Tag: Hérault

  • Ce que cachent ces listes dites « sans étiquette, apolitiques »

    Ce que cachent ces listes dites « sans étiquette, apolitiques »

    « Apartisanes, apolitiques, transpartisanes, citoyennes ». À deux mois des municipales, on ne compte plus les listes qui se prétendent « sans étiquette ». À première vue, c’est un non-sens. Pourquoi se présenter au suffrage universel si l’on n’a pas d’idées politiques à défendre ? Autant ouvrir une boucherie vegan.

    En creusant un peu le sujet, on vous répond qu’il s’agit de « défendre de l’intérêt général des habitants ». Encore une lapalissade. Qui oserait candidater en expliquant vouloir défendre des intérêts personnels ? Se servir plutôt que servir. « C’est une façon de ne rien dire, de n’effaroucher personne », explique Michel Crespy. Le politologue montpelliérain confirme la multiplication de ces dénominations fourre-tout. Il explique essentiellement le phénomène par la défiance grandissante des citoyens vis-à-vis des partis politiques, quelle que soit leur tendance. « Ce sont les institutions dans lesquelles les Français ont le moins confiance, à peine 15%. S’afficher, c’est se couper d’emblée d’une partie de l’électorat ». Michel Crespy ajoute que « plus la commune est petite, moins les listes sont étiquetées ». Au contraire des villes, on y vote moins pour des logos que pour des personnalités locales connues.

    En apparence vide de sens, ces absences d’étiquette sont donc calculées. Une stratégie de « faux nez » le plus souvent utilisée par la droite et de plus en plus l’extrême droite jusque dans des petites villes. Si la gauche n’y échappe pas complètement c’est parce que « souvent les partis ne présentent plus de candidats », observe Michel Crespy. Néanmoins l’étiquette divers gauche ou union de la gauche reste plus assumée que divers droite ou extrême droite. Quoi qu’il en soit, toutes les listes déposées (avant le 26 février) seront a priori catégorisées, comme en 2020, dans les communes de plus de 3 500 habitants. Pour des besoins de statistiques nationales, les préfectures apportent une « nuance » : écologiste, divers centre, divers droite, extrême droite… Laquelle « diffère de l’étiquette déclarée librement par le candidat sur le Cerfa »… Et la préfecture de l’Hérault de préciser : « La nuance est attribuée unilatéralement par l’administration, en fonction de critères objectifs. » Aux électeurs d’être attentifs pour savoir pour qui ils votent vraiment.

  • Crise sanitaire : la filière conchylicole de Thau en apnée

    Crise sanitaire : la filière conchylicole de Thau en apnée

    L’annonce est tombée le 22 janvier, au terme d’une nouvelle réunion entre conchyliculteurs et représentants publics : la fermeture sanitaire de l’étang de Thau est prolongée d’au moins un mois à compter du 20 janvier. Les analyses demeurent défavorables après les pluies du week-end précédent, et aucune date de reprise n’est avancée. La préfecture le rappelle : la levée de l’interdiction dépendra uniquement de résultats sanitaires. Or derrière cette décision administrative se cache une question plus lourde : celle de la protection réelle de la population face à une contamination. Depuis fin décembre, les autorités évoquent la détection de norovirus dans les coquillages, responsable de gastro-entérites, particulièrement dangereux pour les personnes fragiles, âgées ou immunodéprimées. L’interdiction de vente n’est donc pas un simple outil de gestion économique : c’est un acte de protection sanitaire, qui vise à éviter des intoxications alimentaires à grande échelle. Sur ce point, même les professionnels le reconnaissent. Fabrice Grillon, directeur du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée, le rappelle : « Oui, c’est une catastrophe économique », mais la priorité reste de « protéger les consommateurs. »

    C’est précisément là que le débat s’intensifie. Pour les acteurs du territoire, la crise – la troisième depuis 2022 – ne peut pas être analysée uniquement comme une succession d’aléas naturels. Henri Loison, président du Comité des usagers du bassin de Thau du cycle de l’eau, parle clairement d’une crise sanitaire structurelle. Il insiste : « Le traitement des eaux usées est une obligation de santé publique » et cette protection « n’est pas assurée régulièrement. » Autrement dit, si les coquillages deviennent impropres à la consommation, ce n’est pas d’abord parce que le milieu naturel serait « malade », mais parce qu’il reçoit des pollutions d’origine humaine.

