Tag: Hérault

  • Les revendications des syndicats pour sortir les salariés de la panade

    Les revendications des syndicats pour sortir les salariés de la panade

    Ils sont assistants familiaux, aides à domicile. Ces salariés utilisent quotidiennement leur voiture sur leur temps de travail. Touchés de plein fouet par la hausse des prix du carburant – conséquence de la guerre au Moyen-Orient – ces travailleurs ont alerté leur syndicat.

    « Cette hausse a impacté les assistants familiaux [il y en a 680 dans l’Hérault, Ndlr]. Leur métier se fait avec leur véhicule personnel, ils ont en charge les enfants placés, protégés donc il y a énormément de déplacements avec les enfants comme les audiences au tribunal, les lieux de soins, les visites aux parents, etc. Bien que les frais de déplacement soient remboursés, avec l’explosion des prix cela génère un déséquilibre de leur budget personnel », soutient Benjamin Karchen, co-secrétaire de la CGT au conseil départemental de l’Hérault. À cela s’ajoutent les agents utilisant leur véhicule personnel pour des déplacements, faute de véhicules disponibles mis à disposition par la collectivité en nombre suffisant. Ces cas sont loin d’être isolés. À Sérignan, les aides à domicile sont elles aussi dans la galère. « On fait énormément de petits trajets pour nos bénéficiaires. Par exemple, aller faire des courses en ville. Cela ne représente que quelques kilomètres mais on consomme plus que pour de longs trajets sur l’autoroute », soupire Christelle Fanjaud, déléguée CGT de l’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) Orb et Thongue. Or, les déplacements sont remboursés à hauteur de 38 centimes le kilomètre. « Depuis 2010, l’indemnité était de 35 centimes. Avec la crise énergétique en 2022, l’État a augmenté l’indemnité de 3 centimes. Mais là, aucune hausse. Mon association a fait un geste en prenant en charge 2 centimes supplémentaires. Mais cela représente 3 euros sur le bulletin de salaire », fait valoir Christelle Fanjaud. Un montant dérisoire comparé à l’envolée du gazole, passé de 1,80 euro à 2,40 euros en quelques semaines. De plus, cette indemnité ne couvre pas uniquement le coût du carburant. « En réalité, seuls 14 centimes concernent le carburant. Le reste est destiné à l’amortissement du véhicule, les réparations. Or, ces prestations ont augmenté de 20% ces dernières années », poursuit l’aide à domicile.

    Des congés posés faute

    de pouvoir se déplacer

    L’ADMR Orb et Thongue opère également sur les communes de Cers et Villeneuve-lès-Béziers. Les salariés vont tenter de mettre en place une sorte de système D. « On va essayer de trouver le moyen pour éviter que les aides à domicile de Cers ne viennent à Sérignan et vice-versa », espère Christelle Fanjaud. Du fait de la précarité du métier, bien souvent à temps partiel et donc payé en dessous du Smic, « certaines ne peuvent plus suivre », note Christelle Fanjaud, indiquant avoir eu vent de cas où des aides à domicile posaient des congés. Sacrées vacances !

    Mais la hausse des coûts ne concerne pas uniquement les salariés qui utilisent leur voiture sur leur journée de travail. « Notre département est assez grand, les équipements de service public se trouvent sur tout le territoire. Certains agents font des déplacements domicile-travail assez importants. Ils le font sur leurs deniers personnels, rien n’est pris en charge. Aujourd’hui, ces personnes éprouvent la brutalité du plein. Certains sont des fonctionnaires de catégorie B ou C, de petits salaires. Ce qui entraîne une difficulté financière importante », observe Benjamin Karchen. Pour pallier la situation, le syndicat, qui a alerté le président PS Kléber Mesquida et le directeur général des services, avance plusieurs revendications. « Certaines propositions ne coûtent pas un radis. On pourrait élargir le télétravail en identifiant les personnes et métiers concernés ou particulièrement impactés par la crise du carburant. Les véhicules de service pourraient être gardés par des collègues pendant quelques jours en lien avec les missions exercées. Et pour ceux pour lesquels ça ne serait pas possible – notamment les assistants familiaux – là on débloque une enveloppe », suggère Benjamin Karchen, assurant « ne pas vouloir mettre la pression mais ouvrir un dialogue. On est d’accord pour mettre en place des mesures qui seraient potentiellement reconduites chaque mois ».

  • Les artisans et les commerçants en première ligne

    Les artisans et les commerçants en première ligne

    La quasi-totalité des artisans du bâtiment, soit 92%d’entre eux, sont déjà impactés par la hausse du prix du pétrole depuis le début du conflit en Iran, selon une consultation menée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) auprès de 2 600 entreprises. Cette étude, que La Marseillaise a pu consulter, rapporte que certains matériaux sont particulièrement concernés par les hausses de prix, notamment les dérivés du pétrole, le bois, le béton, le cuivre, le PVC et le zinc. Les augmentations de prix peuvent atteindre 2,5% à 20% pour certaines familles de produits, et 65% des artisans déclarent avoir reçu des courriers de hausse des tarifs de matériaux par leurs fournisseurs. Enfin, 50% des entreprises perçoivent déjà un impact sur leur activité, même si elles ne peuvent pas le mesurer précisément.

