Tag: Industrie

  • Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    « Cest un compromis qui n’est pas trop mal », lance Yohan Goupille, le délégué syndical CGT qui a mené les discussions avec la direction d’Owens Illinois aux côtés de FO et la CFE-CGC. Les dernières discussions avec la multinationale américaine se sont donc déroulées à Lyon les 20 et 21 octobre derniers et ont permis aux syndicats d’arracher encore quelques avancées.

    « Au niveau des indemnités supra-légales, nous avons obtenu 25 000 euros nets d’impôt pour ceux qui ont moins de 20 ans de boîte et 20 000 euros pour ceux qui ont plus de 20 ans d’ancienneté », détaille le syndicaliste. « Il y a une différence pour tenter de rétablir un peu d’équité par rapport à l’indemnité de licenciement qui est basée sur l’ancienneté. Ensuite sur le congé de reclassement, il y en a plusieurs à Vergèze. Pour les moins de 50 ans, ce sera 16 mois pour les salariés sans formation de reconversion et 18 mois pour ceux qui suivent une formation. Pour les plus de 50 ans, ce sera 22 mois et 24 mois. On a essayé d’avoir 24 mois pour tout le monde mais on n’a pas réussi. Nous avons aussi obtenu des reclassements rapides pour que les jeunes puissent retrouver du boulot plus rapidement et puissent sortir avec une prime en plus ».

    Jeudi 23 octobre, les organisations syndicales ont tout de même rendu un avis défavorable à ce PSE pour continuer à marquer leur opposition à la fermeture du site. Mais tous étaient plutôt satisfaits des concessions arrachées par les syndicats. Désormais, les salariés vont devoir s’organiser au jour le jour puisqu’aucun calendrier précis n’est établi. Ils savent uniquement que le PSE prendra fin le 31 octobre. Ils recevront ensuite une lettre de licenciement, qui ne sera pas effectif avant les premiers jours de janvier 2026. D’ici là, un repreneur a encore deux mois pour manifester son intention de relancer l’activité sur le site de la verrerie. Durant cette période, la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) doit valider ou non le plan social et les licenciements pour raison économique. Même si le site gagnait de l’argent l’an dernier, les syndicats n’imaginent pas l’instance s’opposer à cette fermeture. « Vu notre gouvernement et ses orientations, la Dreets va le valider. Depuis le début de l’année, aucun plan de licenciements n’a été retoqué par les Dreets. Parfois ils reviennent sur quelques petits points mais jamais sur le plan en lui-même  », fustige Yohan Goupille.

    Entre désarroi et colère

    Depuis le perçage du four à la mi-octobre, lançant de fait la fin de la fabrication de bouteilles à Vergèze, les salariés sont partagés entre tristesse et colère. Et depuis l’arrêt définitif du four, puisque les dernières gouttes de verre ont été vitrifiées et le four a été complètement refroidi, ils ne sont plus très nombreux à revenir sur le site. « De jour en jour, il y a moins de monde. Ceux qui ont la formation d’équipier de seconde intervention sont restés parce qu’ils ont été formés à la sécurité incendie. Ils sont 5-6 par équipe à tourner. La direction a établi un ordre de présence jusqu’au lundi 27 octobre », précise Bruno Santiago, également responsable syndical CGT. « Même nous, les élus, nous allons tourner. Nous sommes 12 élus à la CGT, nous allons faire deux groupes de 6 pour rester sur le site. Mais on ne va pas être là toute la journée alors qu’il n’y a rien à faire  », ajoute Yohan Goupille.

    Plus les jours avancent, plus le site se met en veille. Les installations électriques sont arrêtées les unes après les autres, les compresseurs ont été stoppés, l’unité de production d’oxygène aussi, et toutes les machines de contrôle ont été éteintes. Condamnés à passer encore quelques heures au milieu de ce site, considéré il y a encore quelques semaines comme un fleuron de l’industrie gardoise, les salariés sont gagnés par la mélancolie et la résignation. « Il n’y a plus un bruit dans l’usine et ça devient très stressant. Les gens sont assis sur une chaise ou marchent pour se dégourdir les jambes mais ils ne font rien. La direction fait donc venir du personnel alors que ce n’est pas nécessaire. Les salariés sont là pour la sécurité au cas où il y aurait un feu mais je ne vois pas d’où pourrait venir le feu puisque le four est arrêté », regrette Bruno Santiago qui doit rencontrer la direction prochainement pour la convaincre de mettre les salariés en indisponibilité totale jusqu’à leur licenciement.

