Tag: Gardanne

  • À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    Pour cet entre-deux-tours, le candidat à la mairie de Gardanne Jean-Marc La Piana (DVG), a décidé d’aller à la rencontre des 43,76% de Gardannais qui ne se sont pas déplacés pour voter lors du premier tour des élections municipales. Arrivé en deuxième position avec 36,48% des suffrages, il affrontera au second tour le maire sortant Hervé Granier (LR), qui a obtenu 43,56% des voix et Bruno Priouret (RN), qui a recueilli 19,96% des suffrages. Pour tenter de renverser la dynamique, le candidat de gauche a choisi de concentrer ses efforts sur les abstentionnistes. « Pour nous, c’est important de mobiliser les électeurs qui se sont abstenus, que ce soit par colère ou résignation, affirme Jean-Marc La Piana. Leur voix compte, il faut qu’ils la fassent entendre. »

    Une campagne de proximité

    Depuis le début de la semaine, lui et son équipe de campagne multiplient les initiatives pour aller au contact des habitants. Porte-à-porte dans les différents quartiers, distribution de tracts et présence renforcée sur les réseaux sociaux : l’objectif est de recréer un lien direct avec les électeurs et de les convaincre de participer au second tour. Pour Jean-Marc La Piana, la proximité reste l’essence même d’une élection municipale. « C’est l’élection la plus belle parce que c’est celle où l’on parle directement aux habitants de leur quotidien », estime-t-il. Le candidat se dit d’ailleurs encouragé par l’accueil reçu lors de ses déplacements. « On est très content parce qu’on rencontre beaucoup de gens qui n’ont pas voté au premier tour et qui nous assurent vouloir participer au second pour garantir l’avenir de la ville », assure-t-il.

    Promesse de rupture avec la municipalité sortante

    Au cœur de son discours, Jean-Marc La Piana insiste sur ce qu’il considère comme la nécessité de tourner la page de la municipalité actuelle. Il critique la gestion du maire sortant, qu’il accuse de manquer de concertation avec les habitants. Selon lui, certains projets pourraient devenir des « scandales à venir » et entraîner une hausse des impôts locaux. « Moi, je veux de la concertation, fini l’opacité ! », martèle le candidat, qui promet de mettre en place des conseils de quartier afin d’impliquer davantage les habitants dans les décisions municipales. Dans son programme, il met également en avant la valorisation de l’éducation et de la culture, ainsi que la mise en place d’une police de proximité pour lutter contre le sentiment d’insécurité. Il annonce aussi vouloir mettre fin au projet de centre aéré. À quelques jours du second tour, Jean-Marc La Piana espère que la mobilisation des abstentionnistes pourrait rebattre les cartes. « Je veux une ville avec du lien et du soin, une ville où on se sent bien », conclut-il.

  • À Gardanne face à la droite, la gauche unie ne se résigne pas

    À Gardanne face à la droite, la gauche unie ne se résigne pas

    Le 22 mars chaque voix compte pour relever Gardanne-Biver », ne désarme pas le candidat de la gauche unie, Jean-Marc La Piana, dont la liste Changeons de cap ensemble pour Gardanne-Biver, prend la deuxième place avec 36,48% des voix lors de ce premier tour. De la déception mais pas de fatalisme au sein d’une équipe qui assure rester combative. Le maire sortant ayant quant à lui affirmé qu’il refuserait toute fusion avec le RN mené par Bruno Priouret qui récolte 19, 96% de suffrages, soit une progression de 8 points par rapport à 2020.

    « La voix de la colère ne doit pas être celle de la résignation mais être le socle d’une véritable alternative solide à la municipalité sortante. La seule alternative crédible c’est celle que nous portons », a déclaré Jean-Marc La Piana devant les militants venus le soutenir à son local de campagne. Une campagne dynamique où toutes les forces de gauche avaient réussi le tour de force d’une large mobilisation et d’un grand travail de terrain au plus près des habitants. Une abstention forte de 41%, soit près de 7 000 inscrits, « constituera notre terrain de travail, c’est là qu’on ira chercher de quoi redonner confiance aux électeurs », confie Amélie Barbey. Une option confirmée par Kafia Bensadi, qui considère que « Granier a fait le maximum de son score, il n’a plus de réserve ».

