Tag: Hérault

  • [Divergence] « Le grand Costa-Gavras a accepté de venir à Pézenas »

    [Divergence] « Le grand Costa-Gavras a accepté de venir à Pézenas »

    La Marseillaise, en partenariat avec radio Divergence (DAB+ et divergence-fm.org) participe à l’émission politico-sociétale « Quoi de neuf ? » . Cette semaine,
    notre invité est Paul Worms. Il représente l’équipe du festival Rencontre Cinéma de Pézenas.

    C’est un des rendez-vous majeur du 7e art dans l’Hérault, avec Cinemed : la 63e édition du festival Rencontre Cinéma de Pézenas*, organisée par la Fédération des Ciné-Clubs de la Méditerranée (FCCM), se déroule du 20 au 26 février. Un événement. Cette année, le pays mis au premier plan est la Grèce, au cinéma aussi riche que hélas trop méconnu. L’invité d’honneur est le grand réalisateur franco-grec, Costa-Gavras. Paul Worms, une des chevilles ouvrières de ce festival nous en dévoile les temps forts et le sens.

    Françoise Verna : Vous avez choisi de mettre en lumière, je cite, « la diversité et la vitalité du cinéma grec ». Pourquoi ce choix ?

    Paul Worms : Depuis presque 30 ans, on a un fil rouge pour chaque rencontre qui est un pays et le cinéma de ce pays. On a couvert presque tous les pays importants du cinéma dans le monde. Comme l’an dernier, nous étions en Asie avec la Corée, nous avons décidé de revenir en Europe cette année. Après débat, on a décidé que finalement le cinéma grec était très riche mais aussi très peu connu. On a quelques têtes de gondoles connues en France, quelques rares films quelques rares réalisateurs. Je ne vous cache pas qu’on a eu quelques soucis pour récupérer certains films. Pour programmer 26 films, il a fallu que l’on en visionne le double !

    Françoise Verna : Parlez-nous des lieux où se déroulent projections et débats à Pézenas ?

    Paul Worms :Les deux lieux sont le cinéma Le Molière et puis, à 100 mètres, il y a le Théâtre de Pézenas, une petite merveille de théâtre à l’italienne dans lequel on installe écran et projecteur. Cela permet aussi d’avoir des débats. Les spectateurs peuvent aller d’une salle à l’autre très facilement.

    Olivier Nottale :Il y a cette notion d’échanges et de débat, de rencontres. C’est important pour vous ?

    Paul Worms : Dans notre ADN il y a deux choses auxquelles nous tenons beaucoup. Il y a cette notion de rencontre avec un cinéma, avec des professionnels du cinéma, entre les spectateurs. La deuxième chose c’est la notion de découverte. On veut vraiment que nos spectateurs viennent pour découvrir des films nouveaux. La majorité des films sont peu connus et nous voulons que les gens sortent de cette Rencontre Cinéma de Pézenas en ayant découvert plein de choses. Chaque film est présenté par au moins une personne de notre équipe mais en général par une ou un invité.e qui est spécialisé dans le cinéma ou le film en question. L’idéal, c’est d’avoir des cinéastes Cette année on estime faire un grand coup avec la venue du grand Costa-Gavras !

    Olivier Nottale :
    Oui Costa-Gavras est l’invité d’honneur de cette 63e édition. C’est une volonté de faire connaître son œuvre aux nouvelles générations ?

    Paul Worms : Il a accepté de venir, il a 93 ans. C’est un monument du cinéma. Son film Z parle de la dictature des colonels en Grèce dans les années 60-70 et c’est l’histoire de l’assassinat d’un opposant. C’est une fiction mais aujourd’hui on appellerait cela un « docu fiction ». C’est le cas de beaucoup de ses films. Nous allons passer Missing qui se déroule en Amérique du Sud et là c’est malheureusement d’actualité. On ne le diffuse pas mais il a réalisé et il a été célèbre aussi pour L’aveu sur les dérives du système soviétique. On va proposer aussi un de ses derniers films, Adults in the room qui parle de la fameuse crise économique de 2005 où la Grèce a été mise sous tutelle du Fonds monétaire international.

    Françoise Verna : Costa-Gavras sera accompagné par le journaliste Edwy Plenel…

    Paul Worms : Nous sommes très heureux de sa présence. Nous ne pouvons diffuser l’ensemble de la série documentaire qu’il a consacrée à Costa Gavras mais nous projetterons les deux premières parties. La première étant consacrée au film Z. Edwy Plenel va nous apporter beaucoup pour comprendre Costa-Gavras.

    Olivier Nottale : Parlez-nous des autres sections du festival, notamment, une nouvelle intitulée « Regard féminin ». Pourquoi cette nouveauté ?

