Tag: Gardanne

  • Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    « Nous le montrons au quotidien dans les Bouches-du-Rhône : nous n’avons pas besoin de patrons pour faire tourner nos usines ! » Ce vendredi, sous les cheminées de la centrale thermique de Gardanne et devant plus de 500 militants venus des Alpes au Vaucluse en passant par Arles ou Istres, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, n’a cessé de louer « la pertinence de la gestion ouvrière ».

    Une gestion qui prend tout sens à l’occasion du « meeting de victoire » qui venait fêter « la réussite emblématique » des travailleurs du site. « Cette victoire est magnifique, elle a été arrachée grâce à votre détermination : 7 ans de lutte, de grève, de manifestations, d’ascenseurs émotionnels, de travail sur les dossiers, de gouvernements qui disparaissent avant des signatures promises », lance Sophie Binet, aux côtés du secrétaire général de la fédération Mines-Énergie, Fabrice Coudour, et l’adjoint de celle des Ports et docks, Serge Coutouris. Une victoire symbolisée par la réembauche progressive de travailleurs licenciés lors du dernier plan de licenciement sur le site, via une société créée par les salariés (voir ci-dessous). Et en vue « de la mise en œuvre concrète du projet BioMéthane Provence, porté et développé par les travailleurs et la CGT », comme le rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT de la centrale de Gardanne. Un projet « novateur de production de biogaz et de biocharbon à base de bois en fin de vie ».

    Autant dire que depuis la fin du charbon, les salariés reviennent de loin. « C’est une victoire emblématique sur tous les aspects. Elle montre ce qu’il faut faire pour réindustrialiser le pays. Nous voulons reprendre le pouvoir dans les entreprises et votre lutte en montre le chemin », martèle Sophie Binet. De quoi mettre en avant une proposition phare de la CGT : « Le maintien des emplois pour décarboner l’industrie passe par un moratoire sur les plans de licenciement. » Et d’appeler à refuser « l’opposition mortifère entre le social et l’environnemental ».

    L’histoire industrielle du bassin minier se poursuit

    Elle vante surtout « une grande victoire de plus dans les Bouches-du-Rhône, un département précurseur, le département des 1336, des CPMM [Coopérative de presse et de messagerie Méditerranéenne, Ndlr.] ». Cette dernière, coopérative née sur les cendres de l’ex-Sad, filiale de la messagerie de presse Presstalis à Marseille liquidée judiciairement, fête d’ailleurs son 5e anniversaire, jour pour jour. « Nous n’avons rien inventé », reconnaît Jean-Michel Roccasalva. Pas d’invention peut-être, mais beaucoup de détermination. « Il était hors de question de perdre nos emplois, notre statut des Industries électriques et gazières, un statut pionnier mis en l’œuvre à l’après-guerre, par Marcel Paul et Ambroise Croizat [ministres communistes, Ndlr.] », insiste le secrétaire général. Car les embauches se font bien à ce statut si cher aux énergéticiens. « C’est avant tout la victoire des travailleurs. On a un bijou entre les mains, il faut en tirer le meilleur », abonde le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Marina Mesure, députée européenne insoumise était également présente.

    Ce rapport à l’histoire a sans doute nourri la réflexion collective pour l’avenir industriel de tout un territoire. « J’ai connu le départ des mineurs, le plan de départs de 2013, le plan de licenciement de 2020. Aujourd’hui, les copains licenciés ont retrouvé un emploi. Aujourd’hui, on montre que nos idées se concrétisent », explique, entre fierté et soulagement, Joël Capra, salarié de la centrale depuis bientôt 26 ans. « L’industrie dans le département n’appartient pas au passé. Nous avons besoin d’activités tournées vers l’avenir », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. Un avenir qui s’écrit à partir de ce « vendredi 13 qui restera dans les annales », conclut Sophie Binet.

    Historique et avenir

    7 décembre 2018 : fin du charbon et début de la lutte

    La date du 7 décembre 2018 marque le début de la lutte des salariés de la centrale de Gardanne. Ils commencent une grève reconductible en réponse au refus d’un moratoire sur l’arrêt du charbon par le gouvernement. Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, repreneur de la centrale, lancera plus tard un plan de licenciement.

