Tag: La Ciotat

  • L’école Louis-Marin allie patrimoine et modernité

    L’école Louis-Marin allie patrimoine et modernité

    Cette réhabilitation est une réussite architecturale et fonctionnelle. Un outil d’apprentissage exemplaire », commente Patrick Ghigonetto, conseiller départemental. Il représente la présidente du Département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal. Pour l’inauguration de l’école – située à deux pas de la chapelle des Pénitents en contrebas –, les discours se font au 2e étage. « Nous avons voulu une rénovation ambitieuse, exigeante, exemplaire », renchérit Alexandre Doriol, maire (DVD) de La Ciotat. Directrice du projet pour l’agence d’architecture NSL (Marseille), Capucine Cortade expliquera plus tard : « La feuille de route que nous a donnée la Ville était à la fois de respecter le patrimoine de cette école de type Jules-Ferry, avec ses beaux volumes, ses qualités intrinsèques ; et d’en faire une école de demain. » Les façades ont été restaurées, de même que les ferronneries et la marquise, jusqu’à la célèbre cloche d’origine. « Nous avons conservé les carrelages, mais aussi toutes les fenêtres en bois du bâtiment », note Capucine Cortade. « À cette menuiserie de près de cent ans, nous avons intégré un vitrage sous-vide, qui apporte la performance phonique et thermique », ajoute Cyril Guérin, l’entrepreneur Les métiers du bois.

    « Établissement pilote »

    Alors que le point faible de l’école était auparavant l’isolation, « on a réalisé une importante isolation thermique. Nous avons installé un chauffage au bois », indique Capucine Cortade. Éclairage 100% LED, installation de brasseurs d’air… : le confort thermique des élèves a été amélioré, et cela sans recourir à une climatisation énergivore. Louis-Marin a décroché pour cela le label Bâtiment durable méditerranéen niveau argent.

    L’école, dont le chantier a coûté 8,3 millions d’euros, dont 54% abondés par le Département, a une superficie de 1 800 mètres carrés. 114 élèves, répartis dans six classes, y ont fait leur rentrée mardi. « Louis-Marin est un établissement pilote pour notre territoire », a insisté le maire. Déléguée à l’école Louis-Marin, l’élue Kheira Zenafi a cité l’équipement numérique de pointe, les vélos-bureaux… Adjoint délégué à l’Éducation, Jean-Louis Tixier a fait part de son « soulagement » après ces vingt-trois mois de chantier. À la question de savoir pourquoi désormais des murs obstruent la vue qu’avait auparavant l’école sur la mer, ceux de l’hôtel Mariott en construction, il répond : « On a considéré qu’il fallait un hôtel 4 étoiles, pour vivifier la ville. » L’école Louis-Marin ne méritait pas ça.

  • La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    Maintenant, la bastide est close et couverte. Elle a rajeuni de deux cents ans », rappelle Mireille Benedetti. Même si, en ce début d’année, « des finitions restent à faire, essentiellement sur les façades », précise-t-elle, la bastide hospitalière, située 1943, avenue Guillaume-Dulac est, depuis l’important chantier à 500 000 euros sur les façades et menuiseries mené de décembre 2024 à octobre dernier, « hors d’eau » comme on dit dans le jargon du bâtiment. « Maintenant, on va lancer les appels d’offres pour la suite de la restauration d’intérieur, notamment les gypseries et les sols », annonce la présidente de l’association « La Ciotat il était une fois », qui s’est lancée dans cette « aventure extraordinaire » de sauver la bastide de la ruine, il y a vingt-deux ans. Son association a signé avec la Ville, propriétaire des lieux depuis 1992, une convention d’occupation.