    Paul Worms : C’est une section qui va être pérennisée non seulement parce que nous avons beaucoup de femmes dans notre équipe mais aussi parce que depuis quelques années des spectatrices nous disaient « c’est bien votre programmation mais il n’y a pas beaucoup de réalisatrices. vous n’invitez pas beaucoup de femmes… » Nous avions fait des efforts mais sans vraiment le matérialiser et nous avons donc décidé de créer, cette année, cette section avec trois invitées, six ou sept films.

    Nous avons aussi la venue de Véronique Le Bris, écrivaine, journaliste et qui a souhaité aussi programmer des films. Elle a une carte blanche avec notamment la programmation d’un film d’une cinéaste, Ida Lupino, une des pionnières du cinéma américain dans les années 1950. Elle est dans la lignée des femmes qui ont fait le cinéma féminin. Nous aurons aussi la venue d’Hélène Merlin qui vient nous présenter son dernier film Cassandre. Et la merveilleuse Marielle Issartel qui a co-réalisé avec son compagnon, Charles Belmont, Histoires d’A, en 1973, sur l’avortement. Film censuré mais qui a eu un grand succès grâce au bouche-à-oreille.

    Recueilli par F.V.

    *Programme sur le site RencontreCinemaPezenas.com

  • À l’espace Bagouet de Montpellier, les maux brodés des femmes exilées

    À l’espace Bagouet de Montpellier, les maux brodés des femmes exilées

    C’est une exposition qui lie l’art, l’actualité et des témoignages de vie de femmes exilées rencontrées à Montpellier. « Une œuvre engagée à forte dimension sociale et inclusive, qui invite à considérer l’immigration sous l’angle de l’humain et dans sa dimension individuelle en même temps que collective », explique Christine Masduraud.

    Cette artiste montpelliéraine, à l’origine du projet « Là où commence la mue », développe depuis 2010 une pratique artistique consacrée au textile, en particulier à la broderie, dont elle révèle le potentiel relationnel, esthétique et politique. « J’avais envie, pour ma prochaine exposition, de donner la parole à des personnes qu’on n’a pas l’habitude d’entendre. Ça m’intéressait de travailler avec des femmes en situation d’exil. Je me suis donc tournée vers les centres d’accueil de demandeurs d’asile ainsi que vers différentes associations et j’ai proposé des ateliers hebdomadaires de création d’art textile et de broderie », explique celle qui est également psychanalyste.

    « Le geste de broder
    est un geste réparateur »

    « Du fait de cette double activité, j’ai l’habitude de recueillir les paroles en individuel, mais j’ai trouvé intéressant de m’ouvrir au collectif », confie-t-elle.

    « Initialement je voulais proposer à ces femmes de broder leurs rêves, mais ce sont des personnes confrontées à des situations matérielles tellement difficiles qu’elles ne sont pas dans un imaginaire facile. Elles ont finalement brodé des choses simples, selon la disponibilité de chacune ». Leur nom, un paysage, un message : « Je viens de Turquie, j’étais professeure d’arts plastiques, j’ai quitté mon pays parce que Erdoğan voulait me mettre en prison. » « Je les incite, dans la mesure du possible, à dire des choses personnelles. Parfois ce n’est pas possible, certaines brodent juste les montagnes du Caucase ou une petite fleur. Je tenais à donner à voir la fragilité de ces femmes et donc la fragilité du travail. »

    À travers des symboles textiles, des portraits et des cartes géographiques brodés, le visiteur pénètre dans des récits de vie singuliers : ceux des femmes contraintes, pour diverses raisons, de quitter leur pays natal pour des nouvelles destinations. Elles viennent de Colombie, du Venezuela, de Géorgie, d’Afghanistan, du Soudan, du Tchad… « Ce sont des personnes qui ne se connaissaient pas mais qui ont eu plaisir à se retrouver », assure Christine Masduraud.

    En regard des créations de ces femmes, l’artiste expose des œuvres personnelles, inspirées par cette expérience et ces rencontres. L’exposition compte également « une grande mappemonde brodée collectivement, revisitée par l’apport de l’univers de chacune », ainsi qu’une bande-son, certaines femmes ayant accepté de prendre la parole.

    « Là où commence la mue », c’est l’idée d’une transformation : « Je pense que chaque femme qui arrive avec son histoire se laisse imprégner de la culture d’ici, de la culture de l’autre, de même que j’ai été moi aussi énormément enseignée par ces femmes. Dans cette porosité, on se transforme. J’espère que mon atelier est une sorte de cocon qui permet tout doucement cette transformation, cette ouverture à l’autre dans une écoute et un faire ensemble », confie l‘artiste. « Le geste de broder est un geste extrêmement réparateur, toutes le disent. »

  • Montpellier ouvre son centre d’art dédié à la petite enfance

    Montpellier ouvre son centre d’art dédié à la petite enfance

    Après Clermont-Ferrand, Montpellier devient la deuxième ville française à installer l’art contemporain dans le quotidien des tout-petits. Mille Formes est un projet porté depuis des années par la municipalité de Michaël Delafosse, en partenariat avec le Centre Pompidou à Paris.

