Tag: Incendies

  • À Montpellier, une mécanique déjà bien huilée

    À Montpellier, une mécanique déjà bien huilée

    Le futur hôtel des sécurités va nous faire gagner beaucoup de temps. » À entendre Sébastien Cote, on pourrait d’abord croire que ce lieu stratégique – qui ouvrira dans le quartier Celleneuve début 2029 – est attendu comme le messie à l’heure où les phénomènes météo extrêmes s’accentuent.

    En réalité, l’hôtel des sécurités qui centralisera les polices municipale et métropolitaine des transports, le PC sécurité de la TAM ou encore le Centre de supervision urbaine (CSU), ne sera que la cerise sur le gâteau. « Tous les acteurs seront réunis au même endroit et auront sous les yeux le grand mur d’images du réseau de caméras de vidéosurveillance de la Ville de Montpellier », explique l’adjoint au maire délégué à la sécurité.

    L’ultime maillon d’une chaîne de commandement déjà parfaitement rodée les jours où les pouvoirs publics se doivent de prendre les mesures adaptées aux risques climatiques exceptionnels. Car lorsque les fortes pluies ou le feu menacent, personne ne tergiverse. Le Plan communal de sauvegarde de la Ville (PCS) détaille risque par risque les process et rôles de chacun. « Tous les scénarios sont envisagés et le plan va bientôt passer à l’échelle de la Métropole », précise Sébastien Cote.

    Dès que nécessaire s’ouvre une « cellule de crise » au sous-sol de l’hôtel de ville de Montpellier. Au sein de ce Poste de commandement communal (PCC) aux allures de bunker, entre 15 et 20 personnes dont le maire ou l’adjoint d’astreinte, les responsables des services municipaux, de la police municipale, la voirie, la TAM, les pompiers, la sécurité civile… « Ils sont en lien téléphonique avec les équipes de terrain, la société Predict Services pour les prévisions météo et si besoin les maires des communes avoisinantes, ainsi bien sûr le préfet qui peut reprendre la main si le phénomène s’étend au département. »

    Des outils spécifiques sont aussi à disposition à l’instar du réseau métropolitain de capteurs qui mesurent la montée des eaux. « On peut ainsi rapidement décider de sécuriser une école, fermer un parc, un bois ou une route en contrebas, stopper une ligne de tramway… », illustre l’adjoint à la sécurité.

    La canicule n’étant pas un « risque ponctuel » mais continu, elle donne lieu à une « cellule de veille » quotidienne et amène elle aussi à des choix politiques forts. « En cas de fortes chaleurs, on peut décider en lien avec le rectorat de suspendre des cours d’une école, d’inviter au report d’un rassemblement mais aussi de rallonger les horaires des médiathèques ou d’ouvrir des salles climatisées pour placer les sans domicile fixe à l’abri. »

  • Incendies : le débroussaillement dans la ligne de mire de l’État

    Incendies : le débroussaillement dans la ligne de mire de l’État

    Après un été hors-norme, lors duquel près de 100 000 ha d’espaces naturels et de forêts sont partis en fumée, le gouvernement veut mettre l’accent sur la prévention face aux incendies. Ce vendredi 18 septembre, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a arpenté le plateau pédagogique dédié à la sensibilisation des publics aux Obligations légales de débroussaillement (OLD), dont le sentier ponctué de panneaux explicatifs et d’ateliers slalome dans la forêt de pins située au-dessus du centre de formation départemental des pompiers 13.

    « Neuf habitations sur dix qui ont été détruites cet été l’ont été parce qu’elles n’étaient pas ou peu débroussaillées », affirme-t-il. Ces manquements sont surtout « l’une des causes de propagation des feux ». Le responsable du service DFCI des Bouches-du-Rhône de l’Office national des forêts (ONF), Laurent Vélasco, est sans appel : « L’effort à faire sur les OLD est devant nous. Le respect de cette mesure de prévention est déjà insuffisant pour le risque actuel, donc d’autant plus pour les risques à venir. »

    De la cohérence

    et du cas par cas

    Les OLD, dont les conditions précises sont fixées par arrêté préfectoral, visent à limiter la masse combustible des incendies en créant une ceinture de sécurité aux abords des constructions, chantiers et installations de toute nature. Elles sont à réaliser par les propriétaires de terrains situés à moins de 200 mètres des bois et forêts sur une profondeur minimale de 50 mètres à partir de l’habitation, et peuvent donc s’étendre à une parcelle voisine.

