Tag: Incendies

  • En Provence, les agriculteurs étouffent

    En Provence, les agriculteurs étouffent

    « On souffre physiquement et mentalement, on se demande combien de temps ça va durer… » souffle Emilie Loison, épuisée. Installé depuis 2016 dans les Bouches-du-Rhône, à la ferme Saint Joseph à Peyrolles, le couple, Emilie et son compagnon Roger, qui l’a rejointe en 2022, produit des tomates, des haricots, du fromage de chèvre ou encore de la viande de chèvre dont le cheptel s’élève à une centaine d’individus.

    Les deux producteurs exercent déjà un métier d’ordinaire difficile. Mais ils voient les difficultés s’accumuler au quotidien depuis le début de la canicule et de la sécheresse. « Pour les animaux, c’est très compliqué. En temps normal, je fonctionne quasi exclusivement au pâturage, je ne leur donne presque pas de foin. En ce moment, tout est grillé dans les prairies, il n’y a rien à manger, alors je n’ai pas le choix, je dois acheter du foin. Mais comme nous sommes nombreux dans ce cas, fatalement, les prix grimpent. Ajoutez à cela qu’avec la chaleur, les chèvres produisent aussi moins de lait, au bout du compte, cela me coûte plus cher et me rapporte moins. »

    Pour les cultures, c’est aussi pénible, explique Roger, son compagnon : « Normalement en cette période, je suis envahi de tomates, là c’est sec, il n’y en a pas ou alors très peu » explique-t-il en montrant ses serres dans lesquelles on ne distingue pas ou très peu de fruits. Il poursuit : « Les pertes sont conséquentes, environ 40%, et pourtant, nous ne sommes pas les plus mal lotis. Nous avons la possibilité d’irriguer grâce à notre proximité avec le canal de la Durance, mais ce n’est pas suffisant. Toutes les cultures subissent cette sécheresse : mes haricots verts, eux, sont petits, courbés, secs ».

    Au-delà des difficultés de production, le facteur humain, lui aussi est mis à rude épreuve. Les deux producteurs expliquent se lever le plus tôt possible le matin pour travailler au frais, et terminer tard pour tenter de retrouver de la fraîcheur. « On est tous très fatigués. Cette année, les fortes chaleurs ont commencé très tôt. Début juillet j’étais déjà à bout comme si j’étais fin août. Et tous les producteurs autour de nous le disent. Si on ajoute à ça le stress de ne pas savoir si nos plantes vont survivre et quelles solutions on va trouver pour notre élevage, c’est vraiment éreintant ».

    Pour s’adapter au réchauffement du climat, Emilie et Roger, adhérents à la Confédération paysanne, ont adopté une agriculture durable. « Ce sont des fermes à taille humaine, pas forcement petites en termes de surface mais loin du modèle intensif. C’est aussi et surtout un modèle qui respecte la nature, la terre, l’air, l’environnement et l’humain qui y travaille. Le tout idéalement en bio. C’est un modèle qui, aujourd’hui, résiste un peu mieux à la sécheresse, aux canicules. »

    Pourtant, la confédération paysanne s’est vue retirer 42% de ses subventions par la Région suite au changement de la clé de répartition au profit des syndicats agricoles productivistes FNSEA et Coordination Rurale. Mais le maraîcher insiste : « On va devoir s’adapter à des températures de plus en plus chaudes et sèches. Selon moi c’est une question que la future génération d’agriculteurs doit absolument se poser si elle veut perdurer ».

    Autre point d’inquiétude des agriculteurs, le risque croissant d’incendie. Chaque année dans toute la France, des centaines d’hectares de cultures partent en fumée. Mais l’agriculture paysanne répond aussi à la problématique, notamment avec des solutions d’entretien des forêts : « Nous, on milite pour une installation de bergers dans les forêts pour entretenir ce qui ne l’est plus depuis des décennies. Malheureusement on est très freinés là-dessus… »

    Pour l’heure Émilie et Roger continuent de travailler toujours plus, pour limiter les conséquences de la sécheresse.

