Tag: Hérault

  • A Prades-le-Lez (34), Florence Brau : « Il faut s’accrocher, agir pour le quotidien, être un acteur du changement »

    A Prades-le-Lez (34), Florence Brau : « Il faut s’accrocher, agir pour le quotidien, être un acteur du changement »

    Le 23 novembre, Florence Brau annonçait qu’elle brigue un second mandat à Prades-le-Lez, près de Montpellier. « On a été confrontés à beaucoup de difficultés : la guerre en Ukraine qui a fait exploser nos devis et le coût des travaux, l’incertitude née de la dissolution et maintenant les errements du gouvernement. C’est difficile de se projeter et de monter un budget », souffle l’édile écologiste qui s’attendait à davantage de subventions. « On va les chercher avec les dents. »

    Au vu de la situation nationale et internationale, Florence Brau concède qu’il peut y avoir du découragement. « On se sent parfois démunis face à la détresse des gens. Mais il faut s’accrocher, je crois qu’on peut encore agir pour le quotidien, être un acteur du changement. » Consciente de ses limites à l’échelle d’une commune de 6 300 habitants, elle imagine un second mandat plus participatif. « On va se rapprocher de la population, des associations, des commerçants. Il faut se serrer les coudes », insiste celle qui se dit soutenue par son équipe municipale et sa famille.

    Côté projets, l’édile écologiste entend poursuivre la rénovation énergétique des écoles maternelles, la végétalisation, la déminéralisation et l’accessibilité en ville. « Il faut redonner leur place aux piétons. » Et plus généralement, tisser du lien entre les gens. « La ville a beaucoup grandi, il ne faut pas qu’on devienne une commune dortoir. »

  • Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    « Rassembler toutes les autorités des sécurités sur un même lieu pour travailler ensemble et être mieux coordonné ». Voilà l’objectif affiché du futur hôtel des sécurités de Montpellier dont Michaël Delafosse a posé la première pierre, jeudi 4 décembre, à Celleneuve. « C’est une brique importante à l’ouest de Montpellier. L’efficacité passe par la coordination et la rationalisation des moyens. Tout était trop éclaté, on perdait du temps et de l’argent », résume le maire socialiste qui qualifie l’actuelle salle de crise de l’Hôtel de Ville de « passoire thermique ». « Ça nous coûte 300 000 euros par an ! »

    « Gérer les crises »

    Construit en lieu et place de l’ancien bidonville de Celleneuve, le futur hôtel des sécurités qui verra le jour d’ici 2 ans et demi, regroupera quelque 450 agents de la police municipale, de la police métropolitaine des transports, des missions de la prévention de la délinquance et de la sécurité civile. S’y ajoutent l’ensemble des moyens du centre de supervision urbaine de la Ville de Montpellier ainsi que ceux du PC sécurité de la TAM qui gère les contrôles des transports en commun. Si bien qu’au cœur de ce véritable quartier général (QG) de la sécurité, une salle sera équipée d’un gigantesque mur d’images.

    Si certains pourraient y voir une sorte de système de surveillance qui questionne les libertés individuelles, la municipalité insiste sur l’aspect dissuasif de l’outil. Le but est « la prévention de la délinquance et la protection de la population », explique l’adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique, Sébastien Cote. En cas d’infraction constatée, « nous pourrons identifier les flagrances et aider à rendre justice », abonde le maire qui précise une autre fonctionnalité du lieu, celle de « mieux gérer les crises » lors des épisodes cévenols ou neigeux.

    Conçu par le cabinet Imagine – Architectes pour un coût de 65 millions d’euros, le bâtiment de 13 000 m² (dont 4 000 pourront être loués à des privés dans un pôle tertiaire), sera équipé « d’espaces polyvalents en cas de crise » (exemple : la vaccination Covid), d’un espace de formation et d’entraînement au tir, précise l’architecte lauréate Solveig Orth.

