Tag: Gauche

  • Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Jacques-Ellie Favrot, l’assistant parlementaire du député de la 1ère circonscription de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI), accusé d’être impliqué dans la mort du militant nationaliste Quentin Deranque lors d’affrontements à Lyon jeudi dernier, a reconnu, d’après les propos de son avocat, Maître Bertrand Sayn, relayés ce mercredi soir à nos confrères de LCI et Radio France, « la commission de violences » et sa présence sur les lieux du drame. Il aurait assuré qu’il « n’est pas l’auteur des coups ayant provoqué le décès ». Il assure que son client « est dévasté » par la tournure des événements. Dans le même temps, un deuxième assistant parlementaire du cofondateur de la Jeune Garde, Robin C., a également été interpellé pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches », ainsi qu’un ancien stagiaire du député.

    Conséquence : un vent d’appels à la démission et de critiques arrive de toutes parts, au niveau national mais aussi au sein de la Cité des Papes. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a appelé sur Franceinfo ce mercredi 18 février au matin à exclure « tout du moins temporairement » le député de son groupe à l’Assemblée. Une mise à l’écart demandée « pour marquer une clarification, pour dire non à la violence », poursuit Maud Brégeon.

    Sur X, Raphaël Arnault assurait ce mardi soir que « comme indiqué par un communiqué de son avocat, mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires » et que, ce lundi 16 février, « avant d’apprendre son interpellation », des procédures pour mettre fin à son contrat avaient été engagées auprès des services de l’Assemblée. Et de conclure que c’est « à l’enquête désormais de déterminer les responsabilités ». Il est pour l’heure également soutenu par son parti, qui dénonce une « instrumentalisation ». Alors que le siège national de la France insoumise a été évacué ce mercredi matin suite à une alerte à la bombe, le coordinateur national Manuel Bompard affirmait sur X « que Raphaël Arnault n’a aucune responsabilité dans le drame survenu à Lyon jeudi dernier et qu’il n’est absolument pas concerné par l’enquête en cours ».

    Appel à la démission

    Une tempête qui s’exporte évidemment dans la Cité des Papes. David Fournier se montrait mesuré ce mardi 17 février, avant d’apprendre l’interpellation de Jacques-Ellie Favrot, en assurant qu’il « ne fait pas d’amalgame », regrettant « un drame absolu ». Tout en glissant qu’il fait « confiance non seulement aux forces de l’ordre de mon pays mais aussi à la justice » et qu’il n’a « jamais commenté des affaires en cours ».

    Mais d’autres se sont montrés plus offensifs. À commencer par son ancien adversaire au premier tour des élections législatives de 2024, Philippe Pascal (Debout !, ex-GDS). Raphaël Arnault avait été désigné pour représenter le Nouveau Front populaire, mais Philippe Pascal s’était maintenu au premier tour avant d’appeler à voter pour l’actuel député au second. Dans un message, il exprime sa « colère, déception et un profond sentiment d’injustice » et regrette que « ce sont souvent ceux qui construisent patiemment, au quotidien, qui se retrouvent écartés au profit de stratégies qui dépassent les réalités locales » tout en affirmant que « la mort d’un militant, quel qu’il soit, rappelle toujours que la violence politique mène à une impasse ».

    D’autres demandent sa démission, notamment à droite. Olivier Galzi, candidat (DVD) aux municipales, avance que Raphaël Arnault « a clairement une responsabilité morale dans ce meurtre » et qu’« une démission de sa part paraît s’imposer ». Avant de terminer son texte par un discours dangereux, si ce n’est révoltant, en évoquant que « le fascisme n’est ni de droite ni de gauche (sic), il est aux extrêmes, car il est avant tout un totalitarisme qui souhaite s’imposer par la force ». Une démission également demandée par Julien Paudoie, pilote Renaissance à Avignon en vue des municipales. Qui estime que « la République ne peut pas rester ambiguë face à la violence », car la situation interroge « profondément la capacité du député à représenter sereinement le territoire vauclusien ».

