Tag: Gauche

  • Le Printemps de Béziers pour un autre avenir

    Le Printemps de Béziers pour un autre avenir

    Béziers tournera-t-elle la page de l’ère Ménard ? Concurrencé sur sa droite par le député RN Julien Gabarron, l’édile d’extrême droite essayera de garder son fauteuil de premier magistrat pour s’offrir un troisième mandat. C’est la première fois que le parti de Marine Le Pen présente un candidat issu de ses rangs face au maire girouette, soutenu par les Républicains au niveau national.

    Mais la gauche ne l’entend pas de cette oreille. « Le Printemps de Béziers », liste d’union de la gauche et des écologistes portée par Thierry Antoine, conseiller d’opposition les Écologistes, veut mettre Robert Ménard en échec, forte de ses propositions sociales et écologistes. Dans une ville où 36% des Biterrois vivent sous le seuil de pauvreté, l’urgence de sortir de la précarité est une des priorités pour le mouvement de gauche. « Nos priorités ne seront pas de faire un colosse de Rhodes, de lancer un gigantesque chantier Béziers antique [des projets pharaoniques souhaités et subventionnés par Robert Ménard, Ndlr] ou de mettre tout dans la communication. Il y aura une réorientation des budgets municipaux vers la vie quotidienne des Biterrois, Béziers est touchée de plein fouet par la pauvreté », souligne Thierry Antoine.

    Surtout, le Printemps de Béziers veut voir sur le long terme. En ce sens, ce dernier a fait du projet Orbiana, pierre angulaire de son programme. « La bataille pour le climat est perdue à court terme. Mais nous devons nous saisir de cette opportunité afin de faire de Béziers la vitrine d’une ville adaptée au changement climatique », poursuit Thierry Antoine. Sur 150 hectares, c’est tout un quartier qui devrait sortir de terres avec des parcs, des entreprises spécialisées dans l’hydrogène, à l’adaptation de la viticulture. « Une partie sera réservée à de l’habitat pour répondre aux problèmes de logement. Beaucoup d’habitations ne sont plus adaptées : l’été, sous les toits, la température peut atteindre 50°C », fait valoir Thierry Antoine.

    Une jeunesse précarisée

    Le logement est également un levier pour faire baisser la précarité sur lequel l’autre liste de gauche emmenée par l’Insoumis David Ocard. « Le logement est la première dépense pour les foyers les plus précaires donc nous voulons une action qui défende un droit au logement digne à des prix abordables. Si cela doit passer par de la réquisition de logements vacants -une possibilité offerte par la loi- nous le ferons », soutient cet enseignant. Aussi, le candidat ambitionne de faire passer en régie publique plusieurs services comme l’eau, le transport ou encore une régie agricole qui fournirait les cantines scolaires afin de faire baisser la facture des usagers et de créer de l’emploi. « Si nous mettons des services en régie publique, il y aura plus d’argent à distribuer car ce serait la fin des dividendes versés à des actionnaires privés », note David Ocard. Ce dernier entend également expérimenter le territoire zéro chômeurs longue durée afin de favoriser l’emploi.

    Remunicipaliser est également au programme du dernier candidat en lice, Thierry Mathieu (SE), conseiller régional de la majorité de Carole Delga mais non soutenue par cette dernière ni par le PS. Ce dernier a par ailleurs déposé plainte contre l’édile pour diffamation et injure publiques. En effet, Thierry Mathieu prévoit de remunicipaliser les Halles de Béziers -privatisées par Robert Ménard- afin de faire baisser les loyers des étaliers, une mesure s’inscrivant dans une démarche plus globale de renforcer les commerces biterrois. Un autre enjeu de cette élection biterroise est à n’en pas douter -et lié à la précarité- l’avenir de la jeunesse. En effet, plus de la moitié des enfants de moins de 11 ans vivent sous le seuil de pauvreté. « Nous accompagnerons les enfants et leur permettre d’avoir accès à des activités culturelles et sportives. Concernant la réussite scolaire, un certain nombre d’associations ont vu leurs subventions baisser. Il faut arriver à les remettre en course », observe David Ocard. Un accompagnement du périscolaire que l’on retrouve également au Printemps de Béziers. « Il faut assurer le service minimum en réalisant la gratuité du soutien scolaire et du périscolaire, des fournitures scolaires, la gratuité de la cantine pour les deux premières tranches d’imposition », soutient Thierry Antoine.

