Tag: La Ciotat

  • La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    « Notre liste est diverse, compétente et ancrée dans la vie réelle », amorce, salle Saint-Marceaux, Delphine Rochette, une colistière. Devant un auditoire de plus de 180 personnes, elle précise : « Aujourd’hui, 56% de notre liste est composée de non encartés. » Secrétaire de section PCF de La Ciotat et 5e sur la liste, après Karim Ghendouf (PCF) tête de liste, Mariann Chrétien ou Jérôme Assier (PS), Sébastien Madau souligne que, sur les 39 noms de LCNR, 19 sont nouveaux, et 20 « étaient déjà là ».

    La liste est le résultat de l’union du « PCF, du PS, des Écologistes, de Génération.s, de Debout et de la Gauche républicaine et socialiste », rappelle pour sa part Karim Ghendouf.

    Retour d’un cinéma

    Prenant la parole à la fin, la tête de liste a évoqué la méthode d’élaboration du projet municipal de LCNR : « La coconstruction. Elle s’appuie également sur une expertise solide des dossiers, forgée par de longues années de travail dans l’opposition. » LCNR tient à la démocratie locale et « nous consulterons les Ciotadens sur les grands sujets avec les référendums d’initiative locale ».

    Karim Ghendouf a poursuivi : « Nos priorités sont claires : loger les Ciotadens, alors qu’une personne sur deux est éligible au logement social à La Ciotat. Mais aussi investir dans nos écoles. Favoriser les mobilités douces. Avoir un réseau de bus plus propres, avec une plus grande fréquence. » Il a également promis « d’identifier un terrain » pour une aire destinée aux gens du voyage. Le communiste soutient le retour en gestion publique de certaines missions communales déléguées au privé. « Ce n’est pas de l’idéologie : c’est du bon sens », a-t-il appuyé.

    En matière de culture, un des projets de la liste est de créer, dans l’ancien cinéma Lumière fermé en 2023, « un vrai pôle culturel (…). Nous y prévoyons deux salles de cinéma, vocation historique du lieu depuis 1913 ! » a annoncé Mariann Chrétien (société civile). Jérôme Assier (PS) a défendu, en matière de tranquillité publique, « un débat sur la sécurité apaisé. (…) Nous miserons sur la prévention, la médiation et la proximité. »

    Pour l’éducation, Laetitia Vivaldi a promis « la gratuité effective de l’enseignement ». Sur le plan de l’économie, LCNR appelle de ses vœux « la création d’un centre de formation aux métiers de la mer qui permettra de forger un vivier local de compétences » pour les chantiers navals. Isabelle Mazuc (Les Écologistes) a indiqué que LCNR s’emploiera notamment à protéger les terres agricoles de la bétonisation. « Il nous reste quatorze jours pour convaincre et créer la surprise », a lancé Karim Ghendouf.

  • Les chantiers navals en croissance recrutent à La Ciotat

    Les chantiers navals en croissance recrutent à La Ciotat

    En ces temps de morosité économique, on peut vérifier que le soleil se lève bien à l’Est. Ou plutôt au Sud-Est. D’abord dédiés à la construction navale lourde, pétroliers, méthaniers (…), et après que des salariés et syndicalistes les aient sauvés du naufrage, les chantiers navals de La Ciotat se sont réinventés. Géré par une société publique locale (SPL) depuis 1995, dénommée depuis 2018 La Ciotat Shipyards (LCS), ce pôle industriel, qui s’étend sur 35 hectares, « a une bonne dynamique pour l’emploi », souligne Olivier François, son directeur. Premier site de refit (ou transformation, réparation et entretien de yachts) en Méditerranée, devant Barcelone et Gênes, « on s’oriente aujourd’hui sur le marché des plus gros navires du monde, les superyachts, de 130 à 140 m de long », éclaire-t-il. Alors que le modèle économique de LCS, gestionnaire du domaine public, « est de louer des espaces au privé, notamment à MB92, leader mondial en refit de yachts, Monaco Marine, Exail, Nautech et Classic Works », détaille-t-il, l’activité dans les chantiers est en pleine croissance. Ceux-ci, qui accueillent chaque année 170 yachts (soit près de 400 passages au total), emploient près de 1 500 personnes originaires de la région Paca, « dont 470 Ciotadens et Ceyrestens », appuie Patrick Ghigonetto, président du conseil d’administration de LCS. Sur les 60 personnes employées par LCS, 80% sont également de La Ciotat et Ceyreste.

