Tag: grève

  • Les agents psy face à une maison d’accueil « inhumaine »

    Les agents psy face à une maison d’accueil « inhumaine »

    Les témoignages affluent de toutes parts ce jeudi midi, devant la MAS (maison d’accueil spécialisée) de Bel-Air. La structure médico-sociale de l’hôpital psychiatrique de Montfavet, qui héberge 60 résidents autistes ou polyhandicapés, traverse une crise sans précédent. Un appel à la grève, lancé par la CGT, avait lieu ce jeudi. « Cela fait 27 ans que je travaille ici, je n’ai jamais vu ça », se désole Sylvie, ASH (ménage). « On nous dit de nous occuper des résidents et que la priorité ce n’est pas le ménage, mais avoir un lieu propre fait partie du soin », développe-t-elle. « Plusieurs matins et tous les après-midi de l’été, il n’y avait qu’une seule infirmière au lieu de 2 pour 60 résidents », décrit Carine, infirmière. « Les résidents ne sortent jamais, ils restent enfermés », s’émeut Gaby. Franck, lui, dénonce un « glissement des tâches, avec des fiches de postes pas respectés ».

    Comme des ASH obligés d’endosser un rôle d’aide soignante. « Un poste de maître de maison a été créé il y a plusieurs années, qui ne correspond à aucune qualification, tout ça pour payer moins », déplore Claire Moreno, secrétaire générale CGT de l’hôpital de Montfavet. Le syndicat estime à 17 le nombre de postes à créer, en plus des environ 80 salariés, dont 40% contractuels. « On réorganise toujours mais à la baisse, on fait des économies sur le dos des agents et la prise en charge des résidents devient inhumaine », s’émeut Claire Moreno. La syndicaliste, au bord des larmes, se désole à « chaque lecture de fiche d’événements indésirables ». Et dire, « qu’on est en 2025, année de la santé mentale », soupire-t-elle. Une situation qui a empiré ces derniers mois, et qui a déjà fait l’objet de 5 droits d’alerte. « Cela me fait mal au cœur », se désole Jacques Rousset. À la retraite depuis 4 ans, cet ancien chef du pôle médico-social, gérait la MAS. Il est accueilli avec d’immenses sourires. « Je viens témoigner ma solidarité face à cette détérioration sans précédent de la prise en charge, c’est à l’image de ce qu’il se passe dans le pays où une logique comptable et déshumanisée est à l’œuvre », expose-t-il.

    Le « déficit » comme justification

    Des propos qui seront corroborés quelques minutes plus tard par Laure Baltazard, directrice adjointe de l’hôpital de Montfavet, venue à la demande de la CGT entendre les agents, aux côtés du DRH Nizar Chaffai.

    « Une contrainte budgétaire se pose à nous, comme dans beaucoup de MAS, on a un déficit de 1,5 million d’euros soit 15% du budget et l’on doit préserver des marges de manœuvre pour investir, tente-t-elle de justifier. Nos effectifs tels qu’ils sont organisés ne sont pas à la hauteur des recettes que nous recevons. » « Tant que vous mettrez l’argent en balance avec le soin, ça ne marchera pas ! », l’interrompt une agent tout en lui enjoignant de défendre plus de budget auprès des autorités de santé supérieures. « Il faut des réponses maintenant ! », conclut-elle.

  • AP-HM : les agents des Baumettes pressurisés

    AP-HM : les agents des Baumettes pressurisés

    Cure d’austérité sur un travail en milieu austère. Déjà privés de cantine, de nouvelles mesures sécuritaires rallongent leur temps de travail d’une demi-heure par jour. Pire, le passage de Baumettes 2 à Baumettes 3 devrait encore s’accompagner de la suppression d’une dizaine de jours de congés spécifiques par an.

