Tag: gouvernement

  • La « carte blanche », une impasse

    La « carte blanche », une impasse

    C’est une nouvelle fois dans la précipitation et dans une vaste pagaille politique que le gouvernement a été nommé, dimanche soir. Un exécutif sans relief, bancal et toujours libéral, piloté par un Premier ministre en sursis.

    En reconduisant Sébastien Lecornu à Matignon, Emmanuel Macron ne cherche pas à résoudre la crise politique, il l’aggrave. Ce choix illustre un refus obstiné d’écouter le peuple.

    Car cette crise est l’héritage direct de la dissolution de 2024. Une manœuvre présidentielle qui a tourné au désastre. Le Nouveau Front populaire (NFP), rassemblant les partis de gauche, est sorti vainqueur de ces législatives, porté par une dynamique forte. Mais, au lieu de respecter ce verdict, Emmanuel Macron a préféré ignorer les urnes, contourner les équilibres parlementaires et imposer un Premier ministre sans majorité. Depuis, règne une instabilité sans précédent.

    Paysage fracturé

    Sébastien Lecornu se retrouve avec une « carte blanche » qui ressemble surtout à une impasse. Il a composé un gouvernement dans un paysage politique fracturé, où les soutiens traditionnels se dérobent et où les oppositions se préparent à censurer. À gauche, la colère est légitime, avec des exigences concrètes : retrait de la réforme des retraites, justice fiscale ou encore un meilleur pouvoir d’achat.

    La semaine qui s’ouvre s’annonce tumultueuse, avec un gouvernement équilibriste déjà proche de chuter, juste en place pour déposer un projet de budget dans les temps.

    Il est temps que la gauche prenne le gouvernail du pays, avec une alternative crédible, sociale, écologique et démocratique. Le peuple a parlé en 2024. Il est urgent que le pouvoir l’écoute, enfin.

  • Le PCF censurera Lecornu et se prépare à la dissolution

    Le PCF censurera Lecornu et se prépare à la dissolution

    Pour les communistes, la censure est une évidence après la reconduite de Sébastien Lecornu à Matignon en dépit de son échec et de celui de ses prédécesseurs. « Nous censurerons, nous appelons à retourner aux urnes », a indiqué Fabien Roussel, secrétaire national, en ouverture du conseil national du PCF, qui se tenait à Paris, ce samedi. Pour le dirigeant communiste, il faut prendre la mesure du « dégoût de la politique », provoqué par l’attitude du président de la République, dont une majorité de Français souhaite le départ.

    Les communistes ne doutent pas qu’une dissolution interviendra rapidement, peut-être d’ici vendredi prochain, car si le chef de l’État et son Premier ministre veulent à tout prix présenter le projet de budget ce lundi, c’est pour permettre à un texte d’austérité d’être lancé dans les délais constitutionnels et de servir de base de discussion, quelle que soit la suite des événements.

    Périmètre du rassemblement

    Au regard de la dislocation du socle commun et de l’inflexibilité présidentielle, la direction communiste table sur l’hypothèse de l’adoption d’une motion de censure dans la semaine suivie d’une dissolution. Dans cette optique, Fabien Roussel liste trois objectifs : « empêcher l’extrême droite de l’emporter, faire gagner la gauche et renforcer le PCF partout en France comme à l’Assemblée nationale ».

    Dans la discussion, la question du périmètre du rassemblement a été posée, certains intervenants souhaitant renouer avec le périmètre du Nouveau front populaire, d’autres rappelant qu’il n’avait pas permis d’être majoritaires et que le PCF ne s’était vu attribuer qu’une cinquantaine de circonscriptions. Des limites qui avaient été pointées lors d’une conférence nationale du PCF après les dernières législatives.

    Stéphane Peu, président communiste du groupe GDR a indiqué : « le groupe m’a donné explicitement mandat : aller partout où se discutent les conditions d’une alternative progressiste sans se substituer à la responsabilité exclusive du parti qui est de négocier un accord électoral. » Son homologue du Sénat, Cécile Cukierman, a fait part de son scepticisme sur un accord « à quatre, car dans les quatre, il y en a deux qui n’en veulent pas : le PS et la FI ».