  • Occitanie : ces maires qui se représentent

    Occitanie : ces maires qui se représentent

    Armand Rivière, Pézénas (Hérault)

    « On arrive encore à changer les choses »

    À quelques jours d’officialiser sa candidature (vendredi 12 décembre à 18h place des États du Languedoc), Armand Rivière, élu maire en 2020, a encore faim. « Les raisons de mon engagement et de ma passion sont intactes même si on se confronte aux difficultés financières, administratives et au changement de la société. » En repartant avec une équipe de gauche plurielle (hors LFI qui cherche à bâtir une liste concurrente), l’élu socialiste de 43 ans entend continuer à œuvrer pour le quotidien des habitants qu’il croise dans la rue. « On est amené à s’expliquer sur les projets contestés, sur des travaux qui durent… On est en proie directe avec les gens, on arrive encore à changer les choses. » Fier de son tarif progressif à la cantine (dès 1 euro), de la rénovation de l’école de musique ou encore de la création d’un festival, Armand Rivière insiste. « Gauche et droite ce n’est pas la même chose, il y a des choix politiques à faire. » S’il est réélu face à l’ancien député macroniste Philippe Huppé, le maire maintiendra le cap sur les « valeurs humanistes ». Sujet de discorde, le projet du quartier Saint-Christol avec son réseau de chaleur sera mené à terme « en préservant les espaces ». « Pézenas perd des habitants donc des dotations. Il y a un réel problème de logement. » R.C.

    Pierre Polard, Capestang (Hérault)

    « On va gérer en bon père de famille »

    Après deux mandats à la tête de Capestang, Pierre Polard a la conviction qu’il peut encore apporter à sa commune. Malgré les difficultés, il estime le mandat qui s’achève « satisfaisant car on peut encore agir sur la vie des gens, on se sent utile. L’envie d’agir est plus forte que les contraintes qui pèsent sur les communes ».

    Depuis 2020, la cantine est passée à 1 euro, de l’argent a été injecté dans les écoles et le principe de gratuité des fournitures scolaires a été établi. Une patte sociale et solidaire que le maire veut sacraliser. À l’avenir, il n’envisage pas de « projets pharaoniques ». « En terme d’équipements, on a tout ce qu’il nous faut : salle polyvalente, station d’épuration, bon réseau d’eau… On va investir sur l’espace public, le cadre de vie. Gérer en bon père de famille et attendre des jours meilleurs. »

    Depuis son divorce politique avec Jean-Luc Mélenchon, l’ancien insoumis est aux côtés de François Ruffin (Debout). Mais le « bazar de la politique nationale » ne le passionne guère. Son équipe de gauche renouvelée pourrait avoir face à elle un ancien soutien, Pierre Cuestas, et peut-être une liste aux relents du RN. « Une élection n’est jamais gagnée mais on a de bons retours, je ne suis pas inquiet. »

    Cyril Meunier, Lattes (Hérault)

    « En gestion, il faut être un vrai pro. Je ne laisserai pas Lattes à des incompétents »

    Maire depuis 2001, Cyril Meunier qui à l’époque se revendiquait « frêchiste », n’en a pas fini avec Lattes, 3e commune de la métropole de Montpellier. S’il se représente pour un « dernier mandat », c’est d’abord « parce qu’il y a des choses qu’on n’a pas terminées ». Par exemple le quartier Ode à la mer ou le pôle autonomie santé qui vient d’ouvrir et doit être accompagné. Tandis que la crise immobilière se poursuit, Cyril Meunier veut « embellir l’espace public » et faire du logement une priorité. « Si on se livre aux promoteurs, on est mort. »

    Au contraire, celui qui est aussi vice-président de la Métropole entend « conserver mixité sociale et générationnelle ». « Depuis mon arrivée, le logement social a été multiplié par 10 et ça marche, tout le monde s’intègre. On est passé de 250 à 570 demandes annuelles de logement social émanant de Lattois. Si on veut que nos jeunes s’installent à Lattes, il faut faire aussi de l’accession libre. » Voilà pour les dossiers. Côté motivation : « Je ne laisserai pas la ville à des gens incompétents. » Une manière d’entrer en campagne contre Jean-Noël Fourcade (DVD), le Ciottiste Josyan Oliva et le proche du RN, Wassim Boughnim. Consultant en développement local (auprès des collectivités) de métier, Cyril Meunier insiste. « Le combat contre l’État sera très dur. En matière de gestion, il faut être un vrai pro. » Craignant des jours sombres, il veut continuer « dans l’intérêt général ». « On ne va pas s’en aller au bord du précipice. »