    Depuis le 25 mars, la Capeb appelle donc le gouvernement à réactiver le comité de crise interministériel dédié au bâtiment, créé lors de l’invasion de l’Ukraine à grande échelle. Concernant les hausses des prix du pétrole, l’organisation réclame par ailleurs un accompagnement de l’État, « pour permettre aux entreprises d’absorber l’augmentation du GNR et continuer à travailler dans de bonnes conditions ».

    Adaptation et résilience

    La problématique de l’énergie n’est malheureusement pas nouvelle pour les artisans et les commerçants, qui connaissent des crises régulièrement depuis une dizaine d’années. « Nous sommes rompus à gérer ce genre de situation, se désole Xavier Perret, président de la chambre des métiers et de l’artisanat du Gard. Les artisans sont beaucoup de petites entreprises qui, dans la grande majorité, vont s’adapter et réussir à amortir cette nouvelle hausse si elle ne s’installe pas trop dans la durée. Les artisans ont des investissements moins importants que dans l’industrie et ils sont donc plus résilients. Cependant, la problématique est très importante pour les secteurs totalement dépendants comme les taxis, qui ne peuvent pas monter leurs prix. »

    Xavier Perret rappelle également que par répercussion, il faut s’attendre à une inflation généralisée, puisque le prix des transports augmente et que la France reste dépendante du pétrole. Dans leur majorité, les artisans doivent donc déjà pratiquer une hausse de leurs tarifs pour amortir celle des prix du carburant : « Il faut bien comprendre que les artisans sont très attentifs aux tarifs qu’ils pratiquent, affirme Xavier Perret. Nous nous considérons comme de petites entreprises de proximité et nous connaissons nos clients. Augmenter est donc très anxiogène, notamment dans les métiers de l’alimentaire. »

  • [Entretien] Nadia Mateu : « La solidarité avec Cuba doit aller au-delà du symbole »

    [Entretien] Nadia Mateu : « La solidarité avec Cuba doit aller au-delà du symbole »

    La Marseillaise : Le blocus imposé par les USA à Cuba a 64 ans et malgré d’immenses difficultés, Cuba a résisté. Qu’est-ce qui a changé avec l’arrivée de Trump ?

    Nadia Mateu : Il a remis Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme et fait voter des lois extraterritoriales illégitimes qui durcissent le blocus en empêchant les pays et les entreprises de tous les pays de commercer avec Cuba et notamment de lui livrer du pétrole. Avec la menace de pénalités importantes.

    De très nombreuses résolutions de l’ONU ont pourtant demandé la levée du blocus.

    N.M. : Depuis 33 ans, l’ONU vote cette levée, à l’exception de deux pays : les USA et Israël. L’Ukraine les a rejoints en 2025 mais on comprend que comme pour les sept pays qui se sont abstenus, c’est en raison de l’emprise des États-Unis.

    Avez-vous des témoignages précis des conséquences de cette politique sur la population ?

    N.M. : Des Français qui ont participé à des brigades à Cuba – c’est une aide à des travaux agricoles, ou divers, mais surtout une possibilité de rencontre avec des Cubains – viennent d’en revenir. Ils disent que c’est très dur. Des coupures d’une heure ou deux d’électricité existaient, maintenant c’est passé à 18 heures, voire des journées entières. Et donc des ruptures de la chaîne du froid, plus aucun moyen de locomotion, pénurie de médicaments, plus rien dans les magasins… Dans les campagnes ils en reviennent à la charrue et aux bœufs, beaucoup d’enfants ne peuvent plus aller à l’école. Il y a des milliers de personnes qui attendent de se faire opérer, des femmes enceintes qui se demandent ce qu’il se passera s’il y a complication…

    Cuba reçoit malgré tout des aides, même insuffisantes ?

    N.M. : Oui la Chine envoie des panneaux photovoltaïques, le Mexique est en train de faire des collectes. Et les flottilles internationales qui apportent de la nourriture et des médicaments partent beaucoup du Mexique.

    France Cuba aide également ?

    N.M. : Nous avons essayé d’envoyer de l’argent mais on est bloqués par les banques [puisque les USA empêchent Cuba de participer au système financier international, Ndlr], donc on remplit des containers. L’un est parti en décembre, un autre doit partir avant l’été. Ils contiennent du petit matériel médical (seringues, pansements, attelles… et même des lunettes) et du matériel plus important (lits médicalisés, fauteuils roulants, béquilles), mais aussi des vélos, de l’argent pour acheter de la nourriture. Et surtout on essaie d’informer, de briser le silence.

