Tag: Hérault

  • Hérault : un festival documentaire pour les jeunes

    Hérault : un festival documentaire pour les jeunes

    Au programme, samedi 31 janvier :

    À 14h30, projection de « Escargots, le grand voyage du petit-gris », de Lucas Allain et Basile Gerbaud, (44 minutes, dès 7 ans.) Aux îles Féroé, un groupe de bébés escargots voit le jour. Depuis un sous-bois français jusqu’aux confins de l’Atlantique, ce documentaire remonte le fil de leur incroyable odyssée, en racontant la vie d’un petit-gris. Une épopée minuscule, pleine de drôlerie et de poésie.

    À 15h45 : « Esperança + atelier collectif » de Cécile Rousset, Jeanne Paturle et Benjamin Serrero, (6 minutes, dès 7 ans). Esperança, 15 ans, vient d’arriver d’Angola avec sa mère. À la gare d’Amiens, elles ne savent pas où dormir et cherchent quelqu’un qui pourrait les aider.

    – À 16h30 : « Dans la Légende », épisode 1 de Alexandre Pierrin, (30 minutes, dès 9 ans). Une plongée inédite dans le championnat français du jeu vidéo le plus joué au monde : La ligue française de League Of Legends (LFL).

    À 17h30 : « Bac à sable » de Charlotte Cherici et Lucas Azémar, (58 minutes, dès 11 ans). Dans la vraie vie, certains veulent devenir chirurgiens, d’autres policiers, ou chauffeurs de taxi. Il y en a qui rêvent d’amour, de bonne fortune ou de se faire une place de choix au sein de la cité. Dans ce territoire virtuel, dans cette ville californienne où l’on parle français, c’est pareil, on fait comme dans la vraie vie. La diffusion sera suivie d’un tournoi de jeu vidéo sur grand écran.

    Dimanche 1er février :

    À 11h : « Le renard qui a sauvé son île  », de Emma Baus, (52 minutes, dès 7 ans). Ce documentaire suit les renards de l’île de Santa Cruz, qui sont de véritables miraculés. En effet, au début des années 2000, leurs ancêtres ont frôlé l’extinction et ont failli disparaître à tout jamais. Leur destin étant intimement lié à celui de leur habitat, l’écosystème insulaire a alors été entièrement déstabilisé… jusqu’à ce qu’une opération de conservation majeure soit organisée, permettant au renard de prospérer à nouveau. La projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice.

    – À 14h : « Tardigrade » de Raphaël Hitier et Sally Blake (52 minutes, dès 8 ans). Populaire mais encore mystérieux, adorable et doté de superpouvoirs, le Tardigrade est une créature à part pour le grand public, mais aussi pour les scientifiques qui, depuis peu, se penchent sur les extraordinaires capacités de résistance de cette drôle de bestiole de la taille d’une tête d’épingle. La projection sera suivie d’un atelier d’observation au microscope avec des scientifiques spécialistes du Tardigrade.

    – À 16h30 : cérémonie de remise des prix.

  • [Quoi de neuf] Luis Pannier, Paola Cadenas et Aurora Sambrano : « Les Vénézuéliens veulent reconstruire leur pays »

    [Quoi de neuf] Luis Pannier, Paola Cadenas et Aurora Sambrano : « Les Vénézuéliens veulent reconstruire leur pays »

    Après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, au mépris du droit international, nos invités reviennent sur la situation au Venezuela.

    Louis Dupin : Dans quel état est le peuple vénézuélien ?

    Luis Pannier : Le peuple a été soumis à un fort exode. Effectivement, sur les 28 millions, on pense que 11 millions de Vénézuéliens ont fui le pays en 26 ans. Il y a effectivement des Vénézuéliens, qui se sont installés aux États-Unis, en Europe, depuis la mise en place de ce régime autocratique qui a appauvri, qui a détruit le pays. Pour certaines raisons dont le monde ne connaît pas, il faut aller là-bas pour voir ce qui se passe réellement. Dans un sondage réalisé du 6 au 11 janvier, où l’on demandait au peuple vénézuélien plusieurs questions concernant la situation de l’enlèvement. 92% remercient Trump d’avoir enlevé Maduro, d’extraire un dictateur. 14% pensent que les États-Unis contrôlent le Venezuela, 68% pensent que non et 17% n’ont pas d’opinion. 80% craignent d’être arrêté s’ils manifestent leur contentement ou qu’ils s’expriment publiquement contre le chavisme. 86% pensent que Maduro a été trahi par les autres chavistes de son gouvernement. Par rapport à cette idée de transition, 90% de la population vénézuélienne ne fait confiance à aucun dirigeant chaviste.

