Tag: Gardanne

  • À Gardanne-Biver, une issue positive se dessine pour l’école Paul-Cezanne

    À Gardanne-Biver, une issue positive se dessine pour l’école Paul-Cezanne

    Huit heures ce jeudi, à Gardanne, quartier Biver. Le bruit des casseroles et les chants de mécontentement venant de petites foules de parents d’élèves réunis devant les portails de deux écoles de la commune se font entendre. La menace d’une fermeture de classes à Lucie-Aubrac et Paul-Cezanne (Biver), dans le cadre d’une reconfiguration de la carte scolaire, a suscité la colère des parents d’élèves. Mais aussi des jeunes concernés.

    « On est sur une proposition de fermeture de classe avec un comptage des effectifs sur les deux écoles élémentaires [Mistral et Cezanne, Ndlr]. Actuellement, il y a douze classes entre les deux sites, six d’un côté, six de l’autre. Ils veulent revenir à onze classes, avec un effectif d’une moyenne de 25 élèves par classe. Ce qui est acceptable, mais avec une moyenne de 23-24 d’un côté et une moyenne de 27-28 élèves de l’autre », a expliqué Ariane Bonnet, présidente de l’Association FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) Biver.

    Présent sur place, Antonio Mujica, adjoint au maire, a estimé : « On ne peut pas faire des préconisations en disant que 24 élèves est une moyenne et balayer ça ensuite. Nous ne sommes pas d’accord avec ça. »

    Un écrit « pour confirmer »

    Il rappelle que la nouvelle configuration de la carte scolaire inclut « une ouverture de classe », prévue à l’école Beaurecueil, dans le centre de Gardanne. Finalement, et contre toute attente, les parents ont obtenu gain de cause. La commission carte scolaire n’aurait pas voté la fermeture d’une classe à l’école Paul-Cezanne, selon la FCPE de Biver. « L’action commune, entre la mairie et les parents d’élèves, a fonctionné. Cela met en avant l’efficacité de l’action collective », a commenté, en fin de journée, la FCPE. De son côté, la mairie indique attendre un écrit « officiel, d’ici le début de la semaine prochaine, pour confirmer ces informations ». La Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), en revanche, n’a pas pu nous confirmer l’information.

    Devant le portail de l’école Lucie-Aubrac, le ton est monté aussi, jeudi matin. « On a stressé pour nos enfants, puisque les classes pourraient aller jusqu’à 29-30 enfants, ce qui nous paraît énorme avec 15 enfants notifiés MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) sur l’école », indique Audrey. « On pense aussi à nos enseignants : 30 élèves, ce n’est pas possible. Nos enfants ne sont pas dans un apprentissage correct, on perd l’école publique. Cette fermeture accompagne tout le monde, le personnel accompagnant aussi », ajoute Camille. L’évolution de la situation concernant la fermeture de classe à Lucie-Aubrac n’était pas connue au moment où nous écrivons ces lignes.

  • Hervé Granier réinstallé en mairie de Gardanne

    Hervé Granier réinstallé en mairie de Gardanne

    Une partie du public s’est engouffrée en mairie, tandis qu’une autre scrutait l’écran de la Maison du Peuple, sur lequel était diffusé le conseil municipal d’installation à Gardanne, ce samedi. Hervé Granier (DVD) réélu maire pour un second mandat, avec 50,45% des suffrages exprimés, vient d’être reconduit, avec ses adjoints, par son conseil municipal. À sa gauche, siègent six élus issus de la liste menée par Jean-Marc La Piana (DVG). « Les promesses ne devront pas être oubliées et devront se confronter aux faits. Notre équipe au conseil municipal sera engagée, déterminée à représenter une opposition vigilante, exigeante et constructive dans l’intérêt de nos concitoyens », affirme Jean-Marc La Piana.

    Deux sièges sont occupés par le RN, mené par Bruno Priouret, ayant obtenu 12,08% des voix. « Durant cette campagne, nous avons été dignes, honnêtes, sincères, transparents. Nous avons présenté un projet sérieux et concret, qui nous servira de base de travail pour ce mandat, déclare Hervé Granier. Au-delà de ces engagements, les électeurs ont validé, lors de ces élections, notre méthode et notre façon d’agir, à savoir la proximité et la transparence (…) nous poursuivrons également notre gestion rigoureuse pour faire en sorte de pouvoir rendre des services publics de qualité à l’ensemble des administrés. » Et de promettre qu’un premier engagement de campagne sera « prochainement » concrétisé : la signature par les élus de la majorité d’une déclaration d’intérêts, consultable par les citoyens. Celle-ci sera aussi proposée aux élus de l’opposition.

