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  • [Contre les violences faites aux mineurs] À Montpellier « La parole est dite. C’est à nous d’entendre les victimes »

    [Contre les violences faites aux mineurs] À Montpellier « La parole est dite. C’est à nous d’entendre les victimes »

    Des cris d’indignation que le président de la République a semblé vouloir éteindre. Le 10 juin, à l’issue du Conseil des ministres, Emmanuel Macron déclarait : « On ne répond pas à un drame par des cris. » Des mots perçus comme indécents par ceux qui ont fait le choix d’être présents ce lundi 15 juin devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Des propos aussi perçus comme une forme de victimisation secondaire par ceux qui ont été et sont encore confrontés à des violences sexuelles.

    À cela, la présidente de l’association Les Tricoteuses Hystériques, relais local de l’appel national, répond : « Quand un système choisit de ne pas protéger, il construit les conditions de la récidive. Le cas de la famille Barella est la démonstration de ce que beaucoup dénoncent depuis des années. Selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, soit plus de 400 par jour. Une victime sur cinq porte plainte, et parmi celles qui trouvent le courage de parler, la majorité ne trouvera jamais justice.» Tels sont les mots qui ont ouvert ce rassemblement.

    Ce soir-là, les statistiques ont pris des visages. Parmi la foule, une mère s’avance, les larmes aux yeux, pour témoigner de l’histoire de ses jumelles, aujourd’hui âgées de six ans. « À l’âge de trois ans, mes filles rentrent de chez leur père en me disant : papa me touche, papa me fait ça. Je suis allée porter plainte et celle-ci a été classée sans suite. Elles sont traumatisées. Il y a eu un signalement de l’école, une photo de fissure anale. Pourtant, le procureur a demandé il y a deux semaines un réquisitoire de non-lieu. Personne ne nous aide, personne ne croit mes enfants. » Dans la foule, des visages se ferment, des personnes crient, scandalisées. Beaucoup pleurent, aussi.

    Plus tard, c’est une jeune fille de seize ans qui prend la parole. « À quinze ans, je me suis fait violer en boîte de nuit. C’était la première fois que j’y allais. Deux mois après, je porte plainte. Et le policier me dit : “Mais mademoiselle, fallait pas être en boîte” » Un an plus tard, son agresseur n’a eu droit qu’à une garde à vue. « Honte à la police ! », s’exclame-t-elle devant la foule.

    Il y avait aussi cette femme, qui parlait de l’agression de sa fille de deux ans et qui remercie les policiers. Elle raconte avoir été bien accompagnée : « La police a été super et a fait une enquête, ma fille a été entendue, ainsi qu’une nounou qui estimait que je lisais trop de livres et que le père, le violeur, était tout à fait charmant. » Un mois après, une saisie en référé a abouti à une suspension du droit de visite et d’hébergement du père. Mais ce dernier a fait appel. « On est alors passé devant une juge plus âgée qui a commencé l’audience par : “Vous savez, madame, des études scientifiques montrent qu’on ne peut pas se fier à la mémoire d’un enfant de moins de six ans. Vous avez fait confiance à cet homme pour faire un enfant avec lui, pourquoi s’en méfier maintenant ? Madame, il va falloir vous entendre avec monsieur pour l’éducation de votre enfant. » Finalement, le jugement a estimé qu’il n’y avait pas de risque avéré et pas de raison d’empêcher le père de voir sa fille. « La police m’a aidée. La justice, non. »

    Manque de formation des professionnels

    Un manque de formation des officiers de police judiciaire (OPJ) et des magistrats que dénoncent plusieurs participants. Un déficit qui se retrouve à tous les niveaux, et que pointent aussi ceux qui travaillent au quotidien auprès des victimes. Mohamed Amine Ali, étudiant en formation d’éducateur spécialisé, témoigne : « Je suis amené à accompagner des jeunes qui ont certaines problématiques, dont la majorité ont subi des violences sexuelles ou de l’inceste. Mais du fait du tabou qui entoure le sujet, le problème n’est pas traité, car les professionnels ne sont pas formés. On parle souvent de libérer la parole des victimes, mais selon moi ce n’est pas là que se situe le problème. La parole est dite. C’est à nous, en tant que professionnels, d’être en capacité de l’entendre et de l’écouter. On a une grosse marge de progrès. » Une des nombreuses raisons pour lesquelles ces personnes étaient réunies ce lundi soir, et le seront les lundis suivants. Ce soir-là à Montpellier, on ne répondait pas à un drame par des cris. On répondait par des noms et des faits.

