Tag: gouvernement

  • À gauche, trois partis décidés à relever le défi

    À gauche, trois partis décidés à relever le défi

    « Je pense que le temps est venu de passer à la gauche, on a essayé quand même trois Premiers ministres de droite successifs » : plaide Olivier Faure, premier secrétaire du PS, mardi soir sur le plateau de France 2. Rebondissant sur les propos tenus peu avant le 20h par Élisabeth Borne qui s’est dite ouverte à une « suspension » de la réforme des retraites qu’elle avait fait adopter en 2023, il savoure : « Celle qui a été l’initiatrice même de cette réforme dit que cette réforme doit être suspendue. C’est un réveil tardif, mais positif. »

    Il rencontre aujourd’hui Sébastien Lecornu à Matignon à 10h. Puis ce sera au tour des Ecologistes à 12h15, avant le PCF. Des rendez-vous durant lesquels les dirigeants des trois partis de gauche vont réaffirmer leur volonté de voir la gauche accéder à Matignon. Une stratégie définie lors d’une réunion dans la journée de mardi au terme de laquelle un communiqué commun a été publié par les trois partis politiques et la Gauche républicaine et socialiste, L’Après, Génération Ecologie, Debout ! « Emmanuel Macron doit nommer à Matignon un premier ministre et un gouvernement de gauche et écologiste », ont-ils écrit.

    Ensemble, ils « condamnent l’acharnement présidentiel à refuser le changement de cap politique demandé par nos concitoyens » et affirment : « Nous sommes prêts à gouverner ensemble pour mener une politique de progrès social et écologique et de justice fiscale où nous redonnerons toute sa place au Parlement ». « Nous sommes, forces de gauche et écologistes, prêts à travailler ensemble », martèle Fabien Roussel, secrétaire national du PCF qui rappelle qu’« Emmanuel Macron porte l’entière responsabilité de la situation dans laquelle nous sommes. 8 ans de choix politiques contre les intérêts des Français qui nous ont menés dans l’impasse que nous connaissons aujourd’hui ». « Le camp macroniste nous fait tourner en rond depuis un an. Il est plus que temps de passer à autre chose », renchérit Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV.

    Et pour des législatives…

    Les Insoumis ont, eux, refusé de rencontrer Sébastien Lecornu. « Le Premier ministre démissionnaire veut nous recevoir avec Manuel Bompard. Nous n’irons pas. Nous n’avons rien à négocier avec la Macronie agonisante », a ainsi tweeté Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale. Et d’ajouter : « Maintenant Macron doit partir, et vite ». Avec l’appel à une présidentielle anticipée d’Edouard Philippe, LFI se « rapproche de son objectif », a estimé Jean-Luc Mélenchon interrogé par l’AFP. « Cette hypothèse, qui était encore à zéro avant-hier, a maintenant une réalité politique », a-t-il développé.

    « Face à une recomposition politique qui s’accélère par une concrétisation d’une alliance entre la droite et l’extrême droite, notre responsabilité à nous est de trouver le chemin de l’unité dans le périmètre qui était celui du Nouveau Front Populaire » a affirmé pour sa part le groupe communiste de l’Assemblée nationale. Il fait mention de la consigne de vote donnée dans la journée par Retailleau sur une législative partielle dans le Tarn-et-Garonne où une socialiste affronte un candidat un candidat du parti d’Éric Ciotti – « pas une voix pour la gauche » – et qui a provoqué de nombreuses condamnations. Et le communiqué d’ajouter : « notre groupe participera donc à l’ensemble des discussions qui permettront d’avancer en ce sens, quel qu’en soit le format ».

    Concrètement, le député communiste Nicolas Sansu a participé à la réunion organisée en matinée entre une délégation de la France insoumise, des écologistes et de Générations/L’Après. Réunion au terme de laquelle un communiqué signé EELV affirme : « Nous souhaitons permettre que soient présentées des candidatures porteuses du programme du Nouveau Front Populaire dans toutes les circonscriptions ». Et d’annonce une nouvelle réunion dans ce sens aujourd’hui.