    Olivier Notale : En France, il y avait une vague d’admiration devant ce bolivarisme. Mais en allant sur place, on se rend compte qu’il y a un malaise…

    Paola Cadenas : En 2024, quand les élections ont été remportées avec beaucoup de difficultés, sans institutions, mais avec une organisation citoyenne admirable, épique. Il y a eu des manifestations de joie avec la victoire d’Edmundo Gonzalez. 2 000 personnes sont allées en prison à ce moment-là et on en parle trop peu, il y a des Françaises, des Français, des Américains, c’est impressionnant. Ils sont en train de libérer, il y en a encore 900. On parle de « portes tournantes » parce que quand 20 personnes sont libérées, 30 autres vont en prison. Des jeunes ont été incarcérés. Mon frère m’a envoyé par WhatsApp une photo de gardes de la police nationale, parfois cagoulés, qui peuvent t’arrêter. J’insiste, on n’est pas dans un débat politique ou idéologique. Au moment où il y avait le gouvernement de Chavez, on pouvait penser la gouvernance. Là, on a une organisation criminelle qui s’approprie le pays. Ce sont des petits mafieux.

    L.D. : Comment expliquer cette dérive de Maduro ?

    P.C. : Maduro a été désigné comme héritier de Chavez. Chavez l’a laissé au pouvoir. À partir de là, toutes les élections ont été contestées, pas reconnues par les organisations internationales. Il y a eu 17 tentatives de dialogue et de négociation pour arriver aux élections. Et à chaque fois, ils gagnaient du temps et volaient de l’argent. Il y a 176 lingots d’or que la Suisse vient de découvrir sur un compte personnel de Maduro. Il y a donc la géopolitique d’un côté, et
    tout ce qui est de l’organisation interne, comment les Vénézuéliens font pour survivre. Le salaire mensuel n’arrive pas à deux euros.

    O.N. : Cette transition -qui se met en place- sera longue ou le peuple vénézuélien va se prendre en charge ?

    Aurora Sambrano : On ne peut pas savoir parce qu’on commence par étapes. La première étape, c’est la libération des prisonniers politiques. C’est ce qui a été à peu près convenu avec les secteurs de position un peu influents, parce qu’il y a plusieurs oppositions au Venezuela. La majoritaire, c’est celle de María Corina Machado, mais il y en a d’autres. Il y a un consensus pour la libération des prisonniers politiques. C’est un début mais, pour l’instant, il y a que 160 qui ont été libérés et il en manque un millier. Et encore, certains prisonniers politiques ne sont pas recensés, et cetera. En même temps, il y a la mise à pied de certains de dirigeants en conflit avec les États-Unis.

    L.D. : On pense par exemple à Alexis Saab, proche de Maduro et ministre de l’Industrie, qui a été limogé récemment. Un signe de cette transition qui se déroule enfin par étapes ?

    A.S. : Oui mais c’est pour l’instant le seul, un prête-nom de Maduro, parce qu’il y en a, il y en a des vingtaines ou des trentaines. Il y a d’autres personnalités qui sont dans une liste, mais on n’en connaît pas tous les détails. Et c’est par ailleurs à cause de ça que Trump a menacé [la présidente par intérim] Delcy Rodirguez de connaître un sort pire que Maduro si elle ne fait pas les choses comme il faut.

    O.N. : Le peuple vénézuélien a décidé de se prendre en main. Pour autant, il n’y a pas de manifestations extraordinaires…

    P. C. : On ne veut pas être tué, on ne veut pas être la chair de chair à canon. Je pense qu’il y a une maturité politique et on les voit avec le calme qui a suivi le 3 janvier et l’enlèvement. Il y a beaucoup d’attention, on est attentif et on surveille ce qui se passe. Il y a une volonté de démocratie, d’aller voter.

    Avant, on faisait des manifestations et on voulait que tout se passe vite. Maintenant, j’entends les gens vouloir reconstruire leurs pays, être là pour reconstruire.

    C’est une joie énorme. On veut tous être tous réunis et il y a plein de gens qui veulent retourner dans leur pays, moi y compris.