    Florence Brau, Prades-le-Lez (Hérault)

    « Il faut s’accrocher, agir pour le quotidien, être un acteur du changement »

    Le 23 novembre, Florence Brau annonçait qu’elle brigue un second mandat à Prades-le-Lez, près de Montpellier. « On a été confrontés à beaucoup de difficultés : le Covid qui a fait exploser nos devis et le coût des travaux, l’incertitude née de la dissolution et maintenant les errements du gouvernement. C’est difficile de se projeter et de monter un budget », souffle l’édile écologiste qui s’attendait à davantage de subventions. « On va les chercher avec les dents. »

    Au vu de la situation nationale et internationale, Florence Brau concède qu’il peut y avoir du découragement. « On se sent parfois démunis face à la détresse des gens. Mais il faut s’accrocher, je crois qu’on peut encore agir pour le quotidien, être un acteur du changement. » Consciente de ses limites à l’échelle d’une commune de 6 300 habitants, elle imagine un second mandat plus participatif. « On va se rapprocher de la population, des associations, des commerçants. Il faut se serrer les coudes », insiste celle qui se dit soutenue par son équipe municipale et sa famille.

    Côté projets, l’édile écologiste entend poursuivre l’agrandissement des écoles maternelles, la rénovation thermique, la végétalisation, la déminéralisation et l’accessibilité en ville. « Il faut redonner leur place aux piétons. » Et plus généralement, tisser du lien entre les gens. « La ville a beaucoup grandi, il ne faut pas qu’on devienne une commune dortoir. »

  • [Entretien] Eric Renard : « Une très bonne nouvelle pour les patients atteints de diabète de type 1 »

    [Entretien] Eric Renard : « Une très bonne nouvelle pour les patients atteints de diabète de type 1 »

    La Marseillaise : Comment fonctionne ce nouveau dispositif ?

    Eric Renard : Ce sont des pompes à insuline de la taille d’un petit pacemaker (6,5 cm de diamètre et 2,5 cm d’épaisseur) qu’on implante dans la paroi abdominale. Elles sont reliées à un cathéter péritonéal qui délivre l’insuline à l’intérieur du ventre. L’insuline suit donc le même circuit que celle sécrétée par le pancréas. Toutes les 6 semaines, les patients doivent venir à l’hôpital remplir le réservoir de leur pompe d’insuline. Ils disposent d’une télécommande avec laquelle ils vont pouvoir commander la délivrance d’insuline en fonction des glycémies qui leur sont fournies par une petit capteur qu’ils mettent sous la peau.

    Quelle était la situation des deux femmes implantées avant l’opération ?

    E.R. : Elles étaient traitées avec les anciennes pompes [dont la fabrication a été stoppée, Ndlr.], mais il y en a une dont la pompe ne fonctionnait plus et l’autre dont la pompe allait arriver à échéance, car ces dispositifs ont une durée de vie de 7 ans. Il y avait donc une forme d’urgence à les remplacer. En effet ces patientes souffrent d’un diabète de type 1, qu’on ne peut pas contrôler avec les pompes classiques sous-cutanées portables car leur peau absorbe mal l’insuline. Si bien que ces personnes ont un diabète complètement instable : un coup elles sont en hyperglycémie, un coup en hypo… Parfois il faut même les hospitaliser.

    Les patients dans ce cas sont-ils nombreux au CHU
    de Montpellier
     ?

    E.R. : Actuellement, on a une cinquantaine de patients traités avec ces pompes à insuline implantables. Mais ils avaient l’ancien modèle, qui arrive à échéance. Au cours des mois et des années qui viennent, on leur implantera donc le nouveau système s’il confirme son efficacité.