    Assez pour convaincre les électeurs et chasser l’extrême droite de la cité de Riquet ?

  • L’après Commeinhes, Sète à gauche toute ?

    L’après Commeinhes, Sète à gauche toute ?

    C’est une des inconnues de ce scrutin municipal. À Sète, la page Commeinhes se tourne. Après 25 ans de règne, l’édile LR, condamné pour détournement de fonds publics, avait dû laisser son fauteuil de maire en avril dernier. Depuis, sa succession est ouverte. Son dauphin, Hervé Marquès, tentera de défendre l’héritage de l’ancien maire. À sa droite, le RN est en embuscade, emmené par Sébastien Paccul, conseiller d’opposition et ancien adjoint de François Commeinhes. Encore à droite, Pascal Pintre, ancien directeur de l’agence économique Blue Invest. L’homme n’en est pas à sa première expérience politique puisque, en 2020 pour les élections municipales, ce dernier était l’ancien directeur de campagne d’un certain… Commeinhes François.

    Priorité au logement

    Face à ces dignes héritiers de l’ancien édile condamné, la gauche a une carte à jouer. Ils seront quatre sur la ligne de départ. Hormis les candidatures de Daniel Pilaudeau (EXG) et de Josiane Amarger (Parti animaliste), la gauche s’était presque rassemblée sous les couleurs de Nouvelle Page, emmenée par Laura Seguin. Soutenue par le PCF, LFI, les Écologistes, Génération.s ou encore le Parti occitan, l’élue d’opposition entend faire du logement une de ses priorités. « C’est un constat que l’on fait depuis des années. Les plus précaires sont exclus des logements, des jeunes, des familles mais aussi des travailleurs qui doivent se loger à l’extérieur. C’est une aberration », souligne Laura Séguin. En effet, la question du logement est centrale sur l’Île singulière, très prisée ces dernières années par de nombreux touristes alors que 25% des Sétois vivent sous le seuil de pauvreté. « Nous favoriserons l’accès au logement en régulant les résidences secondaires – qui représentent 20% des logements -et surtout les meublés touristiques », insiste la candidate. En instaurant notamment des quotas par quartier. « Nous continuerons à construire des logements sociaux et nous développerons des logements intergénérationnels. »

    Des mesures que l’on retrouve également dans le programme du dernier candidat de gauche, Sébastien Denaja, qui a reçu l’investiture du PS. Régulation des meublés touristiques, limitation des résidences secondaires sont également au programme. « Nous développerons les baux réels solidaires, comme cela se fait à Montpellier et nous instaurerons une bourse d’échange entre locataires », développe le conseiller régional. Et d’insister sur la réhabilitation de logements. « Notre priorité est de nous concentrer sur la lutte contre l’habitat indigne plutôt que de construire des logements neufs. Ce qui permettra aussi de nous désendetter. »

    Des priorités pouvant séduire les Sétois et qui pourraient permettre aux deux listes de gauche d’être présentes au second tour.

  • Montpellier : les mesures phares des candidats

    Montpellier : les mesures phares des candidats

    Il y a ceux qui croient dur comme fer qu’ils vont diriger Montpellier, ceux qui viennent régler des comptes, d’autres pour témoigner ou faire le pitre. Mais les 13 listes en course le 15 mars ont toutes un programme : plus ou moins crédible, audacieux, finançable. L’examen des mesures phares de chacun rappelle que si des passerelles existent, les gauches et les droites cultivent des visions différentes, parfois à l’opposé.

    Parmi les sujets consensuels, on peut citer la création d’emplois (30 000 pour Delafosse, Atrad…) ou la propreté de la ville. En déclarant son amour à Montpellier, l’ancien maire Philippe Saurel (mouvement Utiles) qui déplore une « brutalisation sans concertation » promet une « ville plus belle » en rénovant le patrimoine à l’instar de la place royale du Peyrou. De l’entretien des parcs et jardins d’Isabelle Perrein (DVD) ou de la « végétalisation » de l’Écologiste Jean-Louis Roumégas, chacun promet un « embellissement ». Y compris le maire Michaël Delafosse (PS) qui entend ralentir sur les grands travaux et se consacrer, quartier par quartier, à la rénovation des places et des trottoirs pour une « ville-parc marchable et respirable ».