    Malgré tout Cuba envoie toujours des médecins à l’étranger ?

    N.M. : Oui dans les pays qui en ont besoin. 22 000 médecins mais aussi des brigades médicales dans plus de 160 pays. En Calabre par exemple il y a eu des pressions énormes sur le gouvernement italien pour qu’ils expulsent les médecins cubains. La Région de Calabre a refusé.

    Que peut-on faire pour aider ?

    N.M. : On peut participer aux collectes** de France Cuba, de Solidarité cuba et Cuba coopération qui sont sur Montpellier mais il faut aussi interpeller nos élus pour qu’ils interpellent à leur tour l’État français. Qui a voté la fin du blocus. Point. Or la solidarité avec Cuba doit aller au-delà du symbole. Elle doit être concrète et efficace. Les 10, 11 et 12 avril, il y a un appel national à faire de ce week-end un moment de solidarité. Le 12 nous tenons notre assemblée générale à Béziers. Le 11 il y aura un rassemblement de soutien à Béziers*. Il y a besoin de beaucoup de monde parce que malgré toutes ces contraintes, les Cubains gardent la tête haute. La stratégie de Trump, c’est d’asphyxier ce pays et que les Cubains se révoltent. Les copains revenus de Cuba disent que la population n’en peut plus mais qu’elle ne remet pas en question le système, par contre elle veut manger et vivre.

    Entretien réalisé par Annie Menras

    * 11h sur le parvis du théâtre à Béziers.

    ** Dons financiers 06.38.83.53.20 France Cuba Hérault .

  • Comment répondre à la flambée des prix ?

    Comment répondre à la flambée des prix ?

    « Le doigt sur la gâchette. » C’est l’avertissement des Gardiens de la Révolution en Iran à l’adresse du président américain, Donald Trump, après l’annonce, mercredi 8 avril d’un cessez-le-feu de deux semaines alors que la guerre déclarée le 28 février par Israël et les États-Unis à l’Iran embrase le Proche et le Moyen Orient. Une guerre suspendue ? Pas vraiment. Au Liban, au prétexte d’éradiquer le Hezbollah, allié du régime iranien, l’armée israélienne bombarde toujours. La journée de mercredi a été sanglante pour le pays du Cèdre : au moins 254 personnes sont mortes lors de cette seule journée selon la défense civile libanaise. Le régime iranien a le pied sur la jugulaire du monde : le détroit d’Ormuz où transite l’essentiel des flux énergétiques mondiaux.

    Cette guerre tue, paralyse l’économie mondiale et a donc des répercussions sur la vie quotidienne à des milliers de kilomètres comme en témoignent les salariés et artisans interrogés par La Marseillaise. C’est le cas des aides à domicile (page 7) contraintes de cesser de travailler faute de moyens pour faire le plein de leur véhicule.

    92% des artisans

    du bâtiment pris à la gorge

    Idem dans le secteur de la pêche : avec le prix des carburants, pas la peine de sortir en mer, déplore un marin pêcheur de la région (lire ci-contre).

    Les artisans du bâtiment et des travaux publics sont impactés à 92% par la hausse des prix de l’énergie s depuis le début du conflit en Iran, selon une consultation menée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) auprès de 2 600 entreprises (lire page 6).

    Les syndicats de salariés ont interpellé le gouvernement e le patronat. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a dénoncé les « marges énormes » et les « bénéfices records » de TotalEnergies. La responsable syndicale milite aussi pour une TVA modulée à 5,5% sur tous les produits de première nécessité. « On peut imaginer que ces entreprises qui vont automatiquement profiter de l’envolée des prix soient mises à contribution par l’État via une taxe spéciale, en vue d’une redistribution de ces bénéfices aux consommateurs, en premier lieu les publics les plus impactés », suggère pour sa part Claude Gaubert de l’association UFC-Que Choisir Montpellier (lire page 6).

    Alors que la campagne de collecte de l’impôt sur le revenu débute auprès des ménages, la question de la taxation des multinationales se pose à nouveau avec acuité face à cette flambée des prix provoquée par la guerre insensée menée par Trump et Netanyahu. Au Sénat, le groupe communiste a déposé une proposition de loi pour bloquer les prix du gaz et des carburants. « Lorsque les marchés deviennent instables et spéculatifs, l’intervention publique n’est pas seulement légitime, elle est nécessaire pour protéger les ménages et garantir l’intérêt général », expliquent les sénateurs communistes. Ils ajoutent que « pendant que les ménages paient la facture, de grandes compagnies pétrolières comme Total, Shell ou Exxon engrangent des surprofits considérables, alimentés par la spéculation, tandis que leurs cours boursiers progressent au bénéfice d’une minorité d’actionnaires parmi les plus favorisés ». Dans la même veine, l’association Attac a lancé une pétition pour une taxation des superprofits : « La taxe unitaire sur les superprofits peut être mise en place en France pour imposer les profits mondiaux de Total qui devraient être déclarés en France, selon des critères objectifs, tels que la part de la production et des ventes qui y sont réalisées, comme le suggèrent Gabriel Zucman et l’Observatoire international de la fiscalité », détaille l’association. Des options pour l’heure rejetées par le gouvernement. Ce qui fait dire à Attac que « les solutions existent, l’argent aussi. Il ne manque que la volonté politique ! » Et sans doute la pression populaire pour exiger la justice fiscale.