    Mathieu Lefèvre reconnaît la technicité des obligations, avec des « arrêtés parfois difficiles à lire » et des « freins » qui peuvent être d’ordre financier ou « psychologique ». « C’est à tous ces enjeux que la mission parlementaire doit être capable de répondre », poursuit-il. Lancée le 12 août par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ses conclusions doivent être rendues le 21 septembre. Les sept parlementaires « commencent à formuler des propositions, le contrôleur général a été reçu », précise le ministre. « On est là sur une politique publique qu’on doit regarder dans le détail, qui ne doit pas se faire de façon planifiée verticale depuis Paris, mais massif par massif, forêt par forêt. »

    Le directeur du Sdis 13, Jean-Luc Beccari, prévient : « On pense qu’on a un dispositif assez complet et cohérent, mais il faut continuer à l’animer, à le financer. Il y a des enjeux forts en matière d’OLD, de DFCI, d’aménagement du territoire ». Et d’appeler à plus de cohérence entre les enjeux environnementaux, de biodiversité et de prévention incendie. « On sent qu’il y a un travail interministériel un peu plus poussé à mener. »

  • Martine Vassal réclame plus de moyens pour les pompiers

    Martine Vassal réclame plus de moyens pour les pompiers

    C’est une cérémonie qui arrive sur le tard, mais qui est hautement symbolique. Ce mercredi 16 septembre, les pompiers d’Istres ont enfin pu inaugurer officiellement leur nouvelle caserne, située dans la zone du Tubé. En réalité, ils avaient quitté leurs anciens locaux du centre-ville dès le 1er avril 2025.

    Le directeur du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône), Jean-Luc Beccari, explique : « La tour était isolée, on ne pouvait plus l’utiliser pour des raisons de sécurité, l’emplacement compliquait parfois la circulation des véhicules, il était difficile de sortir rapidement… » Désormais, 3 240 m² de bâtis modernes et fonctionnels construits à proximité de la N569 accordent « de meilleures conditions de travail aux pompiers en leur offrant un lieu de vie, de préparation mais aussi de cohésion », salue le maire (LR) d’Istres, Robin Prétot.

    Le président du Sdis 13 Richard Mallié souligne : « Derrière la construction d’un centre de secours, il y a une politique de protection de nos populations au prix de nos investissements. » En l’occurrence, 8,9 millions d’euros ont été financés par le Département, et 400 000 euros par le Sdis 13 en matière d’équipement.

    Des recettes adéquates

    Cet effort s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 2021, avec la construction de six casernes pour un montant de 40 millions d’euros. À la tête du conseil départemental, premier financeur du Sdis, Martine Vassal (DVD) passe un message : « Ce sont des sommes très importantes, en fonctionnement et en investissement. Les collectivités territoriales sont mises à mal, on nous pressure (…) et on arrive à un moment où le matériel coûte très cher. » Alors qu’au niveau national, la grève des pompiers se poursuit, la présidente dit travailler à une forme « d’uniformisation du traitement sur l’ensemble du territoire » avec l’association des Départements de France et appelle de ses vœux « une prise en compte des risques au niveau national pour que les territoires en retard puissent se mettre à la page ». Martine Vassal attend une « considération différente » de la part de l’État, demande plus d’adéquation entre les dépenses des Départements et leurs recettes et l’application du Beauvau de la sécurité civile.

    Ces revendications arrivent après une saison estivale particulièrement difficile. Les pompiers du 13 sont intervenus sur près de 500 feux d’espaces naturels, dont plus de 200 feux de forêt, un chiffre en « progression importante », note Martine Vassal. Malgré cette tension et la multiplication des journées à risque, dans plus de 9 cas sur 10, les départs ont pu être maîtrisés avant d’atteindre un hectare de végétation. « Ce résultat est le fruit d’une règle : détecter tôt, intervenir très vite et frapper très fort dès le départ. » La mobilisation a permis de limiter la surface totale brûlée à 366 ha dans le département, contre 966 ha en 2025. « On a le savoir-faire, il faut écouter les élus locaux, affirme Martine Vassal. La séparation entre le national et le local est de plus en plus importante et peut porter préjudice. »

