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  • Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Industrie

    Une année cruciale pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Nécessaire pour la décarbonation de la zone, la ligne très haute tension doit obtenir le feu vert de l’état, après les municipales de mars, le temps de réaliser de dernières études. En attendant, les projets commencent à se concrétiser. à Fos-sur-Mer, le site de production de panneaux photovoltaïques Carbon, désormais allié au leader chinois du secteur Longi, doit faire ses premières livraisons avant la fin de l’année. La construction d’une aciérie électrique par l’Italien Marcegaglia, un investissement à un milliard d’euros, doit démarrer au 3e trimestre, tandis que le lancement du projet d’acier décarboné Gravithy est attendu pour la fin de l’année, si l’investissement est définitivement confirmé. Le Grand port maritime de Marseille-Fos, de son côté, fêtera ses 60 ans en lançant les travaux de son nouveau siège social au J0, en plus de poursuivre le branchement à quai pour trois navires de croisière.

    Transports

    Enfin : le métro à Marseille va de nouveau rouler après 21h30, avec la mise en service progressive des nouvelles rames « Neomma » au premier semestre. De quoi tourner enfin la page des difficultés techniques rencontrées sur ce chantier XXL du plan Marseille en grand, qui doit encore se poursuivre avec l’installation de portes palières sur les quais pour permettre l’automatisation complète du métro. Avant cela, l’année commence par l’inauguration de l’extension du tramway jusqu’à Capitaine-Gèze au nord le 7 janvier, jusqu’à la Gaye au sud le 10 janvier, ainsi que celle du bus à haut niveau service entre les Pennes-Mirabeau et Marignane ce lundi. à Aubagne, le Val’tram permettra, à compter de cet été, de rallier la Bouilladisse en tramway.

    Reste à préparer l’avenir : une enquête publique doit se tenir, cette année, pour prolonger le tramway à Marseille jusqu’à la Castellane (16e arrdt.), une autre dès la mi-janvier sur les parcelles concernées par la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur, alors que le chantier de la nouvelle gare Saint-Charles est officiellement lancé. Les marchés publics sont également lancés pour les premiers travaux préparatoires du tramway des Catalans. Enfin, l’aménagement cette année du rond-point de la Gaye (9e arrdt.) ouvre la voie à la relance du boulevard urbain sud.

    À Marseille

    à Marseille, l’année s’ouvre sur le rachat attendu par la municipalité du foncier des Galeries Lafayette au centre Bourse, qui doit s’accompagner d’un appel à manifestation d’intérêts pour une transition de trois ans. D’autres projets doivent se concrétiser : c’est le cas de la médiathèque Loubon, à la Belle de mai, dont la livraison est attendue à la fin de l’année. Le plan écoles continue aussi à se dérouler : tandis que le maire (DVG) Benoît Payan annonçait, lors de la dernière rentrée, six nouveaux établissements livrés d’ici au mois de mars 2026, les chantiers devraient être lancés dans quinze groupes scolaires au moins, dont celui, emblématique, de Saint-André – la Castellane, la justice ayant désormais validé la rupture du contrat initial après les carences du groupe Impresa Percassi. Les aménagements des parcs se poursuivent eux aussi, à l’image de la création du nouveau parc de l’Annonciade, sur deux hectares au pied du massif de l’Étoile. Côté santé, tandis que les premiers coups de pioche ont été donnés pour le bâtiment parents-enfants de la Timone, le nouveau Samu doit ouvrir ses portes au mois d’avril, sur 4 500 m2 face à des besoins toujours plus importants. Les premiers travaux préparatoires du nouvel hôpital d’instruction des armées doivent aussi commencer sur le camp de Sainte-Marthe, pour une livraison en 2031.

    Côte grands événements, le parc Chanot (8e arrdt.) poursuit sa grande transformation : le bitume du grand parking doit être retiré pour accueillir, sur plus de 13 000 m², une esplanade de loisirs, ne laissant plus sa place aux voitures que lors de grandes manifestations.

    Logement

    Avec l’année 2026 s’ouvre une nouvelle période triennale pour la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) : de nouveaux arrêtés de carence, avec des amendes à la clé, doivent être pris pour les communes n’atteignant pas 25% de logements sociaux. à Marseille, la société publique locale d’aménagement d’intérêt national, chargée de la réhabilitation du centre-ville, livrera ses premiers logements rénovés à l’automne. De manière symbolique, alors que commencent au printemps les premiers travaux dans les immeubles du haut de la rue d’Aubagne, le lieu ressource installé dans la « dent creuse » des effondrements doit ouvrir au début de l’année.

  • [Rétro 2025] Gard : clap de fin pour Solvay et ses 64 salariés

    [Rétro 2025] Gard : clap de fin pour Solvay et ses 64 salariés

    Salindres a été sous le feu des projecteurs en cette année 2025. En effet, l’usine chimique Solvay – qui produit du TFA, le plus petit des per- et polyfluoroalkylées (Pfas) – avait annoncé fin 2024 sa volonté de fermer son site gardois, mettant sur le carreau les 64 salariés dont certains y travaillaient depuis une vingtaine d’années. Un exemple de plus de casse industrielle frappant un département déjà durement touché par la désindustrialisation. Pourtant, les salariés ont lutté tout au long de l’année pour tenter de stopper l’engrenage. Bien que le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) ait été signé par l’intersyndicale (composée de la CGT, la CFDT et CFE-CGC) – prévoyant entre autres une compensation de 40 000 euros et un congé de reclassement de 15 mois – et validé par la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) le 21 janvier, la bataille s’est finalement menée sur les terrains sanitaire et environnemental.