  • Face à la crise provoquée par la guerre, les pêcheurs de Méditerranée sur le pont

    Face à la crise provoquée par la guerre, les pêcheurs de Méditerranée sur le pont

    C’est une crise sans précédent. La première semaine du mois d’avril, environ 50% de la flottille méditerranéenne n’est pas sortie en mer à cause de la montée des prix du gazole professionnel, selon le comité des pêches d’Occitanie. Son président, Bernard Perez, est consterné : « Nous n’avons jamais connu ça auparavant. L’augmentation du prix du gazole fait perdre environ 375 euros par semaine à chaque marin. »

    En février, le prix au litre du gazole de pêche était de 60 centimes. Avec les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, il est monté à 87 centimes le litre en mars, avant de dépasser 1,10 euro le litre au mois d’avril. Face à cette flambée des prix, les pêcheurs de Méditerranée s’étaient réunis une première fois à Sète le mercredi 1er avril et avaient décidé collectivement de lancer une grève illimitée à partir du 7 avril. Une décision finalement annulée dès le week-end suivant : « Nous avons finalement décidé de repousser l’idée d’une grève dans l’intérêt général, explique Bernard Perez. D’abord, parce que certains bateaux peuvent encore continuer d’aller à la mer pour l’instant et il ne faut pas les empêcher de travailler. Deuxièmement, parce que c’est une question de souveraineté alimentaire : la population doit pouvoir se fournir en poisson frais au quotidien. Or, le prix du gazole risque de continuer d’augmenter et nous sommes face à un risque de pénurie, donc il faut continuer d’aller en mer tant qu’on le peut. » Si la grève est annulée, le combat ne s’arrête pas pour autant : le président du comité des pêches d’Occitanie affirme qu’un courrier a été envoyé pour demander une rencontre avec la ministre de la pêche, Catherine Chabaud.

    Vendredi 27 mars, la ministre avait annoncé débloquer une enveloppe totale de 5 millions d’euros en soutien aux pêcheurs français, qui doivent bénéficier d’une aide de 20 centimes par litre de gazole marin, via un remboursement sur présentation des factures. Un geste considéré comme insuffisant pour beaucoup d’entre eux, qui prévoient déjà une nouvelle réunion en cette fin de semaine.

    Travail à perte

    Jean-Marie Nouguier est patron d’un chalutier de 25 mètres à Agde, sur lequel il emploie quatre marins. « Lors de la semaine sainte, je ne suis pratiquement pas allé en mer, se désole-t-il. En temps normal, un bateau comme le mien doit travailler une journée ou une journée et demie pour payer le carburant sur cinq jours. Avec les prix qui ont augmenté, je me retrouve à devoir travailler plus de trois jours pour payer le carburant. Mon entreprise perd de l’argent et ma trésorerie fond. »

    Comme beaucoup de ses confrères, le pêcheur fait le constat qu’avec des prix du carburant aussi élevés, ce n’est pas la peine de sortir en mer. Pour la deuxième semaine d’avril, il a ainsi été contraint de naviguer sans refaire le plein, en finissant la cuve qu’il avait renflouée quand le gazole marin était (déjà) à 95 centimes le litre. « Je dois payer mon équipage et ça ne va plus être possible si les prix ne baissent pas de nouveau très rapidement, poursuit-il. Je dois avancer les salaires de mes marins grâce aux aides que je reçois. J’ai honte, je ne sais même pas quoi leur dire. » L’un des membres de l’équipage doit bientôt prendre sa retraite et alors que le secteur peine déjà à recruter, Jean-Marie Nouguier s’inquiète aussi de ne pas réussir à le remplacer dans ces conditions.

  • La course à la LGV sur le point de changer de vitesse ?

    La course à la LGV sur le point de changer de vitesse ?

    Après des décennies de tergiversations et de retards, le projet ferroviaire de Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) serait-il enfin sur le point de changer de braquet ? À l’occasion de leur dernière rencontre, les porteurs du projet (État, SNCF, collectivités partenaires) se sont en tout cas félicités du respect du calendrier. À savoir que la date de début des travaux du premier tronçon de 52,3 km à construire d’ici 2034 entre Montpellier et Béziers est maintenue en 2029.

