Tag: Incendies

  • De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    Marseille frappée en plein cœur ! Des victimes et des décombres ! La ville en deuil ! L’impuissance des hommes devant la fureur déchaînée des éléments ! » Dans son édition du 29 octobre 1938, Le Petit Provençal multiplie les points d’exclamation. La veille, un incendie d’une rare violence a pris dans le salon de thé des Nouvelles Galeries, au deuxième étage du bâtiment qui fait l’angle entre la rue Scotto et la Canebière, à 14h25. En moins de 15 minutes, c’est le brasier.

    Dépassés, les sapeurs pompiers marseillais, 400 pour un million d’habitants, ne disposent que de 5 autopompes « dont trois démodées peu maniables, d’un rendement nul et pas de transports rapides pour les hommes », la seule voiture avec échelle « n’arrivait pas au-delà du deuxième étage », décrit l’envoyé spécial de Paris-Soir qui pointe l’incurie des services incendies dès le lendemain de la catastrophe. Pire, ils n’ont jamais fait « d’exercice d’ensemble ou d’éducation contre le feu ». Leur capitaine par intérim blessé, le manque de pression d’eau, la foule de badauds que la garde mobile peine à maîtriser, leur compliquent la tâche. L’Amiral Muselier demande le renfort des marins pompiers de Toulon, des hommes viennent prêter main forte de Tarascon, d’Aix, Salon, Avignon, Lyon.

    « Qui commande ici ? »

    Dans la panique, clientes et personnels mourront asphyxiés ou piétinés. D’autres se jetteront par les fenêtres. Le mistral qui souffle en rafales propulse le feu de l’autre côté de l’avenue, le toit de l’hôtel Noailles s’embrase, « heureusement presque vide » note Paris Soir, car l’établissement accueille Édouard Daladier, président du Conseil et des ministres, pour le 35e congrès du Parti républicain, radical et radical socialiste au parc Chanot. Avec le président de l’Assemblée nationale et maire de Lyon, Édouard Herriot, et le ministre de l’Intérieur, Albert Sarraut, il assiste aux opérations de sauvetage. Et s’indigne : « Qui commande ici ? Il n’y a-t-il donc pas de chef, pas un homme pour diriger ? »

    L’incendie ne sera maîtrisé que le lendemain à 7h. On déplore 73 morts. L’origine du feu est accidentelle a tranché le parquet de Marseille. Il aurait pris au premier étage, où se trouvaient de nombreuses bouteilles d’oxygène liquide et « trouvé un aliment exceptionnel dans les toiles goudronnées qui recouvraient les échafaudages », des travaux de réfection… du système incendie étant en cours.

    La sanction tombe dès le 31 octobre, Albert Sarraut annonce l’étatisation du corps des marins pompiers. Dans son discours lors des obsèques des victimes, le 14 novembre, il appelle à une « réponse droite et claire » à la « défaillance de l’acte des hommes dans la prévision du péril et dans les moyens du combat livré à son attaque », dans une ville qui a besoin « d’hygiène physique et morale » indique le Petit Provençal. En janvier 1939, Marseille est mise sous tutelle, le 29 juillet, un décret-loi va donner naissance au bataillon dont une caserne occupe désormais une partie du site où s’est déroulé le drame.

  • Jacques Witkowski devient officiellement préfet de région

    Jacques Witkowski devient officiellement préfet de région

    Une main de fer dans un gant de velours ? Nommé le 19 novembre, Jacques Witkowski, nouveau préfet de région, de la zone de défense et de sécurité Sud et des Bouches-du-Rhône, est officiellement devenu, ce lundi 1er décembre, le représentant de l’État sur notre territoire. Tout droit arrivé du Grand Est après le passage éclair de son prédécesseur, Georges-François Leclerc, parti de Marseille rejoindre, le 30 octobre, les ors de la République en tant que directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, il lui a aussi succédé durant trois ans en Seine-Saint-Denis.