    Dans un espace de 1 000 m², la structure propose un terrain d’exploration. Avant même de savoir lire, l’enfant expérimente le monde par les sens. Pour ce faire, les marches d’escalier sont adaptées à la taille des petits. Les sièges, les estrades, les modules d’assise sont également pensés à hauteur d’enfant. L’architecture en elle-même devient pédagogique. Montpellier a décidé de parier sur l’intelligence sensible de ses enfants. Dans un monde saturé d’écrans et de stimulations passives, proposer un lieu où l’on touche la matière réelle, où l’on s’émerveille au gré des couleurs et des sons, relève presque d’un acte militant.

    Dès l’entrée, on est immergé dans des espaces colorés, emplis de matières, de volumes et de créations diverses. La prouesse technique n’était pas mince, souligne l’architecte plasticienne Sara de Gouy : « Réaménager un bâtiment existant, sur deux étages, avec des contraintes fortes telles que les normes de sécurité, la circulation verticale, la présence d’un toboggan intégré à l’architecture. Il fallait adapter sans brider. »

    Un laboratoire culturel

    Elle explique également que la scénographie de ce lieu est conçue comme une œuvre immersive à part entière, où se greffent les différentes propositions. Au premier étage, en plus du coin lecture, une galerie accueille des projets artistiques immersifs, conçus en collaboration régulière avec des artistes. « Imaginer un projet pour les 0-6 ans, c’est un sacré défi pour les artistes », souligne Lydie Marchie, directrice du centre. « Ils sortent de leur zone de confort. Ils ne font pas un projet de médiation, ils imaginent un véritable projet artistique. Il faut garder cette exigence, parce que les enfants adorent la difficulté, quand ce n’est pas simple ».

    La structure peut accueillir jusqu’à 200 personnes simultanément. Pour cela, elle compte sur une équipe diversifiée de 16 personnes. Éducateurs, médiateurs culturels, artistes, spécialistes de la petite enfance travaillent en réseau. « L’idée n’est pas d’empiler les expertises, mais de les croiser  », explique la directrice. Mille Formes se veut également un lieu de référence en matière de culture et petite enfance. La formation est au cœur de ses missions. Des étudiantes de la faculté d’éducation participent chaque semaine à un projet de tutorat. Depuis septembre, une apprentie en BPJEPS a rejoint l’équipe. « Être référents en matière de culture et petite enfance fait partie de nos missions », précise la directrice. « La question de l’apprentissage est au cœur de nos pratiques. » Le lieu devient aussi un laboratoire pédagogique.

    « Investir dans un centre d’art pour la petite enfance, c’est affirmer que la culture n’est pas un supplément d’âme, c’est un socle », a rappelé le maire de la ville, Michaël Delafosse, présent lors de l’inauguration. En clair, Mille Formes n’est pas un équipement culturel de plus. C’est un outil de politique publique. Gratuit et ouvert à tous, ce lieu affiche une ambition claire d’égalité d’accès. Mais la gratuité ne suffit pas à elle seule à toucher les familles les plus éloignées de l’offre culturelle.

    Lydie Marchie le reconnaît, « depuis trois ans, une programmation “hors les murs” a été mise en place, bien avant l’ouverture officielle. On a vu que ça marchait très bien l’an dernier. On va continuer à faire du hors les murs, à aller vers les gens, à partir de la fin du printemps. L’idée, c’est d’aller à leur rencontre, petit à petit.  » En ce sens, le centre, situé au pied des Échelles de la Ville dans les anciens locaux de la médiathèque Fellini, est une petite révolution.

    Du mercredi au dimanche,
    de 10h à 18h.
    Fermé les lundis et mardis.

  • Alimentation solidaire : le pari de la « Superluette » à Montpellier

    Alimentation solidaire : le pari de la « Superluette » à Montpellier

    Fruit d’une collaboration étroite entre quatre associations et la Ville de Montpellier, qui a acquis et rénové les locaux (350 m²) pour y accueillir ce projet collectif, la Maison de l’alimentation solidaire (MAS) de Celleneuve, située allée Antonin Chauliac, a été inaugurée le 7 février.

    L’enjeu de la mixité

    Baptisé « Superluette », le lieu regroupe une épicerie solidaire (produits alimentaires locaux, pour la plupart bio, à des tarifs réduits pour les foyers modestes), un café et une cantine participative avec des ateliers de cuisine pour préparer des repas. Y seront également proposés des temps de débat sur les questions d’alimentation, une programmation culturelle et d’autres activités comme des ateliers de théâtre.

