Tag: Gardanne

  • Des habitants de Veline 1, à Gardanne, encore dans le flou sur les charges

    Des habitants de Veline 1, à Gardanne, encore dans le flou sur les charges

    « Nous sommes les oubliés de 13 Habitat », estime Samia. Dossiers sous le bras, elle est entourée d’une poignée d’autres locataires, tous membres du CLCV ou Collectif Veline 1. Voilà des mois (voir nos précédentes éditions) que les habitants de cette résidence rament pour obtenir des réponses. En février 2025, le montant des charges, calculé sur l’année 2023 et 2024, explose. « Sans relevé de compteurs depuis 2023, tombés en panne et sans prise en compte des demandes de réparations », rappelle Albane, également membre du collectif. Entre 2023 et 2024, flou total sur les critères de calcul individuel des provisions pour charges.

    Il y a bien eu des réunions publiques, des réponses par courrier « dans le vent, qui ne nous éclairent pas plus » et l’installation de quelques compteurs individuels en novembre « sur du matériel vétuste », poursuit Albane. Une intervention de la part de 13 Habitat, certes, pour que les consommations puissent être évaluées « comme il se doit ». Mais, il manque toujours plusieurs années de facturation sur lesquelles les habitants ont vu leur chauffage calculé collectivement, sans prise en compte des consommations individuelles.

    Rencontre exigée

    « Et les années 2023, 2024, 2025 ? Est-ce qu’à un moment, on va être remboursés ? On nous a promis un geste commercial en octobre : jamais eu de nouvelles (….). Depuis combien de temps est-ce qu’ils facturent au petit bonheur la chance ? », lance Albane.

    Certains expliquent avoir payé plus de 2 000 euros de charges supplémentaires. « On paie parce qu’on a peur. Certains locataires ont reçu des menaces de coupure d’APL, voire d’expulsion », rapporte une autre locataire. Les courriers ont néanmoins cessé au cours de l’été.

    Des charges, mais pourquoi ? « On a toujours les taches de moisissure, il fait 12 degrés dans les appartements, les espaces communs sont dégradés… Ils doivent nous justifier ce qu’on leur doit », pousse Samia, qui compte bien emmener ce dossier jusqu’au tribunal, s’il le faut. « On veut une rencontre avec le président (Jean-Marc Perrin) au siège », poursuit Samia.

    La Ville de Gardanne, qui gère le chauffage urbain du bâtiment, a pris en compte les doléances des habitants. « On a enfin pu obtenir le règlement de service envoyé en 2023 à 13 Habitat, signé par le bailleur. Après plusieurs relances. On a appliqué un bouclier tarifaire sur 2024, qui n’était pas prévu à la base. L’année prochaine, 13 Habitat régularisera les charges de 2024-2025 », souligne Antonio Mujica, premier adjoint, qui rappelle que la main est à 13 Habitat. Sollicité, le bailleur n’a pas pu répondre à temps, mais assure revenir vers La Marseillaise.

  • Un bilan « exceptionnel » revendiqué sur la baisse de la délinquance à Gardanne

    Un bilan « exceptionnel » revendiqué sur la baisse de la délinquance à Gardanne

    « Si vous me demandez quels sont les résultats [en matière de baisse de délinquance Ndlr], venant de la bouche de la gendarmerie, ils sont exceptionnels », se félicite Hervé Granier, maire (LR) sortant, lors du conseil municipal de Gardanne, tenu ce lundi. Interrogé par Samia Gamèche, élue d’opposition au sein du groupe de Claude Jorda (PCF), au sujet d’une demande de subvention pour le déploiement de la vidéosurveillance – dont les sept dernières caméras, sur un total de 108, devraient être installées dans la vieille ville – Hervé Granier a tiré le bilan sécurité de la Ville.

