Tag: Gauche

  • À Avignon, Cécile Helle officialise son soutien à David Fournier

    À Avignon, Cécile Helle officialise son soutien à David Fournier

    Depuis un peu plus de deux semaines, la chose était entendue. Il ne manquait plus que le jour et la forme de l’officialisation : à Avignon, la maire sortante Cécile Helle (PS), qui a renoncé à briguer un 3e mandat, a officialisé son soutien à David Fournier (PS), pour tenter de lui succéder. « Celui qui incarne aujourd’hui le rassemblement et surtout la continuité de l’action qui a été conduite, c’est David Fournier », annonce la première magistrate dans La Provence. Un appui en forme presque de service minimum, qui s’est décanté en ce début d’année. « Ce mois-ci, il y a eu une clarification dans mon camp », expose Cécile Helle. À savoir le renoncement de Joël Peyre (PRG), élu aux finances.

    Ce revirement dans la campagne à gauche laisse le champ libre à David Fournier dans la majorité. Déjà, au lendemain de l’annonce de Joël Peyre, Cécile Helle avait – sans encore le nommer – désigné David Fournier. « Je suis membre du PS, il n’y aura pas de surprise dans la manière de me positionner », nous confiait-elle à l’issue de sa première cérémonie de vœux.

    « Intérêt général et loyauté »

    « C’est un soutien important, dont je suis très fier et me donne encore plus de responsabilités à aller dans le sens du rassemblement », réagit David Fournier, auprès de La Marseillaise. L’actuel adjoint à l’administration générale n’a aucun souci à assumer le bilan : « Je suis comptable des actions de la majorité, fier qu’on ait rétabli les finances de la Ville, instauré la gratuité de la garderie, des activités périscolaires ou des rénovations d’école. »

    Lors d’un conseil municipal, en décembre 2023, il avait salué le travail de Cécile Helle, « bienfaitrice d’Avignon ». Si, aujourd’hui, ce soutien sonne comme une évidence, cela ne l’était pas au départ. Dans La Provence, Cécile Helle admet qu’elle aurait pu appuyer « un autre candidat s’il avait incarné le rassemblement à gauche ». Notamment Joël Peyre, « qui avait assurément les qualités pour incarner ce rassemblement », reconnaissait-elle début janvier.

    Si David Fournier aime à confier qu’il connaît Cécile Helle depuis les années lycées, « quand en 1986, elle à Aubanel et moi à Mistral, on manifestait contre la loi Devaquet », les deux socialistes ont aussi été en concurrence. Michèle Fournier-Armand, mère de David, alors députée, s’était positionnée pour briguer la Ville aux municipales 2014 avant de soutenir Cécile Helle. « Loyauté et intérêt général nous ont toujours guidés », conclut David Fournier.

  • Ariane Lombardi veut un centre social pour Marignane

    Ariane Lombardi veut un centre social pour Marignane

    « On va se battre pour monter un centre social, indispensable pour recoudre la ville », lance Ariane Lombardi mercredi soir. La tête de liste communiste de l’union de la gauche pour les municipales marignanaise a développé cette idée à l’occasion d’une réunion publique au local de campagne du parc Camoin, centrée sur la jeunesse, le lien social et la solidarité.

    Le constat de départ est simple. « Chaque âge de la vie est traité indépendamment par la Ville, mais il y a un grand vide notamment pour la jeunesse des 14 à 25 ans », estime la candidate. « Il faut un lieu de rencontre et d’échanges municipal pour eux, mais aussi pour recréer un lien intergénérationnel. Pour organiser le temps commun et combattre l’isolement de la jeunesse comme des seniors », souhaite la communiste.

    Un lieu de rencontre, et de médiation sociale. « Les jeunes doivent y trouver des facilités pour chercher des stages, des formations, ou un 1er emploi » poursuit Ariane Lombardi, « il faut doter ce centre social d’éducateurs, de médiateurs professionnels de l’orientation qui peuvent aiguiller nos jeunes, en bonne intelligence avec le tissu associatif et économique », argumente la candidate.

    « On peut le budgétiser »

    Ce projet de centre social n’est pas un vœu pieux. « Nous sommes en capacité de le budgétiser », considère Ariane Lombardi, qui estime « entre 600 000 et 700 000 euros le budget de fonctionnement annuel d’un centre social pour une ville de 35 000 habitants ». Au niveau immobilier, « nous avons des bâtiments publics disponibles : l’ancienne école Parc Méditerranée vient d’être mise en vente et nous pourrions la récupérer, comme l’ancien musée Raimu », remarque la candidate, qui estime le budget d’investissement « entre 1,2 et 2 millions d’euros pour la réhabilitation et l’accessibilité. C’est peanuts pour une mairie comme la nôtre », juge-t-elle.