    Cette opération s’inscrit
    dans une étude coordonnée conduite également dans d’autres hôpitaux
     ?

    E.R. : Oui, les deux implantations réalisées à Montpellier sont les premières d’une série de 20 à 40 qui seront effectuées dans une dizaine de centres hospitaliers français ainsi que dans un centre aux Pays-Bas. Les implantations devraient être faites l’année prochaine et je pense qu’on devrait avoir les résultats de l’étude courant 2027. S’ils sont positifs, cette étude permettra d’obtenir le marquage CE et de commercialiser ces nouvelles pompes.

    C’est un dispositif très attendu ? Des patients s’étaient mobilisés suite à l’annonce par Medtronic, en 2017, de l’arrêt de fabrication de la pompe précédente…

    E.R. : Comme ce type de diabète représente peu de patients, le fabricant considérait que c’était un petit marché et que ça coûtait très cher pour un nombre limité de patients. Mais il n’avait pas pris en compte que c’était des patients qui dépendaient absolument de ce mode de traitement. Le ministère de la santé a donc réuni les diabétologues concernés et un collectif de patients, et nous avons fait valoir auprès de Medtronic qu’il ne fallait pas abandonner, car sinon ces patients étaient condamnés. Sous cette pression conjointe des malades, des médecins et du ministère, l’entreprise a revu sa position. Elle a fabriqué 175 pompes du précédent modèle pour qu’on tienne le coup dans l’attente de la nouvelle pompe.

    L’opération telle qu’elle s’est déroulée à Montpellier permet d’être optimiste ?

    E.R. : Oui ! Sur le plan chirurgical il n’y a pas de problème : les patients cicatrisent comme il faut. Et sur le plan des résultats, ils sont bons. Donc a priori on n’a pas de crainte. C’est une très bonne nouvelle pour tous ces patients atteints de diabète de type 1 en attente d’une nouvelle pompe.

  • Hérault : des prostituées mineures de plus en plus jeunes

    Hérault : des prostituées mineures de plus en plus jeunes

    « C’est un phénomène qui a augmenté depuis les années 2018-2019, avec un pic après le confinement, les réseaux sociaux ayant pris de l’ampleur sur ce sujet », explique Claire Grangeaud, cheffe de service du Fil. Dédié aux mineurs victimes d’exploitation sexuelle, ce service dépend de l’Amicale du Nid de l’Hérault, association qui accompagne les personnes en situation de prostitution. Il est né en 2020 « parce qu’on était de plus en plus interpellés sur la prostitution des mineurs. L’objectif était d’intervenir le plus tôt possible pour tenter de les sortir de cette emprise », explique Claire Grangeaud.

    Depuis leurs débuts il y a 5 ans, les équipes du Fil ont enregistré environ 380 signalements, réalisés par des professionnels de l’aide à l’enfance, des jeunes eux-mêmes (dans une moindre mesure) ou des parents. « En 2024 nous avons été sollicités pour 105 situations différentes de mineur(e)s et jeunes majeur(e)s, contre 53 en 2023 », indique le rapport d’activité de l’association, qui accompagne une soixantaine de jeunes. Des filles dans leur immense majorité (97%), dont la moyenne d’âge se situe autour de 15 ans. « Jusqu’à 2023, on avait essentiellement des jeunes filles d’à peu près 15, 16, 17 ans. Depuis fin 2023 – la tendance s’est confirmée en 2024 et 2025, ce qui est inquiétant -, plus de 30% des jeunes qu’on accompagne ont de 11 à 14 ans », souligne Claire Grangeaud. « Là ça devient des enfants. Quand elles ont 12-13 ans, on ne peut pas se tromper. Les clients ne peuvent plus se cacher derrière : “Elle a 17 ans on aurait dit qu’elle en avait 20…“ »

    Pour supporter les passes, l’immense majorité (80%) de ces jeunes filles se drogue. « Une partie de ces réseaux de prostitution sont issus des réseaux de stupéfiants. Au départ, la drogue est offerte, les proxénètes leur font croire que ça va être gratuit. Mais au bout d’un certain temps ils leur disent : “Tu nous dois de l’argent, tu vas travailler pour nous. “ »