    Louis Golliot

    EN BREF

    50%

    Une commune sur deux de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) a connu au moins un arrêté sécheresse lors de l’épisode historique de 2022, d’après une étude réalisée par l’Insee. La même année, deux habitants sur trois de la région ont été touchés par des restrictions d’eau au pic du mois d’août.

    130 jours

    Selon les projections de Météo-France pour la région Paca, le nombre de jours où les sols seraient en situation de sécheresse atteindrait 130 jours par an en 2050, contre 101 jours sur la période de référence 1976-2005.

    Soit près d’un mois supplémentaire de sécheresse chaque année.

    + 2,2°C

    D’après les mêmes projections, la température moyenne annuelle augmenterait en Paca de 2,2 °C à l’horizon 2050. À l’échelle nationale, la hausse serait de 2,1 °C pour la même échéance. L’augmentation serait de 3,7 °C à l’horizon 2100, contre 3,4 °C pour la France hexagonale.

    – 10%

    Du côté des précipitations, à l’horizon 2050, en Paca, les pluies estivales (juin-juillet-août) diminueraient de 10 % selon Météo-France. La baisse serait de 18 % à l’horizon 2100.

    En revanche, le cumul de précipitation en hiver (décembre-janvier-février) augmenterait de 19 %.

  • Plusieurs départs de feu maîtrisés durant le week-end en region Sud Paca

    Plusieurs départs de feu maîtrisés durant le week-end en region Sud Paca

    Les sapeurs-pompiers ont dû intervenir par trois fois sur des incendies menaçants dans Bouches-du-Rhône. La première fois à Salon-de-Provence, samedi après-midi pour un feu qui a parcouru 4 000m2 de végétation mais qui a rapidement été contenu grâce à l’action de 47 pompiers et un hélicoptère bombardier d’eau. Deuxième coup de chaud, dimanche cette fois, avec un incendie plus inquiétant à Fontvieille, dans le massif des Alpilles qui s’est déclaré aux alentours des 16 heures. Si 90 sapeurs-pompiers sont d’abord déployés, leur nombre passe rapidement à 200, appuyés par un hélicoptère et 3 Canadair en renfort. Le feu était « fixé » en début de soirée, selon le Sdis 13, après avoir parcouru une dizaine d’hectares. Enfin à Fuveau, l’incendie d’une voiture s’est propagé dimanche à la végétation et a nécessité, là encore, l’intervention d’une soixante de pompiers appuyés par des moyens aériens. Incendie en bonne voie d’extinction dès le début de soirée.

    Dans le Var, Si l’incendie d’ampleur de Gros Bessillon, a été déclaré fixé vendredi, de nombreux pompiers restaient sur le pont. Même principe pour l’incendie à Bayons, annoncé comme « contenu » vendredi, dans les Alpes-de-Haute-Provence où s’est rendue la préfète, Isabelle Tomatis, ce samedi. À Rousset-Serre-Ponçon, non loin du barrage dans les Hautes-Alpes, un feu d’espace naturel s’est déclaré samedi dans l’après-midi. S’il a été « rapidement fixé » il a tout de même parcouru 2 000m2. Schéma similaire à Peyruis, dans les Alpes-de-Haute-Provence où les pompiers sont intervenus, samedi pour un feu de broussailles. Finalement, 4 300m2 sont partis en fumée mais les habitations adjacentes ont été protégées.

  • L’agriculture occitane face aux sécheresses

    L’agriculture occitane face aux sécheresses

    « Le nombre de jours secs devrait encore augmenter de 25% si les émissions suivent leur trajectoire actuelle, et jusqu’à 50% selon le scénario le plus pessimiste. » En septembre 2024, le Réseau action climat* (Rac) dresse, dans un rapport, un panorama des conséquences du changement climatique dans toutes les régions. Si l’impact est général, l’Occitanie est particulièrement touchée par la sécheresse. Ainsi, la surface moyenne concernée par la sécheresse a triplé depuis 1960, souligne le Rac. Une réalité qui se confirme cet été 2026 marqué par des températures records et des canicules à répétition.