    Ils étaient plus de 3 400 à accorder leur confiance à la liste Changeons de cap ensemble pour Gardanne Biver pour ce premier tour. « Nous devons maintenant amplifier l’élan qui s’est manifesté pour être au rendez-vous de la victoire le 22 mars », a encouragé la tête de liste, rappelant les enjeux sur la commune : « Vous avez le choix entre figer notre commune dans l’immobilisme ou lui donner toute sa place. » La gestion du maire sortant a en effet été marquée par des projets de smart city ou de centre aéré démesurés mis en sursis par les tribunaux ou encore en proie à de coûteuses études. « Il est en train de bouffer toute la caisse de réserve, ce sont les Gardannais qui vont payer les factures et tout cela a été décidé sans aucune concertation avec la population. Il faut que les gens se réveillent », déplore un militant.

    Le 22, déterminés

    ou immobiles

    Au foyer du peuple, Hervé Granier était venu suivre le dépouillement mais s’est refusé au commentaire. « Ces résultats sont l’expression de la confiance accordée par les Gardannais depuis 2020. Nous avons réalisé le programme que nous avions porté. Nous avons fait une belle campagne », s’est simplement félicité son directeur de campagne, Antonio Mujica, regrettant toutefois « le score élevé du RN ».

    Les yeux rivés sur les résultats des 17 bureaux de vote, et sur ceux qui arrivent des communes voisines sur son portable, un sympathisant de gauche tempère l’analyse : « L’équipe de La Piana a fait un travail sérieux et sincère sur le terrain, mais il y a eu beaucoup de paillettes dans la campagne de Granier, il en a mis plein la vue avec des images de drones, des prestations sur les chaînes CNews ou le JDD, ou encore à travers les réseaux sociaux, c’est une énorme charge médiatique qui a porté sa candidature. »

    Une grosse bataille reste à mener pour l’équipe de la gauche unie. « Par découragement ou par résignation », analyse Marion Robert, de nombreux électeurs ne se sont pas déplacés. « Dimanche prochain, vous aurez le choix entre la détermination ou la résignation, la volonté ou le fatalisme, le changement ou la poursuite d’une politique qui a abîmé la ville et votre quotidien » a encore alerté Jean-Marc La Piana.

  • [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    C’est le cas à Martigues où le maire communiste sortant, Gaby Charroux, va tenter de conserver le bastion communiste qu’il tient depuis 2009. Mais il doit faire face à une extrême droite qui ne cesse de progresser lors des scrutins nationaux (45,47% des voix dès le premier tour sur la ville lors des législatives de 2024). Et surtout une belle division à gauche avec deux listes concurrentes, l’une conduite par l’insoumis Frédéric Grimaud et une autre de son ancienne adjointe Anne-Marie Sudry (GRS). Lors des dernières municipales, il avait été réélu dès le 1er tour (plus de 60%), contre deux listes qui retentent le coup pour ce scrutin : une d’extrême droite et une pour Les Républicains.

    C’est un peu le même principe à Fos-sur-Mer où Rémi Esnault, le successeur désigné du maire, René Raimondi (ex-PS), fait face à une autre liste classée à gauche, et une liste d’alliance entre la droite et l’extrême droite ainsi qu’une liste centriste. À Miramas, là aussi la gauche part en ordre dispersé. Avec d’un côté, la liste du maire sortant, Frédéric Vigouroux (DVG) élu depuis 2008, et d’un autre côté la liste d’union de la gauche. Le tout, face à une liste du RN. Et que dire de Berre-l’Étang où le maire candidat à sa succession, Mario Martinet, se retrouve avec deux autres listes divers gauche et le RN.

    À Istres comme à Vitrolles, les deux maires sortants en place depuis plusieurs mandats et élus dès le premier tour en 2020, font aussi face à des oppositions à l’affût. Pour Istres, François Bernadini (DVG), en lice pour un 5e mandat retrouve une liste du RN, une liste de droite et une autre liste estampillée à gauche pour lui contester cette sous-préfecture. Configuration moins élargie à Vitrolles où le socialiste Loïc Gachon, maire depuis 2009, a le RN et une liste centriste face à lui.

