Tag: habitants

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Il y a du monde qui s’active le long du quai de la friche portuaire abandonnée du Rio, à l’ouest du quartier de l’Estaque. Une vingtaine de navires de plaisance arborant le drapeau palestinien l’ont quitté après escale samedi, cap vers la Sicile. Ils font partie de la flottille Thousand Madleen, dont le but est de briser le blocus organisé par l’armée israélienne à Gaza. « Mille Madleen », la traduction, est un hommage au navire éponyme qui participait à la flottille de la liberté, en 2025, intercepté en eaux internationales dont l’équipage avait été arrêté et détenu avant d’être expulsé d’Israël.

    « Engagés contre l’impérialisme »

    Les équipages sont composés de syndicalistes, militants d’associations et membres de partis politiques. À l’image d’Anouk Brunet, assistante d’éducation au collège Edgard-Quinet de Marseille et syndicaliste CGT Éduc’action : « C’est important de participer à cette initiative en tant que syndicat. » Elle souhaite « apporter un soutien à la communauté éducative sur place ».

    Idée similaire pour Denis Vemclefs, représentant l’Union départementale CGT de Seine-Saint-Denis : « Nous sommes engagés contre l’impérialisme et on soutient Gaza, dans le cadre de la solidarité internationale de la CGT. » L’UD CGT 93 a d’ailleurs financé le navire Nour, prenant part à la flottille, « en même temps que des panneaux solaires à Cuba », précise Denis Vemclefs. Pour ce dernier, « l’internationalisme n’a pas de frontières », et se dit aussi solidaire « du peuple libanais, congolais ou soudanais ».

    Lors de la conférence de presse de Thousand Madleen, la coordinatrice du mouvement Esther Le Cordier a affirmé que cette flottille était un « outil politique », comme celle de 2008. « Nous ne lâcherons rien jusqu’à l’autodétermination de la Palestine », promet-elle. Tout en appelant à des actions à terre contre « le génocide et les guerres impérialistes et coloniales ». L’étudiante à l’Ehess a remercié les habitants de l’Estaque pour « leur accueil et leur solidarité » indispensables. Marseille a répondu présent.

  • L’interco de Carpentras échappe à l’extrême droite

    L’interco de Carpentras échappe à l’extrême droite

    Alain Constant, maire (SE) de Bédoin, succède à Jacqueline Bouyac à la présidence de la CoVe avec 37 voix sur 59 lors du conseil communautaire d’installation, ce mardi 31 mars.

    Celui qui siégeait déjà au sein du bureau de la majorité se réjouit de voir « 23 communes qui décident de travailler ensemble après deux mandats depuis la ville centre ». 23 sur 25, car les élus des majorités d’Aubignan et de Carpentras, toutes deux d’extrême droite, ont voté pour l’autre candidat, Bertrand de la Chesnais (extrême droite). « Avec les autres villages, on va un peu plus avoir le droit au chapitre », note le premier édile de la commune d’un peu plus de 3 000 habitants, au pied du Ventoux.

    Il devance donc Bertrand de la Chesnais, 6e adjoint au maire de Carpentras, Hervé de Lépinau (RN), et qui a également été directeur de campagne d’Éric Zemmour lors de l’élection présidentielle 2022. Les 22 élus affiliés à l’extrême droite sont même sortis de l’assemblée lors de l’élection des vice-présidents, dans la foulée d’un discours particulièrement virulent d’Hervé de Lépinau, qui a même évoqué la possibilité de changer d’intercommunalité.

    Le nouveau président de la CoVe regrette l’attitude du nouveau premier édile de la capitale du Comtat Venaissin. « On a toujours été dans une posture pour travailler ensemble. On est ouverts aux bonnes idées, donc j’espère que ça va évoluer. Sans la ville centre qui participe, c’est tout le territoire qui va en souffrir », appuie-t-il, évoquant de multiples rencontres avec les équipes de l’ancien député et la promesse d’un poste de vice-président qui a finalement été attribué à un autre élu suite à ce départ en trombe.

  • Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    « On est dans un marathon. Il faut pouvoir courir, tenir la distance et de temps en temps accélérer. C’est ce que nous faisons depuis trois semaines avec l’opération Octopus », explique le préfet de région, Jacques Witkowski, devant la presse convoquée sur un parking entre les cités du Mail et de la Busserine (14e), ce mardi.

    « Tous les jours, jusqu’à 300 policiers sont engagés sur le pilonnage des points de deal, des opérations judiciaires de fond et des opérations sur des commerces que nous visons. Ce matin, 900 policiers se sont engagés. Neuf personnes ont été mises en garde à vue pour un trafic de stupéfiants dans une opération conduite par l’Ofast. Un important trafic de voitures volées à destination des pays du Maghreb a été démantelé », détaille le préfet dans ce qui est aussi une opération de communication.

    Signe d’une « accélération concrète » à ses yeux, 660 personnes ont été mises en garde à vue à Marseille depuis le début de l’année, pour 1 370 sur l’ensemble de l’année 2025. « C’est 8 personnes par jour pour trafic de stupéfiants. 500 000 euros de liquidités ont déjà été saisis en trois mois dans les poches des trafiquants et plus de 50 millions d’euros d’avoirs criminels saisis uniquement sur le trafic de stupéfiants. Il faut ajouter 42 millions de marchandises contrefaites sur le Marché du Soleil. C’est du concret. On oppose aux trafics la férocité républicaine et nous continuons, non pas pour faire du spectaculaire, mais pour rendre la ville aux habitants et faire place nette. Il y avait 180 points de deal à Marseille il y a trois ans, nous en avons 80 aujourd’hui », souligne le préfet ravi.

    Sous les yeux d’habitants qui peuvent être choqués par ce safari policiaro-médiatique, deux boulangeries sont investies par des brigades spécialisées sous les caméras et micros tendus. « Le but, c’est de contrôler si les gens sont déclarés socialement, fiscalement. On checke les documents du gérant, son Kbis, si les règles d’hygiène, d’affichage, etc. sont respectées », explique un brigadier, tandis que l’employé farfouille dans ses tiroirs à la recherche d’un tampon. « Aucun policier ne peut être filmé ! », tonne une gradée moquée par les jeunes pour son chapeau. « Eh bien nous aussi on a un droit à l’image ! », réplique une habitante refoulée du magasin. « Bonjour. Bon, tout est carré là derrière ? » sourit le préfet au boulanger, d’abord ébahi d’avoir un si haut représentant de l’État dans son échoppe, avant de se ressaisir : « Oui oui, mais bon, pendant ce temps-là, on vend pas. »

    « Ce n’est pas que du pilonnage de points de deal. On regarde aussi les commerces, le travail dissimulé, s’il n’y a pas de protoxyde d’azote, de vente illégale d’alcool, de tabac », explique Cédric Esson, patron interdépartemental de la police nationale. Le primeur a disparu après avoir baissé le rideau. « Il m’a dit de garder les légumes » bafouille un mineur. À côté, ça se passe mal pour l’autre boulanger et sa femme, qui tient la caisse. « J’ai signé un compromis de vente il y a douze jours, mais je vais créer la société », blêmit le boulanger. « Il y a un truc qui ne va pas. Qui a les clés ? Qui vous dit quoi faire ? Qui a acheté le matériel ? Aujourd’hui, vous n’êtes pas déclarés », bondit un inspecteur du travail. Le préfet découvre, horrifié, les sacs de farine stockés devant les WC au milieu de dizaines de cafards morts.

    « Je suis une habitante du Mail. J’ai trois enfants. Ici, c’est beaucoup dégradé, insalubre. Il y a des fuites de partout. La plupart des appartements sont sans courant », intervient une mère de 35 ans. « Les enfants, ils n’ont pas un endroit où jouer, pas une aire de jeux, parce que voilà, c’est tout le temps pourri. Personne respecte personne. Le gardien, il nettoie, mais il n’y arrive pas tout seul. Moi, je vous dis la vérité, je vois même plus le narcotrafic, je vois plus rien de tout ça. Moi, je vois l’état des appartements. »

  • Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    La Marseillaise : Vous prenez la succession de René Jourdan, qui a passé 37 ans à la tête de la mairie. Que ressentez-vous ?