    Mardi 4 août, Météo-France a annoncé qu’avec une température moyenne de 24,9°C, le mois de juillet dépasse les précédents records de la canicule d’août 2003 (24,8°C) et de juillet 2006 (24,4°C). L’excédent de température par rapport aux normales (période 1991-2020) – qui interviennent elles-mêmes dans un climat déjà réchauffé par les activités humaines – atteint, comme en juin, +3,8°C. « Il s’agit de la deuxième anomalie mensuelle la plus élevée » jamais enregistrée après celle de février 1990 (+4°C), indique le prévisionniste national dans un communiqué.

    Faire face à ce réchauffement est un défi pour la première région française en nombre d’exploitations agricoles : plus de 64 000, réparties sur 3,1 millions d’hectares de surface agricole répertoriée en 2020. Avec une grande diversité : viticulture, élevage, fruits et légumes, grandes cultures… L’agriculture représente 165 000 emplois, ce qui en fait le premier secteur économique de l’Occitanie.

    Conséquence directe des sécheresses majeures, les usages de l’eau sont fortement impactés. Aujourd’hui, 80% de la France métropolitaine est soumise à des restrictions d’eau. C’est aussi le cas des territoires d’outre-mer. Dans le département du Gard, le préfet Jérôme Bonet « après avoir réuni un Comité de la ressource en eau (CRE), a décidé de renforcer les mesures de restrictions sur les bassins-versants du Virdoule et des Gardons amont et aval », indiquaient les services de l’État en début de semaine. Le CRE devait se réunir le 6 août « afin d’évaluer la nécessité d’ajuster ces mesures de restriction sur l’ensemble du département ». Le niveau le plus élevé des restrictions concerne le bassin-versant du fleuve Hérault amont, placé en niveau de restriction d’eau « crise ». C’est-à-dire que « seuls sont autorisés les usages prioritaires de l’eau, concourant à l’alimentation en eau potable des populations, à la survie des espèces aquatiques, à l’abreuvement des animaux, à la sécurité civile et à la salubrité publique. Des demandes de dérogations, encadrées, sont possibles au bénéfice de l’irrigation agricole », précise la préfecture. Dans l’Hérault, le bassin-versant du Jaur, qui prend sa source à Saint-Pons-de-Thomières, est aussi placé au niveau le plus haut.

    S’adapter ou mourir ?

    Le Rac mentionne dans son rapport les études du Réseau d’expertise sur les changements climatiques en Occitanie (Reco) sur cette question de l’accès à l’eau : « Les conflits liés à la ressource en eau devraient augmenter, et les différents types d’usages seront tous impactés : domestique, agricole, industriel, énergétique… Or dans certains cas, la demande en eau pourrait augmenter du fait du changement climatique. » Et de citer l’exemple du canal de Gignac, sur le bassin-versant de l’Hérault, où « la demande en eau pour l’irrigation agricole pourrait augmenter de 11 à 48% ».

    Les conflits liés à l’eau sont très médiatisés par certains syndicats agricoles comme la Coordination rurale (proche de l’extrême droite) alors que moins de 7% des surfaces agricoles sont irriguées. Sauf que l’absence de pluie, notamment en Occitanie, fait monter la pression. José Pérez, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, incite les agriculteurs à passer outre les restrictions. « N’hésitez pas à irriguer, on viendra sortir ceux qui nous contrôlent », a-t-il déclaré récemment.