    La gratuité quasi unanime

    D’autres thèmes sont plus clivants. À commencer par les mobilités. La plupart de ceux qui en 2020 prétendaient la gratuité des transports « impossible » semblent avoir changé d’avis face à la popularité de la mesure. Seuls Thierry Tsagalos (EXD) et Isabelle Perrein (DVD) y mettraient fin pour une « gratuité intelligente » circonscrite aux jeunes et retraités. Nathalie Oziol (LFI) qui dit incarner une « gauche de rupture » face à ce qu’elle nomme « l’incarnation du macronisme », veut accroître la fréquence des bus et tramways (toutes les 10 ou 5 minutes) jusqu’à 2h du matin. Comme Jean-Louis Roumégas, la députée Insoumise s’oppose aux « méga-projets routiers écocides » (COM, Lien). Michaël Delafosse, lui, promet de mener à bien les 4 lignes de bustram restantes, soutenir la LGV et concrétiser le Service express régional métropolitain (Serm).

    Pour le reste, si personne ne dit vouloir supprimer de pistes cyclables, nombreux promettent de revoir le plan de circulation en ville. Y compris Jean-Louis Roumégas qui promet de rouvrir l’avenue Albert Dubout pour une « circulation en pétales sur les 4 boulevards » embouteillés. Comme T. Tsagalos, F. Jamet (RN) irait jusqu’à rouvrir aux voitures le tunnel sous la Comédie pour « rompre avec la sclérose actuelle » et « libérer Montpellier de l’écologie punitive ». Quant à Isabelle Perrein, qui s’est fait connaître en répertoriant les nids-de-poule et veut redonner toute sa place à la voiture, la notaire imagine un tunnel sous le rond-point du grand M. Osé mais moins que le dôme végétalisé imaginé par l’IA pour Rémi Gaillard avenue de Toulouse.

    Côté urbanisme, le maire sortant, qui prévoit 10 000 logements à prix abordables dont 4 000 en bail réel solidaire, promet de préserver les deux tiers des terres agricoles grâce au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Insuffisant pour Jean-Louis Roumégas qui prône le « zéro artificialisation nette » pour « arrêter l’étalement urbain sur les espaces naturels et terres agricoles ». Même logique chez Nathalie Oziol qui dit stop au « bétonnage ». À l’extrême gauche, Max Müller entend réquisitionner 13 000 logements vides pour loger les sans-abri. À droite, Mohed Altrad veut doubler le parc de logements sociaux et accession à la propriété dès 15 ans en HLM vu en « tremplin et non comme un enfermement ». Isabelle Perrein veut « rénover plutôt que construire ».

    Sur la sécurité, la droite et son extrême font comme toujours dans la surenchère. France Jamet rêve de doubler les effectifs de police municipale et les caméras, Thierry Tsagalos les tripler. Mohed Altrad veut instaurer un « couvre-feu » pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans après 22h. Du Robert Ménard dans le texte. Même chose pour Isabelle Perrein qui ajoute « l’expulsion des logements sociaux pour fauteurs de troubles ». À noter que Philippe Saurel qui veut 100 à 200 policiers de plus, abandonnera le projet d’hôtel des sécurités jugé trop éloigné à Celleneuve. À gauche, Michaël Delafosse musclera les effectifs de police municipale (+100 agents) et les caméras (1 000 au total). Seul Max Müller veut « désarmer la police municipale, dissoudre les polices des transports et du logement ».

    Déchets : quelle option ?

    Sur le social, la gauche est de loin la mieux armée. Le maire promet de créer un « office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement ». Nathalie Oziol une « régie publique de l’énergie avec tarification sociale » et une « cantine bio à bas prix ». Avec Jean-Louis Roumégas, elle serait même « gratuite » (Altrad aussi) avec des « épiceries municipales à prix coûtant dans les quartiers populaires ». À droite, Isabelle Perrein imagine des maisons de santé et un handipass.