    Octobre 2020 : création de l’Association des Travailleurs

    Les salariés et la CGT lancent l’Association des Travailleurs de la Centrale de Gardanne. « En quelques semaines, il y a une énorme solidarité financière qui permet le

    financement de deux études de faisabilité pour notre projet », développe Jean-Michel Roccasalva.

    12 octobre 2021 : mise sous protection du site

    Face au blocage du dossier, les travailleurs enclenchent la « reprise en main de l’outil de travail » et mettent « le site sous protection ». Concrètement, l’usine est sous leur contrôle et un bras de fer inédit s’enclenche avec GazelEnergie.

    20 avril 2023 : déplacement de Sophie Binet

    Les dispositifs d’accompagnement des salariés dans le cadre des licenciements, en lien avec la fin du charbon, prennent bientôt fin. Sophie Binet fait son premier déplacement sur site. « Nous gagnons ensuite le prolongement des dispositifs », se félicite Jean-Michel Roccasalva.

    31 juillet 2025 : accord inédit

    Un accord est arraché avec GazelEnergie et l’État pour le lancement concret du projet des salariés, BioMéthane Provence. La création d’une société est actée en ce sens et va permettre l’embauche des salariés licenciés. L’Association des Travailleurs y est présente.

    26 novembre 2025 : premières embauches

    Les 3 premiers contrats de la société, créée par les salariés et leur association, sont signés. Au total, 14 travailleurs licenciés le sont à cette date. 9 autres vont l’être en 2026.

    2026-2028 : permis et construction

    Les salariés prévoient le dépôt du permis de construire et permis d’exploiter à l’été, pour un démarrage des travaux en 2027. S’ensuit un an et demi de construction prévue, puis 6 mois de tests. Le démarrage de la phase commerciale est dans le viseur pour 2028.

  • [Entretien] Sophie Binet : « La lutte des salariés de la centrale est exemplaire »

    [Entretien] Sophie Binet : « La lutte des salariés de la centrale est exemplaire »

    La Marseillaise : Pourquoi faire un « meeting de victoire » à la centrale de Gardanne ?

    Sophie Binet : Mon premier déplacement en tant que secrétaire générale était à Gardanne, pour une grande initiative dans le cadre de la mobilisation des travailleurs. Évidemment qu’il fallait que je sois à nouveau présente. C’est une magnifique lutte, une magnifique victoire après 10 ans de combat. Alors qu’il y avait une fermeture sèche et violente mise en place par le gouvernement, sans reconversion du site prévue, on a réussi à maintenir tous les salariés, qui reprennent une production, qui sont réembauchés. C’est un exemple de ce qui devrait être généralisé pour organiser la transformation environnementale des entreprises. Un exemple de ce qui doit être fait pour éviter le chantage entre l’emploi et l’environnement. En face de nous, les théories libérales classiques disent « destruction créatrice ». Elles disent que des usines ferment, mais que d’autres se créent et que donc tout va bien. Mais ça ne concerne pas les mêmes travailleurs, ce ne sont pas les mêmes types d’emplois qui sont créés quand on en supprime. On ferme des usines dans le périurbain, dans les zones rurales, avec des territoires sinistrés par ces fermetures, et l’on recrée des emplois dans les métropoles. Des emplois qui ne sont pas du même type : plus précaires, avec des salaires plus faibles, dans le tertiaire, la logistique ou des entrepôts… D’où ce que porte la CGT : une sécurité sociale professionnelle environnementale. Avec la création de fonds mutualisés au niveau des branches, dans les secteurs qui doivent être transformés, en vue de faire évoluer l’outil de production et former les ouvriers, pour les réembaucher. On le voit dans l’automobile : passer du thermique à l’électrique est un prétexte pour amplifier les délocalisations. La question environnementale est un prétexte pour optimiser les coûts et supprimer des emplois. Ces pratiques patronales conduisent à obliger les ouvriers à faire un choix entre l’environnement et l’emploi. Ce choix est délétère.