    Loin des discours démagogiques, pour le Reco, « la gestion de l’eau et notamment les usages agricoles devront être repensés pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques ». L’adaptation est déjà à l’œuvre. Des viticulteurs de l’Aude et des Pyrénées-Orientales ont exceptionnellement commencé leurs vendanges fin juillet. Le Réseau action climat ne dresse pas simplement un constat, mais fait aussi des propositions. « L’une de ces réponses durables est le développement des pratiques agroécologiques, dont l’agriculture biologique. Selon le dernier rapport du Giec, ces approches “peuvent renforcer la résilience au change ment climatique, avec de multiples cobénéfices”. Elles offrent en effet une plus forte résistance aux événements extrêmes. » Et de citer, par exemple, la diversification « des cultures en intégrant notamment les cultures de légumineuses, qui permettent un meilleur maintien de la matière organique dans les sols, et allonger leurs durées de rotations ». Des actions concrètes donc, comme les études sur les cépages pour écrire l’avenir de l’agriculture occitane.

    * Créé en 1996 à l’initiative de France Nature Environnement, WWF, Greenpeace et les Amis de la Terre, le Réseau action climat fédère 27 associations nationales.

  • Après la terreur, Cotignac tente de reprendre vie

    Après la terreur, Cotignac tente de reprendre vie

    Labellisé « Plus beaux villages de France » depuis 2022, ce n’est malheureusement pas pour la beauté de ses ruelles et de son rocher que Cotignac a fait parler de lui ces dernières semaines, mais pour l’incendie du Gros Bessillon, qui l’a menacé plusieurs jours durant. « J’ai eu peur, surtout le 23 juillet, avec le feu qui arrivait dans la ville », avoue Jean-Pierre Véran, maire de la commune depuis 36 ans, qui n’avait « jamais connu rien de tel. En 1999, l’incendie était sur le flan est de la commune, et cela ne nous avait pas menacé. Là, les flammes montaient à 10-15 mètres. Le préfet était prêt à évacuer entièrement ». Trop compliqué au vu des difficultés d’accès de certains secteurs, et de la panique que cela aurait produit. Décision fut prise de confiner, et elle a porté ses fruits.

    Aujourd’hui, l’heure est à la renaissance, même si la prudence est de mise « jusqu’à ce que le feu soit complètement circonscrit. Mais les festivités à venir sont maintenues, il faut profiter, vivre. Les gens reviennent au village, les commerces retrouvent des clients, c’est important », clame Jean-Pierre Véran.

    Certains revivent,

    d’autres ont tout perdu

    Jeudi, au restaurant « Le Temps de pose », sur la place de la mairie, Sophie, qui commence son service du midi, a en effet pu le constater : « Il y a eu une forte baisse de fréquentation dans le village. Beaucoup de personnes sont parties, des locations annulées. L’ambiance était angoissante et l’air irrespirable. Là, c’est revenu et ça nous fait extrêmement plaisir », souffle-t-elle. Car l’activité touristique est un moteur à Cotignac. D’autant qu’avec « la canicule, on a eu beaucoup moins de monde. On était très inquiet pour la saison après les feux ».

    À table, on retrouve Ben, Sybelle et leur bébé. Ces touristes venus du sud de Londres n’ont pas renoncé à leur séjour malgré la situation : « Nous venons souvent, l’endroit est très beau et les gens vraiment gentils. Cela n’a pas affecté nos vacances, il est juste plus dur de trouver du pain et des légumes car les agriculteurs ont malheureusement perdu leurs récoltes. On espère que cette triste situation va vite se résoudre ».