    Dans une résolution adoptée par 86 voix pour, 12 contre et 7 abstentions, les communistes lancent « un appel aux travailleurs et travailleuses, aux forces syndicales et associatives du pays et à toutes les forces de gauche, à débattre des propositions de rupture que nous portons, à s’unir pour obtenir le changement de politique tant attendu et pour battre la droite et l’extrême droite. » Le texte souligne aussi l’importance des municipales « pour protéger les habitants et développer les services publics locaux ».

  • Le forcené de l’Élysée

    Le forcené de l’Élysée

    Emmanuel Macron avait promis, mercredi, de nommer un Premier ministre « d’ici 48 heures ».

    En reconduisant son Premier ministre démissionnaire, il balaye l’hypothèse la plus évidente depuis la dissolution désastreuse décidée à la demande de l’extrême droite : désigner une personnalité issue de la coalition arrivée en tête aux élections législatives, le Nouveau front populaire.

    Alors que son ancienne Première ministre, Élisabeth Borne, qui a imposé au pays une réforme des retraites injuste, illégitime et anti-démocratique, s’est dite ouverte à la suspension du texte, il a refusé la moindre garantie aux partis de gauche venus le rencontrer vendredi en début d’après-midi.

    Démission, défiance ou censure

    Le chef de l’État semble incapable de comprendre qu’il a perdu les élections législatives et que son action est désavouée par une majorité de Français.

    « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ! », écrivait Albert Einstein.

    Si le chef de l’État, imagine pouvoir imposer au « socle commun » de se rabibocher pour maintenir son Premier ministre de continuité, il déraisonne.

    Son destin sera le même que celui des trois hôtes de Matignon qui s’y sont cassés les dents : la démission, la défiance ou la censure.

    Par son entêtement, le président de la République, dégrade sa fonction et fragilise les institutions.

    En démocratie, l’absence de solution n’existe pas : le retour aux urnes est indispensable.

  • Nouveau plaidoyer pour un Premier ministre de gauche

    Nouveau plaidoyer pour un Premier ministre de gauche

    « Monsieur le président, entendez le pays », ont exhorté, jeudi soir, la patronne des Écologistes Marine Tondelier, le premier secrétaire du PS Olivier Faure et le secrétaire national des communistes Fabien Roussel, dans une déclaration commune publiée en fin de journée, demandant au chef de l’État de choisir une cohabitation avec un Premier ministre de gauche.

    Alors qu’Emmanuel Macron doit nommer vendredi son quatrième Premier ministre depuis la dissolution, les trois chefs de parti insistent une nouvelle fois pour obtenir du président qu’il respecte le résultat des élections législatives de juillet 2024, qui ont placé en tête, mais sans majorité, le Nouveau front populaire. Pour eux, « persister dans l’obstruction serait fragiliser encore davantage notre démocratie ».

    Les trois responsables politiques préviennent : « Soit vous persistez dans l’isolement et le déni, et vous prendrez devant l’Histoire la responsabilité d’avoir considérablement aggravé la fracture entre le peuple et ses institutions. » « Soit vous écoutez le pays (…) et vous ouvrez une nouvelle étape : celle d’une cohabitation », avec « la nomination d’un Premier ministre et d’un gouvernement de gauche et écologiste qui permettra la construction de majorités à l’Assemblée » nationale, proposent-ils.

    Ils soulignent que « l’échec des gouvernements successifs n’est rien d’autre que le refus d’un changement de politique sur des aspirations majoritaires dans le pays », comme le rejet du recul de l’âge de départ à la retraite ou la demande d’une fiscalité plus forte des plus riches et du capital, « et la conséquence d’une méthode antidémocratique qui impose des choix sans débat au Parlement ».