    Les adjoints

    La liste d’Hervé Granier se compose de 10 adjoints au maire. Les attributions de délégations restent encore à venir. Antonio Mujica, déjà premier adjoint en 2020, chef d’entreprise ; Sandrine Zunino-Ghougassian, adjointe aux finances en 2020, fonctionnaire territoriale ; Arnaud Mazille, adjoint à la culture en 2020, avocat ; Claire Campodonico, infirmière libérale ; Alain Giusti, retraité de la fonction publique territoriale ; Sophie Cucchi-Gilas, mère au foyer ; Pascal Nalin, ingénieur chargé d’affaires ; Noura Araba, assistante de vie ; Vincent Randazzo, chef d’entreprise retraité ; Magali Scelles, préparatrice en pharmacie.

  • L’abandon du projet Hynovera sur la centrale de Gardanne confirmé

    L’abandon du projet Hynovera sur la centrale de Gardanne confirmé

    Hy2Gen avait déjà placé ses pions sur un autre échiquier et officialisé en mai 2025 un accord H2V, porteur depuis 2021 d’un projet industriel d’hydrogène renouvelable sur la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Le 10 février, une convention d’occupation sur 46,6 hectares de la ZIP était signée pour le nouveau projet H4, auquel le Port Marseille-Fos, Hy24 et Technip Energies sont associés. Cette fois, le groupe a définitivement jeté l’éponge à Gardanne face à la fronde citoyenne.

    À Fos, c’est un projet de grande envergure nécessitant un investissement de 1,5 milliard d’euros qui doit voir le jour en 2030 pour produire 390 MW d’hydrogène bas carbone pour l’avitaillement du transport aérien, avec 165 emplois à la clé. Il enterrait de fait Hynovera, qui soumis à la concertation publique sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), se retrouvait avec d’énormes bâtons dans les roues. Le 11 mars, le président et cofondateur, Cyril Dufau-Sansot, a confirmé que « fin 2025, le propriétaire du site a mis fin à ses engagements relatifs au foncier. Sans cette disponibilité foncière, le projet ne peut espérer le développement programmé ».

    L’avenir des salariés

    Du côté des salariés de la centrale thermique de Meyreuil qui ferraillent depuis 10 ans pour garantir l’avenir de l’activité et des emplois, « en réalité ça fait deux ans que ce projet est tombé aux oubliettes », note sans surprise Jean-Michel Roccasalva, délégué CGT. Sur le site, alors que le projet d’unité de biométhane de BMP, filiale de GazoTech, doit entrer dans la phase de concertation sous l’égide de la CNDP, c’est maintenant la très libérale Cour des comptes qui cherche des poux dans le contrat qui lie GazelEnergie à l’État.

  • À Gardanne, le maire sortant Hervé Granier reconduit

    À Gardanne, le maire sortant Hervé Granier reconduit

    À Gardanne, l’abstention, déjà élevée avec 43,76 % lors du premier tour, a encore progressé d’une soixantaine de voix pour atteindre 43,84% lors de ce deuxième round. Une grande déception pour l’équipe de la liste conduite par Jean-Marc La Piana (DVG), qui n’avait pourtant pas ménagé ses efforts pour convaincre cette réserve d’électeurs d’opérer un rebasculement de la commune à gauche, après avoir réussi une union qui avait fait défaut en 2020.

    Lors du premier tour, Hervé Granier avait été crédité de 43,56% devant Jean-Marc La Piana, à 36,48%. On note une forte érosion des votes en faveur du candidat du RN par rapport au premier tour, où il avait réalisé un score de 19,96%. « C’est cet écart de points qui a très probablement bénéficié à la liste du maire sortant », estimait un électeur dans la salle du foyer du peuple, où se déroulait le dépouillement.