    En ce sens, une plateforme a été créée le 12 juin. « Classes-sans-suite.com » permet à toute personne de témoigner d’une plainte qui n’a pas été prise en compte ou déposée. En 81 heures : 80 500 connexions et 1 957 témoignages…

  • [Quoi de neuf] « Le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant »

    [Quoi de neuf] « Le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant »

    Oriane Castan : France Victimes 34 est une association d’information et d’aide aux personnes victimes. Dans quel domaine se situent ces personnes victimes et comment se traduisent ces deux pôles, informer et accompagner ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : L’information est destinée au grand public mais aussi à tous les professionnels avec qui nous travaillons et qui ne sont pas forcément du milieu judiciaire. Nous travaillons bien évidemment de façon très étroite avec les représentants du Parquet, les avocats, tous les services qui interviennent dans le cadre des procédures judiciaires mais aussi les hôpitaux, les autres associations et avec tous ceux qui peuvent nous aider à être en bonne connaissance des difficultés que rencontrent les victimes.

    Olivier Nottale : Des psychologues aussi ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, des psychologues, des travailleurs sociaux. C’est toujours très compliqué de parler d’une association qui intervient dans des procédures judiciaires, des parcours judiciaires. J’utilise un langage qui n’est pas toujours compris du grand public. Je discutais récemment avec quelqu’un et on parlait des classements sans suite. Moi je sais précisément de quoi il retourne mais dans le grand public, à moins d’avoir été soi-même concerné, on ne connaît pas les définitions.

    Oriane Castan : Pour bien comprendre, concrètement, c’est quoi le parcours « type » d’une personne victime ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Vous êtes, Madame, Monsieur, victime d’un vol de carte bleue, d’une agression ou d’insultes dans les transports, de harcèlement sur la voie publique ou, plus grave, d’une atteinte à la personne. En principe, on intervient à partir de la plainte et le temps de la procédure judiciaire.

    Oriane Castan : Votre accompagnement se fait de manière automatique ou la personne doit en faire la demande ?

    Roselyne Leplant-Duplouy :

    On ne travaille jamais sans que la personne victime nous donne son accord, évidemment. Il nous arrive d’aller au devant, d’être proactifs. Les services de police et de gendarmerie ont tout un protocole qui induit une orientation vers France Victimes pour toutes les plaintes, quelle qu’en soit la nature. Dans ce cas de figure là, quand on a la saisine, c’est-à-dire le signalement par les services de police, de gendarmerie, voire les juges d’instruction, on contacte la personne victime et on lui propose nos services. Il n’y a pas de contraintes. La justice ne contraint pas à être accompagné par France Victimes. Il faut vraiment qu’il y ait une adhésion. Cela ne pose aucun problème dans 90% des cas.

    Olivier Nottale : La personne est rassurée de trouver une oreille attentive ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, une oreille attentive et des professionnels qui vont lui expliquer quel va être son parcours. Car le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant.

    Oriane Castan : Comment
    ce parcours se traduit-il
     ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : La plupart des associations du réseau national de France Victimes – nous sommes 130 associations sur le territoire, en métropole et outremer – nous avons des juristes formés en droit pénal et des psychologues formés en victimologie. C’est l’équipe de base. Après, il y a le volet social dont on s’occupe avec notre partenaire, le Département [de l’Hérault] qui depuis de nombreuses a engagé des fonds pour mettre à disposition des commissariats et des gendarmeries des assistants du service social. Ils sont spécifiquement là pour compléter notre travail.

    Oriane Castan : Si vous n’intervenez pas pour accompagner ces personnes victimes qui le fait ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Personne. Les avocats font leur travail. Après on a tout un réseau d’associations partenaires et de services qui nous connaissent. On peut venir taper à notre porte quelle que soit l’étape du parcours judiciaire.

    Olivier Nottale : Les personnes victimes se trouvent confronter à un mur, celui de la justice…

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, vous avez complètement raison. On n’est pas là pour minimiser la nature de l’infraction. Un vol de carte bleue, par exemple, je vais savoir quoi faire. Mais un vol de carte bleue chez une personne qui est fragilisée sur le plan social, psychologique ou voire en situation de handicap ou âgée, peut représenter un traumatisme. Tout le monde peut être victime à un moment de sa vie, potentiellement.