    Un participant réagit. « On va nous dire qu’il existe déjà des choses. Mais il faut sortir de l’événement ! Toute action doit être suivie », estime Michel, retraité, rappelant que « beaucoup de jeunes vivent chez leurs parents ». Dans la même veine, une participante souligne le rôle d’un conseil municipal des jeunes, « un moyen de faire échanger et participer les jeunes dans une démarche citoyenne ». « C’est à la Ville de fournir ces moyens à la jeunesse », insiste Ariane Lombardi, en approuvant la proposition.

    Le prochain rendez-vous de la candidate est le 10 février à 19h avec le maire PCF du Rove Paul Sabatino pour aborder le communisme municipal au local de campagne.

  • À Morières, la liste Engagés et solidaires conduite par Annick Dubois s’assume à gauche

    À Morières, la liste Engagés et solidaires conduite par Annick Dubois s’assume à gauche

    Une réponse au maire RN sortant Grégoire Souque, accusant la liste de se présenter « comme apolitique sans parti pris ». Rappelons que l’édile s’est lancé en campagne en se présentant divers droite sans s’assumer d’extrême droite. « Plutôt que de mener un débat de fond et de présenter des propositions, il choisit la polémique et la confusion, stratégie qui peine à masquer cinq années d’inaction », pique la liste de gauche dans un communiqué, défendant des valeurs de « solidarité, justice sociale, écologie et démocratie participative »

  • Alexis Corbière : « On ne doit pas faire le cadeau de la division »

    Alexis Corbière : « On ne doit pas faire le cadeau de la division »

    La Marseillaise : Laure Lavalette (RN) est désignée comme favorite par les sondages. Quelles sont les solutions pour inverser la tendance ?

    Alexis Corbière : Toulon recense beaucoup de gens issus des milieux populaires. Il faut leur dire que dans le débat budgétaire, le RN a tout fait pour empêcher des recettes nouvelles sollicitant les plus fortunés. Ils ont aussi proposé et voté la suppression de près de 5 milliards d’euros de dotations aux collectivités locales. La gauche, et ici la liste conduite par Magali Brunel, propose des solutions pour vivre mieux, à travers la solidarité, les services publics… L’extrême droite, contrairement à son discours, vise à affaiblir les dépenses publiques, contre l’intérêt des habitants. Ces élections se placent dans le contexte de la grande menace de l’extrême droite pour 2027, et d’une grande menace à l’international. Ce serait un paradoxe de laisser la victoire aux amis de M. Trump. Je suis un unioniste, et on ne doit pas faire le cadeau à nos pires adversaires de la division.

    À ce titre, que pensez-vous du fait que LFI fasse cavalier seul ?

    A.C. : L’union est un combat, et la responsabilité de la division n’est pas seulement portée par LFI, certains au PS refusent aussi toute union. Mais à mes amis insoumis, je dis « comprenez la nouvelle période dans laquelle nous sommes » qui implique une nouvelle stratégie. En 2024, on a mis en place le NFP. Il ne faut pas le saborder et montrer que nous sommes la principale opposition à l’extrême droite et au macronisme. L’exemple récent des législatives partielles dans le Loiret, où la gauche divisée n’a pas pu aller au 2nd tour, montre la conséquence de la désunion, quand droite et extrême droite s’unissent.

    Dans ce contexte, quel rôle peut jouer votre jeune mouvement ?

    A.C. : Nous avons participé à la belle aventure insoumise quand elle était en dynamique et on essaye d’en garder le meilleur, en comprenant que le pays est menacé par l’extrême droite et qu’il faut l’union. C’est pourquoi je souhaite une candidature commune de la gauche et écolos en 2027, on y travaille avec le PS, les écologistes, l’Après, Génération.s et François Ruffin. Nous organiserons une primaire pour y arriver. C’est cette volonté qui nous caractérise, en portant aussi des politiques de rupture avec le macronisme, le partage des richesses, la transition écologique, la rupture avec la Ve République. N’ayons pas peur d’avoir d’un programme de rupture.

