impossible […] J’hérite d’une situation. »

    Le premier magistrat dira plus tard partager les constats de l’opposition sur la situation. Et de lâcher : « Depuis que je suis élu j’en découvre des choses ! Sauf de l’argent ! »

    Le chef de file de l’opposition de gauche Stéphane Sacco (GRS), évoque « un budget de repli, davantage guidé par la rigueur comptable que par une véritable ambition pour la ville et pour ses habitants ».

    Pour l’élu le contexte contraint ne suffit pas à expliquer « les choix peu ambitieux » opérés.

    Sur « la rationalisation des subventions » évoquée par la majorité d’extrême droite, Stéphane Sacco met en garde sur les conséquences concrètes sur le tissu associatif et sur « l’affaiblissement de la richesse humaine et sociale de notre territoire ».

    Le conseiller municipal conclut : « Ce budget est insuffisamment tourné vers l’avenir. Il gère plus qu’il ne transforme. Il organise la contrainte plus qu’il ne prépare le développement de demain. » La gauche s’est donc abstenue.

    Le maire a pour sa part affirmé ne pas réduire les subventions aux associations.

    Dont acte.

  • Un fort vent réactionnaire souffle sur la métropole

    Un fort vent réactionnaire souffle sur la métropole

    Une petite musique inquiétante se fait entendre depuis quelques semaines dans la métropole toulonnaise faite de renoncements et de déprogrammations de pièces de théâtre, d’expositions ou simplement d’initiatives visant à lutter contre toutes les discriminations. La première est venue de La Seyne mais n’est même pas du fait de la nouvelle majorité RN de la ville. Pas directement, du moins. Ici, c’est une soirée citoyenne qui devait se dérouler le 26 mars au centre social et culturel Mandela qui a tout bonnement été annulée. La représentation d’une œuvre du Théâtre de l’Utopie, D’où tu viens toi ?, démontant les stéréotypes et les discours racistes décomplexés du quotidien devait y être jouée. Une initiative portée par les militants varois du mouvement altermondialiste Attac. Rien de bien subversif donc. La décision a été prise par la structure associative craignant de s’attirer les foudres de la nouvelle équipe de la municipalité d’extrême droite – comme cela est déjà arrivé ailleurs, à Fréjus par exemple avec le retrait de subventions au centre social les Tournesols, en 2014, avec une régulation culturelle opérée par l’asphyxie. Une première autocensure dans l’ex-Cité des Chantiers qui depuis s’en est suivie de deux autres. La dernière décision concernant un événement portant sur la lutte contre l’homophobie. Avec, là encore, des intervenants qui devaient se produire à Mandela prévenus que la rencontre n’aurait finalement pas lieu. « Il n’y a pas de pression établie, mais plutôt un climat politique incitant à la prudence avant même que ne tombe une interdiction formelle », souligne Guy Calmès du mouvement l’Après.

    Toulon sauve l’honneur

    Plus étonnant encore, l’annulation d’une expo photos à La Garde cette fois, où là le RN n’est pas parvenu à prendre la ville, mais peut-être déjà un peu les esprits. L’artiste montpelliérain Romain Berger devait présenter son travail à la fin du mois à la Galerie G. Trop queer ? Trop osé ? La Ville explique cette déprogrammation par le fait que ça ne correspondrait pas au public familial du lieu…

    Pas du tout convaincu par cet argument, le Collectif Fiertés Toulon (CFT) déplore de son côté « une multiplication inquiétante d’annulations et d’interdictions d’événements LGBTQIA+ dans plusieurs communes du Var, dirigées par des courants conservateurs ou voulant en préserver l’électorat, comme à La Garde ».

    Pas question en tout cas de laisser bafouer ou même réduire « la liberté de création et d’expression qui ne peut être conditionnée à des choix politiques locaux ni à des considérations idéologiques ».

    « Rien ne justifie d’imposer des formes de pression, de censure ou de restriction qui ne correspondent ni à la réalité vécue, ni aux attentes de la population », martèle Elsa Nardini pour le collectif. Le CFT propose à tous ces artistes et militants éconduits par la petitesse d’esprit des élus de les recevoir à Toulon, où on garde l’esprit ouvert, pendant la Quinzaine des Fiertés créée justement pour lutter contre l’invisibilisation et soutenir la diversité des expressions culturelles et offrir des espaces où la création peut exister librement. « Nous sommes actuellement en discussion avec Romain Berger afin d’accueillir son exposition et ne pas laisser l’obscurantisme s’installer dans notre département », conclut Elsa Nardini.

  • Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Un poste sur quatre vacant dans 40% des hôpitaux publics, un patient sur deux soumis à des délais d’attente trop longs, et des demandes qui, en parallèle, augmentent (32% pour la pathologie, 25% pour les addictions) : la situation dans les services de psychiatrie se dégrade et les moyens n’augmentent pas, selon des chiffres de la Fédération hospitalière de France datés de 2024. Celle du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne (CHITS) en est un exemple concret. Avec trois psychiatres sur le départ (mutation, retraite…), l’inquiétude grandit au sein du service qui ne compte à l’heure actuelle que quatre, deux stagiaires et un médecin généraliste pour trois unités d’hospitalisation (dont une sous contrainte) et sept unités ambulatoires.

    En 2025, le service, basé à l’hôpital George-Sand de la Seyne, revendique 16 000 journées d’hospitalisation, un taux d’occupation de 90%, 1 100 patients suivis en extra hospitalier dont 349 à domicile, pour près de 5 000 consultations. Et si aucun recrutement n’était effectué, cela mettrait « en péril la prise en charge » ainsi que « la continuité et la sécurité des soins » dénonce l’intersyndicale CGT – CFDT – SUD.

    Aucune mesure annoncée par la direction

    « Malgré plusieurs réunions avec la Direction aucune mesure concrète n’est annoncée », dénonce cette dernière. Une situation qui « laisse planer un doute inquiétant sur l’avenir de ces services », d’autant plus « incompréhensible » que « le gouvernement déclare pour une deuxième année la santé mentale comme Grande Cause Nationale. » L’intersyndicale demande ainsi « des recrutements en urgence » pour que « l’établissement devienne une référence, un lieu où les psychiatres ont envie de venir et rester. »

    Le service a reçu le soutien de patients, regroupés au sein du collectif « Patients en Danger », et qui se sont mobilisés mardi devant l’établissement. Mais aussi celui du groupe d’opposition municipale « Alternative progressiste », pour qui « la psychiatrie publique ne peut être la variable d’ajustement des politiques hospitalières. Défendre ce service, c’est défendre une conception humaine, solidaire et ambitieuse de la santé. »

  • La cuisine thérapeutique pour lutter contre les troubles alimentaires à l’hôpital

    La cuisine thérapeutique pour lutter contre les troubles alimentaires à l’hôpital

    Plaques de cuisson, four, micro-ondes et ustensiles flambant neufs. Nous ne sommes pas dans un restaurant, mais dans la cuisine thérapeutique de l’hôpital de jour adolescents l’Odyssée, composante de l’hôpital George-Sand, qui accueille en son sein l’unité Revam (Réseau varois autour de l’anorexie mentale), destinée aux jeunes de 11 à 25 ans souffrant de troubles anorexiques.

    Cet outil, qui permet de réduire l’angoisse liée à l’alimentation, restaurer l’autonomie et le plaisir sensoriel, renforcer les liens familiaux et favoriser les échanges avec les soignants « a fait ses preuves dans d’autres centres », affirme le Docteur Laurent Pes, du pôle pédopsychiatrie. Il vise à « savoir comment ça se passe dans la tête des jeunes au niveau des repas, et réunir les parents afin de trouver des ressources pour l’alimentation de l’adolescent ».

    Un premier atelier

    la semaine prochaine

    Sont en premier lieu concernés les jeunes « ayant déjà un peu évolué, et étant en capacité de cuisiner », qu’ils soient pris en charge en externe, en hôpital de jour ou en hospitalisation complète. « On voit d’abord avec la famille comment ça se passe niveau repas. Ensuite, l’objectif est de cuisiner quelque chose et de le manger à la fin », détaille le docteur Pes.