    Ce point est central : le norovirus n’apparaît pas spontanément dans une lagune. Sa présence est le marqueur d’une contamination fécale, liée aux rejets d’eaux usées dans le milieu. Les épisodes pluvieux jouent un rôle d’accélérateur : lorsque les réseaux d’assainissement débordent ou fonctionnent mal, ils entraînent vers l’étang des eaux chargées de bactéries. La conséquence est directe : les coquillages, organismes filtreurs, concentrent ces agents pathogènes et deviennent alors un risque pour la santé des consommateurs. La fermeture administrative n’est donc que la dernière barrière d’un système qui a déjà failli en amont.

    La crise de trop ?

    Sur le terrain, cette situation nourrit la colère. Dans les reportages de France 3 Régions diffusés les 21 et 22 janvier, des ostréiculteurs décrivent des exploitations à bout de souffle : « Ça sera la plus grosse crise que j’ai connue en 50 ans de métier », ou encore « 56 jours de fermeture, je n’ai jamais connu ça. » Mais derrière l’urgence économique, leurs propos traduisent aussi une angoisse plus profonde : celle d’être perçus comme responsables d’un risque sanitaire qu’ils subissent, pris en étau par un système d’assainissement qu’ils ne maîtrisent pas.

    Face à la crise, les collectivités annoncent des aides financières : 1,5 million d’euros d’aide directe, exonérations, reports de charges… Un total chiffré à plus de 20 millions d’euros en 2026, incluant des investissements sur les réseaux. Ces mesures apportent un soulagement immédiat, mais elles ne répondent qu’indirectement à la question centrale : comment garantir durablement la sécurité sanitaire des productions et de l’ensemble de la population ?

    Loïc Linarès, président de Sète Agglopôle Méditerranée, a lui-même reconnu la gravité de la situation lors de ses vœux à la presse le 28 janvier, évoquant une crise « dramatique qui pourrait être celle de trop ». Sa proposition de créer un « comité de lagune », réunissant collectivités, État, professionnels et usagers, vise précisément à traiter le problème à la racine : suivre l’état du milieu, planifier les travaux d’assainissement, repenser l’équilibre entre urbanisation et capacité des infrastructures.

    Car l’enjeu dépasse désormais la seule conchyliculture. Si des rejets d’eaux usées peuvent, à chaque épisode pluvieux, rendre impropres à la consommation des produits alimentaires, alors c’est toute la chaîne de protection sanitaire qui est interrogée. La crise de l’étang de Thau agit comme un révélateur : elle montre les limites d’un système d’assainissement sous tension, l’impact direct de ces défaillances sur la santé publique, et la fragilité d’un territoire où l’environnement, l’économie et la santé sont intimement liés. Pour les conchyliculteurs comme pour les habitants du bassin, l’attente est désormais la même : que les annonces se traduisent enfin par des actes structurels, capables d’empêcher que la prochaine pluie ne rouvre, une fois de plus, la même plaie.

  • Deux nouvelles œuvres intègrent les collections du musée Fabre

    Deux nouvelles œuvres intègrent les collections du musée Fabre

    Deux œuvres qui illustrent la nouvelle orientation voulue par Juliette Trey, directrice de l’institution.

    « L’acquisition d’une œuvre d’Élisabeth Vigée-Lebrun traduit notre volonté de mieux représenter les artistes féminines, quasi absentes de nos collections », explique la directrice. « Les musées doivent être pleinement acteurs de la société contemporaine ». L’Allégorie de la Poésie est une œuvre qui s’inscrit dans le genre de la peinture d’histoire, extrêmement ambitieuse pour une artiste qui, par la suite, a surtout travaillé dans le portrait. Élisabeth Vigée-Lebrun est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus grandes portraitistes du XVIIe siècle : admise à l’Académie royale de peinture et de sculpture, elle a notamment peint à de nombreuses reprises Marie-Antoinette.