    Car beaucoup pointent la dangerosité du TFA. Aussi bien du côté des associations écolos comme Générations Futures ou le collectif Gard-eau-Pfas, qui ont réalisé des prélèvements autour de Salindres montrant une forte contamination de l’eau au TFA aux alentours que de l’ARS, qui a décidé de se saisir de la question en organisant ses propres prélèvements. Des analyses qui ont provoqué la fureur des salariés, se sentant encore plus abandonnés par la direction. À l’instar de Jean-Pierre Tosi, opérateur sur le site depuis 2001 et en arrêt maladie depuis deux ans. « J’ai une maladie auto-immune qui s’attaque à mes reins. (…) Quand la maladie s’est déclenchée, j’ai été hospitalisé un mois à Nîmes. Certains médecins me disaient que c’était à cause des produits chimiques que j’avais respirés et d’autres étaient moins catégoriques », soutient le salarié dans les colonnes de la Marseillaise. D’autant que son cas est loin d’être isolé : son père et son oncle, tous deux travaillant également à Solvay, sont décédés d’un cancer.

    Mais les salariés n’auront jamais réussi à faire flancher une direction refusant de payer des tests médicaux. Après un blocage d’accès au site, celle-ci a finalement accepté de garder une vingtaine de salariés, dont une douzaine du Groupement d’intérêt économique. Le 28 mars, la plus grande vague de départs avait lieu, marquant la fin d’une histoire. Puis les mauvaises nouvelles se sont enchaînées. En juillet, l’Inspection du travail a confirmé le licenciement pour motif économique de salariés protégés, exerçant des fonctions représentatives. « Les derniers salariés sont donc licenciés », soupirait Damien Orly, délégué CGT à Solvay. Pourtant, le TFA est, lui, toujours présent.
    Louis Dupin

  • [Rue de la République] Préfet Jacques Witkowski : « 28 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis »

    [Rue de la République] Préfet Jacques Witkowski : « 28 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis »

    Le narcotrafic

    Didier Gesualdi : Le narcotrafic empoisonne le quotidien de nombreux Marseillais. Que faut-il retenir de la visite présidentielle à ce sujet ? La hausse de l’amende aux consommateurs ?

    C’est une mission importante qui m’a été confiée. Je conteste l’expression « empoisonne le quotidien », on est très au-delà de cela. Ce n’est pas une gêne. Quand j’ai pris mes fonctions, j’en ai bien pris la mesure. Ce n’est pas l’affaire que de la police nationale, des gendarmes, des douaniers, des magistrats… C’est l’affaire de tous les citoyens de pouvoir reconquérir le terrain pour vivre normalement. Nous sommes dans une continuité des stratégies d’action pour tirer parti des expériences acquises et aller vers une performance meilleure. La stratégie passe par une occupation déterminée et têtue du terrain. Je sais qu’on peut me dire « ils sont venus, pendant trois heures c’était bien et puis cinq heures après, ça recommence ». On va recommencer aussi. Autant de fois que nécessaire. On m’a montré une « publicité » de trafiquant qui disait « venez comme vous êtes ». J’ajoute : « Venez comme vous êtes, on va vous conduire au commissariat. » On va continuer à pilonner. Sachez qu’à Marseille tous les jours c’est entre 250 à 350 policiers qui pilonnent les points de deal. Nous sommes dans une course. De temps en temps on fait des accélérations et on aura quelques surprises dans notre besace. Il m’est insupportable de constater que dans certains quartiers, pour rentrer chez vous, vous passez un contrôle de gens qui ne sont pas en uniforme et qu’il y a des chicanes. C’est insupportable. Nous prendrons le temps qu’il faut pour en finir. Uniquement sur la zone police, je ne prends ni les douanes ni les gendarmes, c’est plus de 28 millions d’euros d’avoirs criminels qui ont été saisis. C’est plus d’une quinzaine de commerces fermés, ce sont de nombreuses suites judiciaires. Sur le plan des saisies. Nous avons largement dépassé 650 kg de cocaïne, à 55 euros le gramme en moyenne, vous voyez la somme que cela représente !

    Léo Purguette : C’est un reflet de l’énormité du phénomène dans notre territoire. Cette hausse d’amende n’est-elle pas un peu dérisoire ? Ne fait-elle pas évoluer le trafic vers de la livraison type « uber shit » ?

    Il faut aussi que nous prenions en compte l’environnement de tout cela : la pauvreté, l’habitat, le travail, la santé… Il faut de la prévention. Le président de la République a été parfaitement clair. S’il y a une offre, c’est bien qu’il y a une demande. Sur les saisies on est sur des dizaines, des centaines de millions de doses. Ça donne le tournis. Il y a certes des trafiquants mais toute une série de personnes qui alimentent le trafic par leur consommation. Quand l’éducation, la prévention ne suffisent pas, la peur du gendarme doit jouer son rôle.

    L’abandon des quartiers populaires

    Didier Gesualdi : Un travail colossal est à faire dans les quartiers, il passe aussi par la réimplantation du service public.

    Bien sûr que je l’entends. Je vais sur le terrain de manière visible mais aussi discrète pour me rendre compte de la situation sans avoir de filtres devant les yeux. J’ai servi sur d’autres territoires très complexes. Il m’est insupportable de voir des territoires dégradés dans lesquels le sentiment d’abandon perdure. Quand vous vous sentez abandonnés à 1 km du centre-ville, il faut un travail de police mais aussi de toutes les politiques publiques, de toutes les collectivités qui nous accompagnent.

    Léo Purguette : Sur les Maisons France services, une des alternatives poussée par l’État pour contrer la désertification des services publics, à Marseille certaines sont menacées parce que la Métropole s’en désengage. L’État va-t-il compenser ?

    C’est un dossier dans lequel je ne suis pas complètement rentré puisque je ne suis là que depuis trois semaines mais j’en ai entendu parler. Les Maisons France services sont une vraie réussite de reconquête du service public. Ces vingt dernières années, il a beaucoup reculé notamment en ruralité mais aussi dans les centres urbains. Après la crise des Gilets jaunes, l’idée de reconquérir du service public dans une forme de guichet unique est un axe particulièrement important. Les Maisons France services n’étaient pas faites pour le milieu urbain, mais elles y ont démontré leur hyper-pertinence. Donc il faut les maintenir, parfois les enrichir.