    « Les faits de résolution de délinquance générale en France sont à hauteur de 39%. Ils sont de 45% sur Gardanne. C’est-à-dire qu’un fait sur deux est résolu : les auteurs sont retrouvés et déférés sur les parquets. Cela montre l’efficacité de la vidéoprotection (…) qui déplace la délinquance sur d’autres villes. Les résultats le montrent de manière objective, on a des faits de délinquance qui ont baissé de 5% pendant que, dans d’autres villes, ils augmentent », poursuit le maire.

    « C’est bien beau d’avoir des caméras pour mettre des amendes parce qu’on est mal garés ou que l’on grille un stop, mais ce qui m’inquiète, en ce moment, c’est ce qu’il se passe aux abords des écoles, surtout », tranche Samia Gamèche, qui prêche pour davantage de « prévention ». « On a des effectifs de médiation sur le terrain, un CLSP (Conseil local de sécurité et de prévention) où on fait le point sur toutes les situations, on essaie de trouver des solutions. L’entièreté des chiffres 2025 sera donnée en janvier », précise le maire. La même réponse a été donnée à Jean-Marc La Piana, candidat aux municipales à la tête d’une union de gauche, qui interrogeait sur la diminution des délits.

  • Les finances, terreau de rivalité au conseil municipal de Gardanne

    Les finances, terreau de rivalité au conseil municipal de Gardanne

    Parmi la trentaine de délibérations inscrites à l’ordre du jour, sept concernaient les finances. Et chacune a donné lieu à son lot de passes d’armes entre oppositions et majorité.

    à commencer par le surcoût des charges de personnel annoncé par la majorité : 630 000 euros. « ça paraît quand même surprenant que ce soit décidé en fin d’année alors qu’on sait que le budget du personnel, qui doit passer auprès des services de l’état, est en général voté avant le 8 décembre. ça ne fait pas très sérieux », lance de son côté Jean-Marc La Piana, conseiller municipal d’opposition et à la tête d’une union de gauche en vue des élections municipales 2026. « Ce n’était pas anticipable, cette année, le vote du budget a été particulièrement tardif », rétorque Arnaud Mazille, adjoint au maire et directeur de campagne de l’édile sortant.

    Surcoût sur trois projets

    Quelques minutes plus tard, la tension remonte au moment d’aborder la délibération visant à programmer un crédit de paiement (AP/CP) pour trois projets : la réhabilitation de la Plateforme jeunesse, celle du cinéma et la construction d’un centre de loisirs, tous en surcoût. « Sur ces trois opérations, nous avons la possibilité de passer 30% de la dépense de l’année précédente », justifie Antonio Mujica, premier adjoint, évoquant des augmentations liées aux « surprises » sur les travaux de rénovation.

    « Une augmentation de 30% sur un projet comme celui de la Plateforme : je me pose la question de la gestion financière de ce projet. Vous dites que les trois décisions (…) ont toutes des surcoûts. Ce sont trois projets différents, mais je me pose la question sur une bonne ou mauvaise gestion du projet (plateforme) », interroge Jean-Marc La Piana. « Monsieur La Piana, question : 12 avenants sur le foyer, 7 sur la maison du peuple, quel commentaire vous faites sur votre gestion ? » intervient Hervé Granier, maire (LR), en référence au statut d’adjoint de son opposant sous l’ancienne municipalité. « S’il y a eu des réalités, j’attends de vous une gestion convenable et je suis surpris de cette mauvaise gestion que je retrouve ici », insiste la tête de l’union de gauche. « Vous êtes le plus fort, on va parler du cinéma, ça vous concerne », tranche Hervé Granier.

    Même schéma d’escarmouches sur le dossier du cinéma 3 Casinos, sujet sur lequel Antonio Mujica brandit un document faisant état de trois années de « réflexion » autour du sort du cinéma, sous l’ancienne municipalité. « Je dis juste qu’en trois ans, vous avez fait beaucoup de réflexion et peu d’action. En six ans, on a quand même sorti un cinéma », se targue le premier adjoint. « Mesquin et irrespectueux de notre travail », rétorque Jean-Marc La Piana. « En termes d’inaction, vous avez tout de même été très efficace », ajoutera son concurrent électoral, Hervé Granier.