    La seconde œuvre, Le Petit Chat de Paul Gauguin, est prêtée pour quelques mois par les descendants de Gustave Fayet,
    son premier propriétaire. Visible jusqu’en septembre en salle 41, ce tableau a une particularité intrigante : les analyses radiographiques révèlent que l’œuvre provient d’un fragment de toile plus vaste. Pour une raison encore inconnue, il semble que Gauguin ait découpé un tableau, peut être une nature morte de grande taille comme le suggère l’échelle des fruits représentés, avant d’y ajouter le chat. Le tableau date de 1888, année de la seconde visite de Paul Gauguin au musée Fabre, aux côtés de Vincent Van Gogh. Cette œuvre raconte un duo majeur de l’histoire de l’art, au cœur d’un moment fondateur que l’institution montpelliéraine choisira de mettre en lumière dans une exposition prévue en 2028.

  • 18 ans de cinéma suisse à Montpellier

    18 ans de cinéma suisse à Montpellier

    Les Journées du cinéma suisse reposent leurs valises à Montpellier pour une 18e édition. Au programme : neuf films qui incarnent « un cinéma engagé, qui ose dénoncer, et qui a aussi beaucoup d’humour », selon Christine Bolliger, fondatrice de l’événement.

    Depuis 2008, ces journées accueillent des films qui interrogent et donnent à voir le réel, les parcours humains et les mutations de la société dans la tradition du cinéma suisse, souvent plus intimiste et réflexif que spectaculaire. Cette année, les neuf films sélectionnés, documentaires et fictions, aborderont des sujets forts tels que l’avenir des montagnes, avec le documentaire Bergfhart (La danse des cimes) de Dominique Margot (5 février), la succession avec le film Nos chastè (Notre château et son histoire fabuleuse), de Suzanna Fanzun ou encore la résilience avec la fiction de Léa Pool : Hôtel Silence (7 février). Chaque projection sera suivie d’un échange avec le public et les invités présents. Une fois de plus, les cinéphiles pourront voyager à travers les différentes régions culturelles et linguistiques de la Suisse et pas seulement.

    Ouverture internationale

    L’événement montpelliérain franchit une étape cette année en accueillant pour la première fois des coproductions internationales. Dans Quir (4 février), Nicola Bellucci capte un lieu de résistance queer au cœur d’une Sicile patriarcale, à travers la boutique de Gino et Massimo. Un élargissement naturel, selon Christine Bolliger : « La plupart des documentaires suisses sont aujourd’hui produits avec nos voisins italiens ou français. On travaille souvent avec la maison de Heidelberg. Je suis persuadée qu’on a plus de visibilité et de facilité si on travaille tous ensemble. »

    Parmi les temps forts de cette édition, une journée consacrée à la famille abordera des thèmes sensibles et universels : la paternité, la maternité, le corps médical, la filiation. Un choix qui résonne aujourd’hui de manière très politique, même si ce n’était pas l’intention première. Si ces questions sont aujourd’hui politisées, c’est presque dramatique, estime-t-elle : elles devraient pouvoir être abordées de manière totalement naturelle. Ici, le cinéma devient alors un espace de dialogue, où l’on regarde le réel en face, sans posture, et où la discussion reprend ses droits après la projection.

  • Airways Aviation : une centaine d’élèves lésés à Montpellier

    Airways Aviation : une centaine d’élèves lésés à Montpellier

    Fragilisé par un incendie criminel ayant endommagé une grosse partie de la flotte DA40/DA42 en mai dernier, Airways aviation vient tout juste d’être placé en liquidation judiciaire. La direction indique faire son possible pour limiter les dégâts, mais pour l’heure, une centaine d’élèves sont sur le carreau, dont une partie littéralement endettée…

    Pour Icham, apprenti pilote de ligne, le choc est brutal. « Je suis originaire de Nouvelle-Calédonie, j’ai payé le 9 janvier, je suis arrivé en France le 11 janvier… Et ma rentrée devait avoir lieu le 15 janvier mais la veille, on m’a annoncé que l’école était en redressement judiciaire », raconte-t-il. « Je n’avais pas connaissance des difficultés financières de l’école ». La fermeture de l’école pèse également lourdement sur le temps et les finances des élèves. Engagé dans un prêt étudiant, Icham sait que l’échéance approche. « Dans deux ou trois ans, je devrais commencer à rembourser. Cette interruption me retarde, car il faut maintenant trouver une autre école », explique l’étudiant. Mais contrairement à nombre de ses camarades, l’étudiant devrait récupérer ses deniers, son inscription ayant eu lieu pile au moment du redressement, et son virement ayant été effectué sur des comptes bloqués.