    Le logement social

    Didier Gesualdi : La production de logements connaît une crise. Que dites-vous aux communes qui ne jouent pas le jeu ?

    D’abord, sur la production, on a sur la totalité de la France depuis 4 à 5 ans, un ralentissement. Pour y répondre, nous avons plusieurs programmes qui sont en place. Sur la totalité de la région, cette année, nous avons dépensé 350 millions d’euros. C’est quand même une somme plus que rondelette. C’est nécessaire de le dire pour les habitants qui ont l’impression que rien ne bouge. Pour reprendre la formule d’Audiard, « La justice, c’est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s’installe ». En 2025, à Marseille et sur le territoire de la Métropole il y a une reprise, puisque l’objectif était de faire 3 000 logements, on va en faire 4 000. Bien sûr la demande reste très forte. L’année 2026, verra le programme Anru qui fait 800 millions pour le département dont 650 pour Marseille, la réhabilitation des copropriétés dégradées… Ensuite, les maires. La loi SRU déjà fort ancienne prévoit qu’on doit respecter 25% de logements sociaux à défaut de quoi il faut s’acquitter de sommes importantes réaffectées par l’État aux politiques du logement. C’est un choix local de certains maires.

    Léo Purguette : N’y a-t-il pas pour le représentant de l’État, quelque chose de moralement perturbant à voir des élus faire campagne en promettant d’enfreindre la loi ?

    Moralement perturbant, non. La loi existe et continuera de s’appliquer. Les élus sont élus démocratiquement, cela veut dire qu’une majorité des citoyens s’est portée sur eux. Il n’empêche que nous appliquerons la loi. Dans certains cas, on peut aller jusqu’au retrait du droit d’attribuer les permis de construire mais c’est un constat d’échec. La mixité sociale on peut en parler, elle ne se décrète pas, parce qu’après il faut la vivre.

    La crise agricole

    Léo Purguette : Qu’avez-vous à dire aux éleveurs de notre région, très inquiets, du fait de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine mais pas seulement ?

    J’étais en réunion avec le ministre de l’Intérieur à ce sujet quelques dizaines de minutes avant de vous recevoir. Le gouvernement entend bien qu’il y a différents sujets d’inquiétudes. L’agriculture connaît une situation complexe, de concurrence, avec des normes qui s’accumulent. J’ai demandé qu’on puisse discuter avec les éleveurs de Camargue et qu’on puisse les intégrer assez rapidement à une vaccination globale de manière à préserver la race. Pour le coup, il y a peu d’individus. Ce ne sont pas des bêtes qu’on vend pour faire de la boucherie ou du lait. La race est très spécifique, il faut que l’on puisse la protéger. La vaccination devrait arriver d’abord dans l’Hérault et suivre dans la foulée en Camargue.

    La décarbonation de l’industrie

    Léo Purguette : Vous avez rendu votre avis sur la ligne Très haute tension qui vise la décarbonation de l’industrie dans le golfe de Fos. Pourquoi l’entreprise RTE doit-elle revoir sa copie ?

    C’est un sujet qui a fait l’objet d’une action novatrice de la commission nationale du débat public, cet organisme garant de l’honnêteté – au sens du XVIIe siècle – et de la pertinence du débat public. Le travail rendu est absolument complet, on comprend bien les enjeux pour le territoire mais aussi les risques et les facteurs de blocages éventuels. Tout cela, nous amène à demander au porteur de projet qui est l’opérateur de transport d’énergie RTE, de construire un dossier qui tienne compte de tous ces éléments, de façon à s’approcher du consensus même si on n’y arrive jamais tout à fait. RTE doit améliorer son dossier de façon à ce qu’on puisse approcher du bonheur.

    Léo Purguette : Améliorer ça veut dire quoi ? Des sections du tracé souterraines ?

    Contrairement à ce que j’ai pu entendre dire, on n’a pas pris le parti d’une forme de projet. Lorsque vous lisez les arguments d’un certain nombre d’adversaires du projet, je comprends qu’on se pose des questions de paysage, on habite tous quelque part, ou de santé, d’impact environnemental… il faut pouvoir y répondre. Le choix porté par l’opérateur un peu à la façon de la barbe du capitaine Haddock « dessus-dessous » doit pouvoir être très justifié afin de savoir pourquoi on écarte et pourquoi on retient.

    Didier Gesualdi : Si on synthétise, il faut arriver à concilier le gisement d’emplois, avec la décarbonation, la santé des populations et l’environnement ?

    Je rappelle que la zone de Fos-Berre, à elle seule, représente 25% des émissions françaises de CO2 donc l’enjeu est considérable. Ensuite, c’est 42 000 emplois avec des perspectives de développement. Effectivement, une fois que l’on a dit ça, une ligne Très haute tension de 400 000 volts, ce n’est pas anodin dans un paysage. Évidemment, il faut tenir compte de l’ensemble des éléments mis en évidence dans le travail de qualité de la commission nationale du débat public. Il n’est donc pas possible pour le moment d’engager la déclaration d’utilité publique. L’opérateur RTE doit améliorer son dossier en incluant toutes les remarques qui lui ont été faites.

    Marseille en grand

    Léo Purguette : Le plan Marseille en grand fait polémique dans la campagne municipale notamment sur les écoles. Quels sont vos chiffres ?

