Tag: Gauche

  • Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    « Ma grand-mère disait : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… » Lancé en 2011 par la socialiste Martine Aubry en pleine bataille des primaires du PS, et passée à la postérité (aujourd’hui on parlerait de « punchline »), l’expression résume parfaitement le halo de fumée entretenu par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu. En premier lieu, cet exercice de souffleur pour poêle s’adresse aux formations politiques qu’il a reçues mercredi, du matin au soir et singulièrement aux gauches qui ont fait le déplacement, LFI ayant décliné l’invitation.

    Premiers à ouvrir le bal, les socialistes : le premier secrétaire du parti Olivier Faure et les deux présidents de groupe au Parlement, Boris Vallaud (Assemblée) et Patrick Kanner (Sénat), sont ressortis après deux heures d’entretien pour le moins frustrés. « Pour l’instant, nous sommes restés sur notre faim et nous verrons bien ce qu’il a à nous dire dans les prochains jours » a déclaré Olivier Faure. Si Sébastien Lecornu est « là pour refaire François Bayrou, (…) nous censurerions dès la [déclaration] de politique générale » a prévenu le socialiste. Ce discours de politique générale pourrait être prononcé « début octobre » devant les députés, selon Marine Tondelier. Mais le Premier ministre engagera-t-il la responsabilité de son gouvernement, pour l’heure introuvable ? Rien n’est moins sûr. « On n’a pas eu de réponses très claires », a déclaré la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, estimant que le Premier ministre « n’arrive pas à boucler son équation ». Donc « soit Sébastien Lecornu renverse la table, soit il sera renversé », a complété la cheffe de file des députés verts Cyrielle Chatelain.

    Le nouveau Premier ministre a ensuite reçu le Parti communiste, son secrétaire national Fabien Roussel et les présidents des groupes de l’Assemblée et du Sénat, Stéphane Peu et Cécile Cukierman qui ont mis sur la table la « taxation des plus riches » et « l’abrogation de la réforme des retraites ». Fabien Roussel sera l’invité de RTL ce jeudi matin à 7h40 pour détailler cette entrevue et réaffirmer que s’il le faut « nous appuierons sur le bouton de la censure ». Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, a de son côté déclaré sur le plateau de BFMTV qu’il fallait « arrêter de faire semblant. la seule chose qui peut faire bouger le rapport de force, c’est la mobilisation sociale. du monde en grève, du monde dans les rues, il n’y a que ça qui fera craquer Macron et Lecornu ».

    Le locataire de Matignon a terminé la journée par Place publique de Raphaël Glucksmann. Ces entretiens se sont déroulés sous la pression du mouvement social à la veille de la journée de grèves et de manifestations.

    Le RN en embuscade

    Les premiers petits gestes de Sébastien Lecornu ont été jugés très insuffisants par les syndicats et les formations de gauche : retrait de la proposition de supprimer deux jours fériés, premier déplacement consacré à l’accès aux soins, et suppression, très symbolique, des derniers avantages « à vie » octroyés aux ex-Premiers ministres.

    Les socialistes comme les Écologistes ont aussi cité un sondage Ifop commandé par le PS montrant que les Français, quelles que soient leurs sensibilités, plébiscitent les mesures poussées par le PS. Parmi elles, la création d’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, la fameuse taxe Zucman. Sébastien Lecornu s’est dit prêt à travailler sur la « justice fiscale », mais il veut faire « attention au patrimoine professionnel » visé par cette taxe. À ce titre, il est raccord avec le RN qui rejette lui aussi la taxe Zucman. Fidèle à son fonds de commerce, Marine Le Pen a dit en revanche se « réjouir » de tous ceux qui demandent un référendum sur l’immigration, comme le patron de la droite Bruno Retailleau, et « espérer » que Lecornu en parle. « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » écrivait le cardinal de Retz dans ses Mémoires. Une sentence que pourrait méditer le Premier ministre.

  • Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    À la sortie du métro Gèze, à gauche du magasin Lidl, se tient ce mercredi et jeudi un drôle de village dans les locaux de l’association Banlieue Santé. Pendant deux jours les habitants du quartier peuvent se faire vacciner, faire faire leurs lunettes, prendre rendez-vous chez des professionnels de santé ou encore actualiser leurs droits.

    C’est le 4e événement de ce type que la ville de Marseille organise cette année. Après Air Bel, Belle de mai et les Rosiers, c’est donc à Gèze que se retrouvent service de la Ville, assistance publique et hôpitaux de Marseille (AP-HM), sécurité sociale et associations. « La genèse de ce projet, c’est l’ambition de lutter contre les inégalités d’accès à la santé, explique Michèle Rubirola, première adjointe (EELV) au maire chargée des questions de la promotion santé. Parce que dans ces quartiers il manque de tout : praticiens, services publics… ». à l’entrée du bâtiment, des « passeports santé » sont distribués à toutes les personnes qui arrivent pour qu’elles puissent y inscrire leurs informations. Dans la première salle, les stands sont plutôt dédiés aux questions d’accès aux droits. La sécurité sociale y tient par exemple un stand pour aider ceux qui en ont besoin à faire leurs démarches.

    Préventions, vaccins et lunettes

    à côté, la maison des femmes est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Souad Falhi, bénévole et diplômée en prévention en santé est là pour bien orienter celles qui seraient intéressées. « On fait de la prévention sur la santé, notamment sexuelle et reproductive. Quand il y en a besoin on peut les rediriger vers la maison des femmes ».