    La plupart du temps issues des foyers de l’enfance, ces jeunes filles ont presque toutes (90%) « vécu des violences sexuelles avant la prostitution, dont une grande partie de l’inceste (63%) », indique Claire Grangeaud. Une fragilité qui en fait des proies idéales pour les proxénètes, lesquels « gravitent autour des foyers dans l’objectif de trouver des jeunes filles vulnérables ». Une emprise d’autant plus facile à établir que les victimes sont jeunes. « Parfois, ces mineures sont aussi recrutées par d’autres jeunes filles exploitées. »

    La suite se passe sur les réseaux sociaux. « Les prostituées mineures ne racolent pas dans la rue. Tout se passe via les réseaux sociaux, avec des messages éphémères sur Snapchat par exemple, ou des applications type Telegram, Signal, WhatsApp avec messageries cryptées. Si bien que ce n’est pas simple de remonter ces réseaux », concède Claire Grangeaud, qui déplore toutefois un manque de moyens policiers et judiciaires engagés dans la lutte contre ce fléau. « À ma connaissance sur l’Hérault, il y a très peu d’enquêtes et de démantèlements. Il y a besoin que la justice agisse. Qu’elle démantèle des réseaux, mais aussi qu’elle arrête des clients. Car la plupart ont un vrai sentiment d’impunité. »

    Pour les aider à s’extraire de cet enfer, le Fil propose « une écoute non jugeante. On essaie de les déresponsabiliser de la situation, en leur expliquant que ce n’est pas elles qui ont un souci mais les acheteurs et les proxénètes. Dans un deuxième temps, il y a souvent un accompagnement psychologique pour qu’elles puissent faire le lien entre la prostitution et ce qu’elles ont vécu avant. Mais on ne sort pas une jeune fille comme ça de ce système ; ça prend des mois, parfois des années tant les conséquences, physiques et psychologiques, sont importantes ».

  • Occitanie : ces maires qui se représentent

    Occitanie : ces maires qui se représentent

    Michel Mercier, Le Martinet (Gard)

    « Le mandat de maire est un joli mandat, j’avais envie de rendre service »

    Édile de ce village de 740 âmes depuis 2008, Michel Mercier a encore envie de continuer. C’est donc naturellement qu’il est candidat à sa succession. « On travaille sur le long terme, cela fait quelques temps que je suis maire et il y a une volonté de poursuivre la politique menée depuis une décennie dans un esprit de solidarité. On est dans la continuité avec de l’enthousiasme, de la sérénité. Le mandat de maire est un joli mandat, j’avais envie de rendre service », soutient Michel Mercier. Néanmoins, la majorité sortante sera quelque peu remaniée afin de prendre en compte la dernière réforme des municipales dans les villages de moins de 1 000 habitants, la parité au sein des listes étant de rigueur et le panachage étant fini.

    Pas de quoi démotiver l’équipe de Michel Mercier, ce dernier misant « sur le travail collectif, je ne crois pas à la divine personne avec toutes les qualités » afin de développer les deux thèmes principaux de sa campagne, l’éducation et la jeunesse. « On pallie les carences de l’agglo d’Alès qui a la compétence de la jeunesse. Nous organisons donc des séjours à thème pour les enfants, la cantine est à un euro », énumère Michel Mercier. Un élan de solidarité que l’édile souhaite amplifier. Bien que le contexte économique soit un peu morose, la fiscalité ne bougera pas. « Cela fait 30 ans que nous n’avons pas touché à la fiscalité. Nous avons une gestion rigoureuse, ce qui nous permet de ne pas avoir beaucoup de dettes et l’excédent nous permet d’investir. » Un investissement qui pourra servir à l’aménagement du cœur de village et la réhabilitation d’une résidence pour personnes âgées.

    L.D.