    Marseille en grand est critiqué mais c’est normal. Il y a toujours sur le territoire, une attente. J’arrive au moment où le bébé est accouché et je fais le rôle du pédiatre qui est quand même beaucoup plus simple que celui de l’obstétricien. Si ce plan n’avait pas été conçu – 5 milliards d’euros excusez-moi du peu – nous serions tous restés au point ante. Donc on peut entendre toutes les critiques mais ce qui a été engagé est en route. Trois chiffres : parmi les 200 actions réparties sur 7 thématiques, 87%ont été réalisées ou commencées. Sur la totalité des 5 milliards d’euros, à l’arrivée du président de la République mardi, nous en étions à 61% d’exécution de crédits. Ça fait du bruit quand même, financièrement parlant. Et depuis, à l’heure ou nous nous parlons, nous avons encore engagé une douzaine de millions de plus, sur les transports. Sur les écoles, tout dépend ce que l’on regarde. Il y a 15 écoles livrées, 44 qui sont débutées et des phases 3 et 4 qui arrivent.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Grégoire :

    Bonjour M. le préfet. Il y a dans notre région une cascade de condamnations d’élus. Comment l’État agit pour prévenir les risques de prévarication ?

    Ça ne doit pas exister puisque c’est interdit par la loi. Il y a des textes qui encadrent les marchés publics. Il y a des textes de procédure, mais aussi des textes de déontologie. Il est nécessaire de les respecter. Ensuite, sortir d’un texte de loi ce n’est pas forcément toucher de l’argent, ce peut être bénéficier d’un avantage auquel on n’a pas droit, obtenir ou donner un passe-droit. Il ne faut pas minimiser, c’est comme sur la route, on va vous dire « j’ai été flashé à 91 km/h et la limite c’est 90, ce n’est pas grand-chose ». Sauf que si vous portez la limite à 100 km/h, vous aurez le même discours pour ceux qui sont flashés à 102. Donc premier élément : respecter les règles. Deuxième élément : faire en sorte que les règles soient connues. J’ai vu certains élus se trouver involontairement dans une situation de prise illégale d’intérêts parce que la loi est complexe. Le fait, par exemple, d’assister au vote d’une délibération dans laquelle vous avez intérêt peut arriver de bonne foi pour les grands élus qui ont de multiples responsabilités et qui ne font pas attention à une incompatibilité lors d’un vote. Troisième élément : l’exemplarité. Quand on est élu ou responsable public, il faut l’avoir en tête. On a aujourd’hui une remise en cause des élites qui montre le besoin de figures d’exemplarité qui donnent un cap. La faute d’un seul peut vite rejaillir sur tous. L’État est là pour faire respecter les règles. Tout simplement.

    La République c’est quoi ?

    Préfet Jacques Witkowski : « La République c’est ce qui nous unit au sein de la Nation. C’est l’ensemble de nos valeurs qui nous réunit au-delà de notre couleur de peau ou de nos convictions politiques. C’est l’ADN de la France. Être Français, ce n’est pas simplement être de quelque part. La République, c’est ce qui juridiquement, en notion et en vie courante, nous raccroche à tous. C’est un grand tout fait de petits détails. »

  • 107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    L’ambition est posée d’emblée : « Faire du golfe de Fos-étang de Berre le premier pôle industrialo-portuaire décarboné de la zone Euro-Méditerranée-Afrique, tout en préservant et valorisant ses atouts environnementaux. » Cinq mois après la fin d’une concertation XXL sur l’avenir de la zone, le conseil régional doit adopter, ce jeudi, le contrat de projet partenarial d’aménagement, afin d’accompagner l’installation de 30 projets industriels majeurs sur le territoire avec 10 000 emplois créés et de 15 à 20 milliards d’euros d’investissement sur dix ans. Un contrat qui doit être aussi validé en conseil départemental le lendemain, puis métropolitain lundi.

    Au total, 679,5 millions d’euros doivent être investis d’ici 2030 pour créer les infrastructures nécessaires, entre lancement d’études et réalisation des premiers travaux. Des financements fléchés en majorité sur les transports, en particulier sur la réalisation, attendue depuis cinquante ans, du contournement de Martigues et Port-de-Bouc avec 228 millions d’euros prévus, mais aussi pour la modernisation de la ligne de la Côte bleue en étudiant un possible rapprochement de la gare de Fos avec sa zone industrielle, à hauteur de 93 millions d’euros, pour la réalisation de pôles d’échanges multimodaux à Miramas, au Rove, Vitrolles et Rognac avec en plus une piste cyclable de Port-Saint-Louis à Distriport, pour 54 millions d’euros… Et puis il y a les études de la liaison Fos-Salon, la requalification de la D268 qui dessert les terminaux.

    S’ajoutent d’autres gros dossiers : la modernisation depuis longtemps réclamée de l’hôpital de Martigues pour 60 millions d’euros, le développement des réseaux d’eau industrielle pour 42,5 millions, auquel s’ajoutent des études pour prélever l’eau du canal d’Arles à Fos, se connecter au réseau du canal de Provence voire se pencher à plus long terme sur la dérivation de l’eau de l’usine hydroélectrique de Saint-Chamas vers le Rhône. La zone de la Fossette, à Fos-sur-Mer, doit de son côté être aménagée avec un investissement de 40 millions d’euros pour accueillir des services sur mesure pour la zone industrielle, avec espaces tertiaires, aires de services pour poids lourds, ainsi que future cité de l’industrie et du port.

    5 600 logements à créer

    Le document se penche aussi longuement sur la question du logement. Des zones prioritaires sont identifiées, sur le secteur nord canal à Port-Saint-Louis, autour du contournement de Martigues – Port-de-Bouc, sur la friche Rassuen à Istres. Au total, ce sont 5 600 logements qu’il faut livrer en cinq ans. Pour faciliter la maîtrise foncière, une opération d’intérêt national doit être mise en place, une société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in) créée.

    Mais, sur l’enveloppe prévue, 107 millions d’euros restent à trouver. « Quand on a le projet, on trouve les fonds, je ne suis pas très inquiet », tient à rassurer le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Qui rappelle que sur les fonds européens, « on est éligibles à tout ».

    Un cap, surtout, reste à passer, celui de la ligne très haute tension qui doit assurer le doublement de la demande en électricité, et sur laquelle une décision du préfet est attendue pour samedi. « Le conseil que je lui donne, c’est de le faire après les municipales pour ne pas déclencher de conflits qui n’existent pas », glisse Renaud Muselier, qui veut rassurer les industriels. Rappelant que l’ancien préfet, favorable au projet, est maintenant directeur de cabinet à l’Élysée.