  • Le milliardaire Mohed Altrad veut jouer son match retour à Montpellier

    Le milliardaire Mohed Altrad veut jouer son match retour à Montpellier

    Novice en politique en 2020, le milliardaire Mohed Altrad a échoué à devenir maire de Montpellier. Troisième avec 13,31% au premier tour (6 899 voix) et à la même place au second tour avec seulement 18,12% (9 226 voix), il a fini d’être plombé par son alliance opportuniste incomprise avec Alenka Doulain (proche des Insoumis) et l’humoriste Rémi Gaillard.

    Pas de quoi refroidir l’homme d’affaires qui jure avoir appris de ses « erreurs ». « Trébucher, tomber, me relever, c’est toute ma vie », a-t-il confié à ses 500 soutiens venus l’écouter au Dièze Warehouse. Parmi eux figuraient le sénateur Jean-Pierre Grand (parti Horizons d’Édouard Philippe), l’ex-secrétaire d’État macroniste Patricia Mirallès, le maire de Saint-Georges d’Orques Jean-François Audrin (Horizons). Des anciens compagnons de l’ancien maire Philippe Saurel également à l’instar de Stéphanie Jannin ou Annie Yague. Mais aussi le professeur Charles Sultan, fâché avec Michaël Delafosse. Sans oublier le fidèle Salim Jawari élu d’opposition. Actuel président de la commission des finances, celui-ci fustige « l’endettement multiplié par 5 de la Ville de Montpellier » et « l’écologie dogmatique financée par vos impôts » avec des plantations à « 435 000 euros l’arbre place de la Comédie ».

    Ultra-protégé avant sa montée sur scène, Mohed Altrad n’a lui aussi pas tardé à dégainer. « Montpellier est dirigée comme une section du PS. Je suis venu pour démanteler ce système et rendre Montpellier à ses habitants », prévient le patron du club de rugby (MHR) en conflit avec la municipalité au sujet du stade et de son projet de « village rugby ». Il projette de revoir les attributions de subventions aux associations pour « mettre fin au clientélisme ».

    Cantines gratuites

    et couvre-feu dès 22h

    Pour convaincre les curieux, il a d’abord recyclé sa parabole de « l’enfant du désert » parti de rien pour devenir richissime. Plutôt qu’un « politicien de plus » dont Montpellier dit-il n’a pas besoin, il se présente comme un « bâtisseur ». Fort de son succès dans les affaires, il promet – sans dire comment – de créer 30 000 emplois et de faire de Montpellier une « ville zéro chômeur », ce qui n’existe nulle part ailleurs.

    Au risque que cela déplaise à la frange droitière de son électorat, il souhaite doubler le nombre d’habitats sociaux et favoriser l’accession à la propriété après 15 ans. « Le logement social ne doit pas être une prison. » Pour transformer « l’une des villes de sa taille parmi les plus pauvres de France », Mohed Altrad entend « passer de la politique des discours à la politique des actes ».

    Procès en appel en 2026

    Jonglant avec les paradoxes, il critique le coût de la gratuité des transports – « Un jour quelqu’un devra payer la note » – mais n’y touchera pas puisqu’elle est appréciée. Il fustige la « Ville qui vit à crédit » mais promet « des cantines scolaires gratuites pour tous les enfants sans conditions ». Le tout sans hausse d’impôts. Acrobatique.

    Comme inspiré par Robert Ménard (extrême droite) à Béziers, Mohed Altrad prévoit « pour protéger » un couvre-feu dès 22h pour les mineurs de moins de 16 ans. « Traîner dans les rues à 12-14 ans, ce n’est pas la liberté, c’est l’abandon. » Il veut aussi créer une brigade municipale de propreté et un plan « anti-bouchons ». S’il est élu maire, celui qui n’a jamais mis un pied au conseil municipal avant de démissionner en 2024, jure d’abandonner le projet de chaudière CSR (Combustible solide de récupération) pour brûler les déchets. « Je ne veux pas de scandale sanitaire. Montpellier ne sera pas un énième cobaye. La santé des Montpelliérains ne se négocie pas. »

    À bientôt 78 ans, l’entrepreneur qui vise aussi la présidence de la Métropole de Montpellier, conclut son entrée en campagne sur une note populiste. « Je ne prendrai pas un centime. Mes indemnités seront reversées aux associations. » Quand on pèse plusieurs milliards d’euros, c’est plus simple. En revanche pas un mot sur sa condamnation en première instance pour « corruption active, trafic d’influence et abus de biens sociaux » dans l’affaire qui le lie à la Fédération française de rugby. En septembre 2026, les compteurs seront remis à zéro lors du procès en appel. Fin 2022, Mohed Altrad avait écopé de 18 mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité.