  • Quel avenir pour le site de la verrerie de Vergèze ?

    Quel avenir pour le site de la verrerie de Vergèze ?

    Que va devenir le site qui abritait jusqu’ici 164 salariés à partir de 2026 ? Comme l’oblige désormais la loi Florange, un cabinet spécialisé a été mandaté pour trouver un repreneur. Si aucun verrier ne s’est pour l’instant manifesté, le groupe Alixio aurait reçu quatre offres de reprise mais personne n’est pour l’heure en capacité d’évaluer leur sérieux. Les élus régionaux planchent actuellement pour évaluer leur « faisabilité ».

    Selon ces offres, la création d’emplois industriels est évaluée à 30 emplois pour l’offre la moins ambitieuse et 110 (sur une prévision sur trois ans) pour la plus optimiste. Mais la CGT ne croit absolument pas au sérieux de ces annonces. « C’est du pipeau ! Comme Alixio n’a pas de devoir de résultat, ils nous ont envoyé des gens pour nous présenter des projets mais ils ne tiennent pas la route. Il y avait une entreprise espagnole qui recyclait de la poudre de métal de voiture mais je ne vois pas comment Perrier laisserait venir une telle entreprise où il y aurait des risques de pollution. De toute façon, on n’a reçu aucun business plan, on ne sait rien », prévient Yohan Goupille. Pour le délégué syndical CGT, le site sera récupéré par Perrier : « C’est Nestlé qui va reprendre le terrain pour faire du stockage et de la logistique. Mais il n’y aura pas de réindustrialisation du site ».

    La nationalisation sur la table

    Plusieurs forces politiques de gauche appellent donc à une nationalisation temporaire pour laisser le temps de trouver un verrier qui souhaiterait investir dans l’usine, qui a besoin d’un nouveau four dont le coût est estimé entre 40 et 60 millions d’euros. « Après l’échec de ceux qui ont entretenu depuis de longues semaines l’idée « d’un repreneur », la proposition de nationalisation temporaire constitue la réponse possible et réaliste au maintien de la verrerie et des emplois. Cette proposition est aujourd’hui soutenue par le syndicat FO, des salariés de la verrerie, des maires du département et de nombreux habitants », a réagi La France insoumise (LFI) du Gard dans un communiqué publié le 21 octobre. En théorie, un repreneur pourra toujours se manifester jusqu’au 31 décembre.

  • L’exploitation industrielle à Châteauvallon pose question

    L’exploitation industrielle à Châteauvallon pose question

    L’opposition progressiste d’Ollioules alerte les habitants de la commune, ainsi que ceux de la métropole toulonnaise, sur les conséquences « d’un projet industriel » au pied du patrimoine culturel emblématique de Châteauvallon, scène nationale. « Un site niché dans un amphithéâtre naturel, au cœur d’un somptueux massif forestier, qui fait l’objet de nombreuses protections », précise l’élu municipal Christian Bercovici (PCF).

    « Ce projet prévoit la transformation d’un ensemble bâti en activité de métallurgie, de peinture industrielle et de logistique, ce qui constitue une rupture radicale, voire une atteinte directe, non seulement à la nature, mais aussi une atteinte symbolique et culturelle », ajoute sa collègue, la conseillère d’opposition (Les Écologistes) Claudie Cartereau, en pointant « le bruit des camions et des machines remplaçant le bruissement des pins et des voix d’artistes ». Et d’ajouter : « Pour nous, ce projet ne relève pas d’un aménagement compatible, mais constitue une dissonance écologique et culturelle totale. »

    Enquête publique

    Le groupe d’opposition appelle donc les Ollioulais à mettre leur grain de sel dans ce dossier et à intervenir dans le cadre de l’enquête publique actuellement en cours, portant sur la modification du Plan local d’urbanisme n°3. Ce dernier comprend Le changement d’affectation du zonage UDp en Udpb, c’est-à-dire en secteur toujours majoritairement pavillonnaire, mais autorisant une densification plus importante. « Cela permettrait notamment la régularisation d’actes contestables au regard de la légalité », précise Christian Bercovicci.