  • Ventoux : les éco-gardes ont sensibilisé 66 000 personnes

    Ventoux : les éco-gardes ont sensibilisé 66 000 personnes

    Mercredi dernier à Carpentras, Jacqueline Bouyac, présidente du parc, a présenté le bilan de cette saison estivale. Près de 66 300 personnes ont été sensibilisées lors de 7 200 heures de patrouille cumulées. 77 foyers de feux ont été circonscrits. « Dans un contexte où le risque incendie était omniprésent, notre territoire a été épargné par les grands feux. Ce n’est pas le fruit du hasard, mais avant tout le résultat d’un travail collectif », salue Jacqueline Bouyac.

  • Comment les mégafeux révèlent les contradictions de notre époque

    Comment les mégafeux révèlent les contradictions de notre époque

    Auteur prolifique et infatigable militant de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, l’ancien vice-président de l’Université de Provence interviendra jeudi, sous sa casquette d’environnementaliste, au Forum national du conseil scientifique du MNLE, accessible en visioconférence. Il résume ici pour nous la teneur de son analyse, qui sera développée dans sa contribution.

    Pour commencer, il s’appuie sur un constat simple dont chacun a pu mesurer la portée cet été à travers l’actualité : des milliers d’hectares de forêts partis en fumée, des villages évacués, des habitants perdant leur maison, des entreprises contraintes de cesser provisoirement ou définitivement leur activité et « des agriculteurs qui voient disparaître en quelques heures le travail de toute une vie ».

    « La France est désormais touchée, comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne, le Canada, la Californie, l’Amazonie ou encore l’Australie, par des mégafeux », souligne-t-il.

    Pourtant, prévient-il, « il serait réducteur de n’y voir qu’une conséquence spectaculaire du dérèglement climatique ». La hausse des températures, les sécheresses prolongées et la multiplication des épisodes météorologiques extrêmes créent indiscutablement des conditions favorables à ces incendies, « mais cette explication, insiste-t-il, si nécessaire soit-elle, demeure insuffisante ». Il met également en avant l’organisation de la société, ses priorités ainsi que ses choix économiques et politiques comme facteurs aggravants de ces catastrophes.

    Analyse politique

    Il poursuit : « Les mégafeux détruisent des écosystèmes entiers, fragilisent la biodiversité, appauvrissent les sols, perturbent les cycles de l’eau et relâchent dans l’atmosphère d’immenses quantités de dioxyde de carbone, alimentant ainsi le réchauffement climatique. » Dans le même temps, ils « interrompent des activités économiques, désorganisent les territoires et aggravent les inégalités sociales », insiste André Prone.

    Sont notamment en cause « l’abandon de certaines pratiques agricoles, la réduction des espaces entretenus, l’urbanisation diffuse, le recul des politiques de prévention, mais aussi certaines formes de gestion forestière privilégiant des plantations monospécifiques destinées à maximiser la production de bois ». Selon lui, l’ensemble de ces évolutions a accru la vulnérabilité de nombreux massifs forestiers.

    Il invite donc « à dépasser la seule approche climatique » par une analyse marxienne qu’il juge tout aussi éclairante, puisqu’elle interroge « les rapports entre les modes de production et les conditions matérielles de la vie ».

    Il montre ainsi comment « la recherche permanente de l’accumulation, l’exploitation intensive des ressources, la marchandisation croissante des espaces naturels et la priorité donnée à la rentabilité à court terme ont progressivement rompu ce que certains auteurs appellent aujourd’hui le métabolisme entre les sociétés humaines et leur environnement ». Pour Alain Prone, les mégafeux illustrent parfaitement tout cela, en pointant qu’« un système économique fondé sur l’expansion permanente rencontre désormais les limites physiques de la planète ».

    Cette analyse permet d’envisager les mégafeux non plus comme une catastrophe parmi d’autres, mais comme le « symptôme d’une rupture historique ».

    Et de conclure : « Cette rupture appelle à repenser nos politiques forestières, nos modes d’aménagement du territoire, la place des services publics de prévention, mais aussi les finalités mêmes de notre modèle de développement. » Ce qui relève bien d’un projet de société. Puisque « ce qui brûle aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des forêts, mais l’illusion qu’une humanité pourrait poursuivre indéfiniment son développement en ignorant les limites écologiques dont dépend sa propre existence ».