    Les trois chefs de gauche rappellent que le gouvernement Barnier, qui devait être « le gage d’une stabilité institutionnelle retrouvée », n’aura été « qu’une courte parenthèse, tout comme celui de François Bayrou », et que le gouvernement Lecornu « n’aura même pas duré 24 heures ». « Il est temps de tirer les leçons de cette séquence », martèlent-ils, estimant que la France a besoin « d’un gouvernement de gauche et écologiste », qui propose « une autre politique » et « un projet de budget de justice sociale et fiscale ».

    Une option qui a obtenu de nouveaux soutiens jeudi. Celui de la ministre démissionnaire de la Transition écologique, qui a affirmé à Ici Nord : « On a essayé la droite, on a essayé le centre, alors pourquoi ne pas essayer la gauche ? »

    Hypothèse Borloo

    À la veille de la nomination, les hypothèses ont été nombreuses. Dont celle mentionnant… de manière insistante Jean-Louis Borloo, qui a opposé un démenti. Celui qu’Emmanuel Macron avait renvoyé dans les cordes après lui avoir demandé un rapport sur les banlieues en le traitant de « mâle blanc ne vivant pas dans ces quartiers » ne représente pas vraiment la « rupture ».

    Mais l’ex-ministre de la Ville puis de l’Emploi sous Jacques Chirac, et de l’Écologie sous Nicolas Sarkozy, a suscité quelques approbations. Dont celle du patron des Républicains Bruno Retailleau, qui l’a qualifié de « disruptif », en se disant ni pour ni contre, mais en soulignant qu’il n’était « ni de gauche, ni macroniste ». Un Bruno Retailleau qui a fait des adieux vibrants d’émotion aux… préfets lors d’un séminaire sur le narcotrafic, ce jeudi matin, comme le rapporte Le Parisien : « Si je devais m’éloigner de ce ministère, je ne voudrais pas que ce soit sans vous avoir dit ma gratitude, ma reconnaissance, mon admiration et mon affection. »

    Manifestement, Bruno Retailleau ne se voit pas dans le futur gouvernement. Parce que de gauche ?

  • L’extrême droite RN veut « tout censurer »

    L’extrême droite RN veut « tout censurer »

    Le Rassemblement national rejoue la même scène que lors de la dissolution de juin 2024, décidée de façon ubuesque par Emmanuel Macron, au soir des résultats des élections européennes où le RN était arrivé en tête de ce scrutin à un tour. Le risque d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite avait alimenté le débat public et avait poussé les gauches à s’unir pour les législatives anticipées, au sein du Nouveau front populaire (NFP). Une union qui arrivera en tête, le 7 juillet 2024, mais sans être appelée à Matignon par Macron.

    Plus d’un an après, et alors qu’il fait son miel de l’instabilité politique et de la crise de régime, le RN ne change pas de disque et se dit toujours « prêt à gouverner ». Mais pour cela, une nouvelle dissolution est un préalable indispensable. Or, elle dépend, comme le stipule la Constitution, du seul chef de l’État. Aussi, entendre, mercredi matin, Sébastien Lecornu dire que la perspective d’une dissolution s’éloignait, a fait sortir de ses gonds l’héritière de Montretout. Elle a déclaré dans la foulée qu’elle « censurerait tout » ce qui émane du gouvernement, même si elle a dit prudemment être favorable à une suspension de la réforme des retraites, avancée par le dernier carré des macronistes. « Je suis heureuse de cette suspension si elle intervient », a-t-elle déclaré en marge d’une visite au sommet de l’élevage, à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme). Pour autant « je censure tout. Là, maintenant, stop. La plaisanterie a assez duré », a-t-elle ajouté. Le président du RN Jordan Bardella a déclaré dans quasiment les mêmes termes sur le réseau X que « la seule solution, c’est le retour aux urnes. Stop aux tractations, place aux élections et à la dissolution de l’Assemblée nationale ».