    Les citoyens sont invités à déposer leurs commentaires et réserves, au plus tard ce jeudi 23 octobre au service de l’urbanisme de la ville d’Ollioules, ou à les adresser directement en ligne au commissaire enquêteur à l’adresse suivante : mtpm.plu@metropoletpm.fr en précisant en l’objet de leur requête.

    Le collectif Sauvons Châteauvallon*, composé de riverains, est également fortement mobilisé contre le projet qui, dénonce-t-il, « prévoit de transformer le chemin de Châteauvallon en autoroute à camions pour un complexe métallurgique ».

    Pour le maire (LR) de la commune, Robert Beneventi, il s’agit sauver de l’industrie à Châteauvallon. « Mais celle-ci est éteinte depuis plus de 30 ans », répliquent les opposants, jugeant un tel retour au cœur de la forêt et dans des quartiers résidentiels totalement inapproprié.

    *Contact mail :

    sauvons.chateauvallon@gmail.com

  • Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Plus les jours passent, plus les solutions pour sauver la verrerie à Vergèze s’amenuisent. Bien conscientes qu’un éventuel sauvetage de l’usine n’est désormais plus de leur ressort, les organisations syndicales négocient les conditions les plus favorables pour les futurs licenciements. Pendant de longues semaines, la CGT, la CFE-CGC et FO avaient pourtant travaillé à la recherche d’un repreneur et plusieurs pistes étaient apparues, mais elles sont tombées à l’eau les unes après les autres.

    La solution était donc de se tourner vers Perrier pour que Nestlé reprenne la Verrerie dans son escarcelle, comme c’était le cas avant 2006. « Le remplacement d’un four obsolète serait la cause de la fermeture. Nous pouvons logiquement nous poser la question : pourquoi avoir aussi attendu pour effectuer des travaux pour le remplacement d’un four ? Le groupe Perrier a les moyens de financer son remplacement. À ce jour, la verrerie produit toujours 75% de bouteilles Perrier, les dirigeants de cette entreprise ont une responsabilité à l’égard des salariés de la verrerie », explique Christian Bastid, vice-président (PCF) du conseil départemental.

    La nationalisation évoquée

    L’autre solution avancée au vu de l’urgence de la situation, c’est la nationalisation du site. Comme l’usine gagne de l’argent, il pourrait ainsi passer dans le giron de l’État, au moins le temps de trouver un repreneur. « Le problème c’est que c’est le boxon au niveau national. Mais la nationalisation est une solution. Nous avons relancé notre groupe à l’Assemblée nationale et son président Stéphane Peu pour que la question de la nationalisation soit reposée », poursuit Christian Bastid même si le préfet a fermé la porte à cette solution lors de sa rencontre avec les syndicats.

    Laurent Nunez, très présent sur le site depuis l’annonce de la fermeture du site, abonde : « Quand l’État envoie plus de 100 milliards d’aides aux entreprises sans contrôle, il est tout à fait possible que l’État s’engage pour le rachat de l’entreprise. Pour la France, ça n’est qu’un investissement. » Le secrétaire de la section communiste de Camargue-Vidourle souhaite aussi rapidement organiser une grande rencontre pour réfléchir à l’avenir de ce territoire industriel : « Ça ne va pas bien à Éminence, chez Perrier et chez Royal Canin. Il faut trouver des solutions pour ce territoire. Pour cela, il faut que l’on ait une réflexion collective. »

    Autre élu départemental présent devant la préfecture, Vincent Bouget regrette la faiblesse de l’État dans ce dossier : « S’il n’y a pas une intervention des pouvoirs publics et de l’État ça devient très compliqué. Mais aujourd’hui, que fait le gouvernement ? La solution est forcément de côté là. On entend réindustrialisation à tout bout de champ, mais quand on est devant un cas concret il n’y a pas de réaction », fustige le candidat à la mairie de Nîmes dont le cousin travaille à la verrerie.

  • CMA CGM commande six porte-conteneurs à un chantier naval indien

    CMA CGM commande six porte-conteneurs à un chantier naval indien

    Le groupe CMA CGM s’aligne sur la vision du développement maritime de l’Inde, avec déjà quatre navires immatriculés sous pavillon indien en 2025 et il prévoit le recrutement de 1 000 marins indiens d’ici la fin de l’année, et en embauchera 500 supplémentaires en 2026.