    Olivier Nottale : Il y a la question du temps de la justice, des moyens mis à disposition…

    Roselyne Leplant-Duplouy : La France a un des dispositifs sociaux, dans son ensemble, qui ne ressemble à aucun autre pays en Europe. On a des choses très structurées depuis des lustres qui ont besoin d’être mises au goût du jour. On a un système judiciaire très structuré et, en même temps, ces rouages font que, lorsque l’on fait remonter, cela prend du temps.

    Les choses sont faîtes très sérieusement en matière judiciaire, je le dis haut et fort parce qu’il y a des discours en ce moment. Il faut avoir les moyens et se focaliser sur ce que l’on peut améliorer.

  • Une unité pour les détenus atteints de troubles psy à Béziers

    Une unité pour les détenus atteints de troubles psy à Béziers

    « La prise en charge des détenus présentant un trouble psychiatrique est une grosse problématique aujourd’hui dans nos établissements pénitentiaires », assure David Parmentier, secrétaire de l’Ufap Unsa-justice du centre pénitentiaire de Béziers. Aussi, l’annonce faite par Gérald Darmanin, en déplacement à Béziers le 4 juin, de la création prochaine, aux abords directs de l’établissement biterrois, d’une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de 40 lits destinée à accueillir des détenus souffrant de troubles psychiatriques, est « une bonne nouvelle », admet David Parmentier. Un projet pour lequel le ministre de la Justice a annoncé une enveloppe de 32 millions d’euros.

    Toutefois, « on est encore loin du compte », nuance le responsable syndical. « On avait déjà, en Occitanie, une UHSA de 40 lits basée à Toulouse. Avec celle qui va voir le jour à Béziers, dont la vocation sera là aussi régionale, on monte à 80 lits pour toute la région. Or l’Occitanie, c’est 7 400 détenus, dont environ 30% (soit près de 3 000) souffrent de troubles psychiatriques. Donc ces 80 places ont certes le mérite d’exister, mais ça reste très insuffisant », estime le représentant de l’Ufap Unsa Justice.

    « Aucunement leur place en centre pénitentiaire »

    « Il faut imaginer la cohabitation, au sein d’une cellule, avec un détenu schizophrène qui a des hallucinations toute la journée ! Quant à nous, personnels pénitentiaires, nous ne sommes pas formés à la gestion au quotidien de ces détenus qui demandent beaucoup d’attention et dont on ne sait jamais comment ils vont réagir, sachant qu’on est dans un contexte de surpopulation doublée d’un manque d’effectifs de plus en plus important », insiste David Parmentier. « On ne peut malheureusement apporter aucune réponse structurelle et sérieuse face à ces détenus qui, pour beaucoup, n’ont aucunement leur place au sein d’un établissement pénitentiaire », considère le responsable syndical. « En échangeant avec des professionnels de santé, on s’aperçoit que la psychiatrie est également le parent pauvre de la médecine… Comme on ne sait pas où mettre ces gens, on les met en prison », déplore-t-il.

    Les agents pénitentiaires ont également échangé avec le ministre au sujet de la surpopulation carcérale (193% de taux d’occupation à Béziers, avec 190 matelas au sol dans le quartier maisons d’arrêt) et du manque d’effectifs. Si Gérald Darmanin a annoncé l’arrivée de 17 nouveaux agents sur le site en septembre, « il ne s’agit pas de la création de 17 postes », précise David Parmentier. « Ces 17 arrivées se feront dans le cadre de mutations qui viendront compenser une quinzaine de départs à la retraite. On va donc se retrouver, à quelque chose près, dans une situation identique. »

  • [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    La Marseillaise : Quels seront vos principaux sujets de vigilance ?

    Antoine Bertrand : Cette commission des finances revient traditionnellement à l’opposition. Il n’y a donc aucune entente avec la majorité, contrairement à ce que certains essaient de faire croire. Mon rôle sera d’exiger la transparence la plus totale sur les comptes publics de la Ville. Michaël Delafosse présente des budgets à l’équilibre, mais quand on regarde les trajectoires budgétaires, il y a de vrais sujets d’inquiétude. Le contrôle financier ne doit pas être seulement dans les mains de l’exécutif municipal : il revient aussi au conseil municipal, qui représente le peuple. Cette fonction, je veux l’exercer avec sérieux, dans l’intérêt général des Montpelliérains.

    Vous critiquez notamment l’augmentation de la fiscalité. Pourquoi ?