    Le maire fraîchement réélu a misé sur une campagne retraçant son bilan, pourtant émaillé de dossiers toujours en instance devant les tribunaux. « Nous avons voulu, durant cette campagne, présenter le bilan précis et détaillé de ce mandat lors duquel 80% des engagements ont été mis en œuvre. Les électeurs ont reconnu ce bilan », s’est-il à nouveau félicité en regagnant l’hôtel de ville, où il offrait une collation à ses soutiens après avoir annoncé les résultats du scrutin. Les Gardannais ont en effet décidé de lui faire confiance pour un second mandat, « pour faire de Gardanne et Biver une ville plus belle. Le temps est venu de tenir ces nouveaux engagements », a-t-il ajouté, « en étant plus près de vous ».

    27 sièges pour la majorité

    Un bilan dont ses adversaires avaient pourtant souligné les faiblesses. « Nous avons dénoncé des erreurs de gestion avec des chiffres à l’appui et nous continuerons de le faire chaque fois que les choses ne vont pas dans le bon sens, a rappelé Jean-Marc La Piana. Nous avons fait non pas une campagne politique, mais une campagne citoyenne, en proposant une nouvelle stratégie de travail pour construire un programme qui corresponde aux attentes de la population. Nous avons des gens qui ont de belles compétences qui siégeront pour éviter que la ville dérive. »

    En récoltant plus de 50% des suffrages, Hervé Granier obtient ainsi une majorité à 27 sièges, soit trois de plus que lors de son premier mandat. Cumulées, les deux listes de gauche, lors des municipales de 2020, avaient gagné 10 sièges au conseil municipal. La gauche en conserve cette fois 6. Quant au RN Bruno Priouret, il avait obtenu 1 siège en 2020 et gagne un deuxième élu en mairie.

  • À Gardanne, retour à gauche « difficile, mais possible »

    À Gardanne, retour à gauche « difficile, mais possible »

    Lors du premier tour de ces municipales, Hervé Granier, maire sortant (LR), est arrivé en tête avec 43,5% des suffrages, suivi de Jean-Marc La Piana (DVG), 36,4%, et Bruno Priouret (RN), 19,9%. Avec un taux d’abstention en 2026 de 43,76%, les électeurs sont plus nombreux à ne pas s’être déplacés qu’en 2014, où il avait atteint 36%. C’est dans cette réserve de quelque 7 000 abstentionnistes que les candidats entendent aller à la pêche aux voix.

    En 2020, la division de la gauche avait profité à Hervé Granier qui avait remporté les municipales avec un taux de 35,74% (2 580 voix). Et c’est en affichant une confiante sérénité que le maire sortant aborde le second. Il s’est estimé « très largement plébiscité au premier tour », alors que 665 voix le séparent de son adversaire à gauche. Le candidat de droite, en dépit de décisions de gestion contestables, a convaincu 4 091 électeurs, tandis que la liste Ensemble, changeons de cap pour Gardanne-Biver, réunissant un large spectre de personnalités à gauche et portée par Jean-Marc La Piana, a été créditée de 3 426 voix. C’est plutôt l’abstention qui semble avoir été profitable au maire sortant.

    Prendre soin

    « On sait qu’entre le 1er et le 2nd tour, il peut y avoir 5 à 10% d’écart de pourcentage de votes. Si cet écart nous est favorable, on peut gagner », ne désarme donc pas le docteur Jean-Marc La Piana. Le spécialiste des soins palliatifs, fondateur de la Maison, ami de Roger Meï, maire historique de Gardanne entre 1977 à 2020, a réussi l’exploit de réunir sous sa bannière toutes les sensibilités de gauche de Gardanne et Biver. Cette liste d’union n’a pas encore eu l’heur d’augurer un revirement de Gardanne-Biver vers sa gauche historique. Mais après la déception du premier tour, l’équipe a redoublé d’effort pour se lancer à la reconquête des électeurs. Cette liste offre la seule alternative à la droite et à l’extrême droite dans la commune. « C’est possible, a considéré le candidat, difficile, mais possible. » Pour Claude Jorda, élu communiste sortant, il n’y a pas d’autre option : « Nous avons besoin d’une ville protectrice et fraternelle. »

    Du côté du RN, « ça va se jouer entre M. Granier et moi » s’est avancé Bruno Priouret devant nos confrères de La Provence. Si l’extrême droite a connu une progression par rapport à 2014 où le candidat du Front national Clément Lepoittevin avait obtenu 15%, dépasser la barre des 20% ne semble ici heureusement pas aussi simple que son représentant l’imagine.