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »

  • La macronie au bord de l’implosion

    La macronie au bord de l’implosion

    Dissolution, démission et présidentielle anticipée… De tout bord, les mots d’ordre ont fusé alors que Sébastien Lecornu tentait mardi de « définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Sans surprise, le premier ministre démissionnaire s’est tourné vers la droite et son socle commun. Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, présidents du Sénat et de l’Assemblée, Marc Fesneau, représentant François Bayrou, Gabriel Attal et Edouard Philippe ont été les premiers reçus.

    Méthode

    Les discussions ont porté sur « l’adoption d’un budget pour l’État et pour la sécurité sociale » et « l’avenir de la Nouvelle-Calédonie », selon un communiqué de Matignon à midi. « Un échange s’en est suivi sur l’urgence budgétaire et les paramètres d’un compromis possible avec les oppositions », indiquait le texte sans préciser la tonalité des échanges. Entre eux déjà, l’accord n’était pas majeur. Avant le rendez-vous, Marc Fesneau, le patron des députés Modem avait visé Gabriel Attal, très critique, la veille, vis-à-vis d’Emmanuel Macron dont il assure « ne plus comprendre » les décisions. Mardi, sa voix a encore dissoné. Sans aller jusqu’à se mêler à celle de « ceux qui appellent matin, midi et soir à la démission » du Président, il a plaidé une nouvelle méthode intégrant « un négociateur indépendant des partis ». L’idée ? Contourner la polarisation politique d’un Premier ministre désigné par Macron. On en rirait…

    Démission

    Dans la matinée, Edouard Philippe, Premier ministre de 2017 à 2020, a poussé plus loin encore la charge contre la figure tutélaire, en l’appelant le président de la République à « prendre l’initiative » et organiser une élection présidentielle anticipée, après l’adoption du budget. « Ce n’est pas une critique de l’homme, j’ai de l’estime pour lui. Mais face à l’affaissement et cette mise en cause de l’autorité de l’État, il doit prendre une décision à la hauteur », explique le président du parti Horizons, un des composants de la macronie.

    « La dissolution de l’Assemblée ne peut pas être la solution (…) Il faut un projet clair et partagé », justifie Paul Christophe, le patron des députés Horizons. Une « démission programmée » déjà mise sur la table par Hervé Morin, président des Centristes, et portée, la veille, par David Lisnard, le maire (LR) de Cannes.

    Cohabitation

    à rebours du socle commun, Bruno Retailleau, le président des Républicains n’était pas à Matignon le matin. Il a été reçu en tête à tête à 17h, une heure après Laurent Wauquiez, le chef des députés LR qui lui mène une fronde en interne, estimant que la sortie ayant entraîné la démission de Lecornu, a « abîmé l’image » de « stabilité et de responsabilité » du parti.

    Avant de s’y rendre, le ministre de l’Intérieur démissionnaire a planté le décor : « Nous participerons à une condition, que ce soit un gouvernement de cohabitation », a-t-il expliqué chez Europe 1 et CNews, assurant qu’« une page était tournée ». « La condition, c’est que le président ne gouverne plus », pousse son vice-président, François-Xavier Bellamy, écartant la nomination d’un macroniste à Matignon. « Les échanges ont été francs et constructifs » glissait l’entourage de Lecornu après le rendez-vous. Ni « un macroniste », ni « homme de gauche » a confirmé Retailleau au JT de France 2.

    Dissolution

    « Un Premier ministre de gauche serait extrêmement minoritaire à l’Assemblée », juge de son côté Aurore Bergé, la porte-parole démissionnaire du gouvernement alors que le PS sera reçu à Matignon ce matin. Mais « est-ce que ce bloc du centre et de la droite (…) est capable de réussir à continuer à s’entendre ? », questionne-t-elle aussi, lucide.