    Le partenariat entre CMA CGM et Cochin Shipyard illustre une volonté commune d’innovation, de durabilité et d’excellence maritime mondiale.

    Les navires seront livrés entre 2029 et 2031, pour le renouvellement de sa flotte conformément aux exigences de transition énergétique.

    Mais cette stratégie n’offre pas de quoi favoriser l’emploi industriel et maritime en France, ni la défense du pavillon français de premier registre qui est le seul à garantir les droits sociaux des travailleurs.

  • Gaby Charroux prône l’unité au congrès de l’UD CGT 13

    Gaby Charroux prône l’unité au congrès de l’UD CGT 13

    « À Martigues, terre de luttes, de résistance, de solidarité, la CGT est ici chez elle. Elle l’a toujours été. Et elle le restera », a lancé le maire communiste de Martigues, Gaby Charroux (PCF), en ouverture du 59e congrès de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, qui se déroule de lundi à mercredi, à la Halle de Martigues. « Le congrès d’une organisation syndicale n’est jamais un simple rituel ou une formalité à expédier. C’est un moment fort, un moment de démocratie réelle », a entamé l’édile.

    Gaby Charroux est également revenu sur la réindustrialisation du pays de Martigues, soulignant que « la CGT est une organisation sur laquelle il faudra compter, en particulier pour relever les nombreux défis qui s’imposent à nous ». Il évoque « une réindustrialisation qui doit se faire dans l’intérêt des travailleurs, qui doit permettre le maintien des emplois existants, mais aussi la création de nouveaux emplois, dans les proportions qui ont pu être annoncées ».

    Avant de lancer un appel à « l’unité ». « Ce combat pour une industrie vertueuse et socialement juste, pour des services publics de qualité qui accompagnent et soutiennent ce développement industriel, nous devons le mener ensemble. Comme nous devons être unis face à la situation nationale que nous traversons », tonne-t-il. Et de développer : « Nous avons plus que jamais besoin d’unité. Unité politique. Unité syndicale. Unité dans nos organisations qui sont le cœur battant de la démocratie sociale dans notre pays. »

    Notons enfin que la présence de La Marseillaise n’était pas souhaitée à ce congrès qui se déroule à huis clos pour la plupart des débats. La couverture de l’événement sera donc incomplète. Une première dans l’histoire du journal.

  • Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Au sortir de la crise Covid, lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, en période d’inflation ou aujourd’hui de tensions internationales, « la réindustrialisation n’est pas une posture mais une volonté politique », assure Jalil Benabdillah. Dans une région qui accueille 45 000 habitants de plus chaque année, « il nous faut créer 22 000 à 24 000 emplois pour ne pas que le taux de chômage augmente », rappelle le vice-président régional délégué à l’économie.

    Une équation complexe qui passe forcément par la préservation ou, à défaut, la réorientation du tissu industriel occitan. Mais aussi la formation. « On est à l’écoute du besoin des filières. Il faut donner aux gens toutes les chances d’avoir un emploi, les former sur des emplois qualifiants, non délocalisables. »

    L’équivalent de 3,7% du PIB de l’Occitanie est dédié à la recherche-développement et à l’innovation, secteur qui concentre 50 000 emplois, 35 000 chercheurs. « On a les atouts pour générer de la valeur sur nos territoires. On a les moyens pour garder nos talents et améliorer notre attractivité », positive Jalil Benabdillah qui annonce qu’un « plan consacré à la réindustrialisation et à la résilience sera voté en novembre » par le Conseil régional.

    Renaissance du site SAM

    Voilà des années que la Région de Carole Delga agit à son échelle, notamment pour tenter de protéger les activités et les salariés menacés. Le poids de la présidente des Régions de France ne suffit pas toujours. Dans le bassin de Decazeville près de Rodez, la fonderie SAM a fini par fermer en 2021 après une longue bataille politico-sociale. Mais la Région n’a pas baissé les bras. L’été dernier, elle a racheté le site, l’a fait dépolluer et avec l’aide de l’État ou l’agence Arac, a déjà remis aux normes trois bâtiments (A, B, D) en vue d’une prochaine commercialisation. « Le groupe irlandais Paragon ID est intéressé par le bâtiment C. D’autres entreprises pourraient venir dès 2026, les discussions sont avancées », révèle Jalil Benabdillah.

