Tag: gouvernement

  • Rien à attendre

    Rien à attendre

    Nouveau virage à droite pour finir dans la main de l’extrême droite ! Avec ce nouveau gouvernement dont les premières nominations ont été données dimanche, on prend les mêmes et on recommence. Et parmi les « entrants » : Bruno Lemaire, Éric Woerth et Roland Lescure. Sans surprise, on est loin de la rupture annoncée et on assiste plutôt à recentrage sur la base du macronisme, toujours plus rétrécie à son aile droite. Le en même temps macronien est définitivement enterré alors même que les partis de gauche annoncent des motions de censure dès le discours de politique générale.

    Le gouvernement Lecornu, qui a réussi à rassembler le « socle commun » et LR qui fait monter les enchères, ne tiendra qu’avec la bienveillance et la bénédiction du RN. Triste fin pour le deuxième quinquennat d’un président qui a été élu à chaque fois comme un prétendu rempart face à Marine Le Pen et le parti qu’elle a hérité de son père.

    Dans les mains du RN

    Pouce levé pour maintenir Lecornu et lui en faire payer le prix ou baissé pour renverser un troisième premier ministre en moins d’un an ? Cela dépendra des tractations que Lecornu avait déjà entamées avec Marine Le Pen quand il était ministre de la Défense.

    Le monde du travail n’a en tout cas rien à attendre de bon de ce nouveau gouvernement qui ressemble à un résumé de l’histoire macronienne. S’il chute, la dernière cartouche du président aura été tirée. Le pays risque alors d’entrer dans une phase extrêmement confuse et dangereuse qui nécessitera la mobilisation et l’unité de ceux qui veulent s’opposer à la fois au fascisme et au néolibéralisme.

  • On prend les mêmes et on recommence

    On prend les mêmes et on recommence

    Preuve des difficultés de Lecornu : ce n’est qu’une partie de son gouvernement qui a été annoncée dimanche soir au terme d’un week-end théâtral au terme duquel LR a donné son feu vert après que le président du parti, Bruno Retailleau, ait remporté une nouvelle manche contre Laurent Wauquiez qui s’était prononcé contre la participation au gouvernement. Beaucoup de bruit pour… pas grand-chose : pas de nouveau nom issu des rangs LR dans cette première salve de nominations. Résultat : « La composition du Gouvernement ne reflète pas la rupture promise. Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque demain matin le comité stratégique des Républicains », a twitté Bruno Retailleau dans la soirée.

    Sur le papier, les 18 ministres nommés permettront à Sébastien Lecornu de faire son discours de politique générale mardi et se retrouvent ce lundi à 16h pour un premier conseil des ministres. Avec une feuille de route qui creuse le même sillon. Dans une lettre transmise aux dirigeants du camp présidentiel et des Républicains dans la nuit de samedi à dimanche, Sébastien Lecornu estime que l’effort doit porter « essentiellement sur la réduction de la dépense publique ». S’il annonce des baisses d’impôts – « pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises » – il assure également pouvoir dégager 2,3 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Comment ? En luttant contre la fraude au sujet de laquelle il promet une loi rapide.

    Haro sur les dépenses publiques

    Mais alors que le scandale de blanchiment de fraude fiscale par des investisseurs étrangers avec la complicité de banques françaises qui aurait coûté des dizaines de milliards au fisc français a encore défrayé la chronique la semaine dernière, Sébastien Lecornu se penche sur la fraude aux prestations sociales qui fait tant fantasmer la droite. « Ordonnances sécurisées pour limiter les prescriptions abusives, obligation de consulter un dossier médical partagé avant certains actes coûteux, versement du chômage uniquement sur des comptes bancaires domiciliés en Union européenne… », écrit-il dans sa lettre, avec une conclusion limpide : « Chaque euro de la solidarité nationale doit aller à ceux qui y ont droit. » À cela s’ajoute le paragraphe consacré à la sécurité et l’immigration. « La sécurité du quotidien et la lutte contre les incivilités continueront d’être une priorité majeure », écrit ainsi Sébastien Lecornu, comme la lutte « contre l’immigration irrégulière par la mise en œuvre de solutions techniques et efficaces ».