    Décors de gypserie

    Tous les sondages des sols, carreaux au rez-de-chaussée, plâtre à l’étage, ont déjà été réalisés « pour savoir quelle restauration doit être entreprise », indique Mireille Benedetti. De même « qu’une étude de diagnostic de toutes les gypseries ». Issu de pierre à plâtre, le gypse doit être broyé mécaniquement, puis chauffé de 120 à 400 degrés Celsius. Il est ensuite réduit en poudre fine dans un moulin. La gypserie consiste à exécuter un revêtement décoratif architectural, mouluré, moulé, souvent ciselé. À la Bastide Marin, on peut admirer des médaillons, des statues ou encore des croix en gypserie. Mais l’élément le plus remarquable, souligne Mireille Benedetti, est « l’escalier à double révolution, en gypse ». Ce type d’ouvrage permet à deux personnes de monter ou descendre sans jamais se croiser, chacune empruntant une volée différente.

    Le chantier est estimé à 400 000 euros. L’association a prévu d’attribuer 120 000 euros, issus du Loto du patrimoine de Stéphane Bern, à cette restauration, et a relancé une souscription. « On attend toujours la subvention de 62 000 euros promise par le Département des Bouches-du-Rhône », observe la présidente de l’association.

  • [Les illuminations font un carton] Les lumières de Noël à La Ciotat, « du baume au cœur »

    [Les illuminations font un carton] Les lumières de Noël à La Ciotat, « du baume au cœur »

    On dirait qu’un morceau de la Voie Lactée s’est détaché. Sur fond de ciel nocturne, des chemins de lumières chaudes et orangées courent en feston le long des quais du Port-Vieux. En fond, l’église Notre-Dame de l’Assomption, les façades alignées, jusqu’à la tour du musée ciotaden. Les guirlandes lumineuses, comme autant d’étoiles, sont tendues au-dessus des rues. Les barquettes marseillaises elles-mêmes, surlignées de lumières de la proue à la poupe, le long du mât, sur les cordages, prolongent le spectacle dans le port même.

    Les reflets dorés, dans les eaux sombres à la nuit tombée, enluminent le Port-Vieux. Alors que les pays nordiques s’enveloppent d’un manteau de neige, où glisse déjà, dit-on, le traîneau du Père Noël tiré par ses rennes, et chargé de cadeaux, La Ciotat fait rimer Noël avec sa propre personnalité maritime.

    Il est 18h15, en ce samedi du milieu de décembre, et les familles, les couples, flânent sans discontinuer sur les quais. La sono diffuse des chansons et réchauffe l’atmosphère froide du soir.

    On se prend en photo devant les barquettes illuminées par les associations Carènes et les Calfats de l’Escalet. On pose pour des selfies.

    Jean-Luc et Géneviève, des Gardois qui ont un pied-à-terre à La Ciotat, disent être venus ce soir se balader là « pour faire le plein de beauté. On a l’impression que cette année, le Port-Vieux est encore plus lumineux », avancent-ils.

    Un jeune couple, de Ceyreste, tout à côté, a le même ressenti. Leurs deux ados n’ont même pas rechigné à les accompagner. Déjà un miracle à mettre au crédit de Noël… « Toutes ces lumières apportent de la magie, de la féerie pour les fêtes », commente la jeune maman.

    « Les gens ont besoin de ça »

    Les eaux du port frissonnent, et les reflets dorés des lumières se mélangent. On croise des familles tout à fait dans le thème, avec des minots coiffés de serre-tête qui imitent les bois de rennes. Sans doute sont-ils allés faire un tour au marché de Noël, où les chalets sont installés jusqu’au 24 décembre place Evariste-Gras. Les illuminations, qui comprennent aussi la crèche flottante, à proximité du baromètre, demeureront jusqu’au 10 janvier avec l’arrivée des Rois Mages, accompagnés de personnages et d’animaux dans une ambiance provençale.

    À quelques pas du musée ciotaden, Keltoume, une Lyonnaise senior, entourée de deux copines, donne libre cours à son enthousiasme : « Nous sommes ébahies et émerveillées. » Elle enchaîne : « Les gens ont besoin de ça. On vit une période difficile, et toutes ces lumières nous mettent du baume au cœur et nous amènent de la joie ! ».