    Face aux politiques libérales
    des gouvernements successifs,
    la réappropriation des outils de travail par les salariés s’impose
     ?

    S.B. : Cette lutte, si elle est victorieuse, c’est parce que les ouvriers ont pris les choses en main. Ils se sont approprié les enjeux de gestion, comme pour 1336 et Scop-ti. Ce sont eux qui ont organisé les études économiques, ont construit le projet, sont allés chercher les industriels et les fonds pour le faire aboutir. Nous avons tout fait. Il a fallu des années, un rapport de force énorme et un savoir-faire militant incroyable. Tout cela était possible car la CGT est forte dans l’usine, forte chez les portuaires et dockers qui étaient solidaires, forte sur le territoire qui s’est entièrement mobilisé pour la centrale de Gardanne. En bref, un syndicat fort, des fédérations fortes, celles de l’Énergie et des Ports, et une Union départementale qui est l’une des plus grosses de la CGT. Tout cela s’est cumulé pour une réussite, mais malgré ce contexte, ça a duré dix ans. Et tout le monde n’a pas ce savoir-faire, ce rapport de force. Il y a peu d’endroits où on aurait pu avoir une telle victoire. Gardanne montre qu’il n’est plus possible que les salariés soient les passagers clandestins des stratégies des entreprises. Nous devons avoir des droits d’interventions sur les orientations, pouvoir siéger dans les tribunaux de commerce, avoir accès aux données, aux financements. Cela nécessite des outils législatifs et financiers. Dans banque publique d’investissement, il y a le mot « public ». Elle ne peut pas être une banque qui impose des taux de rentabilité à deux chiffres, qui refuse de financer les Scops.

    Vous plaidez pour la nationalisation d’Arcelor et de Fibre Excellence. Est-ce une question de survie pour les filières respectives ?

    S.B. : C’est une question des instruments de l’État pour intervenir sur l’économie. La période montre qu’avoir comme seule politique industrielle celle du chèque en blanc aux fonds et aux multinationales conduit au désastre que l’on connaît. Cela marche encore moins quand on est confronté à des enjeux nouveaux, dont celui de la décarbonation. Elle ne fonctionne qu’avec la planification. Si on continue à être les béni-oui-oui de la mondialisation, on va voir les usines partir les unes après les autres les bras croisés. L’Italie et la Grande-Bretagne, pour sauvegarder leur acier, ont actionné des clauses qui se rapprochent de la nationalisation. La France est un des seuls pays à ne pas avoir de stratégie d’intervention. On a besoin de protéger nos secteurs stratégiques. S’ils sont renvoyés aux logiques de marchés et qu’on laisse faire, Mittal continuera de transférer les compétences et les qualifications vers l’Inde et le Brésil, puis il fermera les sites en Europe, pour faire primer une logique de coût.

    Vous avez adressé une lettre aux candidats aux élections municipales, hors RN. Quel message envoyez-vous aux travailleurs à l’approche du scrutin, particulièrement dans la région, où la menace brune plane ?

    S.B. : J’envoie deux messages. Le premier, c’est que les municipales sont importantes pour notre quotidien, elles nous concernent tous. Il faut donc aller voter. Ce sont les maires qui ont la main sur les politiques du logement, qui peuvent permettre à tous de se loger sans y laisser un salaire. Ils ont la main sur les politiques de transport pour les décarboner. Ce sont aussi eux qui peuvent mettre en place la prise en charge des personnes dépendantes, notamment dans la petite-enfance, pour que les femmes puissent travailler tout en ayant des enfants ou éviter le développement du privé lucratif. Le deuxième, c’est que l’extrême droite est la pire ennemie des travailleurs. Sur ses promesses sécuritaires déjà, dans les communes qu’elle gère, le bilan montre qu’il n’y a pas d’avancées dans la lutte contre la délinquance. L’extrême droite ne la fait pas reculer : À Perpignan, la délinquance a augmenté. Et sur le social, c’est moins de services publics, une mise en opposition des travailleurs avec des politiques racistes, discriminantes, xénophobes. C’est aussi des politiques sexistes contre les femmes : on se souvient de l’affichage fait à Béziers qui légitimait les violences contre les femmes. Ne laissons pas l’extrême droite rentrer dans nos mairies.