    À l’inverse, certains élèves ont déjà investi entre 50 000 et 60 000 euros, sans garantie de remboursement. Pire, le jeune Mathis, 25 ans, a quant à lui déboursé 96 000 euros… « À l’heure actuelle, l’école me doit plus de 18 000 euros et nous n’avons quasiment aucune chance de les récupérer », détaille-t-il. Désormais sans école, il doit se contenter d’une licence de pilote commercial, un diplôme insuffisant pour intégrer une compagnie. « Les autres écoles proposent une continuité de formation autour de 25 000 euros, que je ne peux pas financer », ajoute l’étudiant, qui doit encore rembourser un prêt étudiant sur dix ans…

    Vers un transfert d’élèves ?

    La direction a évoqué de possibles transferts vers d’autres écoles du groupe. Une promesse dont les élèves attendent encore la concrétisation. Et quand bien même, de nombreux obstacles demeurent : coûts de déménagement, démarches administratives, reconnaissance des modules déjà validés… sans compter les questions de visa pour les élèves étrangers.

    La fermeture d’Airways Aviation Academy révèle les failles du système de protection des étudiants dans les établissements privés de formations aéronautiques. À la différence d’autres secteurs de formation professionnelle, les écoles privées de pilotage ne disposent pas de fonds de garantie pour assurer les élèves en cas de défaillance de l’établissement, comme l’ont montré les faillites successives d’Airways College ou Paris Flight Training. Les étudiants lésés n’ont d’autre recours que ceux prévus par la procédure de liquidation judiciaire.

    Pour les élèves d’Airways Aviation, l’attente s’annonce longue, et l’issue incertaine.

  • [Entretien] René Revol : « La commune doit être ce lieu d’autodétermination des habitants »

    [Entretien] René Revol : « La commune doit être ce lieu d’autodétermination des habitants »

    La Marseillaise : Certains se cachent. Pourquoi assumer d’être de gauche ?

    René Revol : Pour être clair vis-à-vis des citoyens qui doivent savoir pour qui ils votent. On assiste à une valse des étiquettes. Je ne me cache pas, je suis à la France Insoumise mais sur ma liste on a aussi une dizaine de colistiers LFI, d’écologistes, PCF ou PS. D’autres ne sont pas encartés mais de sensibilité de gauche. Je suis le suppléant de la députée Nathalie Oziol (LFI), j’ai appelé à voter Sylvain Carrière (LFI). Cet engagement a un lien avec la gestion de ma commune mais je ne le confonds pas. Je fais ma liste en fonction d’un programme communal.

    Entre l’austérité de l’État et les compétences qui filent aux Agglos, ça vaut encore le coup d’être maire ?

    R.R. : Oui mais il ne faut pas renoncer. L’article 72 de la Constitution établit la libre administration des communes, principe aux origines de la République. La commune doit être ce lieu d’autodétermination de la population. Elle peut devenir le lieu de réappropriation du pouvoir par les citoyens, pour bousculer l’ordre établi. Les obstacles sont réels : étranglement financier et perte de compétences. Il faut dire nos engagements prioritaires. Ici, on a réalisé 95% de nos promesses. Il faut aussi être présent en force à la Métropole, pas se soumettre pour une subvention. L’époque Frêche est révolue. J’ai apporté la preuve que c’était possible avec Saurel puis Delafosse. On a fait la régie publique de l’eau avec les premiers m3 d’eau gratuits. Je souhaite une régie publique de l’énergie et baisser les tarifs.

    Pourquoi être opposé aux projets routiers du COM et du Lien ?