  • La liste progressiste Auriol en commun veut façonner une commune « sociale et solidaire »

    La liste progressiste Auriol en commun veut façonner une commune « sociale et solidaire »

    On propose aux Auriolais une alternative, une autre vision de la politique que celle de la municipalité actuelle : par et pour les Auriolais », synthétise André-Pierre Dufresne. Auriolais d’adoption, cadre en recherche et développement dans le médical, l’homme de 35 ans, qui est aussi délégué syndical CGT, est la tête de liste de Auriol en commun. Cette dernière, composée à 85% de citoyens, a été déposée mardi en préfecture. En deuxième position sur la liste, Pascale Frechet-Fabre, retraitée de l’enseignement professionnel, souligne : « On a construit notre programme en écoutant les gens. » Dans cette ville de près de 14 000 habitants, dont la maire est Véronique Miquelly (DVD), candidate à sa réélection, et où le RN a également un candidat, Kévin Rahou ; Auriol en commun veut faire d’Auriol « une commune sociale et solidaire », énonce Pascale Fréchet-Fabre.

    « Urbanisme maîtrisé »

    Dans une commune où « le social a été négligé, nous voulons redonner une place centrale au Centre communal d’action sociale, pour aider les personnes les plus fragiles. Nous porterons une tarification sociale pour la cantine, les activités sportives et culturelles », développe la numéro 2 de la liste. Alors que l’eau dans la commune fait l’objet d’une délégation de service public (DSP) à la société privée Saur, qui se termine à la fin de l’année ; Auriol en commun veut instaurer une gestion publique de l’eau. « Avec les 30 premiers mètres cubes presque gratuits. C’est un acte social envers les gens », défend la tête de liste. En matière de logement, Auriol en commun « s’engage à agir » alors qu’une quarantaine de maisons « sont classées en péril à Auriol. Il y a beaucoup de logements vétustes. Nous voulons créer un centre d’hébergement d’urgence pour que lorsque les gens sont évacués d’un logement en péril, ils aient un lieu. Nous créerons aussi un lieu pour mettre à l’abri les femmes victimes de violences intrafamiliales », évoquent les colistiers. Auriol en commun souhaite « mettre fin à la bétonisation » à tout va de l’équipe en place, pour aller vers « un urbanisme maîtrisé ». Auriol en commun entend utiliser des outils de démocratie participative, tels qu’un « conseil citoyen, un référendum municipal », illustre Guy Barbaroux, retraité et élu d’opposition sortant.

  • À gauche, Aubagne en commun a composé une liste « équilibrée »

    À gauche, Aubagne en commun a composé une liste « équilibrée »

    Je sens qu’on n’est pas mal, on est mieux que quand on a commencé avec Maurice et Jean-Luc », blague mardi soir, devant plus de 100 personnes réunies au Cercle de l’harmonie, Jean-Pierre Squillari.

    La tête de liste de Aubagne en commun, rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes, fait référence aux débuts, lorsque lui-même, Maurice Marsiglia et Jean-Luc Dimitri, il y a deux ans et demi se disent « comment faire pour chasser l’imposteur ». Il veut parler du maire sortant (LR) Gérard Gazay, élu depuis 2014 et candidat à sa réélection. Un peu avant, David Chiousse, directeur de campagne, apprécie : « On peut être fiers de ce qu’on a fait. » Et notamment de la composition de la liste, dévoilée ce soir-là aux soutiens. Elle le sera au public lors du meeting du samedi 28 février, à 11h au Bras d’Or. « C’est une liste qui ressemble à Aubagne, à la diversité de notre ville », souligne-t-il. « Construire une telle liste, c’est forcément un compromis, sans faire de compromissions », ajoute-t-il.