    Dans la cour, à l’arrière, d’autres associations sont présentes pour faire de la prévention, vacciner ou s’équiper en lunettes. Jeunes, personnes âgées, parents avec enfants, ils sont nombreux à s’arrêter au stand du centre de vaccination international de Marseille. Certains sont de passage sur leur pause de travail et en profitent pour faire un bilan de prévention. Nadia, la cinquantaine, est tombée sur le village santé par hasard. « Je ne connaissais pas l’endroit, mais en faisant mes courses, on m’en a parlé, explique-t-elle. Comme j’ai beaucoup de maladies chroniques, je voulais voir si tout allait bien. » Un peu plus loin, sur le stand de « droit de regard », les visiteurs choisissent leurs lunettes. « On est un opticien classique mais on pratique le 0 reste à charge, donc les clients repartent en ayant rien à avancer », explique l’opticien derrière des centaines de montures exposées.

    « Aller vers » les habitants

    Un village santé organisé par la Ville en partenariat avec l’AP-HM. « Les hôpitaux ont toujours été très concentrés à l’intérieur de leurs murs, explique François Crémieux directeur de l’AP-HM. Notre but est de sortir de cela pour aider à l’accès au soin et à la prévention. » L’organisation de ces villages répond à un besoin « d’aller vers » des populations qui peuvent être éloignées du système de soin. Mais pour l’adjointe au maire chargée de la santé ce n’est pas suffisant : « on ne fait pas que des événements one shot. On a ouvert 3 centres de soin avec l’AP-HM aux Aygalades, aux Flamants et à André Roussin pour avoir une meilleure couverture de soins à l’année car la santé devrait être un bien commun. » Un dernier village santé est prévu à Littoral Sud du 15 au 17 octobre.

    « La santé devrait être un bien commun »

  • Sur les traces des lieux de luttes féministes

    Sur les traces des lieux de luttes féministes

    « Les femmes ont beaucoup agi à Marseille, mais il y a peu d’archives. J’avais donc envie de les faire parler de leur ville, leurs luttes et leur parcours. » C’est ainsi que Margaux Mazellier débute la visite guidée des lieux de luttes féministes marseillais ce dimanche.

    Journaliste et autrice de Marseille trop puissante, qui trace le portrait des Marseillaises qui ont lutté pour leur ville, Margaux Mazellier a créé cette visite avec Lucille Florenza, anthropologue du genre et du travail. « Cette balade, c’est un moyen de faire vivre les archives », affirme la chercheuse.

    C’est devant la librairie « Odeur du temps » que le rendez-vous est donné. Ici, en 1976, Antoinette Fouque du mouvement de libération des femmes (MLF) ouvre l’antenne marseillaise de la librairie des femmes. « Ce lieu devient un endroit hyper important pour toutes les femmes qui militent, explique la journaliste. Mais c’est aussi un espace où certaines militantes ressentent du mépris de la part des militantes parisiennes, qui prennent parfois les Marseillaises de haut », continue-t-elle.

    La visite se poursuit au 81 rue Sénac de Meilhan, où a ouvert en 1974 le centre d’orientation de documentation et d’information des femmes (Codif). « C’était une spécificité marseillaise qui a pu être créée grâce au soutien de la municipalité de gauche de Gaston Defferre », raconte l’une des guides. Ce lieu fut une espace de réunion pour de nombreux groupes féministes et, à travers sa revue Femmes infos Marseille, un endroit de diffusion des informations.

    L’arrêt suivant, devant ce que fut le premier bar lesbien marseillais Douce amère, permet d’évoquer Patricia Guillaume. Lesbienne, elle ne parvient pas à trouver sa place ni dans les groupes de parole féministes, ni dans les lieux homosexuels. Elle décide donc de créer son propre espace avec d’autres lesbiennes en 1982.

    Une visite de deux heures qui laisse entrevoir la richesse des luttes féministes marseillaises, leur diversité et leurs conflits internes.

  • À Béziers, déjà deux listes dans l’arc républicain

    À Béziers, déjà deux listes dans l’arc républicain

    Les 15 et 22 mars 2026, Béziers se donnera-t-elle les moyens de tourner la page de l’extrême droite incarnée depuis 2014 par Robert Ménard réélu au 1er tour en 2020 avec 68% des voix ?

    À gauche, le Printemps biterrois travaille à ne pas reproduire les erreurs du passé. Avec 3 listes de gauche, « on a fait le pire en 2020, on ne peut faire que mieux », positive Thierry Antoine (EELV). Voilà plusieurs mois que les principales formations politiques (PS, EELV, PCF, l’Après, Place publique, Génération.S, Gagner) sont rassemblées pour porter un projet progressiste commun. Dimanche 7 septembre lors de la fête de la Plantade organisée par le PCF, une nouvelle étape a été franchie avec la désignation « par consensus » de l’écologiste Thierry Antoine comme tête de liste.

    Une première victoire pour le Printemps biterrois même si la France insoumise (LFI) manque toujours à l’appel. « Rien n’est acté, on aura encore des discussions. Le ressenti de leurs militants n’est pas forcément le même que celui du parti. Magali Crozier [LFI] était présente à la Plantade et a laissé entendre que tout reste possible », positive Thierry Antoine. En 2020 aux côtés des Insoumis, il n’avait obtenu que 5,36%. « Il faudra faire beaucoup mieux, au moins imposer un second tour. » Pour ce faire, le programme sera une clé. Des consultations citoyennes vont s’accélérer, quartier par quartier. « Le com’ de Ménard étouffe les Biterrois qui ne s’expriment plus. Il faut jouer la proximité, la déclinaison des programmes nationaux on n’en veut plus », promet l’écologiste.