  • Un cap pour prendre soin de Gardanne

    Un cap pour prendre soin de Gardanne

    « Je ne suis pas un homme de parti, je porte des valeurs de gauche », a affirmé le candidat DVG aux municipales de 2026. En 2020, c’est une gauche fragmentée qui avait fait virer de bord une commune confiée depuis la Libération aux mains des communistes. PS, PCF, les Écologistes et Place publique, ainsi que des militants associatifs, se rassemblent aujourd’hui autour de l’ancien colistier de Roger Meï, pour porter une vision « collectiviste », face au « modernisme sectariste » d’une mandature LR entachée d’erreurs.

    Derrière le fondateur de l’établissement de soins palliatifs La Maison, c’est une gauche unie qui avance. D’abord pour réparer les plaies, « restaurer la confiance abîmée » par une « politique d’improvisation », a enjoint Jean-Marc La Piana. Après 5 ans aux manettes, Hervé Granier laisse un goût amer dans l’ex-cité minière : « Une gestion de la rénovation des écoles qui impose une délocalisation des élèves dans des modulables pendant trois ans de travaux, un projet de smart city à 40 millions d’euros retoqué pour ses irrégularités », rappelle un militant PCF. « L’abandon du centre de culture scientifique, des services publics dégradés et des agents municipaux en souffrance », ajoute une habitante de la cité Veline.

    Travail de terrain

    Pour balayer ce faux pas, Jean-Louis Guil, Gardannais depuis trois générations, s’est engagé dans le comité de soutien à la liste Ensemble, changeons de cap car, dit-il, « je retrouve dans cette équipe les valeurs de bienveillance et proximité de la ville de mon enfance ». Personnalité de la vie culturelle et sportive gardannaise, Silvia Caramanna a également choisi d’épauler « un homme de confiance, qui connaît nos enjeux, écoute et agit ».

    C’est à la fois en héritier et en bâtisseur d’un avenir « à construire ensemble » que Jean-Marc La Piana veut fédérer. De même que durant 31 ans, il a géré de manière collective La Maison, il invite les Gardannais et Biverrois à participer aux ateliers de travail déjà à l’œuvre « pour une action publique qui s’appuie sur l’écoute, le travail de terrain, car on ne construit pas la politique dans des bureaux ». En s’appuyant sur les atouts de la commune « son industrie, son offre de formation, sa capacité de résistance, de résilience », le candidat de gauche veut voir s’éloigner le spectre d’une ville-dortoir et rendre « leur fierté » à ses habitants. Une ville où « la sécurité ne se prône pas sur la peur mais sur la protection, qui accompagne les plus fragiles, répare les fractures ». Cette liste lance une invitation à prendre « un chemin collectif » avec « pour seule boussole l’intérêt général ».

    Nouvelle séance du conseil lundi soir

    Les élus gardannais se réunissent à nouveau ce lundi soir, à partir de 18h30, en salle du conseil municipal de l’hôtel de ville pour débattre et voter 32 délibérations, dont plusieurs portant sur les finances de la ville. Une décision modificative du budget 2025, les recettes et dépenses du budget 2026, des autorisations de programme et aussi quelques ventes de terrains communaux… Il ne devrait pas en falloir plus pour entrer dans le vif des débats sur la gestion controversée des finances de la ville, à quelques mois des prochaines élections municipales. À noter que les élus auront l’occasion aussi de faire un point sur l’avancée des travaux de rénovation du Cinéma 3 Casino dont « l’inauguration de l’établissement et de son parking est prévue pour novembre 2025 », annonce encore fièrement le site de la Ville… Une dizaine de délibérations portent également sur la gestion du personnel. LM

  • GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    À peine arrivé dans les Bouches-du-Rhône, c’est un sacré mot d’accueil qu’a reçu le nouveau préfet de région Jacques Witkowski. Dans un courrier daté de ce mardi et sur lequel La Marseillaise a pu mettre la main, le président de GazelEnergie s’alarme en effet des prescriptions imposées par l’arrêté préfectoral publié le 24 novembre pour régulariser l’autorisation d’exploitation, annulée par le Conseil d’État en mars 2023, au terme d’une nouvelle enquête publique (notre édition du 03/12).