  • Magali Brunel, l’avenir en commun

    Magali Brunel, l’avenir en commun

    Toulon en commun n’est pas un dicton vain. S’il fallait le prouver, Magali Brunel s’est employée à le faire, entourée de nombreuses personnalités progressistes, locales et nationales, balayant un large spectre de la gauche et des écologistes. Un tour d’horizon inauguré par une vidéo de Michèle Rubirola (LE), du printemps marseillais, qui a porté un message d’espoir tiré de son expérience : « Nous avons besoin de la gauche rassemblée pour relever les défis. À Marseille, on pensait que c’était impossible. Pourtant, nous l’avons fait en 2020. » Se sont ensuite succédé, entre autres, ceux d’Amine Kessaci, militant (LE) de la lutte contre le narcotrafic, des sénateurs (PCF) Ian Brossat, des députés Olivier Faure (PS), et David Cormand (LE), ou encore du député et fondateur de l’Après Alexis Corbière, venu appeler à l’union face à la menace de l’extrême droite, incarnée par Laure Lavalette.

    À ce sujet, l’intervention du journaliste Claude Ardid, figure toulonnaise de la lutte contre l’extrême droite, a marqué les esprits. Il a rappelé l’héritage de la députée lepeniste, petite fille d’un « membre des croix de feu », et fille d’un « membre du groupe néo-fasciste l’ordre nouveau ». « Nul n’est comptable des erreurs de ses aïeux. Mais le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre », a-t-il affirmé, évoquant son passé de présidente d’un groupe étudiant identitaire, ses positions anti-IVG, ou sa propension à jeter l’opprobre sur des librairies, sur une professeure d’université, sur la culture…

    Unité, tramway, pouvoir d’achat, Med in Toulon…

    Après ces prises de parole, quelques colistiers ont été présentés aux quelque 400 présents. Parmi eux, André de Ubeda, conseiller municipal (PCF) sortant, des personnalités sans étiquette, et dans l’esprit de rassemblement prôné, des militants PS, Écologistes, PCF et de l’Après.

    Ce fut ensuite au tour de Magali Brunel d’entrer en piste sous les vivats. La date du meeting n’avait pas été choisie au hasard : le 20 janvier, en écho au même jour de l’année 1931, date à laquelle « le journaliste Jean Lauris commence un projet : celui d’enregistrer la voix de grands hommes », évoqua-t-elle. « Parmi eux Léon Blum, père du Front populaire, nous parle : “Nous avons une conscience de l’égalité naturelle alors que la société où nous vivons est toute entière fondée sur le privilège. Chaque pas en avant de la civilisation devrait ainsi se traduire par un bénéfice universel.” » L’illustration du projet de Toulon en Commun, centré sur : « la justice sociale dans un temps où jamais les inégalités n’ont été aussi fortes. À Toulon, des hommes, femmes, enfants, dorment dans la rue. Non à la résignation ! », a-t-elle clamé.

    Forcément, Magali Brunel a parlé de Toulon, de « ses images qui rassemblent », de « ses odeurs », « ses musiques », et de « toutes ces cultures qui l’ont façonnée. » Avec amour, mais sans concession pour ce qui doit être amélioré, à travers « quatre valeurs cardinales : justice sociale, solidarité, protection de l’environnement, démocratie participative », matérialisés par « deux axes forts : rendre du pouvoir d’achat, du pouvoir d’agir et de vivre mieux, réunir sans gommer nos différences et porter haut notre identité, plurielle, toulonnaise. Notre victoire sera celle des solutions ! »

    Parmi elles, la mobilité, avec la volonté réaffirmée de relancer le projet de tramway. Le logement, dans une ville « qui paye une amende de 3 millions d’euros par an, pour son inaction en matière de logement social ! ». L’éducation, « avec une carte scolaire qui permette aux élèves de se rencontrer dès le plus jeune âge et d’apprendre de leurs différences. » Une jeunesse pour laquelle « il faut prendre au sérieux le défi écologique, et nous préparer à une montée des eaux qui avant la fin du siècle pourra atteindre jusqu’à 1 mètre. »

    Magali Brunel a terminé sur la volonté « d’oublier le projet Pipady, qui lui-même avait oublié les Toulonnais », et celle de lancer « un grand projet de réconciliation avec la mer, un lieu de convivialité entre port et Mayol, tourné sur notre histoire et la création contemporaine : le projet Med in Toulon ». « Mais je n’en dis pas plus… Je garde la surprise », conclut-elle.