  • Serge Caro (CGT), nouveau président des Prud’hommes de Montpellier

    Serge Caro (CGT), nouveau président des Prud’hommes de Montpellier

    C’est une rentrée solennelle marquée par un départ regretté. Celui de Jean-Paul Luce, élu CGT au sein du collège salarié durant 27 ans, tour à tour président et vice-président de la juridiction, frappé par la limite de 5 mandats fixée par les nouvelles dispositions gouvernementales de 2023. Lesquelles imposent également une limite d’âge de 75 ans. « Des textes votés entre autres par des sénateurs dont je tairais, par pudeur, pour bon nombre d’entre eux, non seulement leur âge en fonction mais aussi leurs cumuls de mandats  », ironise, dans son discours de rentrée, Serge Caro (CGT), nouveau président du Conseil des prud’hommes de Montpellier. L’occasion de rendre hommage à la qualité du travail de son collègue, à l’unisson du président sortant issu du collège employeur, Yann Fortunato, qui a salué « l’engagement, le sens des responsabilités et la droiture » de Jean-Paul Luce.

    En cette année 2026, qui ouvre un nouveau mandat de 4 ans, Serge Caro, élu CGT issu des organismes sociaux, aujourd’hui à la retraite, prend donc la tête d’un Conseil des prud’hommes largement renouvelé, avec 52 nouveaux conseillers. 9 sièges sur les 166 que compte la juridiction n’ont toutefois pas été pourvus. Le nouveau président, fort de 17 ans d’ancienneté au sein de ce conseil, en a profité pour « déplorer les conséquences de l’augmentation du nombre de conseillers », passés, pour Montpellier, de 144 à 166 depuis 2023, « sans y affecter quelques moyens humains et matériels adéquats. Le résultat est que ça n’a contribué qu’à affaiblir considérablement l’expérience de chaque conseiller, siégeant bien moins en audiences et du coup, réduisant de fait bon nombre de rédactions de jugements. »

    Une explosion des affaires

    Pour autant, le Conseil peut s’enorgueillir, pour 2025, d’une diminution des délais de traitement. La durée moyenne d’une procédure est de 18,2 mois contre 18,8 mois en 2024, et de 42,8 mois lorsqu’elle fait l’objet d’un départage (recours à un magistrat professionnel lorsque les 4 conseillers ne tombent pas d’accord), contre 52,4 mois en 2024.

    L’année écoulée s’illustre par ailleurs par une forte augmentation de son activité (les licenciements représentant l’immense majorité des contentieux) : avec 1 996 affaires nouvelles (référés compris) entre 2024 et 2025, le Conseil des Prud’hommes enregistre une progression de 18,25%. Une hausse continue depuis 2022. Malgré cette augmentation, la juridiction parvient à maîtriser son stock, avec 2 573 affaires en cours de traitement (contre 2 407 en 2024) et 1 825 affaires terminées (une centaine de plus qu’en 2024). À noter également que le taux d’appel au fond devant la chambre sociale est en baisse (24,1% en 2025 contre 26,6% en 2024), très loin d’une moyenne nationale autour de 60%. « Le conseil rend des décisions justes et comprises
    par les parties
     », se félicite le président sortant Yann Fortunato.

    Au vu de ces résultats, la juridiction, qui souffre notamment « d’un déficit structurel de personnels de greffe », comme le souligne Serge Caro, a bien du mérite. « Comment peut-on imaginer que l’on préfère indemniser des préjudices liés au dysfonctionnement de la justice au lieu de recruter du personnel qualifié, indispensable et nécessaire à notre juridiction ? », interroge le nouveau président à l’intention de l’État. Il pointe également les dérives du fameux barème Macron imposé à la juridiction prud’homale : « Les plafonds indemnitaires ne répondent absolument pas à la réparation du préjudice réellement vécu. »