    Marine Le Pen, qui a refusé de rencontrer Lecornu, a également précisé que « si les Français nous veulent, nous sommes prêts et nous enverrons Jordan Bardella qui constituera un gouvernement de coalition. »

    Coalition avec qui ? Pour l’heure, le parti lepéniste n’entre pas dans les détails mais à droite, les digues sont en train de rompre, Bruno Retailleau (LR) en tête, mais aussi la sénatrice LR Sophie Primas, ancienne porte-parole du gouvernement Bayrou, qui a dit mercredi sur RTL qu’elle était prête à gouverner avec l’extrême droite, en affirmant que « nous n’avons pas que des désaccords avec le Rassemblement national ». Gravissime et symptomatique d’une bascule de la droite dite traditionnelle.

  • Les gauches divisées sur la stratégie à mener

    Les gauches divisées sur la stratégie à mener

    Ira, ira pas ? Si la nomination d’un ou d’une Premier(e) ministre issue de la gauche relève, formellement, du choix du président de la République, Emmanuel Macron pourrait finir par y être contraint. Une option qu’il a toujours refusée avec entêtement, bien que la coalition du Nouveau front populaire (NFP) soit arrivée en tête le 7 juillet 2024 à l’issue du second tour des législatives anticipées.

    L’hypothèse est sur la table, mais le paysage au sein des gauches est morcelé et des différences stratégiques majeures éclatent. La menace de l’extrême droite, de plus en plus avide de pouvoir, ressoudera-t-elle les rangs ? À voir.

    « Mener une politique

    de progrès »

    Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion, mercredi, tous les représentants des formations de gauche, à l’exception notable de la France insoumise, se sont déclarés « prêts à gouverner ensemble pour mener une politique de progrès social et écologique et de justice fiscale, où nous redonnerons toute sa place au Parlement ». Du côté des insoumis, la stratégie est de pousser le président de la République à la démission. Mais sa motion de destitution d’Emmanuel Macron, soumise au Bureau de l’Assemblée, a été jugée irrecevable mercredi. La présidente des députés de la France insoumise, Mathilde Panot, a assuré que son groupe censurerait « tout gouvernement qui continuerait la politique macroniste », estimant qu’Olivier Faure n’obtiendrait « que des miettes » en négociant avec Lecornu.

    De son côté, Marine Tondelier, qui tente de rabibocher PS et insoumis, a mis en garde contre l’« ultime provocation » que constituerait la nomination d’un Premier ministre macroniste. Il ne « ne tiendrait pas une minute. Ils le savent, on le sait, tout le monde le sait, donc on va arrêter de faire semblant. La seule solution aujourd’hui, c’est un premier ministre de gauche et écologiste », qui aurait « un soutien populaire », a-t-elle assuré, plaidant pour « une cohabitation ». Elle a précisé qu’être en cohabitation signifiait avoir « un gouvernement avec des ministres issus des groupes de gauche et écologistes », écartant l’hypothèse de tout ministre macroniste au gouvernement.

    La perspective d’une suspension de la réforme des retraites, premier pas vers son abrogation réclamée notamment par le responsable du PCF Fabien Roussel (lire par ailleurs), est au cœur du débat. Une réforme rejetée par les Français et un combat cardinal à gauche et dans le mouvement social.

  • Lecornu s’efface, Macron en première ligne

    Lecornu s’efface, Macron en première ligne

    « Je suis un moine soldat, ce soir, ma mission est terminée. » Sans aller jusqu’à jouer les Saint-Sébastien, meurtri par les flèches de ses propres archers, le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, a mis au moins fin à un suspense, mercredi soir, sur le plateau du 20h de France 2. Il ne rempilera pas à Matignon. « Je ne cours pas après le job », a-t-il lâché. Deuxième certitude : « La situation permet » au président Emmanuel Macron « de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures », a-t-il annoncé. L’Élysée a confirmé par communiqué, dans la soirée.