    Du côté de la verrerie Owens Illinois de Vergèze (Gard), le combat n’est pas encore perdu mais mal engagé. « Il reste trois semaines pour qu’un verrier se manifeste, à ce jour nous n’avons pas de piste », concède le vice-président régional qui veille à maintenir le contact et un dialogue social permanent avec les syndicats et la direction. Quoi qu’il advienne, la Région, qui a déjà missionné un cabinet pour travailler sur 3 ou 4 hypothèses de réindustrialisation, ne lâchera pas l’affaire. « On accompagnera les salariés pour leur trouver du travail, une formation. Des propositions seront faites aux syndicats », promet Jalil Benabdillah.

    Port-la-Nouvelle a le vent en poupe avec l’éolien

    La Région s’active aussi en coulisses pour pousser les secteurs industriels émergents. À Port-la-Nouvelle (Aude), où les premiers flotteurs viennent d’être installés, 435 millions d’euros ont déjà été investis (une enveloppe de 55 ME va suivre) en faveur du parc d’éoliennes en mer. Dans le cadre de sa stratégie de « première région à énergie positive d’ici 2050 », l’Occitanie veut faire de La Nouvelle « le premier port de maintenance des éoliennes ». S’ajoute un soutien aux dossiers photovoltaïques à l’instar de ce nouveau projet de recyclage de panneaux qui devrait voir le jour en 2026 ou 2027 en Ariège. « Ce sont des activités créatrices d’emplois, on vise le marché nord-espagnol », révèle Jalil Benabdillah. Lequel cherche à convaincre les chefs d’entreprise de s’implanter dans les territoires plus ruraux.

    Dans les zones sinistrées aussi à l’image de Béziers au fort taux de chômage et de pauvreté. C’est là que se développe Genvia, futur géant de l’hydrogène dont certains s’impatientent du développement poussif. « Depuis 2021, 120 emplois ont déjà été créés, 80 le seront l’an prochain, 1 500 sont visés d’ici 2030 », liste l’élu lui-même chef d’entreprise qui appelle à la patience. « Le business plan et la réalisation peuvent être en décalage. Ce sont des process lourds avec des nouvelles technologies qui ont un temps de maturation », rassure-t-il. En gage, l’élu indique que 23 demandeurs d’emploi ont participé à la première session de formation Eden. Et que 19 contrats de professionnalisation ont été signés avec des entreprises partenaires.

  • Prévention des risques : la facture des travaux inquiète

    Prévention des risques : la facture des travaux inquiète

    Le Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) franchit « enfin » une nouvelle étape, saluée par le maire, Gaby Charroux (PCF). Mais les habitants ne sont pas encore au bout de leur peine. Prescrit en 2013 et approuvé le 15 mai 2023, Martigues-Lavéra « constitue l’un des PPRT les plus complexes de France, avec ses 4 500 phénomènes dangereux émanant de 10 sites Seveso », relève la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement.

    Après plus de dix ans d’instruction, ce mardi 7 octobre, la salle des conférences de l’hôtel de ville accueillait une réunion publique visant à présenter le prestataire Urbanis, désigné par la Métropole pour accompagner les riverains dans la réalisation des travaux prescrits par le document de planification.

    Le cabinet de conseil est mandaté pour une durée de 4 ans. Sa mission : réaliser le diagnostic des quelque 1 000 logements concernés par le périmètre d’exposition aux risques. Ces derniers sont de trois natures : thermique, toxique et de surpression. Zaliata Ahamada-Chanfi, représentante de la Direction départementale des territoires et de la mer, précise : « Cet accompagnement est entièrement gratuit, donc n’hésitez pas, c’est important de savoir à quoi vous êtes confrontés individuellement. »

    Une avance qui ne passe pas

    À l’issue de l’expertise, « le technicien va établir un rapport et des préconisations de travaux », développe Édouard Exposito, chef de projet chez Urbanis. Un comité technique se chargera de valider le devis, la facture et le financement. C’est là que ça bloque, du côté des riverains.

    Car, si le montant des travaux est pris en charge jusqu’à 100 %, avec une part de subventions de 60 % (Métropole, exploitants, Région, Département) et 40 % de crédits d’impôts, il y a un plafond maximum de 20 000 euros. « Si vous venez avec un devis supérieur, il y a deux possibilités : soit vous prenez à charge le surcoût, soit vous décidez de ne pas le faire et on hiérarchise le programme de travaux en enlevant des postes de la prescription initiale pour rentrer dans l’enveloppe », détaille Mathieu Duroux, chef de projet chez Urbanis.