    Censure ?

    Autant d’éléments qui complètent mesures déjà énoncées comme la volonté d’augmenter les salaires en réduisant la part consacrée au financement de la sécurité sociale et l’assurance maladie, et qui montre que le cap libéral contesté dans la rue et dans les urnes est bien maintenu.

    « Nous nous dirigeons tout droit vers la censure » si « la donne ne change pas », a martelé samedi le premier secrétaire du PS Olivier Faure, la numéro 2 du parti, Johanna Rolland, annonçant dimanche que les socialistes voudront « très probablement déposer leur propre motion ». La patronne des Écologistes Marine Tondelier dit avoir « pris contact avec tous les groupes pour être l’auteur d’une motion de censure unitaire, fédérative ». Les insoumis qui répètent depuis vendredi qu’ils seront à l’initiative d’une motion de censure dès mardi ont affirmé dimanche via le coordinateur national Manuel Bompard qu’ils avaient « proposé aux députés écologistes, aux députés communistes et même aux députés socialistes de la cosigner ». Quant à Fabien Roussel, il prévient dans un entretien accordé dimanche à L’Humanité si Sébastien Lecornu « ne permet pas au Parlement de retrouver ses pouvoirs, notamment pour abroger la réforme des retraites, les députés communistes voteront en faveur de la censure ».

  • Gouvernement Lecornu : comme un air de remaniement

    Gouvernement Lecornu : comme un air de remaniement

    Bonnet blanc et blanc bonnet. La composition de la première partie du gouvernement Lecornu, annoncée ce dimanche soir peu avant 20h sur le perron de l’Élysée, laisse surtout un goût de déjà vu macroniste, vingt-six jours après la nomination du ministre des Armées à Matignon. De quoi tourner ostensiblement le dos au message envoyé par le vote de défiance du 8 septembre dernier.

    Parmi les dix-huit noms annoncés par le secrétaire général de l’Élysée Emmanuel Moulin, douze sont reconduits dans leurs fonctions. Pour cette fois, le poste de ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche reste inchangé, avec Élisabeth Borne maintenue en place. Nouveau venu sous Bayrou, et dernier rescapé d’une pseudo ouverture à gauche, Manuel Valls continue au ministère des Outremers. Gérald Darmanin, qui sous les deux mandats d’Emmanuel Macron n’aura passé que six mois à l’extérieur du gouvernement, reste garde des Sceaux, une longévité partagée avec Agnès Pannier-Runacher, chargée de la Transition écologique et macroniste elle aussi de la première heure. Présente de façon plus discontinue dans les différents gouvernements macronistes, Amélie de Montchalin est toujours chargée des Comptes publics. Rachida Dati, de son côté, reste au ministère de la Culture, une semaine après avoir appris qu’elle était renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Renault – Nissan. Au Modem, Jean-Noël Barrot est maintenu ministre des Affaires étrangères.

    À droite, les Républicains ont laissé traîner jusqu’à l’après-midi leur décision de se maintenir au gouvernement. Sans surprise, leur président Bruno Retailleau reste à la place Beauvau. Avec lui, Catherine Vautrin conserve le ministère du Travail, de la santé et des solidarités, Annie Genevard, celui de l’Agriculture, et l’azuréen Philippe Tabarot, les transports. La porte-parole Sophie Primas est cependant écartée, au profit de la macroniste Aurore Bergé, qui reste ministre déléguée à l’égalité Femmes – Hommes.