    Alors que son entourage indiquait le matin qu’il « prendra ses responsabilités » en cas d’échec de Lecornu, Emmanuel Macron a reçu dans l’après-midi Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, entretenant l’hypothèse d’une dissolution. La Constitution prévoit en effet que le chef de l’État consulte les présidents des deux chambres avant de dissoudre la représentation nationale…

    Retraite : une suspension de la réforme envisagée

    La ministre démissionnaire de l’Éducation et ancienne Première ministre Elisabeth Borne s’est dite mardi ouverte à une « suspension » de la très impopulaire réforme des retraites qu’elle avait fait adopter en 2023, dans une interview au Parisien. Affirmant qu’il « faut savoir écouter et bouger », elle a ajouté qu’il ne fallait pas en faire « un totem ». « La suspension de la réforme des retraites, c’était impossible il y a quelques jours encore, aujourd’hui ça devient possible », a confirmé Raphaël Glucksmann de Place publique au sortir de son entretien avec Sébastien Lecornu mardi soir, assurant que le Premier ministre démissionnaire avait « ouvert la porte » mais que cela demandait à être « précisé ».

    Cette « volte-face est un aveu : la réforme des retraites est un échec », a immédiatement réagi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. « Même Elisabeth Borne qui avait porté cette réforme ouvre aujourd’hui la voie à une suspension », a-t-elle affirmé dans une déclaration écrite envoyée à l’AFP, « Le chef de l’État ne peut plus se permettre de faire la sourde oreille ». « Le Président de la République doit maintenant choisir, a intimé Sophie Binet. S’il veut renouer avec toute forme de légitimité, il doit entendre, écouter, abroger. Cette réforme est rejetée par plus de 80% des Français, elle a mobilisé des millions dans la rue : elle ne peut survivre ».

    Bardella « prêt à tendre la main »

    Le parti d’extrême droite qui a décliné l’invitation de Lecornu, a multiplié mardi les demandes de dissolution. Persuadé que le « barrage républicain » de 2024 « est en train de prendre l’eau », Jordan Bardella, le président du RN, « probable » candidat, estime que son parti peut l’emporter lors « de potentielles élections », mais se dit quand même prêt à « tendre la main aux Républicains » ne souhaitant pas « se fondre dans le macronisme », pour « former une majorité si besoin ». « Une main pour nous étouffer » a réagi, Daniel Fasquelle, le vice-président des Républicains. Ch. C.

  • Point de non-retour

    Point de non-retour

    Ambiance fin de règne. Le premier coup – et le plus dur – a été porté lundi soir par Gabriel Attal, président du parti présidentiel et du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Confiant ne « plus comprendre » les décisions du chef de l’État, il a déploré son entêtement dans la méthode.

    Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un autre ancien Premier ministre, Édouard Philippe, viole le dernier tabou macroniste en appelant de ses vœux une présidentielle anticipée après le vote du budget.

    Élisabeth Borne, également ancienne hôte de Matignon, s’est quant à elle déclarée ouverte, au nom de la « stabilité » du pays, à la suspension de la réforme des retraites qu’elle avait imposée à coups de 49.3…

    Rassemblement

    « Un aveu : la réforme des retraites est un échec », a commenté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Emmanuel Macron lâché par les siens, face à un bilan en forme de champ de ruine, a-t-il conscience que la France avait atteint un point de non-retour ?

    S’il s’avère incapable de nommer un Premier ministre de gauche ou, pire, si la gauche se révèle incapable de proposer un compromis fondé sur la justice sociale au pays, alors il faudra en revenir aux urnes.

    Mais rien ne permet d’assurer que de nouvelles législatives conduiraient à une situation sensiblement différente d’aujourd’hui.

    L’extrême droite, haineuse et revancharde, bien que déconsidérée par les affaires, croit dur comme fer en ses chances.

    Il y a urgence à lui opposer un rassemblement pour la démocratie et le progrès social.

  • « Censure systématique » pour l’extrême droite

    « Censure systématique » pour l’extrême droite

    Le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR) « censureront systématiquement tout gouvernement » jusqu’à la dissolution ou la démission du chef de l’État, a affirmé lundi Éric Ciotti à l’issue d’une réunion de l’intergroupe entre ses députés de l’Union des droites pour la République (UDR), son parti, et le RN.