    Enfin, face au « fiasco historique » qui voit Montpellier exporter ses déchets, Michaël Delafosse propose un nouvel outil : une chaudière pour combustibles solides de récupération (CSR) à la place de l’usine Ametyst. Une technologie moderne mais méconnue dont quasiment tous ses adversaires dénoncent les dangers potentiels. « La santé des Montpelliérains n’est pas négociable », assène Mohed Altrad sans ne rien proposer d’autre. Isabelle Perrein préférerait un incinérateur, Thierry Tsagalos une nouvelle usine de traitement à bilan carbone neutre. À gauche, Jean-Louis Roumégas veut muscler le tri à la source et le compostage. Pareil pour Nathalie Oziol qui renvoie à une grande consultation. Un des sujets pour le fameux RIC que l’Insoumise, Jean-Louis Roumégas ou Max Müller promettent aux électeurs.

    « Nous créerons un office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement »

  • [Entretien] « Mettre mon expérience au service des Roquevairois »

    [Entretien] « Mettre mon expérience au service des Roquevairois »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre campagne ?

    Hélène Spinelli : Très bien, nous étions prêts. Nous avions un bilan de dix-huit ans, puisque je m’inscris dans la continuité d’Yves Mesnard. Nous connaissons notre territoire et ce qu’il faut poursuivre et mettre en place : la nouvelle école, un poste de police, un projet de maison du sport et de la santé. Nous avons formé les nouveaux colistiers sur l’urbanisme, les logements sociaux, les finances et les risques qui touchent notre commune concernant les inondations et les feux de forêts. Enfin, nous avons multiplié les rencontres sur le terrain, avec un meeting et des réunions à la demande des habitants.

    Vous êtes la seule liste de gauche ?

    H.S. : Oui, je suis divers gauche, mais qu’on soit de gauche ou de droite, lorsqu’on est maire, on est là pour tout le monde et pour régler les problématiques de nos concitoyens. Dans la gestion communale, il y a quand même une différence. Par exemple, nous savons que les candidats de droite délèguent plus facilement avec les délégations de service public (DSP). Nous, nous avons décidé de récupérer des agents municipaux pour notre centre culturel.

    Comment ça s’est passé avec les listes d’opposition ?

    H.S. : Nous sommes sereins et confiants par rapport à notre programme. Dès que nos opposants affirmaient des éléments faux, nous faisions des démentis avec des communiqués.

    Comment allez-vous utiliser votre expérience de première adjointe si vous êtes élue ?

    H.S. : Je vais utiliser mon expérience de première adjointe et adjointe à l’aménagement du territoire, parce que je suis au courant de tous les dossiers, je sais comment ça marche, j’ai beaucoup travaillé et appris, donc je suis prête. Mais je vais aussi me servir de mon expérience professionnelle : je suis géographe de formation et j’ai une maîtrise en aménagement du territoire. J’ai les compétences et la proximité avec les habitants, puisque je suis roquevairoise, depuis plus de 60 ans.

    Est-ce que vous êtes en rupture par rapport aux trois mandatures d’Yves Mesnard ?

    H.S. : Pas vraiment, mais je vais aller plus loin sur certaines choses, notamment sur le rôle de la police municipale. Parce que je pense, qu’aujourd’hui, face aux incivilités, nous avons besoin de prévention et de sanctions. Pour envoyer un signal fort, j’ai prévu de déplacer le poste de la police municipale au rez-de-chaussée du futur immeuble du Clos Castellan. Et évidemment, je vais embaucher également un peu plus.