    Depuis 1994, les 82 professionnels médicaux et paramédicaux des Baumettes bénéficient de dix jours de congés supplémentaires par an. « Pas volés », estime un infirmier, dans le rassemblement organisé mardi par la CGT devant le siège administratif de l’AP-HM de la rue Brochier. « Il y a déjà des problèmes de recrutement, c’est pas en nous enlevant ces jours qu’ils vont rendre le métier attractif. » La direction de l’AP-HM souhaite discuter de la sortie progressive de ce dispositif spécifique aux Baumettes qu’elle qualifie d’« exorbitant du droit ». Elle évoque un souci d’équité avec d’autres services en milieu carcéral. Plutôt que d’étendre ce droit à tous les hospitaliers du pénitentiaire, elle préfère avancer dans le sens des économies auxquelles elle est toujours attelée.

    Capacité doublée

    Alors que la prison a doublé ses capacités, son extension s’annonce mal côté effectifs et conditions de travail avec, « toujours plus d’économies sur le dos des salariés », conteste le syndicaliste Guillaume Algrin. Dans le rassemblement qui réunit plus d’une quarantaine de personnels de l’AP-HM, d’infirmiers, secrétaires médicaux, préparateurs pharmaceutiques, manipulateurs radio, ergothérapeutes ou travailleurs sociaux, on fait le lien avec le mouvement social en cours et dont une prochaine date a été fixée par l’UD CGT pour ce 25 septembre. « Seuls 19 infirmiers supplémentaires sont prévus, le plateau technique ne change pas », indique Nour Eddine Djazoul, représentant CGT des personnels. Unique radiologue dans l’établissement, Marie-Eve déplore : « On devait passer à 1,8. Il n’en est plus question. Je pratique 180 radios par mois, dans une salle sans fenêtre. Mes congés annuels me sont imposés en raison de difficultés de remplacements qui s’effectuent selon une rosace des congés mise en place à Sainte-Marguerite. »

    Pour Carole, travailleuse sociale, les conditions de travail ne sont guère plus enviables « pour les deux psychologues avec qui on va devoir partager le même local. Organiser des consultations va s’avérer délicat ». Déjà, pour tous les personnels de l’AP-HM, la situation s’est altérée en raison des nouvelles contraintes sécuritaires. « Nous devons arriver un quart d’heure plus tôt et repartir un quart d’heure plus tard pour passer les 14 portes et obtenir les clés des casiers. Parfois c’est plus long, les surveillants sont aussi en sous-effectifs », déplore Sophie, agente du paramédical. Autres doléances listées dans le rassemblement : « Le manque de climatisation et de chauffage. Cet été on a eu 32°C et des tas de malaises à gérer parmi les personnes incarcérées. » Mais aussi « l’absence de salle de pause et de salle collective, de tickets-restaurant ou de cantine, celle des Baumettes est réservée aux gardiens, aux personnels et intervenants du centre pénitentiaire ».

    Déterminés à se faire entendre de leur direction, ces personnels et leur syndicat CGT ont décidé faire « monter la pression ». À la suite du député de L’Après, Hendrik Davi, qui a adressé une lettre à l’AP-HM après une visite du site, les députés de la FI Manuel Bompard et Sébastien Delogu ont fait savoir qu’ils apportaient leur soutien aux grévistes.

  • Jour et nuit, la CGT énergie maintient la pression

    Jour et nuit, la CGT énergie maintient la pression

    « On revendique 9% d’augmentation. Le niveau 1 est sous le Smic, c’est pas légal », rappelle Géraldine. Ingénieure nucléaire, la jeune femme ne compte plus ses nuits et ses jours passés à tourner sur le piquet. Si elle est aussi déterminée, c’est que la lutte des travailleurs de l’énergie est incontestablement juste : « La masse salariale ne pèse que 14% dans la facture. Ce qu’on demande ça l’amènerait à 17%. À titre indicatif, dans le privé pour la production de produits finis, la moyenne est de 37%. »

    L’organisation sur le site est parfaitement rodée, dans la joie. Christelle, gazière, s’attelle à la préparation d’un « mille feuilles de lutte ». Elle a prévu de passer la nuit sur un des lits de camp, samedi soir. Pour permettre aux uns de recharger les batteries, d’autres prennent le relais en s’inscrivant sur le planning affiché sur le frigo. Elle est accompagnée de son fils. L’adolescent file la main à deux retraités en débitant des palettes pour alimenter le feu. « Les nuits sont courtes et les jours sont longs », plaisante Charly, cheminote, qui figure aussi au tableau des astreintes nocturnes. L’activité est permanente et chaque nouvel arrivant se trouve une mission. Pour agrémenter le tout, « on met des ateliers en place, toujours autour du thème de la lutte sociale », précise Christelle en désignant des peintures et des poteries.