    Jacques Demanse, Sauveterre (Gard)

    « Se présenter, c’est faire de la Résistance »

    Trente ans après s’être assis pour la première fois dans le fauteuil de maire de Sauveterre, Jacques Demanse n’est pas prêt à jeter l’éponge. « J’ai toujours la même motivation pour continuer à travailler pour les Sauveterrois et pour la qualité de vie de la commune. On va se serrer les coudes surtout dans le contexte actuel où on va se faire assassiner par le gouvernement dans les dotations. Mais je vais mouiller ma chemise pour Sauveterre. Se présenter aujourd’hui, c’est faire de la Résistance pour que la commune sorte au mieux les administrés de cette tempête », précise l’édile.

    Une résistance qui passe par la poursuite de la rénovation énergétique des bâtiments communaux, impulsée lors du précédent mandat. Mais Jacques Demanse ambitionne d’aller plus loin avec un véritable service public de l’énergie. « On pousse pour faire notre propre énergie. Le soleil appartient à tout le monde, on en marre de donner quitus à des sociétés privées qui se gavent comparé à ce que nous rapporte la location des terrains. On veut créer notre propre énergie solaire et la raccorder à nos bâtiments pour réduire la facture énergétique. »

    Christian Miaille, La Vernarède (Gard)

    « Maire rural, c’est la gestion du quotidien »

    Maire PCF de La Vernarède depuis 2020, Christian Miaille repartira en 2026. Sans slogan ni bilan ronflant, il avance une raison simple, presque désarmante : « Parce que j’adore ça. » Ce qu’il aime, précise-t-il, c’est « rendre service aux gens ». Rien d’autre.

    Dans ce village cévenol de 420 habitants, l’élu revendique une gestion au ras du terrain. « On est là pour écouter et apporter ce dont les habitants ont besoin. Un petit village, ça ne se gère pas avec des grandes phrases, mais avec du concret. Le reste, je m’en fous. » Miaille assume une approche totalement dépolitisée : « Ma politique, c’est quand je vote. Après, je suis là pour la population, pas pour autre chose. »

    Face à la montée de l’extrême droite dans le Gard, il a sa propre idée : l’écoute avant tout. « Les petits villages n’ont qu’à faire comme moi, il y aura moins d’extrême droite », lâche-t-il. Être présent, jouer les médiateurs, résoudre les petites tensions du quotidien, même celles qui semblent anodines : « Les fleurs volées au cimetière, par exemple… On cherche, on trouve, on parle. C’est ça, un maire rural. »

    A.J.

  • Daniel Dezeuze s’installe au musée Paul-Valéry à Sète

    Daniel Dezeuze s’installe au musée Paul-Valéry à Sète

    Le musée Paul-Valéry, à Sète, « associé à la question de la figuration à travers notamment le mouvement de la Figuration libre, qui a marqué durablement la communauté artistique sétoise », a choisi de « prendre la question à rebrousse-poil » en consacrant son temps fort hivernal à l’un des fondateurs du mouvement Supports/Surfaces : Daniel Dezeuze, artiste plasticien né à Alès en 1942 et installé dans l’Île singulière depuis 1978.

    En présentant les créations les plus récentes de Daniel Dezeuze (2000-2025), « le musée constate que la peinture peut échapper au format attendu du tableau, qu’elle n’est pas toujours une image, qu’elle peut se détourner de la question de la représentation pour s’approcher d’une forme de construction. »

    Après l’exposition À portée de main, déjà consacrée à l’artiste en 2008, le public est donc invité à découvrir jusqu’au 8 mars les œuvres réalisées par Daniel Dezeuze durant les 25 dernières années. « Daniel Dezeuze n’a cessé, depuis sa participation au mouvement Supports/Surfaces dans les années 1970, d’interroger les éléments constitutifs de la peinture et de la création artistique. À partir des matériaux les plus simples et les plus divers, des matériaux détournés aux assemblages de rebuts, il renouvelle les objets d’une curiosité toujours intacte et forge des œuvres troublantes, une poésie contemporaine de la fragilité », développe le Musée.