  • Croix-Rouge : anticiper les crises pour mieux soutenir les sinistrés

    Croix-Rouge : anticiper les crises pour mieux soutenir les sinistrés

    En toile de fond du projet, les incendies dévastateurs de cet été et les déplacements de masse qui en ont découlé. Derrière les murs de l’unité locale de la Croix-Rouge, en parallèle de ses nombreuses autres activités, un groupe d’urgence social se monte, soit une unité spécialisée dans l’accompagnement social en cas de sinistre. Quel qu’il soit, de l’incendie, à l’inondation, aux routes bloquées par la neige. « On s’est dit qu’à Aix, si cela se passait un jour, il faudrait avoir une équipe de bénévoles Croix Rouge pour aider, organiser ces gens, les recevoir, les nourrir, les loger, leur remonter le moral en cas de nécessité », déroule Jacques Mignon, référent urgence sociale et membre du bureau. Cheville ouvrière de la composition de cette unité, soutenue par le président de la Croix-Rouge Jean-Michel Bottai, Jacques Mignon intègre la Croix-Rouge comme bénévole en 1968, alors lycéen. En repensant à la genèse du projet, c’est dans les années 1990, alors que Vitrolles et en proie à un incendie, que l’idée de monter cette unité à Aix prends ses racines. Un centre d’accueil des impliqués (CAI) avait alors été installé dans un gymnase « mais l’on était pas bien organisés, se souvient Jacques Mignon. On s’est finalement aperçus qu’on n’avait pas besoin des secouristes, on pouvait être bénévole à la Croix Rouge mais formé à l’accueil social. Ca a mis du temps mais ça y’est, on est bien partis. » Seule condition pour intégrer cette l’unité en devenir, être bénévole à la Croix-Rouge et être formé au tronc commun des acteurs de l’urgence (TCAU), une formation dispensée par l’association et en deux temps. Dernière condition pour intégrer le groupe d’urgence sociale, la disponibilité. Sur le principe des pompiers volontaires ou des réservistes, les bénévoles acceptent d’être appelés à toute heure, sur des plages horaires définies à l’avance. En contact avec la préfecture, en charge de diriger les bénévoles, ces derniers auront pour mission de se rendre au plus vite sur les lieux du sinistre. Pour composer le groupe social d’urgence, un appel déjà été lancé au sein de la locale aixoise. Selon Jacques Mignon, une quarantaine de bénévoles ont déjà répondu à l’appel. D’ici mi-octobre, la formation devrait être mise en place.

    Du matériel à trouver

    L’équipage trouvé, il reste encore, pour que cette unité soit fonctionnelle, à trouver du matériel. Celui-ci devrait être financé par des dons. « On a commencé à prospecter, on a commencé à demander des pistes pour essayer d’avoir des financements. Au minimum à Aix, il nous faudrait un mini-bus et une grosse remorque dans lequel on met du matériel (…) en ce moment, le problème des subventions est difficile », précise Jacques Mignon. Autorités locales ou entreprises privées, les bénévoles sollicitent les acteurs susceptibles de pouvoir soutenir leur démarche. Le député Marc Pena (PS) a déjà rencontré les bénévoles à ce sujet. Une rencontre a également été organisée avec le maire, Sophie Joissains. En plus du matériel nécessaire, des formations, Jacques Mignon reste confiant quant au lancement de cette unité. « On est en groupe, conclut Jacques Mignon. Pour faire face aux situations difficiles, on sait faire preuve de sang-froid, se soutenir et on n’est pas seuls. » Et pour renforcer les rangs, la Croix-Rouge cherche toujours plus de bénévoles.

    Pour rejoindre la Croix-Rouge ou l’unité: 06 26 26 71 08.

  • Hautes-Alpes : une fréquentation solide cet été mais des dépenses en recul

    Hautes-Alpes : une fréquentation solide cet été mais des dépenses en recul

    Après un été chargé, les restaurants et les boutiques qui s’animent durant la saison estivale peuvent souffler. La saison touche à sa fin et l’Agence de développement des Hautes-Alpes en a dressé le bilan.

    « La fréquentation reste globalement solide, avec près de 2 millions de visiteurs accueillis », note-t-elle. Le taux d’occupation des hébergements touristiques accuse un très léger recul de 1% par rapport 2025, « une première depuis 2015 ». Au total, de juin à septembre, il s’établit à plus de 40%.