  • Les plans de la gauche pour sortir Lunel de la précarité

    Les plans de la gauche pour sortir Lunel de la précarité

    Contrairement aux candidats se réclamant du courant socialiste dispersés sur les listes de la maire candidate Paulette Gougeon, de Stéphane Dalle, l’ex-adjoint de l’édile Pierre Soujol décédé en juin 2025 ou de Stéphane Muscat, ex-directeur de cabinet de l’ancien maire Claude Arnaud (divers droite), écologistes, insoumis et communistes ne se réclament pas de la majorité sortante. « Ça ressemble à l’après De Gaulle. Tous se revendiquent héritiers de Pierre Soujol et se tapent dessus », s’amuse l’écologiste Lise Florès. « À droite, c’est le bal des hypocrites, ils se trahissent les uns les autres », confirme l’Insoumis Bruno Gagne qui se méfie aussi de l’extrême droite qui pourrait être incarnée par Antony Belin ou Julia Plane et Thierry Razigade.

    Pour l’heure les têtes de listes de « Lunel collectif » (Lise Florès) et de « l’Union populaire Lunel, fière et solidaire » (Bruno Gagne) tracent chacun leur route. Mais un rapprochement est à l’étude, au moins dans l’entre deux-tours. « Nos portes sont grandes ouvertes. Les écologistes ne sont pas nos adversaires, faisons chacun le maximum », pose le cégétiste. « Une union est envisageable pour nous, y compris avant le 1er tour », confirme la fonctionnaire cadre territorial.

    D’ici là, chacun avance ses propositions pour redonner un élan à la 5e ville de l’Hérault (26 600 habitants) située au cœur de la vallée du Vidourle, aux portes de la petite Camargue. Une ville forte de ses traditions (bouvine) et riche de son histoire romaine mais aujourd’hui pauvre, abîmée et prise en étau entre Nîmes et Montpellier.

    Le PCF a fait le choix de rejoindre LFI qui « assume son étiquette de gauche et veut transformer les choses », insiste François Got. Le communiste veut profiter de l’immobilier libéré par le projet de nouvelle caserne au mas de Fourques et du déplacement de l’accueil 3e âge vers la clinique pour imaginer de « nouveaux logements et des crèches ». Il souhaite aussi « s’attaquer aux marchands de sommeil » et construire des logements sociaux (1 430 familles en attente). Bruno Gagne ajoute le besoin « d’attributions transparentes, d’encadrement des loyers et de contrôles sur la salubrité des logements en location ».

    Du côté de la liste d’union citoyenne de la gauche et des écologistes, Lise Florès veut privilégier la « densification ». « L’étalement urbain pour faire venir des entreprises, c’est comme la stratégie du ruissellement, ça ne marche pas. » Pour créer de l’emploi, l’écologiste préfère « partir des besoins » et cibler « les métiers en tension » (agriculture, services à la personne, rénovation énergétique…). Comme Bruno Gagne qui vise « les circuits courts, les produits locaux », veut des « cuisines centrales municipales » et « les premiers m3 d’eau gratuits », Lise Florès souhaite créer des « régies publiques » dans des fermes (insertion, bio), pour le service à la personne, pour la culture (école de musique) ou le social.

    Persuadée que « le tout sécuritaire est voué à l’échec », l’écolo prône la prévention via des « médiateurs » de quartiers. Bruno Gagne insiste aussi sur la nécessité de « redonner le pouvoir aux habitants ». L’Insoumis promet des conseils de quartiers dès 16 ans, un budget participatif et des votations citoyennes (RIC) sur les sujets majeurs comme la déviation Sud de la route nationale (RN) 113. « Il y a trop de bouchons, de bruit, de pollution. Nous allons réétudier toutes les options ». Pour « protéger les terres agricoles », Lise Florès est plus catégorique. « La déviation est un faux nez qui ne réglera pas le problème. Il faut des mini-bus inter-quartiers, des pistes cyclables et des espaces piétons. » Une manière de dire que la grande rénovation entreprise au centre-ville de Lunel n’est pas suffisante.

  • Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Depuis 2018, Parcoursup est présenté comme un outil au service de l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur. La plateforme centralise, organise et affecte les vœux des candidats, qui peuvent en formuler jusqu’à dix.