    « Ce n’est pas une simple épicerie ou un endroit où on va juste acheter et consommer, c’est un lieu qui se veut expérimental et démonstrateur. Un lieu de lien social, ouvert à toutes et à tous quel que soit leur milieu social, leurs origines, leur culture, leur âge  », insiste Marie Massart, adjointe au maire à l’alimentation et à l’agriculture urbaine. « C’est un enjeu compliqué à relever : la mixité sociale, culturelle et générationnelle. On ne veut pas que ce soit identifié comme un lieu dédié aux personnes en situation de précarité, ni, à l’inverse, comme un lieu pour les bobos. On veut que tout le monde s’y sente bien. »

    Autre originalité du projet : La Superluette est aussi un lieu de recherche-action. La sociologue Pauline Scherer, fondatrice de LaBoca (Laboratoire des communs de l’alimentation), l’une des quatre associations qui co-gèrent le lieu (avec Vrac & Cocinas, l’Esperluette et la Caisse alimentaire commune), va en effet mener un travail de « recherche participative avec les premiers concernés, les habitants. La question de l’accès à l’alimentation et des conditions de production nous concerne tous ».

    Entre février et avril, « des chantiers participatifs se dérouleront avec les habitants, pour aménager progressivement le lieu », avant une ouverture au grand public prévue le 13 avril, au lendemain d’une grande journée festive le 11.

  • « La mise à l’abri des coquillages fait partie des pistes à travailler »

    « La mise à l’abri des coquillages fait partie des pistes à travailler »

    La Marseillaise : En quoi consiste la mise à l’abri préventive des coquillages ?

    Fabrice Grillon : Je tiens au préalable à préciser que la mise à l’abri n’est pas une solution à prendre isolément. Elle fait partie des pistes à travailler, mais avant cela il faut parler des travaux à effectuer sur les réseaux d’assainissement pour limiter les risques de saturation lors d’épisodes de pluies intenses  ; des solutions innovantes comme l’installation d’une porte au niveau des canaux de Sète – cela existe déjà à Venise – afin d’éviter, en courant rentrant, que le norovirus se retrouve dans la lagune de Thau ; il faut parler également de la « recherche et développement » qui peut être réalisée dans les stations d’épuration pour abattre la charge virologique.

    Une fois listées toutes ces solutions, pour lesquelles nous attendons des engagements, nous, conchyliculteurs, pouvons jouer notre partition en mettant en place des unités de mise à l’abri sanitaire. Elles peuvent être de trois types. Individuelles : une entreprise, à son échelle, va agrandir son mas ou en racheter un et mettre en place des bassins de purification plus conséquents, pour disposer de sa propre mise à l’abri. La deuxième possibilité, ce sont des conchyliculteurs qui se mettent à plusieurs et créent une petite unité de mise à l’abri collective sur les ports conchylicoles existants. Enfin il y a une troisième option, plus ambitieuse, qui est la mise à l’abri collective sur la zone halieutique de Frontignan.

    Comment identifier le niveau de risque justifiant une mise à l’abri ?

    F.G. : La mise à l’abri sanitaire doit être intégrée en routine dans une période commerciale cruciale que sont les fêtes de fin d’année, où on va commercialiser du coquillage. À partir de mi-novembre, on se met donc en ordre de marche et on surveille à la fois le climat (la pluie) et la propagation du norovirus dans la population, grâce aux données de l’Agence régionale de santé (ARS) et aux observations réalisées dans le milieu. À ce sujet nous portons un observatoire expérimental appelé Oxyvir, qui permet d’estimer de manière indirecte la présence de norovirus infectieux, et donc le niveau de risque. On peut ainsi préconiser une durée de purification des coquillages allongée. Et éventuellement décider ensuite, quand il y a fermeture ou avant un gros épisode de pluie, de mettre les coquillages en bassin, donc de travailler en circuit fermé. Ils sont alors stockés et mis à l’abri. Face à une période de fermeture aussi longue que celle que nous connaissons actuellement, on n’exclut pas la possibilité de pouvoir faire également du nourrissage dans ces bassins de mise à l’abri sanitaire.

    Existe-t-il déjà des expériences de ce type ?

    F.G. : Quelques entreprises ont déjà leur bassin de mise à l’abri, mais ce sont plutôt de grosses entreprises. Or cela va sans doute, demain, devenir nécessaire pour tous les producteurs.

    Comment financer ces dispositifs ?

    F.G. : La conchyliculture dispose des Fonds européens pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa). Aujourd’hui il nous reste du budget sur ces enveloppes Feampa pour la programmation qui court jusqu’en 2027. On a donc encore une force de frappe pour réagir.

    Où en sont les réunions avec
    les collectivités et l’État
     ?
    Des projets sont-ils en train
    de se concrétiser ?

    F.G. : La Région Occitanie a confirmé sa volonté de nous mettre à disposition du foncier sur la zone halieutique de Frontignan pour mettre en place la grosse mise à l’abri collective. Le Département, sur ses ports, veut mener un travail de mise en place de petites unités collectives de mise à l’abri. Enfin l’État, sur les ports qui ne sont pas départementaux, a déjà identifié des mas où on pourrait expérimenter ces solutions.

    À côté de ça, on a une coopérative qui s’est emparée de la question et va probablement essayer d’investir dans des unités pour protéger les coquillages dès l’hiver prochain.