    Contraintes climatiques

    « Après un mois de juin en retrait, juillet affiche des niveaux de fréquentation modestes, mais en progression pour les territoires ayant misé sur les grands événements et les clientèles internationales », affirme l’Agence de développement. Le passage du Tour de France, dans le Champsaur et le Gapençais, a très certainement joué un rôle. Sans surprise, le mois d’août a été porté par les traditionnels pics de fréquentation, avec notamment un taux d’occupation de 84% lors de la semaine du 15 août. Quant à l’arrière-saison, elle s’annonce dans la continuité de celle de 2025.

    Malgré ces chiffres, les touristes ont moins consommé. Les professionnels font largement état d’une baisse des dépenses, que ce soit pour les loisirs, l’alimentation, la restauration ou les commerces : « Dans un contexte de pouvoir d’achat contraint, les visiteurs semblent davantage arbitrer leurs dépenses. »

    Les conditions climatiques « parfois difficiles » ont aussi perturbé la saison : canicules, restrictions de baignade à cause des cyanobactéries, coulées
    de boue dans le Grand Briançonnais ou encore incendies dans le Pays des Écrins… « Des événements qui rappellent combien l’activité touristique de montagne reste sensible aux conditions naturelles et climatiques. »

    « Il faut sans doute tempérer la course au “toujours plus”, conclut Yvan Chaix, directeur de l’Agence. Ces dix dernières années, l’offre estivale s’est considérablement étoffée. C’est une richesse, mais cela peut aussi fragiliser la rentabilité de certains acteurs et, à terme, déstabiliser le modèle économique. Il faut savoir trouver un juste équilibre. »

    Agathe Di Lenardo

  • Alpes-de-Haute-Provence : sapeurs volontaires recherchés d’urgence

    Alpes-de-Haute-Provence : sapeurs volontaires recherchés d’urgence

    « Les pompiers de Manosque recrutent » : pompiers et mairie ont lancé, mardi, la campagne de recrutement de sapeurs-pompiers volontaires, essentiels pour faire fonctionner les casernes. « On a absolument besoin des pompiers volontaires. Souvent, ce sont eux qui prennent le relais le soir, le week-end, quand les pompiers pro sont au repos, a expliqué Jean-Claude Castel, président du Sdis 04. Quand on a des feux qui durent, c’est la relève qui est compliquée. »

    Pour réussir à recruter de jeunes volontaires, une classe jeunes sapeurs-pompiers a notamment été créée à La Motte-du-Caire, pour donner « une seconde chance à des jeunes qui viennent de partout », a précisé le président du Sdis. « À une époque, les places étaient chères, c’était souvent une histoire de famille. Aujourd’hui, on est sur un paradigme totalement inverse : on recherche beaucoup de monde pour diluer la sollicitation », a souligné le capitaine Clément Ortega, chef du centre de Manosque, regrettant de « perdre » de plus en plus de jeunes pompiers volontaires qui partent à l’étranger.

    « Pas normal de poser des congés pour partir au feu »

    Le maire et les pompiers ont insisté sur l’importance de signer des conventions avec les entreprises du territoire pour qu’elles libèrent les sapeurs-pompiers volontaires lorsque cela est nécessaire. C’est déjà le cas de l’Occitane, qui a signé récemment une convention, a expliqué le maire de Manosque, Camille Galtier (DVD).

    Enedis, qui a également signé une convention avec le Sdis 04, a libéré un agent sapeur-pompier volontaire de Manosque, cet été, « pour aller faire un renfort de dernière minute en Gironde », s’est réjoui le capitaine Clément Ortega. « Il n’est pas normal que des sapeurs-pompiers volontaires posent des congés pour partir au feu. Il faut vraiment qu’il y ait une mobilisation des entreprises publiques et privées, en signant un maximum de conventions avec, on l’espère, dans le cadre de la loi de modernisation de la sécurité civile, des moyens financiers de compensation », a lancé Jean-Christophe Julien, président de l’Union départementale des sapeurs-pompiers.

    Les pompiers et le maire ont également regretté le manque de « représentativité sociétale dans les casernes de pompiers », encourageant les habitants des quartiers prioritaires de la ville à s’engager auprès des soldats du feu. Pour y remédier, le maire de Manosque a évoqué le souhait de créer une « classe engagement » dans l’école du quartier prioritaire des Plantiers, à la rentrée 2027, où les pompiers interviendraient pour susciter « des vocations » chez la jeunesse.