    L’artiste utilise « des matériaux humbles, que l’on peut trouver au rayon jardin ou bricolage d’un grand magasin, ou encore des matériaux de récupération », qu’il détourne de leur usage. Durant cette rétrospective, les visiteurs pourront découvrir plusieurs séries caractéristiques : les « peintures qui perlent », où « les gouttes de couleur se métamorphosent en cabochons de plastique et débordent de la surface du tableau » ; les « Dyptiques » inspirés des rouleaux de la peinture chinoise ; les « tableaux-écrans », qui témoignent d’un questionnement marqué par la consécration du numérique et la prolifération des écrans ou encore les « tableaux-valises », qui évoquent le mouvement du voyage ; enfin une série de blasons et de boucliers « réinterprètent un héritage médiéval pour le faire entrer dans le champ de l’expérimentation contemporaine ». Le tout non dénué d’humour, « qui émerge avec délicatesse, dans certaines formes plastiques autant que dans les titres ».

  • Reconditionnement haut de gamme : Cykero s’implante à Montpellier

    Reconditionnement haut de gamme : Cykero s’implante à Montpellier

    C’est une belle prise pour la métropole de Montpellier. Jeudi 13 novembre, Bichoi Metias, fondateur et PDG de la marque européenne du reconditionné premium Cykero, posait au Mibi (Montpellier business & innovation centre) la « première pierre symbolique » de son futur technocentre, bientôt érigé à Castelnau-le-Lez. Une implantation « extrêmement soutenue par les acteurs publics et financiers locaux », se félicite Bichoi Metias, la Métropole de Montpellier et la Région Occitanie ayant notamment voté des aides de 300 000 euros pour la première et 800 000 euros pour la seconde. L’entreprise quant à elle a investi 20 millions d’euros dans la construction de ce technocentre.

    C’est dans son garage en Allemagne, où il vivait à l’époque, que Bichoi Metias, ancien ingénieur dans le ferroviaire, a lancé en 2020, en plein confinement, la marque Cykero.
    Cinq ans plus tard, la start-up franco-allemande enregistre un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros (en 2024) et a su se positionner comme un acteur de référence en Europe dans le reconditionnement haut de gamme des appareils électroniques dotés de batterie (smartphones, tablettes, ordinateurs portables, montres et écouteurs connectés…).

    « 77 kg de CO2 économisés pour chaque appareil »

    « Il existe plusieurs types de reconditionnement. Nous nous situons dans la gamme premium, avec une exigence de qualité élevée », explique le PDG de Cykero. « Aujourd’hui, sur le marché du reconditionné, la moyenne des retours pour problème qualité est de 20%. Chez Cykero, on est à moins de 2%, très proche d’un appareil neuf (entre 1,3 et 1,5%). » La marque offre également des services qui se rapprochent des appareils neufs : « 2 ans de garantie pour les particuliers, 30 jours satisfaits ou remboursés, une traçabilité totale sur les appareils. Des choses qui donnent du pouvoir au consommateur pour décider de mettre le prix ou pas », insiste Bichoi Metias. Car si les appareils Cykero peuvent être jusqu’à
    30 ou 40% moins chers que du neuf, « on n’est pas les moins chers du reconditionné car on propose du haut de gamme ». L’entreprise vante également une démarche écoresponsable, avec « 77 kg de CO2 économisés pour chaque appareil vendu, sachant qu’on en vend 10 000 par mois », souligne le PDG.

    Désormais Montpellier sera donc « le nouveau centre de gravité » de la marque, qui y a d’ores et déjà transféré son siège en France, basé jusque-là dans les Yvelines. « On vient avec un engagement fort pour l’innovation, l’industrialisation, l’économie circulaire », assure Bichoi Metias. Les travaux du technocentre, qui sera situé dans le quartier Eurêka, à Castelnau-le-Lez, ont débuté le 17 novembre et se poursuivront « jusqu’à fin 2026-début 2027 ». Une ouverture partielle du site est prévue « tout début 2027 pour qu’on commence à installer nos machines. Ensuite, il y aura une remise des clés finale à la fin du premier trimestre ou au début du deuxième trimestre 2027. »