  • La solitude invisible des personnes âgées à Montpellier

    La solitude invisible des personnes âgées à Montpellier

    Selon le baromètre des Petits Frères des Pauvres publié en septembre 2025, près de 750 000 seniors, soit 4 % des plus de 60 ans, vivent aujourd’hui en situation de « mort sociale » en France, sans aucun lien social. Un chiffre en hausse de 150% en huit ans, révélateur d’un isolement massif et durable. Montpellier, ville jeune et dynamique, souvent présentée comme une vitrine du « bien vieillir » méditerranéen, est elle aussi traversée par une solitude âgée invisible.

    Septième ville de France avec 310 240 habitants, elle compterait environ 55 000 seniors selon le CCAS. Pour Caroline Carbonne, responsable de l’agence Nos aimés à Montpellier, l’isolement des personnes âgées n’est ni marginal ni nouveau. « C’est un sujet complexe, qui tend à s’intensifier dans une société de plus en plus individualiste », observe-t-elle. Sur le terrain, la solitude n’est pas seulement un malaise social, elle devient un facteur aggravant de troubles médicaux. L’isolement se manifeste souvent de manière brutale, à la suite d’une maladie, d’un veuvage, ou de la perte du permis de conduire. Derrière la demande d’aide, il y a souvent une parole longtemps retenue. Des personnes âgées « dépitées », parfois à bout. « Ça m’est arrivé de me demander ce que je fais encore sur terre. J’aimerais être morte », lui confia l’une d’entre elles. Du côté des Petits Frères des Pauvres à Montpellier, l’isolement est d’abord difficile à faire émerger. « Beaucoup de personnes âgées ont honte de demander de l’aide. Pour elles, c’est reconnaître qu’elles ne sont plus rien », explique une travailleuse sociale.

    Initiatives locales

    Les signalements arrivent souvent par les voisins ou des auxiliaires de vie. Le milieu médical reste peu présent dans cette détection. « Il est très compliqué d’avoir des données précises sur l’isolement des seniors », reconnaît Nicole Marin-Khoury, adjointe au maire, déléguée aux seniors. Car, « les actions en faveur des seniors sont intégrées dans plusieurs politiques publiques », précise Alexia Léon, chargée de mission au CCAS.

    Conscients de ces angles morts, la Ville et le CCAS tentent d’adapter leurs modes d’action. À Croix d’Argent, un quartier solidaire pour les aînés a été mis en place, reposant sur un réseau de référents de proximité : voisins, pharmaciens, commerçants afin de repérer les situations de solitude avant qu’elles ne s’aggravent. Parmi les leviers mobilisés figurent les 17 clubs de l’âge d’or, qui touchent environ 10 000 seniors, ainsi que des dispositifs de colocation entre seniors et étudiants. « L’enjeu, c’est de garder les seniors actifs et visibles dans la cité », insiste Alexia Léon. « Ce type d’initiative permet de recréer du lien, tout en répondant à des besoins réciproques », ajoute Nicole Marin-Khoury. Pour les associations, le cœur du travail reste de redonner une place. « Notre rôle, c’est de leur montrer qu’ils ont encore une valeur sociale, qu’ils sont toujours des êtres humains  », rappelle l’une des travailleuses sociales rencontrées.

    Mais les moyens restent limités. Assistantes sociales débordées, manque de personnel, contrôles insuffisants dans certains secteurs de l’aide à domicile, les failles sont nombreuses. « On sait que l’on a du mal à trouver les personnes les plus invisibles, alors on met tout en place pour qu’elles ne le deviennent pas », résume Nicole Marin-Khoury. Une reconnaissance en creux car la prévention ne suffit pas toujours à rattraper ceux qui sont déjà tombés. Et la donne se complique. « On observe des phénomènes de précarisation des seniors qui n’existaient pas ou peu avant. À la question du vieillissement va se rajouter celle de la précarité », souligne Alexia Léon. Une population encore mal connue, alors même qu’un boom démographique se profile. « C’est difficile à mesurer, donc difficile à politiser », résume Caroline Carbonne, responsable de l’agence Nos aimés. L’isolement des personnes âgées relève à la fois de trajectoires individuelles et de choix collectifs. Entre invisibilité statistique et urgence sociale, le défi reste entier.

    Amélia Siapo

  • Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Robert Ménard à Béziers, Louis Aliot à Perpignan, Nelson Chaudon à Beaucaire. À ce jour, seules trois Villes d’Occitanie sont dirigées par le Rassemblement national ou ses alliés d’extrême droite. Mais à l’issue des élections municipales (15-22 mars), la tache brune pourrait se répandre davantage.

    Pour l’heure donné favori à la Présidentielle 2027 en dépit de graves affaires judiciaires, le RN n’a pas l’intention d’enjamber ces élections locales où d’ordinaire il apparaît peu crédible. Ce n’est pas un hasard si Jordan Bardella a débuté samedi 7 février son tour de France des villes à conquérir à Agde puis à Carcassonne. Tournée qui va se poursuivre jusqu’à mi-mars pour soutenir les principales têtes d’affiche du parti à la flamme.