    « On va gagner »

    Jean-Pierre Squillari la juge « équilibrée ». David Chiousse précise : « Nous avions plusieurs contraintes : la parité hommes/femmes, la représentation de tous les quartiers, le renouvellement… » Il détaille : « La liste est composée de 43 personnes, dont 12 encartés et 31 citoyens. Sur les 43 candidats, seuls 7 ont déjà été élus. » Pour ménager l’effet de surprise le 28, la presse a dû accepter de ne donner que les 7 premiers noms de la liste : Jean-Pierre Squillari, Gaëlle Rodeville, directrice du festival ciné musique à Marseille, Denis Grandjean (Écologistes), directeur de l’école Nelson-Mandela quartier du Charrel, Hélène Di Vita (PCF), infirmière, Arthur Salone (PS), Clémentine Fardoux, enseignante, et François Otchakovsky-Laurens, enseignant-chercheur à l’université d’Aix-en-Provence, en histoire. Sûr de lui, Jean-Pierre Squillari a déclaré : « On va gagner, car sur le terrain les gens nous disent en avoir marre de Gazay et on nous dit : “on compte sur vous !” ».

  • Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Venus de la Busserine, de Font-Vert ou de Font Obscure, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement pour l’inauguration du local de campagne de Tina Biard Sansonetti (DVG), tête de liste du Printemps marseillais dans les 13-14. À l’aise, après avoir fait son entrée sur fond de Jump de Van Halen façon stade Vel’ aux côtés du maire sortant et candidat Benoît Payan (DVG), l’ancienne directrice du centre social de Saint-Joseph met en avant son expérience de terrain.

    « Je pense à Kamel, le premier jour où j’ai pris mes fonctions au centre où quand on parlait des transports, il m’avait qu’il n’y en a pas car “ils ne veulent pas qu’on descende”, je pense à toutes ces femmes qui se battent tous les jours pour simplement vivre dans des logements dignes, je pense à Élodie, Mounira après 20 ans de bataille pour avoir des écoles dignes, je pense à Daniel, Patricia, Gérard pour remettre du beau et avoir un jardin à Shollchaumel », égrène-t-elle.

    « Le RN, ici, on l’a vécu »

    Elle martèle : « Il est temps de transformer ce secteur » qui doit être traité comme « le premier de la ville » car le plus peuplé. Et de promettre de végétaliser la L2, des « grands équipements » avec un centre urbain du Merlan rénové assorti d’une bibliothèque et d’un cinéma, de créer des places de village pour « vivre ensemble », de réhabiliter les co-propriétés dégradées. Mais la mère des batailles reste la lutte contre l’extrême droite dans un secteur tombé aux mains de ce qui était alors le FN en 2014 avec l’élection de Stéphane Ravier. « Le RN ici on l’a vécu, c’est le clientélisme, le recul des services publics de proximité, la discrimination », rappelle-t-elle, estimant qu’il faudra se battre dès le 15 mars.

    Benoît Payan enchaîne, harangue une foule conquise. « De par l’histoire, vous, habitants de ces arrondissements, vous avez été relégués parce que vous ne votiez pas ou vous votiez mal, ou vous n’étiez pas nés dans le bon quartier. Ce n’est rien d’autre qu’une ville qui s’est coupée en deux qui s’est construite ici. C’est face à ces marchands de haine que nous nous dressons », lance-t-il.

    Il prône une politique faite avec « le cœur », sans « promesse d’appartements ou d’emplois », et appelle à agir « ensemble », dénonçant le poison de la division « dans le camp du progrès et de l’écologie. » Une pique claire au candidat LFI, Sébastien Delogu qui a fait des quartiers Nord son terrain favori.

  • À Toulon, la gauche veut toujours le tramway

    À Toulon, la gauche veut toujours le tramway

    Financé pour plus de 500 millions d’euros par les entreprises de la Métropole TPM, via une taxe transports, depuis 2002, le projet de tramway dans l’aire toulonnaise est pour le moment enterré. Jugé trop cher et plus d’actualité par la majorité au conseil métropolitain, qui justifie cette position par l’augmentation des coûts entre le projet initial et ce qu’il serait nécessaire d’investir aujourd’hui, il a été remplacé par un bus à haut de niveau de service (BHNS).