    Près de 14 000 licences sont proposées sur un total d’environ 25 000 formations. Comme l’explique Nagui Bechichi, économiste de l’éducation rattaché à l’Institut des politiques publiques et cofondateur de l’outil en ligne gratuit SupTracker. « Il y a de la place pour tout le monde, mais pas nécessairement au même endroit. » Les chiffres le confirment : en 2025, 18% des lycéens ont dû recourir à la phase complémentaire, faute de places dans les filières en tension.

    Critères de sélection

    Mais comment la machine classe-t-elle un million de candidats ? Chaque formation dispose de sa propre « recette » pour classer les dossiers, aidée par un algorithme. C’est sur la base de ce classement pédagogique que les propositions d’admission sont ensuite envoyées aux candidats. Sur Parcoursup, les établissements s’appuient généralement sur plusieurs critères : les résultats scolaires de première et de terminale, l’avis du lycée, et la fiche Avenir. Remplie lors du conseil de classe du deuxième trimestre, cette dernière indique si les vœux formulés sont en adéquation avec le profil du candidat. Les rubriques « projet de formation motivé » et « activités et centres d’intérêt » permettent également d’évaluer cette adéquation entre les vœux et le projet de l’élève et sont très importantes.

    Une sélection contestée

    Plusieurs élèves pointent un manque de concertation et d’information à ce sujet. « On ne parle pas du tout de ça en cours », rétorque Samia, lycéenne en ST2S à Montpellier. Avant même l’ouverture de la phase d’admission, les règles du jeu sont posées. Les rectorats imposent aux établissements plusieurs critères qui pèsent directement sur l’accès aux formations. Un taux minimal de boursiers, d’abord. Les élèves bénéficiant d’une bourse de lycée plus sélective que celle du supérieur sont favorisés sur Parcoursup. Un taux maximal de non-résidents, ensuite. La proximité géographique est privilégiée. À dossier équivalent, un candidat hors académie part avec un handicap. Résultat : un candidat moins bien classé peut être appelé avant un autre pourtant mieux noté, simplement pour respecter ces taux.

    Les établissements établissent bien un classement pédagogique. Mais l’ordre d’appel final, lui, propose une autre lecture. Une critique portée également par le Scum (Syndicat de combat universitaire de Montpellier). « Pourquoi est-on sélectionné, et sur quelle base ? » Pour le syndicat, cette sélection repose sur des inégalités systémiques, économiques et culturelles, une logique qu’il qualifie de « sociale et raciste ». Selon le Scum, si cette sélection existe, c’est avant tout parce qu’il n’y a pas assez de places et que les universités ne disposent pas des moyens nécessaires pour en créer davantage. Malgré 25 000 formations, les universités, sous-dotées (environ 10 500 euros par étudiant), réduisent parfois leurs places en L1 de 5 à 10% faute de moyens, un contraste avec le discours « place pour tous ».

  • Article

    Article

    Gérard Paquet
    Cofondateur

    de Châteauvallon

    « J’ai été moi-même confronté à l’extrême droite lorsque Jean-Marie Le Chevalier a été élu maire de Toulon. J’avais d’ailleurs clairement exprimé ma position en disant que je ne travaillerais pas avec la Ville dans ces conditions. Ça avait valu mon exclusion de Châteauvallon, favorisée par le préfet de l’époque. La culture est plus nécessaire que jamais et l’extrême droite n’a aucun projet en ce sens. Sa vision du monde est détestable. Toulon doit prôner cette ouverture : sur la mer, sur le port, sur le monde. Cela pourrait amener une politique intéressante, de niveau international. » L.Pi.

  • Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Coup de tonnerre sur les bancs de l’Assemblée nationale, le 14 janvier. Alors que la veille, les députés votaient pour une revalorisation de la Dotation globale de fonctionnement (DGF), un amendement déposé par le Rassemblement national (RN) et ses alliés ciottistes – prévoyant de réduire de 4,9 milliards d’euros la DGF – a été adopté. Pour cause, la faible présence de députés dans l’hémicycle (57 voix pour et 47 contre). Le RN a pu compter sur la docilité des députés gardois et héraultais puisque Stéphanie Galzy (RN, 5e circo de l’Hérault) et Yoann Gillet (RN, 1ère circo du Gard) ont voté pour le texte.

    Une mesure justifiée par le fait de lutter contre « le millefeuille territorial français […] source d’une véritable gabegie pour les finances publiques ». Dans le viseur, les Régions et les Établissements publics de coopérations intercommunales (EPCI) – on retrouve notamment les Communautés de communes, d’Agglomération ou encore les Métropoles. Une victoire pour le groupe présidé par Marine Le Pen, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy fanfaronnait même « les autres partis blablatent et dépensent à tout va, le RN vote 5 milliards de dépenses en moins » sur son réseau X.