    R.R. : Je ne suis pas contre le Contournement ouest (COM) mais pour une 2 fois 2 voies (pas 4 voies), sinon c’est un statut autoroutier avec 90 ou 110 km/h, un aspirateur à voitures et à camions. Sur la Liaison d’évitement nord (Lien), on a perdu en Justice. J’avais proposé un autre tracé, balayé, qui ne passe pas à 200 mètres des maisons du Pradas. J’en prends acte et je demande au Département non pas une glissière mais un mur de 2 mètres pour l’isolation phonique.

    Vous travaillez avec Michaël Delafosse mais soutenez Nathalie Oziol. Est-ce conciliable ?

    R.R. : Je suis le suppléant de la députée Nathalie Oziol sur un mandat national. Je ne suis pas candidat à Montpellier. Je me réjouis que les Insoumis se présentent dans de nombreuses grandes villes. Ce sont mes amis mais je ne mènerai pas campagne excepté à Grabels avec un projet pour ma ville et la Métropole. Je tire trois points positifs du bilan de Michaël Delafosse : La gratuité des transports, celle de l’eau et le fait qu’on regarde enfin en face nos 110 000 tonnes de déchets. Je suis pour transformer Ametyst en chaudière CSR sans effet sur l’environnement et faire baisser la taxe d’ordures ménagères. Je regrette le manque d’efforts sur la construction de logements et je salue la recherche du consensus pour l’intérêt général.

    Comment empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir ?

    R.R. : L’exemple Mamdani parti de 1% et devenu maire de New York. Il faut une réponse populaire alternative crédible qui marque l’espoir. Si la gauche se rassemble sur une rupture écologique, sociale, populaire, démocratique, elle a des chances. Sinon elle explosera et sera balayée. La pénétration de l’extrême droite dans la société est telle qu’il faut une véritable insurrection électorale populaire.

  • Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, la Société générale, Ubisoft. En moins d’une semaine, ces grandes sociétés ont fait part de leur volonté de se séparer de milliers de salariés. Le premier coup est venu de Capgemini, le 20 janvier. Le géant français des services informatiques a annoncé vouloir supprimer 2 400 postes sur les 35 000 que compte l’Hexagone. L’Hérault, où l’entreprise compte deux sites, est concerné. Une décision justifiée, selon la direction, par une mauvaise conjoncture économique et un besoin de restructuration des métiers liés à l’IA. « Mais cette conjoncture n’empêche pas Capgemini de continuer à verser des dividendes, de réaliser près de deux milliards de dollars de bénéfices pour [1,6 milliard d’euros] un chiffre d’affaires à peu près constant autour de 20 milliards de dollars [16,7 MD d’euros] », précise Benjamin Girard, délégué syndical CGT chez Capgemini. Et même si l’activité marque le pas en France – le groupe a perdu 5% de son chiffre d’affaires au cours des neuf premiers mois de 2025 – « cette baisse a déjà compensé car l’an dernier, les effectifs ont été diminués de 5 % », reprend le syndicaliste. Ce plan social déguisé prendrait la forme d’une rupture conventionnelle collective. Sur la trentaine de sites en France, Montpellier ne devrait pas y échapper. « Sauf qu’aujourd’hui, on n’a aucune visibilité sur les postes concernés. Si jamais ils n’arrivent pas à trouver le nombre de volontaires suffisants, on ne sait pas ce qu’il va se passer. Ils nous parlent aussi de mobilité interne, ce qui induit des changements de situation personnelle importants. D’autant que si le salarié refuse, cela peut conduire à un licenciement », dénonce Benjamin Girard. Chez Capgemini, on attend l’ouverture des négociations le 5 février avant de se mobiliser. « Nos revendications sont claires : zéro suppression de postes », prévient Benjamin Girard. Le groupe semble préférer faire ses emplettes avec la milice ICE de Trump.