    « Je sais ce que je trouve, il sait ce que je vais faire », a-t-il lâché dans un sourire au cours de son allocution, reconnaissant qu’il n’imaginait pas se retrouver dans la cité phocéenne. « Je suis avec vous et tout à vous », assure-t-il néanmoins, devant un large parterre d’élus et de représentants du monde politique et économique. Le style tranche déjà son prédécesseur, le nouveau préfet affichant sa volonté d’être à l’écoute. « Vous me trouverez toujours à vos côtés, c’est dans la lettre que j’ai envoyée ce matin à l’ensemble des maires du département », affirme-t-il. Trois mots « seront toujours [son] guide », détaille-t-il : « Un État lisible, proche, réactif. » Il développe : « Lisible car il faut faire savoir ce que l’on fait. Sur les grands projets, le déficit d’explications, parfois, nous met à la peine. » La proximité, car « il faut que les services de l’État puissent avoir cette attention, avec chacun de nos citoyens ». Pour la réactivité, « vous aurez un préfet qui sera ouvert d’esprit et qui essaiera de faire des choses le plus vite possible… quand ça l’est », s’engage-t-il.

    Le narcotrafic

    en ligne de mire

    « J’ai conscience que les Bouches-du-Rhône, la région Paca, Marseille, ce n’est pas un poste comme les autres », estime Jacques Witkowski, fort de ses « 26 affectations ». Avant de laisser à voir son expérience méditerranéenne, « il y a quelques années à Montpellier » en tant que préfet de l’Hérault de 2019 à 2021, et de faire part de son attachement au sud.

    Il promet d’être « très attentif au développement de l’ensemble de la région Provence Alpes Côte d’Azur » où « de nombreux projets structurants sont devant nous », comme les Jeux olympiques, un dossier sur lequel il a travaillé plus de trois ans lors de son passage en Seine-Saint-Denis. « Un enjeu » dont la Région, est-il persuadé, sortira « gagnante avec le Département et la Ville ». Il pointe également des dossiers départementaux « aussi nombreux et d’une importance considérable » dans « une ville monde, une ville port, Marseille ». « Je n’ignore pas tous les enjeux liés aussi au savoir-vivre ici. Pour bien vivre, il faut être bien logé. Pour bien vivre, il faut avoir un travail », martèle le représentant de l’État.

    Mais qu’on ne s’y trompe pas, l’essentiel de sa feuille de route a déjà été clairement affichée : la lutte contre le narcotrafic. C’est même pour ça qu’il a été choisi par le président de la République, alors que l’assassinat de Mehdi Kessaci choquait tout le pays. Sous le côté affable, on devine sans peine la rectitude pour ne pas dire la tendance plus que droitière du diplômé de Saint-Cyr et gendarme. Pour mémoire, après des incendies de voitures et autres tirs de mortier pour le Nouvel An 2024 en Alsace, il n’avait pas hésité à convoquer en préfecture les parents étrangers des mineurs fautifs, se réservant même la possibilité de réexaminer leur titre de séjour…

    Pointant la remise en cause d’« une de nos libertés fondamentales », celle de la sécurité civile et du quotidien, il assène : « Je m’investirai à 100%. Je serai particulièrement réactif. » Il sera même « à fond », d’« une détermination totale ». Et de menacer « tous ceux qui viennent troubler la paix publique, qui empêchent les libertés individuelles et collectives de s’exprimer au quotidien », de sa « férocité » toute « républicaine ». Les voilà prévenus…

  • Jean-Philippe Musso se lance pour les municipales aux Pennes-Mirabeau

    Jean-Philippe Musso se lance pour les municipales aux Pennes-Mirabeau

    « Je ne serais pas un maire qui gouverne seul dans sa tour d’ivoire », lance Jean-Philippe Musso à l’assistance du chalet Mistral, bien rempli, vendredi soir, à l’occasion du lancement de sa campagne. L’ancien adjoint aux finances du maire (divers centre) Michel Amiel se présente aux élections municipales face au successeur désigné de l’édile et actuel premier adjoint, Jean-Marc Léonetti.

    « Le logement social

    est dans la loi »

    Devant 250 personnes, selon l’organisation, le candidat a longuement abordé le sujet du logement social. « Certains veulent geler l’urbanisme, d’autres se battent avec l’État, ou veulent un référendum sur le logement social. C’est une illusion et je me battrai avec les élus qui veulent la main sur l’attribution, alors que 50% des Pennois y sont éligibles », affirme Jean-Philippe Musso.

    D’autre part, l’ancien adjoint parle de « faire reculer les dépôts sauvages » par « la création d’une brigade verte », qui servira aussi à « entretenir nos forêts et prévenir les incendies, inondations et canicules ». Il annonce aussi, « une crèche à la Gavotte » et « un lycée sur la commune ».