    Robert Deledda : Une grande joie. Je veux prendre une belle succession car j’ai un profond respect pour René Jourdan. C’était un maire aimé. Je veux poursuivre toutes ses belles réalisations avec un nouveau projet, mais aussi penser à l’avenir.

    Vous n’aviez pas reçu son soutien, qu’il avait apporté à Marc Benoît. Vous étiez son premier adjoint : comment l’avez-vous vécu ?

    R.D. : C’est démocratique. Il y a des élections, il y avait une équipe en place. Les adjoints en place n’ont pas voulu se présenter et c’est Marc Benoît qui s’est présenté avec une partie de l’équipe. Moi, j’ai fait le choix de partir avec quelques conseillers municipaux, mais une équipe nouvelle, compétente et expérimentée, vraiment ancrée dans la vie locale. Ce qui nous a différenciés, c’est la méthode. La mienne, c’est écouter, agir justement, avec beaucoup de proximité, que ce soit avec les mondes associatif ou économique, et les quartiers. Ça a été un atout majeur, car on me connaissait depuis longtemps dans la commune. J’avais aussi mené des projets intéressants, au CCAS, à la résidence autonomie, au sein de l’Audat [Agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise et du Var, Ndlr.], dont j’étais le 3e vice-président.

    La Cadière est une commune historiquement ancrée à gauche. Comment vous positionnez-vous personnellement ?

    R.D. : Notre liste était sans étiquette. Toutes les personnes n’étaient pas intégrées dans un parti politique. Une élection locale se base sur ce qu’on a fait en tant qu’élu, et ce qu’a fait son équipe : est-elle ancrée localement ? J’ai « recruté » dans le milieu associatif, en ciblant tous les quartiers, toutes les catégories socioprofessionnelles et les professions utiles pour notre projet. Moi-même, je n’ai pas de positionnement particulier. J’ai pris mes fonctions dimanche. On va se mettre très rapidement au travail, on va faire ce qu’on a dit et on va le prouver, en étant toujours à l’écoute. Je serai le maire de tous les habitants sans exclusivité. Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général à La Cadière-d’Azur, et je ne dévierai pas de cet emblème.

    Le paysage politique s’est redessiné au sein de la communauté d’agglomération sud Sainte Baume. Quels seront les grands défis ?

    R.D. : On va bientôt faire une réunion avec le bureau des maires. Il faudra trouver un candidat rassembleur pour la présidence. Il y a trois projets sujets aux litiges : le remboursement de la dette du Grand prix F1, l’eau, et le désenclavement de la zone industrielle de Signes. Les communes doivent travailler ensemble et mutualiser certaines compétences. Il faudra trouver des solutions pour régler les problèmes de manière paisible et concertée, au bénéfice des habitants.

  • Grandes villes d’Occitanie : de nouveaux maires et députés

    Grandes villes d’Occitanie : de nouveaux maires et députés

    Si les deux locomotives régionales Toulouse et Montpellier ont réélu leur maire (Jean-Luc Moudenc et Michaël Delafosse), plus de la moitié des grandes villes d’Occitanie ont changé d’édile.

    Parce qu’ils ne se représentaient pas ou qu’ils ont été battus, 14 maires des 27 villes de plus de 20 000 habitants ont laissé la place. Le grand vainqueur est l’extrême droite, qui, après Béziers (2014), Beaucaire (2014) et Perpignan (2020), fait main basse sur
    5 nouvelles villes : Montauban (Didier Lallemand), Carcassonne (Christophe Bathès), Castres (Florian Azéma), Agde (Aurélien Lopez-Liguori) et Bagnols-sur-Cèze (Pascale Bordes).