    Parmi eux, il y a Eva. Elle vend ce qu’il reste de ses plantes aromatiques et médicinales dans une boutique collaborative de la Grand Rue. Le 21 juillet, le feu a embrasé son terrain. Les sapeurs-pompiers ont pu sauver sa maison, mais pas ses 3 000 m2 de plantations. « Ça représente un an de récolte et de travail perdu, et des années perdues pour replanter, récolter à nouveau… Mon atelier a aussi brûlé, donc je n’ai plus rien pour transformer ce qu’il reste », se désole-t-elle, la gorge serrée. Cette perte n’est pas uniquement économique, car ces terres sont un héritage familial, sur lesquelles « chacun avait planté ses graines depuis des années ». Et au-delà de son cas personnel, la situation demeure difficile à accepter : « Les pompiers ont trop peu de moyens, tout ce que nos anciens ont fait, on l’a balayé pour des choses qui n’ont pas de sens, comme la loi Duplomb et les orientations politiques qui vont contre nos intérêts. On a besoin de sécurité, de ressources de biens communs préservés qui ne servent pas le profit », s’insurge-t-elle. Abasourdie, elle ne sait pas encore de quoi les prochains mois seront faits. Une amie a ouvert une cagnotte pour l’aider, tandis que des structures comme la Fédération familles rurales du Var et l’association Partageance, octroient des aides aux sinistrés, pour compléter l’action, bien minime, des assurances.

    Le feu n’a pas progressé jeudi

    Dans une journée annoncée risquée, avec un vent chaud et sec qui s’est levé en fin de matinée, et des rafales dépassant les 55 km/h, les 850 sapeurs-pompiers mobilisés et appuyés par des hélicoptères bombardiers d’eau jeudi dans le Gros Bessillon sont parvenus à contenir l’incendie. Ils ont poursuivi leur travail sur les lisières, alors que des moyens de lutte avaient été positionnés sur des points sensibles pour contrer les reprises de feu. Plus d’une dizaine se sont produites, et ont été rapidement maîtrisées. Vendredi, une journée similaire s’annonce, avec un vent et une chaleur soutenus. Les moyens pourront monter en puissance si besoin, avec notamment deux canadairs posés à Hyères, et l’avion Dash, en plus des hélicoptères bombardiers d’eau.

  • À Velaux, un VLOG flambant neuf pour les anciens pompiers 13

    À Velaux, un VLOG flambant neuf pour les anciens pompiers 13

    Les clés de ce VLOG leur ont été remises mardi au centre de formation départemental de Velaux. Cet équipement leur permettra de poursuivre leur mission de soutien auprès des personnels engagés sur les interventions, notamment en assurant le ravitaillement en eau, café et nourriture. Bénévoles, les anciens pompiers constituent un maillon essentiel
    du dispositif opérationnel et maintiennent un lien fort avec les effectifs en activité avec
    un engagement précieux qui se prolonge parfois jusqu’au bout de la nuit.

  • Journée à risque en prévision pour le feu du Gros Bessillon ce jeudi

    Journée à risque en prévision pour le feu du Gros Bessillon ce jeudi

    Comme annoncé depuis plusieurs jours, la journée de jeudi est particulièrement redoutée dans le cadre de la lutte face à l’incendie du Gros Bessillon, qui a parcouru 6 350 hectares depuis son déclenchement le 21 juillet dernier (et 1 850 hectares depuis sa reprise au sud-est de Correns vendredi dernier). Mercredi, après une nuit durant laquelle une seule reprise, rapidement traitée, a été détectée dans le secteur de Correns, 800 hommes et femmes, accompagnés de 250 engins et plusieurs hélicoptères bombardiers d’eau se sont attelés au traitement des lisières et des points chauds et à l’ouverture de pistes pour faciliter le travail au sol.

    L’objectif reste le même : sécuriser et installer des verrous pour combattre les reprises qui pourraient se produire sur le front sud / sud-est du feu, attisées par un vent d’ouest qui se renforcera l’après-midi de jeudi, avec des rafales jusqu’à 50 km/h et des températures pouvant approcher les 40°C.

    Un départ de feu

    à Camps-la-Source

    Les autorités appellent également la population à continuer à faire preuve de la plus grande vigilance (pas de jets de mégots, barbecues, travaux sources d’étincelles…). Un rappel motivé par le déclenchement d’un feu d’espace naturel, provoqué par l’éclatement d’un pneu d’un poids lourd, en fin d’après-midi, au niveau de la RD43 à Camps-la-Source. L’intervention rapide de 150 sapeurs-pompiers appuyés par des moyens aériens (hélicoptères bombardiers d’eau et avion Dash) a permis de fixer rapidement le feu, qui a parcouru 5 hectares. Dans la même optique, huit des neuf massifs forestiers varois seront fermés (exception faite du plateau de Canjuers), tandis que plusieurs communes ont décidé d’annuler des feux d’artifices prévus dans les prochains jours.

