Tag: Hérault

  • Le savoir se partage en plein air à Montpellier

    Le savoir se partage en plein air à Montpellier

    Dimanche 7 juin, au pied d’un immeuble du quartier populaire de La Paillade, les « Cours dehors » ont fait leur retour dans une édition spéciale consacrée aux oraux du bac. Trois élèves de Première et trois de Terminale y ont présenté des sujets susceptibles de tomber en fin de mois : littérature pour l’oral de français, économie, sciences ou philosophie pour le grand oral.

    Un second rendez-vous est prévu dimanche 14 juin à 15h au Jardin des Plantes, pour poursuivre cette mise en partage des savoirs avec les habitants.

    Cette initiative s’inscrit dans PailladeCampus, projet porté depuis plus de cinq ans par Nourdine Bara avec l’idée de faire de La Paillade une école à ciel ouvert. « J’ai cette sensation que libérer les savoirs enfermés, libérer la jeunesse dehors, est de nature à réenchanter un tout petit peu nos vies, à transfigurer la ville, à lui amener ce qui lui manque d’espoir, ce qui nous manque de solidarité, ce qui nous manque de dialogue entre la jeunesse et le public », explique-t-il.

    Les élèves prennent ainsi la parole dans des parcs, sur des places, au pied des immeubles, devant les habitants, dans un cadre qui donne à l’exercice scolaire une portée collective.

    Jeunesse ambassadrice

    de savoirs

    Pour Nourdine Bara, l’école dehors telle qu’il la défend ne consiste pas seulement à déplacer les cours dans la nature. « On est vraiment dans une autre idée de relation à la ville, de relation aux habitants », souligne-t-il. À La Paillade, les jeunes sont placés « au cœur de la cité » avec une « fonction sociale » : partager des connaissances. « C’est une jeunesse ambassadrice de savoirs sur l’espace public », précise-t-il avec fierté.

    L’enjeu, insiste-t-il, dépasse la préparation scolaire. « J’aime l’idée que ces jeunes, qui vont présenter un devoir qui normalement est à usage unique devant un jury, trouvent à cet effort une autre gratification », confie-t-il. Dans la rue, ils peuvent éprouver « le plaisir très humain d’avoir intéressé des gens, d’avoir suscité des questions et des encouragements ». L’exercice peut aussi les aider à aborder l’oral « plus en confiance ».

    Mais Nourdine Bara place surtout son projet du côté du lien social : « Ce qui m’intéresse, c’est qu’il leur reste quelque chose qui grandit l’être qui est en eux. » Une ambition appelée à s’élargir dès la rentrée prochaine, avec la Maison de l’architecture de l’Occitanie Méditerranée : « On va travailler avec un urbaniste, des élèves en architecture, des concepteurs d’agora, pour déterminer dans la ville ces endroits où nous pourrions, comme à La Paillade, créer des lieux de rendez-vous récurrents où des jeunes, de tout-petits jusqu’à des universitaires, viendraient faire le partage de savoirs au micro. » À La Paillade, le savoir ne se récite plus seulement devant un jury : il se partage, dehors, avec toute la ville.

  • AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    Elles et ils tiennent l’école inclusive à bout de bras, souvent dans le silence des couloirs, entre deux salles de classe, deux établissements, deux élèves aux besoins différents. Mardi 9 juin, les AESH ont quitté l’ombre pour prendre la rue. À l’appel d’une intersyndicale réunissant notamment FSU, Unsa, CFDT, CGT et Sud Éducation, les accompagnants d’élèves en situation de handicap se sont mobilisés partout en France, et fortement en Occitanie : à Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès, devant les rectorats, inspections académiques, sous-préfectures ou théâtres municipaux.