    Les méthaniers à l’arrêt

    Mais les parties de cartes ou les soirées-concerts n’empêchent pas les discussions de fond. Gérard, retraité de GRDF, fait part de ses inquiétudes : « L’abandon du service public a conduit à des stratégies comptables. à force de tirer sur les ficelles, formations, effectifs, on multiplie le risque d’accident, on court à la catastrophe. Le danger est réel pour les techniciens et pour les usagers. »

    Serge, électricien en poste au Merlan (14e), est arrivé les bras chargés d’un énorme plat de poivrons. Pas plus que les autres, il n’entend lâcher la pression. « Ce qui les fait plier, c’est la baisse de production. » Sans réponse depuis trois semaines, les travailleurs sont passés au cran supérieur. Du Tonkin à Fos, les terminaux méthaniers sont à l’arrêt. De même pour le site de stockage à Manosque. Serge détaille la stratégie : « Les bateaux sont immobilisés. Comme on ne peut pas y conserver le gaz, ils sont obligés de le brûler à la torchère et ça leur coûte des millions par jour. »

    Autour du brasero où les militants font griller des chamallows, Bacri, habitant du 3e au RSA, s’est proposé pour renforcer la permanence de nuit. « C’est normal d’être ici, estime-t-il, parce que quand j’ai payé le loyer et la facture d’électricité, il ne reste plus grand-chose. » Face à ses difficultés financières, son fournisseur « a basculé le compteur en mode restreint depuis un an. Je dois choisir entre la machine à laver ou le chauffage sinon ça disjoncte. » En France, plus de 12 millions de personnes sont déjà en situation de précarité énergétique. Le retour au taux réduit de TVA à 5,5% sur la facture des usagers est une autre revendication forte de la Fédération CGT de l’énergie (FNME). Avec la loi de finances pour 2025, la TVA flambe à 20% depuis le 1er août. Si la pétition en ligne* atteint 100 000 signatures la proposition de loi portée par le groupe communiste devra être soumise au Sénat.

    Sur le piquet, un quiz musical a clôturé la soirée. David remet une bûche dans le feu avant de prendre congé des quatre volontaires qui se glissent dans les duvets. Au petit matin, Martine, retraitée CGT des IEG, débarque avec des viennoiseries à partager, avant de filer sur le rassemblement du Mouvement de la paix. D’autres bras solidaires affluent pour une remise en propreté du piquet… et pour parer aux pluies annoncées.

    * https://petitions.sénat.fr

    « Aujourd’hui, techniciens
    et usagers sont en danger »

  • Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Il faut savoir dire stop ! Stop à l’injustice sociale, stop au non-respect du vote du peuple, stop aux centaines de milliards qui sont versés aux entreprises sans contreparties ! Stop à m’ment donné ! » Devant le Mucem à Marseille, Stéphane Martins De Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, donne le ton de l’état d’esprit des manifestants qui battent le pavé marseillais ce 18 septembre.

    À ses côtés, les travailleurs de la métallurgie des usines du bassin de l’Étang de Berre allument une myriade de fumigènes. Devant lui, des milliers de chasubles rouges estampillés CGT marchent d’un pas déterminé. En fond, on aperçoit à peine le camion avec ballon de la FSU et à l’autre bout du port, des manifestants attendent encore leur tour avant de prendre le départ. Le Vieux-Port est plein à craquer. C’est dire l’ampleur du cortège, au niveau des plus grosses manifestations contre la réforme des retraites. Et tous dénoncent avec force les politiques libérales. « On se bat pour obtenir de nouveaux conquis sociaux, pas en perdre comme on le subit année après année depuis trop longtemps. La retraite doit revenir à 60 ans », tonne Stéphane Martins De Araujo. Avant de développer sur la réalité des conditions de travail des ouvriers : « Entre la pénibilité et l’exposition à plusieurs produits nocifs, on a une explosion des maladies professionnelles, année après année. Travailler à 64 ans dans ces conditions, c’est impossible. »