    Cellule de soutien psychologique pour les sinistrés

    À la demande des autorités, la Cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) du Samu a mis en place une permanence d’écoute et de soutien psychologique pour les habitants des communes touchées par le feu du Gros Bessillon. Pour en bénéficier, il suffit de laisser ses coordonnées au 04.94.33.18.00 pour être rappelé.

    En complément, des séances sont aussi proposées dans les communes et aux dates suivantes : Correns : vendredi 7/08 de 9h30 à 12h30 – Salle des pénitents ; Le Val : Mardi 11/08 de 10h à 14h – Foyer municipal, place Louis Fournier ; Montfort-sur-Argens : Mercredi 12/08 de 10h à 14h – Espace André Paul, Grand rue ; Barjols : Jeudi 13/08 de 10h à 14h – Salle du Centre Ellias, boulevard Grisol ; Cotignac : Vendredi 14/08 de 10h à 14h – salle des fêtes du Grainage, 1er étage.

    Ces séances sont ouvertes à tous les habitants de la zone touchée par l’incendie, aucun rendez-vous préalable n’est nécessaire.

  • À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    Un complexe hôtelier haut de gamme d’une centaine de chambres, avec résidences de tourisme dédiées au vélo et spa, la « Baie des Princes », espère voir le jour d’ici 2030, là où se trouvait l’ancienne carrière Saint-Eutrope, à Orange. Mais non sans opposition.

    Sur un emplacement de 17 hectares, en friche depuis les années 60, la société Immobilis, qui pilote l’ouvrage, avance pas à pas. Le terrain est entré dans le Plan local d’urbanisme (PLU) en 2023 après deux années de concertation. Les porteurs mettent en avant la dimension écologique avec, en parallèle, la réhabilitation de l’ancienne carrière. Et l’attrait touristique qu’il pourrait y avoir avec une vue sur le Ventoux, l’accueil de cyclotouristes ou encore les vignobles à proximité. Pour un coût total estimé entre 120 et 160 millions d’euros. Et 200 à 250 emplois créés pour le fonctionnement du site.

    Et ce jeudi 30 juillet s’est achevé l’avis de consultation du public « ayant pour objet une demande d’autorisation environnementale relative aux travaux d’aménagement urbain ». Une consultation qui portait notamment sur la loi sur l’eau et le « rejet d’eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol ». Lors de la dernière réunion publique, le jeudi 23 juillet, le commissaire rapporteur a fait état de 563 avis favorables, 532  défavorables, 68 sans avis et 71 hors sujet. Le préfet devra ensuite valider après consultation suite à une demande d’autorisation environnementale, puis au maire d’accepter le projet suite au dépôt d’une demande de permis d’aménager auprès de la commune en 2025.

    Vive opposition

    Après la publication du compte rendu de cette consultation, la suite est dans les mains du préfet de Vaucluse, puis du maire d’Orange pour valider le lancement de potentiels travaux. Alors que la mairie de Jean-Dominique Artaud (RN) affirme qu’elle « se doit de respecter une position de neutralité concernant le projet immobilier de la Baie des Princes », associations et groupes d’opposition clament leur désaccord depuis plusieurs années. Christian Gastou, élu d’opposition (DVC) du Printemps pour Orange, pointe que ce projet « met en danger la biodiversité du site ». L’Association de défense de l’environnement orangeois (Adeo) abonde dans ce sens, en s’appuyant notamment sur l’avis laissé par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN). « C’est un environnement sableux très particulier, très rare en Vaucluse et encore plus dans la région. Avec des espèces particulières, protégées. Et donc, au moindre dérangement, même minime, cela met en danger leur survie. Même si le projet prévoit d’en tenir compte, je ne vois pas comment il est possible d’éviter d’abîmer le milieu définitivement », explique Thierry Joumard, président de l’Adeo. Avec des espèces telles que le criquet des dunes, « le seul endroit où il a été observé en dehors du littoral », explique le responsable associatif, ou encore le scorpion languedocien.