    Partout, le même cri sourd : assez de la précarité organisée. À Montpellier, environ 150 personnes ont défilé jusqu’au rectorat. Parmi elles, Clémence Simier, AESH depuis onze ans dans une école montpelliéraine. « Les AESH en ont marre d’être payés sous le seuil de pauvreté », résume-t-elle. À ses yeux, l’annonce ministérielle d’une possible fonctionnarisation limitée à 10 ou 20% des accompagnants ne répond en rien à l’urgence. « Nous, on veut que ce soit tout le monde. On veut un statut avec un salaire décent. »

    La précarité en héritage

    Dans l’académie de Montpellier, les AESH sont près de 8 000. Dans le Gard, environ 1 800. Un maillon devenu indispensable, mais maintenu dans une fragilité permanente : contrats incomplets, salaires autour de 1 000 euros, affectations mouvantes, manque de formation, temps de préparation invisible. À Béziers, une quarantaine d’AESH ont dénoncé des contrats imposés à 24 heures et des rémunérations sous le seuil de pauvreté. À Alès, même colère devant la sous-préfecture.

    Car derrière les sigles, il y a des vies cabossées par des fins de mois impossibles. À Montpellier, Sandrine Brunie, AESH depuis vingt ans, raconte un salaire de 960 euros mensuels, malgré deux décennies d’expérience. Elle accompagne 8 élèves en dispositif Ulis, passe d’une classe à l’autre, adapte, rassure, reformule, soutient. Un métier « humain », dit-elle, mais usant. Et surtout trop peu reconnu : « Sans AESH, les professeurs auraient beaucoup de mal à gérer les classes, quant aux enfants, ils seraient livrés à eux-mêmes, avec leurs difficultés. »

    À Nîmes, une trentaine de manifestants se sont rassemblés devant l’inspection académique avant d’être reçus par le Dasen. Ingrid Poitevin, AESH depuis 18 ans à Gallargues, décrit « des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader ». Elle raconte les élèves multiples, les changements d’établissement, le personnel traité « comme des pions ». Et prévient : « Le système manque de moyens et ne respecte personne : ni les AESH, ni les enfants et leur famille, ni les enseignants. »

    Un statut pour toutes

    et tous

    Au cœur de la colère, la généralisation des pôles d’appui à la scolarité, les PAS, inquiète fortement. Les syndicats redoutent une nouvelle couche administrative qui éloignerait les AESH de leur cœur de métier : l’accompagnement concret des enfants. Certains craignent aussi que l’individualisation des suivis disparaisse au nom d’une gestion comptable de la pénurie.

    Les revendications, elles, sont claires : création d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B pour toutes et tous, temps complet reconnu, revalorisation salariale, formations qualifiantes et moyens humains à la hauteur des besoins. Une prochaine réunion ministérielle est annoncée le 17 juin. D’ici là, les AESH veulent maintenir la pression. Car dans les classes, chaque absence se voit aussitôt. Et ce sont les enfants les plus fragiles qui en paient le prix.

  • De l’eau usée traitée au robinet des Barcelonais

    De l’eau usée traitée au robinet des Barcelonais

    En 2021, la Catalogne est frappée par un épisode de sécheresse intense. Elle durera quatre ans et marqua profondément la région espagnole. « Au pic de la sécheresse, les réserves des cinq barrages étaient de 14%. C’était un moment délicat », raconte Josep Lluis Armentier-Ferrand, directeur de l’agence catalane de l’eau. En effet, alors que sur une période dite « normale » de 56 mois, 3 000 hm3 sont contenus dans les barrages, sur la même période concernant la sécheresse 2021-2025, le volume est passé à 1 500 hm3, soit une baisse de 51%. « L’aquifère alimentant Barcelone est même descendu jusqu’à neuf mètres en dessous du niveau de la mer », poursuit le directeur. Aujourd’hui, le niveau est à peine remonté à zéro mètre.

    Un coup de stress pour les 5,5 millions d’habitants de la métropole de Barcelone. Dès lors, il a fallu innover et mettre les bouchées doubles pour faire face à ce déficit hydrique, amené à se reproduire plus fréquemment sous l’effet du dérèglement climatique. C’est ainsi que les pouvoirs publics ont décidé de miser sur des usines de dessalement (lire ci-dessous) mais également sur la réutilisation des eaux usées traitées (Reut) via les stations d’épuration. Notamment celle de Baix Llobregat -construite au pied du fleuve Llobregat- gérée par Aigües de Barcelona, filiale de Veolia.