    Le premier atelier, encadré par une infirmière et une diététicienne, aura lieu la semaine prochaine. « On rencontre d’abord les jeunes pour réaliser le menu en amont et éviter les surprises et angoisses. Ensuite, on prépare le repas, on le mange, avant un petit temps de parole et un questionnaire individuel », précise Danila Reiss, infirmière, qui ajoute que « d’autres cadres sont prévus plus tard, avec des repas partagés avec une psychologue et les familles. »

  • Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Débuté mercredi, l’exercice nucléaire obligatoire auquel sont soumis, tous les cinq ans, les territoires dotés d’installations nucléaires, s’est poursuivi jeudi. Après une journée dédiée aux Plans d’urgence interne (PUI), avec la simulation d’un accident nucléaire sur la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque au sein de la base navale de Toulon, ce jeudi était dédié à la mise en place du Plan particulier d’intervention (PPI), qui recense les mesures et procédures visant à protéger les populations civiles.

    C’est dans ce cadre que se sont déroulés des ateliers de contrôle de contamination de masse, au stade Hubidos de La Seyne. Pendant 2h30, 214 participants, en majorité des élèves du collège Marie Curie – parmi lesquels 30 cas positifs fictifs -, ont pris part à une mise en situation dans les conditions du réel. Ils ont été soumis à un parcours de contrôle de contamination stricte, encadré par les moyens du Sdis 83 (avec des renforts des Sdis 06 et 13) et de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), en compagnie de deux médecins du Sdis 83 et de l’hôpital Sainte-Anne.

    La meilleure prévention :

    « Rester chez soi »

    Un process en plusieurs étapes. Après avoir récupéré des étiquettes dotées de QR code servant à tracer leur parcours et leur état de santé, de l’entrée en décontamination jusqu’à, éventuellement, l’hôpital, les participants franchissent un portique de contrôle de contamination. S’ils sont positifs à la contamination externe, ils passent par les douches de décontamination, avant de revenir au portique de contrôle, et si nécessaire, aux douches. « Mais en principe, une douche suffit à décontaminer », affirme le commandant Laurent Roques du Sdis 83.

    Étape suivante : la cellule d’anthropogammamétrie, gérée par l’ASNR, pour vérifier, cette fois, la contamination interne à l’iode radioactif, qui peut-être prévenue par les cachets d’iode stable en accès gratuit dans les pharmacies. Après dix minutes d’examen (jusqu’à 36 prises en charge simultanées), un médecin définit si la personne doit rejoindre le centre d’accueil pour les impliqués, où sont regroupées les personnes décontaminées, être soumise à un traitement ou être transférée à l’hôpital. « Respecter les consignes de sécurité de la préfecture permet de limiter l’exposition au risque », soutient le commandant Roques. La plus importante : « Rester chez soi ou se mettre à l’abri dans un bâtiment. »

  • Une bonne gauche pour s’opposer au RN à La Seyne

    Une bonne gauche pour s’opposer au RN à La Seyne

    Beaucoup de monde ce samedi matin en salle du conseil municipal pour assister à l’élection du maire RN, Dorian Munoz, et de ses adjoints. Avec de nombreux soutiens hargneux de la nouvelle équipe venus jouir de la concrétisation de leur victoire en séance publique, mais aussi des partisans de gauche soucieux de voir comment la résistance politique à l’extrême droite s’organise à la Seyne-sur-Mer, ancienne ville de gauche. Dans sa prise de parole, très attendue, Stéphane Sacco (GRS) pour le groupe Alternative progressiste – qui regroupe à ses côtés Brigitte Cheinet (PCF), Cédric Turco (PCF) et Florence Guaddacha (GRS)- explique que « ce n’est pas un jour comme les autres ». « Aujourd’hui, nous faisons face à un basculement grave, lourd de conséquences pour notre ville, pour son histoire, pour son avenir », commence-t-il. Il souligne que le résultat du scrutin ,tout indiscutable qu’il soit, n’est pas un blanc-seing donnée à la nouvelle majorité. Et de rappeler que « des milliers d’habitants ont choisi une autre voie, celle de la justice sociale, de la solidarité et de la dignité républicaine », que les élus de gauche entendent bien défendre dans cette assemblée tout au long du mandat.

    « Le combat ne fait

    que commencer »

    Un puissant soutien populaire qui oblige et donne une légitimité pleine et entière pour porter une voix forte dans ce conseil. Stéphane Sacco poursuit en s’adressant au maire : « Nous serons une opposition sans concession. Une opposition ferme, déterminée, et vigilante à chaque instant ». Une extrême vigilance sera portée, insiste Stéphane Sacco, sur les tentatives de division de la population. « Nous serons là chaque fois que vous chercherez à opposer les habitants entre eux », tempête-t-il. Mais aussi sur les velléités de fragiliser le tissu associatif se manifesteront.