    D’ici là, les étapes vont s’accélérer sur le terrain sur cette première phase déclarée d’utilité publique en 2023. Dès le mois de mai 2026 doit être délivrée l’autorisation environnementale à l’issue à l’enquête publique. Cet été et à l’automne auront lieu les sondages géotechniques et diagnostics archéologiques « indispensables à la sécurisation » de la future Ligne à grande vitesse (LGV). Notamment dans le bassin de Thau, où l’actuel tracé reste contesté pour ses nuisances sur l’environnement (biodiversité, terres agricoles, bruit, qualité de l’eau du site d’Issanka…), en raison de l’impact du futur Viaduc de Poussan. À l’instar du collectif citoyen Alerte TGV Thau, d’autres pointent le risque économique de voir moins de TGV s’arrêter à l’avenir en gare de Sète…

    Quid des nouvelles gares ?

    C’est aussi à l’automne que sera lancé par SNCF Réseau l’appel d’offres pour la conception et la réalisation de la LGV. Un long processus technique d’environ 2 ans qui doit aboutir au choix du constructeur en 2028. Les mastodontes Bouygues, Eiffage ou Vinci devraient concourir parmi d’autres. Mais grâce aux clauses d’insertion permises par la loi, le tissu local devrait bénéficier de retombées positives pour l’emploi, promettent les porteurs du projet.

    La phase 2 (tronçon Béziers-Perpignan long de 97,7 km) de la LGV n’en est encore qu’à ses balbutiements (livraison à l’horizon 2040). Mais elle va aussi connaître une avancée dès le printemps. Du 9 avril au 19 juin va se tenir la concertation préalable relative aux fonctionnalités du second tronçon. En attendant l’enquête publique prévue pour 2030, il va y avoir de quoi débattre. Car ni la nature de la ligne (mixte ou seulement voyageurs), ni le lieu des nouvelles gares TGV à construire (Béziers Est et/ou Narbonne ouest ?) ne mettent les défenseurs du TGV d’accord.

    Enfin demeure la principale inconnue, source des procrastinations du passé et des crispations d’aujourd’hui. Qui va payer ce chantier colossal estimé à au moins 6,2 milliards d’euros ? Si la clé de financement de la première phase avait été trouvée (État et collectivités 40% chacun, Europe 20%), l’austérité est depuis passée par là. Si bien qu’un partenariat public-privé (PPP) serait dans les tuyaux pour le projet voisin de Grand Sud-Ouest (GSO) Bordeaux-Toulouse, où les travaux ont débuté il y a 19 mois. Une idée à laquelle s’oppose la présidente de Région. « 2,5 milliards d’euros ont déjà été engagés (…). On ne met pas à l’arrêt un projet de cette ampleur par une vision court-termiste et purement comptable », fustige Carole Delga (PS), qui évoque un « non-sens » en raison d’un « surcoût faramineux » de 7,3 milliards d’euros ainsi qu’un « retard de plusieurs années » dans la mise en service de cette LGV.

    Le surcoût d’un PPP

    Le 12 février en assemblée plénière, les élus régionaux du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC) ont d’ailleurs fait adopter un vœu qui sacralise cette position. Le texte demande à l’État de « respecter l’intégralité de ses engagements financiers et calendaires » et s’oppose à « tout recours à un PPP qui se traduirait par un surcoût inacceptable et un retard préjudiciable à l’intérêt général ». Car à l’image de Carole Delga ou du maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS), les pro-LGV persistent et signent. En plus d’être « écologiques », ces projets sont à leurs yeux « indispensables » au désenclavement de l’Occitanie. Là où est concentrée 60% de la population française située à plus de 4h de Paris…

  • À Montpellier, le cinéma Diagonal fermera fin avril pour faire sa mue

    À Montpellier, le cinéma Diagonal fermera fin avril pour faire sa mue

    Pour sûr, ça va faire un sacré vide dans l’agenda des mordus de cinéma… À partir de fin avril, le Diagonal, cinéma indépendant du centre-ville chéri des cinéphiles, fermera ses portes pour cinq mois de travaux.

    Un chantier de taille, longtemps repoussé. « On n’avait plus le choix », confie Martin Bidou, dirigeant de la société de production et de distribution Haut et Court, qui gère le Diagonal depuis janvier 2023. « Le cinéma est dans un état critique. Il est dans son jus, vieillissant, mais surtout d’un point de vue technique : la clim, le chauffage, l’électricité, l’isolement, le toit… ça ne se voit pas, mais il faut tout refaire ! On a un super outil, mais qui a besoin d’un coup de jeune », résume Martin Bidou.

    C’est donc parti, ou presque, pour un coup de neuf intégral, du sol au plafond. « Comme on part sur la rénovation d’un bâtiment usé, on en profite pour être au top en terme de confort et de qualité : on change la chaîne sonore sur la grande salle, on passe au laser en projection, on change les fauteuils, les tentures… L’idée, c’est de le remettre en état pour 20 ans  ».