    Injection dans l’aquifère

    Capable de traiter 375 000 m3 d’eau par jour, elle est l’une des plus grande d’Europe. « Ici, nous produisons deux qualités d’eau. La première concerne l’usage “pré-potable”, notamment pour l’agriculture, l’augmentation des débits du fleuve ou encore le nettoyage des rues. Le traitement se fait par microfiltration, l’eau passe dans des membranes de 10 micromètres avant d’être désinfectée par rayonnement ultraviolet », détaille Claudia Carbonell, directrice de la station de Baix Llobregat.

    Et c’est là que l’innovation opère. « L’eau traitée va être rejetée 16 km en amont du fleuve Llobregat pour y être mélangée. L’eau sera ensuite acheminée et récupérée par la station de potabilisation de Sant Joan Despi. C’est ce qu’on appelle la potabilisation indirecte », souligne Miquel Peraira, directeur de la qualité de l’eau à Aigües de Barcelona. Ainsi, au plus fort de la crise, pas moins de 1 500 litres ont été injectés dans le fleuve par seconde, représentant jusqu’à 25% de la consommation d’eau de la métropole de Barcelone. Préalablement à cet usage intensif, des tests avaient été effectués en 2019 : sur 376 composés analysés, un seul dépassait la valeur guide, le 1,4 dioxane. « Mais nous avons repéré les deux industries qui déversaient ce polluant et elles ont arrêté », fait valoir Miquel Peraira.

    La station de Baix Llobregat lutte également contre l’intrusion saline. En plus du traitement UV, une partie suivra une filtration par osmose inverse. « Cela permet d’avoir une meilleure qualité de l’eau, qui sera injectée directement dans l’aquifère à 70m de profondeur », reprend Claudia Carbonell. Des procédés novateurs qui ont permis aux Barcelonais de passer la période de sécheresse sans avoir à couper le robinet. « Durant la sécheresse 2021-2025, 70% de l’eau était d’origine naturelle. L’objectif en 2030 est d’inverser ce rapport : 30% d’eau naturelle et 70% d’eau nouvelle, donc il faut augmenter les capacités de production de la région », fait valoir Josep Lluis Armentier-Ferrand.

    Il estime le coût -avec les usines de dessalement- à 2,5 milliards d’euros. De nouveaux projets sont d’ores et déjà sur les rails.

  • Deux organisateurs du teknival interpellés

    Deux organisateurs du teknival interpellés

    Piégée par les festivaliers qui sont parvenus à organiser le teknival du 6 au 9 juin dans l’Hérault à la frontière avec le Gard malgré le déclenchement du plan « rave bleu », la préfecture de l’Hérault a tenté d’afficher une image de fermeté mercredi 10 juin.

    Lors d’un point presse organisé par Chantal Mauchet, la préfète, et le colonel Frédéric Schneider, commandant en second du groupe de gendarmerie, le détail de la répression de cette rave party illégale a été détaillé. Ainsi, 160 gendarmes par jour ont été mobilisés pour empêcher d’autres festivaliers d’accéder au site. 4 525 personnes et 1 812 véhicules ont été contrôlés à l’arrivée ou à la sortie du teknival. L’opération a donc coûté 105 000 euros à l’État, assure la préfète.

    457 amendes forfaitaires ont ainsi été dressées, non pour la participation à cette fête géante mais pour détention de produits stupéfiants, détention d’armes blanches ou défaut d’assurance. 1 111 infractions au code de la route ont également été recensées pour « non-respect de l’arrêté préfectoral notamment ». Deux organisateurs ont été identifiés, interpellés et entendus pour l’organisation sans déclaration préalable d’un événement festif. Une quinzaine d’enceintes ainsi qu’un groupe électrogène ont aussi été saisis mais la sonorisation principale n’a pas pu être retrouvée dans son intégralité. Les pompiers sont également intervenus une dizaine de fois pour des malaises ou pour des chutes.

    L’autre point noir de ce teknival a été l’altercation survenue entre un riverain et plusieurs festivaliers. Ceux-ci ont tambouriné à sa porte en pleine nuit, ont tenté de pénétrer chez lui et se sont même baignés dans sa piscine. Après une bousculade, ils seraient aussi partis avec sa canne. « Quand on a appris cette histoire, on a essayé de retrouver ces personnes », raconte un organisateur. « Mais c’était impossible de savoir qui c’était. On a décidé de lancer une petite cagnotte entre nous pour lui renvoyer une canne. »

    Des propriétaires ont également déposé plainte, a annoncé Chantal Mauchet. Les communes concernées pourraient également saisir la justice dans les prochains jours. La préfète a par ailleurs annoncé qu’elle se constituerait partie civile pour obtenir le remboursement des moyens engagés.

  • Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Ils sont nombreux à descendre, à pied, en voiture ou en camion, du Causse du Mas neuf, entre Claret et Ferrières-les-Verrerie, vers Pompignan en ce lundi 8 juin. Yeux fatigués mais sourire aux lèvres, certains se sont effondrés sur les bancs publics pour reprendre quelques forces. Ces fêtards ont participé au teknival « Tankarville, la riposte des chaussettes sales ». « Je suis un passionné de musique et de fête. Il faut vraiment venir sur place pour comprendre l’ambiance », explique Nicolas*, un jeune d’une vingtaine d’années qui a déjà participé à des free parties un peu partout en Europe.

    Ce rassemblement illégal a débuté au petit matin du samedi 6 juin. Dans un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre après que la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet avait déclenché le plan « rave bleu », les festivaliers ont brouillé les pistes toute la nuit. Des centaines de voitures et camions s’étaient en effet rassemblées au nord de l’Hérault et dans le sud du Gard, avant de se rejoindre à Ferrières-les-Verreries vers 4 heures du matin. Sonos, amplis, scènes, château gonflable ont ainsi été rapidement installés. 160 gendarmes ont alors été dépêchés sur place et ont fermé les routes départementales pour empêcher l’accès au site (même aux journalistes !).

    Rassemblement antifa

    Pour accéder au teknival, il a donc fallu déposer sa voiture en bord de route et emprunter à pied les chemins dans la garrigue pendant près d’une heure. « Je l’ai fait samedi matin, à 5 heures du matin, en pleine nuit », témoigne un participant, tatoué de la tête aux pieds, une tente sur le dos, qui confirme avoir aidé d’autres festivaliers à sortir leur camion du fossé. Si la préfecture annonçait avoir contenu le rassemblement à 2 000 personnes, beaucoup estimaient plutôt le nombre de participants à 5 000.

    Guidé par la musique, il faut donc traverser des zones boisées pour apercevoir les premiers camions. Mais avant d’arriver, une voix résonne dans la forêt : « Si tu peux faire le tour, ici c’est une zone Natura 2000. » Max*, deux sacs-poubelles à la main ramassent tous les papiers toilettes de la zone. « Ce n’est pas le plus marrant mais on tient à laisser la zone propre. » Proche de l’organisation, Max s’est porté volontaire pour le bar et pour nettoyer le site. « La tuile ici c’est la zone Natura 2000. Mais on a rencontré un responsable du site avec qui on a pu échanger. Après, nous avons mis de la rubalise pour empêcher les gens de venir sur cette zone. Il y a aussi une petite fleur jaune qui est protégée donc on a essayé d’en parler, nous avons mis des photos au bar pour que les gens fassent attention. Après la fête, des équipes vont revenir sur le site pour nettoyer », explique-t-il sous le bourdonnement d’un drone qui surveille la zone.

    Participant à des free-parties depuis vingt ans, Max avait levé le pied ces dernières années mais a décidé de revenir face la nouvelle répression policière : « C’est un événement antifasciste et celui-ci avait un vrai message : nous nous opposons à la répression policière et à la loi que le gouvernement tente de passer parce qu’il est inconcevable que des gens aillent en prison pour avoir fait de la musique. » Pendant les trois jours de fête, la culture prônée par les organisateurs, qui se sont appuyés sur de la musique mais aussi du théâtre, des sculptures (dont l’une de 5 mètres de haut ou une autre appelée « la machine à laver les mascu ») et des feux d’artifice, arborait le message d’une opposition à la criminalisation des organisateurs portée par la loi Ripost. Tous reprenaient ainsi le slogan : « Sous les paillettes, la rage. »

    Au-delà de la répression, les teuffeurs voulaient aussi défendre un art de vivre qui s’extrait de la société consumériste et du capitalisme.