  • À Gardanne, la gauche met le cap sur la solidarité

    À Gardanne, la gauche met le cap sur la solidarité

    « Nous devons lutter contre l’immobilisme », encourage Jean-Marc La Piana. à Gardanne, le candidat, qui porte la liste « Ensemble, changeons de cap », née d’une union des forces de gauche et écologistes, a tenu son premier meeting de campagne, mercredi soir, en mairie annexe de Biver. Un lieu de « choix. Biver, ce n’est pas une annexe, c’est bien plus que ça, c’est un quartier, c’est même un village ». C’est d’ailleurs ici que devrait être créé, dès le premier conseil municipal, un conseil de quartier.

    Au terme de « six mois de travail » et réunions pour construire un programme, le candidat a pu présenter les grandes lignes de son projet. Il a formulé les premières promesses de campagne. Les colistiers les plus proches ont également été dévoilés. Parmi eux, des visages familiers, issus du Collectif Citoyen Gardanne Biver (CCGB) et de L’avenir nous appartient, groupe d’opposition qu’il mène, réunis désormais dans une même campagne. De nouveaux noms figurent aussi sur la liste. D’un enseignant à un policier municipal retraité, la liste se veut « représentative de nos quartiers, de notre diversité », estime Sylvia Caramanna, coprésidente du comité de campagne.

    Écologie, éducation…

    Chacun des colistiers venus au pupitre a présenté un pilier du programme. Terry Morrant, l’un des plus jeunes membres de la liste, promet « du concret, car une ville attractive ne s’improvise pas », avec marché de producteurs le samedi matin, pour redonner « vie au cœur du quartier ». Côté solidarité, Amélie Barbey (PCF) annonce la mise en place d’une « mutuelle municipale, dispositif qui va permettre d’accéder à une santé complémentaire à des tarifs négociés ». Elle souhaite également « repérer les spécialités manquantes et attirer les professionnels dans les locaux communaux en échange de l’application du tiers payant ». La question du handicap et la concertation avec les associations pour développer de nouveaux projets figurent aussi au programme. « L’inclusion est une intention et des moyens mis à son service », lance Amélie Barbey.

    Un large volet écologique compose aussi le programme. Laurent Deshaies (EELV) promet un « vrai plan de rénovation de la voirie, quartier par quartier ». Avec surtout, d’ici 2028, la fermeture totale et définitive de la décharge de la Malespine. Pour la sécurité des Gardannais, Mohamed Abdellaoui, ancien policier municipal, plaide pour « une police de proximité (…) et la création d’une véritable brigade de l’environnement ».

    Puis Kafia Bensadi, engagée en 2020 aux côtés du maire sortant Hervé Granier, avant de rejoindre l’opposition « parce qu’il n’y a rien de pire que de s’engager et voir jour après jour que les engagements sont reniés », présente l’éducation comme l’une des priorités du mandat : « Nous engagerons le Plan École 2030. »

    Marion Robert a abordé ensuite la gestion des finances municipales. Il s’agit d’abord de « regarder la réalité en face. Nous allons changer de méthode, nous engager dans une ligne transparente et responsable. Nous mettrons fin aux pratiques douteuses et irrégulières qui gaspillent l’argent public ». Non sans citer notamment le fiasco de la Smart City et le récent rapport de la Chambre régionale des comptes.

    Dernier à prendre la parole, Jean-Marc La Piana promet : « Dans cette ville, chaque habitant sera respecté, écouté, considéré. Le mépris et l’abandon c’est fini (…). L’humain sera placé au-delà des logiques financières. »

  • [Entretien] Jean-Marc La Piana : à Gardanne, « notre mode de gestion sera participatif »

    [Entretien] Jean-Marc La Piana : à Gardanne, « notre mode de gestion sera participatif »

    La Marseillaise : Comment va se dérouler votre premier meeting ?