    Thierry Mathieu en piste

    Quelque part c’est aussi le ressenti de Thierry Mathieu. Mais pour le directeur de la CAF de l’Hérault qui a officialisé sa candidature le 4 septembre devant 400 soutiens, la comparaison s’arrête là. « Je respecte les partis mais je ne crois plus en eux à l’échelle locale », tranche Thierry Mathieu. Pour lui, le seul parti qui vaille, c’est « celui des bonnes volontés » qu’il essaye d’agréger avec des associatifs, acteurs culturels et sportifs, chefs d’entreprise, citoyens de diverses sensibilités politiques…

    Sa démarche autour d’un projet dit « humaniste et républicain » est perçue comme centriste du côté du Printemps biterrois. « Thierry Mathieu a pas mal d’anciens de Raymond Couderc [ex-maire UMP] ou proches de la Macronie », observe Thierry Antoine. Et aussi quelques socialistes ou proches à l’instar des sénateurs Hussein Bourgi (PS) et Henri Cabanel (RDSE). Un soutien de Carole Delga à Thierry Mathieu, conseiller régional de sa majorité, pourrait peser. « Je serais étonné qu’elle prenne position pour quelqu’un qui se dit ni de droite ni de gauche et n’aime pas les partis », tacle Thierry Antoine.

    En attendant, le directeur de la CAF trace sa route « pour ma ville », dit-il. Marqué par les événements à la Devèze, il veut « ventiler les effectifs de la police dans tous les quartiers ». Mais aussi causer laïcité pour « arrêter de manipuler les religions comme Ménard ». Plutôt que des uniformes, il proposera un « accès gratuit au soutien scolaire » et promet de « créer un écosystème favorable à l’emploi » à Béziers où le taux de pauvreté atteint 36%.

  • Place publique affiche sa force et espère des alliances

    Place publique affiche sa force et espère des alliances

    Le théâtre du Rouge Gorge portait bien son nom, ce vendredi, pour accueillir la présentation de la méthode et lignes directrices du projet de Place publique pour les municipales des 15 et 22 mars. Car la tête de liste Benoît Belvalette a la voix qui a bien chauffé, exposant longuement comment le parti de Raphaël Glucksmann entend « faire de la politique autrement ».

    Novice en politique – il a pris sa première carte à Place publique il y a un an – cet inspecteur général de justice de 56 ans a surtout été pendant plusieurs années à Avignon directeur territorial de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) . « Cette thématique sera prioritaire avec le plus gros budget », annonce déjà Benoît Belvalette, qui tiendra une première réunion sur ce sujet le 25 septembre. Le candidat a vanté son expérience professionnelle (notamment son rôle dans la création du restaurant d’insertion Graines de piment ou l’école numérique des apprentissages) comme un atout pour mettre en place des projets transversaux. « Je fais une force de ne pas avoir d’expérience politique, je serai plus légitime car je ne me sens pas prisonnier de ce qui a été fait », soutient-il.

    Pointant « trois cailloux » que sont la sécurité, la propreté ou la circulation, Benoît Belvalette entend « régénérer » la classe politique. « Je n’attaquerai jamais un parti ou la majorité sortante mais il faut un changement sur la forme et sur le fond », clame-t-il. Il dénonce en creux le fonctionnement actuel trop cloisonné de Cécile Helle : « On est plus fort ensemble, le maire ne peut décider seul dans son bureau avec son directeur de cabinet. » À ses côtés figurent pourtant Claude Nahoum et Catherine Gay, actuels premier adjoint et adjointe à la sécurité de Cécile Helle qui, sans adhérer à Place publique, soutiennent la démarche (notre édition du 28/08).

    Si dans son propos, Benoît Belvalette se voit déjà aux responsabilités, il tend la main et « rêve d’une alliance du bloc de gauche excepté la France insoumise ». Des échanges « permanents » ont lieu ainsi avec les candidats déclarés issus de la majorité, Joël Peyre et Paul-Roger Gontard en tête, mais aussi David Fournier, dont il attend « une clarification » face à LFI. Quant à s’ouvrir vers le bloc de centre droit, comme le prône Paul-Roger Gontard, « on verra au second tour », conclut le chef de file de Place publique.

  • Paul-Roger Gontard entre un peu plus au bal des prétendants

    Paul-Roger Gontard entre un peu plus au bal des prétendants

    Début juillet, au moment de présenter son association politique Confluences citoyennes, Paul-Roger Gontard gardait un semblant de mystère quant à ses ambitions personnelles pour les municipales des 15 et 22 mars. L’actuel adjoint (La Convention) à l’urbanisme répondait « débats, idées » et surtout pas « casting ». Ce jeudi devant la presse, le voilà qu’il s’affirme un peu plus comme candidat à l’Hôtel de ville. « Je suis prêt à être maire mais je n’en fais pas une condition élémentaire aux discussions en vue d’une union, le temps est encore à fabriquer des propositions, si je suis le mieux armé, je ne me déroberai pas », assume-t-il, sans que la presse n’ait eu besoin de lui poser la question.

    Alors qu’au sein de la majorité de Cécile Helle (PS), David Fournier (PS) est prêt à aller « jusqu’au bout », que Joël Peyre (PRG) est aussi lancé, et que le Premier adjoint Claude Nahoum s’est rallié au candidat de Place publique, le rassemblement tant appelé par chacun est très loin d’aboutir. « Je ne crains pas la multiplication des candidatures, c’est le propre de la période, les nuances d’aujourd’hui feront la richesse de demain dans une alliance », veut croire Paul-Roger Gontard. L’avocat, représentant local du courant de Bernard Cazeneuve, se donne jusqu’à la fin de l’année pour « fabriquer » cette unité.