    10 février, grève chez Ubisoft

    Incertitude aussi pour les salariés d’Ubisoft, qui vient d’annoncer 200 licenciements ainsi qu’un plan d’économie de 200 millions d’euros d’ici les trois prochaines années. Si les 200 emplois concernent le siège social, domicilié au Val-de-Marne, « certaines personnes rattachées au siège travaillent dans d’autres studios, comme ici, à Montpellier. C’est pour eux une énorme inquiétude », se désole Clément Montigny, délégué syndical STJV chez Ubisoft Montpellier. Quant au plan d’économies – qui intervient après un premier plan de 300 millions d’euros depuis 2023- laisse également les salariés dans la panade. Six jeux vidéo ont d’ores et déjà été annulés et la direction veut revenir sur le télétravail, point de crispation qui avait déjà mené à une grève en 2024. « Avec le retour en présentiel, les gens vont payer pour venir travailler. Mais nos salaires n’augmentent pas, on risque de perdre encore plus de gens », craint Clément Montigny. Les syndicats appellent donc à un large mouvement de grève, du 10 au 12 février -un rassemblement est prévu le 10 à Montpellier. « Une grève internationale, des pays étrangers devraient se joindre au mouvement », indique Clément Montigny.

    La rue devrait donc devenir le théâtre de mouvements sociaux auxquels pourraient bien participer les salariés de la Société générale. Leur direction vient d’annoncer 1 800 licenciements d’ici 2027.

    2 204 défaillances d’entreprises dans l’Hérault et le Gard

    Selon la Banque de France, l’Hérault et le Gard connaissent de fortes défaillances d’entreprises [ne plus être en capacité de rembourser ses dettes, Ndlr]. Au 9 janvier, on dénombrait 1 515 défaillances de novembre 2024 à novembre 2025. Le Gard n’est guère mieux loti puisqu’entre octobre 2024 et octobre 2025, on dénombre 689 défaillances d’entreprises.

  • [Festival] Du rire et du vin pour réchauffer l’hiver dans l’Hérault

    [Festival] Du rire et du vin pour réchauffer l’hiver dans l’Hérault

    Durant trois week-ends d’affilée, du 30 janvier au 13 février, les Hivernales du rire et du vin sont de retour dans l’arrière-pays héraultais pour une 35e édition. Organisé par la communauté de communes des Avants-Monts, ce festival original marie, comme son nom l’indique, l’humour et la viticulture. Un beau programme pour réchauffer le cœur de l’hiver, « à une période où il y a très peu d’événements sur notre territoire, qui est plutôt touristique donc s’anime davantage aux beaux jours », explique Olivia Losse, responsable du service culturel de la communauté de communes des Avants-Monts.

    Murviel, Roujan et Laurens

    « Sur chaque commune où nous allons, on invite un vigneron qui y est domicilié à venir présenter ses vins. Le spectacle se déroule et à la fin de la représentation, nous organisons un moment convivial avec dégustation et rencontre avec les artistes et les vignerons », détaille Olivia Losse. « Notre but est que tout le monde puisse accéder à la culture, même en ruralité. On n’a pas de salle dédiée sur le territoire, donc on transforme les salles polyvalentes ou les salles des fêtes des différentes communes pour accueillir les spectacles, afin que les habitants s’y sentent comme dans un vrai théâtre. On favorise aussi l’accès à la culture en pratiquant des tarifs accessibles* », poursuit la responsable du service culturel.

    Pour cette édition 2026, quatre spectacles seront proposés dans trois communes différentes. Entre sketch, stand-up, danse et musique, le Montpelliérain Kevin Levy assurera l’ouverture du festival vendredi 30 janvier à Murviel-lès-Béziers avec son premier seul en scène, « Cocu ». « À la fois drôle et authentique, il séduit un public toujours plus large. Dans son spectacle en solo, il retrace la désillusion amoureuse et en profite pour croquer notre époque. »

    Le lendemain, toujours à Murviel-lès-Béziers, c’est « Madame Fraize » qui investira la salle multi-activités. « Clown lunaire à contre-courant des lois de l’humour et des diktats de l’efficacité, Monsieur Fraize est un personnage culte dans l’univers du one man show. Cette fois, il rend hommage à Madame, avec un spectacle délicieusement drôle et absurde. »

    Le week-end suivant, 6 février, cap sur Roujan avec Amor à mort, de la compagnie Boulègue Production. « Un spectacle d’humour noir cathartique, audacieux. Amor à mort, c’est une série de tableaux féroces, drôles, grinçants et résolument transgressifs sur des histoires d’amour. »

    Enfin, en clôture du festival le 13 février, Bernard Mabille, qu’on ne présente plus, se produira à Laurens avec « Loin des cons », « un spectacle incisif et intimiste démontant politiques et société avec humour et liberté. » Le tout en présence, à chaque représentation, des vignerons du territoire invités pour la soirée.