  • Face à la droite, l’ancien maire d’Aramon à la rescousse

    Face à la droite, l’ancien maire d’Aramon à la rescousse

    Lors des deux mandats de maire de Michel Pronesti, Pascale Prat fut l’une de ses élues (2008-2014) et même son adjointe (2014-2020). Pourtant, le 15 mars, c’est bien contre la maire sortante que Michel Pronesti se présente à Aramon. « Malheureusement, elle a bien changé ! », regrette le militant communiste qui mène la liste divers gauche (DVG) « Aramon : plusieurs générations, une même ambition ». S’il fait son retour au premier plan, c’est dit-il, en raison d’une dérive droitière de la municipalité sortante. « Des citoyens sont venus me chercher, ça ne va pas du tout avec elle ». En 2020, Michel Pronesti décide de faire un break pour « raisons personnelles ». Il soutient la liste (DVG) de Jean-Marie Rosier qui se fait élire. Lequel décède en 2022. Depuis que Pascale Prat a pris sa place, tout irait de travers. « Sa gestion est verticale, elle est frileuse sur l’argent public. Elle se dit apolitique mais a été rejointe par des gens très à droite et parle comme eux alors que nous n’avons pas de problème de sécurité ici », illustre M. Pronesti. L’ancien maire déplore que le projet de maison de santé qu’il avait engagé n’ait jamais vu le jour dans ce désert médical. M. Pronesti s’engage à enfin le concrétiser. Face à celle dont il affirme qu’elle est « incapable d’insuffler de nouveaux projets », il propose un vrai pôle de santé pluridisciplinaire. M. Pronesti entend aussi sécuriser les établissements scolaires, préserver la présence industrielle en redynamisant la centrale EDF fermée via l’énergie verte circulaire ou l’hydrogène vert. Il promet de travailler en « bonne coopération » avec ses voisins et ne briguera pas la présidence de la Communauté de communes.

  • Un dernier moment avec les Gapençais pour Elie Cordier

    Un dernier moment avec les Gapençais pour Elie Cordier

    Il y avait tout un petit monde au 41 boulevard de la Libération ce jeudi en fin d’après-midi. Des membres de l’équipe et des militants, mais aussi des citoyens venus rencontrer la tête de liste, Elie Cordier. « Je lui ai posé des questions précises sur le manque de transports scolaires », explique Éric, 54 ans, venu avec sa fille de 12 ans, Adèle. S’il n’est pas un sympathisant déclaré, la candidature d’Union pour Gap a sa préférence. « Je lui ai dit qu’il faudrait limiter le nombre de mandat municipal à deux. Quand les gens restent en place trop longtemps, ils accumulent trop de pouvoir », déplore-t-il.

    « Il faut laisser la place aux jeunes ! »

    Cette volonté de renouvellement à la tête de Gap est le premier facteur de ralliement évoqué parmi les sympathisants présents. « On a des lois sur la parité hommes-femmes, eh bien il en faudrait aussi sur l’âge ! Au bout d’un moment il faut laisser la place aux jeunes qui apportent un nouveau souffle, affirme Gilles, fonctionnaire municipal à la retraite qui a rallié la campagne d’Union pour Gap. Roger Didier ne peut pas être chef d’orchestre, compositeur, vedette et imprésario à la fois. » Parmi les reproches évoqués, beaucoup pointent un dirigisme excessif du maire actuel, Roger Didier. « Notre première action sera de changer de méthode, pose Elie Cordier. Il faut beaucoup plus de dialogue, on veut rompre avec la verticalité de l’équipe actuelle. »

    Reste à savoir si cette volonté de renouvellement est suffisamment partagée à Gap pour créer la surprise. « On sent qu’il se passe quelque chose, il y a un espoir, ça ne paraît pas aussi impossible qu’avant », affirme Calogero, sympathisant qui n’avait jamais milité de sa vie, et qui, emmené par un ami, a rejoint plusieurs groupes de travail de la campagne. Si la prudence reste de mise, ce sentiment est partagé au sein de l’équipe. « Au début, on nous disait qu’on avait aucune chance, que le maire était indéboulonnable. On l’entend beaucoup moins maintenant, confie Sandrine Bricout, assistante maternelle, colistière d’Elie Cordier. Les gens ont senti qu’on n’est pas sortis les voir 15 jours avant le vote. »

    Pour Elie Cordier, cette méthode de campagne peut faire la différence : « On est sur le terrain depuis un an et demi, on est l’équipe qui a le plus travaillé la proximité, sans jamais dénigrer nos concurrents. » S’il assume rester le challenger face à Roger Didier, il l’affirme : « Il y a aujourd’hui une population à Gap qui est prête pour un vrai renouvellement. »

  • L’Union pour Arles veut remettre les habitants au cœur des décisions

    L’Union pour Arles veut remettre les habitants au cœur des décisions

    Trop plein dans la salle. Les chaises passent de main en main pour se poser là où il reste de la place. Ce jeudi 12 mars, la liste d’union de la gauche (hors LFI et les Écologistes) de Nicolas Koukas (PCF) est rassembleuse pour son dernier meeting avant le premier tour.