  • Top départ du débroussaillement dans le Var

    Top départ du débroussaillement dans le Var

    C’est au Castellet que le préfet du Une obligation qui concerne les particuliers, le préfet rappelant que, durant l’incendie de Gonfaron en été 2021, sept maisons sur dix n’ont subi aucuns dégâts quand les terrains étaient débroussaillés. Mais aussi les collectivités, comme le conseil départemental et son réseau routier, sachant que, en 2025, les 3/4 des incendies sont partis des bords de route. La présentation était d’ailleurs faite sur un chantier de travaux de lutte contre les incendies réalisé le long de la RD26 en présence du président du Département, Jean-Louis Masson (LR).

  • Planter un arbre et une petite graine dans la tête des enfants

    Planter un arbre et une petite graine dans la tête des enfants

    Soigneusement pomponnés, les élèves de CP de l’école Anatole-France sortent du car deux par deux. Leurs mains propres ne le restent pas longtemps. Après de rapides présentations, les agents du service environnement de la Ville de Port-de-Bouc les répartissent sur cinq différents ateliers, organisés en lisière de la forêt de Castillon, dans le cadre de l’opération « Replantons nos pinèdes ».

    Serge Borios attend les enfants derrière un tas de terre éparpillé sur une table. Un petit groupe se plante face à lui et écoute attentivement les consignes, avant de s’emparer de pots en plastique pour y planter un semi. « C’est quoi comme fleur ? » s’enquiert une petite fille. « Un souci, répond le paysagiste en lui montrant une image du végétal aux pétales orange. Ça a des propriétés adoucissantes, c’est bien de s’en passer en cas de brûlure. »

    Plus loin, d’autres élèves sont concentrés face à une feuille de papier et créent les pics d’un hérisson prédessiné avec des branches de pins.

    Régénérer la forêt

    « En cycle 1, les enfants ont un enseignement d’éducation à l’environnement et au développement durable », explique le responsable du service enfance éducation de la Ville, Farid Roguiai. Mais l’intérêt de l’opération n’est pas seulement d’initier les élèves aux joies du jardinage.

    En 2017 puis en 2020, deux incendies ont ravagé Castillon. Lors du feu le plus récent, 317 ha sont partis en fumée. Dès l’année suivante, la municipalité a mis en place ce dispositif pour aider la forêt à se régénérer. Depuis, près de 8 500 végétaux ont été replantés par plus de 1 500 enfants. Cette année, ils seront près de 700 à enraciner un arbre. « On a sept essences différentes entre chêne vert, blanc, du frêne et quatre arbustes qui sont typiques de nos garrigues, choisis pour résister au vent et à la sécheresse, précise Marie-Pierre Pelt, directrice des services techniques. On ne remet pas du tout de pins, qui sont des résineux et qui prennent très vite en cas d’incendie. On n’a que des feuillus. »

    Alors que ses élèves sont en train de créer une barrière de protection en pierres autour de l’arbre qu’ils ont planté, la maîtresse de la classe de CP d’Anatole-France salue cette sensibilisation. « Le fait de planter un arbre crée un lien particulier avec la nature, ils n’auront pas envie de voir ces végétaux arrachés ou brûlés derrière. Ce sont des enfants, c’est le moment de leur donner des bases, de planter une petite graine. »

  • Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Prévenir, combattre et reconstruire. Voici les trois piliers du programme régional baptisé « Guerre du Feu ». Sept ans après son lancement, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, accompagné des acteurs du dispositif, en a présenté les résultats. « On a divisé par cinq les dommages entre 2017 et 2025 » se targue l’élu.

    C’est en 2017, après l’incendie ravageur de Bormes-les-Mimosas, que l’idée de ce programme a germé. « On s’est dit “plus jamais ça” », se souvient François de Canson, vice-président de la Région en charge de la prévention des risques majeurs. Quelques mois plus tard, en février 2018, la Région lance son plan « Guerre du feu ». L’objectif est clair : réduire les risques incendies, répondre plus efficacement aux départs de feu et permettre la reconstitution des forêts incendiées en coordonnant les différents acteurs et en apportant un financement.