    Quatre points sensibles

    « Certaines de ces prescriptions soulèvent des difficultés majeures sur lesquelles la société GazelEnergie avait appelé à plusieurs reprises l’attention des services préfectoraux et de la Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Ndlr] Provence-Alpes-Côte d’Azur », écrit ainsi Frédéric Faroche. Et de demander « que les prescriptions en cause soient modifiées et adaptées par arrêté ».

    Il réclame ainsi que le texte ne parle pas de « charbon cendreux » mais de « produits cendreux de récupération », rappelant que ces cendres restent « indispensables à la protection de la chaudière », lorsque la tranche 4 n’aura plus le droit d’utiliser de charbon, au 31 décembre 2026.

    Le courrier s’inquiète également de valeurs limites de concentration « injustifiées et de nature à poser des difficultés significatives lors des contrôles de conformité »… certaines valeurs trop basses ne pouvant être mesurées, tandis que d’autres sont « très significativement inférieures, d’un facteur 5, voire 10 ou même 100, à celles définies par arrêté ministériel ».

    Le fait de considérer toute modification au plan d’approvisionnement en bois comme « notable » même lorsqu’elles sont minimalistes paraît « entaché d’illégalité » s’alarme aussi l’industriel, qui demande une rédaction moins ambivalente. Enfin, GazelEnergie rappelle que « la certification de tous les fournisseurs ou encore la mise en œuvre d’un outil fiable pour garantir la traçabilité des bois, le lendemain de l’édiction de l’arrêté, était impossible ». Réclamant un délai de six mois… et remerciant le préfet de son attention.

    Sollicité par La Marseillaise, GazelEnergie se borne simplement à confirmer que son président a saisi le préfet.

  • Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    L’actualité avait fait grand bruit, lorsqu’en septembre 2018 près de 30 000 étudiants de 400 écoles d’enseignement supérieur s’étaient engagés « pour un réveil écologique », promettant d’« inciter tous les acteurs de la société […] à mener les changements nécessaires vers une société enfin soutenable ». Mais cet appel désormais structuré en collectif s’invite aujourd’hui au cœur du bras de fer autour de la centrale biomasse de Gardanne. Deux ans après l’annulation par le Conseil d’État de son autorisation d’exploitation, un nouvel arrêté a en effet été pris par la préfecture des Bouches-du-Rhône égrenant de nouvelles prescriptions sur quelque 80 pages. Des restrictions particulièrement dures, qui alarment aussi bien les salariés que l’exploitant (notre édition du 03/12). De quoi doucher les espoirs de relance durable, après la réembauche en préfecture des premiers salariés qui avaient été licenciés.

    Or, selon nos informations, l’auteur de cet arrêté, diplômé de polytechnique, est lui-même membre du collectif Pour un réveil écologique, pour lequel il a rédigé un rapport sur le bois-énergie. « Une bible qui permet de poser un regard nouveau, précis et sans concession sur le bois-énergie », décrit l’association Printemps écologique qui conseille les comités sociaux et économiques sur les questions de transition. Et avec laquelle il s’est opposé en 2022 à l’installation d’une chaudière biomasse pour l’entreprise Purina de Nestlé en Loire…

    « Cette note n’a pas pour objet de donner un avis tranché pour ou contre le bois énergie », tempérait son auteur. Mais selon ce responsable de la Dreal, l’usage du bois pour l’énergie n’est pertinent que s’il complète la demande en bois d’industrie, pour financer des coupes d’éclaircie en forêt. S’alarmant des subventions accordées par l’Ademe en faveur de la biomasse pour les chaudières. Et de dénoncer : « La centrale thermique de Gardanne, pour ne citer qu’elle, consomme des volumes considérables de bois énergie pour la production d’électricité alors que la filière bois d’œuvre est extrêmement faible voire inexistante dans la région. » Quant à la pyrogazéification, qui est portée par les salariés de la centrale, il juge son développement « irréaliste », sans fermer la porte à de la recherche industrielle.