    C’est le député des Alpes-Maritimes qui a pris la parole en fin de journée en clamant « pour arrêter cette mascarade ridicule, il faut retourner aux urnes et il faut le faire le plus vite possible ». Plus tôt dans la journée, les deux chefs de file du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella, ont appelé lundi Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale après la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, estimant que le chef de l’État avait aussi le choix de démissionner.

    « Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes et sans la dissolution de l’Assemblée nationale », a réagi Jordan Bardella tôt le matin en arrivant au siège de son parti pour une réunion. Elle est même « absolument incontournable », a abondé la cheffe de file du RN Marine Le Pen, à son arrivée.

    Interrogée par les journalistes, elle n’a pas non plus écarté l’hypothèse d’une démission du chef de l’État : « je n’ai pas à l’appeler à le faire. S’il prend la décision de le faire je pense que ce serait une décision, là encore, sage », a répondu la patronne de l’extrême droite. « Je pense que si nous attendons encore, il n’aura pas d’autre choix », a également estimé Jordan. Bardella après la réunion au siège du parti.

    Marine Le Pen a en outre balayé les hypothèses d’un nouveau gouvernement : « on est au bout du chemin, il faut arrêter. Ministres de droite, ministres de gauche, on arrête, et ce sont les Français qui vont décider », a-t-elle insisté. Sans préciser évidemment que c’est moins le pays que la possibilité de permettre à Marine Le Pen de participer à la présidentielle de 2027 qui motive l’analyse. La stratégie à peine voilée de son parti est en effet d’aligner élections législatives anticipées et accession à Matignon pour… lancer une loi d’amnistie, annulant l’exécution provisoire de l’inéligibilité.

  • Sans tête, Macron s’entête avec Lecornu

    Sans tête, Macron s’entête avec Lecornu

    Nomination d’un nouveau Premier ministre ? Nouvelle dissolution de l’Assemblée et élections législatives ? Démission du président de la République ? Ou bien destitution ? Quatre scénarios (lire ci-contre) étaient sur la table après la démission, lundi matin, de Sébastien Lecornu. Le président Emmanuel Macron était de nouveau en première ligne, plus isolé que jamais. On l’a vu errer seul, en discussion au téléphone sur les bords de Seine, à la sortie d’une répétition de la cérémonie de panthéonisation de Robert Badinter prévue jeudi… Mais la farce est décidément longue.

    En fin d’après-midi, l’Élysée indiquait que le président de la République avait confié au Premier ministre démissionnaire « la responsabilité de mener, d’ici mercredi soir, d’ultimes négociations afin de définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Un « blablatage » linguistique signifiant que Sébastien Lecornu était chargé de former un nouveau gouvernement. Une mission que ce dernier a acceptée. Il doit rencontrer, ce mardi à Matignon, les leaders du centre et de la droite…

    Lemaire se retire

    L’option de la reconduction de Sébastien Lecornu avait pris du poids au fil de la journée, alimentée par un post de Bruno Lemaire sur le réseau social X indiquant son renoncement à participer au gouvernement démissionnaire. « J’ai proposé en fin de matinée au président de la République de me retirer du gouvernement sans délai et de transférer mes responsabilités de ministre des Armées au Premier ministre » écrivait-il, en affirmant « souhaite(r) que cette décision permette la reprise des discussions en vue de former un nouveau gouvernement dont la France a besoin ».

    Dans l’après-midi, le Premier ministre démissionnaire avait quitté l’Élysée après un nouvel entretien avec Emmanuel Macron avant de se rendre au Sénat pour s’y entretenir avec son président LR, Gérard Larcher. Les mots échangés dans la matinée entre partenaires d’un socle commun de la droite et du centre qui volait en éclat, ont été rudes. Ridicules surtout, à l’image de cet exécutif n’ayant vécu qu’une quinzaine d’heures et qui restera dans l’histoire comme le plus éphémère de la Ve République.

    Tôt dans la matinée, le Premier ministre avait remis sa démission à Emmanuel Macron. Nommé le 9 septembre, Sébastien Lecornu avait dévoilé, la veille, une partie de son gouvernement et devait prononcer, ce mardi, sa déclaration de politique générale à l’Assemblée. « Les conditions n’étaient plus remplies », expliquait alors ce dernier sur le parvis de Matignon, admettant un manque de fluidité dans la composition d’une équipe gouvernementale qui lui a pris 26 jours. Mais l’ont-elles été un jour ?