    Depuis 2018, 40 millions d’euros ont été versés par la Région pour lutter contre les flammes. « Sur le territoire, nous avions les compétences humaines et techniques. Mais j’avais l’impression que chacun travaillait dans son coin », explique Renaud Muselier.

    L’une des premières actions a notamment été le déploiement de la garde régionale forestière. En 2025, 250 écogardes ont été mobilisés, entre juin et septembre, dans les massifs et parcs régionaux, pour sensibiliser aux risques et aux bons gestes. « De plus en plus de personnes sont au courant des gestes parce qu’ils croisent des écogardes », explique Manon Quezl-Ambrunaz, coordinatrice du Parc naturel régional du Mont Ventoux. Une prévention importante, puisque 9 incendies sur 10 sont d’origine humaine.

    Ce travail nécessaire en amont, pour limiter les départs de feu, est associé au développement de meilleurs moyens pour combattre les flammes. La Région a notamment soutenu certaines communes pour l’entretien des pistes de défense de la forêt contre les incendies (DFCI).

    Des rotations plus rapides

    La Région a également financé en partie la rénovation du pélicandrome, où les avions réservoirs peuvent venir se ravitailler en eau ou en produit retardant, à Hyères. Inauguré en juillet 2024, sa rénovation a permis d’améliorer la vitesse de remplissage, passant de 20 à 6 minutes. « Cela permet des rotations beaucoup plus rapides et de réduire les délais de réaction », insiste le lieutenant-colonel Michel Seitz, chef du groupement de conduite opérationnelle.

    Enfin, ce plan « Guerre du feu » a permis le déploiement du fonds de dotation Respir, dédié au financement du reboisement de territoires incendiés, notamment accompagné par l’office national des forêts, « pour retrouver rapidement une captation de carbone et le maintien du sol », explique Hervé Houin, directeur territorial Midi-Méditerranée de l’ONF. L’institution a aussi développé, avec la Région, des fiches réflexes à destination des maires pour gérer l’après-incendie.

    Un plan qui a porté ses fruits et « repris comme base de réflexion nationale », se félicite François de Canson.

  • Incendie, délinquance, routes… l’État fait son bilan estival

    Incendie, délinquance, routes… l’État fait son bilan estival

    Au crépuscule de la saison estivale, l’heure est au bilan pour les services d’État décentralisés du Var. « Nous avions plusieurs enjeux : un exercice de transparence et de volume sur les contrôles, et des sanctions effectives et rapides », retrace le Préfet, Simon Babre. Et ses exigences ont été satisfaites sur plusieurs plans.

    Tout d’abord, celui de la sécurité routière. Le nombre de morts sur la route reste stable : 12 décès contre 11 l’été passé. « On est à 44 décès sur les routes cette année » note la directrice de cabinet du Préfet, Joséphine Guigliano-Boutonnet, mettant en exergue que ce chiffre correspond à la moyenne en cours (5,5 décès sur les routes par mois). Plus de 28 000 contrôles ont été effectués (environ 4 000 stupéfiants, 17 000 alcoolémies et 7 000 excès de vitesse), pour 657 suspensions de permis, soit une augmentation de 37% par rapport à 2024, dont 24,6% liés à l’alcool, 90,5% liés aux stupéfiants…

    En ce qui concerne ces derniers, 950 amendes ont été infligées. Les services des douanes annoncent par ailleurs la saisie de 198kg, dont 34kg de cannabis et 158kg de cocaïne, substance « en plein développement dans le Var » alertent-ils. Le tabac de contrebande n’est pas en reste avec 391kg saisis.

    La délinquance recule

    Si la délinquance routière a malheureusement progressé, celle du quotidien, elle, connaît un net recul selon la préfecture : entre autres,
    -4,24% de délinquance sur la voie publique, -21,12% de cambriolages, dont -37% à Toulon, -18% de vols avec violence,
    -9,7% des atteintes aux biens, -15% des violences sexuelles ou encore de -42,5% d’atteintes à l’environnement. « Ce sont de vrais résultats sur des faits qui ont l’été comme période propice », se satisfait le Préfet. Autre invité estival malencontreux : les feux de forêts. 183 incendies ont été relevés, pour 152 hectares brûlés. Une nette augmentation par rapport à l’an dernier (65 hectares), maîtrisée grâce à des moyens renforcés : 26 151 interventions des sapeurs-pompiers, quatre hélicoptères bombardiers d’eau (deux en 2024) pour 900 largages. Des renforts de départements voisins ont été mobilisés à hauteur de 12 journées. La carte d’accès aux massifs cessera d’ailleurs ses mises à jour le 29 septembre. En mer, 57 personnes ont été convoquées pour comportements dangereux suite à des contrôles, avec à la clé des suspensions de permis. On déplore 114 victimes de noyades, avec 9 décès après réanimation. 112 416 appels au Smur ont été décomptés (pour 2 153 sorties), et 1 812 appels par jour au Samu.