    Les LR, une ligne rouge

    Le contour de cette union doit aujourd’hui dépasser celui de l’actuelle majorité. « Face aux risques de deux extrêmes qui écriraient une page noire de l’histoire d’Avignon, il faut s’ouvrir et dans l’obligation de nous avancer unis », défend-il. Comprendre donc vers le centre droit, « ceux qui sont peut-être aujourd’hui dans l’opposition, des écologistes du réel », évoque-t-il. Une main tendue au collectif Voix d’Avignon, rassemblant les soutiens à la politique macroniste. Mais pas jusqu’à Julien Aubert (LR), tenant « d’une droite qui exprime un vocabulaire et une grammaire » trop proche de l’extrême droite. Quant à l’hypothèse Olivier Galzi, ex-présentateur TV, « je ne l’ai pas rencontré, mais regardons qui lui tend la main et ses soutiens », glisse-t-il. À savoir Julien Aubert et « la sarkozie de l’époque ».

    Alors que les discussions semblent grippées entre candidats de la majorité, Paul-Roger Gontard assure qu’un « embryon d’alliances multilatérales » est à l’œuvre. En attendant, l’adjoint avance ses pions et ses priorités, toutes « au pluriel » : sécurités, « il n’y a pas de fatalité », en s’inspirant de Saint-Ouen (93) « où une action massive et coordonnée est menée », mais aussi mobilités en prônant « un tram-train » et enfin prospérités. Trois réunions publiques sur ces thèmes sont prévues à l’automne.

  • Une partie de la gauche liste ses priorités pour 2026

    Une partie de la gauche liste ses priorités pour 2026

    En cette rentrée, l’ordre de bataille de la gauche gardannaise se précise. Dans un communiqué publié ce lundi matin, le Collectif citoyen Gardanne-Biver (CCGB) et le Parti communiste français (PCF) dévoilent conjointement leurs propositions et engagements en vue des élections municipales de 2026. Le tout s’inscrit dans « un appel renouvelé à l’union de la gauche ».

    Pour rappel, en avril dernier, Claude Jorda (CCGB) et Jean-Marc la Piana (DVG), candidats malheureux aux municipales de 2020, ont annoncé unir leurs forces pour travailler à l’élaboration d’un programme commun et faire liste commune. Soutenus par les sections locales du PCF, de LFI, mais aussi des écologistes (EELV).

    Interrogée sur l’absence des autres signataires dans les propositions publiées, Amélie Barbey, cheffe de file du PCF, précise : « Ce sont les idées que nous [chefs de file PCF et CCGB, Ndlr] entendons mettre en œuvre dans une union de la gauche. Les autres auront certainement d’autres propositions. On maintient chevillée au corps notre envie de travailler à cette union. »

    Co-construire un projet

    Selon la cheffe de file, « quelques réunions, qui se sont bien passées », ont été tenues, cet été, entre les différents représentants de la gauche. « C’est une prémisse qui permet d’avancer, appeler les autres forces politiques à se regrouper pour une liste d’union. On continue de se rencontrer, mais c’est une avant-première avant une future probable union de la gauche. On relance la machine », soutient Jimmy Bessaih, chef de file CCGB.

    Concernant les propositions listées par le CCGB et le PCF, la priorité reste de mettre « les citoyens au cœur de la démarche », indiquent leurs chefs de file, qui proposent « la co-construction de projets avec les habitants », ou encore la « mise en place de conseils de quartiers ». Second axe mis en avant, une mobilisation pour « la protection sociale », en proposant notamment la défense de centres de santé mutualistes, faire en sorte que les CCAS et missions locales « puissent exercer leurs missions avec les moyens adéquats », « lutter à la Métropole pour des transports à hauteur des Gardannais », mais aussi « lutter au quotidien avec les services et associations » contre toute forme de discrimination. Est aussi mise en avant la « promotion du vivre-ensemble », dans une ville menacée « de devenir une cité-dortoir ». En défendant entre autres les services publics. « Ce projet est collectif, il sera réalisé avec l’ensemble des citoyens. L’exact opposé de la “Smart City” qu’entendait mettre en place la majorité actuelle », concluent les chefs de file.

  • L’opposition de gauche étrille le bilan Bompard

    L’opposition de gauche étrille le bilan Bompard

    Ce n’est pas encore pour aborder les municipales (15 et 22 mars) que Fabienne Haloui (PCF) et Patrick Savignan (DVG) ont reçu la presse, ce lundi. Les conseillers municipaux d’opposition ont encore une demi-année de mandat avant le nouveau scrutin. Certes, Fabienne Haloui confirme qu’elle ne se représentera pas malgré « les esprits tourmentés de juillet ». Allusion à la tentative avortée de créer une large et unique liste républicaine pour tenter de déloger l’extrême droite du clan Bompard et son maire, Yann (Ligue du sud), aux manettes depuis 30 ans. Quant à Patrick Savignan, il insiste sur le fait que le collectif Tous Orangeois, créé pour l’occasion en mars, continue d’exister.

    C’est donc en tant qu’opposants municipaux que les élus de gauche ont étrillé le bilan du maire et ses récentes actions. Un premier magistrat qui, comme son père Jacques, pourrait être empêché par la justice de se présenter. Yann Bompard ainsi que la députée RN et conseillère municipale Marie-France Lorho, seront jugés du 17 au 19 décembre à Marseille pour détournement de fonds publics, risquant l’inéligibilité.

    Une gestion « atypique » pour de mauvaises raisons

    Face au contexte national, « les services publics, la santé et la façon dont est géré l’argent public sont des questions importantes », selon Fabienne Haloui qui décline localement ces thématiques, comme autant de reproches à Yann Bompard. « Comment un maire peut redonner du pouvoir d’achat à ses administrés ? », questionne-t-elle. En cette rentrée, l’élue pense à la cantine et fait le parallèle avec Avignon, ville de gauche, qui a remunicipalisé la restauration municipale et a baissé les tarifs permettant à 52% des enfants de déjeuner pour moins d’un euro « avec un tarif maximal de 2,87 euros ». « À Orange, avec un tarif unique à 2,90 euros, 100% des familles paient plus cher que le prix maximum d’Avignon », grince Fabienne Haloui.