    Au terme de deux jours de consultations des formations politiques, à l’exception de la France insoumise, partisane de la démission d’Emmanuel Macron, et du RN, qui réclame en boucle la dissolution de l’Assemblée nationale et qui n’ont pas voulu se rendre à Matignon, le plus éphémère Premier ministre de la Ve République a livré ses conclusions après en avoir rendu compte à Emmanuel Macron. La perspective d’une dissolution s’éloigne, avait-il déjà déclaré le matin lors d’une courte allocution et avant de recevoir l’une après l’autre les formations de gauche : le PS, les Écologistes et le PCF. Il a déclaré « qu’il y a une majorité absolue à l’Assemblée nationale qui refuse la dissolution et pas que parce qu’il y aurait la peur de retourner aux urnes comme on a pu l’entendre », faisant allusion aux déclarations de la responsable d’extrême droite Marine Le Pen (RN). À propos du budget, il constate qu’il existe « une majorité très relative de plusieurs formations politiques qui, au fond, sont prêtes à s’accorder sur un budget commun ». Un budget pour lequel, selon lui, les formations politiques s’accordent à voir adopter d’ici la fin de l’année. Sur le point, essentiel, de la réforme des retraites, Sébastien Lecornu a dit qu’il « faudra trouver un chemin pour qu’on ouvre le débat ». Ajoutant : « Dans une démocratie, vous avez du mal à siffler “circulez, il n’y a rien à voir” », à propos d’une réforme pourtant passée en force par le 49.3 de la Constitution par les macronistes. Ce débat aura lieu lors de la discussion sur le budget de la Sécurité sociale.

    Quant au « profil » du futur locataire de Matignon, il a botté en touche : « C’est lui [Emmanuel Macron] qui prendra ses responsabilités. » La balle est renvoyée dans le camp d’Emmanuel Macron.

    RÉACTIONS

    Marine Tondelier Secrétaire nationale des Écologistes

    « M. Lecornu a démissionné de lui-même parce que son gouvernement a implosé. Les macronistes sont rentrés en résistance pour ne pas rendre le pouvoir. Qu’y a-t-il de stable depuis la dissolution ? Il n’y aura pas de travail sur une non-censure d’un énième gouvernement avec un macroniste à sa tête. Si nous étions nommés, nous aurions quelque chose de très puissant qu’ils n’ont plus depuis longtemps : un élan populaire. »

    Jean-Luc Mélenchon Fondateur de la France insoumise

    « Sébastien Lecornu dit qu’on ne peut trancher aucun sujet avant l’élection présidentielle de 2027. Solution ? Faisons l’élection présidentielle tout de suite. Le pays n’a pas de temps à perdre. »

    Dieynaba Diop Députée, porte-parole du Parti socialiste

    « Il revient maintenant au président de la République de dire s’il respectera enfin le résultat des urnes de juillet 2024, qui a placé en tête une coalition de gauche, ou s’il s’entêtera à nouveau avec le socle commun. Nous n’avons pas confiance, mais nous avons pleinement conscience qu’il va falloir trouver un chemin et des compromis. L’Assemblée nationale doit pouvoir se prononcer sur l’abrogation de la réforme des retraites. »

    François Ruffin Député « Debout ! »

    « Emmanuel Macron devait «prendre ses responsabilités» ce soir. À la place, il a envoyé le pauvre soldat Lecornu au front du 20h. Le pouvoir est vide. Pas de Premier ministre, pas de budget. Macron doit maintenant organiser son départ. Comme le demandent les révolutionnaires du Point, Édouard Philippe, Alain Minc, etc. »

    Thomas Ménagé Député, porte-parole du RN

    Un Premier ministre venu parler pour ne rien dire. Il cherche à gagner du temps, à sauver Macron et son macronisme à l’agonie. Les tractations bidons et ce sketch pathétique ont assez duré. Stop aux tractations, place aux élections ! »

    Aurélien Rousseau Député Place publique, ex-ministre

    « Oui, un chemin est possible pour ne pas s’enferrer dans une crise qui abîme le pays. Sébastien Lecornu, dans son intervention digne et claire, a acté que des changements de cap étaient possibles. Le compromis est un sport collectif. Il faut que tout le monde accepte de s’y mettre. »