    Augmenter les impôts ?

    Pourtant, ces EPCI sont importants pour la vie locale. Ils permettent d’élaborer des projets d’aménagement, d’urbanisme que seule la Commune ne pourrait tenir. De plus, ceux-ci rendent possible la gestion commune de compétences telles que le ramassage des ordures ménagères, l’assainissement, les transports en commun. D’autres vont même plus loin en mettant en commun des compétences facultatives. À l’instar de la Communauté de communes de Cèze-Cévennes. « Nous exerçons ensemble la politique culturelle et celle concernant l’enfance-jeunesse. Ce sont des choix politiques forts. Nous gardons le même niveau d’engagement cette année car c’est important. Mais demain, si on a des recettes qui diminuent, on ne pourra pas garder ce même niveau d’engagement », soupire Olivier Martin, président de Cèze-Cévennes et maire de Gagnières.

    Et ainsi de se retrouver avec le dilemme entre une baisse des services publics – déjà mis à mal par le désengagement de l’État, notamment en ruralité – ou augmenter les impôts locaux, au risque de se mettre à dos ses propres administrés. Dans les deux cas, les citoyens sont les grands perdants de cette combine de l’extrême droite. Si le recours à l’article 49-3 par Sébastien Lecornu pour adopter le budget – le soutien du PS au gouvernement semble éloigner le risque de censure – a permis de ne pas retenir l’amendement décrié, l’affaire montre le vrai visage de l’extrême droite, qui, une fois au pouvoir, aura les mains libres pour mettre à mal les services de proximité.

  • M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    Une conférence de presse en début de semaine et un premier meeting jeudi 22 au Rockstore, situé avenue de Verdun à Montpellier. S’il a « pris le temps de la réflexion en famille » pour dire qu’il brigue un second mandat, Michaël Delafosse s’est lancé au sprint dans une campagne éclair qu’il espère « digne »« Je n’entrerai pas dans les polémiques » – contrairement à celle de 2020 où il avait dû aller voter sous protection policière. « Je participerai aux débats. », met au clair le maire socialiste sortant. Confiant mais concentré. « Si on écoute les sondages, c’est plié, ce n’est pas sérieux. J’ai gagné une campagne où je n’étais pas favori. Je vais rencontrer les gens. »

    Au-delà des réunions publiques, il dévoilera chaque lundi une thématique de son programme. Si son premier mandat a été celui du « rattrapage », notamment autour de la 5e ligne d’un tramway devenu gratuit comme promis, le second mandat doit être celui de la « transformation » de la 7e ville de France. Sachant que la ville en chantiers a généré des nuisances et demandé des sacrifices aux Montpelliérains, il se veut rassurant. « J’ai assumé de faire deux mandats en un, j’ai absorbé la dette grise des réseaux qui fuyaient. Il n’y aura pas une telle phase de travaux avant 25 ans », promet-il jouant la carte de « l’apaisement ».

    Priorité aux déplacements…

    Pour autant, maintenant qu’elle est réveillée, Montpellier doit être « transformée ». « Je veux une ville plus solidaire, écologiste et innovante. J’ai un cap pour Montpellier », assure M. Delafosse s’inscrivant ainsi dans les pas de son mentor, le bâtisseur Georges Frêche. Tandis que la croissance démographique reste exponentielle, il prévient : « Montpellier ne peut pas accueillir tous les habitants. Il faut mieux répartir cette croissance. » Grâce au travail partenarial engagé auprès des intercommunalités voisines, le maire président souhaite « faire sortir le tramway des frontières de la métropole ». Au Sud notamment. Ce qui laisse supposer non « pas une 6e ligne de tramway » (trop coûteuse) mais une extension vers l’aéroport ou bien un terminus de la ligne 3 à la mer. Le tout complété par les 4 lignes de bustram à finaliser. Après le vélo, il souhaite réaménager les trottoirs pour les piétons, les places, rénover les écoles, désimperméabiliser. Comme l’avenue de Toulouse, qui va s’ouvrir sur le parc Montcalm, une « percée  » sera réalisée autour du Polygone pour « relier le centre historique à la ville contemporaine » (Zac R. Bofill à Antigone).