    « Un pari risqué »

    Seule une salle sur les six, la numéro 3, restera en l’état, faute de budget suffisant. « Ça sera la caution vintage », plaisante Martin Bidou. « On investit 2,7 millions dans ces travaux, dans un contexte de fonte des aides allouées par les collectivités à la culture. On a dû faire un gros emprunt. Pour nous, c’est énorme, un saut dans le vide  », confie le dirigeant du Diagonal.

    En matière d’accessibilité, les trois salles du rez-de-chaussée vont faire l’objet d’aménagements de mise aux normes, avec toilettes adaptées, sas permettent le passage et la manœuvre des portes pour les personnes handicapées. Impossible, en revanche, d’installer un ascenseur pour leur donner accès aux salles du haut. « C’était 600 000 euros de plus, absolument inaccessible financièrement  ».

    Martin Bidou en a bien conscience : ces 5 mois de fermeture sont « un pari risqué », d’autant qu’aucune salle de repli n’a été trouvée pour poursuivre l’activité. « On maintient toutefois, cet été, “Le Diago en Plein Air” [des films en avant-première diffusés sur écran géant à la halle Tropisme, du 1er au 4 juillet, NDLR]. Ce sera une façon d’être un peu là… » Pour le reste, Martin Bidou compte sur la fidélité des habitués du cinéma de la rue de Verdun, dont la fréquentation record en fait l’un des principaux cinémas art et essai de France. Bien sûr, il faudra s’attendre à une petite augmentation des tarifs. « Tout ça doit se financer quand même. Notre seule recette, c’est le film : chez nous, pas de publicité, pas de pop-corn ! Mais on restera bien en dessous des tarifs pratiqués par les grands groupes », promet Martin Bidou.

  • [Quoi de neuf] Fanette Bonnaric : « Une fois l’asile obtenu, se pose l’enjeu de l’intégration»

    [Quoi de neuf] Fanette Bonnaric : « Une fois l’asile obtenu, se pose l’enjeu de l’intégration»

    Louis Dupin : Quelles sont les missions de votre association Forum Réfugiés ?

    Fanette Bonnaric : Forum Réfugiés est une association dans un premier temps lyonnaise, qui s’est étendue sur différents territoires français (Paca, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes). Elle porte différents programmes pour les demandeurs d’asile. Les demandeurs d’asile sont les personnes qui déposent une demande d’asile en préfecture. Ces personnes vont être auditionnées à l’Ofpra, l’Office français pour les réfugiés et les apatrides. Et donc, pendant toute cette phase de demande d’asile, Forum Réfugiés porte différents programmes d’accompagnement pour ces publics sur différents territoires. Une fois l’asile obtenu pour certains -tout le monde ne l’obtient pas- se pose l’enjeu de l’intégration, à savoir reconstruire une vie sur le territoire français, trouver sa place dans cette nouvelle société.

    Olivier Nottale : Une fois toutes les difficultés administratives réglées, qu’est-ce qu’ils vont faire ?

    F.B. : Il est important de revenir un peu sur les définitions parce que le terme réfugié est souvent utilisé dans les médias comme synonyme du mot migrant. Pourtant, le terme réfugié correspond à une catégorie juridique qui est réglementée par la Convention de Genève. Donc nous, quand on parle de réfugiés, on parle de personnes qui ont déposé une demande d’asile et qui ont obtenu une réponse positive. Pour beaucoup, c’est la fin d’un voyage justement. Et avec nous commence un autre voyage, le voyage de la reconstruction et aussi de la confrontation avec la société française, avec son administration, avec son marché de l’emploi, avec son marché locatif. Et donc ce parcours n’est pas fini.

    Alors on porte plusieurs programmes. Notamment le programme Agir où les personnes qui sont prises en charge dans ce programme nous sont orientées par l’Office français pour l’intégration et l’immigration, une émanation de l’État. Effectivement, elles arrivent parfois quelques mois après avoir obtenu une protection, mais il n’y a pas encore eu toujours d’explicitation de tout ce que va être ce nouveau parcours d’intégration.

    O.N. : Et ces personnes
    ne se rendent pas compte de la difficulté qui
    les attendent…

    F.B. : Le parcours migratoire a été très long et très compliqué et douloureux. La demande d’asile a aussi pu prendre un certain temps, même si les délais se sont raccourcis. Mais c’est le temps de l’attente où les personnes ne savent pas si elles vont obtenir une protection. Donc c’est un temps qui est un peu suspendu hors du temps.

    Les personnes sont dans un statut ad hoc où il faut savoir que les six premiers mois après le dépôt d’une demande d’asile, les personnes n’ont pas le droit de travailler. Après ces six mois, l’accès au travail est entravé pour les demandeurs d’asile. Ils sont maintenus dans une situation d’oisiveté en attendant la réponse de l’Ofpra. Donc quand elles obtiennent la protection, elles se disent « c’est bon, je vais pouvoir travailler, je vais pouvoir trouver un logement ». Et effectivement, il y a toute une phase de déconstruction pour appréhender la réalité du marché de l’emploi, la réalité du logement. C’est parfois un moment de désenchantement pour ces personnes où souvent elles ont tenu pendant le parcours migratoire et pendant la demande d’asile.