    La retraite toujours dans les têtes

    Il fait également le lien avec les débats autour du budget : « C’est ahurissant, on ne peut pas donner des millions d’euros à un milliardaire et lui laisser la main sur l’industrie française qui s’en sert pour de la casse sociale ! » Des propos qui font écho aux messages inscrits sur les pancartes des manifestants : « Toujours les mêmes qui subissent : les travailleurs pauvres et de la classe moyenne », « Taxons les super riches et leurs super profits pour l’école et la santé » ou encore « Plus rien à traire ici ». Cette demande unanime de justice fiscale est sans doute symbolisée par le refus toujours aussi prégnant de la réforme des retraites et son passage de l’âge de départ à 64 ans. « Il faut une rupture complète des politiques menées. L’abrogation de la réforme des retraites ne serait pas que symbolique, mais ça montrerait un changement radical. C’est la première mesure d’urgence à prendre. Depuis 2023, une majorité de la population est toujours hostile à cette réforme », insiste Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca.

    Entre le combat syndical de 2023 et aujourd’hui, le lien est tout trouvé : « Ce 18 septembre, les travailleurs se mobilisent massivement. À des niveaux qu’on n’a pas vus depuis des années, au moins depuis les mobilisations contre cette réforme. » Avis partagé par Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui évoque « une grève massive dans les établissements scolaires et les services publics ». « Il y a un monde fou dans les rues aujourd’hui, plus que le 10. Ça montre que la population veut une autre politique, sans budget d’austérité. Et on a des propositions pour un budget qui finance les services publics, l’abrogation de la réforme des retraites », développe le syndicaliste.

    Encore plus fort que le 10

    Plus de monde que le 10 ? Tout le monde s’accorde pour le dire, comme un signe que la colère sociale s’enracine profondément. Dans les cortèges, on retrouve la même fougue de la jeunesse qui s’y était exprimée tout en ajoutant une présence massive d’une grande diversité de travailleurs du public comme du privé. Les ouvriers CGT de Coca-Cola des Pennes-Mirabeau, les travailleurs des autoroutes du Sud de Vinci, de Technicatom, les cheminots, des travailleurs du BTP ou de la logistique, les dockers et agents portuaires du Grand port Maritime… « 48 milliards d’euros d’économies ou 38, on n’en veut pas ! Les travailleurs se mobilisent contre les politiques de casse sociale. On veut que les choix politiques permettent de vivre et travailler dignement », tonne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Si elle juge la mobilisation réussie, son organisation planche déjà sur la suite, au niveau national comme départemental. « On construit la suite du rapport de force. La journée du 9 octobre sera départementalisée, c’est en lien avec le budget de la sécurité sociale », explique la syndicaliste. Le combat ne fait donc que commencer pour les militants.

    Sur tout le territoire, une déferlante populaire a battu le pavé, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Var , le Vaucluse ou encore l’Occitanie. Nos reporters étaient dans la manifestation.

    A Avignon, Marseille à Montpellier.

    A Béziers !

    A Toulon

  • Débat sans appel sur le piquet des énergéticiens

    Débat sans appel sur le piquet des énergéticiens

    Un débat, une projection du documentaire de Gilles Balastre Main basse sur l’énergie et une invitation à partager une paella. La proposition des grévistes les plus tenaces de ce mouvement a fait la démonstration que l’arnaque du monde capitaliste conduit à une mise en danger de tous les foyers.

    La grève peut être conviviale et gagnante. Le secteur de l’énergie en donne la preuve. Leurs revendications pour des salaires et des factures au juste prix commencent à faire effet. Du moins en interne. Leurs directions ont accepté ce mercredi 17 septembre d’entrer en négociations le 23 septembre. Reste à convaincre les usagers, s’ils souhaitent regagner 14,5% d’économie sur leurs factures, de signer la pétition en ligne pour appuyer le texte porté par le sénateur communiste Fabien Gay qui enjoint le gouvernement à ne pas augmenter la TVA de 5,5% à 20%.