    Ces convictions personnelles ont-elles pesées pour rédiger l’arrêté préfectoral, avec ses fortes restrictions qui menacent l’activité de la centrale ? Sollicités, ni l’auteur ni la préfecture n’ont pu nous répondre ce jeudi.

  • Feu vert et panneau stop

    Feu vert et panneau stop

    Le ciel est-il à nouveau en train de s’obscurcir au-dessus de la centrale de Gardanne ? Après 7 ans d’une mobilisation ouvrière constante, l’éclaircie semblait pourtant de mise avec le passage à la biomasse et même l’annonce de la mise en œuvre prochaine du projet de biogaz porté par les salariés eux-mêmes à travers leur association et avec le soutien de leur syndicat CGT.

    La publication de l’arrêté préfectoral qui encadre l’activité a fait l’effet d’une douche froide. Les restrictions qui s’allongent sur 80 pages semblent en effet destinées à empêcher la viabilité du site.

    Troublant après une enquête publique qui avait permis un débat démocratique de qualité en croisant les points de vue des riverains, des associations de protection de l’environnement, des salariés, de l’industriel, des experts… sur un projet redimensionné pour répondre aux exigences parfois contradictoires qui s’exprimaient.

    Situation troublante

    Le trouble est encore plus grand lorsque l’on découvre que le rédacteur de l’arrêté est membre d’un collectif très critique à l’égard de l’utilisation de la biomasse.

    Le dossier de la centrale de Gardanne n’est pas anecdotique. Il ne peut souffrir aucun soupçon de partialité. Son importance pour l’emploi, pour l’autonomie énergétique, pour la décarbonation de la production d’électricité, pour l’avenir industriel de l’ex-bassin minier mérite mieux.

    L’État, garant de l’intérêt général, doit clarifier sa position. Un feu vert ne peut être assorti d’un panneau stop.

  • La centrale biomasse sous le poids des restrictions

    La centrale biomasse sous le poids des restrictions

    Lors de la Révolution culturelle, la Chine maoïste avait eu, un bref temps, l’idée de remplacer les feux verts par des feux rouges. C’est manifestement le même type de feu vert que la préfecture a donné, le lundi 24 novembre dernier, pour la centrale thermique de Gardanne, en assortissant son autorisation d’exploitation de 80 pages de prescriptions particulièrement restrictives.

    Le document était pourtant particulièrement attendu. La précédente autorisation avait en effet été retoquée par le Conseil d’État le 27 mars 2023, la juridiction estimant que l’étude d’impact réalisée restait incomplète. Il avait alors fallu compléter cette étude et mener une nouvelle enquête publique sur un périmètre élargi de quelque 324 communes pour finalement déboucher, de nouveau, sur un avis favorable, nuancé par cinq réserves et quatre recommandations (notre édition du 16/08).

    Des limites bloquantes

    « L’instruction de la demande a montré que les impacts attribués au projet n’induisent pas de dangers ou d’inconvénients sous réserve de la mise en œuvre de mesures d’évitement, de réduction et d’accompagnement », confirment désormais les services de l’État dans leur arrêté, soulignant notamment la nécessité de limiter la consommation des ressources forestières locales « a minima sur les trois premières années ». Mais ils ajoutent aussi de nouvelles prescriptions, notamment à travers « un durcissement des valeurs limites d’émissions atmosphériques à la cheminée de la tranche 4 », assume la préfecture.