    Jean-Marc La Pania : En première partie, on aura la présentation des colistiers, puis quelques personnes vont présenter une partie du programme. Il a été travaillé par un collectif qui compte entre 30 et 50 personnes pendant six mois. Ils feront un éclairage sur des points choisis. Moi, je conclurai sur la stratégie de travail qu’on veut adopter une fois élus.

    Vous défendez une « autre manière de faire » et une « rupture dans la forme et dans le fond ». Pouvez-vous préciser cette idée ?

    J.-M.L. : Ce qu’on reproche à la municipalité actuelle, c’est le manque de concertation. Des choses sont décidées à l’emporte-pièce et on voit le résultat… Notre mode de gestion sera participatif avec des conseils de quartiers. Des conseils aussi pour les grands axes qu’une ville doit développer : sécurité, éducation, santé et, bien entendu, bon usage de l’argent public. C’est ce qui va permettre d’améliorer notre vie politique.

    Vous parliez d’un manque de concertation. C’est un des principaux reproches que vous faites au maire sortant Hervé Granier (LR) ?

    J.-M.L. : Oui, en tant qu’opposition, on reproche cela à M. Granier. On a bien vu comment la ville a été gérée pendant cinq ans et demi, avec peu de concertation et peu de réflexion. Des projets ont été lancés et sont aujourd’hui suspendus, pour lesquels il y a des procès, comme la smart city. On reproche un manque de reflexion, comme avec le centre aéré à 13 millions d’euros dans un endroit mal adapté. Il a beau dire qu’il a été mal conseillé au début, mais aujourd’hui, il continue de commettre le même type d’erreur.

    Ce que vous entendez par « changer de méthode », c’est revoir la politique de la ville ?

    J.-M.L. : Oui. On voit bien que les services publics sont altérés, car il y a une mauvaise gestion des employés municipaux. Aujourd’hui, ce sont eux qui font le service public, et vu la mauvaise gestion et la mauvaise ambiance qui existent dans ce cadre, on est loin du compte.

    Comment avez-vous construit votre liste ?

    J.-M.L. : On a travaillé pendant plus de six mois sur le projet. On a retenu ceux qui se sont manifestés pour le mener à bien une fois élus. Ils ont été choisis en fonction de leurs capacités, soit professionnelles, soit plutôt d’ordre « populaire », car certains ont une grande proximité avec la population. J’ai essayé de faire une liste qui soit la plus large possible pour faire en sorte que tout le monde puisse être entendu. Elle regroupe des personnes qui ont envie que cette ville progresse et qu’elle aille dans le sens de l’avenir, aussi bien au niveau écologique que de la transformation énergétique.

    18h30 à la mairie annexe de Biver, place de Biver, à Gardanne.

  • Mobilisation devant le collège Gabriel-Péri

    Mobilisation devant le collège Gabriel-Péri

    Dès 7h devant le collège Gabriel-Péri, une vingtaine de parents d’élèves se sont mobilisés ce vendredi. La raison : l’absence régulière, et non remplacée, d’une professeure de français, précisent les parents d’élèves. « Sur l’académie, il faut avoir trois semaines d’arrêt complet pour avoir un remplacement, donc nos élèves se retrouvent sans cours », rapporte une mère parmi l’Association de parents d’élèves, à l’appel de l’action. Sa fille, est en 5e. Cette mère estime que la situation ne s’arrête pas seulement à cette enseignante. Il serait question d’une professeure de sport absente pendant trois mois, « qui vient seulement d’être remplacée ».

    « On nous dit qu’il n’y a plus de subventions, plus d’argent, plus de contractuels. Mais pour nos enfants, qui perdent des heures de cours ? poursuit cette parent d’élève. On demande à ce que dans ces cas-là il y ait au moins un doublon. » De son côté, le rectorat assure que « la situation est déjà prise en charge par les services académiques. Une enseignante titulaire remplaçante sera en poste à compter de la semaine prochaine ».

  • Hervé Granier, maire sortant, présente la totalité de sa liste et son programme

    Hervé Granier, maire sortant, présente la totalité de sa liste et son programme

    Il y a exactement 6 ans et 1 jour, c’était le 4 février 2020, je présentais ici même dans cette salle le programme et l’équipe qui allait m’accompagner », lance Hervé Granier, maire sortant de Gardanne et candidat à sa réélection.