    Éric Ciotti Député UDR, allié du RN

    « En 2024, macronistes, LR, socialistes, écologistes, communistes se sont alliés pour nous faire battre. Un an plus tard, ils se coalisent pour empêcher une dissolution et notre victoire. Quitte à paralyser le pays et offrir du répit à un président déchu. L’histoire les sanctionnera. »

    Pascal Savoldelli Sénateur communiste du Val-de-Marne

    « Lecornu s’est livré à un bavardage bien huilé. Lecornu en mission expresse pour justifier l’austérité brouille les cartes. Retraites ? Salaires ? Santé ? Rien de concret, mais toujours la défense du présidentialisme ! Le verbe au service du pouvoir, sans le peuple. »

    Renaud Muselier Président Renaissance de la Région Sud, ancien ministre

    « Ce soir, Sebastien Lecornu a montré avec dignité, responsabilité et clarté les grands enjeux qui sont devant nous, à commencer par le budget. Il a fait le boulot. Je souhaite que les partis à Paris s’en inspirent et enfin travaillent pour la France et les Français. »

    Clémentine Autain Députée « l’Après »

    « Tant qu’il n’y aura pas de justice sociale et fiscale, il n’y aura pas d’apaisement dans le pays. Le discours de M. Lecornu est un grand vide, il est venu meubler le silence assourdissant du président de la République. »

    Charles Sitzenstuhl Députée Renaissance

    « Le choix de la personne est important, mais ce n’est pas le seul déterminant. Nous avons une urgence avec le budget (….) il faut se mettre d’accord sur l’essentiel pour l’adopter avant Noël. »

  • La balle est dans le camp de l’Élysée

    La balle est dans le camp de l’Élysée

    « Moine-soldat » autoproclamé de la Macronie, homme lige du président de la République, Sébastien Lecornu a estimé que sa mission de consultation de la dernière chance était « terminée » sur le plateau de France 2.

    Atone devant une Léa Salamé aphone, on retiendra de son intervention un fait essentiel : il écarte une dissolution dans l’immédiat, considérant qu’une majorité absolue existe à l’Assemblée nationale sur l’idée de donner un budget à la France et à la Sécurité sociale avant la fin de l’année.

    Sans exclure la possibilité d’une nomination d’un Premier ministre de gauche – ce qui supposerait la non-censure d’une partie au moins de la Macronie – il a refusé de se prononcer explicitement sur la marche à suivre, renvoyant la balle dans le camp de l’Élysée.

    Le socle commun a échoué et explosé

    Emmanuel Macron, qui avait reçu son Premier ministre démissionnaire peu de temps avant son passage télévisé, a fait savoir par communiqué qu’il nommerait un Premier ministre dans les 48h.

    Il est aujourd’hui placé devant ses responsabilités, mais aussi face à son bilan qui a abîmé notre démocratie. Porté à l’Élysée deux fois par rejet de l’extrême droite, il a fait mine d’avoir été élu sur son projet. Après être passé en force sur la réforme des retraites très majoritairement rejetée dans le pays, avoir été sanctionné aux européennes, il a dissous l’Assemblée nationale sans appeler à Matignon un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête : le Nouveau front populaire. Désormais, le socle commun, bricolé après les élections, a incontestablement échoué et explosé. Il n’a d’autre choix que de nommer un Premier ministre de gauche ou de convoquer de nouvelles élections.

  • [Entretien] Fabien Roussel: «Nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites»

    [Entretien] Fabien Roussel: «Nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites»

    La Marseillaise : Qu’avez-vous dit ce mercredi matin à Sébastien Lecornu ?