    Un projet à 395 millions d’euros, financé pour 40 millions d’euros par l’État, 10 millions par la Région Sud, et donc 345 millions par la Métropole. Soit, au bas mot, plus de 150 millions d’euros de moins que la somme récoltée depuis 2002, dont « il conviendra de savoir comment elle a été utilisée », botte en touche son président Jean-Pierre Giran (LR). La première pierre a été posée le 3 décembre, à Ollioules, pour un tronçon de 7 km (ligne 1a) qui reliera le Technopôle de la Mer à Bir-Hakeim, à Toulon.

    Le tramway 21 fois plus efficient

    Toulon reste donc à ce jour la seule métropole française à ne pas disposer d’un tramway. À gauche, on espère toujours faire changer cela en cas de victoire aux élections : « Le BHNS, c’est mieux que rien, mais c’est faute d’une alternative comme le dit l’enquête publique », explique André de Ubeda (Toulon en commun). « On remettra en question ce choix. Les études sont déjà faites en grande partie, le financement est prêt, l’emprise au sol est moindre. Il n’y aura pas de perte de temps. » Stéphane Sacco (GRS), candidat à La Seyne-sur-Mer, abonde : « Nous sommes pour le tramway et contre le BHNS parce que ce dernier va circuler sur 30% de son tracé noyé dans le flux de circulation », soulignant que le BHNS permet de transporter « seulement » 200 personnes par heure, contre 4 200 pour le tramway, soit 21 fois plus.

  • Olivier Faure interloqué par l’exclusion sociale à Toulon

    Olivier Faure interloqué par l’exclusion sociale à Toulon

    « Il y a des situations difficiles dans nombre de communes, mais le cumul, ici, est assez exemplaire. » En visite au à Toulon, samedi, pour soutenir la tête de liste de Toulon en Commun Magali Brunel, le premier secrétaire du PS Olivier Faure en a profité pour rencontrer des acteurs associatifs de la solidarité. Une réunion qui lui a permis de se saisir des réalités sociales d’une ville marquée par « une politique clientéliste, dirigée vers certaines populations, délaissant complètement les autres. On est face à des ghettos sciemment organisés par la municipalité, qui a mis sous le tapis la mixité sociale, le scolaire et le logement. »

    Il a notamment mentionné l’absence de « structure d’accueil pour femmes victimes de violences, qui sont dans des situations très précaires », et s’est étonné de la situation du « quartier de la Beaucaire, composé de 47% de familles monoparentales, où 57 % vivent sous le seuil de pauvreté. Comment lutter contre le narcotrafic quand on laisse à l’abandon des quartiers entiers ? Dans ce contexte, les enfants sont des proies faciles. »

    Une situation qu’Olivier Faure dit plus alarmante qu’ailleurs, « où des choses sont inscrites par les municipalités. Tout ne se fait pas en deux jours, mais là, il n’y a rien qui émerge. » Et cela va, selon lui, dans le sens de « l’extrême droite, qui ne cherche pas à traiter les causes, mais les effets, superficiellement, et entretient ces oppositions pour se maintenir. »

    « L’extrême droite utilise le communautarisme »

    Face à ces situations naît, comme lui a décrit une militante, une difficulté à se sentir français. « L’extrême droite utilise le communautarisme pour exclure certaines populations. Quand on pousse les gens au même endroit et qu’on leur dit qu’ils sont communautaristes, on se fout du monde. Ce mot renvoie la faute sur ceux qui n’ont jamais pu connaître la mixité », accuse le député de Seine-et-Marne. Même raisonnement pour les violences urbaines, qui « ont lieu dans les quartiers où on vit mal, avec le sentiment que l’État ne fait rien. Quand on veut traiter ces questions-là, il faut le faire réellement, pas en bout de chaîne. » Pour apporter des solutions, Magali Brunel promet de « s’attaquer aux causes en profondeur », avec, entre autres, un projet axé sur le logement social, l’éducation, une refonte de la carte scolaire, ou encore le tramway, « en renonçant au fatalisme dans lequel on baigne les Toulonnais. »

  • Olivier Faure en soutien des « combattants » progressistes en Vaucluse

    Olivier Faure en soutien des « combattants » progressistes en Vaucluse

    Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure se présentait face à la presse vauclusienne, ce vendredi 13 février, pour apporter son soutien aux candidats aux municipales investis ou soutenus par le parti à la rose dans le Département. Première étape avant de se rendre à Aix, Toulon et Nice dans les prochains jours.