    Mise en danger

    « Il y a 20 ans, EDF GDF était le fournisseur d’énergie le moins cher d’Europe. Depuis la privatisation on subit plus de 150% d’augmentation » résume Renaud Henry, secrétaire général CGT Énergie Marseille. « La mise sur le marché et la déréglementation ont conduit à une dégradation des services publics qui ne profite ni aux travailleurs ni aux usagers mais engraisse le Cac 40 » complète Jean Pugens, retraité du secteur et militant CGT, « au temps du service public on payait 35 euros le Mgwh, en 2022, il est passé à 500 euros ». Et 13 millions de foyers sont en précarité énergétique. Mais pas seulement. GRDF prévoit encore d’alléger ses effectifs de 2 000 agents. Les délais d’intervention sont passés à une heure et le manque de techniciens ainsi que leur formation réduite mettent travailleurs et usagers en danger. Clément Martinez, secrétaire général CGT énergie du Vaucluse en témoigne « en astreinte, il n’y a qu’un seul renfort. Ma zone s’étend d’Arles à Apt et de Bagnols-sur-Cèze à Bollène. On craint de graves conséquences ». Au public qui demande comment soutenir la lutte, ils répondent par l’action collective, la signature de la pétition qui doit atteindre 100 000 paraphes pour arriver au Sénat.

  • Un millier de tracts distribués à Martigues

    Un millier de tracts distribués à Martigues

    À Martigues, l’Union locale CGT s’organise et mobilise. Ce mardi, les militants étaient sur le pied de guerre dès 6h30 sur un rond-point du complexe pétrochimique de Lavéra pour appeler à la grève et à la manifestation. Au total, un millier de tracts ont été distribués aux travailleurs de la zone. Ce jeudi, un bus collectif partira à 9h du parking de la Halle en direction du Vieux-Port.

    Le syndicaliste Fabien Rangade affirme : « Le capitalisme organise la casse de nos vies : salaires bloqués, retraites attaquées, services publics démantelés, industries bradées, précarité généralisée… Pendant que nous, travailleuses et travailleurs, subissons l’austérité, les actionnaires s’enrichissent toujours plus. Face à la barbarie de ce système, seules l’unité et la lutte peuvent inverser le rapport de force. »

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement.

    Plusieurs rendez-vous sont programmés dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse.

    Bouches-du-Rhône

    Marseille, 10h30 : parcours modifié en raison de la forte affluence attendue, avec un cortège au départ du Vieux-Port qui prendra la direction de la Porte d’Aix, en passant notamment par la Joliette.

    Aix, 10h30 : manifestation unitaire au départ du rectorat en direction de la sous-préfecture.

    Arles, 10h30 : le rendez-vous est fixé au kiosque à musique.

    Salon-de-Provence, 10h30 : rendez-vous donné devant la mairie.

    Vaucluse

    Avignon, 10h30 : les manifestants partiront depuis la cité administrative.

    Var

    Toulon, 14h : départ place de la liberté.

    Saint-Raphaël, 10h30 : rendez-vous au rond-point Kennedy.

    Brignoles, 15h : rendez-vous aux berges du Caramy.

    Draguignan, à 10h30 en sous-préfecture.

  • Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    « Pourquoi ta facture d’électricité et de gaz a explosé ? Ton salaire ne suffit plus à payer ? » interrogent les grévistes de la CGT du secteur de l’énergie Marseille. Une invitation à un ciné-débat sur leur piquet de grève, au 6 boulevard Gueidon dans le 13e arrondissement, mercredi 17 septembre, à partir de 19h pour le débat sur l’évolution de la production et de la diffusion de l’électricité et du gaz, et à 21h pour la projection du film documentaire du réalisateur Gilles Balbastre Main basse sur l’énergie.

    En lutte depuis le 2 septembre, les gaziers et électriciens de la CGT Énergie de Marseille tiennent un piquet non-stop sur le site qui réunit les directions de GRDF et Enedis. Ils revendiquent une revalorisation salariale et refusent l’augmentation de la TVA sur les factures des usagers. Autant de bonnes raisons de les y retrouver, la veille du deuxième round d’une grande manifestation contre l’austérité.