    100 offres d’emploi

    LCS a opéré 18 recrutements depuis janvier 2025, dont six en insertion. « Aujourd’hui, les chantiers navals ont environ 100 offres d’emploi à pourvoir. Les entreprises sur place sont prêtes à former », annonce Olivier François. « On travaille avec France Travail et la Mission locale pour recruter », renseigne Patrick Ghigonetto : « Les chantiers recherchent des chaudronniers, des selliers, des peintres… » Le site internet de LCS s’ouvre sur ces offres d’emploi. « On essaie aussi d’aller chercher des candidats sur des salons : le forum Dualform le 12 mars ou le 2MF les 9 et 10 décembre, les 2 à Toulon, le job dating des Nauticales à La Ciotat le 14 avril. »

  • Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Un navire de 200 tonnes, de plus de 28 mètres de long, de près de 8 de large. Comme l’original, la réplique de la Nao Santa Maria arbore trois mâts : le grand mât, l’artimon de la grand-voile et un beaupré, la hauteur du grand mât atteignant près de 25 mètres de la ligne de flottaison au point le plus haut. 5 voiles, d’une surface de 303 mètres carrés, permettent au navire de voguer. Même si, aujourd’hui, besoins modernes de la navigation oblige, la Nao Santa Maria est équipée de moteurs, d’une radio, d’un radar… Construite dans les chantiers navals Varaderos Palmás à Punta Umbría (Huelva, Espagne), la réplique de la Nao Santa Maria a navigué pour la première fois le 16 mars 2018. Du mercredi 25 février au dimanche 1er mars, elle fait escale sur le quai d’accueil de La Ciotat.

    Cinq jours à quai

    À bord, l’équipage, d’une vingtaine d’hommes, est prêt à accueillir le public, de 10h à 19h, pour la visite. Les visiteurs pourront découvrir les 4 ponts de la caravelle, être renseignés sur son histoire, s’immerger dans des décors fidèles à l’époque, et échanger avec les marins.

    Le 3 août 1492, la Nao Santa Maria est partie du port de Palos de la Frontera (Huelva) avec les caravelles Pinta et Niña, en tant que navire de tête de la flotte de Christophe Colomb. Après avoir fait escale sur l’île de La Gomera (îles Canaries) et après trente-trois jours de navigation, le 12 octobre 1492, la Santa María, dirigée par 40 hommes sous les ordres de Christophe Colomb, atteint l’Amérique. Hélas, le jour de Noël 1492, alors qu’il se trouvait près de l’île de La Española, le navire s’est échoué à cause d’un oubli du garçon de cabine qui était à la barre, et il a coulé…

  • À jamais Ciotadens, liste conduite par Alexandre Doriol, renouvelée à 70%

    À jamais Ciotadens, liste conduite par Alexandre Doriol, renouvelée à 70%

    « Cette liste est fidèle à ce que nous sommes : enthousiastes, représentatifs des Ciotadens et résolument tournés vers l’avenir », a déclaré Alexandre Doriol. « J’ai fait le choix de femmes et d’hommes profondément engagés au service de la ville : une liste à l’image de La Ciotat, (…) qui lui ressemble, et non l’émanation d’un parti, contrairement à d’autres. Renouvelée à 70%, elle incarne à la fois la jeunesse, le renouveau et l’expérience », a-t-il poursuivi.

    Sur les 39 noms, on en retrouve neuf de l’équipe précédente : Bernard Deflesselles député honoraire (LR), J-L Tixier, K. Henry, J-M Martinez, M-L Pianelli, N. Collura, P. Tudose, R. Molines, L. Hourie.