    Des « combattants et combattantes », comme il les qualifie, qui se présentent dans un peu plus d’un mois, notamment à Avignon et Morières-lès-Avignon, avec respectivement David Fournier et Annick Dubois, tous deux aux côtés du député de Seine-et-Marne. Mais aussi à Pernes-les-Fontaines, Cavaillon, Malaucène, Mérindol et Vaison-la-Romaine, liste-t-il, légèrement aidé par le sénateur socialiste de Vaucluse Lucien Stanzione, qui se tient juste à côté.

    Mais des « combattants » impliquent donc un combat et un adversaire. Celui-ci a déjà été évoqué la veille lors de la réunion publique du prétendant à la mairie de la Cité des Papes : l’extrême droite. « Il y a des territoires plus difficiles avec des maires d’extrême droite sortants. Je serai partout où il y a besoin d’encourager les socialistes qui se battent. C’est là à la fois mon devoir et une façon aussi de donner du courage à celles et ceux qui parfois ont baissé les bras, considérant que désormais il y avait une forme de ville ouverte pour l’extrême droite. Ce qui n’est absolument pas le cas », assure-t-il sous les acquiescements de la candidate moriéroise, qui sera opposée au maire sortant du RN, Grégoire Souque, le 15 mars.

    Quid des insoumis

    Alors qu’à Avignon, un rapprochement avec LFI n’a pas été totalement écarté au second tour, la question d’une consigne venant de plus haut se pose. Le premier secrétaire « observe que le plus souvent, leur objectif n’est pas de faire gagner la gauche mais de la faire perdre » et « ne leur pardonnerait pas de faire le jeu de l’extrême droite au second tour », sans insister plus que ça. Mais il confie son « ras-le-bol de voir, d’un seul coup, des gens tout mélanger, à dessein, pour mieux réintégrer le RN dans l’arc républicain et en sortir une partie de la gauche », pointant notamment la présence de certains LR dans des listes d’extrême droite…

  • À Marseille, la France insoumise présente ses huit têtes de secteur

    À Marseille, la France insoumise présente ses huit têtes de secteur

    Toujours sans QG de campagne, la France insoumise a officiellement présenté vendredi à la presse ses huit têtes de liste de secteur, au 3e étage de l’Artplexe sur la Canebière. Autour de Sébastien Delogu, candidat à la mairie, l’adjoint à la transition écologique (ex-EELV), Sébastien Barles, chef de file dans les 1-7, et un autre baroudeur de la politique locale, jamais élu, Mohammed Bensaada (13-14).

    à leurs côtés, des visages nouveaux. Alladine Abdallah Salim, tête de liste dans les 2-3, parle jeunesse et police de proximité. Léa Bijaoui, positionnée sur les 4-5 et Victoire Diethelm dans les 6-8, parlent justice environnementale et sociale, culture, logement… Candidate sur les 9-10, Myriam Megrahoui insiste sur les transports et la tranquillité publique, quand Radhouane Ouachani, qui mène la liste Marseille Fière et populaire dans les 11-12, revient sur la question des copropriétés dégradées.

    « Une équipe faite de gens qui vivent dans la ville, connaissent ses difficultés au quotidien et portent des engagements et des sujets que se posent les Marseillais », insiste Manuel Bompard, le député marseillais et coordinateur de la France insoumise, présent pour l’occasion.

    Député du secteur où Samia Ghali (DVG) se présente pour le Printemps marseillais, Sébastien Delogu sera n°2 sur la liste des 15 – 16, menée par Rabyata Boinaheri, « une mère de 39 ans qui élève seule ses quatre enfants » à la Granière où elle a grandi. « Nous nous laissons la place au peuple sur nos listes », justifie le député LFI des quartiers nord.