    « Socle de l’égalité »

    L’occasion aussi de rappeler au nouveau venu l’histoire sociale de l’ex-cité industrielle qui en conserve encore dans ses tripes la mémoire : « Une terre ouvrière, forgée par le travail et les luttes sociales des chantiers navals qui a vu des générations construire, produire et se battre pour leurs droits et pour la dignité ». Avec des idéaux encore ancrés, malgré le naufrage actuel, dans les valeurs de solidarité, de progrès social et de défense des services.

    Le groupe de gauche met donc en garde : « Les écoles, les crèches, les centres sociaux, les équipements culturels et sportifs, les services de proximité, les agents qui les font vivre au quotidien… Tout cela constitue le socle de l’égalité et de Fraternité républicaines. Nous nous opposerons à toute tentative de les affaiblir, de les privatiser, de les rendre inaccessibles ».

    Une fois élu premier magistrat RN, Dorian Munoz a tenu un discours trés policé en promettant que « le temps du rassemblement commence » et qu’il voulait être « le maire de tous les Seynois, sans distinction, sans exclusion, sans division ».

    Dont acte…

    Les adjoints

    1 – Thierry Tidona

    2- Isabelle Delyon

    3-William Khalifa

    4- adjointe Nadine Garcez

    5- Henri Gabriele

    6-Sarah Chéreau

    7-Lionel Estivant

    8-Dorothée Bertrand

    9-Mathieu Perchoc

    10-Marie France Philipon

    11-Jonathan Roth

    12-Manon Manacorda

    13-Philippe Le Sausse

    14-Cécilia Demanger

    15-Jean-Claude Houlné

    Adjoints de quartier :

    Fadila Bouzidi

    Francis Gouley

    Annie Heyse

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] Les quartiers de La Seyne entrent en résistance

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] Les quartiers de La Seyne entrent en résistance

    Aux abords de la mairie de La Seyne-sur-Mer, on se méfie. Puis, avec l’assurance de l’anonymisation du témoignage, on se confie, non sans s’être retourné une ou deux fois, histoire de vérifier si personne n’assiste à l’entrevue. « Bien sûr qu’on a peur pour nos emplois, nos effectifs, nos acquis de longue date, comme le 13e mois, la suppression de services ou leur privatisation », confie d’un bloc Émilie, fonctionnaire territoriale. Sans compter, poursuit-elle, la mise à l’écart « d’un certain nombre d’employés » pour placer les leurs, comme l’avait d’ailleurs fait la droite en arrivant aux manettes, avec des mises au placard.

    « Je suis très inquiet parce que si la nouvelle municipalité décidait une cure d’austérité en direction des associations, la jeunesse et la ville perdraient beaucoup », explique Samir Ben Myoub, président d’Univers-Cité. Une structure d’accompagnement socio-éducatif œuvrant dans les Quartiers prioritaires de la ville. Et il sait de quoi il parle, indiquant que la municipalité de droite lui a déjà supprimé toutes ses subventions, sous prétexte qu’il était un « opposant politique ». « Je pense qu’on a connu le RN avant l’heure », ajoute-t-il avec le sourire.

    Mais il prévient : les conséquences d’une telle politique sur des populations déjà paupérisées seraient catastrophiques. Le revenu médian en centre-ville atteint à peine 800 euros, et seulement 844 euros à la cité Berthe.

    « Leur bête noire »

    « J’espère que l’État, la Métropole, le Département et la Région permettront aux associations, si cela devait se produire, de continuer leurs activités, qui sont la continuité du service public », ajoute-t-il. Et de conclure : « Ce qui me fait le plus peur, c’est que le racisme se décomplexe et se normalise dans l’une des villes les plus cosmopolites de la métropole. »

    à la cité Berthe, c’est jour de marché, mais l’ambiance est tout autant plombée. « Déjà que la municipalité sortante a tout fait pour tuer certaines associations dans le quartier en les privant des subventions de droits communs… », tempête Céline Ivaldi, présidente de l’Amicale du Messidor. « On était déjà considérés comme des moins que rien », intervient Malika à ses côtés. Et de poursuivre : « On connaît déjà le délit de faciès, mais on n’acceptera pas que le racisme se développe. On ne se laissera pas faire. »