    De quoi rendre « restrictif » cet arrêté d’autorisation d’exploitation, déplore le secrétaire général de la CGT des travailleurs de la centrale, Jean-Michel Roccasalva. Alors même que le syndicat vient de remporter une victoire symbolique après sept ans de bataille, mercredi dernier, avec la signature en sous-préfecture des premiers contrats d’embauches pour les anciens salariés licenciés (notre édition du 27/11). « Pour nous, avec les éléments en notre connaissance, l’arrêté ne met pas en péril le fonctionnement à court terme, décrypte le responsable syndical. Mais à moyen terme, trois éléments nous interrogent, et nous allons prendre attache avec la préfecture pour connaître les modalités précises de mise en application. »

    La tranche de biomasse utilise en effet environ 10% de produits de récupération issus de l’ancienne exploitation minière, chargés en terre et en silice. « La préfecture a appelé ça dans son arrêté charbon cendreux, pointe Jean-Michel Roccasalva. Mais dans le contrat biomasse signé l’année dernière, nous avons l’obligation de sortir du charbon au 31 décembre ! »

    Les valeurs limites d’émissions autorisées interrogent aussi particulièrement. D’autant plus qu’elles ont été placées, sans justification, très en deçà des seuils fixés par arrêté ministériel. Jusqu’à cent fois moins, pour des métaux lourds. Avec un risque de bloquer le projet porté par les salariés. « Dans le cadre du projet Biométhane de Provence, la première phase, c’est la vente de plaquettes de bois en fin de vie à GazelEnergie pour être utilisées par la tranche de biomasse, détaille le syndicaliste. Mais les valeurs d’émissions sont trop basses pour les mettre en œuvre ! »

    Difficile traçabilité

    L’arrêté réclame aussi à l’exploitant de revoir sa copie pour assurer la traçabilité sur la biomasse locale, excluant le bois issu de zones protégées Natura 2000 et de coupes rases, avec un tonnage défini sur trois ans. « Nous estimons que c’est une bonne chose pour calmer les inquiétudes des citoyens, mais GazelEnergie indique qu’ils ont besoin de six mois pour cela », pointe Jean-Michel Roccasalva. Attentif à ce que le tonnage international soit bien maintenu pour assurer l’activité portuaire. « Certains éléments pourraient être modifiés par des portés à connaissance », espère-t-il. Avant d’insister : « Nous avons besoin de cet outil, pour les emplois et pour les besoins des usagers ! »

    « Nous avons besoin de
    cet outil ! »

  • [Témoignages] Centrale de Gardanne : les trois premiers salariés de Provex ont signé

    [Témoignages] Centrale de Gardanne : les trois premiers salariés de Provex ont signé

    Bouziane Berraoud

    Avant d’être licencié du site en 2021, Bouziane Berraoud occupait depuis 2012 un poste de garde, employé via un sous-traitant de Gazel Énergie. Avant sa reprise, le 1er décembre, il passe par la case formation, et espère intégrer un poste de « rondier » pour la société Provex.« Je le pense en tout cas ! Le but est d’être un agent qui fait des rondes pour surveiller l’installation et faire remonter l’info à son supérieur, explique Bouziane Berraoud. Avant d’être rembauché, j’ai été au chômage. En parallèle, les camarades travaillaient sur le projet. Il fallait être sur les clous », retrace ce travailleur. Il ajoute : « Cette période a été très très compliquée. Je me suis retrouvé à vivre avec 55% de mon salaire de base, avec un crédit immobilier sur les bras. ça a été un sacré calvaire. »

    CDI en poche, Bouziane Berraoud se dit « satisfait » : « Mais je le serais encore plus quand tous mes camarades auront signé leur contrat. La vraie victoire aurait été de signer tous ensemble, aujourd’hui, pour faire une belle photo. Mais on est obligés de faire comme ça, puisqu’on n’a pas tous été licenciés en même temps. »

    Nicolas Auclaire

    Nicolas Auclaire, arrivé en 2015 à Gardanne, était responsable du démarrage de l’installation de la centrale et de son fonctionnement, avant d’être licencié en 2021. Après avoir perçu son congé de classement (CAS) pendant neuf mois, cet employé de Gazel a ensuite été appelé en Lorraine pour travailler sur le redémarrage d’une centrale. Son CAS a repris à son retour. Sans la signature de ce nouveau contrat, Nicolas Auclaire se serait retrouvé au chômage dès le 30 novembre, date de fin du CAS.