    Mobilisation

    « Nous ne sommes pas dans une guerre des gauches, nous sommes dans une bataille politique avec l’objectif d’appliquer un programme qui réponde aux besoins des habitants (…) On considère qu’il y a une municipalité qui sur un certain nombre de sujets n’a pas fait ce qu’elle aurait dû faire », reprend Manuel Bompard, interrogé sur la relation au reste de la gauche, partie unie sous la bannière du Printemps marseillais (PM).

    Et d’insister sur un adversaire : la droite et l’extrême droite. « Il faut une liste de la France insoumise parce qu’on ne battra pas l’extrême droite sans la mobilisation de secteurs très larges de la population marseillaise qui ne se mobiliseront pas en soutien à l’équipe municipale sortante », martèle le stratège LFI, persuadé que sa liste, créditée de 15% dans les derniers sondages, sera devant le Printemps Marseillais au 1er tour.

  • « La dynamique citoyenne » fait souffler l’espoir à Bédarieux

    « La dynamique citoyenne » fait souffler l’espoir à Bédarieux

    En 25 ans de métier au sein de la Poste, Dimitri Estimbre a mesuré l’évolution de sa commune chérie, Bédarieux (Hérault). Il y est né, y a grandi, vit et travaille au pays, arpente ses rues et rencontre ses habitants au quotidien.

    Il a vu le centre-ville du gros bourg de 6 000 habitants, devenir désertique au profit de zones commerciales sans âme. Les jeunes et moins jeunes souffrir de la privation d’emplois : 13,9% de taux de chômage. Alors, depuis quelques années, Dimitri Estimbre et ses camarades de la section du PCF, mais aussi de nombreux citoyens non encartés dans une organisation politique, se retroussent les manches. En 2020, il lui a manqué une poignée de voix (65) pour gagner l’élection municipale face à l’actuel maire sortant, Francis Barsse, 76 ans, qui se représente.

    « Pendant six ans de mandat dans l’opposition et avec Françoise Bousquet au conseil communautaire, nous avons rendu compte de notre mandat lors de réunions publiques et nous avons gardé autour de nous le collectif. Nous ne sommes pas repartis de zéro en 2026 », souligne l’élu qui a toujours siégé au conseil municipal. « Il y a deux ans, nous avons vraiment réactivé le collectif avec pour objectif de retravailler comme en 2020, c’est-à-dire, à partir des membres du collectif on a identifié des thématiques de travail. Là nous sommes à 17 thématiques. Chaque membre du collectif s’inscrit dans le thème qui l’intéresse et, à son tour, invite des personnes intéressées. Bien sûr avec comme préalable un prisme à gauche ». Une méthode qui a permis aux citoyens engagés de prendre part au programme.

    Ce vendredi 13 février, la liste de 31 candidats sera présentée lors d’une grande réunion publique, salle Léo Ferré. « Nous avons travaillé la composition de la liste de façon collégiale », précise Dimitri Estimbre. Outre le maire sortant, l’extrême droite présente une liste nommée « union des droites patriotes à Bédarieux » dont la tête de liste a été conseiller municipal Front national et récemment le délégué d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle.

    Pour un service municipal des pompes funèbres

    En six ans, Dimitri Estimbre a gagné en notoriété. Dans la vie publique du conseil municipal et notamment lors de la bataille des retraites dans laquelle ce militant CGT s’est totalement investi lors des grandes manifestations organisées à Bédarieux. La question sociale et les réponses à y apporter irriguent d’ailleurs le programme de la liste « Bédarieux la dynamique citoyenne » (lire détails ci-dessous), notamment sur les services publics. « Nous proposons un service public municipal des pompes funèbres. Ensuite, en accord avec l’intercommunalité, nous proposons la création d’un réseau intercommunal de transports en lien avec la ligne SNCF qui traverse notre territoire ». Dimitri Estimbre a d’ailleurs sur sa liste Jacky Tello, président du comité pluraliste de réhabilitation, de défense et de promotion de la ligne SNCF Béziers-Millau-Neussargues. On y trouve aussi des syndicalistes CGT de l’hôpital de Bédarieux. « C’est le premier employeur de la ville. Nous nous sommes opposés au projet de groupement de coopération sanitaire qui est, en fait, un partenariat public-privé entre le groupe Cap santé et l’hôpital. Cela revient à démanteler l’hôpital public ». Des syndicalistes de l’Éducation nationale qui se sont mobilisés contre des fermetures de classes, sont aussi colistiers. Bref, les forces vives du mouvement social sont là. Autre grand sujet, la gestion de l’eau avec une proposition utile pour les habitants : la gratuité des premiers m³ d’eau. Autant d’idées concrètes qui font souffler l’espoir à Bédarieux.