    L.D. : Une autre partie du programme Agir est de coordonner tous les acteurs sur le terrain ?

    F.B. : Oui, parce que la question de l’intégration est une question très vaste. Il y a trois piliers dans nos programmes. Il y a l’accompagnement administratif et social. Les personnes doivent conduire un certain nombre de démarches pour être identifiées et reconnues par les administrations françaises. Elles doivent appréhender le fonctionnement de nos administrations qui sont très complexes et qui sont dématérialisées. Donc, lorsqu’on n’est pas forcément familier avec des démarches dématérialisées ou à l’aise avec la langue française, c’est un vrai enjeu. Il y a un deuxième volet, le logement et donc l’hébergement, et le troisième c’est l’insertion socioprofessionnelle. Donc ça mobilise de très nombreux acteurs et politiques publiques.

    O.N. : Vous parliez de la barrière de la langue. Quand on est un enfant, ça va vite. Mais c’est plus compliqué pour les adultes…

    F.B. : C’est beaucoup plus long parce que la perméabilité du cerveau, la plasticité n’est pas la même. Et puis les opportunités d’interaction aussi. Les enfants, ils ont cette chance d’être scolarisés, donc de baigner tous les jours dans le français. Pour les adultes, ça va être beaucoup plus compliqué parce que souvent, quand les personnes parlent peu le français, le marché de l’emploi va être très peu accessible. On socialise beaucoup au travail, mais c’est compliqué de trouver un travail quand on parle peu le français, même si c’est possible, mais c’est plus complexe. L’enjeu est aussi de vraiment créer des interactions entre des espaces d’échange, où les personnes peuvent se confronter à la société française en dehors des administrations ou des travailleurs sociaux qui les accompagnent.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.

  • Bientôt un nouveau supermarché coopératif à Montpellier

    Bientôt un nouveau supermarché coopératif à Montpellier

    « J’habite dans les quartiers du nord de Montpellier. Si tu as envie d’avoir un supermarché avec des produits de qualités, à des prix accessibles, qui s’engage pour les agriculteurs sans rémunérer des actionnaires, ça n’existe pas. » C’est à partir de ce constat que Mathieu Boucon, riverain à Boutonnet et coopérateur du supermarché la Cagette dans le quartier Clémenceau, a eu l’idée, avec Pauline Fournis, également coopératrice et habitante des Beaux-Arts, de lancer le projet d’un supermarché coopératif, Le Cabas.

    C’est ainsi que les deux Montpelliérains commencent à plancher sur les bases de leur projet. « Nous nous sommes rapprochés de la Cagette, qui nous a aidé à monter notre site web*, créer un formulaire en novembre dernier. Puis nous avons commencé à contacter les gens. Grâce au bouche à oreille, nous sommes 175 personnes », poursuit Mathieu Boucon. Le principe est simple et veut reprendre le même système mis en place à la Cagette. Chaque coopérateur donne trois heures de son mois pour travailler au magasin. En échange, les coûts sont réduits et les coopérateurs sont les seuls décisionnaires et propriétaires.

    Étape par étape

    Une seconde réunion a été organisée début février où les statuts de l’association ont été déposés. Mais les porteurs du projet ne veulent pas mettre la charrue avant les bœufs. Première étape, « nous allons lancer un groupement d’achat afin de faire une seule commande par mois auprès d’un grossiste. Ce qui nous permettra de voir comment on travaille ensemble, tester les logiciels, constituer une trésorerie », énumère Mathieu Boucon.

    Ensuite, une fois le nombre de coopérateurs suffisants, est prévu de trouver un local de petite taille proposant une offre limitée. Une phase de test avant de se lancer dans le grand bain. « A terme, l’objectif est de trouver un local de 800m² dont 400m² de vente de manière à avoir une gamme complète et faire toutes ses courses », souligne Mathieu Boucon. Le Cabas s’adresserait à tous les riverains, sans condition de ressources.

    Un projet qui a de beaux jours devant lui à condition d’avoir suffisament de bras. Pour attirer les curieux, est prévue au cinéma l’Utopia la projection du documentaire Food Coop de Tom Boothe, suivant le modèle d’un supermarché coopératif, le 29 avril.

  • Nicollin vers la sortie

    Nicollin vers la sortie

    Ils ne font qu’un. Depuis plus d’un demi-siècle, la Paillade, ancêtre du Montpellier-Hérault, et Nicollin ne font qu’un. Le club de foot et la famille Nicollin se confondent dans une légende commune. Tout est né en 1974 dans le quartier populaire de la Paillade, au Nord de Montpellier, par le biais d’une fusion entre le Montpellier la Paillade Sport club littoral (MPSCL) et Formation sportive de nettoiement, équipe corporative de l’entreprise dirigée par Louis Nicollin.