  • À Gardanne, Claude Jorda appelle à voter J.-M. La Piana

    À Gardanne, Claude Jorda appelle à voter J.-M. La Piana

    Les deux hommes s’étaient affrontés lors des municipales de 2020, laissant Hervé Granier rafler la mairie à la gauche. Mais cette année, le rassemblement à gauche est complet à Gardanne.

    À la veille du second tour, le communiste Claude Jorda lance un appel à faire gagner le rassemblement. « Dimanche 22 mars pour le deuxième tour des élections municipales j’appelle les Gardannaises et Gardannais, les Bivéroises et les Bivérois à se rassembler pour la liste conduite par Jean-Marc La Piana », écrit-il dans une déclaration.

    Ville protectrice

    « Liste de rassemblement elle réunit des représentant.es des différentes formations de gauche ainsi que des habitantes et des habitants de notre ville engagés, qui ont à cœur de lui redonner une place dans notre département, de mettre en avant la justice sociale et le vivre ensemble », ajoute-t-il avant de rappeler qu’« avec mes amis élus du Collectif Citoyen Gardanne Biver nous avons combattu sans relâche ces dernières années en conseil municipal les dérives de la municipalité Granier, ses mensonges et rappelé ses promesses non tenues, nous avons dénoncé le mal-être au travail vécu par les agents de la Ville ainsi que son refus d’associer la population aux décisions municipales et de donner aux associations les moyens de se développer ».

    Pour l’élu sortant « les choix municipaux impactent notre vie au quotidien: dans la défense des services publics, le développement culturel, les moyens pour l’école, le logement, la lutte contre les discriminations… À un moment où le monde va si mal, où les bruits de bottes se font de plus en plus inquiétants nous avons besoin d’une ville protectrice et fraternelle ».

    « Alors ensemble dimanche faisons le choix d’un meilleur avenir pour notre ville, votons Jean-Marc La Piana », conclut-il.

  • À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    Pour cet entre-deux-tours, le candidat à la mairie de Gardanne Jean-Marc La Piana (DVG), a décidé d’aller à la rencontre des 43,76% de Gardannais qui ne se sont pas déplacés pour voter lors du premier tour des élections municipales. Arrivé en deuxième position avec 36,48% des suffrages, il affrontera au second tour le maire sortant Hervé Granier (LR), qui a obtenu 43,56% des voix et Bruno Priouret (RN), qui a recueilli 19,96% des suffrages. Pour tenter de renverser la dynamique, le candidat de gauche a choisi de concentrer ses efforts sur les abstentionnistes. « Pour nous, c’est important de mobiliser les électeurs qui se sont abstenus, que ce soit par colère ou résignation, affirme Jean-Marc La Piana. Leur voix compte, il faut qu’ils la fassent entendre. »

    Une campagne de proximité

    Depuis le début de la semaine, lui et son équipe de campagne multiplient les initiatives pour aller au contact des habitants. Porte-à-porte dans les différents quartiers, distribution de tracts et présence renforcée sur les réseaux sociaux : l’objectif est de recréer un lien direct avec les électeurs et de les convaincre de participer au second tour. Pour Jean-Marc La Piana, la proximité reste l’essence même d’une élection municipale. « C’est l’élection la plus belle parce que c’est celle où l’on parle directement aux habitants de leur quotidien », estime-t-il. Le candidat se dit d’ailleurs encouragé par l’accueil reçu lors de ses déplacements. « On est très content parce qu’on rencontre beaucoup de gens qui n’ont pas voté au premier tour et qui nous assurent vouloir participer au second pour garantir l’avenir de la ville », assure-t-il.

    Promesse de rupture avec la municipalité sortante

    Au cœur de son discours, Jean-Marc La Piana insiste sur ce qu’il considère comme la nécessité de tourner la page de la municipalité actuelle. Il critique la gestion du maire sortant, qu’il accuse de manquer de concertation avec les habitants. Selon lui, certains projets pourraient devenir des « scandales à venir » et entraîner une hausse des impôts locaux. « Moi, je veux de la concertation, fini l’opacité ! », martèle le candidat, qui promet de mettre en place des conseils de quartier afin d’impliquer davantage les habitants dans les décisions municipales. Dans son programme, il met également en avant la valorisation de l’éducation et de la culture, ainsi que la mise en place d’une police de proximité pour lutter contre le sentiment d’insécurité. Il annonce aussi vouloir mettre fin au projet de centre aéré. À quelques jours du second tour, Jean-Marc La Piana espère que la mobilisation des abstentionnistes pourrait rebattre les cartes. « Je veux une ville avec du lien et du soin, une ville où on se sent bien », conclut-il.