    Fabien Roussel : Nous lui avons réaffirmé, pour la troisième fois, que si nous étions là, c’est parce que nous voulons trouver des solutions pour le pays, sortir de la crise économique, sociale, mais aussi politique. Dans cet état d’esprit, nous sommes ouverts au dialogue. Mais surtout, nous lui avons redit que nous voulons un changement politique. Et nous avons réaffirmé deux points qui nous semblent essentiels : nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites et nous voulons un Premier ministre de gauche. Mais bien sûr, nous sommes prêts à travailler à des compromis, à des majorités, en laissant le Parlement travailler sans utiliser le 49.3.

    Quelle réponse vous a-t-il adressée ?

    F.R. : Il prend note et il dira ce soir [mercredi, Ndlr.] au président de la République s’il y a matière à construire une coalition, ou s’il faut dissoudre l’Assemblée nationale en l’absence de compromis possible ou d’accord de non-censure possible. La question de la censure se pose non pas à nous, qui sommes prêts à faire des compromis, mais plutôt aux députés Renaissance qui eux, depuis Gabriel Attal, ont toujours dit qu’ils censureraient a priori un gouvernement de gauche. Je demande aux députés Renaissance : quel prix sont-ils prêts à payer pour ne pas avoir de dissolution ? Sont-ils prêts à accepter l’abandon de la réforme des retraites qu’ils ont défendue pour donner de la stabilité au pays ? C’est à eux que je pose la question.

    À quels compromis êtes-vous prêts ?

    F.R. : À partir du moment où il n’y a pas de 49.3, il faut accepter qu’il y ait des débats à l’Assemblée nationale. Chaque camp doit accepter qu’il gagnera des débats, mais qu’il en perdra aussi. Chaque groupe doit accepter qu’il ne pourra pas mettre en œuvre tout son programme et rien que son programme, à moins d’avoir une majorité absolue. Le Parlement sert à cela, à construire des majorités sur des textes. Les députés de gauche et écologistes se battront tous ensemble contre le doublement des franchises médicales, et nous verront bien comment les députés de droite et d’extrême droite se positionneront. De la même manière, si l’abrogation de la réforme des retraites est soumise au vote, nous verrons bien qui la vote ou pas. Nous, nous disons qu’il y a une majorité à l’Assemblée nationale pour la voter. Et enfin, quand il y aura le débat sur la taxation du capital, via l’ISF, taxe Zucman, ou autre forme de fiscalité, en l’absence de 49.3, il y aura forcément un vote majoritaire. La gauche défendra ces mesures de justice, mais que voteront les députés du Rassemblement national, eux qui ont toujours été les alliés du capital ? L’absence de 49.3 sur tous ces sujets est quelque chose d’important qu’il faut défendre, c’est un acquis. Mais nous disons que cela ne suffit pas si nous ne pouvons pas débattre de l’abrogation de la réforme des retraites, donc nous l’avons demandé au Premier ministre Lecornu. L’abandon du 49.3 peut nous permettre tous les débats, mais pas de débattre de l’abrogation de la réforme des retraites, il n’y a que le gouvernement qui peut décider de déposer un projet de loi dessus.

    Quelles sont vos lignes rouges ?

    F.R. : S’il n’y a aucune possibilité de revenir sur la réforme des retraites, nous n’allons pas servir de caution à un gouvernement ultralibéral qui met en place des mesures d’austérité. Si nous n’avons aucune victoire à arracher pour le peuple, le monde du travail, nous n’avons aucun intérêt de permettre à un gouvernement de mettre en place ces mauvais coups. Nous censurerons.

    Quel gouvernement de gauche est possible ?

    F.R. : D’abord, il faut la nomination d’un Premier ministre issu des forces de gauche qui se sont réunies ce mardi, et qui ont toutes exprimé ce choix. Les socialistes, les écologistes, les communistes, l’Après, Génération.s, GRS : nous étions tous ensemble hier [mardi, Ndlr.] pour appeler le président de la République à nommer un Premier ministre issu de nos rangs.

  • [Entretien] Fabien Roussel: «Nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites»

    [Entretien] Fabien Roussel: «Nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites»

    La Marseillaise : Qu’avez-vous dit ce mercredi matin à Sébastien Lecornu ?