    Ce jeudi soir, le candidat encarté LR mais à la tête d’une liste sans étiquette, a présenté face à « 450-500 personnes » la liste de ses colistiers, une « équipe est composée de femmes et d’hommes de tous âges, de tous horizons, de toutes catégories socioprofessionnelles, de toutes croyances, d’opinions politiques ou religieuses parfois différentes ». Parmi les 10 premiers colistiers, les noms familiers de Sandrine Zunino-Ghougassian actuelle adjointe aux finances, Antonio Mujica, actuel premier adjoint, Arnaud Mazille – Hagobian, actuel adjoint à la culture et Alain Giusti, actuel adjoint à l’urbanisme. Les noms de Claire Campodonico, Alexandra Bessi, Vincent Randazzo, Sophie Cucchi Gilas et Magali Scelles apparaissent publiquement pour la première fois dans l’entourage politique de Hervé Granier. « Quoi qu’il arrive, nous terminerons cette campagne avec la même équipe qui vous est présentée ce soir parce que jamais, nous ne nous allierons et ne fusionnerons avec aucune liste ni avec aucun de mes adversaires », martèle néanmoins Hervé Granier. Et de balayer les grandes lignes de son programme, avec comme cheval de bataille la sécurité, et une promesse : en 2027, « la cause municipale sera la lutte contre le harcèlement scolaire », annonce-t-il, notamment.

  • Hervé Granier défend une croissance « maîtrisée » à Gardanne

    Hervé Granier défend une croissance « maîtrisée » à Gardanne

    Période électorale oblige, le maire sortant et candidat à sa réélection, ne fera pas le bilan de ces dernières années de mandat. « Sachez que nous continuerons à nous investir jusqu’au dernier jour et jusqu’à la dernière heure de mon mandat », promettait Hervé Granier (LR), ce samedi en halle Léo Ferré. Après les hommages, l’heure aura donc été davantage au constat. Sur le plan national, entre autres. À l’échelle locale, le premier magistrat partage celui d’un territoire en croissance. Certes, « la population a évolué ces dernières années (…) nous accueillons à bras ouverts les nouveaux habitants, mais tout en respectant l’âme de notre commune », estime Hervé Granier.

    Un conflit, pour finir

    Il poursuit : « Les afflux trop importants de population dérèglent les fonctionnements et c’est pour cela que j’y suis opposé. De nouveaux habitants, de manière maîtrisée, c’est aussi faire face à la demande pour de nouveaux équipements (…) Prévoir, anticiper, équiper en parallèle notre commune et répondre aux besoins, je dis oui… car on peut très bien grandir sans le traumatisme de barres d’immeubles défigurant notre commune ». Des vœux, qui pourtant se concluront par une passe d’armes. Après cérémonie, le maire relate, sur sa page de campagne, qu’au moment ou « l’ensemble des élus » montaient sur scène pour l’hymne national, « Monsieur La Piana, candidat aux prochaines élections municipales avec ses amis de l’extrême gauche et de la France insoumise, ont décidé de descendre de la scène ». Un geste expliqué par le Collectif Citoyen Gardanne Biver, inclus dans l’union de gauche de Jean-Marc La Piana : le refus d’être sur scène aux côtés d’élus d’extrême droite : José Gonzalez (député RN) et Stéphane Ravier (sénateur RN). « N’ayant rien à partager avec ces personnages, les élus sont descendus de la scène », conclut le collectif.