    *18h à Bédarieux, salle Léo-Ferré

    En chiffres

    Bédarieux compte quelque 6 000 habitants. Son taux de chômage en 2022 était de 13,9% selon l’Insee. Sur le plan socioprofessionnel, Bédarieux comptait aussi en 2022 2 006 retraités soit 40% de sa population. 535 ouvriers, soit 10,7% des habitants et 796 employés soit 15,9% de la population. 20 agriculteurs exploitants sont installés, 235 Artisans, commerçants, chefs d’entreprise. 385 sont dans des professions intermédiaires et 192 exercent des fonctions de cadres et professions intellectuelles supérieures (CPS).

  • À Orange, Antoine Boudet ne regarde pas dans le rétro

    À Orange, Antoine Boudet ne regarde pas dans le rétro

    « Il a une bonne tête », « Qu’il est beau ! ». Sur le marché d’Orange, ce jeudi matin, Antoine Boudet séduit. Le candidat à la tête du collectif Tous orangeois, plutôt classé divers gauche bien que sans soutien de partis, apprécie. Mais il est là pour parler de fond et inviter à la présentation du programme le soir même. « On n’est pas d’accord, mais vous avez été très bon hier soir [lors du débat organisé par La Provence] », le félicite même… Yann Bompard, le toujours maire (Ligue du sud), croisé sur le marché. L’intéressé prend le compliment mais s’en serait bien dispensé.

    À un mois du premier tour, « la campagne prend enfin forme », constate cet ostéopathe qui se lance pour la première fois en politique. Allusion à l’épisode tragi-comique des valses d’inéligibilité frappant Yann et Jacques Bompard. « Même s’il reste un socle de fanatiques de la famille Bompard, des gens sont quand même choqués et prennent conscience qu’il faut de la probité pour se présenter », note Antoine Boudet. Deux Orangeoises de très longue date sont dubitatives. « En 30 ans, il y a eu de bonnes choses mais il faut laisser la place », commente l’une. « J’espère qu’il y aura du changement », ajoute l’autre.

    Antoine Boudet ne veut pas s’appesantir sur le sujet : « Le tout sauf Bompard ne fait pas un projet, on se bat pour des idées. » Si sur la sécurité, il plaide pour plus de prévention, « sciemment abandonnée pendant 30 ans », et une police qui soit plus dans la proximité, le candidat mise sur la jeunesse et le sport. « La jeunesse se sent isolée, on souhaite créer un espace pluriel qui lui sera dédié », propose celui qui est aussi engagé dans la vie associative côté foot. « Les clubs ne sont pas assez soutenus avec une enveloppe équivalente à une ville de la taille de 5 000 habitants pour les associations sportives [en juin, la chambre régionale des comptes notait que la part du sport dans le total des subventions est passée de 49% à 28% entre 2018 et 2023, Ndlr.], les licences coûtent cher, il faudrait un nouveau gymnase pour développer par exemple le fustal », expose-t-il. Face aux deux listes d’extrême droite, Antoine Boudet doit partager le champ républicain avec Carole Normani et Marc Martinet, tous deux au centre droit. Sur le marché, des discussions amicales ont lieu avec des soutiens de Normani, à qui une liste d’union avait été proposée. Toutes les hypothèses seront encore sur la table au soir du 1er tour.