    Le trio a assisté au mapping* (projection) sur la façade du musée ciotaden, « où un enfant rêve de Noël et fait le tour du monde », esquisse Keltoume. Là aussi, la magie est à l’œuvre. Sur le bâtiment, on apercevra le Père Noël juché sur son traîneau, des décorations s’épanouir, des ours polaires passer… Le voyage, accompagné de musique, amènera le spectateur en Afrique, en Chine, au Mexique, en Australie…

    * Spectacle de 8 minutes, projeté toutes les 30 minutes

  • Le plus ancien ciné du monde en activité a son timbre

    Le plus ancien ciné du monde en activité a son timbre

    Maintenant un timbre va porter l’âme de La Ciotat partout dans le monde », se réjouit Michel Cornille, président de l’association Les lumières de l’Eden*.

    Gravé en taille-douce par Christophe Laborde-Balen, il représente la façade Art déco de l’Eden théâtre. À côté de l’entrée du cinéma, il fait une discrète allusion à L’entrée d’un train en gare de La Ciotat, un des premiers films tournés par Louis et Auguste Lumière (1895). Présentée par Michel Cornille comme « la dame du timbre », Agnès Rico, bénévole et administratrice des Lumières de l’Eden, a en effet eu l’idée « de monter un dossier pour faire une demande officielle à La Poste en vue de réaliser un timbre sur l’Eden ». L’aventure, débutée en 2021, a abouti « en décembre 2024, lorsque le projet est paru dans le programme philatélique officiel », explique-t-elle. Vendredi, le dévoilement officiel du timbre a eu lieu dans l’enceinte même du cinéma l’Eden Théâtre. Des agrandissements vont être visibles à l’Eden, dans les bureaux de poste. Une vente en avant-première est prévue le 13 février prochain à l’Eden, puis le 14 dans le bureau de poste de La Ciotat, avant que le timbre ne soit vendu partout en France à partir du 16 février, durant la seule année 2026.

    L’Eden sauvé du naufrage

    « Faites-en des réserves, pour être des passeurs d’images, d’histoire et de joie », a lancé Agnès Rico. Né théâtre en 1889, l’Eden Théâtre de La Ciotat, situé au 25 boulevard Clemenceau, a vu sa destinée basculer à l’automne 1895 avec des projections d’images animées par le Cinématographe de Louis Lumière. Le 21 mars 1899, la projection payante de 19 films Lumière devant 250 spectateurs enthousiastes signe la naissance officielle de l’Eden Théâtre dans le monde du cinéma, date retenue par le Livre Guinness des records pour en faire la salle de cinéma toujours en activité la plus ancienne au monde. « Racheté par la Ville en 1992, l’Eden Théâtre aurait pu mourir à l’automne 1995 lorsqu’une commission de sécurité ordonne sa fermeture. Mais l’Eden résiste. Le 12 février 1996, il est classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, échappant ainsi à toute menace de disparition et de transformation », dit le commentaire d’un petit film projeté. Mais « miné par les infiltrations, l’Eden agonise… ». Jusqu’à ce que les associations La Ciotat Berceau du cinéma et Les lumières de l’Eden, les bénévoles, le monde artistique se mobilisent pour sa rénovation. Qui sera programmée dans le cadre de Marseille Provence capitale de la culture 2013 et grâce à cette manne financière providentielle.

    * L’asso gère l’Eden en délégation de service public pour la Ville

  • L’Atelier Bleu mobilisé contre le plastique en Méditerranée

    L’Atelier Bleu mobilisé contre le plastique en Méditerranée

    « Notre mer, berceau de civilisations, étouffe sous le plastique. La Méditerranée, semi-fermée et cernée par des zones fortement urbanisées, est aujourd’hui l’une des mers les plus polluées du monde », amorce la lettre ouverte envoyée aux ministres de la COP 24, réunis au Caire du 2 au 5 décembre derniers.