    « Mais de qui se moque la majorité ?  », embraye, dans une anaphore, Patrick Savignan, listant « les contribuables, les parents d’élèves, les associations avec une enveloppe de subventions équivalente à celle des villes de moins de 5 000 habitants ». Et l’élu de revenir sur le rapport de la chambre régionale des comptes de juin, qui qualifie « d’atypique » la gestion de la commune. « Pas pour délivrer un satisfecit, mais pour alerter sur des performances financières déconnectées des ambitions d’une ville qui a supprimé le service des sports et n’a pas de service jeunesse ou du logement », déplore Patrick Savignan. F.C.

  • « La gauche ne doit être dans aucun relativisme »

    « La gauche ne doit être dans aucun relativisme »

    La Marseillaise : Le PS n’a pas censuré Bayrou. Pourquoi ça suffit ?

    Michaël Delafosse : On ne peut pas jouer à la censure en permanence. Le groupe PS avait eu des discussions pour amender le projet de budget au Sénat. Il y avait eu l’engagement d’une renégociation par les partenaires sociaux de la réforme des retraites [le conclave, Ndlr] qui devait aboutir à une inflexion. Les engagements de François Bayrou n’ont pas été honorés et dans le nouveau projet de budget figurent des attaques directes contre le monde du travail pour lequel la vie est difficile. Supprimer 2 jours fériés, monétiser la 5e semaine de congés payés, c’est inadmissible. Les franchises médicales qui vont fragiliser les retraités à petites pensions, les temps partiels, c’est indécent. Il n’y a aucun mandat démocratique pour proposer des mesures aussi dures. Je ne dis pas qu’il ne faut pas régler le déficit public mais pas ainsi. François Bayrou a fait voter tous les budgets depuis 7 ans. Ce n’est pas le Mozart mais le fiasco de la finance. Le président Macron a supprimé la taxe d’habitation, la redevance TV, l’ISF. Est-ce que ça a ruisselé ? Non. Nos services publics sont-ils plus efficaces ? Je n’ai pas l’impression. Ni l’école ni notre système de santé avec des déserts médicaux anxiogènes. Est-on mieux protégé par la Justice ? Le Premier ministre joue un coup de poker. Mais la confiance, elle n’y est pas. Il n’a consulté personne, il affiche une forme de mépris à l’égard des chefs de partis et partenaires sociaux. Stop.

    Vous êtes en conflit avec LFI. En cas de législatives, seriez-vous prêt à une nouvelle union de toutes les forces de gauche contre l’extrême droite ?

    M.D.: Les relations avec LFI sont compliquées pour toutes les formations de gauche. Leur université d’été a été consacrée à une charge contre un journaliste et l’agression verbale de l’écologiste Marine Tondelier. Fabien Roussel a été moqué quand il a applaudi la caravane du Tour de France. C’est LFI qui rend la situation compliquée. On a aussi des désaccords importants : sur la laïcité, sur la lutte contre l’antisémitisme et le racisme. La gauche ne doit être dans aucun relativisme. Quand la synagogue de La Grande-Motte subit une attaque terroriste, quand Aboubakar Cissé est tué dans une mosquée, nous devons être là. Jamais nous ne devons être en concurrence sur nos principes. La stratégie de LFI est d’attaquer partout et d’affaiblir la gauche où elle est en responsabilité. Je n’oublie pas qu’à Montpellier, LFI s’est alliée (en 2020) avec un milliardaire [Mohed Altrad, Ndlr] pour faire battre ma liste de rassemblement de la gauche. Il y a des hommes et femmes très sincères. René Revol [maire LFI de Grabels et vice-président à la Métropole] n’a pas ces positions-là. Mais il y a une dérive préoccupante chez LFI avec une stratégie permanente du clash.

    Vu le danger de l’extrême droite, on imagine que vous n’êtes
    pas favorable à une seconde dissolution ?

    M.D. : En effet, je n’y suis pas favorable. Je ne comprends pas pourquoi la première dissolution a eu lieu. Elle a rajouté du chaos. Le pays doit être gouverné. Si, demain, le Premier ministre remet sa démission, le scénario doit être à l’allemande, à l’italienne, à la belge. Il doit y avoir des consultations avec les groupes parlementaires et le Parlement doit avoir le pouvoir. Avec les discussions et les compromis, on doit aboutir à une majorité politique. Il appartiendra à Emmanuel Macron de décider. Je pense qu’il sera jugé très sévèrement dans l’Histoire pour son mépris de la démocratie sociale. Jamais un accord avec les organisations syndicales n’a été respecté. Il a déréglé notre démocratie.

    La loi de 1905 a 120 ans. C’est quoi le combat de la laïcité pour vous ?