    A.B. : Le problème est démocratique. Cette hausse des impôts était visiblement anticipée avant les élections, mais elle n’a pas été annoncée aux Montpelliérains pendant la campagne. Si Michaël Delafosse avait été honnête, il aurait permis un vrai débat budgétaire. Or cette hausse arrive quelques semaines après les municipales, dans les alcôves du conseil municipal et de la métropole. En plus, elle s’accompagne d’une baisse des investissements publics et des moyens pour les services publics : c’est un budget austéritaire. On ne peut pas augmenter la pression fiscale sans engager les investissements structurants dont la ville a besoin. Nous aurions fait d’autres choix : une régie publique de l’énergie, une politique volontariste du logement social et étudiant, ou encore la gratuité des cantines scolaires. L’alimentation n’est pas un bien marchand, c’est un bien commun.

    Vous mettez aussi en cause la responsabilité de l’État. Que lui reprochez-vous ?

    A.B. : Il y a un véritable hold-up de l’État sur les collectivités, commencé sous François Hollande et poursuivi depuis. Les dotations baissent ou stagnent, les fonds comme le fonds vert sont réduits, et les communes doivent chercher des subventions partout. L’État assèche les collectivités, tout en leur transférant toujours plus de charges. Cela réduit leur autonomie fiscale et abîme la démocratie locale. À Montpellier, où le taux de pauvreté est massif, autour de 24%, l’augmentation de la fiscalité est un double coup de massue, surtout avec le coût du logement.

  • Béziers : un pilote inédit pour réutiliser des eaux usées

    Béziers : un pilote inédit pour réutiliser des eaux usées

    Installé sur la station d’épuration de Béziers, le premier pilote industriel d’osmose inverse hybride séquencée, basé sur la technologie HyBatch, fonctionne déjà en conditions réelles. Cette technologie est développée par Salinity Solutions, avec l’appui de Suez dans le traitement des eaux usées. Soutenue par l’Ademe, cette expérimentation vise à améliorer la réutilisation des eaux usées municipales, un sujet de plus en plus regardé à mesure que les sécheresses et les restrictions d’usage se multiplient.

    Le principe de la Reut est de donner une seconde vie à une eau déjà passée par une station d’épuration pour servir à des usages qui ne nécessitent pas forcément une eau potable : irrigation agricole, arrosage d’espaces verts, nettoyage de voiries, usages urbains ou industriels. L’idée est donc de réserver l’eau potable aux usages qui l’exigent vraiment, tout en créant une ressource alternative.

    Dans le cas du pilote biterrois, l’enjeu est aussi technique. Selon les données communiquées par Suez, le procédé doit permettre de récupérer 90% à 95% de l’eau traitée, contre jusqu’à 85% pour des systèmes classiques d’osmose inverse. Il doit aussi limiter la production de saumures, ces eaux très chargées en sel issues du traitement, ainsi que l’usage de produits chimiques et la consommation d’énergie.

    Un test grandeur nature

    Pour Grégory Tesse, directeur Infrastructure et Innovation des activités Engineering et Construction de Suez, l’enjeu est de rendre ce type de traitement plus accessible : « Notre objectif est de réduire les coûts d’exploitation de ces filières de traitement », précise-t-il dans un communiqué national. L’entreprise met ainsi en avant une possible utilisation par des collectivités comme par des industriels.

    Dans ce communiqué, Richard Bruges, directeur général de Salinity Solutions, présente ce partenariat comme une étape importante. « Cette collaboration avec Suez marque une étape déterminante pour faire évoluer le modèle économique et la performance environnementale de la réutilisation de l’eau. En démontrant qu’un très haut taux de récupération peut être atteint de façon fiable, à grande échelle et avec une efficacité énergétique accrue, nous voulons établir une nouvelle référence pour le traitement avancé des eaux usées dans le monde. » Le communiqué souligne aussi que les solutions « déployables à grande échelle et sobres en énergie » peuvent répondre aux enjeux croissants de raréfaction de la ressource. Reste à voir si ce test grandeur nature permettra de confirmer les promesses affichées. Béziers devient en tout cas un laboratoire de cette réutilisation encore peu développée en France.

  • [Coupe du monde] Passés par Montpellier, sept joueurs rêvent d’un autre monde

    [Coupe du monde] Passés par Montpellier, sept joueurs rêvent d’un autre monde

    Ils ne se connaissent probablement pas, mais partagent une trace commune. Ils ont joué à Montpellier. Et ils s’apprêtent à prendre part à la 26e Coupe du monde aux États-Unis, au Mexique et Canada (11 juin-19 juillet). L’attaquant de la Côte d’Ivoire
    Elye Wahi, le milieu de la République démocratique du Congo Nathanaël Mbuku, l’ailier de la Jordanie Mousa Tamari, le gardien de l’Argentine Gerónimo Rulli, le milieu de la Tunisie Ellyes Skhiri ou le défenseur du Maroc Rédouane Halal vont profiter, ou pas, de la loupe médiatique pour se faire une place au soleil.