    Des nouveaux déjà vus

    Quant aux nouveaux ministres, ils sont nombreux à avoir déjà au leur strapontin au conseil des ministres. Résident perpétuel de Bercy sous Emmanuel Macron jusqu’en septembre 2024, Bruno Le Maire signe son retour, cette fois-ci aux Armées. Son ancien poste de ministre de l’Économie revient à un macroniste canal historique, Roland Lescure, ancien ministre délégué à l’industrie du gouvernement Attal, et un temps président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Après avoir conduit une mission parlementaire sur la décentralisation, Eric Woerth hérite de l’Aménagement du territoire après le départ de l’ex-socialiste François Rebsamen. Vice-présidente du groupe Horizons à l’Assemblée, Naïma Moutchou remplace Laurent Marcangeli au ministère de la Transformation de la fonction publique. Passée par les gouvernements Attal et Barnier, Marina Ferrari (Modem) est propulsée à la Jeunesse et aux Sports après Marie Barsacq, et le député Renaissance Mathieu Lefebvre succède à Patrick Mignola (Modem) aux Relations avec le Parlement. Reste désormais à savoir combien de temps ils dureront.

  • Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Qui mangent des bananes ? ». Dans la salle du Manifesten à Marseille, toutes les mains se lèvent après la question posée par José Barahona, membre de l’Association syndicale des travailleurs agricoles et des paysans (Astac) de la banane. « 30% des bananes vendues viennent d’équateur, donc il y a de fortes chances pour que vous en consommiez », continue-t-il. Une production qui cache des conditions de travail terribles pour les ouvriers agricoles que sont venus dénoncer José Barahona et Diana Montoya Ramos, deux syndicalistes d’Astac, à Marseille, mercredi, et à Aubagne, ce vendredi à 18h30 au cercle d’harmonie.

    S’ils sont en Europe, ce n’est pas un hasard. La semaine passée, leur syndicat, l’ONG Action Aid et la fédération internationale des droits humains ont déposé une plainte contre l’État équatorien auprès de la Commission européenne. En jouant sur un accord commercial passé entre le pays et l’UE, ils dénoncent le non-respect des droits des travailleurs, pourtant imposé par l’un des articles de l’accord. « Le but c’est d’utiliser tous les outils possibles pour faire pression sur l’État équatorien », explique Chloé Rousset, chargée de campagne Dignité au travail & Régulation des multinationales à Action Aid.

    « L’ami des entreprises »

    « En équateur, on a essayé tous les mécanismes législatifs possibles, mais aucun gouvernement ne veut aider les travailleurs », se désole Diana Montoya Ramos, membres d’Astac. Son camarade, avocat de profession, rappelle que l’actuel président, Daniel Noboa, est le fils d’un magnat de la banane. « Le ministère du travail est l’ami des entreprises », insiste-t-il. Ils sont 2 millions à travailler autour de l’industrie de la banane, sur les 18 millions d’habitants.

    Les conditions de travail dans la branche y sont pourtant terribles. La plupart des travailleurs dans les champs n’ont pas de contrat de travail. Une situation qui les rend précaires, avec des salaires très bas pour des horaires importants, détaillent les syndicalistes. L’absence de contrat rend également difficile l’accès à la retraite ou à un avocat en cas d’abus de la part des employeurs. L’utilisation du mancozèbe comme pesticide, qui est interdit au sein de l’Union européenne à cause de sa toxicité, aggrave également la santé des travailleurs. « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides », s’alarme l’avocat. La fumigation de pesticide, c’est-à-dire le largage de pesticides par avion, est autorisée en équateur.

    Droits syndicaux piétinés

    Face à ces conditions difficiles, l’organisation en syndicat des travailleurs, pourtant protégée par la constitution équatorienne, est presque impossible. Diana Montoya Ramos en a fait les frais. Ancienne comptable dans une exploitation de bananes, elle a été virée après avoir essayé de monter une branche d’Astac au sein de son entreprise. Les contrats informels rendent également compliquée la syndicalisation car il faut au moins 30 salariés sous contrat pour monter une organisation. Une situation devant laquelle le ministère du travail ferme les yeux. « Il avait refusé la création d’un syndicat dans une entreprise qui exploite 160 hectares, car seules 4 personnes étaient déclarées… Ils ne peuvent pas ne pas savoir. »

    Face à ces conditions, le syndicat souhaite la création d’un label avec un cahier des charges décidé par les travailleurs, assurant que les bananes consommées ont été produites en respectant les droits humains.

    « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides »

  • L’enfumage de Lecornu démasqué

    L’enfumage de Lecornu démasqué

    Pendant que la droite LR et les macronistes remettent en selle l’extrême droite dans les instances de l’Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre tente d’éteindre la colère sociale à coups d’annonces farfelues.

    Puisqu’il refuse de stopper la politique de son mentor Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu expose les recettes éculées du libéralisme : baisse des impôts, baisse de ce qu’il nomme, comme le Medef, « les charges sociales », pourtant vitales au financement de la santé.

    Sur la fiscalité, sa volonté de supprimer l’impôt sur le revenu des ménages au salaire minimum, serait risible si elle n’était pas aussi cynique. Les couples percevant deux salaires minimum sont pour la plupart déjà exonérés ! En revanche, l’idée d’augmenter ce salaire plancher n’a pas traversé l’esprit de l’ancien militant LR. Les primes sont aussi, pour lui, la solution miracle pour augmenter le pouvoir d’achat. Il entend remettre la prime Macron en marche ! La mesure a montré toutes ses limites.

    Arnaque

    Quant à la baisse des cotisations sur les salaires, c’est une arnaque de première : ces cotisations sont du salaire différé, indispensables au financement de la Sécurité sociale et donc aux soins de toutes et tous. La manœuvre, grossière, vise à priver notre modèle social de ses recettes et à dérouler le tapis rouge aux assurances privées.

    Ces annonces ont tout de l’enfumage de la part d’un Premier ministre dont les jours sont comptés. Face à cette stratégie, le mouvement social entend s’inscrire dans la durée. Le budget 2026 n’est pas encore ficelé et la pression doit s’accentuer.

  • À Marseille, la défense du modèle social dans le viseur

    À Marseille, la défense du modèle social dans le viseur

    On veut des augmentations de salaires, on veut des services publics, on veut que les écoles puissent accueillir nos enfants dans de bonnes conditions, on veut des moyens pour les hôpitaux. » Micro à la main et sur le toit du fameux camion bleu des énergéticiens qui écume les pavés marseillais à chaque manifestation, Renaud Henry, le secrétaire général de la CGT Énergie, donne le ton du « deuxième round » du mouvement social, qui se déroulait ce jeudi.

    Une deuxième journée de grève et d’action à l’appel de l’intersyndicale qui a rassemblé moins de monde dans les rues de la cité phocéenne, avec 80 000 manifestants contre 120 000 le 18 septembre, dénombrés par la CGT. Mais avec une détermination intacte à l’image des discours enflammés proclamés au niveau de la banderole des énergéticiens, en grève reconductible depuis le 2 septembre dernier, entre deux clappings et fumigènes : « On ne les laissera pas faire : La rue est rouge, l’ambiance est rouge ! » Devant le camion bleu, on retrouve des centaines de gilets fluos des dockers de Fos et de Marseille, venus en nombre et à grand renfort de pétards assez bruyants pour réveiller des morts. Et juste derrière la banderole unitaire qui ouvre le cortège marseillais, ce sont les travailleurs des services publics qui sont mis à l’honneur. Un ordre bien à propos au regard de ce que prépare le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour le budget à venir.

    Ce dernier ayant annoncé « une amélioration de la retraite des femmes » sans en dévoiler plus sur le reste de ses intentions pour le prochain budget. « Pour la retraite des femmes, c’est insuffisant. Et les récentes réunions entre nos organisations et le Premier ministre laissent entendre que les coupes budgétaires de François Bayrou sont reconduites », analyse Rendy Dichri, secrétaire général de l’Union départementale Unsa 13. Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, anticipe un autre mauvais coup en préparation du côté du gouvernement, qui entend mener une « réforme d’ampleur du financement de la protection sociale ». « La diminution de l’écart entre le salaire brut et net, c’est du vol pour l’ensemble des travailleurs. Cet écart, ce sont les cotisations sociales. Cela veut dire qu’ils vont s’en prendre à la sécurité sociale, un bien commun », développe-t-il. En clair, l’exact inverse des demandes de l’intersyndicale : « Au contraire, il faudrait étendre les services publics à l’énergie, l’eau, le numérique, les médicaments avec un pôle public. » Un avis partagé par la secrétaire de l’Union départementale CGT 13, Jessica Jadé : « Pour pouvoir poursuivre leur politique de casse sociale, tout est bon ! Quand ils disent “rapprocher le salaire brut du net“, c’est en réalité réduire la part de cotisations des patrons sur nos salaires, encore un cadeau au patronat ! »