    Plus loin, Radia, plus philosophe, propose d’attendre et d’observer. « Pour l’instant, on n’en pas vu un seul. Pas plus pendant la campagne que depuis dimanche dernier. On ne sait donc pas ce qu’ils sont en train de nous mijoter », glisse-t-elle. Même si elle n’appréhende rien de bon pour le quartier et ses habitants. Et de confier : « Je suis née à La Seyne, j’ai 63 ans, je n’aurais jamais cru que cela puisse nous arriver un jour, que La Seyne tombe dans les mains du Front national. Comment ? Oui, le Rassemblement national, c’est la même chose ! Notre crainte, c’est que le quartier Nord devienne leur bête noire. »

    L’enseignant en retraite Guy Calmes estime que les effets de la victoire de l’extrême droite, menée par Dorian Munoz (RN), aurait déjà produit ses effets délétères : « Une pièce de théâtre antiraciste devait être jouée au centre Mandela. Elle a été annulée au dernier moment. Le directeur dit ne pas avoir reçu de pression, mais il s’est autocensuré pour préserver, dit-il, l’intérêt de ses salariés. » La menace de perdre des subventions, pour ceux qui passeraient au travers, risque en effet de réfréner bien des ardeurs. Et de conclure : « Certains vont y réfléchir à deux fois avant d’ouvrir leur gueule. »

    Ce n’est pas le cas de Toussaint, grosse moustache et veste en bleu de Chine, déterminé à mettre les points sur les i : « Tu sais comment les camarades toulonnais appelaient La Seyne quand j’étais jeune ? C’était La Mecque. Notre Mecque à nous, les communistes. Alors ce n’est pas maintenant qu’on va se laisser faire. » Ni résignation, ni collaboration, donc. Mais résistance.

  • La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    Une claque à la hauteur du préjudice. Entre 1945 et 2020, la Seyne-sur-Mer a passé 55 ans à gauche, dont 22 sous le mandat de Toussaint Merle, illustre figure communiste de la Résistance. Le RPR (droite) y a exercé le pouvoir par intermittence, mais la cité des chantiers navals finissait toujours par revenir à ses racines ouvrières, portée par une mémoire profondément ancrée dans le fer du syndicalisme industriel.

    Une histoire qui perdure, mais qui n’a pas suffi à empêcher un brutal basculement vers le RN. Son nouveau maire, Dorian Munoz, s’impose avec un score sans appel de 46,31% au second tour. Une question s’impose alors : comment en est-on arrivé là, dans une commune encore ancrée à gauche il y a six ans ? Occulter les responsabilités de cette dernière face à ce tsunami brun serait une erreur d’analyse. Le dernier maire progressiste, Marc Vuillemot (GRS, 2008-2020), n’est sans doute pas parvenu à relancer une ville que de nombreux habitants décrivent comme « en stagnation », voire « à l’abandon », pointant, entre autres, l’état des routes, du centre-ville et des écoles. Mais, dans un contexte d’austérité, est-il judicieux d’élire un parti qui a proposé, et voté, en janvier, une baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales ?

    Trois villes de TPM au RN

    Mais là n’est pas le nœud de la question. En 2020, les Seynois ont élu Nathalie Bicais (LR), à la tête d’une « coalition » composée et recomposée, au fil du mandat, de personnes de sensibilités diverses, de la gauche jusqu’au RN. Un cocktail instable qui a explosé quand la maire a été condamnée à 5 ans d’inéligibilité et remplacée par Joseph Minniti. D’incongrue, la majorité est devenue illisible, au détriment de La Seyne, toujours dans l’immobilisme, symbolisé par le recul sur la construction d’une école et le retard pris dans les projets d’urbanisme. La « faillite » d’une droite « qui a passé son temps à se quereller », pointait Stéphane Sacco, candidat de la liste Uni.e.s à Gauche pour la Seyne, arrivé troisième dimanche soir.