    Pour Muselier, le RN a peu de chances aux municipales

    Interrogé par la presse, ce mercredi, sur la menace de l’extrême droite aux municipales, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier se montre optimiste. « Je ne crois pas à la victoire du RN dans la région », assure-t-il. Avec même l’espoir de refaire basculer Rognac, un an après la victoire surprise du RN. Cela ne l’empêche pas d’être inquiet pour Toulon, où « il y a de la division sur la ligne », tandis qu’à Arles, il a œuvré pour l’union de Cyril Juglaret avec Patrick de Carolis face au risque de défaite. Prudent sur la situation à Marseille avec l’évolution du mode de scrutin, il n’en rappelle pas moins que « le national ce n’est pas le local », taclant le candidat RN. Et d’écarter les craintes sur une alliance avec l’extrême droite : « Il faut bien qu’on récupère les électeurs RN et, en même temps, il ne faut pas qu’on perde les électeurs du centre. » Quant à Sabrina Agresti-Roubache, qui s’était émue des propos de Martine Vassal, « elle a sa place, mais ça ne peut fonctionner que si on est une équipe. »

  • Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Après trente-deux ans de lutte, les salariés ne sont pas près d’abandonner le dépôt SNCF de Béziers. Face à la position jusqu’au-boutiste de la direction, qui semble décidée à tout pour fermer le centre, les syndicats avancent leurs pions. « On nous a confirmé en septembre dernier que les départs à la retraite ne seraient pas remplacés et que le site fermerait d’ici trois ans », soupire Nicolas Midague, secrétaire de la CGT des cheminots de Béziers. Un crève-cœur pour la quarantaine de salariés restants.

    Pourtant, le projet de création d’un Centre de maintenance du matériel (CMR) pourrait assurer l’avenir de ce site historique. « On a besoin de ce centre. Les deux existants sur la région [à Nîmes et à Toulouse, Ndlr] sont saturés. Tout le monde l’attend », soutient Jérôme Vallet, des cheminots de Béziers. D’autant qu’avec la volonté affichée par la Région Occitanie de développer le train, les besoins sont flagrants. « La convention signée entre la Région et la SNCF a pour objectif d’augmenter l’offre de 25%. Ce qui veut dire qu’on va avoir besoin d’augmenter la composition des trains, de rouvrir des petites lignes, donc il faut du matériel et du personnel », fait valoir Bruno Brechon, secrétaire fédéral de la CGT des cheminots de Montpellier. À cela s’ajoute l’arrivée de la Ligne à grande vitesse (LGV) entre Montpellier et Béziers dans un premier temps, impliquant le développement des TER à partir d’autres villes pour rejoindre cette LGV.

    Narbonne reste à quai ?

    Sauf que la direction ne l’entend pas de cette oreille. « Ils réfléchissent à implanter ce nouveau CMR à Narbonne, pour être au carrefour du Languedoc-Roussillon. Deux fonciers seraient visés : un premier au nord de la gare, mais il est proche d’un quartier résidentiel et impacterait la vue d’un hôtel quatre étoiles. Sur l’autre terrain, ce serait faisable mais il manque un axe routier, ce qui est techniquement difficile à réaliser et coûterait au minimum 15 millions d’euros », reprend Bruno Brechon. Si bien que l’édile narbonnais semble hésiter quant à donner son feu vert à ce projet.

    Or à en croire les syndicats, tout est prêt dans la cité de Riquet pour recevoir ce CMR. En effet, sur site, trois activités sont toujours développées. « Nous avons un centre d’excellence de contacteurs et cheminées, c’est notre spécificité, nous réparons tous les contacteurs de France. Ensuite, il y a un technicentre pour restaurer les locomotives thermiques. Et enfin, un centre de détagage », énumère Guillaume Berthezène, secrétaire technique de la filière matériel de la CGT cheminots de Béziers. Une preuve que subsiste encore de l’activité industrielle, n’en déplaise à la direction. Et outre le savoir-faire, le foncier -contrairement à Narbonne- est disponible. « Notre gare de triage comporte déjà 27 voies, ce qui est beaucoup. On pourrait s’en servir pour relancer le fret, tout est possible. Et l’axe routier est garanti », note Jérôme Vallet. Une aubaine pour l’emploi également, les syndicats tablant sur « la création de 40 à 80 emplois, ce qui n’est pas déconnant pour une ville sinistrée comme Béziers ».

    Face à la « position dogmatique » de la direction, la CGT espère débloquer une étude de faisabilité sur le site de Béziers, rejetée jusqu’alors. Pourtant, cette alternative pourrait mettre un coup d’arrêt à la casse sociale opérée ces dernières années.

  • Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    « On a une forte envie et une forte énergie ! » Le « je suis candidat » prend une tournure plurielle pour Gaby Charroux, ce jeudi soir, à l’heure de présenter sa candidature pour les prochaines élections municipales de 2026, à Martigues.

    Entouré de sa majorité et de près de deux cents soutiens issus du monde politique, économique, associatif, culturel et sportif, l’actuel édile martégal, candidat à sa succession, l’affirme : « C’est une aventure collective que nous menons avec notre équipe, qui se constitue dans le plus large rassemblement citoyen et républicain, comme nous le faisons depuis 1989. » Et d’insister : « Notre ambition est toujours la même, faire de Martigues une ville qui protège ses concitoyens. »

    « Une liste citoyenne »

    Cette candidature se veut participative. Gaby Charroux appelle d’emblée : « Chacun d’entre vous, dans votre secteur, sportif, économique ou culturel, que vous soyez jeune, ou vieux, femmes ou hommes, nous avons besoin de vos propositions, y compris vous qui faites partie des près de 1 000 associations de Martigues. Notre liste sera citoyenne », affirme le candidat.