    Adressé par la Coalition interparlementaire pour mettre fin à la pollution plastique, signée par des organisations, scientifiques, associations et citoyens engagés, ce courrier étaye : « Chaque année, 230 000 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans la Méditerranée, soit environ 730 tonnes par jour. Plus de 7 millions de tonnes de plastiques (macro, micro et nano) sont déjà accumulées dans le bassin méditerranéen, soit l’équivalent en poids de 350 milliards de bouteilles en plastique. »

    Et d’alerter  : « Ce volume pourrait doubler d’ici 2040 sans action majeure. Cette situation est d’autant plus dramatique que dans la Méditerranée, tout plastique rejeté y est piégé, contaminant la faune, la flore et, par l’infiltration de microfibres, d’additifs chimiques et de perturbateurs endocriniens, la santé humaine elle-même. »

    12 ramassages par an

    Servane Tarot, directrice de l’Atelier Bleu à La Ciotat, association qui œuvre à la protection de l’environnement « de Marseille à Toulon, sur la côte provençale » rappelle-t-elle, fait partie des signataires du courrier. « Face à l’urgence et à la lenteur des négociations internationales, cette lettre appelle à un plan d’actions », insiste-t-elle. Notamment « fixer des objectifs ambitieux de réduction, créer un fonds méditerranéen dédié et intégrer cette lutte dans toutes les politiques publiques » .

    La lutte contre la pollution plastique est une des missions de l’Atelier Bleu depuis 1984, informe Servane Tarot. « Nous mettons en place des actions curatives, avec par exemple 12 opérations de ramassage de plastique par an, avec les écoles, les entreprises, les citoyens… », détaille-t-elle. En parallèle, depuis 2018 auprès des commerçants ciotadens et 2024 auprès des forains des marchés de La Ciotat, « nous agissons pour sensibiliser à la réduction des sacs plastique à la source. 80% d’entre eux ont accepté notre accompagnement personnalisé pour faire évoluer leurs pratiques. Un des obstacles est économique : les emballages réutilisables coûtent plus cher que le plastique… », développe-t-elle.

    Il y a encore du chemin à faire pour que l’usage d’un contenant réutilisable par le consommateur gagne du terrain.

  • L’union de la gauche est un chemin semé d’embûches à La Ciotat

    L’union de la gauche est un chemin semé d’embûches à La Ciotat

    Le chemin de l’union de la gauche pour les municipales risque bien d’être semé d’embûches. Alors que, dimanche 7 décembre, le collectif La Ciotat nous rassemble, « composé de femmes et d’hommes de gauche, écologistes et citoyens » a distribué des tracts en ville, intitulés « Rassembler la gauche, les écologistes et les citoyens, c’est possible ! », Toni Delogu a réagi, ce lundi. « Je trouve cela très prématuré, car au niveau local et fédéral, aucun accord n’a été conclu à ce jour entre le PCF, le PS, les Verts… Il ne faut pas un rassemblement de façade », a-t-il désapprouvé.

    Désaccord sur la tête

    de liste

    Avant d’enchaîner : « On est à ce jour en capacité de monter une liste avec le PS, Place publique, Génération.s et certains membres du collectif “Pour que vive le NFP à La Ciotat”. Mais pas avec le représentant de LFI, Jean-Paul Coste, un mélenchoniste qui nous traite de “traîtres”. » Il poursuit : « Nous avons rencontré les Verts, il y a quelques jours. Ils sont favorables à un renouvellement de l’échiquier politique et à une tête de liste féminine. »

    Si La Ciotat nous rassemble a démarré la campagne des municipales en solo, « c’est parce que chaque jour, on me demande : “que fait la gauche ?” », justifie le communiste Karim Ghendouf. Il précise : « Et il est hors de question que nous laissions l’espace d’expression politique à l’extrême droite. »

    Dans la commune, Daniel Salenc, soutenu par le RN, a été le premier à se déclarer candidat aux municipales. Quant au maire (DVD) Alexandre Doriol, « il est ultraprésent et utilise les moyens de communication de la Ville pour sa campagne qui ne dit pas son nom », attaque le conseiller municipal d’opposition.