  • À La Ciotat, une liste d’union de la gauche sans LFI

    À La Ciotat, une liste d’union de la gauche sans LFI

    « On est extrêmement heureux de dire aux habitants que la gauche a pris ses responsabilités », amorce Karim Ghendouf. « Et qu’on est sorti de nos divergences nationales », renchérit le secrétaire de section PS, Toni Delogu. « Pour “La Ciotat nous rassemble”, c’est un moment important, car on aboutit à ce qu’on voulait collectivement : se rassembler sur un contenu politique », développe Karim Ghendouf. Aujourd’hui, LCNR, dont il est la tête de liste, rassemble « PS, PCF, Les Écologistes, la Gauche républicaine et sociale, Debout !, Génération.s. La moitié de LCNR est composée par des citoyens, responsables syndicaux, d’associations… »

    Toni Delogu ne fera pas partie de LCNR, mais le socialiste Jérôme Assier et Henri Lubrano, 84 ans, « doyen du PS et trésorier », également président de la Maison pour tous Léo-Lagrange, y figureront.. « LFI ne sera pas dans le rassemblement de la gauche, c’est officiel. Ce mouvement en prend la responsabilité. C’est dommageable, nous avons tendu la main, nous n’avons jamais posé d’exclusive, mais LFI ne souhaitait pas collaborer avec les socialistes », rend compte Karim Ghendouf. « À La Ciotat, ils ont fermé la porte, car ils ont toujours fait référence au débat national, or ça n’avait aucun lieu d’être », estime Toni Delogu.

    « Nous avons décidé d’être responsables »

    Si, dans l’été, Toni Delogu défendait la candidature de la socialiste Martine Cuccaroni à la tête d’un rassemblement de la gauche aux municipales, il explique ainsi son nouveau choix : « Avec deux listes d’extrême droite dans la ville, il y a un danger réel. Quand on interroge les Ciotadens, ils sont enclins à voter Daniel Salenc soutenu par le RN ou Hervé Itrac, de Reconquête. On n’allait pas s’éparpiller, de plus si Bernard Ougourlou-Oglou* dépose une liste. Nous avons décidé d’être responsables et de rallier la liste de Karim Ghendouf. »

    À ce risque d’extrême droite – Toni Delogu rappelle qu’« aux législatives en 2024, Joëlle Mélin a remporté la circonscription et aucun maire de celle-ci sauf Nicolas Bazzucchi n’a appelé à faire barrage au RN » – Karim Ghendouf évoque « cette droite qui communique beaucoup et fait peu ». Il fait référence à l’équipe du maire sortant (DVD) Alexandre Doriol, mais surtout, épingle-t-il, à une droite « dont le discours est ambigu ». Il parle notamment de Martine Vassal, candidate(DVD) à Marseille, et de sa sortie sur « travail, famille, patrie », et de Bruno Retailleau, qui a « hystérisé le débat sur l’immigration ». « Aujourd’hui, il y a un glissement de l’électorat de droite vers l’extrême droite. C’est factuel, il faut savoir qui on a en face de nous », ajoute-t-il.

    * Ex-secrétaire du PS à La Ciotat

  • La genèse de l’ère industrielle des chantiers navals à La Ciotat

    La genèse de l’ère industrielle des chantiers navals à La Ciotat

    À travers des archives inédites, photographies anciennes, plans techniques, maquettes et témoignages, le parcours retrace
    les étapes de sa construction et les innovations liées à la propulsion à vapeur et le savoir-faire de la première génération d’ouvriers du chantier naval.

  • À La Ciotat, les candidats sondés sur le sort des piétons

    À La Ciotat, les candidats sondés sur le sort des piétons

    Les piétons, on n’en parle que lorsqu’il y a un fait divers… Il y a eu 25 morts de piétons en 2025 dans les Bouches-du-Rhône. Selon le ministère de l’Intérieur, ces accidents sont en hausse, même lorsque les piétons traversent sur les passages cloutés », pointe Caroline Bombois. Si la ville de Marseille arrive bonne dernière en France dans le Baromètre des villes où l’on peut marcher, selon la dernière enquête réalisée par le Comité « place aux piétons », La Ciotat décroche 6,2 sur 20, « alors que la moyenne des villes en France est 9 sur 20 », indique la jeune femme. À La Ciotat, « il y a des conflits d’usages forts, avec des gens qui ont peur de se faire percuter ou se font percuter. 40 personnes ont eu des accidents avec ou sans hospitalisation ces dernières années », mentionne-t-elle. Avec l’asso, une appli, dénommée « La Ciotat – Faux pas » a été mise en service en 2022. Les piétons peuvent y signaler les endroits dangereux, les prendre en photo…