    Infos et programme sur toulonencommun.fr

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Yannick Ohanessian

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Yannick Ohanessian

    Municipales, Marseille, narcotrafic, police municipale, accords à gauche…

    À vous la parole ⬇️

  • Hérault : deux projets de gauche pour convaincre les Lodévois

    Hérault : deux projets de gauche pour convaincre les Lodévois

    Le PS plutôt que LFI pour redonner espoir aux Lodévois. En soutenant la tête de liste socialiste Fadelha Bennamar-Koly, le PCF fait le choix de la continuité avec la majorité sortante, en dépit des critiques relatives à son manque de proximité avec la population.

    « Fadelha incarne mieux la capacité d’union à gauche. Sébastien Rome n’appelle à l’union que derrière lui. Il est dans la démarche quasi nationale de LFI avec des candidats partout », justifie Florian Vire. En novembre, le secrétaire de la section PCF avait été à l’initiative d’une rencontre dans l’espoir d’une liste de rassemblement. Qui ne se concrétisera pas avant le 1er tour au grand dam des Lodévois signataires d’une pétition qui circule en ce sens. « C’est un non ferme et définitif. Faire un bis repetita des querelles de l’Assemblée nationale ça ne m’intéresse pas », tranche la protégée de Carole Delga. « D’être incapable de se parler, ça pose un vrai problème », déplore l’ex-député LFI Sébastien Rome, qui laisse la porte ouverte, y compris au 2nd tour.

    Le risque est que la sous-préfecture Lodève, ancienne ville industrielle aujourd’hui pauvre, déclassée et sans dynamique démographique, rebascule à droite. Déjà en 2020, la maire Gaëlle Levêque (PS) qui ne se représente pas, n’avait battu l’entrepreneur Claude Lateeb que de 8 voix. « Il était en discussion avec le RN. C’est un candidat attrape-tout, un Trumpiste local », critique S. Rome. L’ex-élu régional RN, Gérard Maurin, pourrait aussi se présenter ainsi que la retraitée Mona Dumur (sans étiquette).

    Projet contre projet

    Bref, les deux listes de gauche vont devoir convaincre projet contre projet. Comment redynamiser le centre-ville ? L’Insoumis propose de créer « une foncière municipale de réhabilitation pour faire du logement de qualité et abordable ». Fadelha Bennamar-Koly veut faire de la médiathèque « un véritable lieu d’échanges, de culture et de dialogue avec les habitants pour retisser des liens ». Elle veut revoir le stationnement et promet un « plan Marshall » sur la grand-rue et la rue de la Lergue.

    La candidate PS entend améliorer la propreté de la ville, lutter contre les incivilités et les violences intraconjugales. Elle veut dédier l’aile inoccupée de la mairie à l’emploi et à la formation et compte sur les 12 entreprises qui s’installent dans le parc d’activité pour créer 250 emplois. De son côté, Sébastien Rome (LFI) déplore le pantouflage du comité local pour l’emploi. Il envisage d’ouvrir un nouveau marché et promet de créer une « régie publique de l’alimentation » qui proposerait « des légumes au juste prix. »

  • Gard : Vauvert, une gauche unie face au RN

    Gard : Vauvert, une gauche unie face au RN

    Soutenue par de nombreux démocrates et des représentants de LFI, la gauche citoyenne socialiste et communiste s’est unie dès le premier tour (prévu le dimanche 15 mars) pour mettre en échec cette menace qui diviserait un peu plus la ville gardoise et pour poursuivre une politique solidaire dans une commune en pleine mutation.

    À quelques semaines des municipales, un froid mordant traverse Vauvert. Dans le quartier prioritaire des Costières, qui rassemble près de 2 700 habitants (sur 11 700 au total), on vit avec le spectre de l’extrême droite comme avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

    « Si Nicolas Meizonnet (RN) passe, ça craint… Nous, on n’a jamais eu de problème avec les élus actuels. Je suis de nationalité hollandaise, mais je vais aller voter pour les municipales, parce que la situation est très compliquée. On sent tous ces regards sur nous », confie Hoda, très inquiète à l’idée que le RN puisse prendre le pouvoir, et s’acharne sur un quartier déjà en proie à la stigmatisation. Non loin de là, immergé dans l’odeur douce-amère des tonnes d’agrumes empilées sur les étals du primeur, un client acquiesce.