    S’agissant du crédit d’impôt, les riverains auront à l’avancer pour se faire rembourser l’année suivante. « Nous, on est là, on subit, on ne va pas payer pour subir, s’insurge un habitant de Lavéra. C’est l’usine, la mairie qui est responsable, c’est eux qui payent ! » « C’est pollueur-payeur », approuve un autre. Dans l’assemblée, une demande remonte : pouvoir bénéficier d’un prêt à taux zéro garanti par la Ville ou la Métropole.

  • [Grand Entretien] Alexandre Gautier, directeur Insee Occitanie : « Donner le goût des vrais chiffres aux citoyens »

    [Grand Entretien] Alexandre Gautier, directeur Insee Occitanie : « Donner le goût des vrais chiffres aux citoyens »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre
    à nos questions. Ce vendredi, Alexandre Gautier, nouveau directeur régional de l’Insee Occitanie. L’économiste de formation explique en quoi l’institut de la statistique éclaire les politiques publiques à l’heure de l’IA, du scepticisme et des fake news.

    PARCOURS

    LM : Vous êtes à l’Insee depuis 1997. C’est une vocation ?

    Alexandre Gautier : Je suis un pur produit de l’Insee, formé dans ses écoles. J’ai assez peu quitté l’Insee et jamais la statistique publique. Économiste de formation, j’ai travaillé à la direction générale en début de carrière. Puis mon parcours m’a fait passer par l’Outre-Mer à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie (directeur), en Corse (directeur adjoint). Puis récemment directeur adjoint en Paca. Dernièrement j’étais retourné aux affaires financières à la direction générale. Je connais bien la maison, ses envies, projets, problématiques… En Occitanie, ce sont 280 personnes. Je vais faire les trajets entre Montpellier et Toulouse. Il y a des convergences à trouver, des points à mutualiser avec de la solidarité.

    RÉGION OCCITANIE

    LM : Des créations d’emplois mais un taux de chômage élevé. D’où vient ce paradoxe régional ?

    A.G. : Ce paradoxe a une explication assez simple et contre laquelle on ne peut pas grand-chose. C’est que l’Occitanie est extrêmement attractive. La croissance démographique y est très rapide (+1,2% par an), la plus élevée en France continentale. Cela signifie qu’il faut créer beaucoup d’emplois pour absorber cette croissance. Il s’en crée plus de 30 000 en moyenne par an. C’est énorme, probablement suffisamment dans les phases ascendantes du cycle économique mais pas assez dans la phase descendante. Historiquement, les régions du Sud de la France qui sont moins industrielles, on a des taux de chômage plus élevés. Les salaires sont généralement liés au tissu productif. L’industrie est plutôt rémunératrice. On le voit vers Toulouse avec Airbus, un peu à Montpellier avec l’informatique.

    L’industrie du Gard va mal…

    A.G. : Je n’ai pas de données pour l’instant. Mais l’emploi industriel, facteur d’appréciation de la vitalité économique, est l’un des indicateurs que l’on regarde en premier. On va aussi finement regarder les saisonniers pour le tourisme, l’agriculture. Il y a plusieurs angles sur les saisonniers : le revenu, le logement, les transports.

    Vos prochaines études ?

    A.G. : Les grands axes restent la statistique démographique et sociale avec des projections, pas des prévisions. On sait de quels scénarios, hypothèses on parle. Que se passe-t-il si la fécondité diminue, se maintient, repart ? À 30 ans, les résultats diffèrent. On va travailler sur le numérique, l’aéronautique, la filière automobile. On s’intéresse aussi à la réindustrialisation.

    Fonctionnement

    L.M : Comment choisissez-vous vos sujets d’étude ?

    A.G. : Nous avons des travaux d’enquête réalisés partout comme le recensement, le calcul du taux de chômage… Et puis il y a les études que l’on produit localement. On choisit nos sujets en fonction des politiques publiques. De quoi ont besoin la Dreal, le rectorat, la Région, le conseil départemental… ? On a aussi des sujets plus généraux comme la démographie. La moitié de nos travaux reste du national pur. À Montpellier, on est spécialistes de la statistique d’entreprises liées au tourisme, des infographies numériques.