    La droite récupère Millau (Christophe Saint-Pierre) au PS. Les Républicains dirigeront toujours Castelnau-le-Lez mais avec Julien Miro. Des maires centristes dirigeront Tarbes (Pascal Claverie), Rodez (Stéphane Mazars) et Cugnaux (Aurélien Andreu-Seigné). Enfin, outre Nîmes (Vincent Bouget), la gauche sera aux affaires à Auch (Camille Bonne), Plaisance-du-Touch (Florence Queval) et Cahors (Vivien Coste).

    Touchés par le cumul des mandats, 4 députés RN et 1 Renaissance vont laisser la place à leur suppléant. Dans le Gard Nicolas Meizonnet (Vauvert) passe la main à Caroline Devaux et Pascale Bordes (Bagnols/Cèze) à Catherine Dellong Meng. Dans l’Hérault, Bernard Chaumeil remplace Aurélien Lopez-Liguori (Agde). Dans l’Aude, Édouard Jordan supplée Christophe Barthès (Carcassonne). Et dans l’Aveyron, Pauline Cestrières (Renaissance) remplace Stéphane Mazars (Rodez).

  • À Vitrolles, Loïc Gachon investi pour son quatrième mandat

    À Vitrolles, Loïc Gachon investi pour son quatrième mandat

    Ce dimanche, la salle du conseil de l’hôtel de ville de Vitrolles était pleine, au point que certains sont restés debout. Autour de la grande table, les 39 nouveaux élus étaient tous présents pour ce premier conseil : les 29 élus de la liste divers gauche menée par Loïc Gachon (PS), les huit élus du Rassemblement national et les deux de la liste divers centre. Sans autre candidat face à lui, le maire sortant a été officiellement élu maire de Vitrolles, avec 29 suffrages exprimés contre 10 votes blancs.

    Nouvel adjoint

    pour les Bords de l’étang

    Premier à recevoir son écharpe tricolore, le nouveau maire réaffirme qu’« être maire et élu est un honneur mais aussi une injonction à faire, à agir et à être utile à tous ». Un rôle qu’il réendossera en étant le maire « de ceux qui ont voté pour notre liste. […] ceux qui ont voté pour des listes d’opposition […] ceux qui n’ont pas voté. Mais aussi les mineurs, les étrangers, les habitants de villes voisines et ceux de passage qui vivent Vitrolles au quotidien. »

    Un nouveau mandat dans un conseil où l’extrême droite est plus présente qu’avant, passant de 4 à 8 élus. Une situation qui laisse l’édile sur la réserve : « On verra au fil des débats. Mais j’espère qu’il y aura moins de turnover que l’on a pu connaître car c’est important d’avoir des gens qui restent pour construire des relations, même avec l’opposition. » Malik Mersali, adjoint (PCF) au maire depuis 2014, n’est pas inquiet non plus : « À Vitrolles, il y a toujours eu un fort vote RN. Le fait qu’ils soient plus nombreux au sein du conseil ne change rien, mais ça nous oblige à être plus présents et à continuer les grands projets que l’on a lancés. »

    Un travail que Loïc Gachon compte continuer avec l’assistance de 11 adjoints. Élus comme lui avec 29 suffrages exprimés sur les 39 bulletins de vote, ils sont six néophytes à ce poste. Trois d’entre eux, Isabelle Rovarino, Michel Piquet et Didier Saura se sont vus promus, passant de conseillers délégués à adjoints. Thomas Robert (3e adjoint), Martine Miglior (8e) et Frédéric Izacard (7e) sont eux de nouveaux élus.

    Une entrée dans la vie politique de sa commune qui émeut Martine Miglior (DVG), récemment retraitée. « J’espère porter ce rôle d’adjointe le mieux possible, en étant sur le terrain, et en travaillant en étroite collaboration avec les administrations, car les agents de la fonction publique sont très importants et font un travail de l’ombre essentiel. »

    Lors de ce conseil d’installation, la création d’un rôle d’adjoint au maire spécial pour les Bords de l’étang a été votée à l’unanimité. Un nouveau relais pour ce quartier qui s’est développé au cours des dernières années et qui est géographiquement un peu à l’écart du reste de la ville. « Cet adjoint de quartier va permettre de fluidifier les relations avec les habitants, de répondre de manière peut-être plus fine aux préoccupations et d’apporter des réponses de manière plus directe », explique le maire socialiste, qui se réjouit de son adoption à l’unanimité et que le choix de Malick Sahraoui à ce poste ait été validé par 31 suffrages, contre 8 blancs « soit le mieux élu », sourit l’édile.