    Avant ce jour, Nicolas Auclaire était actif au sein de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ACTG), même à distance. « C’est une grande satisfaction de signer ce nouveau contrat. Ces quatre dernières années ont été difficiles pour tous les salariés, qui ont subi ce licenciement, surtout pour les familles aussi. C’est un soulagement, vraiment », rapporte ce salarié, qui attend lui aussi d’entamer une formation avant de connaître le poste qu’il occupera à partir du 1er décembre. « Je suis fier de mes camarades, qui nous ont permis de signer ce contrat », ajoute-t-il.

    Quant à la sensation de faire partie des trois premiers ? « ça fait bizarre, on est en tête de ligne, on attend nos copains qui vont arriver dans quelques jours. »

    Khalil Saidi

    Avant d’être licencié en 2021, Khalil Saidi, dans les mêmes modalités que Bouziane Berraoud, occupait depuis 2012 un poste de garde sur la centrale, via un sous-traitant de Gazel Énergie. « Avec Bouziane, on a vécu la même chose », pointe Khalil Saidi. Après plusieurs années de chômage avec un salaire réduit de moitié, ce salarié confie avoir traversé une période « très difficile, très dure », sans s’attarder sur les détails.

    « De mon côté, j’ai toujours eu espoir dans le projet des camarades de la CGT. J’ai gardé la foi. Je pensais même qu’il prendrait un peu plus de temps (à aboutir), que notre situation allait durer », poursuit le salarié. Il souhaite, à l’issue des formations proposées avant la reprise, le 1er décembre prochain, obtenir un poste de « rondier dans la gazéification », lui aussi. « Un nouveau poste, pour une nouvelle vie ! Je suis très satisfait aujourd’hui, même s’il y a une toute petite méfiance. »

    Il indique que, désormais, les modalités du contrat sont équivalentes, « voire meilleures » que lors de son précédent contrat. Le salaire a lui aussi été augmenté dans ce nouveau CDI. « Il y a quand même une petite pression à reprendre le travail, on ne va pas se mentir. Mais, je dirais que c’est une pression de joie », conclut Khalil Saidi.

  • Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Enfin, la lumière au bout du tunnel pour les salariés de la Centrale de Gardanne. En sous-préfecture d’Aix-en-Provence, ce mercredi, représentants des salariés, de l’État, de l’association des travailleurs du site et de la CGT se sont réunis pour des signatures de contrats de travail inédites. Inédites, car le projet industriel qu’ils portent depuis plusieurs années, fruit d’âpres luttes syndicales et d’innombrables conflits sociaux, devient enfin concret.

    Après la fermeture de la centrale à charbon en 2018, depuis reconvertie en centrale biomasse, l’idée de la création d’une unité de production d’énergie sur le site, qui permettrait la réembauche des salariés licenciés du fait de la fin du charbon, avait germé. Cette idée est désormais une réalité avec la signature des trois premiers contrats de la société d’exploitation Provex, issue du travail de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ATCG) porteuse du projet « BioMéthane Provence ».