  • Une sensibilisation à la sécurité dans les lieux publics à Gardanne

    Une sensibilisation à la sécurité dans les lieux publics à Gardanne

    Questionnaire sous le bras, stylo en main, direction le Puits Moranda ce mardi pour Franck Richard, directeur de la prévention, sécurité et tranquillité publique et Lionel Biaggi, signataire des commissions sécurité, employé au service sécurité de la Ville. Ce matin, ces agents sont en charge de poursuivre la tournée dans les établissements dits de cinquième catégorie de la commune, soit en capacité d’accueillir moins de 200 personnes. Une mesure actée par la municipalité, à la suite d’un courrier adressé aux communes par le cabinet du Préfet qui appelait à une « vigilance renouvelée en matière de prévention des risques d’incendie » dans les établissements recevant du public, après le drame de Cres-Montana, qui a fait 40 morts et de nombreux blessés graves. « On n’oblige à rien, on vient, on constate… On a fait le choix de les accompagner. C’est beaucoup mieux, déjà parce que la réglementation est compliquée », explique Lionel Biaggi. « Dès le premier jour, on se rend compte que la démarche était nécessaire, constate Franck Richard. Mais à chaque fois l’accueil est parfait. On sent une volonté des gérants pour faire les choses bien. Le but n’est pas de les paniquer, mais il faut montrer qu’on ne peut pas laisser tout faire. Si c’est de la sensibilisation, il faut que ça reste pris au sérieux. »

    Sensibilisation seulement

    Chez Pia, premier arrêt de la matinée, extincteurs, issues de secours, compteurs électriques, portes coupe-feu et autres dispositifs sont vérifiés un à un. Petit à petit, les cases d’un questionnaire préalable confectionné par les services de prévention sont cochées. « J’avais déjà eu une première visite de courtoisie vendredi dernier, rapporte Pierre, gérant du lieu. Le sujet est important, je trouve que ces contrôles sont indispensables pour les cinquièmes catégories et honnêtement, j’ai apprécié l’approche. » Aucune obligation n’est imposée à l’issue des visites. Il appartient ensuite aux gérants des lieux de décider d’engager d’éventuelles modifications ou travaux. Floqué de l’insigne Police municipale, Franck Richard est forcé de rappeler, chez JeanJean cette fois-ci : « On est dans une l’idée d’échanger avec vous sur des règles de sécurité, voir des choses que vous ne savez pas, des choses que vous savez mais que vous ne faites pas bien… À la sortie, il n’y a pas de fermeture, c’est un accompagnement. Ce n’est pas une punition. » « C’est intéressant on apprend des choses qu’on ne connaît pas forcément. On n’y connaît rien. Quand on a ouvert, on a fait appel à des sociétés normalement spécialisées là-dedans, qui auraient dû nous dire tout cela. On ne sait pas, où mettre les extincteurs, etc. », explique l’un des associés du bar. « C’est intéressant, ça nous permet d’avoir du recul, et en tant que salariés d’être rassurés. Avec ce qu’il s’est passé, on a tous pris une claque et espéré que chez nous, ce ne soit pas pareil », conclut une salariée chez JeanJean. Plus qu’une soixantaine d’établissements à faire…

  • La Plateforme, à Gardanne, réunit sous un même toit culture et services

    La Plateforme, à Gardanne, réunit sous un même toit culture et services

    La livraison du chantier était l’un des objectifs de mandat du maire sortant. Dans ces anciens locaux d’Enedis, par ailleurs acquis par l’ancienne majorité, est désormais installé tout un espace d’arts et « de découvertes ». Le long de l’avenue de Nice, une bâtisse remodelée, modernisée, aux allures boisées et vitrée accueille désormais les élèves de l’École de musique et d’arts plastiques, des salles de répétitions et une salle de gaming, imaginée par l’élu municipal Vincent Bouteille. Dans les étages supérieurs sont aussi installés des services communaux parmi lesquels la Mission locale du Pays d’Aix, le Centre d’information et d’orientation et l’Accueil jeunes.

    Ce samedi, une foule compacte s’est engouffrée dans l’une des salles dédiée aux répétitions de musiques, baptisée Charles-Aznavour : ce jour, l’École de musique et d’arts plastiques est inaugurée. Un espace pédagogique, sera lui, nommé après Alain-Puech, ancien directeur de l’École d’arts.