    Un vrai service public

    Depuis le 2 septembre, la CGT appelle tous les agents à la grève reconductible, partout, dans tous les services, dans toutes les entreprises des IEG et à participer aux assemblées générales prévues tous les jours de la semaine à 9h30 sur le piquet du boulevard Gueidon.

    Hausse exponentielle des factures et accroissement de la précarité énergétique ne sont que la partie visible de l’iceberg. C’est le décryptage de la partie immergée que propose le documentaire. Depuis 2007, le secteur de l’énergie est entièrement ouvert à la concurrence. Mais il faut remonter encore dans le temps, à la fin des années 90, pour connaître une série de lois libérales qui va démembrer pierre après pierre le service public incarné par EDF et GDF. Faute d’information, le citoyen lambda mesure mal les conséquences de cette dérégulation. Le film revient sur le « vaste hold-up », qui se déroule sous nos yeux. Comment agir ? Les énergéticiens ont des propositions. Face aux risques de la marchandisation de l’énergie, ils luttent pour réaffirmer la nécessité de revenir à un vrai service public de l’énergie, qui œuvre à l’intérêt général. C’est ce que le débat permettra de mettre en perspective.

  • « Pour faire un gros brasier, il faut plein de petits feux »

    « Pour faire un gros brasier, il faut plein de petits feux »

    La Marseillaise : Les énergéticiens sont en grève depuis près de deux semaines. Quel état des lieux faites-vous de la mobilisation ?

    Fabrice Coudour : On est partis sur un mouvement dans la durée, sans recherche fondamentale de taux de grévistes explosifs dès le 2 septembre. Ce qu’on cherche, c’est l’impact sur le fonctionnement de l’outil, et donc l’impact sur l’économie des employeurs. On est sur un préavis de grève un peu particulier puisqu’il concerne les 157 entreprises de notre branche professionnelle des industries électriques et gazières [IEG, Ndlr]. Et il porte sur 3 axes majeurs : l’abrogation de la réforme des retraites, la revalorisation de nos salaires et la baisse des factures des usagers. Ce dernier point est une autre particularité de notre mouvement puisqu’on demande l’abaissement de la TVA sur la facture. Notre message s’articule autour de la compatibilité d’une hausse des salaires pour les travailleurs et une baisse de facture pour les usagers. On agit donc contre nos employeurs et les pouvoirs publics. Et ça s’inscrit pleinement dans la colère citoyenne qui s’exprime en ce moment. On a eu jusqu’à 250 piquets de grève en simultané, et plus de 60 000 grévistes, la semaine dernière.

    Justement, votre mouvement est passé par la date du 10 et doit durer jusqu’au 18 a minima, vous êtes le lien entre ces deux dates ?

    F.C : On n’a pas la prétention, ni la volonté, de nous réapproprier la colère actuelle. Mais celle qu’on porte fait écho à ce qui est posé par le mouvement citoyen. Sauf que nous créons les conditions pour que le monde du travail rejoigne cette colère citoyenne. D’où notre combat en interne, dans nos entreprises, mais aussi en externe avec la question du pouvoir d’achat des usagers. Dès le départ, notre participation au 10 et au 18 n’était même pas une question. On est clairement inscrits dans ce processus, la détermination et la colère sont là. La première semaine, on était sur une grève reconductible. La deuxième, on avait comme mot d’ordre d’être sur de l’information, le lundi et le vendredi, et de l’action du mardi au jeudi. Tout en ne s’interdisant rien en dehors de ça, et c’est pour cela qu’il y a un piquet de grève tous les jours à Marseille. À partir de la semaine prochaine, on va durcir le ton, avec peut-être un peu moins de piquet de grève mais des piquets beaucoup plus stratégiques et symboliques. Par exemple, sur les centrales nucléaires, hydrauliques, les terminaux méthaniers… Notamment car on demande des réponses à nos employeurs, on veut du concret, et pour l’heure, nous n’en avons pas.

    Vous faites le parallèle entre l’attitude du patronat dans les IEG et celle du pouvoir en place dans son approche du dialogue social ?