    M.D : Le combat laïc est un combat historique de la gauche pour que les dogmes religieux ne s’imposent pas. Ce principe a été éclipsé ces 20 dernières années. La valeur et le mot laïcité ont parfois été utilisés par l’extrême droite qui s’en est servie pour faire un glaive contre nos concitoyens de confession musulmane. Je suis un militant de la laïcité qui est une valeur de concorde. Il y a aujourd’hui des forces religieuses qui travaillent notre pays et menacent la République. On l’a vu lors de la loi pour le mariage pour tous avec l’Église qui refusait un texte de liberté. Il y a aussi une offensive des islamistes qui disent comment doit s’organiser la société. On a vécu un retour du fanatisme religieux. Au nom de Dieu, Samuel Paty a été tué. Je me suis réjoui au sujet des abayas qu’on rappelle la loi de 2004 : l’école doit être dans une situation de neutralité. J’ai un désaccord majeur avec Jean-Luc Mélenchon qui dit que « l’École ne doit pas faire la police du vêtement ». Je dis que l’école doit être claire sur les tentatives de déstabilisation. La laïcité doit servir à rappeler un autre principe fondamental que l’extrême droite combat : que chacun a la liberté de conscience. Chacun doit pouvoir en sérénité exercer son culte. C’est pour cela que j’ai évoqué le dossier d’une grande mosquée au sud de Montpellier. Quand je vois que des fidèles sont dans la rue, c’est scandaleux. Nous avons aussi le devoir de protéger nos concitoyens de confession juive qui vivent dans la peur… Le retour du religieux se fait partout dans le monde : aux USA, les théocraties iraniennes, afghanes… Je trouve très inquiétant qu’on puisse venir discuter des attentats de Charlie Hebdo, qu’on questionne le droit au blasphème. La parole héritée des Lumières doit retrouver de la force. Le 9 décembre, nous fêterons les 120 de la loi sur la laïcité. Le moyen de la défendre c’est aussi de faire la République sociale. Quand les services publics s’affaiblissent, quand le tissu associatif est fragilisé, c’est le communautarisme qui organise la vie sociale. La République doit protéger et émanciper. C’est la dimension que je porte à la Mosson avec le projet de rénovation urbaine (Anru).

    Vous êtes ferme sur la sécurité. PS et gauche ont trop fait l’autruche ?

    M.D. : Oui. Quand vous êtes de gauche, vous combattez la loi du plus fort. Le respect des lois et des règles est un fondement pour protéger. La gauche a un devoir impérieux de faire respecter l’ordre républicain. Parfois, on a pensé que la gauche pouvait laisser cela à d’autres. Je ne crois pas, elle doit apporter ses réponses, pas celles de l’extrême droite qui instrumentalise la détresse des victimes. Mon rôle, et celui de la République, c’est de régler les problèmes des victimes, que Justice soit faite. La société est plus violente à cause du narcotrafic, d’un manque de fermeté, de la défaillance de la chaîne pénale. Je dis à la gauche : n’ayez pas peur de la vidéosurveillance, elle est utile pour prévenir le harcèlement de rue et aider la Justice à enquêter. Ne doutez pas de la nécessité d’armer la police municipale. À Montpellier, j’ai créé 143 postes pour la sécurité plus 50 policiers nationaux. C’est un effort inédit. Retailleau et Darmanin paradent. Je tire la sonnette d’alarme : si nous n’y prenons pas garde, la France va être dépassée par le narcotrafic. À Nîmes, un enfant a pris une balle à Pissevin. Il y a un besoin de moyens, de travail entre l’État et les maires. Les choufs et les mules sont des enfants alors que l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans.

    Serez-vous candidat en mars 2026 ?

    M.D. : Je dirai ma décision en janvier. Je suis attentif à l’équilibre personnel et avec la famille. L’engagement en politique n’est pas une rente, cela doit toujours avoir du sens. On m’a proposé d’être ministre. C’est un honneur mais je n’étais pas en accord sur le fond et j’avais l’engagement pour ma ville. Je me poserai ces questions. J’ai encore des projets pour Montpellier. C’est un honneur d’être maire de cette ville mais il existe aussi des parts difficiles. Vous êtes confrontés à la mort qui vous habite, qui vous hante, à des menaces. La question c’est le projet, le sens. Je vois des gens qui font le mandat de trop, qui n’ont plus de jus. Des collègues maires ont lâché en cours de route. On travaille avec ma majorité à ce que doit être Montpellier en 2030-2040. J’ai plein d’idées pour cela mais il y a un temps pour tout. J’aurais eu un mandat de 5 ans et demi marqué par le Covid. Malgré tout, j’ai réussi à tenir mes engagements sur le plan Écoles 2030, la gratuité des transports… Le 20 décembre avec la 5e ligne de tramway, j’aurai fini mes engagements. Ensuite c’est une nouvelle phase qui s’ouvre.

    Après la campagne « la plus folle de France » en 2020, craignez-vous une campagne violente ?

    M.D. : J’ai déjà été attaqué pendant la campagne de 2020. J’ai gagné parce que j’ai mené campagne avec sérieux et conviction. Le débat démocratique a besoin d’être élevé. Je ne minore pas tous les coups bas qui vont venir. J’invite à ne pas trop trumpiser notre démocratie. J’ai eu par deux fois des mots malheureux en conseil municipal. Je les regrette et m’en suis excusé, ce n’est pas mon tempérament.

    Montpellier a-t-elle été « apaisée » et a-t-elle rattrapé son retard ?

    M.D. : Montpellier ne pouvait plus continuer à vivre dans le conflit avec la Région, le Département, l’État… Tout était bloqué, les dossiers n’avançaient pas. Ma méthode a fonctionné. Une troisième caserne de pompiers arrive grâce au Département, les mineurs non accompagnés ne sont plus dans les hôtels du centre-ville mais dans un lieu digne et éducatif. La Région nous accompagne sur beaucoup de projets, ce qui soulage les investissements de la Ville. On a eu plus d’argent de l’État pour l’Anru, on a mieux coordonné nos actions sur la sécurité, on a réglé le bidonville de Celleneuve. Des dossiers étaient enlisés comme le Contournement ouest de Montpellier. Cela va transformer l’avenue de la Liberté où transitent 45 000 voitures. On est l’une des seules villes sans contournement.

    Vous avez qualifié la gestion
    des déchets de «
     catastrophique ». Mais la chaudière CSR n’est-elle pas un choix par défaut ?