    Voilà plusieurs mois que le parti lepéniste a dressé la liste des villes qu’il rêve de voir tomber dans son escarcelle. La plupart sont situées dans le Nord ou à l’instar de Marseille, Toulon, sur la façade méditerranéenne (Sud Paca, Occitanie), socles forts de l’extrême droite qui se renforcent à chaque scrutin.

    Les villes à haut risque RN

    En Occitanie, outre Perpignan, Béziers et Beaucaire qui ont déjà rendu les armes en 2014 ou 2020, deux villes audoises sont particulièrement menacées : Narbonne (par le député RN Frédéric Falcon) et Carcassonne (avec le député RN Christophe Barthès qui ne croit pas au réchauffement climatique). Il faut dire qu’aux législatives provoquées par Emmanuel Macron en 2024, l’Aude n’a élu que des députés d’extrême droite. C’est le cas aussi du Gard où, à quelques exceptions près (Le Vigan, La Grand-Combe…), l’extrême droite étend sa toile.

    Au prix d’un travail minutieux compilant plusieurs statistiques, StreetPress a mis au point un « fachoscore » pour classer les principales communes sur un risque de A (faible) à E (élevé). Outre Beaucaire (E) qui a déjà basculé, Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit ou Vauvert sont classés D. Le RN a envoyé l’artillerie lourde avec les députés Nicolas Meizonnet (Vauvert) et Pascale Bordes (Bagnols). Du côté d’Alès, c’est le policier Anthony Bordarier qui s’y colle. Méconnu, ce cadre du RN depuis 2020 est néanmoins soutenu par les députés Yoann Gillet et Pierre Meurin. Enfin à Nîmes, où le risque RN ne semblait pas écarté dans le dernier sondage, le député européen et ancien maire de Beaucaire Julien Sanchez fait figure d’épouvantail.

    Dans l’Hérault, plusieurs villes, particulièrement mal gérées par une droite affairiste, pourraient se tromper de colère. C’est le cas d’Agde où l’ancien maire Gilles d’Ettore (LR) a dû démissionner, embourbé dans l’affaire de la voyante. Le député RN Aurélien Lopez-Liguori est à l’affût. Situation comparable à Sète où Sébastien Pacull, en dépit d’une campagne discrète, pourrait tirer son épingle du jeu après la démission forcée de François Commeinhes (Divers droite). À l’image de Mèze (classée D par StreetPress) ou Frontignan, la menace est forte dans le bassin de Thau. Mais pas seulement. Des terres de bouvine (Mauguio) ou proches du bastion de gauche Montpellier (Lattes, Gignac…) auront des candidats d’extrême droite. Quant à Béziers, si le RN de Julien Gabarron venait à échouer, ce serait sans doute au profit de Robert Ménard (EXD). Quoi qu’il en soit, l’objectif est moins de s’emparer de villes pour lesquelles le RN nourrit rarement un réel intérêt que d’en faire un tremplin pour préparer la suite. Jordan Bardella en convient d’ailleurs lui-même. « Il faut gagner un maximum de communes et prouver dans le cadre de ces municipales que le changement n’attend pas l’élection présidentielle », a confié dans son bain de foule à Agde, celui qui l’an prochain pourrait concourir à l’Élysée à la place de Marine Le Pen.

    Avant l’ultime étape qui terrorise le camp républicain, les Sénatoriales de septembre 2026 seront une autre étape importante, souligne Michel Crespy. « Le RN pense pouvoir gagner quelques villes sur les triangulaires, des quadrangulaires ou bien avoir des élus d’opposition. Mais surtout le RN vise les sénatoriales car il aura besoin du Sénat [où le RN est inexistant, Ndlr] s’il arrive à l’Élysée. » Pour le camp des progressistes, il est plus que jamais temps de se ressaisir dès les élections municipales.

  • Football : Megnan-Pavé, un talent en or à Montpellier

    Football : Megnan-Pavé, un talent en or à Montpellier

    Son nom bruisse dans les allées de Grammont, le centre d’entraînement, depuis plusieurs mois. La réputation d’un talent précoce escorte son émergence et dépasse désormais les murs du centre de formation de Montpellier. Les grands clubs européens (Barcelone, Arsenal…), aux aguets d’une nouvelle pépite, observent ce jeune attaquant surclassé et international U16.

    Laciné Megnan-Pavé porte pas mal d’espoir sur ses épaules. Des espoirs révélés au grand jour le 2 février, jour de la clôture du mercato d’hiver, avec la signature d’un premier contrat professionnel avant même ses 16 ans.