    Karim Ghendouf reconnaît que le contenu du tract distribué dimanche est « une déclaration d’intention. Notre volonté est de rassembler toute la gauche sans exclusive. à ce jour, elle n’a pas été entendue. Mais je ne désespère pas que la gauche prenne ses responsabilités ».

    Parmi les « points de blocage » à l’union, il cite « le périmètre de l’union. Nous la souhaitons du PS à LFI. Or, le PS ne veut pas travailler avec LFI et vice versa ». Il évoque aussi un désaccord sur « la méthode » : « Je ne veux pas que les gens soient dans une posture politique, mais qu’ils se mettent autour de la table et travaillent pour leur commune et ses habitants. » Mais le désaccord le plus flagrant concerne la tête de liste. « À ce jour, on n’a pas posé de préalable. Mais on pense avoir une légitimité non négligeable », défend Karim Ghendouf. Le comité de soutien à la liste a d’ores et déjà rassemblé « 150 personnes », indique-t-il.

    La Fédération du PS des Bouches-du-Rhône « a émis le vœu d’une candidature féminine pour la tête de liste », confie la socialiste et conseillère municipale d’opposition Martine Cuccaroni. Native de La Ciotat, engagée en politique depuis 2012, cette monitrice de sport à la retraite « à la fibre sociale » s’est portée candidate. Aux militants ensuite de voter. Pour elle, il est temps que Karim Ghendouf, « qui se présente depuis dix-huit ans dans le cadre d’une liste d’union de la gauche », passe la main, « car ses résultats plafonnent ».

    Nouveau venu, non pas dans le paysage politique ciotaden, mais dans cette nouvelle campagne des municipales : Bernard Ougourlou-Oglou. L’ex-premier secrétaire du PS se présente comme « un social-démocrate au-dessus des partis ». Commentaire de son ex-colistière, Martine Cuccaroni : « Bernard cherche à affaiblir l’union de la gauche ».

  • A La Ciotat, l’hôtel 3 étoiles Moxy en plein marasme

    A La Ciotat, l’hôtel 3 étoiles Moxy en plein marasme

    On va laisser les procédures aller à leur terme », lâche, dans le hall de l’hôtel Moxy, Nicolas Gay, le directeur général. Motus et bouche cousue, telle est la consigne qu’il a reçue de la SAS Walk La Ciotat, qui gère cet établissement, sous franchise du groupe Marriott, depuis son ouverture le 29 juin 2022. L’hôtel, situé au 756 avenue Emile-Bodin, à proximité immédiate du rond-point de la Locomotive, fait partie du complexe de loisirs Le Spot. Sur son site, le Moxy vante ses « 101 chambres dont 62 avec balcon, six salles de réunion, un bar animé, une offre restauration, une piscine avec terrasse en rooftop et de nombreux événements tout au long de l’année ».

    Doutes sur la rentabilité

    Après que, le 31 juillet dernier, la société Walk La Ciotat a déclaré auprès du tribunal de commerce de Marseille la cessation de paiement, ce dernier a ouvert, le 11 septembre, une procédure de redressement judiciaire, avec période d’observation jusqu’au 11 mars 2026.

    Interrogée lors des audiences au tribunal sur les causes qui ont conduit à ces difficultés, la représentante de Walk La Ciotat a répondu « qu’à sa création, son dirigeant avait tout misé sur Le Spot, un projet urbain entièrement piéton, ambitieux, prévoyant plusieurs espaces dont des salles de cinéma, de sport, mais à ce jour, le succès n’est pas au rendez-vous ». Elle a fait valoir auprès du tribunal qu’elle travaillait « avec une équipe très soudée ». « L’établissement a de belles perspectives mais le problème est le montant du loyer », a-t-elle déclaré. Walk La Ciotat loue en effet les murs de l’hôtel Moxy au gérant du Spot. Walk La Ciotat a voulu négocier le loyer, « mais le bailleur s’est rétracté ». Ce bailleur est d’ailleurs « son seul créancier », a-t-elle souligné. Le passif de la société s’élève à un peu plus de 2,26 millions d’euros, et le chiffre d’affaires pour 2024 à 2,60 millions d’euros. Le salaire des 20 salariés est payé. Le taux d’occupation des chambres est de 55%. La société avait jusqu’au 28 novembre pour trouver un repreneur. Mais pour l’heure rien ne filtre. Le 12 novembre dernier, la porte-parole de Walk La Ciotat a indiqué « qu’aujourd’hui, son combat est de sauvegarder l’hôtel et les emplois ». Son bailleur, a-t-elle dit, « ne s’oppose pas à la vente des murs pour 13 millions d’euros ».