    Tout sauf la gauche

    Et d’expliquer cette situation par le refus des formations politiques de « voir les changements et la rupture profonde » liée à la promesse de ne pas passer en force par le 49.3 et le fait qu’elles « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue » à l’Assemblée. « Les compromis ne sont pas la compromission », a-t-il martelé, avant de se montrer plus critique en pointant « le réveil de quelques appétits partisans » en lien avec l’élection présidentielle de 2027. « Il faut toujours préférer son pays à son parti », a-t-il lancé dans une allusion claire à Bruno Retailleau, même s’il ne le citera jamais.

    Le ministre de l’Intérieur et président des Républicains avait précipité sa chute, la veille, en remettant en cause la participation de son parti au gouvernement, après l’avoir acceptée et âprement défendue, à travers un post sur le réseau social X déplorant que « la composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise ». « On se retrouve avec des chevaux de retour », s’est encore justifié Retailleau, lundi au 13h de TF1 (lire ci-contre), moins offusqué par la reconduction de huit ministres de son écurie qui ne pèse que 50 députés, dont sept apparentés, à l’Assemblée.

    Ne se sentant pas « du tout » responsable de la démission du Premier ministre, le patron des LR assurait que celui-ci lui avait « caché la nomination de Bruno Le Maire (ex-LR) » comme ministre des Armées. « Un problème de confiance ». « Hors de question » en revanche pour lui de « cautionner un Premier ministre de gauche. » Tout sauf de gauche. Sans doute la conclusion de dix ans de macronisme ayant mystifié beaucoup de Français dans un illusoire « ni de droite, ni de gauche ».

    Attal « ne comprend plus » le Président
    Gabriel Attal, ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron et président du parti présidentiel Renaissance, a déclaré lundi soir sur TF1, que « comme beaucoup de Français », il « ne comprend plus les décisions du président de la République » qui « donnent le sentiment d’une forme d’acharnement à vouloir garder la main ». « Il faut maintenant partager le pouvoir », a-t-il ajouté, appelant à « un ou plusieurs négociateurs indépendants pour arriver à un compromis sur le budget et ensuite nommer un gouvernement ». S.D.
    12h
    C’est la durée du gouvernement Lecornu (Ren), éphémère Premier ministre (27 jours) d’Emmanuel Macron. Le 3e en moins d’un an après Michel Barnier (LR) et François Bayrou (Modem), et le 5e depuis la réélection du président de la République en mai 2022.
  • La gauche cherche la voie en ordre dispersé

    La gauche cherche la voie en ordre dispersé

    Tout ça est un peu triste. C’est vraiment les derniers messages d’un monde politique qui est en train de s’effondrer et qui s’accroche comme une moule à son rocher », a commenté en fin de journée Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, lorsque Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire est revenu par la fenêtre.

    Un peu plus tôt, c’est elle qui avait mis fin au suspense en annonçant que la réunion proposée par la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon aux autres partis de gauche n’aurait pas lieu. « Ça paraît assez évident que le Parti socialiste (…) ne va pas accourir chez la France insoumise comme si de rien n’était. Ce qui a été dit et fait ces derniers temps laisse des traces », justifiait cette dernière en référence aux relations tendues entre insoumis et socialistes.

    LFI pousse pour sa motion de destitution de Macron

    Dans l’esprit des dirigeants insoumis, cette réunion proposée aux autres partis de gauche pour répondre à « une situation politique sans précédent », devait permettre « d’envisager toutes les hypothèses ouvertes par cette situation », précisait Jean-Luc Mélenchon.

    L’occasion surtout de remettre sur la table une motion de destitution du président de la République « déposée par 104 parlementaires » qui doit être examinée par le bureau de l’Assemblée nationale mercredi. « Chaque formation politique sera mise au pied du mur de ses responsabilités », glisse le député de Marseille, Manuel Bompard, sans préciser le peu d’espoir de voir cette démarche aboutir.