    Un « bien commun »

    « Ce lieu est porteur d’ambition et de projets artistiques. Il va permettre aux équipes pédagogiques de réaliser sans contrainte et dans le plus grand confort des ateliers, des représentations et des expositions de qualité », présente Hervé Granier, maire (LR) avant de poursuivre : « Cet établissement n’est pas seulement un bâtiment communal qui accueille des activités, il est aussi un lieu d’apprentissage, d’échanges, de partage et de réalisation. Nous avons imaginé, lors de sa conception un lieu moderne, attractif, à portée des familles et innovant, un lieu d’expression et de partage au service de la vie culturelle locale. L’école de musique et d’arts est désormais un bien commun. Ici on ne parle pas de politique, de religion ou de choses qui fâchent. Ici, on rêve, on ambitionne, on projette. »

    Si le ruban a été coupé ce samedi, le lieu vit depuis le 12 janvier. Dans l’une des salles au rez-de-chaussée, le club de gravure vaque déjà à ses occupations. Parmi les occupants, le constat est unanime. « Mieux ici ? Il n’y a pas photo ! Autrefois, dans le centre, nos locaux n’étaient pas adaptés », lâche Jaqueline. « Avant, nous avions nos locaux boulevard Carnot, en centre-ville dans un vieux bâtiment rénové en 1983. Les locaux étaient au départ conçus pour 150, 180 élèves alors que là, nous sommes 320 sur l’École de musique et 220 sur l’École d’arts, soit plus de 500 élèves, précise Paul Giancaterina, directeur de l’École d’arts plastiques et de musique. Ce lieu va être appelé à vivre, un vendredi soir, un samedi soir, avec les concerts, une audition de classe… » Au total, le coût du projet s’élève à 4,32 millions d’euros hors taxes, incluant 1,9 million d’euros, hors taxes également.

  • Municipales : à Gardanne, le PCF mise sur l’espoir

    Municipales : à Gardanne, le PCF mise sur l’espoir

    A contrario de vœux 2025 rapportés comme « anxiogènes » pour certains, c’est autour d’un bilan des victoires que s’est construit le discours de bonne année de la section locale du PCF. « Ce ne sera donc que des bonnes nouvelles », a lancé Amélie Barbey, secrétaire de section, face au groupe de militants, soutiens de gauche, cégétistes et composantes du Collectif Citoyen Gardanne Biver (CCGB) rassemblés ce samedi soir dans le local du parti, cours Forbin. Parmi eux, Marina Mesure, députée européenne LFI, Gérard Frau, conseiller départemental, Dylan Zeitoun, représentant départemental du PCF…

    « Nous avons eu l’incarcération de Nicolas Sarkozy, l’inéligibilité de Marine Le Pen -même si cela ne nous protège pas de grand chose- mais surtout, la victoire des travailleurs [de la Centrale], qui ont réussi à faire réembaucher les licenciés. Il faut en parler autour de nous !, poursuit Amélie Barbey. Ce n’est pas juste un combat pour l’emploi, mais aussi pour produire chez nous. » Alors si l’année a débuté sur « les délires criminels de Trump », sur des mobilisations en Iran violemment réprimées mais « qui pourraient marcher si on ne leur confisque pas leur révolution », l’avenir, selon le PCF, se dessine avec espoir. Au niveau national déjà : « En 2026, on n’est pas encore en 2027 ! », résume Amélie Barbey, mais au niveau local aussi. « En 2026, on va pouvoir présenter des listes de rassemblement à gauche dans les communes de Mimet, Simiane, Gardanne, Bouc-Bel-Air et Meyreuil, on verra… À Gardanne, on a rassemblé Place publique, le PS, le PCF, les Écologistes et LFI. Cinq partis : on est fiers d’avoir réussi là où tout le monde ne l’a pas fait et on tient à ce que tous soit mentionnés », poursuit la militante.

    Puis il y aura eu un long hommage à l’engagement de Claude Jorda, qui « passe la main ». « Je tire ma révérence mais je serai toujours là. À mon âge, il faut savoir passer le relais. On se bat pour la retraite à 60 ans mais pour s’accrocher à des postes ? Autour de nous, on ne voit que ça. Si je m’arrête c’est parce que je suis honnête avec moi-même », annonce Claude Jorda. Avec émotion.