    Elye Wahi

    Une pépite pour Montpellier. Elye Wahi s’y révèle pendant trois saisons (2020-23). L’avant-centre, talentueux et désinvolte, réussit 19 buts la dernière année. Et s’envole pour Lens, qualifié en Ligue des champions, pour le plus gros transfert de l’histoire du MHSC : 30 ME.

    Une saison à Lens, six mois à Marseille, un transfert à Francfort : il ne décolle pas.

    Un prêt en janvier à Nice s’accompagne d’un passeport ivoirien. Ce fan de Didier Drogba (23 ans) découvre les Éléphants en mars, avant d’être sélectionné pour le Mondial. Un moment important pour lui.

    Gerónimo Rulli

    Une saison à Montpellier (2019-20) et un rebond. Prêté par la Real Sociedad (San Sebastian), il assume la succession de Benjamin Lecomte d’un tour de main. Gardien fiable, affable, il atterrit à Villareal, puis à l’Ajax Amsterdam. Avant de devenir le gardien de l’OM à l’été 2024. Où il y épouse la courbe électrique.

    Que peut-il attendre du Mondial ? Pas grand-chose. Rulli (34 ans, 7 sélections) est la doublure de la star controversée Emiliano Martinez. Héros de l’Argentine au Qatar, honni en France.

    Mousa Tamari

    Un passage fulgurant. À Montpellier, Mousa Tamari, qui arrive libre de Louvain à l’été 2023, explose. Cet ailier spectaculaire repart un an et demi plus tard à Rennes pour 8ME. Contre son gré, pour les besoins financiers du MHSC.

    Premier Jordanien à évoluer dans l’un des cinq grands championnats européens, Tamari (29 ans), proche du prince Hussein ben Abdallah, peut profiter de ce premier Mondial pour exposer son talent aux yeux du monde. Dans une poule compliquée (Argentine, Algérie, Autriche).

    Ramy Bensabaini

    Une saison à Montpellier (2015-16) et une étiquette encombrante. Ramy Bensebaïni (31 ans) arrive dans les petits papiers de Rolland Courbis. L’international algérien lui rend un hommage posthume au regard de sa carrière.

    Trois ans à Rennes, quatre au Borussia Mönchengladbach et trois à Dortmund en font une valeur sûre de la défense de l’Algérie.

    Les Fennecs peuvent surprendre dans une poule difficile (Argentine, Autriche, Jordanie), si les partenaires de Riyad Mahrez, ancien joueur de Manchester City, se libèrent.

    Ellyes Skhiri

    Le fantôme d’Ellyes Skhiri rôde à la Mosson. Le Lunellois (31 ans) a laissé une trace profonde à Montpellier. Celle d’un milieu fiable, d’un jeune capitaine respecté et d’un nouvel international tunisien. Skhiri quitte son club formateur en 2019 aux bornes de l’Europe. Il passe quatre ans à Cologne (2019-23), trois autres à Francfort. Capitaine de la Tunisie, dirigée par l’ex-Alésien Sabri Lamouchi, Skhiri participe à sa 3e Coupe du monde. Sans espoir d’être en 16e de finale ? Pas vraiment (Pays-Bas, Japon, Suède).

    Nathanël Mbuku

    La grosse côte pour Nathanël Mbuku (24 ans) et la République démocratique du Congo. Prêté l’an passé par le club allemand d’Augsbourg, le milieu offensif, formé à Reims, n’a pas levé toutes les interrogations à Montpellier. Au sein de l’attaque la moins efficace des candidats à la montée.

    Les Congolais voulaient être au Mondial pour la première fois depuis 1974. Ils ont franchi deux barrages à l’automne (Cameroun, Nigéria) et au printemps (Jamaïque) pour y être. Signe d’une force mentale salvatrice avant de défier le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan ?

    Rédouane Halal

    Il vient de loin. De la Paillade. De l’Atlas Paillade. Le défenseur Rédouane Halal (23 ans) a passé huit ans (2015-23) à Montpellier, mais n’a pas été préservé. Il est parti à l’Atlético de Madrid, puis à Malines (Belgique). Le nouveau sélectionneur du Maroc Mohamed Ouahbi, ancien formateur à Anderlecht, a fait appel à lui lors des matchs de préparation en mars. Le voilà au sein du groupe du Maroc, demi-finaliste au Qatar et plein d’ambition (Brésil, Haïti, Écosse). Pour en être la surprise ?