    Tout au long de la journée, le Parti socialiste est resté mutique face à l’invitation. « Ce n’est pas à Jean-Luc Mélenchon de nous convoquer, ça c’est certain », a commenté sur BFMTV Arthur Delaporte, porte-parole du PS, ajoutant : « Aujourd’hui s’il s’agit de constituer un gouvernement de gauche, la présence de LFI fera qu’il sera censuré immédiatement. »

    Si le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est contenté de saluer la décision de Sébastien Lecornu sur X, un « gaulliste » qui vient de « démissionner avec dignité et honneur », le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, un de ses proches, est allé plus loin : « Nous rencontrerons dans les prochaines heures nos partenaires politiques de gauche et des Écologistes, de Place Publique au Parti communiste, qui partagent avec nous la même volonté de gouverner et agir, pour trouver l’issue à cette crise politique. »

    à l’exception de la France insoumise, l’ensemble des forces politiques de gauche ont plaidé toute la journée pour l’instauration d’une cohabitation avec la nomination d’un Premier ministre de gauche, autour d’un mot d’ordre et trois scénarios : dissolution, démission ou cohabitation.

    Matignon ou les urnes

    « La crise démocratique est inédite face à l’incompétence de ceux qui dirigent le pays depuis 8 ans : Emmanuel Macron mène le pays dans l’impasse ! Pour en sortir, qu’il nomme enfin la gauche. Sinon, retournons aux urnes », a ainsi lancé sur X, le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel. « Nous discuterons avec l’ensemble des forces de gauche pour que la gauche, le moment venu, soit prête à gouverner ou en cas de dissolution à se présenter », abonde Ian Brossat. « La solution c’est qu’on ait un président de la république qui arrête de faire n’importe quoi et consente à entendre ce que demandent les Français et leur volonté de changement ».

    La députée Clémentine Autain (L’Après) appelait de son côté à « un sursaut » : « Il nous faut un accord politique durable entre toutes les forces de gauche et écologistes ». EELV a justement convié les chefs des différents partis à une nouvelle réunion ce mardi matin.

  • Sébastien Lecornu dénonce les « appétits partisans »

    Sébastien Lecornu dénonce les « appétits partisans »

    En fin de matinée, le premier ministre démissionnaire a expliqué ce lundi sur le parvis de Matignon sa décision annoncée quelques heures plus tôt, devançant au passage la réunion des représentants du parti Les Républicains programmée à 11h.

    « Les conditions n’étaient plus remplies », observe Sébastien Lecornu, reconnaissant un manque de fluidité dans la composition du Gouvernement qui aura pris plus de 25 jours, un record dans la Ve République. Mais l’ont-elles été un jour ?

    Et de pointer trois raisons à cette situation. La première est que « les formations politiques ont fait mine de ne pas voir les changements et la rupture profonde » liée au non usage du 49.3. La seconde, le fait que les partis politiques « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue » à l’Assemblée. « Les compromis ne sont pas la compromission » a martelé Sébastien Lecornu, avant de se montrer plus critique.

    Ce dernier a en effet pour finir pointé « le réveil de quelques appétits partisans » en lien avec l’élection présidentielle de 2027. « Il faut toujours préférer son pays à son parti », a-t-il lancé dans une allusion claire au président des LR, Bruno Retailleau, qui dimanche soir a précipité sa chute en remettant en cause la participation des Républicains au gouvernement à peine celui-ci formé.

  • Lecornu remet sa démission, Macron accepte

    Lecornu remet sa démission, Macron accepte

    Suite et fin de Sébastien Lecornu en tant que Premier ministre. Ce dernier a remis sa démission, ce lundi matin, au président Emmanuel Macron qui l’a acceptée. Cette démission intervient au lendemain de l’annonce de la composition de son gouvernement, ce dimanche soir, qui avait provoqué un tollé, à gauche comme à droite puisqu’il était quasiment identique au précédent (lire notre édition du 06/10). Selon nos confrères de BFM TV, l’ex-Premier ministre s’est entretenu plus d’heure avec le président dans la matinée, avant de sortir de l’Élysée à 9h30.