    Contacté, l’adjoint au maire délégué à l’économie et au commerce, Eric Belrivo, a sobrement réagi : « On est attentif. On aimerait bien que ça continue. » Conseillère municipale dans l’opposition, la centriste Mireille Benedetti se souvient « avoir alerté la municipalité de l’époque et le maire (LR) Patrick Boré » de ses doutes quant à « la rentabilité d’un hôtel à cet endroit, en sortie d’autoroute et près d’une zone commerciale ». En plus d’être « un grand catafalque qui bouche la vue sur le magnifique paysage maritime ciotaden », enrage-t-elle. Le Moxy « fait partie d’un complexe de loisirs promis par le maire Patrick Boré et annoncé à l’époque comme “un pôle dynamique et innovant”. Or à ce jour les restos qui avaient ouvert ont petit à petit fermé leurs portes et l’hôtel est en difficulté. On a été trompés sur la marchandise ».

  • Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    C’est le premier assaut du froid. Emmenés par Alba, médiatrice du patrimoine à la Ville, et Magali, la trentaine de personnes inscrites à la visite*, saisies par le vent froid qui transperce, hâtent le pas. Le soleil est au rendez-vous. Sitôt franchi une grille, le groupe rentre sur le site des chantiers navals de La Ciotat Shipyards (LCS). Pour éviter tout espionnage industriel, aucune photo n’est autorisée. Grande frustration. D’autant que le site ferait se damner tout amateur de photographie…

    Les 105 irréductibles

    Ici, tout est démesure. Gagnés pour trois quarts sur la mer, les chantiers navals actuels « occupent 34 hectares », renseigne Alba. Ils étaient concentrés sur 3 ha, à l’époque des tout premiers chantiers modernes Vence-Benet (1835-1851)… On construisait des bateaux en bois à La Ciotat depuis 1660. Juste avant la visite, cette histoire captivante est racontée, par le biais de diapos commentées et d’un film, aux visiteurs.

    Drôle de paysage. Sur une immense plateforme claire battue par les rafales, les 7 immeubles flottants que sont les mégayachts ont pris place. Ils ont été mis à quai et au sec par « Atlas », explique Alba. Inauguré en septembre 2022 après plus de deux ans de travaux, c’est le petit nom de « l’ascenseur à bateaux. Il peut soulever des yachts de 80 à 120 mètres de long, avec un poids maximal de 4 300 tonnes. Depuis sa mise en service, La Ciotat figure parmi les trois chantiers navals les plus performants au monde pour ce type de yachts. » Au loin, d’autres navires tout aussi gigantesques, comme le sont les fortunes qui permettent de les acquérir (les propriétaires sont en majorité issus des Émirats, de Russie, des États-Unis), ont été enveloppés dans des sortes de cocons pour être repeints. À l’emplacement même de la plateforme Atlas, était la cale de lancement n°1 empruntée par de nombreux pétroliers construits à La Ciotat, durant le fameux « âge d’or », de 1940 à 1982.