    Les adjoints

    Les onze adjoints ont été élus avec 29 suffrages exprimés. Six des adjoints sont nommés pour la première fois et, parmi eux, seuls Thomas Robert, Martine Miglior et Frédéric Izacard sont également des nouveaux élus.

    Premier adjoint : Daniel Amar

    Lalia Attaf

    Thomas Robert

    Maryline Czurka

    Malik Mersali

    Nadine Cuillère

    Frédéric Izacard

    Martine Miglior

  • La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    Une claque à la hauteur du préjudice. Entre 1945 et 2020, la Seyne-sur-Mer a passé 55 ans à gauche, dont 22 sous le mandat de Toussaint Merle, illustre figure communiste de la Résistance. Le RPR (droite) y a exercé le pouvoir par intermittence, mais la cité des chantiers navals finissait toujours par revenir à ses racines ouvrières, portée par une mémoire profondément ancrée dans le fer du syndicalisme industriel.

    Une histoire qui perdure, mais qui n’a pas suffi à empêcher un brutal basculement vers le RN. Son nouveau maire, Dorian Munoz, s’impose avec un score sans appel de 46,31% au second tour. Une question s’impose alors : comment en est-on arrivé là, dans une commune encore ancrée à gauche il y a six ans ? Occulter les responsabilités de cette dernière face à ce tsunami brun serait une erreur d’analyse. Le dernier maire progressiste, Marc Vuillemot (GRS, 2008-2020), n’est sans doute pas parvenu à relancer une ville que de nombreux habitants décrivent comme « en stagnation », voire « à l’abandon », pointant, entre autres, l’état des routes, du centre-ville et des écoles. Mais, dans un contexte d’austérité, est-il judicieux d’élire un parti qui a proposé, et voté, en janvier, une baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales ?

    Trois villes de TPM au RN

    Mais là n’est pas le nœud de la question. En 2020, les Seynois ont élu Nathalie Bicais (LR), à la tête d’une « coalition » composée et recomposée, au fil du mandat, de personnes de sensibilités diverses, de la gauche jusqu’au RN. Un cocktail instable qui a explosé quand la maire a été condamnée à 5 ans d’inéligibilité et remplacée par Joseph Minniti. D’incongrue, la majorité est devenue illisible, au détriment de La Seyne, toujours dans l’immobilisme, symbolisé par le recul sur la construction d’une école et le retard pris dans les projets d’urbanisme. La « faillite » d’une droite « qui a passé son temps à se quereller », pointait Stéphane Sacco, candidat de la liste Uni.e.s à Gauche pour la Seyne, arrivé troisième dimanche soir.

    Dernier épisode : la guerre ouverte entre Joseph Minniti et son ancien adjoint Cheikh Mansour. Le premier, qui avait, lors de son élection, assuré qu’il n’irait pas au-delà de son intérim, est revenu sur sa décision. Le second, qui ambitionnait sûrement de longue date de se présenter, a été au bout de son idée. Leur passe d’armes dans l’entre-deux-tours aura duré jusqu’à dimanche soir. Cheikh Mansour reprochait encore à Joseph Minniti son refus de fusion, pointant son incapacité « à cumuler les voix de Dailleau et Peurière ». Joseph Minniti, lui, reprochait à Cheikh Mansour d’avoir « trahi la ville », répétant que la tradition républicaine voulait que les candidats arrivés derrière se retirent.