    L’un et l’autre se sont renvoyé la balle pour grandir main dans la main. Pour répandre leur notoriété sur la ville de Montpellier. Pour façonner une histoire peu commune. Pour devenir une institution dans la capitale du Languedoc à travers la complicité complexe et intéressée entre « Loulou » et Georges Frêche, maire de Montpellier (1977-2004). Une histoire sans fin ?

    Laurent Nicollin, aux commandes depuis 2017 et le décès de son père, ébrèche le couple lors d’un entretien au quotidien régional Midi Libre. Il témoigne de sa lassitude, amorce son retrait de la tête du club à la faveur d’une entrée dans le capital de nouveaux investisseurs.

    « S’il faut lâcher la barre,

    je la lâcherai »

    Lancée en septembre par une banque d’affaires, l’ouverture de capital et la consultation de divers investisseurs sont sur le point d’aboutir. Elles pourraient se conclure en mai ou juin prochain. « Ça avance petit à petit. C’est long, très long. On a eu déjà 4 ou 5 retours de potentiels investisseurs auprès de la banque. Je pense que mi-mai, on devrait y voir un peu plus clair et avoir des offres concrètes. La semaine prochaine, un investisseur doit venir me rencontrer et voir des gens au club pour savoir où il met les pieds. Pour l’instant, on est encore dans l’inconnu. Est-ce que ça sera 10%, 30%, 50%, 80% ? Ça, on verra ce qu’eux sont prêts à proposer et à donner, surtout. Des investisseurs sont prêts à continuer, d’autres ont renoncé faute de stade. Après, il y a des choix », raconte-t-il. « Avec mon frère, on est à une période de choix. à nous de faire les bons choix ou les moins mauvais », précise-t-il, à l’heure où Montpellier vit un tournant de son histoire.

    Le frère d’Olivier, PDG de l’entreprise, mesure parfaitement l’impact d’un tel chamboulement à la tête du club et se dit prêt à se retirer de la vie sportive de Montpellier. « Cela fait un moment que je suis prêt à m’effacer. Tant que j’ai la commande du bateau, je serai à fond. Dans ma tête, j’ai avancé sur des choses. S’il faut lâcher la barre, je la lâcherai. Il y a une lassitude », assure-t-il. Et confirme que ni lui, ni son frère ne « s’arc-bouteront » pour préserver la figure de proue du navire Nicollin.

    Laurent Nicollin renonce. Faute de droits télé et d’un nouveau stade, projet qu’il jugeait essentiel à la survie économique de Montpellier-Hérault. Sans les uns, sans l’autre, la Holding Nicollin est seule pour faire face à la gestion d’un club tombé en Ligue 2. Avec un coût par saison qui oscille entre 10 et 20 millions d’euros.

    Faillite des droits télé

    Symbole de la fragilité des clubs moyens du football professionnel, Montpellier paie la faillite des droits télé. Et les effets de la crise de Mediapro. Depuis le retrait du groupe espagnol, le club héraultais a vu la part des droits télé chuter de 30ME à 10ME, puis à 6ME cette saison.

    Aujourd’hui, il n’a plus d’autres ressources que le centre de formation pour renouveler son modèle économique et la Holding. Et, la famille Nicollin ne veut pas mettre en péril l’entreprise, spécialisée dans le traitement des déchets. « La seule chose qui me tenait à cœur et me boostait, c’était le stade. Il n’y a pas de nouveau stade, pas de droit télé. Je suis prêt à me battre, mais avec des armes. Me battre avec un Opinel, j’ai passé l’âge », cingle le patron du MHSC, qui a investi de l’argent et du temps depuis 2014 pour quitter la Paillade. Et le stade de la Mosson, vétuste, inondé à plusieurs reprises et privé de la dernière Coupe du monde de rugby au profit de Nice.

    Au cours de l’été, le maire Michaël Delafosse (PS) a fait un autre choix. Celui de rénover le stade de la Mosson au lieu d’accompagner un déménagement. Et la construction d’un nouveau stade, envisagé un temps à Cambacérès, puis à Pérols, et enfin au Parc des Expositions, a été enterrée.

    Michaël Delafosse a été fin mars le premier maire réélu à Montpellier depuis Georges Frêche, mentor qui a développé la ville autour de la culture et du sport. Il l’a été à la majorité absolue à l’issue d’une triangulaire face à Nathalie Oziol, candidate de LFI, et Mohed Altrad, président du Montpellier Rugby.

    Deux ans après la retraite de Patrice Canayer, manager et clé de voûte de Montpellier Handball durant trente ans, Montpellier s’apprête à perdre une autre figure du sport montpelliérain : Laurent Nicollin, héritier de Loulou. Et s’oriente vers la fin de l’empire sportif Nicollin. La fin d’un monde.