    Des progressistes

    en bonne position

    Il y a des villes où les listes progressistes ont des raisons d’espérer une bonne position au soir du premier tour. À Roquevaire, c’est Hélène Spinelli, la première adjointe du maire sortant Yves Mesnard, qui conduit la seule liste de gauche sur la commune et peut compter sur la division de la droite avec deux listes, ainsi qu’une liste centriste. À Septèmes-les-Vallons, le maire communiste historique de la commune, André Molino vise un 5e mandat. Mais à la différence de sa victoire de 2020 dès le premier tour (plus de 80%) des voix face à une liste RN, il fait face cette fois à un candidat investi par l’Union des droites d’Éric Ciotti et une liste insoumise.

    Des duels et des bastions

    à reconquérir

    Dans deux autres bastions communistes, à Port-de-Bouc et au Rove, la configuration est similaire : le PCF est en duel direct avec l’extrême droite et l’élection sera jouée dès ce 15 mars. Pour la première, le maire sortant, Laurent Belsola est confronté à une liste de droite soutenue indirectement par le RN. Pour la seconde, Paul Sabatino, également maire sortant puisque le défunt Georges Rosso lui avait passé la main, a un duel avec une liste RN.

    Du côté des reconquêtes possibles, trois communes d’importance sont dans le viseur. À Arles, ville longtemps sous pavillon rouge, le maire sortant, Patrick De Carolis (Horizon), voit son siège contesté avec une désunion dans son camp via une autre liste centriste. Une fenêtre donc pour le communiste Nicolas Koukas, arrivé 2e en 2020, à la tête d’une vaste liste d’union de la gauche mais sans les insoumis, qui en conduisent une autre.

    Même principe à Aubagne, également ancienne ville communiste, prise en 2014 par l’actuel maire sortant Gérard Gazay (LR). La présence de deux listes classées au centre, conduites par d’anciens adjoints, risque de ne pas l’aider. Le candidat de l’union de la gauche (là encore hors LFI qui a sa propre liste), Jean-Pierre Squillari, a une carte à jouer. Quid de Gardanne, ville historiquement PCF malencontreusement passée à droite en 2020. Le maire de droite sortant, Hervé Granier (LR) fait face à une gauche largement unie autour de Jean-Marc La Piana et une candidature du RN.

  • À Gardanne, un cap sur « le soin et le lien »

    À Gardanne, un cap sur « le soin et le lien »

    Quelque 200 places assises occupées et des dizaines de Gardannais et Bivérois restés débout au fond de la salle. Sur la scène, des colistiers et des vidéos pour donner du corps au slogan de la liste Ensemble, changeons de cap pour Gardanne, qui synthétise le programme et la méthode La Piana.

    Un programme en rupture avec l’expérience de 5 ans et demi de gestion municipale par le maire LR Hervé Granier, marquée par « une gestion non concertée », ont souligné Jean-Louis Gil et Sylvia Caramanna, un projet de Smart City suspendu et un autre de centre aéré à 13 millions d’euros empêtré dans de coûteuses études. Mais aussi, des fermetures de services publics, centre de santé, bureau de poste, boutiques, « sans rien faire », alors que le foncier a grimpé en flèche. Dans son programme, la liste menée par le fondateur de La Maison, spécialisée dans les soins palliatifs, s’engage à redresser la barre avec « un nouveau centre aéré, des écoles rénovées, une crèche municipale, une mutuelle communale, une salle de spectacle, un cadre de vie sécurisé avec une police municipale d’îlotiers présents sur le terrain et un renforcement de la médiation sociale, des tarifs municipaux revus à la baisse… ».

    Un programme travaillé par l’équipe La Piana, partie à la rencontre des habitants. « On a joué le jeu avec six concertations de quartiers et dix mois de réunions thématiques sur les grands axes », a résumé Jean-Michel Cordier pour la méthode. « Et un questionnaire distribué à 10 000 exemplaires » pour l’outil. Des réunions « d’un excellent niveau où on a senti une écoute sincère » a apprécié une femme « exigeante », interrogée à la sortie de l’une d’elles, dans une des vidéos qui ont ponctué les prises de parole. Et pour sceller leur engagement, réunis sur le podium, les colistiers ont paraphé une Charte de probité et de prévention des conflits d’intérêts.