    À l’instar des pancartes bien senties des manifestants, comme « Du pognon, pas des canons » ou encore « L’éducation et la culture ne sont pas des marchandises », la syndicaliste rappelle « qu’il y a d’autres choix à faire ». Et appelle surtout à « travailler à ancrer la grève pour monter le rapport de force ».

    Reste à savoir comment la suite du mouvement se dessinera. Au niveau des Bouches-du-Rhône, l’UD CGT 13 appelle à une journée de mobilisation, le 9 octobre prochain. Nul doute que d’ici là, les militants en sauront plus sur le budget et le gouvernement que prépare Sébastien Lecornu.

  • Déterminés

    Déterminés

    La tambouille entre les droites LR et macroniste pour permettre à l’extrême droite RN de retrouver, mardi, deux vice-présidences au bureau de l’Assemblée nationale, illustre le fossé abyssal entre les aspirations à la justice sociale, qui se manifestent avec ampleur depuis la rentrée, et les petits calculs politiciens. Un vote aussi décalé que dangereux, dénoncé par les gauches, intervenu la veille d’une nouvelle journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles à l’appel d’une intersyndicale toujours unie et déterminée pour arracher la justice sociale et fiscale.

    Un plan antisocial

    L’essentiel n’a pas lieu dans les couloirs du Palais Bourbon, mais dans la rue. Rien n’est venu entamer, ces derniers jours, la détermination du mouvement social, qui exige un budget 2026 à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours sans gouvernement, tente de ranimer le « conclave » sur les retraites pourtant conclu sur un échec cuisant. Le voilà qu’il évoque la retraite des femmes sans remettre en cause une réforme inique passée en force. Sur le cœur du budget 2026, aucune réponse. Ni sur les franchises médicales, ni sur les suppressions de 3 000 emplois dans la fonction publique, ni sur le financement de la Sécurité sociale. Ni sur le niveau d’investissements pour les services publics. En repoussant la taxe Zucman sur les très hauts revenus, l’homme lige de Macron a envoyé un message limpide : la politique qui a asséché les recettes publiques va continuer. Un plan antisocial dont les travailleurs ne veulent pas. Ils le diront ce jeudi.

  • À Avignon, l’attente n’affaiblit pas la colère

    À Avignon, l’attente n’affaiblit pas la colère

    C’est le Premier ministre le plus lent pour nommer son gouvernement. Il laisse un peu couler les choses mais la colère, elle, ne disparaît pas », lance Étienne Raoul, secrétaire général Force ouvrière de Vaucluse, lors d’un point presse ce mardi 30 septembre. Et ce, à propos de la mobilisation prévue ce jeudi 2 octobre à 10h30 au départ de la place Jean-Jaurès, à Avignon.

    Un propos partagé par les autres représentants de l’intersyndicale présents. « La forte colère présente dans notre société aujourd’hui, ainsi que dans nos organisations syndicales, ne peut pas être ignorée ». D’autant que, « dans les tiroirs, il y aura toujours des régressions sociales en prévision. On ne sent ni une rupture, ni de nouveaux engagements. Ce n’est pas le casting qui va changer la politique de Macron », poursuit ainsi Laurence de Villèle, secrétaire générale CGT de Vaucluse.

    Le 18 septembre dernier, plus de 5 000 personnes avaient déambulé dans les rues d’Avignon et la situation n’a, depuis, que très peu évolué. « On s’attend à quelque chose dans la continuité du gouvernement précédent. Cette journée est là pour faire entendre à nouveau nos revendications », confie de son côté Sylvain Barthet, secrétaire départemental de la FSU.