    « C’est la première fois que nous signons un joueur aussi jeune. Quinze ans et demi, ça fait tôt. Ça peut surprendre certaines personnes. Laciné est chez nous depuis de nombreuses saisons ; il gravit les échelons lors de chacune d’entre elles et est surclassé chaque année. Nous avons senti que c’était le bon moment pour le faire passer pro. Il rentre déjà dans l’histoire du club en devenant le plus jeune joueur professionnel de l’histoire du MHSC », remarque le président de Montpellier Laurent Nicollin, désireux de sécuriser le contrat de Laciné.

    « Il faudra travailler dans la continuité »

    Depuis une dizaine de jours, Laciné Megnan-Pavé, qui aura 16 ans le 7 mars, s’entraîne aux côtés de Téji Savanier, Becir Omeragic, Julien Laporte…au sein de l’effectif professionnel de Zoumana Camara, quelque peu en galère en Ligue 2. « Il ne faudra pas se presser pour ne pas le brûler » prévient l’entraîneur montpelliérain, qui a eu sous la main pendant trois ans (2021-24) la fine fleur du Paris SG. « C’est un joueur d’avenir, qui performe chez les jeunes et aussi en équipe de France. Il signe logiquement un contrat pro parce qu’il a des qualités, qu’il a montré un énorme talent. Maintenant, il faudra travailler dans la continuité. »

    Laciné Megnan-Pavé (1,87 m, 77 kg) est en avance sur tout. Licencié au club depuis dix ans, le jeune joueur veut se faire une place à Montpellier, où il est né et auquel il est visiblement attaché. Avec son physique, sa mentalité et son sérieux, le jeune joueur, qui vit au centre de formation, se distingue et surtout performe. Surclassé de deux ou trois tranches d’âge, il empile les buts et les louanges. La saison passée, en U17, il a frappé les esprits en inscrivant quinze buts et réalisant douze passes décisives en 24 matches.

    Il récidive depuis le début de saison, avec notamment un but en Coupe Gambardella, compétition référente des centres de formation. « Il ne se repose pas sur son talent. Il met l’intensité qu’il faut, il démontre beaucoup d’efficacité grâce à son sens du but et sa vitesse dans les espaces », décrit un formateur montpelliérain. « Et, il a la chance d’être bien entouré. »

    Le jeune avant-centre coche pas mal de cases pour tracer sa route vers les sommets. « C’est un joueur qui a déjà les aptitudes pour le haut niveau par ses différentes qualités, son profil, athlétique ou mental. Tactiquement, c’est pas mal et techniquement, il a des bonnes bases. Bien sûr, il est très jeune, donc il y a encore du travail pour qu’il progresse, mais il a déjà ces aptitudes-là pour le haut niveau » résume Bertrand Reuzeau, responsable du centre de formation.

    Le joueur, capitaine de l’équipe de France U16, séduit, le jeune homme également. En classe de première, avec un an d’avance, il prépare un Bac en section STMG (sciences technologiques du management et de la gestion). Il mène de pair sa vie de footballeur et ses études.

    À l’heure, où Montpellier se cherche un nouveau modèle économique, sous l’effet de la crise des droits télé et de la relégation en Ligue 2, son émergence peut offrir à terme un bol d’air au président Laurent Nicollin.

    Son profil d’attaquant et sa précocité rappellent les premiers pas de l’ancien international Espoir Elye Wahi. L’actuel attaquant de Francfort, prêté à Nice, effectue ses débuts avec les pros en décembre 2020, peu avant ses 18 ans, sous l’autorité de Michel Der Zakarian. Après deux saisons en Ligue 1, le meilleur buteur de Montpellier (10 buts, puis 19 buts) est transféré à Lens pour un montant record de 30 ME.

    Le jeune défenseur central Maxime Estève (23 ans) suivra la trace quelques mois plus tard pour s’exiler à Burnley (Angleterre) pour un transfert évalué à 11ME.

    La réussite de ces gamins, issus du centre de formation, est la bouée de sauvetage de Montpellier, contraint de renoncer au nouveau stade, dépassé par le train de vie des clubs engagés en Europe ou soumis à la multipropriété. L’été dernier, plus ou moins par nécessité, il a été contraint de vendre l’attaquant Othmane Maamma (Watford), désigné meilleur joueur du Mondial U20, le défenseur Pladi N’Zinga Pambani (Marseille) et le milieu de terrain Abdoulaye Camara (Udinese). Laciné Megnan-Pavé, lui, veut prendre le temps de grandir dans son club formateur.

  • Hérault : les éoliennes de Bernagues vont redémarrer

    Hérault : les éoliennes de Bernagues vont redémarrer

    À l’arrêt depuis 10 mois, le parc éolien de Bernagues, dont la suspension de l’activité pour un an – avec exécution provisoire – avait été ordonnée en avril dernier par le tribunal correctionnel de Montpellier, va pouvoir redémarrer. Malgré une condamnation en première instance, la cour d’appel de Montpellier a en effet relaxé, le 5 février, l’exploitant de ce parc éolien situé sur le massif de l’Escandorgue, près de Lodève.