    Une pétition contre le projet a également récolté plus de 2 000 signatures. Le risque d’inondation, d’incendie et d’effondrement est également pointé. « Il y a eu un feu sur la colline la semaine dernière. Mais le site se trouve aussi à flanc de falaise et le seul conduit qui doit évacuer l’eau, car c’est un bassin fermé, est en mauvais état », résume Christian Gastou.

  • Volontaires : au feu sans compter leurs heures

    Volontaires : au feu sans compter leurs heures

    À 18h42, le bip arrache Léa à son café. Aide-soignante dans un Ehpad le jour, elle enfile en moins de deux minutes le pantalon de feu suspendu à son casier, lace ses bottes sans un mot. « Quand ça sonne, je pars. On ne réfléchit plus, le corps sait. On parlera après », lâche-t-elle en grimpant dans le fourgon. Ce soir, c’est un accident sur l’A9. Il y a trois ans encore, cette trentenaire originaire de Codognan ignorait tout des gestes de secours. Une soirée portes ouvertes au centre de secours, une discussion avec un voisin volontaire, et la bascule : « Je voulais que mon engagement serve à quelque chose de concret, pas juste à mon salaire. »

    Le lendemain matin, épuisée, elle retrouve à la caserne de Nîmes deux autres visages de ce même engagement : Karim, agent communal de 43 ans, et Julien, cuisinier dans un lycée. Trois métiers, trois vies, une même ligne rouge : rester disponibles lorsque le feu prend de l’avance. Une discipline qu’ils partagent avec près de 2 800 sapeurs-pompiers volontaires dans le Gard. Aux côtés de 717 professionnels, ils représentent à eux seuls plus des trois quarts des effectifs opérationnels du département.

    C’est sur ces épaules que repose l’essentiel de la réponse quand, l’été venu, la menace change d’échelle. Le mistral pousse les flammes, la fumée avale l’horizon et les heures se dilatent sous les casques. Les volontaires montent alors dans les fourgons après une journée de travail, sacrifient un week-end, écourtent un repas de famille. « On peut partir pour deux heures et rentrer le lendemain », résume Karim. Son employeur le libère lorsqu’il le peut ; dans les petites entreprises, l’absence pèse davantage.

    Mais le quotidien des volontaires ne se résume pas aux colonnes de fumée. Léa a vite été éloignée des images de héros qui accompagnent parfois la vocation : malaises, chutes, accidents et détresse sociale composent l’essentiel des sorties. « On entre parfois chez des gens qui n’ont vu personne depuis plusieurs jours. Avant de soigner, il faut rassurer. » Le feu laisse d’autres souvenirs : la chaleur qui traverse la veste, le craquement des pins, les braises qui franchissent une route que l’on croyait sûre. Pour affronter l’un comme l’autre, les heures de formation et les exercices s’accumulent. Dérouler les tuyaux, reconnaître les vents ou porter une victime ne s’improvise pas. « Il faut que les gestes reviennent même lorsque la fatigue et la peur brouillent tout », souffle Léa.