    Boulevard sans trottoir

    Pour Caroline Bombois, « les mauvais aménagements de voirie sont facteurs d’accidents : passages piétons peu visibles, trottoirs absents, comme sur le boulevard de Lavaux ou le chemin de Fardeloup, ou discontinus, non-sacralisation des espaces piétons, notamment vis-à-vis des cyclistes », énumère-t-elle. Les incivilités, comme le stationnement de véhicules sur les trottoirs, le non-respect des passages cloutés, fragilisent encore ceux qui n’ont souvent que ce moyen pour se déplacer… Relayant une démarche lancée par l’asso à l’occasion des municipales, Caroline Bombois est allée porter la voix de cette « majorité silencieuse » dit-elle que sont les piétons. « Tous les candidats sont d’accord sur nos constats », livre-t-elle. Le maire (DVD) et candidat Alexandre Doriol « va faire une concertation boulevard de Lavaux pour une mise en sens unique ». Karim Ghendouf (La Ciotat nous rassemble) et Bernard Ougourlou-Oglou (Pour les Ciotadens) sont aussi par exemple pour cette solution. L’asso 60 millions de piétons a listé « 10 mesures pour que ça marche ! » aux candidats aux municipales.

  • Ultimes jours pour replonger dans La Ciotat d’antan

    Ultimes jours pour replonger dans La Ciotat d’antan

    Alain, ancien instituteur installé à La Ciotat depuis 1984, vient d’observer avec intérêt les photos exposées à la chapelle des Pénitents Bleus*, boulevard Anatole-France. Quatre-vingts clichés inédits, en noir et blanc, de celui que les Ciotadens appelaient avec affection « Gara ».

    Né à La Ciotat en 1927, Garabed Garadedian a grandi dans une famille d’origine arménienne. Après avoir appris le métier de tailleur, s’être engagé dans la marine et parcouru le monde, « Gara » revient finalement jeter l’ancre à La Ciotat en 1952. Après avoir travaillé auprès du photographe Louis Sciarli, il ouvre son propre studio en 1955, au 73 rue des Poilus. Dès lors, également photographe pour le quotidien Le Provençal, rien de la vie ciotadenne n’échappera à son objectif.

    Travailleurs des chantiers

    « J’ai l’impression que les gens étaient peut-être plus heureux, car la ville était moins grande, les Ciotadens se connaissaient, il y avait une forme de convivialité. C’est une analyse personnelle », commente Alain.

    Au gré de la visite de l’exposition, toute une époque se met à revivre : le défilé des majorettes sur le port lors des fêtes votives du 15 août 1966 ; la préparation de la fête de la Cité ouvrière en été 1963 ; les filles en jupe et chaussures de ville aux abords du « Printania », présenté dans la légende de la photo comme « le premier supermarché de la ville » ; mais aussi, là où s’étend aujourd’hui un parc urbain, les vignes du domaine de la Tour et les vendanges… Venue en vacances dans sa famille, Martine, Toulousaine de 78 ans, s’enthousiasme : « Ces photos sont vivantes. Superbes ! »

    Garabed Garabedian a un sujet en or, et il le sait : les chantiers navals. Le 7 septembre 1968, il enregistre sur pellicule, car à l’époque la photographie est argentique, la foule des travailleurs du chantier qui, après leur journée de travail et le lancement du pétrolier « Fructidor », « passent les grilles de la porte du bassin ».

    Il photographie également un ravaudeur de filets sur le quai, en 1965. En arrière-plan, derrière lui, se dresse la colossale silhouette d’un navire en construction aux chantiers. Le 26 novembre 1964, sa prise de vue d’une équipe de pêcheurs sur un chalut montre également, en toile de fond, « le pétrolier Franche-Comté ».