    « On a toujours eu les idées claires pour l’avenir, on avait l’exemple des Fralib… Comme quoi la lutte paie ! », se réjouit Michaël Bounoua, pour la CGT du site. « C’est une journée un peu exceptionnelle qui scelle dans le marbre un combat de 7 ans », renchérit Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM) et représentant l’UD CGT 13 ce jour. Même le sous-préfet d’Aix, Mathieu Gatineau, s’affiche grand sourire : « c’est la clôture heureuse d’un épisode social douloureux. » Avant de développer : « C’est la fin d’un épisode historique et le début d’une nouvelle ère que nous espérons tous. Les travailleurs de la centrale ont été dans l’innovation. »

    Une nouvelle ère qui devient concrète pour Nicolas, Khalil et Bouziane, qui signent un contrat au statut des travailleurs des Industries électriques et gazières (IEG). Tous ont été licenciés du site, deux sont issus d’un sous-traitant de GazelEnergie, propriétaire de la Centrale, mais ont quand même « subi de plein fouet le plan de licenciement puisqu’ils étaient avec la CGT dans le mouvement social ». Le troisième a directement été visé par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mené à la centrale, en 2021, et fait partie des « 27 licenciés » pour lesquels les travailleurs de la Centrale se sont tant battus.

    À l’origine, 90 travailleurs de la Centrale étaient concernés par ce PSE, dont une « quarantaine de licenciés contraints ». Mais, entre les départs à la retraite et ceux qui ont préféré partir pour d’autres horizons, on arrive aux fameux 27. Lesquels ont été soumis à un congé spécifique d’accompagnement (CAS), dispositif mis en place suite à la fin du charbon, qui devait bientôt prendre fin pour la plupart, impliquant donc du chômage pour ces derniers. Mais il faut retenir que tous vont être réembauchés, à terme, grâce à BioMéthane Provence. « Une solution a été trouvée pour chacun », insiste Mathieu Gatineau. « C’est ce qui nous a animés : que chaque salarié retrouve un emploi », abonde Loïc Delpech, président de l’ATCG (lire entretien ci-contre).

    « Décarboner en créant

    de l’emploi »

    Après ces trois recrutements, une deuxième vague de huit autres salariés est prévue, le mois prochain, puis le reste des licenciés d’ici janvier 2027. À terme, le projet prévoit une cinquantaine d’emplois directs. « Même si ça a été un sentier long et tortueux, on salue la responsabilité des autorités, qu’il a fallu bousculer, par des mots et par moments », note Pascal Galéoté. Avant de souligner « le travail colossal » des salariés pour faire aboutir le projet et d’applaudir « l’exemple de ce que peut amener la lutte ».

    Un exemple à plus d’un titre, notamment sur le plan industriel et écologique. Maël Disa, fondateur de Gazotech, entreprise nantaise et associée aux salariés pour la création de Provex, loue une « première étape d’un projet de reconversion sociale qui est bien plus large : un projet industriel neuf sur le site de la Centrale ». Il rappelle que l’industrie à venir est « ambitieuse, quasi une première mondiale », puisqu’elle s’appuie sur de la récupération de bois déchet et un procédé de pyrogazéification pour la création de biogaz et son injection dans le réseau. « Et, ultimement, être liquéfié pour servir de carburant GNL [Gaz naturel liquéfié] pour les navires », développe-t-il. Avant de préciser : « On est sûr un projet circulaire, avec des intrants locaux, qui sinon partiraient ailleurs par camions. Et avec une récupération des cendres pour en faire du biocharbon qui remplace le fossile ». En bref : « Décarboner tout en créant de l’emploi. »

    Encore des étapes à franchir

    « On va continuer à accompagner le projet, sur le plan financier avec une partie des études qui restent à faire et aider à aller chercher des financements auprès de l’ensemble des partenaires institutionnels », précise le sous-préfet, Mathieu Gatineau. Car il reste bien quelques étapes d’importantes. Comme le résume Pascal Galéoté : « On ne parle pas encore de victoire, car le chemin est encore long. » Et notamment « des études qui doivent permettre l’aboutissement total du projet », précise Loïc Delpech. Et aussi une « autorisation environnementale à faire instruire ». Le tout étant intrinsèquement lié à l’activité de la centrale de Gardanne, dont l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation avait fait l’objet de débats juridiques et d’une nouvelle enquête publique, cette année.