    « Devant nous, le ministre a reconnu qu’il était affaibli. C’est le moment pour nous de construire un véritable rapport de force, car l’argent, on sait qu’il y en a. Et ce, dans la rue, mais aussi bien sûr dans les entreprises, en bloquant la production. Ce n’est pas aux salariés de payer la dette », ajoute Étienne Raoul.

    « Il faut continuer à mettre cette pression. On a tracté à Auchan Avignon Nord mercredi dernier et on a rarement reçu autant de soutiens avec de bons retours de la population. Ce qui avait été noté aussi avec des personnes mobilisées le 10 septembre qui nous ont rejoints le 18 », poursuit également Laurence de Villèle.

  • À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    Les syndicats battront aussi le pavé de la capitale de Provence : l’intersyndicale locale a annoncé répondre à l’appel national à la grève, ce jeudi. À Aix, le rendez-vous est donné à 10h30, devant le rectorat, lieu de départ « symbolique » pour les syndicats. Puis le cortège s’élancera vers la sous-préfecture. « On continue à mettre la pression sur le gouvernement, rappelle Fabienne Allard, représentante syndicale CFDT. Arrivé à un moment, il ne suffit pas de nous écouter ou de nous regarder, mais de nous entendre ».

    Parmi les revendications listées par l’intersyndicale, l’abrogation de la réforme des retraites, une justice fiscale, et la répartition des richesses. « Preuve terrible : visiblement, Lecornu part sur le même budget. Il est clair qu’ils n’ont rien compris », insiste Céline Peccini, co-secrétaire FSU-Snuipp 13. « La mobilisation est de plus en plus forte. On a réussi à faire abandonner la suppression de deux jours fériés, comme le décret des doubles bandes franchises médicales, pointe de son côté François Canu, secrétaire de l’union locale CGT. La CGT pense qu’il y a moyen que le 2 soit un tournant dans la mobilisation. C’est dans les boîtes que ça va se jouer. »

    Entre les appels nationaux à la mobilisation, les syndicats continuent de mener les actions locales. Ils seront par exemple ce mardi, aux Milles, pour tracter et encourager les salariés de la zone commerciale à rejoindre le mouvement.

  • Lecornu, le Premier ministre qui fait pschitt

    Lecornu, le Premier ministre qui fait pschitt

    Le Premier ministre sans gouvernement, sans majorité, sans idées nouvelles et encore moins de ruptures avec la politique macroniste crépusculaire, prendrait-il, en prime, les Français pour des imbéciles ? Alors que la proposition de taxer enfin les plus riches est archi populaire dans l’opinion, Sébastien Lecornu a fermé la porte à tout changement dans la politique fiscale actuelle y compris à la marge pour réduire les inégalités criantes et indécentes. Hors de question pour l’homme lige d’Emmanuel Macron de déplaire à ses comparses du « socle commun » de la droite classique et du centre droit et aussi au patronat, vent debout contre toute inflexion de la politique pro-business de l’exécutif. À écouter le président du Medef Patrick Martin, la taxe Zucman, pourtant peu renversante et de nature sociale-démocrate, serait « une forme de spoliation ». Rappelons qu’il s’agirait de taxer les 1 800 foyers les plus riches de 2% seulement !

    Droit vers la censure

    Depuis samedi, le Medef est soulagé : dans un entretien au journal Le Parisien, le locataire de Matignon a fait tomber le masque. Des ruptures étaient annoncées ? Ce n’était que des éléments de langage. Il n’y aura pas plus de taxe sur les plus riches que de suspension de la réforme inique des retraites. Le Premier ministre, impuissant à rallier une majorité, se déporte sur le Parlement pour le budget 2026. Une hypocrisie de plus. Pour ramener tout ce beau linge à la raison, le mouvement social s’engage dans un véritable bras de fer et la journée du 2 octobre est décisive. Politiquement acculé, Lecornu ne restera certainement pas très longtemps à Matignon et va droit vers la censure.