    M.D. : Montpellier est la seule ville de France sans solution pour traiter ses déchets. La filière CSR [Combustible solide de récupération, Ndlr] est un choix de responsabilité préconisé par l’Ademe, combattue par l’extrême droite, qu’ont adopté tous les pays d’Europe. C’est une solution qui fonctionne et permet de faire de l’énergie et donc de baisser les factures pour 20 000 foyers. Personne ne veut d’une nouvelle décharge ou d’un incinérateur. L’usine de méthanisation Ametyst, imposée à Georges Frêche par les Verts, est un échec : 20 000 personnes subissent les odeurs et les camions. Avec René Revol, on a mis en place un audit citoyen. On a demandé à ce que la filtration soit la plus avancée. Il ne faut pas jouer sur les peurs. Ce qui est dangereux c’est le trafic de l’avenue de la Liberté et sa pollution atmosphérique mesurée par l’Atmo. Le CSR permettra de baisser la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Sinon tout le monde va devoir payer plus.

    Le Service express régional métropolitain (Serm) n’est-il
    pas une promesse sans lendemain de Macron
     ?

    M.D. : Évidemment. Ici mettons-nous d’accord sur une carte pour créer un dispositif de mobilités alternatif à la voiture à l’échelle du grand territoire : de Lunel à Sète. Carole Delga est d’accord pour que la part régionale du versement mobilités continue à financer l’amélioration de l’offre de transport dans l’aire urbaine de Montpellier. Il nous faut de l’argent pour ces investissements. On doit faire entendre notre voix. Plusieurs dossiers se jouent : celui de la LGV vers Béziers qui permettra la grande vitesse vers l’Espagne mais aussi le cadencement des TER entre Sète et Montpellier. Il y a aussi les cars express sur la partie nord. Je vais continuer à faire ma part du Serm. Le plus grand contributeur c’est l’exécutif métropolitain. On a fait la ligne 5 de tramway, l’extension de la ligne 1 d’Odysseum vers la gare Sud de France, les parkings relais, les bustrams jusqu’à Castries et Cournonterral et le réseau cyclable. Mais je le dois à chaque habitant : les travaux fin décembre, c’est fini ! J’attends des autres qu’ils fassent aussi leur part. Comme homme de gauche, j’ai une radicalité transformatrice. Il y a un avant et un après. Les transports étaient payants, ils sont devenus gratuits. On pourra aller d’une gare à l’autre ou aux universités en tramway.

    Que faire pour que la croissance démographique de Montpellier reste un atout, pas un handicap ?

    M.D. : C’est une question majeure. Montpellier ne peut pas accueillir tout le monde. C’est pour cela qu’on travaille sur la répartition de la croissance démographique et que l’enjeu des transports est fondamental. À ce titre, je salue la mémoire de l’ancien maire Pierre Soujol [décédé le 28 juin, Ndlr] qui a été formidable. On s’est dit que Lunel pouvait être un des territoires de la croissance démographique. Je suis très heureux qu’après 10 ans où on a subi l’urbanisation à la parcelle, nous ayons réussi à voter le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). J’ai parlé d’un changement de paradigme en matière d’urbanisme. On ne fera plus des logements n’importe où n’importe comment. On aura un urbanisme de projets, une urbanisation douce avec de petites extensions.

    La loi ZAN semble difficile à respecter. L’écologiste Jean-Louis Roumégas vous reproche d’avoir trop urbanisé…

    M.D. : Tout le monde dit que l’action menée ici est l’une des plus écologiques de France. L’extrême droite me traite de « maire escrologiste ». J’ai souvenir d’un Jean-Louis Roumégas aux côtés de Jean-Pierre Moure (ex-président PS d’Agglo) dont le slogan était Unlimited… Je pense que la sobriété est un enjeu. On a adopté la stratégie Zéro artificialisation nette (ZAN). Les Coteaux de Malbosc ne seront pas urbanisés, ni les Bouisses. À Montpellier, 100 hectares dédiés à l’urbanisation ne le seront pas. Le PLUI préserve les deux tiers des terres agricoles et naturelles. C’est un choix de rupture. On a fait l’office foncier solidaire qui permet l’accession à la propriété. Je tiendrai mes engagements avec 25% de logements sociaux.

    Pourquoi maintenir le jumelage avec Tibériade alors que celui avec Obninsk a été stoppé à cause de la guerre en Ukraine avec Poutine ?

    M.D. : Pas du tout. Nous sommes jumelés avec Obninsk. J’ai fait un courrier de condamnation à son maire pour qu’il se positionne. Il ne m’a jamais donné de réponse. Ce jumelage est donc gelé. Pour le reste, les habitants de Tibériade ne sont pas Netanyahou. On est jumelé avec Bethléem : après l’attaque du Hamas du 7 octobre, on aurait dû suspendre notre jumelage ? Sûrement pas. Vous pensez que je vais suspendre le jumelage avec Louisville parce qu’il y a le président Trump ? Ou avec Chengdu ? Sûrement pas. Montpellier est une ville qui doit dialoguer avec le monde, promouvoir la coopération, contribuer à sa manière à la paix. C’est le seul chemin. Je suis aux côtés des Israéliens qui manifestent, qui disent que ce gouvernement Netanyahou est en train de faire le mal. Comme je suis du côté des Palestiniens qui disent que le Hamas fait du mal. Ma position c’est la plus dure : deux États dans les frontières de 1967. Je soutiens l’initiative du Président Macron de reconnaître l’État palestinien. Malgré les pressions, nous avons accueilli le musée national de la Palestine.

    Une fierté et un regret du mandat ?