    Amine Kessaci et Sébastien Meï en soutien

    Deux touchantes surprises également lors de ce show fraternel à la gardannaise. Le jeune militant de la lutte contre le narcotrafic Amine Kessaci, qui figure en troisième position sur la liste de Benoît Payan, maire sortant de Marseille, est apparu sur une vidéo dans laquelle il a apporté son soutien à Jean-Marc La Piana, « un homme attaché à son territoire. Car nous avons besoin d’une dimension métropolitaine », a-t-il précisé. De quoi tisser un lien entre la ville et sa région. Mais aussi entre son histoire et son avenir. Avec un autre soutien incarné par Sébastien Meï, petit-fils de l’ancien maire communiste. En montant sur la scène l’enfant du pays a salué les colistiers par leur prénom. « J’ai grandi avec eux, on était content d’être les uns avec les autres quels que soient nos milieux sociaux. J’ai envie que les jeunes connaissent les couleurs de la solidarité. Jean-Marc les incarne. »

    Ému, porté par la confiance retrouvée, le candidat de cette union à gauche a assuré relever le défi d’une ville « du soin et du lien » afin de « rompre avec l’immobilisme et la mauvaise gestion » pour mettre le cap sur « une ville inclusive, protectrice, solidaire, engagée pour la jeunesse et attentive à tous ses habitants » dans une « démarche volontariste, territoriale et partenariale ».

  • À Gardanne, ultime meeting pour la gauche avant le scrutin

    À Gardanne, ultime meeting pour la gauche avant le scrutin

    Un dernier meeting, quatre jours avant le premier tour du scrutin. L’équipe Changeons de Cap pour Gardanne, fait le choix d’une union à gauche, la FI comprise, pour que la commune soit de nouveau un bastion de la gauche. « Les six mois de travail ont été au-delà des histoires de partis, tout le monde s’est mis au travail dans l’intérêt de Gardanne et Biver. Personne n’a ramené les histoires de luttes entre les partis politiques au milieu », rappelle Jean-Marc La Piana.

    Lui, est en lice face au maire sortant, Hervé Granier (LR) et Bruno Priouret (RN). « Bien sur que je suis inquiet (…) je pense que le Front national peut faire un score important, je suis inquiet parce que je ne veux pas voir [Hervé] Granier gagner… Mon inquiétude, je l’exprime en travaillant encore plus, dans l’intérêt de notre projet », confie Jean-Marc La Piana, aussi fondateur de La Maison, spécialisée en soins palliatifs. Sur le terrain, les séquences de tractage, de porte-à-porte se poursuivent, les réunions de travail aussi : « J’ai la chance d’avoir une équipe qui joue le jeu, qui est sur le terrain (…) Je ne suis pas seul et c’est une marque de fabrique », assure Jean-Marc La Piana.

    « Parler de l’avenir »

    C’est cet esprit, que l’équipe veut traduire au cours de son meeting, le mercredi 11 mars, à La Maison du Peuple. « On veut qu’il soit le reflet de notre dynamique de travail, qui a toujours été une dynamique très forte », glisse le candidat, qui promet : « je ne serais pas le seul à parler, et il y aura quelques surprises. Au meeting que nous avons tenu à Biver, il y avait beaucoup de monde, j’ose espérer que celui de Gardanne soit encore plus rempli. Je pense qu’on fait une campagne de proximité importante. » À l’ordre du jour de cette soirée donc, annoncée à la Maison du Peuple dès 18h30, le débat autour des points du programme, mais aussi des « choses ajoutées, vis-à-vis de ce qu’il se passe en ce moment », précise le candidat, allusion aux « attaques incorrectes » de ses opposants. « Mais ce qui m’importe est de parler de ce que l’on veut faire à l’avenir et ne pas tenir un meeting qui soit fait d’attaques pures ou frontales, ce n’est pas l’objectif. Il faut que les gens aient envie de voter pour nous et pas contre les autres, qu’ils aient envie de voter pour nous sur un programme qui me semble tenir la route, qui a été bien travaillé pendant six mois », estime Jean-Marc La Piana. S’il est difficile d’estimer le public qui sera présent mercredi soir, l’équipe s’attend à rencontrer des « visages nouveaux, c’est en tous cas l’objectif. On a été très bien accueillis en faisant du porte à porte », assure le candidat à gauche.