    Fabien Roussel : Nous lui avons réaffirmé, pour la troisième fois, que si nous étions là, c’est parce que nous voulons trouver des solutions pour le pays, sortir de la crise économique, sociale, mais aussi politique. Dans cet état d’esprit, nous sommes ouvert au dialogue. Mais surtout, nous lui avons redit que nous voulons un changement politique. Et nous avons réaffirmé deux points qui nous semblent essentiels : nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites et nous voulons un Premier ministre de gauche. Mais bien sûr, nous sommes prêts à travailler à des compromis, à des majorités, en laissant le Parlement travailler sans utiliser le 49.3.

    Quelle réponse vous a-t-il adressée ?

    F. R. : Il prend note et il dira ce soir [mercredi, ndlr] au président de la République s’il y a matière à construire une coalition, ou s’il faut dissoudre l’Assemblée nationale en l’absence de compromis possible ou d’accord de non-censure possible. La question de la censure se pose non pas à nous, qui sommes prêts à faire des compromis, mais plutôt aux députés Renaissance qui eux, depuis Gabriel Attal, ont toujours dit qu’ils censureraient a priori un gouvernement de gauche. Je demande aux députés Renaissance : quel prix sont-ils prêts à payer pour ne pas avoir de dissolution ? Sont-ils prêts à accepter l’abandon de la réforme des retraites qu’ils ont défendue pour donner de la stabilité au pays ? C’est à eux que je pose la question.

    A quels compromis êtes-vous prêts ?

    F. R. : A partir du moment où il n’y a pas de 49.3, il faut accepter qu’il y ait des débats à l’Assemblée nationale. Chaque camp doit accepter qu’il gagnera des débats, mais qu’il en perdra aussi. Chaque groupe doit accepter qu’il ne pourra pas mettre en oeuvre tout son programme et rien que son programme, à moins d’avoir une majorité absolue. Le Parlement sert à cela, à construire des majorités sur des textes. Les députés de gauche et écologistes se battront tous ensemble contre le doublement des franchises médicales, et nous verront bien comment les députés de droite et d’extrême droite se positionneront. De la même manière, si l’abrogation de la réforme des retraites est soumise au vote, nous verrons bien qui la vote ou pas. Nous, nous disons qu’il y a une majorité à l’Assemblée nationale pour la voter. Et enfin, quand il y aura le débat sur la taxation du capital, via l’ISF, taxe Zucman, ou autre forme de fiscalité, en l’absence de 49.3, il y aura forcément une vote majoritaire. La gauche défendra ces mesures de justice, mais que voteront les députés du Rassemblement national, eux qui ont toujours été les alliés du capital ? L’absence de 49.3 sur tous ces sujets est quelque chose d’important qu’il faut défendre, c’est un acquis. Mais nous disons que cela ne suffit pas si nous ne pouvons pas débattre de l’abrogation de la réforme des retraites, donc nous l’avons demandé au Premier ministre Lecornu. L’abandon du 49.3 peut nous permettre tous les débats, mais pas de débattre de l’abrogation de la réforme des retraites, il n’y a que le gouvernement qui peut décider de déposer un projet de loi dessus.

    Quelles sont vos lignes rouges ?

    F. R. : S’il n’y a aucune possibilité de revenir sur la réforme des retraites, nous n’allons pas servir de caution à un gouvernement ultra-libéral qui met en place des mesures d’austérité. Si nous n’avons aucune victoire à arracher pour le peuple, le monde du travail, nous n’avons aucun intérêt de permettre à un gouvernement de mettre en place ces mauvais coups. Nous censureront.

    Quel gouvernement de gauche est possible ?

    F. R. : D’abord, il faut la nomination d’un Premier ministre issu des forces de gauche qui se sont réunies ce mardi, et qui ont toutes exprimé ce choix. Les socialistes, les écologistes, les communistes, l’Après, Génération.s, GRS : nous étions tous ensemble hier [mardi, ndlr] pour appeler le président de la République à nommer un Premier ministre issu de nos rangs.