    C’est tout cela que Gara a saisi sur pellicule : l’album de famille ciotaden, un fragment de mémoire collective. De quoi faire dire à Pierre, 66 ans : « Que de bons souvenirs ! »

    * Ouvert de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30

  • Le timbre du cinéma l’Eden de La Ciotat à la vente

    Le timbre du cinéma l’Eden de La Ciotat à la vente

    Les aficionados n’ont pas raté le rendez-vous qui fait suite à la présentation officielle dudit timbre, œuvre de l’artiste Christophe Laborde-Balen, en décembre dernier. L’événement qui tient, selon les
    d’« une reconnaissance de l’Eden-Théâtre comme un élément majeur du patrimoine culturel français ». C’est « une fierté pour la ville, un symbole de notre histoire et un clin d’œil à la magie du cinéma », commente la Ville de La Ciotat. Le timbre va être imprimé à plus de 700 000 exemplaires et sera en vente pendant un an à partir du 16 février.

  • [Entretien] Marc Crégut : « Faire payer les patrons qui jouent avec nos vies »

    [Entretien] Marc Crégut : « Faire payer les patrons qui jouent avec nos vies »

    La Marseillaise : En quoi l’action de la CGT Total La Mède fait écho à vos actions autour de l’amiante ?

    Marc Crégut : L’amiante et l’exposition à divers produits nocifs font que les travailleurs vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête en permanence. On pense toujours que le développement d’une maladie peut arriver à tout moment et nous emporter rapidement. Récemment, nous avons eu un membre de l’association qui était à la retraite depuis 20 ans, on lui a décelé un mésothéliome [cancer de la plèvre Ndlr] en juin dernier et il est décédé en janvier… Du jour au lendemain, on sait qu’on peut mourir, l’anxiété est donc là, à des niveaux d’intensité différents selon chacun. Reconnaître un préjudice d’anxiété c’est donc reconnaître cette épée de Damoclès. Sur cette question du préjudice d’anxiété, il faut avoir en tête que nous n’avons gagné qu’une infime partie des procédures lancées, notamment faute de payeur car les chantiers navals de l’époque n’existent plus. Je pense que ce n’est pas une histoire d’argent mais une question de principe. Mon père travaillait sur les chantiers, comme moi, il est mort de l’amiante. J’ai touché l’indemnité du préjudice d’anxiété, 3 500 euros. Je leur rendrais au centuple s’ils me rendaient mon père.

    À quels obstacles faites-vous face pour la reconnaissance des maladies en lien avec l’amiante ?

    M.C. : La première difficulté est la complication, la « paperasse ». Pour reconnaître que la maladie est liée à l’amiante, il faut retrouver des témoignages de collègues, des documents qui certifient que la personne a bien travaillé sur un site amianté. Mais on parle de personnes qui sont âgées, parfois décédées, à la retraite depuis des dizaines d’années… C’est parfois difficile de retrouver les preuves. Ensuite il y a la complication juridique, car il faut être bien accompagné pour mener les procédures. À l’association, nous avons la chance de compter sur le cabinet d’avocats TTLA qui gère les dossiers depuis des années et nos adhérents n’ont pas besoin de sortir un seul centime de leur poche.

    Quelle évolution de la prise en charge et de l’indemnisation ?

    M.C. : Nous avons 90 procédures en cours actuellement pour reconnaître les maladies en lien avec l’amiante. Mais on constate que par tous les moyens, les gouvernements successifs et les différentes juridictions essaient de réduire les indemnisations avec le temps. Par exemple, pour les chantiers navals, il y a défaut de payeur comme je le mentionnais précédemment. Et l’État n’a pas voulu prendre le relais, on attaque donc la sécurité sociale pour manquement à son devoir. Ils paient car il y a des fonds d’indemnisations mais c’est un long chemin.

    Quel message envoyez-vous aux travailleurs actuels ?

    M.C. : L’amiante est toujours d’actualité mais il y a tout un tas d’autres produits qui continuent à tuer. Il faut faire payer les patrons qui sont au courant et qui jouent avec nos vies. On travaille d’ailleurs avec l’oncologue marseillais Anthony Gonçalves à l’Institut Paoli-Calmette pour de nouvelles démarches. On veut faire reconnaître le cancer du sein comme maladie professionnelle dans certains cas et certaines conditions.