  • Occitanie : grandir sans perdre son âme, la recette Grabels

    Occitanie : grandir sans perdre son âme, la recette Grabels

    Une restauration solidaire bio avec trois tarifs en fonction de ses revenus (La Cantina). Une crèche avec une maison de la famille et de l’enfance. Une maternelle (Pierre-Soulages) et des logements sociaux arborés à taille humaine (Le Stradivarius). Au cœur du quartier moderne de la Valsière, l’ancien terrain vague devenu la place Pablo-Neruda est un condensé du projet de René Revol à Grabels. « Ça sent bon l’Amérique du Sud, ici ! », s’amuse l’élu Franck Fiandino face à la mairie de proximité Frida-Kahlo.

    Avant l’élection de René Revol en 2008, la Valsière comptait 2 400 habitants. Un « patchwork de propriétés privées sans même une boulangerie », se souvient l’ancien socialiste devenu Insoumis. Quatre mille Grabellois y vivent aujourd’hui avec services publics et commerces de proximité. Et ce n’est pas fini. Tout en stoppant l’étalement urbain – des terres de la plaine de l’Est ont été rachetées (dont une parcelle par la mairie) pour un projet agricole. La municipalité de gauche (si elle est reconduite) projette de transformer la place bétonnée du supermarché Lidl en une « esplanade marchande et conviviale » avec des « sols désimperméabilisés à 50% ». « On veut en finir avec le modèle de la ville SimCity qui cloisonnait le logement, l’emploi et les commerces », explique Franck Fiandino, adjoint aux finances et à la transition écologique.

    Continuer à grandir sans perdre son âme, ses valeurs, ses racines millénaires. C’est le challenge que s’est fixé René Revol dès son premier mandat. Ainsi dès 2015, à l’instar d’un cœur de village devenu trop étriqué, la mairie s’est déplacée près de la Poste. En ce lundi 26 janvier, le soleil illumine la place Jean-Jaurès accessible et qui n’attend que le printemps pour dévoiler son côté végétal. Sur le boulodrome aménagé, les pétanqueurs qui profitent de l’accalmie n’y prêtent plus attention mais tout est là. Le centre socio-culturel Gutenberg. Derrière le CCAS et une épicerie solidaire. Devant un parking gratuit (ça devient rare) et surtout le nouvel hôtel de Ville. Là encore, l’inscription « Maison commune » illustre la volonté de rendre service et d’accueillir tous les publics.

    Dans une société exaspérée qui parfois se radicalise, tolérance et solidarité ne vont pas de soi. Pas plus tard qu’en septembre 2025, le torrent d’insultes reçues par le maire – qui avait dressé le drapeau palestinien pour soutenir le peuple de Gaza massacré – rappelle que la fraternité et le vivre ensemble sont un enjeu quotidien pour les progressistes. En 2023 déjà, René Revol avait été pris à partie en marge d’une manifestation par un individu d’extrême droite.

    C’est par des réalisations concrètes que le maire LFI veut combattre la haine, le repli. La rénovation de l’école Delteil en est un bel exemple. Parvis réaménagé, récupération des eaux de pluie, bois, isolation phonique, thermique et assez de panneaux solaires pour rendre autonomes tous les bâtiments publics de la commune… Ce n’est pas un hasard si l’établissement qui accueille 400 élèves a obtenu la plus haute certification « bâtiment durable Occitanie or ». « L’été dernier, sans clim, la température est restée de 10 degrés inférieure à celle de dehors », insiste Franck Fiandino. Pour un total de 5 millions d’euros, l’école, dotée d’une cantine avec 100% de produits bio et en circuits courts, a été repensée pour valoriser le projet pédagogique. Dehors, des espaces de jeux conçus pour favoriser la mixité. Des lavabos extérieurs aux toilettes pour éviter le harcèlement entre enfants. Des nichoirs à oiseaux, des espaces verts aménagés pour tenir des cours en harmonie avec la nature et même un jardin pour apprendre à planter. « Cette école, c’est un bijou », lâche René Revol, fier du travail accompli.