    * Les personnes interrogées souhaitaient rester anonymes.

  • Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Ce 10 juin, en fin de journée, un rassemblement s’est déroulé devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, comme devant de nombreuses préfectures de France. Organisées à l’appel des collectifs BougeTaPréf, rassemblant de nombreuses organisations (La Cimade, Réseau universités sans frontières 34, réseau éducation sans frontières 34, Mrap, LDH…), ces actions simultanées visaient à défendre « les droits et la dignité des personnes étrangères, chaque jour un peu plus bafoués ».

    « Maltraitance institutionnelle »

    Depuis plusieurs années déjà – mais la situation s’est encore aggravée ces derniers mois – les difficultés d’accès aux services préfectoraux se multiplient : impossibilité d’obtenir un rendez-vous, absence de réponse de l’administration, retards massifs dans la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour, blocages liés à la dématérialisation des démarches… « Ce qu’on dénonce, c’est la maltraitance institutionnelle », explique Thierry Lerch, Montpelliérain militant à la fois à La Cimade et à RESF.
    « Il y a un dysfonctionnement informatique permanent, au point que dans nos permanences on ne fait plus de juridique, on se concentre uniquement sur l’administratif. On essaye de faire en sorte que les personnes arrêtent de perdre leur travail parce que leur carte de séjour est périmée faute d’avoir réussi à la renouveler pour des questions purement administratives. C’est totalement inadmissible », s’indigne Thierry Lerch, qui dénonce « une fabrique de sans-papiers ». Plusieurs institutions ont d’ailleurs émis des signaux d’alerte : « La Défenseure des droits constate que les réclamations en droit des étrangers ne cessent de croître, le Conseil d’État, dans son arrêt du 5 mai, donne 6 mois à un an à l’État pour mettre fin à certaines carences de l’Anef (Administration numérique des étrangers en France) et les syndicats de magistrats et avocats dénoncent l’engorgement des tribunaux avec des procédures liées à des OQTF (obligation de quitter le territoire français) qui tombent sans arrêt », illustre le militant.

    Autre point noir unanimement dénoncé par les organisations mobilisées : les frais d’inscription différenciés à l’Université pour les étrangers. Dès la rentrée de septembre, les nouveaux étudiants internationaux hors Union européenne devront s’acquitter de 2 895 euros par année de licence et de 3 941 euros par année de master, soit 16 fois le tarif que ces étudiants payaient jusqu’ici. Une mesure jugée « antisociale et xénophobe ».

  • Le Festival des fanfares remet le son

    Le Festival des fanfares remet le son

    Au programme : une vingtaine de fanfares venues de Montpellier, de France, mais aussi de l’étranger, pour deux jours de musique de rue. Le vendredi 12 juin, les fanfares se déploieront dès 20h dans plusieurs quartiers et communes partenaires. Des concerts sont annoncés à Port Marianne, autour du bassin Jacques-Cœur, mais aussi aux Arceaux, à Sainte-Anne, au parc Clémenceau, ainsi qu’à Clapiers, Castelnau-le-Lez et
    Saint-Georges-d’Orques.

    Le samedi 13 juin, le festival retrouvera ses quartiers historiques de Beaux-Arts et Boutonnet. La journée commencera avec des vide-greniers musicaux, notamment sur l’Esplanade de la musique et au parc Babut. À 16h, les fanfares seront présentées place Émile-Combes, avant une grande soirée de concerts de 19h à 1h. Gratuit et ouvert
    à tous, le festival des fanfares garde son esprit de fête de village : un rendez-vous sonore, joyeux et collectif.

  • L’ode au silence de Jaume Plensa au Carré Sainte-Anne

    L’ode au silence de Jaume Plensa au Carré Sainte-Anne

    Un an après sa réouverture avec une exposition de l’artiste JR, qui a attiré plus de 300 000 visiteurs, le Carré Sainte-Anne, à Montpellier, accueille tout l’été, jusqu’au 1er novembre, l’exposition « Mirage », de l’artiste catalan Jaume Plensa.