    M.D. : Je regrette de ne pas avoir pris de décision rapide sur les déchets, de ne pas avoir pris d’emblée la mesure de la gravité de la situation. Mon principal regret c’est le rapport au temps. Je fais 80 heures/semaine mais parfois on aimerait davantage se poser, échanger. Je vais vite parce que j’ai une exigence de l’action et du résultat. Je suis en colère contre l’inertie qui existe dans le pays. C’est l’ennemi car elle est coûteuse.

    Ma fierté, c’est d’avoir mis en œuvre la gratuité des transports. C’est en moyenne 1 400 euros d’économies pour un foyer avec deux enfants. Les gens me remercient et me disent de tenir bon face à ceux qui veulent la remettre en cause. Quand on est de gauche, il faut parler mais aussi faire. J’espère que tous les candidats de gauche défendront la gratuité.

  • Enterrer le « musée des horreurs » de Bayrou

    Enterrer le « musée des horreurs » de Bayrou

    Suppression de deux jours fériés. Monétisation de la 5e semaine de congés payés. Déremboursements et franchises. Détricotage des droits à l’Assurance chômage. Restriction du champ de l’Aide médicale d’État (AME)… Balancée le 15 juillet sans aucune concertation, la grenade dégoupillée par François Bayrou semble sur le point de lui exploser en pleine figure.

    Depuis le dévoilement de son projet de budget d’austérité sous couvert de réduction d’une dette que les macronistes ont eux-mêmes contribué à creuser, la colère sociale n’a cessé de monter. À la journée d’initiative citoyenne « Bloquons tout » du mercredi 10 septembre s’est ajoutée une journée de grèves et de mobilisations intersyndicales jeudi 18 septembre. Pour couper l’herbe sous le pied des citoyens et des travailleurs, le Premier ministre tente un coup de poker désespéré. Le 8 septembre, son gouvernement demandera un vote de confiance de l’Assemblée nationale.

    Autant dire que les jours à Matignon du président du Modem sont comptés. À gauche, ni le PCF, ni Les Écologistes ni même le PS – qui avait pourtant refusé de voter la censure en laissant une chance au conclave d’aboutir sur la réforme des retraites (en vain) – n’accorderont pas davantage de crédit à François Bayrou (lire p.8). Il en va de même de La France Insoumise (LFI) qui, à la différence des autres formations de gauche, appelle Emmanuel Macron (qu’elle rêve de voir destitué) à dissoudre une seconde fois l’Assemblée nationale. Pas davantage de confiance à attendre du Rassemblement national. Loin de s’opposer à l’austérité ou de vouloir mener une politique sociale plus juste, l’extrême droite a fait ses petits calculs et espère sortir vainqueur du chaos démocratique.

    Un socialiste à Matignon ?

    Après avoir prétexté n’avoir pu recevoir les chefs de partis politiques cet été en raison des vacances, François Bayrou, en plus de sa tournée désespérée des plateaux TV, vient de lancer avec eux une série de rencontres de la dernière chance. Un probable chant du cygne. Car si les Républicains restent divisés sur le sujet, l’issue du vote du 8 septembre ne fait guère de doute. Le président de la République, qui pourrait être refroidi à l’idée d’une nouvelle dissolution, cherche déjà son prochain Premier ministre. Sera-t-il enfin issu de ce qu’il reste du Nouveau Front populaire (NFP), bloc de gauche qui, bien que sans majorité absolue, était arrivé en tête des élections législatives 2024 ? Le PS d’Olivier Faure croit son tour arrivé. Ces derniers jours, le « contre-budget » des socialistes a été mis en avant. Plutôt que 44 milliards d’euros d’économies sur le dos des seules classes populaires et moyennes, le PS vise 29,9 milliards de recettes en mettant à contribution les ultra-riches (taxe Zucman, Gafam…). Pour redonner de l’air et du pouvoir d’achat, le PS souhaite en injecter 19 dans les services publics à l’os. Une feuille de route budgétaire qu’il faudrait dans tous les cas négocier point par point à l’Assemblée…

    De toute évidence, le scénario reste incertain et la balle sera bientôt dans le camp d’Emmanuel Macron. Mais quoi qu’il advienne, le mouvement social a son mot à dire et tout intérêt à maintenir la pression pour n’encourager personne à conserver « le musée des horreurs » de François Bayrou, comme le qualifie l’intersyndicale. Avec l’espoir d’insuffler enfin un changement de ligne politique pour plus de justice sociale. Le mécontentement est perceptible. Il a pris une première forme en août avec l’initiative citoyenne d’une journée de blocage le 10 septembre. Parti des réseaux sociaux sous l’influence de réseaux souverainistes, l’appel semble avoir évolué pour mettre en avant des revendications progressistes. En témoignent les débats des assemblées générales qui se sont tenues à Montpellier notamment (p.6).

    La CGT prépare déjà le 18

    À l’instar de la CGT, plusieurs syndicats appellent eux aussi leurs salariés à mener des actions dans les entreprises mercredi 10 septembre. Deux rassemblements sont déjà prévus à Montpellier (11h, place de la Comédie) et Béziers (11h, Bourse du travail). Mais dans l’Hérault, Serge Ragazzacci reconnaît travailler davantage en intersyndicale à la grande journée de grèves et mobilisations du jeudi 18. « On a déjà beaucoup de préavis dans le public. On veut des appels dans le privé et gagner la grève. 100% de mécontents, ça ne fait pas 100% de grévistes. Il y a parfois de la résignation… », rappelle le secrétaire héraultais de la CGT. Pour lui, Bayrou ou un autre, c’est le moment de se faire entendre pour changer d’axe politique. « En 30 ans, la fortune des plus riches a été multipliée par trois, le PIB par deux. Pas le Smic. Ce n’est pas un problème de dette mais de répartition des richesses. Il est temps de redonner du pouvoir aux contre-pouvoirs. »