    « Aujourd’hui, on a 90 sapeurs-pompiers volontaires à Manosque. Pour que ça fonctionne bien, il faudrait être à 100 ou 110, en plus des 16 professionnels. Donc il faudrait 10 voire 20 personnes supplémentaires », a détaillé le chef de centre. Pour recruter, il a mis en place une cellule de développement volontariat au sein de la caserne de Manosque. Cette année a notamment été créée l’action « vis ma vie de pompier ». Trente salariés de l’Occitane ont par exemple été accueillis au sein de la caserne pour découvrir son fonctionnement et potentiellement s’engager aux côtés des soldats du feu. Les pompiers espèrent faire la même chose, cette année, avec les habitants des quartiers prioritaires de Manosque pour avoir plus de « mixité sociale », avance l’adjudant Jonathan Matha, en charge de cette cellule de développement volontariat. « C’est une manière de dépasser certaines idées reçues et de montrer que l’on peut devenir sapeur-pompier quel que soit son parcours, son milieu social, où l’on vit. »

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les agriculteurs insatisfaits du plan de la ministre, « insuffisant »

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les agriculteurs insatisfaits du plan de la ministre, « insuffisant »

    « Pas à la hauteur de ce qu’on attend » : la FDSEA, les Jeunes agriculteurs et la Chambre d’agriculture ont tenu à réagir mardi aux annonces de la ministre et à son plan à un milliard d’euros, insuffisant selon eux, sur fond de sécheresse et de prédation importantes ces derniers mois dans le département. « 1 milliard d’euros, c’est une somme importante. Mais dans le contexte national, où on a à peu près 350 000 agriculteurs, ça représente à peu près 2 800 euros par exploitation. Je ne pense pas que ce soit à la hauteur de l’enjeu », a avancé Nicolas Solda, président de la FDSEA 04. « C’est un soutien momentané, mais on a un problème structurel sur l’agriculture française. Ce n’est pas le milliard qui va résoudre ce problème », a-t-il ajouté. « Le Casi, c’est comme si on faisait un infarctus et que c’était une réanimation », a de son côté lancé le président de la Chambre d’agriculture, Laurent Depieds. « La sécheresse a frappé de plein fouet les Alpes-de-Haute-Provence, avec des pertes de récoltes : 30 à 60% de fourrage en moins, et jusqu’à 50%, voire 70% de pertes sur les céréales », a détaillé Benjamin Ferrand, le président des JA 04. Pour lui aussi, ce plan d’aides est « une petite rustine qui ne va pas forcément combler le trou qu’il y a à combler. On est loin de l’objectif et des attentes, même si on note l’effort. »

    Prédation, grêle

    et stockage de l’eau

    Les représentants des syndicats agricoles ont par ailleurs évoqué la problématique de la prédation, avec une augmentation de 6% des attaques selon eux, et de la grêle. « La grêle qu’on a eue fin avril, début mai, les dossiers ne sont toujours pas passés, parce qu’il faut attendre le guichet qui va passer au mois de novembre. C’est le parcours du combattant », a déploré le président de la FDSEA 04. « Nos trésoreries sont à mal, on enchaîne les difficultés agricoles depuis plusieurs années, ça en va de la vie de nos exploitations. » Les agriculteurs ont également souligné les problématiques liées à l’accès à l’eau : « On a des saisons qui ont radicalement changé avec des étés très secs. Il faut qu’on puisse stocker l’eau quand elle est là. On n’a plus le temps d’attendre », a lancé le président des JA 04.

  • Lançon-Provence : Renaud Muselier remet un don pour les pompiers

    Lançon-Provence : Renaud Muselier remet un don pour les pompiers

    Il était ce lundi à Lançon-Provence pour remettre un chèque de 135 723 euros à l’œuvre des Pupilles Orphelins et Fonds d’Entraide des Sapeurs-Pompiers, association qui apporte un soutien aux enfants et aux familles de sapeurs-pompiers décédés. Cette somme est le fruit d’une collecte citoyenne que Renaud Muselier avait lancé au début des incendies dans les Landes et dont il avait été « le premier donateur ».