  • Une unité mobile de production d’eau réutilisable testée dans la métropole

    Une unité mobile de production d’eau réutilisable testée dans la métropole

    Comment limiter les prélèvements d’eau douce naturelle grâce à l’utilisation d’eau recyclée multi-usage ? C’est la question à laquelle s’attelle le projet « Life Rewa », porté par la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier en partenariat avec l’Université de Montpellier-Institut européen des membranes et DV2E, un bureau d’étude spécialisé dans la réutilisation des eaux usées traitées.

    Financé par l’Europe suite à un appel à projets victorieux mais aussi par la Région Occitanie et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée et Corse, ce projet précurseur en France a pour objectif de mettre à disposition une nouvelle ressource : de l’eau recyclée produite à partir d’eaux usées traitées par les stations d’épuration. Avec ses treize stations, la métropole montpelliéraine rejette environ 32 millions de mètres cubes d’eaux usées traitées chaque année dans la mer et les cours d’eau, dont seul 0,01% sont actuellement réutilisés…

    La collectivité a donc eu l’idée de construire une unité mobile produisant de l’eau recyclée de différentes qualités, adaptée à une grande diversité d’usages : nettoyage des espaces publics, hydrocurage des réseaux, lutte contre les incendies, arrosage des espaces verts ou encore irrigation agricole. « Dans un container transporté sur un camion, la société Chemdoc Water Technologies a conçu un dispositif de traitement qui permet de prendre les eaux usées en sortie de station d’épuration et de les traiter à un niveau plus poussé », explique Laurence Burgaud, directrice adjointe à la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier.

    Objectif : 110 000 m3 d’eau produits sur un an

    « Ce container contient un ensemble de technologies embarquées qui sont des technologies de membranes, d’osmose, de désinfection… complémentaires au traitement existant dans les stations d’épuration et qui permettent de faire plusieurs qualités d’eau », poursuit-elle. Cette eau est ensuite stockée dans des bâches afin d’être réutilisée pour des usages ciblés. « Une qualité A ou A+ pourra être utilisée pour le nettoyage des rues et la défense incendie. Une eau de qualité B, un peu moins bonne, pourra servir pour des espaces verts », illustre Laurence Burgaud. Les agriculteurs pourront eux aussi bénéficier de cette eau, dans le cadre d’une convention d’usage signée avec la collectivité.

    5 stations d’épuration de la métropole ont été choisies pour tester ce dispositif : Lattes, Fabrègues, Cournonterral, Villeneuve-lès-Maguelone et Saint-Georges-d’Orques. Des bornes spécifiques y ont été installées, permettant aux bénéficiaires (services communaux, pompiers, agriculteurs…) de se connecter avec un badge et de remplir leur camion-citerne. La collectivité s’est fixé l’objectif de produire 110 000 m³ sur un an. Mais pour l’heure, le dispositif est encore en phase de rodage. « On a eu énormément de mal -2 ans- à avoir les autorisations administratives de la préfecture nous autorisant à utiliser cette eau. On nous a imposés 6 mois d’essai sans distribution, afin de s’assurer que la qualité de l’eau sera au rendez-vous et ne générera aucun risque pour les utilisateurs. La distribution commencera donc à la fin de l’année », indique la directrice adjointe de la Régie des eaux.

    Au terme de l’expérimentation, prévue pour durer deux ans (jusqu’à fin 2028), le dispositif ne pourra être pérennisé que sur deux stations. En effet, « l’eau qui sort des stations d’épuration sert au soutien d’étiage des cours d’eau en été et aujourd’hui, la doctrine départementale est de dire que les rivières ont besoin de cette eau. L’objectif est donc de ne pas la détourner pour des usages quels qu’ils soient. Ce dispositif ne pourra donc être maintenu que sur des stations littorales, où l’eau est rejetée dans la mer, à savoir Villeneuve-lès-Maguelone et Maera », explique Laurence Burgaud. Ce projet « alimentera également des publications de la recherche et développement et permettra une amélioration de la connaissance sur les effets du stockage sur la qualité de l’eau réutilisable ».