    Figure incontournable de la sculpture monumentale contemporaine dont les œuvres sont présentes dans l’espace public à travers le monde, Jaume Plensa a eu un véritable coup de cœur pour l’écrin de pierre qui l’accueille à Montpellier, ancienne église reconvertie en espace d’art contemporain. « J’y ai perçu un sentiment de spiritualité énorme », confie-t-il dans un entretien avec le commissaire d’exposition Numa Hambursin. « En entrant dans Sainte-Anne, j’ai eu la sensation immédiate que ces œuvres étaient faites pour ce lieu. »

    Baptisée « Les invisibles », l’œuvre principale et monumentale de l’exposition représente deux visages suspendus sculptés dans une maille de fils d’acier. Le doigt sur les lèvres, ils se font face dans un geste universel pour demander le silence. « Ils sont comme des présences fantasmagoriques dans l’espace ouvert, en position de conversation silencieuse », décrit l’artiste. « Ce n’est pas un silence imposé, insiste Jaume Plensa. Mais l’idée qu’il faut retrouver son calme et baisser la voix. C’est un silence qui permet de créer un état d’âme qui nous rend capables d’écouter. (…) Nous sommes dans un moment très particulier pour le monde, la politique et la société. Tout est extrême et violent. Je crois au contraire qu’il faut parler plus profondément au lieu de parler plus fort. J’ai toujours défendu le silence comme une façon de ressentir et de s’exprimer. »

    Poétique, éthérée, offerte aux jeux de lumière des vitraux, qui dessinent les ombres portées de la maille sur le sol,
    « l’installation ne vient pas s’imposer à l’édifice, mais s’y inscrire avec retenue », souligne Numa Hambursin.

    Outre ces « Invisibles » en tête à tête, trois sculptures de bois représentant des visages de femmes travaillés dans d’anciennes poutres d’un bâtiment démoli ainsi que deux gisants d’albâtre, qui évoquent l’histoire de l’architecture religieuse, complètent cette exposition, qui célèbre le silence et la beauté.

    * Entrée libre

  • À Montpellier, une association de parents réclame la clim dans les écoles

    À Montpellier, une association de parents réclame la clim dans les écoles

    « La chaleur n’est pas une question de confort, c’est une question de santé. Un coup de chaud peut aller, dans les cas les plus graves, jusqu’à engager le pronostic vital d’un enfant », assure Murielle Kosman. « On ne nie pas un investissement de la part de la Mairie, qui se traduit par certains aménagements dans les écoles. Mais ça reste pour le moment en grand décalage avec le terrain. Quand, dès 8h30 du matin, il fait 31-32 degrés dans une classe alors qu’on n’est qu’en vigilance jaune, ce n’est pas parce que vous avez posé un plafonnier ou mis quelques stores que ça rend les classes supportables », illustre la représentante de l’association de parents d’élèves du primaire Une école un avenir, qui alerte depuis 2022 sur cette problématique.

    Ne pas opposer écologie

    et protection

    La Mairie de Montpellier a également engagé un plan de végétalisation des cours pour rafraîchir les écoles, « mais ça s’inscrit sur du long terme, à raison de 5 cours par an et encore quand elles sont réalisées, car cette année on a appris qu’il y en avait 3 qui ne seraient pas faites pour cause de budget », indique Murielle Kosman.

    Les écoles sont également dotées d’« une pièce climatisée, généralement une salle polyvalente. Mais ça reste une pièce pour l’ensemble d’une école, donc parfois pour 12 classes… », déplore la représentante de l’association. Une école un avenir a déjà saisi à deux reprises la justice en référé-liberté (2022 et 2025) face aux conditions d’exposition à la chaleur dans les écoles. « On verra si on a besoin de le faire également cette année. On envisage aussi d’engager une procédure sur le fond, car la problématique dépasse largement les écoles de Montpellier. Il faudrait peut-être que l’État s’implique, sous forme d’un plan national par exemple. »

    Pour l’heure, l’association demande l’établissement de normes claires : « Les escalopes, les œufs, on sait à quelle température ça se garde. Nos enfants, non ! Ce flou juridique fait qu’il n’y a pas d’obligation opposable » ; elle demande également que soient rendus obligatoires, dès le passage en alerte jaune canicule, le relevé et l’affichage, à l’entrée de l’école, des températures dans chaque classe, à 8h30 et 13h30, « afin que les parents soient informés ». Enfin, Une école un avenir réclame « l’installation de la climatisation de manière immédiate dans toutes les classes ou a minima les plus exposées, tant qu’on n’aura pas rénové le bâti. On ne peut pas opposer l’argument de l’écologie à la santé. On est sur de l’accueil du public, en l’occurrence de jeunes enfants, et dans les lieux d’accueil du public, partout ailleurs il y a la climatisation. Cet argument n’est pas recevable », considère Murielle Kosman.