    ERL (Énergie Renouvelable du Languedoc), filiale du groupe Valeco qui exploite ces sept éoliennes, et son dirigeant étaient poursuivis pour avoir porté atteinte à la conservation d’espèces animales non-domestiques protégées après la mort d’un aigle royal en janvier 2023, lequel avait percuté une pale en raison d’un dysfonctionnement du système de détection des oiseaux.

    « C’est une surprise et une déception », confie Me Gallon, représentant trois associations. « On ne s’attendait pas à une relaxe puisque le tribunal avait estimé que le délit était caractérisé et qu’il avait condamné sévèrement l’exploitant, décision qui faisait preuve d’exemplarité. Le parquet général avait par ailleurs requis la confirmation du premier jugement pour l’essentiel. »

    « Inquiétude pour de nombreux autres dossiers »

    Dans son arrêt, la Cour d’appel de Montpellier s’appuie sur la nouvelle loi d’orientation agricole de mars 2025 qui modifie le code de l’environnement, exigeant désormais « de rapporter la preuve d’un acte intentionnel de l’auteur ou d’une négligence grave » pour que la destruction d’espèces protégées constitue un délit. « Pourtant la société avait été largement prévenue du risque pour le couple d’aigles royaux nichant à proximité, était consciente des impacts de son parc et avait constamment refusé de régulariser la situation en sollicitant une dérogation “espèces protégées”  », dénonce Simon Popy, président de la FNE (Fédération nationale de l’environnement) Occitanie-Méditerranée, l’une des six associations parties civiles dans cette affaire. « Nous devons cette régression du code de l’environnement à un amendement porté par le sénateur LR Laurent Duplomb. (…). Nous avions alerté à l’époque, pétitionné. Sans succès », rappelle-t-il. « Bien que cavalier législatif dans une loi censée concerner l’agriculture, la notion de négligence “grave” a échappé à la censure partielle du Conseil constitutionnel en mars 2025. (…) Nous en observons aujourd’hui la première conséquence concrète, et ne cachons pas notre inquiétude pour de nombreux autres dossiers si cette jurisprudence venait à être confirmée », indique Simon Popy.

  • Le marché immobilier, bulle d’air pour les Départements

    Le marché immobilier, bulle d’air pour les Départements

    Trois mois après avoir publié un rapport alarmant sur la santé financière des Départements, la Chambre régionale des comptes (CRC) a mis à jour son analyse le 6 février face aux étudiants de la fac de droit de Montpellier.

    La présidente de la CRC a d’abord rappelé que depuis 3 ans environ, la plupart des Départements sont en difficulté financière, particulièrement ceux qui jouissent d’une forte croissance démographique à l’instar de l’Hérault ou du Gard, qui a voté le 9 février son budget 2026. Car cet afflux de population signifie davantage de dépenses sociales obligatoires (RSA, allocation personnalisée d’autonomie, prestation de compensation du handicap).

    En 2025, c’est au prix de coupes dans les services et les compétences facultatives (comme la culture) que Kléber Mesquida était parvenu in extremis à faire adopter un budget à l’équilibre. Si le président héraultais transpire un peu moins que l’an passé à l’idée du vote du 31 mars, c’est surtout grâce à une meilleure conjoncture sur le marché immobilier. Après avoir plongé d’un tiers entre 2022 et 2024 (- 63 millions d’euros dans le Gard ; – 114 ME dans l’Hérault), les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui constituent 25% des recettes des Départements, ont bondi en 2025. « C’est une bulle d’oxygène pour les Départements d’Occitanie », illustre Valérie Renet. La présidente de la CRC leur déconseille l’euphorie, comme après la forte hausse d’après Covid. « Quand on gagne au loto, on a tendance à dépenser. Les Départements ont beaucoup investi, c’est difficile de revenir en arrière, c’est l’effet cliquet ».

    L’État doit de l’argent

    Hormis le fait que les Départements peuvent choisir le plafond haut (4,5 ou 5%) sur les frais de notaire, la CRC rappelle qu’ils n’ont plus la main sur le levier fiscal, la taxe professionnelle ayant été supprimée et la taxe foncière remplacée par une réversion de la TVA. « Le lien entre les Départements et les citoyens a été coupé ». Entre des « recettes volatiles » et des dépenses incompressibles, leur modèle financier est « difficilement soutenable ». « Il faudrait un nouvel impôt » dont la collectivité fixerait le taux et assumerait alors ses choix.

    Pas sûr que le nouvel acte de décentralisation dans les tuyaux redonne de l’indépendance aux Départements, auxquels Nicolas Sarkozy voulait déjà faire la peau. Il faudra pourtant une vraie bouée de sauvetage. Avec 830 millions d’euros de dette et une épargne nette négative, l’Hérault en arrive à emprunter pour rembourser ! Une solution immédiate serait que l’État lui paye (enfin) ce qu’il lui doit. En 2025, le reste à charge dû à la non-compensation des charges transférées s’élevait à 260 millions.