    « Nous sommes à une étape charnière pour le développement de notre territoire et nous cherchons à ce que notre ville donne à chacun un avenir dont il a envie », poursuit Gaby Charroux, parlant d’un « travail avec la majorité et les services municipaux pour les années à venir, une vision de Martigues 2050 ».

    Dans « un monde de plus en plus violent », « quand à l’extérieur du pays il y a la guerre et à l’extérieur le narcotrafic, ce fléau », Gaby Charroux considère que « les communes sont devenues les vrais pôles de stabilité dans le pays », face à « un État qui a oublié sa boussole ». Mais il demeure « positif et optimiste, car j’ai foi en la nature humaine ».

    De nombreux défis

    Le mandat remis en jeu en 2026 est celui « des défis » pour l’actuel maire. Ceux « du service public, notamment postal, pour lequel nous avons bataillé avec le comité de vigilance pour maintenir la Poste de Ferrières ». Mais aussi « le défi majeur de l’hôpital public qui se pose actuellement ». Comme celui de conjuguer « la réalisation du contournement autoroutier avec notre exigence de compensation territoriale sur le territoire martégal, en figeant 70 hectares d’espaces naturels intouchables », détaille Gaby Charroux. Sans oublier l’enjeu « de la décarbonation. Nous voulons conforter les emplois industriels de notre territoire, dans lesquels se trouvent les meilleurs salaires. »

    Ces défis convergent, selon l’édile, vers « la préservation du modèle martégal et la transition écologique », pour « continuer à faire de Martigues une ville pas comme les autres », où l’« on porte la solidarité, la fraternité, l’égalité, où tous les combats sont les nôtres, dont celui des femmes ».

    Les outils pour y parvenir ? « Les services publics, les associations, l’industrie et le cinéma, qui sont les pôles d’attractivité de notre ville que nous devons protéger comme des joyaux », conclut Gaby Charroux.

    TÉMOIGNAGES

    Olivier Marchetti, président de Provence Studios

    « Martigues est un territoire incroyable, le cinéma prospère. Plein de films y sont tournés, dans des espaces naturels, des décors variés, tout en étant proche d’une grande ville, sans les contraintes. Toutes les conditions sont réunies pour développer la filière cinéma. En 2023, on est monté à 1 600 personnes travaillant sur site. Il reste le défi de pouvoir se déplacer plus facilement, particulièrement quand on accueille un gros tournage avec de gros castings. »

    Clémence Calvin, athlète de course de fond

    « La ville prend soin de ses habitants sans laisser personne de côté. On est gâtés. La singularité tient à la politique sociale et ça me tient à cœur qu’elle dure, en premier lieu pour mes enfants. C’est pour eux que je suis là et que je soutiens Gaby Charroux. Mes enfants font les centres d’initiation sportive (CIS), font du VTT sans être empêchés par l’argent, ont des cours d’art plastique. Tout le monde n’a pas accès à ces activités, mais à Martigues, c’est le cas ! »

    Thomas Vaïsse, doctorant en sociologie

    « Il y a deux originalités à Martigues. La diversité du territoire d’abord, avec un centre-ville provençal traditionnel marqué par les canaux, aux côtés du rural et de l’industrie. Une richesse et une possibilité d’imaginer plein de choses. L’enjeu de la gratuité est aussi central, elle permet d’installer une base pour tout le monde. La société décide qu’il y a certains éléments communs et tout le monde doit participer à son existence et sa reproduction. »

    Florence Dantin, militante du droit au logement

    « Gaby Charroux et son équipe sont très sensibles et réactifs sur le sujet du logement. Quand les gens ont de graves problèmes, il faut aller les voir chez eux, ce qu’on a pu voir à Notre-Dame-des-Marins. Le collectif est bon, le volet social de Martigues est énorme, le maire a beaucoup donné pour les associations. Son discours est aussi très ouvert, on sent que tout le monde peut venir et participer. Il y croit, et ça s’entend ! »

  • [Entretien] Aurélie Trouvé : « Pas d’autre alternative que la nationalisation d’Arcelor »

    [Entretien] Aurélie Trouvé : « Pas d’autre alternative que la nationalisation d’Arcelor »

    Ce jeudi, l’ordre du jour de l’Assemblée nationale est consacré à la France insoumise, qui porte huit textes : une résolution sur le Mercosur, l’égalité d’accès au service public postal en Outre-mer, la nationalisation d’ArcelorMittal, la défiscalisation des pensions alimentaires perçues, la gratuité totale des parkings des établissements publics de santé, une résolution pour faire respecter le droit international à Gaza, l’exonération des apprentis de la CSG et enfin l’abrogation de la retraite à 64 ans. Le texte sur ArcelorMittal, soutenu par la CGT, sera particulièrement scruté.

    La Marseillaise : Comment abordez-vous cette niche parlementaire durant laquelle vous défendrez la nationalisation d’ArcelorMittal

    Aurélie Trouvé : De manière combative, optimiste et déterminée. Il y aura 500 travailleurs d’ArcelorMittal devant l’Assemblée, c’est quand même leur outil de production mais aussi notre souveraineté industrielle qui est en jeu. Il n’y a pas d’autre alternative, ce qui fait que cette nationalisation est légale. Personne n’a avancé une autre solution, à part d’espérer peut-être un jour qu’ArcelorMittal accepte d’investir, aucun élément probant permet de le penser. La stratégie de la famille Mittal, depuis qu’elle a récupéré Arcelor en 2008 est d’étouffer la production européenne, le principal concurrent de leur propre production en Inde, au Brésil et aux États-Unis.