    Enfin, sur l’aspect sanitaire et environnemental, un cas de dengue a été relevé à Sanary et 71 cas de chikungunya. Au sujet de l’eau, 2 360 prélèvements ont été effectués en piscines (85% conformes), 2 650 en sites naturels (98% conformes). Des alertes renforcées ont été émises à la mi-août sur les zones Siagne, Arc Amont et Huveaune Amont. Le Gapeau, placé en alerte sécheresse, s’est quant à lui renfloué grâce aux récentes pluies et va voir les restrictions levées.

  • Un été calme au niveau des infractions et des sauvetages

    Un été calme au niveau des infractions et des sauvetages

    Alors que l’ambiance générale est à la rentrée, la cellule de veille estivale signe ce lundi 22 septembre sa dernière réunion. L’occasion pour ce dispositif partenarial créé en 2004 de dresser le bilan de la saison qui s’achève, d’un point de vue de la tranquillité et de la salubrité publiques et des actions de prévention sur les aspects techniques et environnementaux.

    Côté sécurité, plus d’une centaine d’infractions ont été relevées par la police nationale sur les plages ainsi qu’une cinquantaine en mer, principalement concernant le matériel de sécurité. Les vols de bateaux ont été moins fréquents que l’an passé, bien que la police municipale ait interpellé cinq personnes en début d’été.

    La saison a été un peu plus animée pour les pompiers. « Cette année, trois gros incendies ont été à déplorer : un sur le quartier de Réveilla, un autre majeur qui a démarré sur le quartier de Saint-Lazare avec une reprise sur le quartier de Saint-Julien », rappelle l’élu de quartier Jean-Marc Villanueva. Le commandant Alexis Mollier note : « Au mois de juin on a eu un bond de 30% d’activité par rapport à la même période de 2024. » Au niveau local, 27 départs de feu ont été recensés, représentant 230ha brûlés « principalement liés au feu du 17 juillet qui concernait plus de 200 hectares ».

    Côté assistance aux personnes, Christophe Sola, pompier chargé de la surveillance de la baignade, souligne une baisse des chiffres : « Nos 18 sauveteurs ont soigné 575 victimes, on a eu quatre débuts de noyade, 12 évacuations. Ce qui est certain, c’est qu’on a eu 2 noyades le 27 juin. Ce jour-là il n’y avait pas de surveillant de baignade et une personne est décédée. À savoir qu’en 2018 on surveillait 94 jours contre 80 aujourd’hui. Est-ce que la baisse des chiffres vient de là ? Je ne sais pas. Je ne sais pas non plus si c’est logique vu les périodes caniculaires qui vont être de plus en plus fréquentes. » Pour l’an prochain, la Ville réfléchit à une extension de la surveillance des plages.

    La collecte des déchets pointée

    Manon Mamano, du service Allô Martigues dédié aux remontées des habitants relatives aux dysfonctionnements sur le domaine public, affirme : « Les signalements qu’on a eus le plus concernaient les algues sur la plage de Ferrières et les problèmes de collectes de déchets -qui nous ont été rapportés de manière très récurrente, quasi journalière. »

    Sur ce point, le représentant de la Métropole Thomas Fiant précise : « Comme tous les ans, on a ajouté une tournée supplémentaire qu’on a cette fois mise en œuvre un mois plus tôt, début juin. » Un effort jugé insuffisant par les services municipaux. Odile Teyssier Vaisse, adjointe de quartier (Carro, Laurons, Saint-Julien), assène : « On a l’impression que les tournées n’étaient pas finies. Cette année on a fait deux pas en arrière. La Ville a compilé tous les agacements des habitants qu’elle a reçus et on est dépourvus, sans solution et agacés par un service qui n’est pas satisfaisant. »

  • « Les feux fréquents bloquent la régénération naturelle »

    « Les feux fréquents bloquent la régénération naturelle »

    La Marseillaise : Nous avons vu plusieurs feux de grande ampleur cet été, comme à Martigues et au nord de Marseille. Comment la nature reprend-elle ses droits après son passage ?