    Comment conserver votre objectivité quand une étude vous est commandée par un partenaire, une collectivité ?

    A.G. : Nous faisons des partenariats public/public. Il peut y avoir des contreparties financières mais pas systématiquement. L’idée c’est de mettre deux matières grises en commun pour éclairer un sujet. S’ils font appel à nous c’est pour la rigueur de notre expertise. Notre réputation s’appuie sur l’absence de biais de nos travaux. Nous conservons notre objectivité totale et nous publions systématiquement, y compris des résultats qui pourraient déplaire à nos partenaires. Tous nos travaux sont rendus publics sur notre site.

    Que change l’IA pour vous ?

    A.G. : Nous développons des modèles fondés sur l’intelligence artificielle (IA) depuis déjà plusieurs années. L’IA grand public est générative. Est développé à l’Insee le « machine learning », qui permet de coder automatiquement pour aller plus vite. Nos emplois se transforment. On a eu bien sûr une décroissance rapide de nos agents de l’Insee. La société se transforme, les outils sont différents d’il y a 20 ans. On a moins besoin de reprise manuelle. Notre structure a changé : on a plus de cadres, de data scientists, d’ingénieurs et moins d’agents de gestion. Nos travaux sont rédigés par des humains.

    INSEE

    LM : Qu’est-ce que l’Insee ? À quoi ça sert ?

    A.G. : Il y a souvent confusion, on pense que l’Insee est une agence, un établissement public. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) est une direction du ministère de l’Économie et des Finances. La loi précise que l’Insee est indépendant. Il n’y a donc aucune collusion entre les données produites et par exemple l’administration fiscale ou autre. Il n’y a jamais de données nominatives permettant de recouper des informations. Nos études et analyses produites en région ont un objectif : éclairer les politiques publiques, donner un cadrage. Par exemple, on va travailler avec le rectorat et le conseil régional à projeter la population des lycées à l’horizon 20-30 ans.

    Rencontrez-vous du scepticisme vis-à-vis de l’Insee ?

    A.G. : La question est moins celle de l’appartenance à un ministère que de la transformation numérique de la société. Le rapport du citoyen à la donnée, à l’information, a complètement éclaté avec Internet. Il peut y avoir de la défiance dans nos enquêtes en face-à-face un peu plus difficiles qu’avant. Il faut prendre le mal à la racine. Essayons de réussir une certaine acculturation des jeunes publics à la statistique, à la donnée, qu’on sait distinguer de la fake news, du chiffre sorti de nulle part. Lire une statistique, ça s’apprend. On a des partenariats avec les Rectorats dans toutes les régions. On livre des kits aux enseignants de tous niveaux, on est en appui. Il faut réussir à donner le goût des vrais chiffres à ceux qui seront les citoyens de demain.

    Comment entre-t-on à l’Insee ? Un conseil à donner ?

    A.G. : L’Insee c’est la fonction publique, donc les concours toutes catégories, on a des écoles. L’Insee recrute aussi des contractuels. Nos annonces sont sur le site choisirleservicepublic.fr Je conseillerais à un lycéen de postuler à un stage d’observation chez nous.

    Comment marche le recensement ?

    A.G. : Depuis 2004, le recensement n’est plus exhaustif dans les villes de plus de 10 000 habitants. On interroge 8% de la population par an. Au bout de 5 ans on a environ 40% d’une ville ce qui donne une très bonne idée de la population. Il n’est donc pas anormal qu’en 5 ans on puisse ne pas avoir été interrogé. Dans les communes de moins de 10 000 habitants, le recensement a lieu tous les 5 ans de manière exhaustive. La réponse est obligatoire, le recensement est encadré par la loi. La logistique est largement à la charge des communes qui recrutent et rémunèrent les agents recenseurs.

  • « Je veux combattre cette politique de droite »

    « Je veux combattre cette politique de droite »

    La Marseillaise : Les communistes vous ont désigné mardi comme tête de liste pour les prochaines municipales. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous engager ?