  • À Gardanne, un candidat de la liste RN le bras tendu

    À Gardanne, un candidat de la liste RN le bras tendu

    Presque autant que les têtes de liste, les dernières places servent souvent à envoyer un signal fort. C’est le cas à Gardanne pour la liste investie par le Rassemblement national, au détriment peut-être de son candidat et actuel élu d’opposition Bruno Priouret. Celui-ci a fait le choix de placer en 37e et dernière position un militant fidèle, la vingtaine habitué des tractages et collages du RN, Lucas Conill. Mais à l’inverse de certains militants de l’extrême droite échaudés d’être épinglés par la presse pour leurs publications passées, celui-ci n’a pas fait le ménage de ses réseaux sociaux au moment d’entrer en campagne. Ainsi sur son profil Facebook, entre deux commémorations et maraudes, le voit-on rendre hommage à Jean-Marie Le Pen, célébrer la dirigeante italienne Giorgia Meloni, publier ses selfies avec les cadres du Rassemblement national. Ou encore s’afficher, le 15 octobre dernier, devant le Parlement d’Aix-en-Provence à l’occasion d’une manifestation relayée par les milieux identitaires.

    Mais il n’oublie pas aussi de publier ses photos du carnaval de Fuveau, du 16 mars 2024, bonnet de bain sur la tête, avec lunettes de piscine et pince-nez, en peignoir. Et sur une photo postée plus tard, le 11 avril, debout sur le marchepied du tracteur qui tire un char figurant une barque, on le voit en noir et blanc le bras résolument tendu. Un geste qui apparaît immédiatement sur le cliché comme un salut fasciste. Une seconde photo le montre cette fois en couleur, souriant, le bras toujours fermement tendu mais incliné cette fois un peu plus vers le bas.

    Sollicité sur son profil Facebook, ce carnavalier n’a pas donné suite. Finalement, le candidat Bruno Priouret lui aussi contacté répond par téléphone. « J’ai demandé qu’il m’envoie les photos, c’est une photo sortie de son contexte, assure l’élu. C’est un carnaval, il était sur un char, il a un bonnet, un pince-nez. » Et d’assurer rapidement qu’il n’y a rien de fasciste dans ce bras tendu : « Il fait le gars qui nage. » Le ton de la tête de liste se fait même menaçant à l’autre bout du fil : « Je lui conseillerai de déposer recours en diffamation », annonce-t-il, si jamais la moindre ligne est écrite à ce sujet. « C’est un monsieur qui a un handicap, il est suivi, il est sous traitement et il est en 37e position, pas éligible », le défend-il. Expliquant l’avoir mis sur la liste « comme c’est un garçon dévoué, qui distribue des tracts, c’est tout ». Peu importe le cliché équivoque, crawl ou pas.

  • La Cour des comptes s’attaque à la centrale de Gardanne

    La Cour des comptes s’attaque à la centrale de Gardanne

    La très libérale Cour des comptes (CRC) s’est penchée sur le cas de l’arrêt des centrales à charbon dans un rapport publié ce mercredi 25 février. Forcément, elle s’est largement attardée sur le cas de la centrale thermique de Gardanne et n’y va pas de main morte dans ses observations. Elle explique entre autres que l’installation a « un bilan carbone critiquable et un impact environnemental contesté ». Mais pointe surtout que « le soutien public important accordé au producteur en fin d’année 2024 présente un risque élevé pour les finances publiques ». Et sort du chapeau, sans développer le calcul, le montant potentiel d’1,5 milliard d’euros comme « coût aux finances publiques dans certaines hypothèses étudiées par l’administration ».

    Elle cible ici le contrat de revente d’électricité entre GazelEnergie et l’État à 800 millions signé en 2024. Un contrat qui a « d’importantes fragilités juridiques, pour une installation dont la justification technique n’est pas avérée » selon la CRC. Outre ses traditionnelles errances méthodologiques, elle fait à peine état des mouvements sociaux sur le site et du combat des salariés pour la survie de l’écosystème économique du bassin minier. Justement, la CGT du site «  ne souhaite pas commenter pour l’heure » le rapport mais « reste vigilante sur le sujet ». Et GazelEnergie balaie d’un revers de main les dires du rapport de la CRC. « On conteste fermement le chiffre d’1,5 milliard. Les négociations avec l’État avaient justement pour but de réduire le montant du contrat », répond Camille Jaffrelo, porte-parole du groupe. Et d’assurer : « On se tient à disposition de la CRE [Commission de régulation de l’énergie, Ndlr.] qui confirmera que le contrat est bien de l’ordre d’une centaine de millions par an. »

  • Le rugby-fauteuil en démonstration à Gardanne

    Le rugby-fauteuil en démonstration à Gardanne

    Montauban, Toulouse, Dragons catalans, Avignon XIII…

    Durant deux jours, Gardanne a accueilli quelques-unes des meilleures équipes de para-rugby à XIII, déclinaison qui permet aux handicapés de pratiquer aux côtés de valides. « Notre sport propose une mixité totale », détaille Xavier Vasson. En effet, les équipes sont également composées de femmes, qui jouent avec les hommes. « Il n’y a pas de catégories d’âge et il faut trois personnes handicapées dans les cinq sur le terrain », précise le responsable para-rugby de la Ligue Sud de rugby à XIII.