    Les Granges rénovées

    À quelques pas de là dans le centre ancien, est en cours le vaste chantier de rénovation des Granges. À partir de ses arches de 1901, s’effectue la reconstruction de ce qui deviendra en octobre une salle de spectacles de 150 places labellisée jeune public. L’ancienne mairie attenante accueille déjà une bibliothèque pour tous, un gîte communal sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, la compagnie théâtrale internationale alligator (CIA). Et très bientôt, un café associatif poussé par la municipalité. Tisser du lien social, encore et toujours à l’instar du Calvaire religieux récupéré et devenu parc municipal.

    Depuis 18 ans Grabels poursuit sa mue en cherchant à rester à l’écoute de ses habitants. Devant les Granges, un membre de l’association La Dentellière croise René Revol. « Monsieur le maire, vous nous ferez un beau revêtement hein, qu’on puisse faire un loto sous les arbres ! ». Message reçu.

    Deux listes concurrentes divers droite se présentent. Elles sont conduites par Pascal Heymes
    et
    Régis Morvan.

  • Nouveau préavis de grève chez Beemob à Béziers

    Nouveau préavis de grève chez Beemob à Béziers

    À Béziers, le changement de gestionnaire du réseau de transports en commun, Beemob, semble avoir fait son lot de mécontents. Aussi bien les conducteurs que les usagers. En cause ? La restructuration du réseau – des horaires et des tracés ont été modifiés – lancée par le nouvel opérateur, RATP Dev, mais qui semble ne pas prendre en compte les réalités du terrain. « La vitesse commerciale des bus a augmenté, ce qui fait qu’il y a moins de temps de coupure pour les conducteurs en bout de ligne. Donc, ils ne peuvent pas tenir les horaires. Les usagers sont donc remontés et prennent à partie les conducteurs », explique Gilles Escarguel, représentant Unsa transport urbain. À cela s’ajoute un fort recours à des intérimaires. Le syndicat a donc déposé un préavis de grève du 22 janvier au 22 mars.

    Également dénoncée par l’Unsa, l’absence de revalorisation salariale en 2025. Face à la gronde qui montait, la direction a formulé plusieurs propositions, à savoir une revalorisation salariale de 1,5% et la signature d’un accord de substitution. Mais le compte n’y est pas pour l’Unsa, qui a décidé de poursuivre le mouvement. « L’accord proposé ne reprenait pas les règles du maintien de la mutuelle des salariés et nous demandions 2 % de revalorisation, ce qui n’a pas été accepté », poursuit Gilles Escarguel.

    Une grève soutenue ?

    Sauf que l’Unsa n’est plus le syndicat majoritaire de l’entreprise, la CGT ayant remporté les élections professionnelles avec 53% des voix en novembre 2023. Et les cégétistes ont eux signé l’accord avec la direction. « Nous sommes dans un dialogue social constructif, l’employeur a accepté d’augmenter nos salaires – Vectalia [l’ancien opérateur, Ndlr] est parti comme un voleur et avait refusé les NAO en 2025. Sur l’accord de substitution, la direction aurait pu essayer de nous enlever le 13e mois mais elle a décidé de rien nous faire perdre », soutient Mounir Youfsi, délégué CGT, reconnaissant néanmoins des « conducteurs en souffrance sur ces lignes », mais préférant attendre les nouvelles propositions de la direction, fin février. Ce n’est pas du goût de l’Unsa, qui prévoit d’amplifier le mouvement si rien ne se passe (le mouvement se concentre à une heure de grève le lundi, une autre le vendredi).

    Deux visions opposées, se traduisant également dans le soutien à la grève. Si l’Unsa avance le chiffre de 76% de grévistes, la CGT parle de… 10%. Après la lutte sociale, la bataille des chiffres ?