    Le PDG d’ArcelorMittal France estime que la nationalisation « ne changera en rien les problèmes structurels ». Que répondez-vous

    A.T. : Cela ne peut pas expliquer tout le désinvestissement parce que les difficultés elles sont partout, pas seulement en Europe. Par ailleurs, il y a des perspectives de demandes importantes. ArcelorMittal a fortement diminué sa dette et augmenté sa trésorerie. La productivité en Europe qui est à peu près équivalente à celle des États-Unis. Il n’y a aucune raison qu’ArcelorMittal sous-investisse à ce point-là en Europe alors qu’il investit bien davantage dans les autres pays.

    Cette nationalisation est estimée à 3 milliards d’euros ?

    A.T. : Ce montant de 3 milliards d’euros n’a pas été démenti en commission des Finances, puisque même M. Ferracci, l’ancien ministre de l’Industrie, a dit qu’il se reposait sur l’Institut de La Boétie qui a chiffré cette nationalisation à 4,4 milliards. Je lui ai répondu qu’effectivement, j’avais participé à ce chiffrage. Sauf qu’ici, évidemment, on est plutôt sur 2/3 de la production qu’on avait chiffrée, puisqu’ArcelorMittal France, c’est 2/3 de la production française. Donc c’est tout à fait cohérent avec les chiffres de La Boétie. Ces trois milliards, ce n’est rien à côté du coût de la suppression de 15 000 emplois directs et 80 000 indirects. Ce n’est rien à côté de la perte d’un actif aussi stratégique que l’acier car tout est fait d’acier quasiment autour de nous. Cette perte signifierait une dépendance énorme à tout risque, à toute rupture d’approvisionnement, à toute envolée des prix des marchés internationaux. C’est une dépendance aux pays tiers qui est inacceptable pour l’économie française, et qui serait catastrophique.

    En commission des Finances, les macronistes et la droite ont voté contre ce texte, l’extrême droite s’est abstenue, ce qui a permis son adoption. Ces stratégies ont changé ?

    A.T. : Pour les macronistes, non. Ils continuent à s’y opposer avec leurs arguments dogmatiques qui ont mené à la situation économique qu’on connaît en France, c’est-à-dire une chute des investissements productifs, de la balance commerciale et une productivité du travail en berne. Que les macronistes continuent dans leur logique mortifère pour la production française, soit. Là, par contre, les masques tombent pour le RN parce qu’ils se sont abstenus en commission des Finances. Comme ils n’osent pas voter contre, ils ont décidé de nous empêcher de voter, tout simplement. Ils ont déposé 285 amendements sur les 335, pour ce qui concerne RN et UDR. C’est une vengeance en jouant avec la vie des salariés d’ArcelorMittal. En réalité, je pense qu’ils sont très gênés par ce texte. Parce qu’il se trouve que, par exemple, Frédéric Weber, qui est député RN, a défendu la nationalisation de Florange il y a 10 ans, alors qu’il était à la CFDT d’ArcelorMittal. La question est de savoir s’ils sont définitivement sur la ligne Bardella, qui est « vive les grands patrons, vive la grande finance, quitte à brader notre production française », ou pas. Donc, ils nous empêchent de voter, ce qui est une façon de trancher.

    Quels autres textes pourraient obtenir une majorité ?

    A.T. : La résolution sur le Mercosur peut être adoptée car c’est une manière de s’opposer fermement à la position actuelle du président de la République, qui est en train de trahir le monde agricole et l’économie française. Le président de la FNSEA a lui-même parlé d’une rupture du contrat avec l’agriculture française. Le texte sur les colis aux Outre-mer, pourrait trouver une majorité car c’est une anomalie hallucinante. C’est-à-dire que nos concitoyens d’Outre-mer payent des colis à des prix faramineux, la mission de service public postal ne s’y applique pas, c’est une discrimination honteuse. Et cela risque d’empirer vu que le gouvernement a décidé de couper encore dans les budgets de La Poste.

  • Un colloque juridique pour concilier réindustrialisation et environnement

    Un colloque juridique pour concilier réindustrialisation et environnement

    C’est une première. « Les rencontres de droit et procédure administratives existent depuis longtemps, on est à la 23e édition », précise maître Benjamin Hachem, mais « le partenariat entre le barreau de Marseille, les juridictions administratives et l’institut Robert-Badinter est inédit ».

    Florence Noire, magistrate et représentante de cette dernière organisation, explique : « Le sujet de la réindustrialisation et des enjeux environnementaux nous paraissait être extrêmement important dans l’actualité, et dans l’actualité juridique et contentieuse. » « L’actualité nous a rattrapés, avec la feuille de route pour le développement de Fos et des décisions qui doivent être prises au niveau de l’État vis-à-vis de la ligne haute tension, confirme Benjamin Hachem. On se rend compte qu’on est à un moment décisif au niveau régional et que ces enjeux dépassent le territoire et sont nationaux. »

    Autre nouveauté : le colloque ne se limite pas au champ des acteurs juridiques. « L’idée c’est de proposer une rencontre opérationnelle entre les acteurs du droit, le monde économique et les associations de protection de l’environnement, précise la magistrate. (…) On oppose souvent industrie et environnement mais l’objectif c’est de faire dialoguer des acteurs dont on peut penser qu’ils sont diamétralement opposés dans leurs missions pour transcender la discussion. »

  • Ineos : la CGT dénonce un effet d’annonce sur les 250 millions

    Ineos : la CGT dénonce un effet d’annonce sur les 250 millions

    De la « poudre aux yeux ». C’est ainsi que la CGT qualifie l’annonce d’Ineos, qui, le 19 novembre, a officialisé un programme d’investissement de 250 millions d’euros, soutenu par le gouvernement français, pour régénérer et moderniser son site martégal. Le groupe pétrochimique n’était pas entré dans les détails, mais expliquait que cette somme financerait « plusieurs projets, principalement liés aux unités de Lavéra, majoritairement le craqueur, l’usine de Sarralbe et à la logistique associée ».