    S’il est question de « technocentre » et pas simplement d’usine, c’est « parce que ça va être bourré d’innovations technologiques : on va avoir de l’automatisation, de la robotisation, de l’intelligence artificielle… On va mettre le paquet sur cet aspect innovation pour pouvoir quadrupler notre capacité dès l’ouverture. Aujourd’hui on est à 10 000 pièces par mois en capacité maximum, on passera à 40 000. Et à l’horizon 2030, en pleine capacité, on pourra traiter 150 000 appareils par mois », estime le PDG de Cykero. Une activité qui devrait permettre de créer 160 postes d’ici 2030. « Outre le fort engagement régional pour l’innovation, la réindustrialisation et l’économie circulaire, qui nous ont séduits, il y a aussi à Montpellier une attractivité qui facilite le recrutement des futurs talents : c’est une ville extrêmement jeune et dynamique, avec beaucoup d’écoles de commerce, d’ingénieurs, de BTS. »

    À noter que Cykero a récemment ouvert une boutique éphémère (jusqu’au 31 janvier) au 10, place de la Comédie, préfiguration d’un showroom qui sera également accessible aux clients au sein de son futur site montpelliérain.

  • Handball : le Pauc se sort du piège Frontignan

    Handball : le Pauc se sort du piège Frontignan

    D’abord bousculés, les joueurs d’Eric Forets se sont finalement imposés à Frontignan, englué en bas de tableau de Proligue, la deuxième division française. Les Aixois ont vécu une première période difficile, en étant menés rapidement 8-2.

    Derrière d’un but à la pause, le Pauc s’est redressé et a pu gérer le second acte pour distancer suffisamment son adversaire. Souvent à quatre ou cinq longueurs, les locaux n’ont jamais réussi à revenir. Au final, Aix ne se fait pas piéger, avec une victoire 31-25 dans l’Hérault. Par ailleurs, Limoges s’est fait surprendre à Saran, actuel 9e de Proligue (38-42).

  • À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    Sélectionnée par la Ville de Montpellier dans le cadre d’un appel à projets, l’artiste sud-coréenne Mona Young-eun Kim présente une nouvelle exposition à l’espace Dominique-Bagouet rénové. Intitulée « La prophétie est une mémoire, la croyance est synthétique », celle-ci fait dialoguer les archives de la Ville concernant la médecine avec une vision contemporaine des questions médicales. Manuscrits médiévaux et documents fac-similés répondent aux images conçues par l’Intelligence artificielle (IA). « Elle a choisi de générer un récit à partir de l’évolution du corps en fonction de sa capacité à ingérer du plastique. C’est une préoccupation scientifique actuelle », détaille Marie-Caroline Allaire-Matte, commissaire de l’exposition. Une préoccupation faisant écho à celle observée par les médecins du Moyen-Âge lors des débuts de la chirurgie, des autopsies.

    Une manière de questionner le public sur le futur. « Son récit dystopique se base sur un fait objectif : manger du plastique. C’est comment la fiction se nourrit du réel et comment la fiction va engendrer une réflexion sur l’avenir de la condition humaine », poursuit la commissaire de l’exposition. Sans oublier de le mettre en perspective avec le passé, d’où le nom de l’exposition « la prophétie est une mémoire ». « On ne peut comprendre notre avenir et l’anticiper que quand on regarde ce que l’on sait déjà, c’est-à-dire la capacité que l’on a à mémoriser toutes les archives qui ont conditionné l’apprentissage de la science. »

    L’autre partie de l’exposition, « la croyance est synthétique », se concentre sur une vidéo réalisée par l’artiste dont 80% générée par l’IA, où un homme ingère -encore- du plastique et se transforme en quelque chose de monstrueux. « Cela montre également que la croyance ne se fait plus en dieu ou en une religion mais la croyance dans le progrès des outils numériques qui nous accompagnent tous les jours. La science est venue se substituer à une croyance religieuse », observe Marie-Caroline Allaire-Matte.