    Dernier épisode : la guerre ouverte entre Joseph Minniti et son ancien adjoint Cheikh Mansour. Le premier, qui avait, lors de son élection, assuré qu’il n’irait pas au-delà de son intérim, est revenu sur sa décision. Le second, qui ambitionnait sûrement de longue date de se présenter, a été au bout de son idée. Leur passe d’armes dans l’entre-deux-tours aura duré jusqu’à dimanche soir. Cheikh Mansour reprochait encore à Joseph Minniti son refus de fusion, pointant son incapacité « à cumuler les voix de Dailleau et Peurière ». Joseph Minniti, lui, reprochait à Cheikh Mansour d’avoir « trahi la ville », répétant que la tradition républicaine voulait que les candidats arrivés derrière se retirent.

    Un reproche également adressé à Stéphane Sacco, que le socialiste Olivier Andrau accusait d’avoir « fait le choix du pire : les places et les indemnités, les miettes plutôt que l’intérêt général », qualifiant sa liste et celle de Cheikh Mansour de « coalition d’irresponsables ». Stéphane Sacco qualifiait l’accusation d’« inappropriée », rétorquant que « c’est la partie de la gauche qui ne [les] a pas appuyés qui manque pour être 2e », pointant aussi le soutien de Marc Vuillemot à Joseph Minniti.

    Tous disaient regretter ce dénouement, qui semblait toutefois bien moins évitable qu’à Six-Fours, tombée dans l’escarcelle du député RN Frédéric Boccaletti… à seulement 21 voix près. Avec La Valette-du-Var, acquise par Julien Argento, ce sont désormais trois villes de la métropole TPM conquises par le parti frontiste. « Nous ne lâcherons rien pendant 7 ans », promet Stéphane Sacco.

  • Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Il n’y a pas eu de miracle. La quadrangulaire seynoise du second tour, aucun des candidats qualifiés ne consentant à se retirer, ou à conclure des accords de fusion, fussent-ils techniques, semblait quasiment acter la victoire du RN et de Dorian Munoz. Le conseiller municipal d’opposition depuis 2020, en tête au premier tour (35,3%), devançait largement le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), Cheikh Mansour (HOR, 13,25%), et la tête de liste d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%). Et il est même parvenu à largement asseoir son avance, avec 46,31%, devant le maire sortant (24,39%), Stéphane Sacco (19,02%) et Cheikh Mansour (10,28%).

    Un dénouement presque inéluctable, après un mandat marqué par les débâcles politiques. la condamnation à 5 ans d’inéligibilité de la maire Nathalie Bicais en mai dernier, qui a fait exploser une majorité disparate et déjà sous tension, à travers une guerre de succession qui a vu les allégeances et alliances se faire et se défaire au gré des aléas. Joseph Minniti, sorti vainqueur de celle-ci, avouait même que cette « coalition, saluée de tous en 2020 », avait viré à « la catastrophe ». Pourtant de son côté lors de son élection, Cheikh Mansour avait décidé de faire cavalier seul, considérant que le maire par intérim et ses 83 ans ne représentaient pas l’avenir, d’autant que ce dernier avait annoncé qu’il n’irait pas plus loin que ce remplacement de quelques mois. Ce bilan n’a pu être compensé au second tour, malgré une baisse de l’abstention, seul espoir de l’entre-deux-tours, qui s’est avérée insuffisante.

    Minniti : « Mansour a trahi la ville »

    C’est donc le RN et Munoz qui en profitent, offrant pour la première fois la deuxième ville du Var à l’extrême droite. Les deux candidats de droite se renvoyaient encore la balle, le maire sortant regrettant que les deux candidats arrivés derrière lui ne se soient pas retirés, reprochant même à Mansour d’avoir « trahi la ville ». Ce dernier disait ne pas regretter sa candidature et continuait d’affirmer que la seule option pour l’emporter était l’union. Stéphane Sacco, qui avait justifié son maintien par l’impossibilité que « les voix de gauche ne soient pas audibles pendant 7 ans », pointait ainsi « la faillite de la liste Bicais qui a exacerbé le vote RN » et réfutait la responsabilité de la gauche dans la débâcle. « Les Seynois ont préféré le RN, à nous de porter l’espoir. Nous avons un socle sérieux, avec un électeur sur cinq ayant voté pour nous, alors qu’on ne partait de rien », voulait-il croire à l’aube de son premier mandat dans l’opposition.