    Aurélie Grach : C’est une suite logique de mon engagement depuis 2008 à Port-Saint-Louis, au niveau associatif, sportif, éducatif et politique. À l’époque j’étais conseillère municipale déléguée aux seniors, c’est à ce moment-là que j’ai voulu m’investir dans ma ville. Nous avons pu redéfinir l’action sociale, répondre à tous, être au plus proche de la population. Ce travail de terrain est très important pour moi. Aujourd’hui, je veux transmettre mes valeurs militantes, humaines, rassembleuses, m’impliquer.

    Quels projets avez-vous réussi à concrétiser lors de ce premier mandat ?

    A.G. : À l’époque, le centre communal d’action sociale était dans les locaux de la mairie, il n’y avait aucun secret professionnel. Nous l’avons déménagé, pour respecter les personnes. Et nous avons lancé le projet de la crèche, de la maison de retraite… Même si nous ne les avons pas inaugurés nous-mêmes. C’est cette équipe rassemblée qui m’a donné le goût. Toutes les meilleures réalisations historiques de Port-Saint-Louis étaient les nôtres, et elles venaient répondre aux besoins de la population, de la petite enfance jusqu’à nos aînés.

    Et vous aviez ces engagements associatifs…

    A.G. : Sans associations la ville ne vit pas. C’est un appui pour Port-Saint-Louis, qu’elles soient culturelles, sportives… C’est ce qui fait son attractivité en partie.

    Vous étiez dans l’opposition lors du dernier mandat, comment l’avez-vous vécu ?

    A.G. : On a fait avec ! [rires] C’est une des raisons qui me pousse à être volontaire pour les prochaines municipales. Je veux combattre cette politique de droite et ce soutien à Emmanuel Macron dans une ville ouvrière. Des sujets essentiels ont été trop souvent oubliés ou insuffisamment portés, comme la santé, l’éducation, la sécurité, le bien-vivre. Martial Alvzarez a oublié les besoins de la population, il ne les a pas tous écoutés ou accompagnés alors qu’il disait qu’il allait être le maire de tous les Port-Saint-Louisiens. Il n’a été le maire que d’une partie de la population. Toutes les fêtes se passaient sur le port de plaisance, en oubliant les quartiers de la ville qui meurent à petit feu, et les commerces avec.

    C’est une ville où l’extrême droite est arrivée en tête lors des derniers scrutins, ça vous inquiète ?

    A.G. : Je le vis mal, j’ai des enfants métis en plus… Il faut combattre l’extrême droite, elle ne devrait pas exister autant à Port-Saint-Louis qui est une ville ouvrière, avec toute son histoire, avec toute la population qui y habite. On y a oublié le bien-vivre ensemble. Parfois, le partage, la solidarité se perdent. Martial Alvarez lui ne s’est pas positionné pendant les législatives contre le candidat du RN, Emmanuel Fouquart. La seule fois où il s’est positionné c’était en soutien à Macron ! Alors qu’il est ouvrier ! Il faut faire barrage, il faut lutter contre ce racisme. Le bien-vivre se vit ensemble, pas autrement.

    C’est une ville où se pose aussi la question de la réindustrialisation.

    A.G. : Nous serons attentifs à ces sujets, à la décarbonation de l’industrie. Il faut développer l’emploi industriel et ce port qui grandit, qui est un poumon économique pour notre ville et les populations. Mais en restant vigilants à l’amélioration du trafic routier, à la santé des populations, aux répercussions que cela peut engendrer.

    Quelles seraient vos premières mesures si vous l’emportez en mars prochain ?

    A.G. : Agir pour la santé, l’éducation… Tout tourne autour du bien-être et du bien-vivre à Port-Saint-Louis, à ces thématiques de la vie quotidienne qui touchent chaque habitant. Et la sécurité aussi, c’est important face à des incivilités qui augmentent. Il faut pouvoir arrêter ces agressions, ces dégradations que les habitants peuvent connaître.

    Maintenant que vous êtes désignée pour mener l’union à gauche, quelles seront les prochaines étapes pour vous ?

    A.G. : Constituer l’équipe ! Parce que seule, je ne suis rien ! Je veux rassembler les forces de gauche, qu’on ait des personnes engagées, politiquement ou non, des Port-Saint-Louisiens qui ont à cœur de travailler pour leur ville, et que ce soit une équipe intergénérationnelle. On a besoin de tout le monde, quel que soit leur statut, leur profession ou qu’ils soient privés d’emplois, que cela représente Port-Saint-Louis et toutes ses richesses.