    A.G.

  • Le lycée Jean-Moulin de Béziers miné par la vétusté des équipements

    Le lycée Jean-Moulin de Béziers miné par la vétusté des équipements

    « Les dysfonctionnements du réseau paralysent l’ensemble des missions quotidiennes des personnels », alertent, dans un communiqué commun, les représentants des sections locales CGT, SUD et Unsa du lycée Jean-Moulin, à Béziers. « Certains collègues des filières professionnelles ne peuvent littéralement plus assurer leurs cours. »

    Si les syndicats de l’établissement sont aujourd’hui désemparés, c’est notamment car l’un de leurs principaux outils de travail, les ordinateurs sont d’une vétusté si avancée que le travail des enseignants en devient impossible. Des « machines vieillissantes, toujours sous Windows 7 — système abandonné par Microsoft depuis janvier 2020 », utilisées quotidiennement pour des tâches allant de la notation des présences et absences des élèves à la communication aux familles, ou encore à la projection de cours dans les salles de classe. Des machines frappées par un virus informatique qui rend ces simples tâches impossibles à réaliser.

    Une rénovation

    qui se fait désirer

    « Entre la vétusté, la problématique des mises à jour, l’accès aux drivers sur les applications, l’accès aux drivers sur les imprimantes par exemple, les professeurs ne peuvent même plus imprimer, ils ne peuvent plus utiliser les ordinateurs pour projeter en classe », développe Maxime Barbazange, représentant de l’UL CGT de Béziers et salarié de l’Éducation nationale. Il prend la parole pour dénoncer une situation qui rend le travail de ses collègues très compliqué et s’étonne de la réaction de la direction de l’établissement qui, après avoir reçu les plaintes du corps enseignant, aurait proposé aux professeurs en guise de solution d’apporter leurs ordinateurs personnels. « On est des fonctionnaires d’État, on doit avoir du matériel pour bosser », assène-t-il.

    Dans un article publié dans Midi Libre, la direction de l’établissement a appelé à la patience. Une réponse qui peine à convaincre le personnel éducatif dont la moitié du parc informatique est inutilisable depuis la rentrée des vacances de printemps. Que ce soit au niveau des bâtiments ou du matériel informatique, Maxime Barbazange rappelle que « la Région est en retard sur la rénovation », bien que la direction se targue de l’avancement de cette dernière.

    Les sections locales CGT, SUD et Unsa de l’établissement rappellent également que « le lycée Jean-Moulin accueille des élèves dont le niveau de vie figure parmi les plus faibles de France. Ce sont précisément ces jeunes, ceux qui n’ont pas les moyens de pallier par eux-mêmes les défaillances de l’institution, qui pâtissent le plus de l’absence d’outils numériques fonctionnels, de locaux dégradés et d’une infrastructure vétuste. » Les quelque 3 000 élèves de l’établissement, actuellement en période d’examens du baccalauréat, ont passé les épreuves dans des salles de classe à 34 degrés, « dans des conditions déplorables », s’inquiète le dirigeant syndical.

    C’est pourquoi les syndicats accompagnent leur communiqué de plusieurs revendications pour permettre à tous de réussir à travailler et à étudier dans de bonnes conditions, à savoir le remplacement des machines sous Windows 7 par des équipements sous système d’exploitation maintenu et sécurisé, un plan de rénovation complet et chiffré pour l’ensemble des locaux dégradés, avec « calendrier contraignant », ou encore de pouvoir échanger avec les élus régionaux au sujet de la situation de ce lycée qui scolarise une grande partie des élèves du Biterrois.

    Sans réponse concrète, les enseignants mobilisés se réservent le droit d’amplifier leur mobilisation.