    Le processus citoyen de l’Appel d’Arles, qui a mené à l’Union pour Arles, a su fédérer. L’une de ses instigatrices qui figure sur la liste, Lucile Venet-Leduc, rappelle : « On avait pour but de rassembler toutes les gauches d’Arles comme le Nouveau front populaire lors des législatives de 2024. » Après avoir récolté plus de 500 signatures, le collectif s’est réuni régulièrement « pour travailler sur différents thèmes sous forme d’ateliers ». Le projet politique qui en émane a convaincu neuf partis politiques, qui soutiennent une liste composée de 80% de femmes et d’hommes issus de la société civile.

    Cette méthode a aussi remporté l’adhésion de déçus de Patrick de Carolis (Horizons), à l’instar de Sophie Aspord, son ancienne adjointe déléguée à l’urbanisme, qui explique avoir « choisi l’union plutôt que les arrangements (…) la loyauté plutôt que les trahisons », à travers la candidature de Nicolas Koukas.

    Concertation

    et contribution

    Car « l’autocratie » du maire sortant a laissé des stigmates. Richard Vidal, ancien ingénieur dans l’industrie chimique et pharmaceutique qui deviendra premier adjoint en cas de victoire de l’Union pour Arles, dit s’être « engagé parce que je vois ma ville se dégrader d’année en année : un urbanisme sans direction, chaotique, une voirie déplorable, des caniveaux qui débordent lors d’événements pluvieux, une propreté qui laisse à désirer et surtout ni concertation ni proximité avec la municipalité alors que ce lien est indispensable au bon fonctionnement d’une Ville ».

    Son colistier, Mehdi Herouali, abonde : « De nombreux Arlésiens ont l’impression de ne plus être écoutés et associés aux décisions qui concernent leur quotidien. (…) Une commune ne peut avancer que si ceux qui la représentent restent proches des habitants. » C’est la méthode que promet d’adopter l’équipe de l’Union pour Arles. « Je refuse cette démocratie froide, distante, technocratique », affirme Nicolas Koukas. Concrètement, le candidat souhaite créer une direction municipale dédiée à la démocratie contributive, mettre en place des budgets participatifs dans chaque quartier et chaque village, organiser des conseils municipaux délocalisés, mettre en place le référendum d’initiative citoyenne ou encore créer un observatoire citoyen pour évaluer les engagements municipaux.

    À vingt ans, Maissa Ayad, la benjamine de la liste, assure qu’une frange de la population se sent particulièrement « délaissée » : « Les jeunes. » « On leur a promis des choses qui n’ont jamais vu le jour, poursuit-elle. La jeunesse mérite qu’on lui mette à disposition tous les moyens pour réussir. » Parmi les mesures proposées : la mise en place de Maisons des jeunesses, ouvertes en soirée pour l’étude, la création artistique, les débats et l’accompagnement de projets ; le développement de nouvelles filières supérieures, de formations Bafa gratuites ou encore l’instauration d’une aide au permis de conduire selon les critères sociaux.

    « Une équipe soudée »

    La proximité que porte l’Union pour Arles passe aussi par l’existence de services publics « partout, avec des mairies annexes utiles ». La liste veut renforcer les moyens alloués aux centres sociaux « qui ont beaucoup souffert », mais aussi accroître de la présence humaine « avec des médiateurs et des maisons communes » pour assurer la tranquillité du quotidien.

    Pour assurer la pérennité de ce projet municipal et « avoir une équipe fidèle, soudée, rassemblée », les colistiers ont signé une charte d’engagement. Nicolas Koukas l’annonce : « Cette liste du premier tour, qui s’est construite après tant d’échanges, sera la même que celle du second tour. Parce que lorsqu’on entraîne une équipe on ne la change pas. »

  • À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    Est-ce que vous êtes Jauuuuuu ? » Ambiance au théâtre des Chartreux (4e) plein à craquer ce jeudi 12 mars. Avec pour commencer un avertissement. « Les choix que nous allons faire sont essentiels » alerte Anne Vial, adjointe d’arrondissements sortante, déléguée au sport, la santé et à l’égalité des droits. Elle insiste : « L’extrême droite raciste, antisémite, xénophobe, anti-féministe est à nos portes, les ingénieurs du chaos sont à la manœuvre et notre liste porte la résistance. »

    Elle aussi sortante, adjointe au maire de Marseille en charge de la valorisation du patrimoine, Perrine Prigent (PM) enchaîne. « Six ans c’est court et c’est long, ça marche quand la gauche est unie, le deuxième mandat c’est aller plus vite, plus loin », pose-t-elle, estimant que « les 4-5 c’est le reflet de ce que peut être Marseille ».