    Un reproche également adressé à Stéphane Sacco, que le socialiste Olivier Andrau accusait d’avoir « fait le choix du pire : les places et les indemnités, les miettes plutôt que l’intérêt général », qualifiant sa liste et celle de Cheikh Mansour de « coalition d’irresponsables ». Stéphane Sacco qualifiait l’accusation d’« inappropriée », rétorquant que « c’est la partie de la gauche qui ne [les] a pas appuyés qui manque pour être 2e », pointant aussi le soutien de Marc Vuillemot à Joseph Minniti.

    Tous disaient regretter ce dénouement, qui semblait toutefois bien moins évitable qu’à Six-Fours, tombée dans l’escarcelle du député RN Frédéric Boccaletti… à seulement 21 voix près. Avec La Valette-du-Var, acquise par Julien Argento, ce sont désormais trois villes de la métropole TPM conquises par le parti frontiste. « Nous ne lâcherons rien pendant 7 ans », promet Stéphane Sacco.

  • Le Rove élit son maire Paul Sabatino

    Le Rove élit son maire Paul Sabatino

    Les 29 conseillers municipaux du Rove ont élu samedi à une écrasante majorité leur maire, Paul Sabatino, vainqueur dès le premier tour avec près de 80% des voix. C’est un premier mandat complet qui s’ouvre pour l’élu communiste qui a endossé l’an dernier les fonctions suite au départ de Georges Rosso, 95 ans, le légendaire maire de la commune depuis 1971.

    C’est très symboliquement qu’est revenu d’ailleurs à Viviane Rosso, doyenne du conseil municipal de proclamer Paul Sabatino maire. Sous les applaudissements de la population rassemblée dans la salle des fêtes, l’épouse de Georges Rosso lui a remis l’écharpe tricolore avec ses mots : « J’ai dit à Jo qu’on a été élu avec un score digne d’un Maréchal comme aurait dit Jean-Claude Gaudin. Jo, j’installe dans ses fonctions de maire Paul que tu as choisi ! »

    « Solidarité, respect

    et vivre-ensemble »

    Une fois effectuée la désignation de ses huit adjoints et après avoir satisfait aux désignations et lectures réglementaires, le maire s’est adressé aux Rovenains et Rovenaines, rappelant « l’unité et la proximité qui est l’âme du Rove et le cœur battant de notre village ». « Avec ce résultat clair, sans appel, nous avons l’exigence d’être à la hauteur de votre confiance, d’être digne de votre engagement, d’être fidèle aux valeurs que vous avez choisies de soutenir » a dit Paul Sabatino, entouré d’une « équipe rassemblée, expérimentée, renouvelée, engagée et profondément attachée à l’avenir du village ». Ce vote est pour lui « un message fort de rassemblement et d’unité, de responsabilité citoyenne, un message qui dit clairement que Le Rove reste fidèle à son identité à son histoire et à ses valeurs de solidarité, de respect et de vivre-ensemble ».

    Regrettant la politisation de ce scrutin local par l’opposition RN qui a introduit dans la campagne « des préoccupations relevant de stratégies nationales éloignées du quotidien de nos habitants », Paul Sabatino a souligné combien « cette démarche ne correspond pas à l’idée que nous nous faisons de l’action municipale tournée avant tout vers l’intérêt général et le service des habitants, loin des instrumentalisations politiques. Non, notre village n’a pas besoin d’être réveillé. Notre village est bien éveillé par celles et ceux qui le font vivre ».

    Paul Sabatino a rendu un hommage appuyé à l’ancien maire dont il était l’adjoint depuis 1983, « Georges Rosso qui a tant œuvré pour ce village. Merci mon camarade Jo ! Nous continuerons à avancer dans le sillon qu’il a tracé avec humilité, détermination, fidélité car le sens de notre engagement tient en un mot : continuons ! Continuons dans l’intérêt de la commune et de ses habitants ! »

    Le maire a dit sa reconnaissance au personnel communal, « les visibles et les invisibles de la commune, celles et ceux qui chaque jour font vivre le service public auquel nous sommes tant attachés dans nos écoles, nos services techniques, à la police municipale, dans la culture, dans le sport, dans l’administration. Vous êtes au cœur du fonctionnement de notre commune ».