  • En Catalogne, des usines de dessalinisation pour faire face à la sècheresse

    En Catalogne, des usines de dessalinisation pour faire face à la sècheresse

    Deux cents millions de litres d’eau par jour. C’est la capacité de production de l’usine de dessalement du Llobergat, à Barcelone. Gérée par l’entreprise publique Ens d’Abastament d’Aigua Ter-Llobregat. L’usine permet de diversifier les sources d’approvisionnement en eau, notamment en période de sécheresse. « Lors de la sécheresse de 2021-2025, l’utilisation de l’eau superficielle est passée de 44 à 19% tandis que celle de l’eau dessalée est passée 14 à 23% », détaille Manel Giraldo, directeur des relations institutionnelles à Agües de Barcelona, une filiale de Veolia.

    Mise en service en 2009, l’usine de dessalement du Llobergat distribue de l’eau potable à 154 municipalités catalanes, soit cinq millions d’habitants. « Nous captons l’eau à 2,2 km des côtes, soit à 32 mètres de profondeur. Deux tours de 4m de diamètre récupèrent l’eau qui est envoyée via des canalisations vers la station de dessalement, à plus de 3 km », fait valoir Carlos Miguel, directeur de la station. Le procédé se déroule en plusieurs étapes : un premier traitement par flottation afin d’éliminer les micro-organismes et les algues suivi de plusieurs filtrations dont une par osmose inverse, avant d’être reminéralisée afin d’être consommée. « Sur 100 litres d’eau salée, nous obtenons 45 litres d’eau douce », poursuit Carlos Miguel. Le reste étant rejeté dans la mer. La méthode est louée notamment pour sa complémentarité avec la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). « Lors de fortes pluies, beaucoup de matière est en suspension, la qualité de l’eau du fleuve n’est pas bonne, ce qui fait que les usines de Reut ne peuvent fonctionner. Il faut donc utiliser le dessalement », insiste Carlos Miguel. Si aucun impact sur la faune et la flore marines n’est à relever selon le directeur de l’usine, son coût est néanmoins plus élevé que la Reut. « Alors que l’eau issue de la Reut et d’une station de potabilisation a un coût de 32 centimes le mètre cube, celui d’une usine de dessalement est de 64 centimes », observe Miquel Paraira, directeur de la qualité de l’eau à Aigües de Barcelona. Deux projets d’usine sont déjà dans les cartons, portant à quatre le nombre d’usines de dessalement en Catalogne.

  • Le savoir se partage en plein air à Montpellier

    Le savoir se partage en plein air à Montpellier

    Dimanche 7 juin, au pied d’un immeuble du quartier populaire de La Paillade, les « Cours dehors » ont fait leur retour dans une édition spéciale consacrée aux oraux du bac. Trois élèves de Première et trois de Terminale y ont présenté des sujets susceptibles de tomber en fin de mois : littérature pour l’oral de français, économie, sciences ou philosophie pour le grand oral.

    Un second rendez-vous est prévu dimanche 14 juin à 15h au Jardin des Plantes, pour poursuivre cette mise en partage des savoirs avec les habitants.

    Cette initiative s’inscrit dans PailladeCampus, projet porté depuis plus de cinq ans par Nourdine Bara avec l’idée de faire de La Paillade une école à ciel ouvert. « J’ai cette sensation que libérer les savoirs enfermés, libérer la jeunesse dehors, est de nature à réenchanter un tout petit peu nos vies, à transfigurer la ville, à lui amener ce qui lui manque d’espoir, ce qui nous manque de solidarité, ce qui nous manque de dialogue entre la jeunesse et le public », explique-t-il.

    Les élèves prennent ainsi la parole dans des parcs, sur des places, au pied des immeubles, devant les habitants, dans un cadre qui donne à l’exercice scolaire une portée collective.

    Jeunesse ambassadrice

    de savoirs

    Pour Nourdine Bara, l’école dehors telle qu’il la défend ne consiste pas seulement à déplacer les cours dans la nature. « On est vraiment dans une autre idée de relation à la ville, de relation aux habitants », souligne-t-il. À La Paillade, les jeunes sont placés « au cœur de la cité » avec une « fonction sociale » : partager des connaissances. « C’est une jeunesse ambassadrice de savoirs sur l’espace public », précise-t-il avec fierté.

    L’enjeu, insiste-t-il, dépasse la préparation scolaire. « J’aime l’idée que ces jeunes, qui vont présenter un devoir qui normalement est à usage unique devant un jury, trouvent à cet effort une autre gratification », confie-t-il. Dans la rue, ils peuvent éprouver « le plaisir très humain d’avoir intéressé des gens, d’avoir suscité des questions et des encouragements ». L’exercice peut aussi les aider à aborder l’oral « plus en confiance ».