    Sur scène défilent les colistiers issus de collectif ou encartés au sein de Génération.s, du PCF ou du PS, pour une présentation du programme quartier par quartier avec des zooms de Beausoleil aux Chutes Lavie et son fameux portail de la discorde, en passant par Chave et Baille, sans oublier un détour par le programme pour la jeunesse et l’éducation, parce que « l’avenir ce sont nos enfants », un peu de santé publique au passage, beaucoup de réaménagement de places, d’espaces publics, de modes de mobilités apaisés entre vélos, voitures et trottinettes… De quoi préparer le terrain à « Didier », galvanisé. « Dimanche l’objectif est clair, il s’agit de relever le défi de défendre la Marseille qu’on aime, de diversité, de solidarité, d’entraide, antiraciste, antifasciste », insiste le maire EELV sortant.

    « On ne vous vend pas

    du rêve »

    Plus important pour lui encore, il faut « préserver nos libertés individuelles » quand elles sont mises à mal. Ce qui se passe dans l’Amérique de Trump ne tardera pas à « arriver chez nous » prévient le candidat. Et de remettre sur la table, les valeurs du Printemps marseillais. « On ne vous vend pas du rêve, le chantier a commencé il y a 6 ans, c’est toute une démarche que nous défendons, la reconstruction du lien démocratique qui nous lie à toute la population, c’est fini les réseaux ! », assure-t-il. Il martèle : « Nous avons dit ce que nous allions faire et on a fait ce qu’on a dit. » Parce qu’il reste trois jours jusqu’à dimanche, « y a-t-il encore une place au doute ? », interroge le candidat du Printemps marseillais, insistant lourdement sur l’utilité d’un seul bulletin de « presque » toute la gauche unie. Il assène : « Nous sommes au pied du mur. »

  • Les propositions de la gauche pour conquérir la mairie de Castelnau-le-Lez

    Les propositions de la gauche pour conquérir la mairie de Castelnau-le-Lez

    Dirigée par la droite depuis 43 ans, Castelnau-le-Lez peut-elle enfin rebasculer à gauche ? Face aux trois listes de droite (celles du maire sortant Frédéric Lafforgue, de son ex-adjoint Julien Miro et de Jean-François Vendrell), deux répondent par l’affirmative : « Ici et ensemble » de l’écologiste Richard Corvaisier et « Réinventer Castelnau-le-Lez » de la socialiste Najate Haie.

    Celle-ci a refusé l’union jusqu’au bout avec R. Corvaisier qui a fait le choix, en plus du PCF ou de Génération.s, de s’allier avec les Insoumis. Rédhibitoire pour N. Haie. « Dommage » car leurs idées semblent souvent compatibles. Dans la 5e ville de l’Hérault qui connaît une fulgurance démographique (26 058 habitants en 2023 et 28 678 estimés à ce jour par l’Insee), la gauche veut stopper l’urbanisation galopante et incontrôlée.

    R. Corvaisier fait deux promesses. La première : préserver les acteurs de la filière agricole et leurs terres. Conséquence : avec lui, la clinique du Parc n’ira pas à Sablassou. « On propose une étude d’aménagement autour du lycée Pompidou qui a un arrêt de tramway et la route métropolitaine à côté ». Second engagement : réclamer à la Métropole la modification du Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui) pour rehausser les exigences de logements sociaux. Pour atténuer la flambée des loyers dans une commune où le revenu moyen plafonne à 25 160 annuels, l’écologiste promet aussi la transformation d’actuels logements en habitats sociaux et l’encadrement des loyers.