    … et à l’emploi

    Côté économie, M. Delafosse compte créer 30 000 emplois. Là encore, si la Medvallée ou le quartier Cambacérès près de la gare TGV seront un « moteur », l’activité devra être répartie. « Je ne me résigne pas face au chômage des jeunes. » Pour les seniors, il prévoie un « plan anti-solitude ». Le logement sera un autre fil rouge. En parallèle de la rénovation urbaine menée avec l’État (Mosson, Cévennes, Saint-Martin…), et dans la lignée des premiers dispositifs destinés à lutter contre les marchands de sommeil (encadrement des loyers, permis de louer…), le maire veut « aider à devenir propriétaire ». Il mise sur le « Bail réel solidaire (BRS) », qui permet d’acheter les murs à moindre coût et de payer une redevance pour la location du terrain.

    Pour limiter les embouteillages, il compte, outre la 5e ligne et les aménagements, sur le Contournement routier ouest (COM). Il assume son choix de transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR pour brûler les déchets dans le quartier Tournezy. « Si certains veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où. » Sur le plan de la sécurité, il reste ferme également suite à son arrêté sur les épiceries de nuit dont certaines sont, dit-il, « le visage du narcotrafic ». Il prend un peu plus ses distances avec Nathalie Oziol (LFI) qui veut « désarmer la police et éteindre les caméras » ou avec Mohed Altrad. « C’est emblématique de ces milliardaires comme Musk ou Bolloré qui viennent s’ingérer dans la démocratie sans en respecter les règles ni les valeurs ». Soutenu par 8 partis politiques de gauche et des membres de la société civile (lire ci-après), M. Delafosse promet de rester droit dans ses bottes. Sans alliance de la carpe et du lapin. « Ma liste du premier tour sera celle du second tour ». Elle sera dévoilée prochainement.

  • Dry January, pour « interroger ses habitudes »

    Dry January, pour « interroger ses habitudes »

    La Marseillaise : Un mois sans alcool peut-il réellement changer une habitude bien installée ?

    Hélène Donnadieu : Aujourd’hui qu’on entend enfin parler des prises de risque et de la consommation excessive, ça a une vertu pédagogique globale. À un moment donné, ça fera sens pour tout un chacun. On teste cette opération dans un pays où il y a une forte consommation et un manque d’éducation autour du « bien boire ».

    C’est essentiellement pédagogique et expérimental pour les personnes qui souhaitent le faire. Cela leur permet de s’interroger sur leurs habitudes, d’adopter une attitude très autocentrée. Il faut que chacun se positionne par rapport à lui-même, par rapport à sa propre consommation d’alcool.

    Le Dry January permet-il une prise de conscience durable, ou limite-t-il la réflexion sur l’alcool à un seul mois de l’année ?

    H. D. : Le Dry January permet d’être en capacité de dire non, dans un contexte où l’alcool reste fortement stigmatisant. On est confronté à de nombreuses formes de stigmatisation : une femme à qui l’on demande si elle est enceinte ou sous traitement parce qu’elle ne boit pas, un homme dont on questionne la normalité parce qu’il refuse un verre… Dans ce cadre, le Dry January peut devenir une forme de caution morale : il autorise à dire « je prends soin de moi », quelle qu’en soit la raison. Il existe différentes typologies de pression sociale autour de l’alcool. Le Dry January est alors un outil d’accession, un temps d’expérimentation de nos compétences psychosociales. Ce n’est qu’un exercice personnel sur un mois, mais c’est un travail indispensable pour apprendre à prendre soin de soi.

    Si une personne qui boit régulièrement se lance dans le Dry January, que lui conseillez-vous pour que cela ait un impact au-delà d’un mois ?

    H. D. : Il s’agit avant tout de faire, au quotidien, le constat des bénéfices liés au fait de consommer ou de ne pas consommer d’alcool. De repérer le plaisir que l’on peut éprouver à expérimenter des boissons non alcoolisées, et d’observer les effets positifs que cela apporte, afin de pouvoir prolonger ces changements dans le temps. La majorité des personnes savent ce qui leur fait du bien.

    Prendre conscience des effets bénéfiques du fait de ne pas être dans l’excès, dans les rituels ou dans les habitudes est essentiel. On peut faire confiance aux individus pour reconnaître et comprendre ce qui leur est bénéfique.