    Sur ce petit bout de Camargue, qui fait office d’exception politique comparée au territoire environnant, le socialiste Jean Denat l’a toujours emporté d’une courte tête. Une avance fragile puisque le politique sait d’ores et déjà qu’il n’arrivera jamais à s’attirer la sympathie de la frange la plus réactionnaire de sa commune. Mais dans ce quartier populaire, quadrillé par un entrelacs d’immeubles bas où le chômage atteint les 35%, il est clairement la seule option.

    « Quand on est jeune,

    on se mélange… »

    Du plus loin qu’il s’en souvienne, Hicham a toujours baigné dans cette atmosphère fracturée. « à Vauvert c’est flagrant. Il y a deux mondes dans la même ville. Quand on est jeune on se mélange, et puis quand on grandit, chacun se remet à sa place… », souffle ce natif du cru, un gobelet de café fumant entre les mains. « De nombreux employeurs du coin préfèrent embaucher des gens de l’extérieur plutôt que des personnes d’origine immigrée. “Les arabes, avec les arabes”, ça on nous l’a déjà dit », poursuit encore le trentenaire, qui envisage désormais de quitter la ville. « Ici on a grandi dans le racisme. C’est fou, mais on l’a accepté. On vit avec des gens qui ne nous supportent pas ».

    Une résignation réelle, et des dérives que Katia Guyot, première adjointe au maire et conseillère régionale (PS), met sur le compte de la « méconnaissance ». « La société de Vauvert est ancrée dans une logique qui est nationale : elle est en butte à un discours de division. Mais quand les populations se rencontrent, les fantasmes et les tabous sont levés… »

    Engagé dans la campagne aux côtés de Jean Denat, le communiste Samuel Pabion partage ce diagnostic. « De nombreux médias ressassent les discours d’extrême droite en boucle ; or il ne faut pas confondre l’insécurité et le sentiment d’insécurité. À Vauvert, il y a les mêmes problèmes qu’ailleurs, mais il n’y en a pas davantage », affirme le colistier en réaction aux marottes sécuritaires du candidat RN qui alimentent la division.

    La confiance par l’action

    En 2024, le quartier prioritaire de Vauvert a été étendu jusqu’aux artères les plus paupérisées du centre-ville. Mais à la différence des Costières, à deux mois du scrutin, ici la présence de l’extrême droite s’affiche en grand. Dans le Bar des Halles, Hali les côtoie de loin. Il les sert et les salue poliment, mais quand il est en service, son enceinte crache du Tryo à pleine balle. Ce jour-là justement, il écoute La Misère d’en face et fredonne son refrain comme un mantra tombé à point nommé. « Peuple d’Occident, réveille-toi… »

    « La confiance, nous

    la gagnons petit à petit »

    Une façon d’assumer ses idéaux malgré le déferlement réactionnaire qui s’abat sur sa ville. « Samedi matin, Nicolas Meizonnet a inauguré son local de campagne dans la rue d’à côté. Quand ils sont passés devant le bar, il m’a serré la main, mais sans jamais me regarder dans les yeux parce qu’il connaît mes convictions. Ici on se connaît tous, j’étais en classe avec son frère », assure Hali, convaincu néanmoins que l’extrême droite ne passera pas. « Les gens ne sont pas si cons », balaie le quadragénaire, blindé d’enthousiasme.

    Si elle l’exprime en d’autres termes, Katya Guyot partage pour partie son sentiment. « Quand on regarde les élections nationales, on voit que le RN est largement en tête, mais sur les scrutins locaux la situation est moins manichéenne. Je crois qu’une des raisons des fractures de notre société, c’est l’inquiétude », analyse l’élue, qui estime qu’en 12 ans, la municipalité actuelle n’a eu de cesse de pallier l’injustice et de créer des ponts.

    « Travailler une société universaliste »

    « Je crois que par l’action culturelle et les spectacles gratuits pour les enfants, nous avons réussi à provoquer un vrai mélange des populations. Mais aussi via l’action sur l’habitat social, la rénovation, l’entretien des espaces verts… Ces politiques illustrent une volonté de traiter les quartiers et les populations de la même façon », assure encore Katya Guyot, qui estime que cette ambition s’inscrit forcément dans un temps long.

    « La confiance, nous la gagnons petit à petit. Mais il faudra encore beaucoup de travail et de présence sur le terrain pour la rétablir, et rappeler que chaque citoyenne et citoyen a droit de cité. Je crois qu’on a intérêt à travailler à une société universaliste, c’est le fondement de la République française », résume-t-elle.

  • Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou Rassemblement national ». C’est par cette prophétie destinée à siphonner une droite en fin de règne et divisée que Julien Sanchez (RN) a officialisé, samedi 17 janvier à l’hôtel Imperator, sa candidature à la mairie de Nîmes.

    Après avoir (en vain) tendu la main à Franck Proust (LR-UDI-Horizons) pour constituer une liste d’union des droites, Julien Sanchez, le vice-président du RN qui est aussi le directeur de la campagne pour le parti d’extrême droite, s’est auto-adoubé candidat RN en se parachutant à Nîmes avec le soutien de l’Union des droites pour la République (UDR), du Rassemblement pour la République (RPR) et de l’Avenir français. Si l’actuel président de l’Agglo Franck Proust (soutenu par le maire sortant Jean-Paul Fournier) et l’ex-premier adjoint Julien Plantier s’étaient entendus, « je n’y serais pas allé », prétend Julien Sanchez, opportuniste. « Avec deux listes, c’est fini pour eux, ils ont perdu », estime celui qui espère faire main basse sur la capitale gardoise.

    Sans rien dévoiler de son programme, Julien Sanchez a indiqué que deux députés seraient sur sa liste : Yoann Gillet et Sylvie Josserand. Actuel député européen, le vice-président du RN serait lui-même touché par le cumul des mandats si il venait à s’emparer de Nîmes. Un appétit qui confirme qu’il n’avait que faire des Beaucairois qu’il avait délaissés en 2024 pour aller se faire élire au Parlement européen.

    Dans un département qui est tombé dans le piège de l’extrême droite aux législatives 2024 (6 circonscription raflées sur 6), Julien Sanchez sera une menace majeure pour le camp des progressistes incarné par la liste « Nîmes en commun » de Vincent Bouget. Réalisé en novembre par l’institut Quorum pour Le Réveil du Midi, un premier sondage (à la méthodologie critiquée par la commission des sondages) donnait Vincent Bouget (en tête au premier tour dans 2 configurations sur 3), au coude-à-coude avec le RN et la droite en fonction du nombre de listes en lice.

    Depuis, l’offre politique s’est éclaircie et la campagne s’apprête à entrer dans le sprint final. Outre Vincent Bouget (Nîmes en commun), Franck Proust (LR-UDI-Horizons), le dissident Julien Plantier associé à la macroniste Valérie Rouverand (Renaissance) et donc l’extrême droite avec Julien Sanchez, la France Insoumise mènera une liste portée par Pascal Dupretz. L’ancien gilet jaune Jean-Marc Philibert entend lui aussi présenter une liste citoyenne « Vivons Nîmes ».

  • Nîmes en Commun passe à l’étape décisive du programme municipal

    Nîmes en Commun passe à l’étape décisive du programme municipal

    Lundi 19 janvier à 15h30, à l’auditorium du centre Pablo Neruda, le collectif Nîmes en Commun franchira une nouvelle étape de sa campagne municipale. À l’occasion d’une conférence de presse, ses représentants présenteront officiellement le programme qui portera la liste conduite par Vincent Bouget en mars prochain. Un programme dont la particularité tient moins à l’accumulation de propositions qu’à la méthode qui a présidé à sa construction. Depuis un an, le collectif a multiplié les temps d’écoute et de débat à travers la ville : réunions publiques, rencontres d’appartement, entretiens vidéo, et surtout un vaste questionnaire auquel près de 3 000 habitants ont répondu. Sécurité, jeunesse, logement, transports, considération : les priorités exprimées par les Nîmois ont progressivement structuré le projet.

    Cette démarche a trouvé un prolongement éditorial avec la parution du livre Si je vous dis Nîmes, coécrit par Vincent Bouget et Clément Luy, publié aux éditions Au Diable Vauvert. Un ouvrage qui restitue la matière brute de cette consultation et assume une ambition : redonner une place centrale à la parole citoyenne. « Ce qui compte d’abord, c’est le sens, le projet collectif », résume le candidat, qui revendique une inversion de la logique politique traditionnelle : non plus « faites-moi confiance », mais « on vous fait confiance ».

    Le programme dévoilé lundi se voudra ainsi la traduction concrète de ce travail patient. Parmi les thématiques appelées à structurer les propositions : justice sociale, transition écologique, place de la jeunesse, rééquilibrage des quartiers, démocratie locale et accès aux services publics.