    La clinique à Pompidou

    Soutenue outre le PS par Place publique, Génération Écologie, GRS ou le Parti animaliste, N. Haie se satisfait du Plui qui « sauvegarde les deux tiers des terres agricoles ». Elle milite aussi pour la clinique à Pompidou et déplore un manque de stratégie. « Tout est vendu aux promoteurs, il y a des malfaçons, le quartier Eurêka n’a pas d’école et peu de services ». Plutôt que l’étalement urbain, la socialiste souhaite « reconstruire la ville en hauteur ». Dans une ville qui ne respecte pas encore la loi SRU (20% d’habitat social au lieu de 25%), elle veut aussi développer le Bail réel solidaire pour permettre aux jeunes de devenir propriétaires.

    Entrée Est de Montpellier, Castelnau est embouteillée en dépit du tramway. Pour desservir les nouveaux quartiers excentrés, N. Haie propose une « navette électrique ». Elle veut revoir le plan des mobilités avec la Métropole. Notamment passer en sens unique l’avenue centrale J. Jaurès ou sécuriser le passage à niveau n°39. Même logique chez R. Corvaisier (avenues Jaurès et du jeu de mail en sens unique) qui veut « détourner le flux de transit » vers la route métropolitaine 65. Il prévoit des navettes scolaires et des parkings de covoiturage pour « des alternatives à l’autosolisme ».

    Pour créer de l’emploi pour lutter contre le chômage (7,9%), R. Corvaisier veut instaurer une « régie agricole » ainsi qu’une « cuisine communale » en plus de recrutements pour le soutien scolaire ou la tranquillité publique (médiateurs). N. Haie promet « la fermeture des commerces louches » et le doublement des dotations scolaires par élève.

  • À Avignon, David Fournier joue la rengaine du vote utile

    À Avignon, David Fournier joue la rengaine du vote utile

    À quatre jours d’un premier tour plus incertain que jamais, David Fournier (PS) et ses soutiens jettent leurs dernières forces dans la bataille. Illustration, ce mercredi soir, par une ultime réunion publique dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville. Avec comme principal enjeu : arriver largement en tête de la gauche pour s’éviter des nœuds à la tête au soir du 1er tour en vue ou pas d’un éventuel rapprochement avec Mathilde Louvain (LFI). Adjoint au maire sortant, David Fournier conduit une liste, ayant le soutien des principaux partis de gauche, hors PCF et Génération.s, appuyant Mathilde Louvain.

    Parmi les présents, la venue remarquée de Joël Guin, maire (DVD) de Vedène et surtout président du Grand Avignon. « Je souhaite que David gagne », glisse-t-il, se disant déjà prêt à s’opposer à la présidence d’Olivier Galzi (DVD) qui s’il est élu maire d’Avignon souhaite aussi prendre les rênes de l’agglo. Un appui local qui tranche avec les soutiens nationaux qui ont défilé ces dernières semaines. Et ce mercredi soir encore, avec Raphaël Glucksmann (Place publique), qui dans un message vidéo, a appelé à voter David Fournier.

    Social et solidarité en étendards

    Question vote justement, « les élections ne seront pas une formalité », sait bien David Fournier. D’où les appels successifs au « vote utile ». Dans la foulée, vendredi dernier, du militant écologiste et antinarcotrafic, Amine Kessaci, Amin Mbarki, numéro 3 du PS et Cécile Helle ont claironné « le vote utile, dès le premier, c’est nous », insiste la maire, chaudement ovationnée. « Nous n’avons pas de leçon à recevoir dans le combat contre le fascisme, en 2014 et en 2020, c’est nous qui avons battu l’extrême droite », rappelle-t-elle. « Toute dispersion au 1er tour sera en faveur de la droite et de l’extrême droite », prévient Amin Mbarki tout en louant les qualités de fin connaisseur de terrain de David Fournier, « quelqu’un dans l’hyper proximité, pas vu à la TV ».

    Le procès en « imposture » avignonnaise s’est poursuivi à l’encontre d’Olivier Galzi (DVD). « Quand on aime sa ville, on y vit pleinement », glisse Cécile Helle. « Olivier Galzi est un candidat hautain, parachuté, c’est le Pascal Praud de la campagne », tance David Fournier. Le candidat de la majorité sortante veut s’inscrire dans la lignée des maires avignonnais de gauche. Il se pose en véritable acteur social de la campagne, regrettant que la solidarité soit un impensé des autres programmes. « Pour les plus fragiles, nous avons un devoir impérieux de victoire », enjoint-il. « Un printemps humain de proximité arrive », conclut-il, extatique.