    David Coquille
  • Unis pour La Garde veut sortir la ville de la mainmise de la droite

    Unis pour La Garde veut sortir la ville de la mainmise de la droite

    Gouvernée par la gauche pendant la quasi-totalité du XXe siècle, La Garde a basculé à droite en 2001. Fief du président du département Jean-Louis Masson (LR), qui en a été le maire de de 2001 à 2017 puis de 2020 à 2022 (démissionnant par deux fois pour devenir député, puis pour prendre la tête du conseil départemental), la commune de 26 000 habitants n’en reste pas moins partagée en matière d’influences politiques et de valeurs.

    Les résultats des dernières élections l’ont montré : en 2020 (sur 7 000 votants, dans le contexte du Covid-19), il y avait moins de 600 voix d’écart entre la liste divers gauche de François Durbano et celle de Jean-Louis Masson. Cette année, au premier tour, un peu moins de 800 voix (et 7 points, sur 11 567 suffrages exprimés) séparent la liste d’Hélène Arnaud-Bill (sur laquelle Jean-Louis Masson est en deuxième position), la maire sortante, ancienne première adjointe qui a pris les rênes de la mairie en 2022, et Julia Peironet-Brémond, qui mène une liste progressiste sans étiquette. Si elle n’avait pas passé le premier tour des élections législatives en 2024, elle était tout de même arrivée en deuxième position sur la commune (23,89%).

    Une dynamique en laquelle veut croire la candidate, qui réfute le classement divers gauche que lui a accolé la préfecture « malgré les demandes qui n’ont pas été écoutées », sa liste « démocrate et républicaine » étant composée « de personnes de tous horizons et surtout, de citoyens non encartés ».

    Le candidat RN a travaillé avec Hélène Arnaud-Bill

    Car au-delà des questions idéologiques, son principal combat cible « le système clientéliste, affiché sur des tracts menaçant implicitement de faire baisser les subventions si Madame Bill n’est pas élue », martèle l’infirmière libérale de 44 ans, qui se présente comme « la seule candidate à mener de front travail et campagne, financée en majorité par [ses] soins, sans parti politique ».

    Un mode de fonctionnement qui a, selon elle, imprégné les velléités des habitants : « Pour voter pour nous, certains veulent des emplois, des appartements. Je ne fais aucune promesse, je reste droite dans mes bottes. Mais voilà ce qui se fait. » Et qu’elle l’affiche clairement dans ses tracts, mentionnant la condamnation de Jean-Louis Masson à 15 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêts en novembre, à laquelle l’élue d’opposition (depuis 2020) se félicite d’avoir participé, précisant qu’il y a également « une autre plainte au tribunal administratif concernant 20 000 euros de frais de représentation par an jamais justifiés accordés au maire depuis 2020. C’est un peu plus que Madame Hidalgo a Paris ». Également affichés, les déclarations de la maire sortante répétant qu’elle se retirerait à la fin de mon mandat, et le fait que la Garde possède le taux de taxe foncière le plus élevé du Var (49,8%).

    En réponse, un programme basé sur « la transparence, la proximité, l’exigence budgétaire », à travers la démocratie participative, l’écologie municipale au service de l’alimentation, la protection de l’environnement, l’éducation, le logement accessible, l’urbanisme à taille humaine, les mobilités, la culture, la tranquillité publique et le vivre ensemble. Tout cela sous le prisme du développement durable.

    Face à elle se dresse également le candidat du RN (parti arrivé en tête à La Garde aux législatives 2024), Nicolas Salsou, qui ne la devance que d’une centaine de voix. Un argument dont a tenté de se servir la majorité sortante : « Ils nous ont demandé de nous désister pour vaincre le RN, alors que le candidat vient de chez eux », explique ironiquement Julia Peironet-Brémond, rappelant que Nicolas Salsou n’est autre que l’ancien directeur de cabinet d’Hélène Arnaud-Bill.