    Mais Nourdine Bara place surtout son projet du côté du lien social : « Ce qui m’intéresse, c’est qu’il leur reste quelque chose qui grandit l’être qui est en eux. » Une ambition appelée à s’élargir dès la rentrée prochaine, avec la Maison de l’architecture de l’Occitanie Méditerranée : « On va travailler avec un urbaniste, des élèves en architecture, des concepteurs d’agora, pour déterminer dans la ville ces endroits où nous pourrions, comme à La Paillade, créer des lieux de rendez-vous récurrents où des jeunes, de tout-petits jusqu’à des universitaires, viendraient faire le partage de savoirs au micro. » À La Paillade, le savoir ne se récite plus seulement devant un jury : il se partage, dehors, avec toute la ville.

  • AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    Elles et ils tiennent l’école inclusive à bout de bras, souvent dans le silence des couloirs, entre deux salles de classe, deux établissements, deux élèves aux besoins différents. Mardi 9 juin, les AESH ont quitté l’ombre pour prendre la rue. À l’appel d’une intersyndicale réunissant notamment FSU, Unsa, CFDT, CGT et Sud Éducation, les accompagnants d’élèves en situation de handicap se sont mobilisés partout en France, et fortement en Occitanie : à Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès, devant les rectorats, inspections académiques, sous-préfectures ou théâtres municipaux.

    Partout, le même cri sourd : assez de la précarité organisée. À Montpellier, environ 150 personnes ont défilé jusqu’au rectorat. Parmi elles, Clémence Simier, AESH depuis onze ans dans une école montpelliéraine. « Les AESH en ont marre d’être payés sous le seuil de pauvreté », résume-t-elle. À ses yeux, l’annonce ministérielle d’une possible fonctionnarisation limitée à 10 ou 20% des accompagnants ne répond en rien à l’urgence. « Nous, on veut que ce soit tout le monde. On veut un statut avec un salaire décent. »

    La précarité en héritage

    Dans l’académie de Montpellier, les AESH sont près de 8 000. Dans le Gard, environ 1 800. Un maillon devenu indispensable, mais maintenu dans une fragilité permanente : contrats incomplets, salaires autour de 1 000 euros, affectations mouvantes, manque de formation, temps de préparation invisible. À Béziers, une quarantaine d’AESH ont dénoncé des contrats imposés à 24 heures et des rémunérations sous le seuil de pauvreté. À Alès, même colère devant la sous-préfecture.

    Car derrière les sigles, il y a des vies cabossées par des fins de mois impossibles. À Montpellier, Sandrine Brunie, AESH depuis vingt ans, raconte un salaire de 960 euros mensuels, malgré deux décennies d’expérience. Elle accompagne 8 élèves en dispositif Ulis, passe d’une classe à l’autre, adapte, rassure, reformule, soutient. Un métier « humain », dit-elle, mais usant. Et surtout trop peu reconnu : « Sans AESH, les professeurs auraient beaucoup de mal à gérer les classes, quant aux enfants, ils seraient livrés à eux-mêmes, avec leurs difficultés. »

    À Nîmes, une trentaine de manifestants se sont rassemblés devant l’inspection académique avant d’être reçus par le Dasen. Ingrid Poitevin, AESH depuis 18 ans à Gallargues, décrit « des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader ». Elle raconte les élèves multiples, les changements d’établissement, le personnel traité « comme des pions ». Et prévient : « Le système manque de moyens et ne respecte personne : ni les AESH, ni les enfants et leur famille, ni les enseignants. »

    Un statut pour toutes

    et tous

    Au cœur de la colère, la généralisation des pôles d’appui à la scolarité, les PAS, inquiète fortement. Les syndicats redoutent une nouvelle couche administrative qui éloignerait les AESH de leur cœur de métier : l’accompagnement concret des enfants. Certains craignent aussi que l’individualisation des suivis disparaisse au nom d’une gestion comptable de la pénurie.

    Les revendications, elles, sont claires : création d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B pour toutes et tous, temps complet reconnu, revalorisation salariale, formations qualifiantes et moyens humains à la hauteur des besoins. Une prochaine réunion ministérielle est annoncée le 17 juin. D’ici là, les AESH veulent maintenir la pression. Car dans les classes, chaque absence se voit aussitôt. Et ce sont les enfants les plus fragiles qui en paient le prix.