    Des vies réglées sur le bip

    Julien, lui, a appris à vivre au rythme du planning qu’il remplit chaque mois, disponibilité par disponibilité. À 51 ans, il compte près de vingt années de volontariat, et sa femme reconnaît le bip avant lui. « Pour un accident, elle s’inquiète. Pour un feu de forêt, elle ne dort pas. » Avec le temps, dit-il, il a aussi appris à moins foncer : « Avec l’âge, on lit mieux le terrain. Le courage, c’est aussi savoir quand reculer. »

    Cette expérience ne sera pas de trop : depuis le début de l’été, les sapeurs-pompiers du Gard ont déjà fait face à 508 feux, ayant parcouru 836 hectares. Dans les périodes les plus sensibles, jusqu’à 150 pompiers supplémentaires peuvent être mobilisés chaque jour. Autant de congés déplacés, de journées de travail abandonnées, de familles qui attendent. Une trentaine de centres de secours seulement couvrent ce vaste territoire exposé aux feux, aux inondations et aux accidents, et dans certaines casernes, chaque départ devient un calcul : qui peut quitter son travail, garder les enfants, remplacer le collègue déjà mobilisé ?

    Pourtant, aucun ne parle d’abandonner. Léa évoque les silences dans le camion après une intervention difficile. Karim, les repas interrompus et repris froids à deux heures du matin. Julien, cette main serrée par un habitant dont la maison venait d’être sauvée. « On ne fait pas ça pour être des héros, dit-il. Quand tout le monde recule, il faut bien que quelqu’un avance. » Mais derrière l’uniforme, le modèle tient sur des équilibres fragiles : la compréhension des familles, la bonne volonté des employeurs et des volontaires toujours plus sollicités. Lorsque l’un d’eux part plusieurs heures, un atelier, une mairie ou un service tourne parfois avec une personne en moins. Face à des incendies plus intenses, leur engagement demeure une force. Pourtant, à mesure que les étés s’embrasent, les épaules qui portent le système deviennent toujours plus rares.

  • Incendie du Gros Bessillon : la course contre la montre face au feu se double d’une traque aux incendiaires

    Incendie du Gros Bessillon : la course contre la montre face au feu se double d’une traque aux incendiaires

    Lundi et mardi se sont avérés plus calmes, mais non moins engagés dans la lutte contre la reprise de l’incendie du Gros Bessillon, qui n’a pas progressé et dont le bilan est de 1 850 ha parcourus. Une baisse des températures et du vent, et un air plus humide ont permis aux 1 250 sapeurs-pompiers engagés mardi de traiter les lisières et les points chauds.

    Un accusé avoue un départ de feu, 6 enquêtes ouvertes

    Un travail qui va se poursuivre mercredi avec le même engagement, car les heures sont comptées avant une journée de jeudi qui s’annonce périlleuse, avec des températures en hausse et le retour du mistral. D’autant plus que les sapeurs-pompiers doivent également lutter contre les incendiaires. Un homme de 23 ans, mis en examen pour une dizaine de départs de feux, a avoué être à l’origine de l’une de celles du 24 juillet.

    Par ailleurs, « deux nouveaux départs de feu dont l’origine volontaire est peu contestée », d’après le préfet du Var Simon Babre, ont été signalés dans la nuit de lundi à mardi, à Montfort-sur-Argens et Barjols. Celle du 31 juillet pourrait aussi l’être, toujours selon le Préfet. Depuis le 24 juillet, six départs de feu sont soupçonnés d’être d’origine volontaire, mais « rien ne permet de les relier entre eux », détaille le commandant de la Gendarmerie du Var Grégory Goumain, qui précise que six enquêtes distinctes ont été ouvertes.

  • Une « importante reprise » du feu à Bayons, celui de Thorame ne progresse plus

    Une « importante reprise » du feu à Bayons, celui de Thorame ne progresse plus

    Les pompiers rencontrent des difficultés en raison d’un relief « dangereux, marqué par des chutes régulières de pierres, de matériaux incandescents et de blocs rocheux. Ces conditions représentent un risque majeur et favorisent la propagation du feu », a regretté le Sdis. L’ONF a fourni un bulldozer aux pompiers, qui l’utilisent ce mercredi matin pour prolonger une piste. Le feu de Thorame-Basse n’a lui plus progressé depuis lundi, sa surface brûlée restant stable à 21 hectares. Les pompiers surveillent « toute reprise » et poursuivent leur « travail acharné » sur les deux incendies.