    Un bus attend les passagers. Il s’arrêtera à proximité de chaque grande infrastructure. Comme « la grande forme, de 350 mètres de long à l’origine, sur 59 m de large, où l’on peut construire un navire à sec. Puis on remplit avec de l’eau de mer avec les vannes », précise Alba. Il est alors prêt à prendre la mer. Mais aussi le fameux grand portique. Celui dont la poutre horizontale culmine à 83 mètres de haut, avec, écrit en bleu sur fond blanc : 105. Ce sont les 105 irréductibles. Ces gars du chantier qui refusèrent de voir mourir leur outil de travail. De 1988 à 1994, ils occupèrent le site. Et réussirent à le sauver.

    * Gratuit. Infos : MCN, 46, quai François-Mitterrand prolongé. 04.42.08.65.23.

  • [Théâtre] Fanny Ardant succombe à « l’appel de la forêt »

    [Théâtre] Fanny Ardant succombe à « l’appel de la forêt »

    Elle s’était juré de ne plus remonter sur les planches. Et pourtant. « Revenir au théâtre, c’est toujours mystérieux Comme si se mettait en place une alchimie entre un moment particulier de votre vie, un texte, un personnage. C’est l’appel de la forêt, impossible à définir en termes logiques et raisonnables », répond par mail, à La Marseillaise, Fanny Ardant. Cinq ans après sa dernière apparition au théâtre, la voilà de retour sur scène pour La blessure et la soif, qui se joue lundi 24 et mardi 25 novembre à la Chaudronnerie, à La Ciotat.

    « Emportée » par ses « convictions et passions »

    La blessure et la soif est une histoire d’amour et de mort, qui s’inscrit dans une fresque historique : celle de la Fronde. Dans cette pièce mise en scène par Catherine Schaub, d’après le roman éponyme écrit par Laurence Plazenet, la célèbre comédienne y campe le rôle de Madame de Clermont, épouse et mère qui se laisse aller à l’adultère avec le neveu de son mari. « C’est une joie pour moi de jouer des personnages irrationnelles, passionnées, emportées par leurs convictions et leurs passions, à leurs risques et périls », confie Fanny Ardant, à propos de l’un des deux personnages phares de ce spectacle qui se jouera également du 10 au 28 mars 2026 au Théâtre des Bernardines, à Marseille. Une pièce également portée par un souffle spirituel qui l’a contaminée. « Jouer le rôle de Madame de Clermont a conforté mon âme à croire en une mystique et ne pas suivre les ordres et les règles d’une église », fait-elle part.

  • La Marianne d’or remise au maire de La Ciotat

    La Marianne d’or remise au maire de La Ciotat

    Lors d’une opération intitulée « Aux arbres citoyens », début février, la Ville avait convié les habitants de La Ciotat à planter 10 000 arbres remis à chaque volontaire, dans le parc du Domaine de la Tour. La Ville, qui a participé au concours des Marianne d’or, créé en 1983 par Edgar Faure et Alain Trampoglieri, a décroché une Marianne d’or du développement durable. Cette année, 600 maires ont concouru, et 22 ont reçu une Marianne d’or. Pour Alain Trampoglieri, le maire de La Ciotat a mérité cette distinction « car l’audace de planter 10 000 arbres, c’est relever un défi. On parle beaucoup de développement durable, on fait peu de choses. Alors quand un conseil municipal répond aux attentes des citoyens, c’est formidable ! », a-t-il commenté jeudi par téléphone.

    Projets innovants

    Le concours national de la Marianne d’or « distingue l’exemplarité des politiques locales et valorise les élus et acteurs des territoires qui portent des projets innovants et utiles à la collectivité ». Le 1er février dernier, le maire, sur place pour lancer l’opération avait déclaré : « En ces temps où l’amplitude thermique et le réchauffement climatique sont plus que jamais d’actualité, il était important que l’on puisse dire à nos enfants que nous avons fait le premier pas vers une végétalisation qui permet à la fois d’apporter des îlots de fraîcheur, de réduire l’amplitude thermique, et de donner la vie. À La Ciotat, nous avons fait quelque chose d’unique, d’exceptionnel, de porteur de sens, qui donne une véritable dimension au verdissement de notre commune. »