    F.C : Sur la question des salaires, on attend des réponses des employeurs des IEG, sur la question des factures, on attend des réponses du gouvernement. Notons que le gouvernement pilote à 100% une des grosses entreprises de notre branche : EDF. Et il y agit comme un actionnaire plutôt qu’un stratège…

    Vous évoquez la convergence entre usagers et énergéticiens. À Marseille, pour le 10 septembre, il y a eu des formes de convergence entre le mouvement « Bloquons tout » et la CGT. Est-ce que votre mouvement participe à ça ?

    F.C : Pour faire un gros brasier, il faut plein de petits feux. J’estime qu’on est un feu assez représentatif pour embraser les choses. Nous avons nos propres initiatives et les actions qu’on organise ne peuvent pas être ouvertes aux citoyens systématiquement. Car on travaille avec de l’électricité et du gaz, ce n’est pas rien, il y a des process industriels, notamment sur des sites sensibles. Du reste, nous n’avons pas de dogme sur les modalités d’initiatives. Mais évidemment qu’il y a une convergence, notre mouvement est d’ailleurs un combat pour les usagers.

  • 80 ans après sa création, le combat pour la Sécu continue

    80 ans après sa création, le combat pour la Sécu continue

    Constat sans appel pour les participants au débat « 80e anniversaire de la sécurité sociale et alternative à l’austérité » : notre système de soins et notre protection sociale vont mal. « La France a reculé au 23e rang sur 27 des pays de l’OCDE en matière de mortalité infantile », souligne Caroline Chevé de la FSU. « Par exemple, il y a 14 médecins aux urgences de Perpignan alors qu’il en faudrait 45 », surenchérit Laurent Brun (CGT).

    Pour Yannick Monnet, député communiste de l’Allier, c’est la conséquence des logiques qui éloignent la Sécu de ses principes fondateurs. « De 1945 jusqu’à maintenant l’évolution du rapport de force à modifier des choses, notamment sur la gouvernance », analyse-t-il, vivement opposé à la fiscalisation des ressources de la Sécu introduite par la CSG et à l’objectif national de dépenses de l’assurance maladie (Ondam). « Le pouvoir politique définit quelle va être l’enveloppe Ondam et ensuite on essaye de répartir selon les besoins, c’est le contraire qu’il faut faire : il faut partir des besoins pour ensuite définir les ressources », avance le député PCF.

    Selon Caroline Chevé, l’affaiblissement de la Sécu provoque l’explosion du secteur assurantiel et lucratif « où chacun cotise selon ses besoins : on paye plus cher si on est plus vieux, plus malade, et on reçoit selon ce qu’on a eu les moyens de se payer », résume-t-elle. Une logique totalement contraire à celle de la Sécu. De même, la dirigeante syndicale insiste sur le principe d’universalité de la Sécurité sociale qui « doit valoir pour tous » y compris les assurés sociaux aisés car « une Sécu réservée aux plus démunis, c’est la petite musique des libéraux pour ensuite développer tout un discours sur les “assistés” ».

    Constitutionnalisation

    Laurent Brun veut renouer avec la gestion démocratique de la Sécurité sociale : « La cotisation appartient aux salariés, c’est une part de leur salaire. On n’imagine pas que les employeurs nous disent comment on utilise notre salaire. On refuse la fiscalisation de la Sécu qui justifie que l’État s’en mêle. Est-ce que si on propose le paritarisme pour gérer les profits, les patrons réagiraient bien ? On entendrait parler de spoliation ». En attendant, la priorité de la CGT « c’est de dégager le lucratif ».

    Les trois intervenants s’accordent sur l’importance de porter avec force une ambition pour la Sécurité sociale du XXIe siècle à l’occasion des manifestations anti-austérité du 18 septembre.

    Sur le plan institutionnel, Yannick Monnet annonce pour conclure qu’il s’apprête à présenter une proposition de loi, travaillée avec Pierre Dharréville lorsqu’il était député, pour constitutionnaliser l’existence de la Sécu. Une manière de la sanctuariser mais aussi d’inscrire le principe de sa gestion par les premiers intéressés et de son financement par la cotisation.