    Daniel Bretonès, secrétaire général CGT Inéos-Lavéra, affirme : « De A à Z, c’est que du vent, il n’y a rien de plus que nos budgets habituels. Plus de la moitié, 130 millions exactement, est dédiée au grand arrêt qui est en cours. Une autre partie est en fait le budget de maintenance pour l’année prochaine, mais il est réduit de 10% par rapport à l’exercice précédent. Le reste est partagé sur les unités chimiques françaises d’Ineos. »

    Réduction des coûts

    Le groupe confirme « qu’une partie de cet investissement couvre des projets réalisés pendant le grand arrêt en cours », précisant néanmoins : « Cela s’inscrit dans le cadre global du programme de modernisation. » Pour le reste, il poursuit : « Il ne s’agit pas d’un budget de maintenance, mais de dépenses d’investissement en Capex, c’est-à-dire des investissements réalisés pour moderniser sur le long terme nos actifs. » Le groupe assure que « les projets prévus incluent des équipements nouveaux », sans toutefois détailler lesquels.

    Pour Daniel Bretonès, Ineos fait en réalité du lobbying. « Ils veulent se faire payer une partie de leurs investissements et de la décarbonation par l’État, et mettre la pression en disant “regardez, on fait ce qu’on peut pour maintenir l’emploi”. » Dans son communiqué, le groupe faisait en effet savoir que « les phases futures du programme de modernisation de Lavéra permettront de réaliser de nouveaux gains d’efficacité et des réductions majeures de CO2, mais nécessiteront un soutien supplémentaire de l’État français ».

    Daniel Bretonès indique par ailleurs que lors du dernier Comité social économique, la semaine dernière, la direction « a annoncé une politique de réduction des coûts, avec une réorganisation et des suppressions de postes ». À Naphtachimie, 12 postes organiques seraient concernés. « C’est du non-remplacement, il n’y a pas du licenciement, précise le secrétaire général CGT. Le plus gros impact va être sur les assistances techniques, qui sont les sous-traitants qui travaillent pour nous à temps plein. 65% de leurs postes vont être supprimés, alors qu’ils sont primordiaux pour la bonne marche de nos unités. » À ce sujet, Ineos répond simplement maintenir « une discipline financière stricte pour préserver sa compétitivité ».

  • L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    « Protéger, anticiper, transformer », tel est le triptyque du plan « Occitanie résiliente » en 9 axes stratégiques à l’horizon 2026-2035 dont la Région a voté les deux premiers volets, vendredi 14 novembre, sans les voix des oppositions de droite ni du RN qui ont fustigé des « bavardages » et un « flou artistique ».

    La feuille de route qui ambitionne de proposer un « nouveau modèle de développement » aux habitants de la région, est pourtant précise. Neuf piliers sont identifiés comme autant de défis à relever dans la décennie à venir : l’eau à préserver et partager, les mobilités à décarboner tout comme l’énergie, le tourisme qui doit devenir durable, l’agriculture qui doit garantir la souveraineté alimentaire, le numérique qui se doit lui aussi d’être souverain ou les déterminismes sociaux contre lesquels il faut lutter sans relâche.

    Les deux thématiques restantes – la préservation de la nature et les métiers de demain – ont déjà été validées par l’assemblée plénière. « Notre plan biodiversité doit être un stabilisateur, un tampon aux effets du réchauffement climatique », insiste la vice-présidente Agnès Langevine, dans une région méditerranéenne hotspot du dérèglement. À l’heure où la réalité scientifique est contestée, l’élue écologiste entend « combattre les climatosceptiques » et soutenir les associations pro-environnementales ou de l’éducation populaire. Un défi collectif qui passera, insiste-t-elle par davantage de moyens de l’État. « On manque de compétences financières par exemple sur les aires protégées. »

    Un flux d’1 milliard d’euros ?

    Tandis qu’à l’image de la SAM à Rodez ou de la verrerie de Vergèze, des fleurons pourtant rentables mettent la clé sous la porte par pur opportunisme capitaliste, Jalil Benabdillah a l’intention « d’accompagner les territoires et les écosystèmes qui veulent créer de l’emploi industriel ». Pour cela, la Région s’attache à proposer du foncier, des financements ou encore de la formation aux entreprises. « On a gagné 8 points de PIB industriel, créé 22 000 emplois, on est passé de 26 000 à 30 000 ingénieurs et on vise les 400 entreprises de taille intermédiaire [plus de 250 salariés] », illustre le vice-président régional. Souhaitant soutenir les entreprises industrielles dans leur transformation, qu’elle soit environnementale, technologique (avec l’intelligence artificielle) ou sociale, Jalil Benabdillah espère atteindre un flux d’investissements d’un milliard d’euros au lieu des 650 millions actuels.

    Dans sa totalité, le plan régional se chiffre d’ailleurs à 14,5 milliards d’euros dont 2 mobilisés par la Région elle-même, 4,6 demandés à l’État, 5,3 à l’Union européenne et 2,6 mobilisés par les partenaires (collectivités, banques…). Autant dire que pour financer de grands projets tels que la LGV Montpellier-Perpignan, l’éolien en mer, le réseau hydraulique pour l’irrigation des cultures ou la création des Services express régionaux métropolitains (Serm) promis par Emmanuel Macron, l’enveloppe du plan France 2030 n’y suffira pas.

    Des simplifications administratives sont aussi réclamées par Carole Delga, y compris à l’Europe invitée à s’inscrire dans le Green New Deal. « Il faut agir sans attendre ». De son côté, la présidente socialiste promet de « rester au contact du terrain » et de prendre sa part avec l’installation d’un comité régional du dialogue citoyen en 2026. À l’heure où le populisme d’extrême droite gagne du terrain, Carole Delga veut redonner confiance et espoir aux citoyens parfois désabusés. « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis, ni les circonstances. Notre ambition est intacte, nous ne manquons pas de courage ni de cohérence dans l’action », positive-t-elle. Dans une région en pleine croissance démographique, aux forts taux de pauvreté et de chômage, ce challenge nécessite que le volontarisme de la Région soit épaulé.

    « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis ni les circonstances »