    Laurent Vélasco : Le feu fait partie de la vie des milieux naturels méditerranéens. La sécheresse et la météo ont conditionné les espèces végétales avant et après le feu. Certaines ont des mécanismes de résistance au feu, comme le chêne vert qui repart à la base car ces racines sont protégées. Un rejet de souche qu’on aide en coupant le tronc brûlé. D’autres espèces sont résilientes, comme le pin d’Alep qui a une écorce fine, qui résiste moins à la chaleur. Un coup de chaud et la plante s’assèche et dépérit même s’il reste du vert. En revanche son cône est sérotineux, il pègue en raison de la résine collante qui l’entoure, le protège du feu et les graines à l’intérieur restent vivantes. Le feu fait fondre la résine et fait du semis. Si les conditions sont favorables on obtient un arbre, comme on voit à Martigues et sur l’Arbois. Des espèces d’herbacées émergent rapidement après l’incendie, dès le printemps suivant on a des fleurs grâce aux graines ou aux parties souterraines, et des bourgeons sortent des rhizomes souterrains 8 à 10 jours après un incendie.

    On ne voit pourtant pas beaucoup d’arbres là où a sévi le feu par le passé.

    L.V. : Tout simplement car les feux répétés font qu’il n’y a plus assez d’arbres pour permettre cette régénération. Il faudra attendre beaucoup plus longtemps pour que les adultes au loin dispersent leurs graines et recolonisent les espaces vides. Mais si le feu passe plus d’une fois tous les 20 à 25 ans, la régénération est impossible, ça vaut pour toutes les espèces. Car le feu épuise les ressources naturelles et appauvrit le sol et la biodiversité. Sur le massif de la Nerthe, des zones ont brûlé plus de 5 fois en 60 ans. On observe beaucoup de roches affleurantes, la litière organique nécessaire aux plantes est très faible et la végétation est bloquée durablement au stade de garrigue, le cycle de régénération aussi, faute d’un réservoir de vie suffisant. C’est un cercle vicieux.

    Ne peut-on pas replanter en masse pour casser cette dynamique ?

    L.V. : Cela arrive ponctuellement sur un parc périurbain en interface avec les habitations, par exemple, avec les limites de coût et d’entretien induits. Car quand on plante il faut assurer l’arrosage derrière. Le dynamisme naturel est plus efficace que la main de l’homme, tant en nombre qu’en termes de survie bien meilleur au naturel tout en étant moins cher. Les plantations artificielles sont vouées à l’échec pour contrer ce cercle vicieux à plus grande échelle. La seule solution est le temps long par la reconstitution de l’humus, Ce qui prend plusieurs dizaines à milliers d’années. On ne sait pas le faire à échelle humaine, peu importent les perturbations, mécanique ou chimique. Le seul levier d’action est d’empêcher les feux, particulièrement dans le contexte de changement climatique où l’on s’attend à des saisons sèches et caniculaires à la fois plus fréquentes et longues. Dans cette perspective, on imagine bien que la sensibilité de la végétation au feu va également s’amplifier avec la sécheresse.

    Alors que peut-on faire pour lutter contre les incendies ?

    L.V. : À problème complexe réponse complexe. 90% des feux sont d’origine humaine, dont 60 à 70% sont involontaires, sachant que la pyromanie a régressé par rapport aux années 1980-1990. Du reste, cela signifie ne plus jeter son mégot et ne plus faire de disqueuse ou de barbecue quand on est proche du milieu naturel. C’est très simple, mais trop souvent la cause. Cela pose aussi la question de l’aménagement du territoire pour faciliter la circonscription d’un feu. Mieux vaut des lignes franches que des serpentins entre nature et habitations. L’accessibilité aussi, pour permettre aux pompiers d’avoir de l’eau et d’étouffer au plus vite le feu, car passé une certaine ampleur la lutte est beaucoup plus difficile. Le débroussaillement est primordial pour retarder la progression du feu et garantir la sécurité des pompiers. Les politiques publiques doivent communiquer sur la prévention et accompagner les populations, qui doivent aussi y mettre du leur. C’est une approche globale.