    C’est la première fois que Gardanne accueillait une telle épreuve, qualificative pour la finale de la Coupe de France, prévue en avril à Albi. Deux tournois étaient organisés. Dont celui comptant pour la division Élite dans lequel six formations étaient engagées. Dont celles d’Avignon XIII et Cavaillon pour la Ligue Sud.

    « Notre discipline existe depuis une quinzaine d’années. Et le championnat vient de fêter son dixième anniversaire », poursuit le responsable fédéral. « Le para-rugby est calqué sur les règles du XIII qui sont parfaites pour la pratique inclusive », note Xavier Vasson. Dans le Sud, le Vaucluse et le Var en sont les locomotives. Et dans les Bouches-du-Rhône, deux clubs ont été créés à La Roque d’Anthéron et Saint-Martin-de-Crau.

    Le tournoi Élite de Gardanne a été suivi de près par le staff de l’équipe de France. Dans l’optique de préparer la sélection qui ira à la Coupe du Monde, qui se déroulera prochainement en Australie et dont le XIII de France fait partie des favoris.

  • À Gardanne, la gauche bat la campagne dans les quartiers

    À Gardanne, la gauche bat la campagne dans les quartiers

    Quartier Font de Garach, ce vendredi soir. Réunis sur le parking d’un supermarché, les colistiers de Jean-Marc La Piana, candidat à la tête d’une union à gauche en vue des municipales, déchargent les coffres de voiture de tracts, distribués dans les quartiers de Gardanne chaque soir. Dans cette zone de la ville, un projet d’urbanisme de plus de 300 logements doit voir le jour, inscrit au PLUi, lui-même adopté en décembre 2024. Selon l’équipe de campagne, le projet a été approuvé « sans concertation, en catimini ». « Gardanne mérite mieux qu’un maire devenu promoteur immobilier ! » lit-on, sur le tract rouge et orange, couleurs de la liste. « Le quartier n’est pas fait pour absorber autant de circulation en plus », estime Pierre Sandillon, membre de la liste. Ce sera donc le cheval de bataille présenté ce soir. Ici, c’est aussi un quartier « aux premières loges de la disparition du service public », souligne Amélie Barbey (PCF) de la partie elle aussi. En période de vacances, peu de portes s’ouvrent, alors que l’équipe entame la tournée.

    « Je serais visible »

    « Mais globalement, la campagne se passe très bien. On le voit lorsqu’on tracte au marché, pas mal de gens viennent au local, rapporte Jean-Marc La Piana. Même si certaines personnes disent ne plus avoir confiance. Mais je trouve plus de gens motivés, que lassés. Les gens écoutent. Les municipales, c’est la plus belle élection en termes de proximité et les gens le reconnaissent », poursuit Jean-Marc La Piana, obligé de s’interrompre : le fondateur de La Maison est, régulièrement, reconnu par les passants dans le quartier. « Ah ! J’espère que cette fois-ci ça va passer. Il y a 5 ans non, j’espère que cette fois oui ! J’en ai marre de ceux qui font tout en douce, dans leur intérêt… », lance une passante, avant d’interpeller le candidat sur la situation médicale d’un habitant. Un autre, en plein footing, s’arrête net. « Monsieur La Piana ! Comment vous allez ? Ils veulent mettre des barrières, ici, ça bloque ici… les gens sont énervés », explique ce coureur, faisant allusion aux aménagements à venir liés au projet immobilier. « On est contre ce projet si les gens vous posent la question. J’espère qu’on pourra faire quelque chose. Le permis a été délivré, mais il y a des recours ! Les gens du quartier ont leur mot à dire, on sera favorables à ce que ce projet soit abandonné », répond Jean-Marc La Piana.« J’espère que vous serez le prochain maire ! Je viendrais vous voir ! », répond le coureur. Ce à quoi le candidat répond : « Je vous promets, je serais toujours visible. »

  • Meeting de Sophie Binet à la centrale de Gardanne : un soutien massif venu de plusieurs départements

    Meeting de Sophie Binet à la centrale de Gardanne : un soutien massif venu de plusieurs départements

    Marjorie Franchitto, déléguée syndicale de la CPAM 83

    « On connaît tous des combats similaires »

    Si elle n’est pas de la même profession, Marjorie Franchitto a fait le déplacement depuis le Var pour venir « soutenir » les salariés de la centrale. « Ce moment correspond à la fin d’une lutte, c’est une belle victoire, menée par des salariés qui n’ont pas voulu lâcher le morceau, malgré les luttes économiques, et qui ont sauvé des emplois », résume la syndicaliste. Salariée de la Caisse primaire d’assurance maladie, elle n’est pas issue du secteur industriel, mais estime « qu’en élargissant, on connaît tous, dans nos corps de métiers, des combats similaires. On se retrouve dans la lutte [des salariées de la centrale] car ce sont des moments qui un jour, peuvent nous toucher ». Qui plus est, Marjorie Franchitto considère que cette victoire démontre que « les revendications de la CGT existent, sont fondées, et qu’avec la solidarité et la fraternité, on peut gagner ».

    Sylvain Moretti, secrétaire général de l’UD CGT 04

    « Donner de l’espoir aux camarades »

    Du côté CGT Alpes-de-Haute-Provence, le dossier de la centrale est suivi « depuis le départ. On a pris l’habitude de venir partager les moments de solidarité », estime Sylvain Moretti, secrétaire général de l’UD. « C’est d’autant plus important de venir aujourd’hui, parce qu’on a besoin d’apporter une dynamique au monde du travail. L’activité syndicale sur la centrale de Gardanne n’est pas neutre pour notre département. Elle donne des perspectives, de l’espoir aux camardes sur les capacités à lutter, à gagner sur des projets alternatifs portés par la CGT », poursuit Sylvain Moretti. Le département est notamment confronté à des fermetures d’hôpitaux. Aussi, Sylvain Moretti attendait de Sophie Binet, avant son discours, un « message positif qui nous permettra de fédérer dans la CGT, de remettre en dynamique l’ensemble de nos organisations ».

    Laurence De Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT 84

    « Une lutte exemplaire dans la région Paca »

    Ils sont une dizaine de membres de la CGT 84 à s’être rendus au meeting. « C’est une journée pour fêter la reprise de l’activité, la réembauche de nos camarades qu’on a toujours soutenus dans la lutte, une lutte exemplaire en Paca », souligne Laurence De Villèle, secrétaire générale de l’UD Vaucluse. Pour les travailleurs de son département, dont le secteur industriel est lui aussi menacé selon elle, ce combat et la victoire « parlent à nos camarades, leur donne des perspectives ». « Cette lutte montre que la CGT a toujours tort d’avoir raison trop tôt, ajoute Laurence De Villèle. Nos entreprises sont souvent dans les luttes, c’est difficile d’obtenir des choses. Il est évident que c’est un symbole de victoire. » Autre « marqueur fort » de la journée, la venue de Sophie Binet, dont la présence sur le site constituait la première visite sur un site en lutte depuis son élection en 2023.

    Vincent Vadrot, représentant CGT Métallurgie 13

    « Un travail pour une cause cohérente »

    Travailleur dans le secteur de la métallurgie, Vincent Vadrot a vécu le combat de la centrale « de l’intérieur ». « Il y a eu tout un travail de fait au niveau de l’Union départementale pour que cette cause soit cohérente, estime Vincent Vadrot. Les travailleurs de la centrale, ce ne sont pas que ceux sur site. C’est tout un système qu’il y a autour, et nous le défendons aussi dans le secteur de l’industrie. Il y a des sociétés internes, externes, concernées par le dossier. C’est tout un fonctionnement interindustries, qui fait travailler le secteur ferroviaire, maritime… » Il souligne : « On vient défendre ces camarades qui ont su lutter pour sauver leur emploi. » Autre raison de la venue de Vincent Vadrot : écouter Sophie Binet et la soutenir dans son positionnement vis-à-vis de la « discrimination syndicale, qu’on connaît tous les jours, surtout à la CGT ».