  • À Gardanne face à la droite, la gauche unie ne se résigne pas

    À Gardanne face à la droite, la gauche unie ne se résigne pas

    Le 22 mars chaque voix compte pour relever Gardanne-Biver », ne désarme pas le candidat de la gauche unie, Jean-Marc La Piana, dont la liste Changeons de cap ensemble pour Gardanne-Biver, prend la deuxième place avec 36,48% des voix lors de ce premier tour. De la déception mais pas de fatalisme au sein d’une équipe qui assure rester combative. Le maire sortant ayant quant à lui affirmé qu’il refuserait toute fusion avec le RN mené par Bruno Priouret qui récolte 19, 96% de suffrages, soit une progression de 8 points par rapport à 2020.

    « La voix de la colère ne doit pas être celle de la résignation mais être le socle d’une véritable alternative solide à la municipalité sortante. La seule alternative crédible c’est celle que nous portons », a déclaré Jean-Marc La Piana devant les militants venus le soutenir à son local de campagne. Une campagne dynamique où toutes les forces de gauche avaient réussi le tour de force d’une large mobilisation et d’un grand travail de terrain au plus près des habitants. Une abstention forte de 41%, soit près de 7 000 inscrits, « constituera notre terrain de travail, c’est là qu’on ira chercher de quoi redonner confiance aux électeurs », confie Amélie Barbey. Une option confirmée par Kafia Bensadi, qui considère que « Granier a fait le maximum de son score, il n’a plus de réserve ».

    Ils étaient plus de 3 400 à accorder leur confiance à la liste Changeons de cap ensemble pour Gardanne Biver pour ce premier tour. « Nous devons maintenant amplifier l’élan qui s’est manifesté pour être au rendez-vous de la victoire le 22 mars », a encouragé la tête de liste, rappelant les enjeux sur la commune : « Vous avez le choix entre figer notre commune dans l’immobilisme ou lui donner toute sa place. » La gestion du maire sortant a en effet été marquée par des projets de smart city ou de centre aéré démesurés mis en sursis par les tribunaux ou encore en proie à de coûteuses études. « Il est en train de bouffer toute la caisse de réserve, ce sont les Gardannais qui vont payer les factures et tout cela a été décidé sans aucune concertation avec la population. Il faut que les gens se réveillent », déplore un militant.

    Le 22, déterminés

    ou immobiles

    Au foyer du peuple, Hervé Granier était venu suivre le dépouillement mais s’est refusé au commentaire. « Ces résultats sont l’expression de la confiance accordée par les Gardannais depuis 2020. Nous avons réalisé le programme que nous avions porté. Nous avons fait une belle campagne », s’est simplement félicité son directeur de campagne, Antonio Mujica, regrettant toutefois « le score élevé du RN ».

    Les yeux rivés sur les résultats des 17 bureaux de vote, et sur ceux qui arrivent des communes voisines sur son portable, un sympathisant de gauche tempère l’analyse : « L’équipe de La Piana a fait un travail sérieux et sincère sur le terrain, mais il y a eu beaucoup de paillettes dans la campagne de Granier, il en a mis plein la vue avec des images de drones, des prestations sur les chaînes CNews ou le JDD, ou encore à travers les réseaux sociaux, c’est une énorme charge médiatique qui a porté sa candidature. »

    Une grosse bataille reste à mener pour l’équipe de la gauche unie. « Par découragement ou par résignation », analyse Marion Robert, de nombreux électeurs ne se sont pas déplacés. « Dimanche prochain, vous aurez le choix entre la détermination ou la résignation, la volonté ou le fatalisme, le changement ou la poursuite d’une politique qui a abîmé la ville et votre quotidien » a encore alerté Jean-Marc La Piana.

  • [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    C’est le cas à Martigues où le maire communiste sortant, Gaby Charroux, va tenter de conserver le bastion communiste qu’il tient depuis 2009. Mais il doit faire face à une extrême droite qui ne cesse de progresser lors des scrutins nationaux (45,47% des voix dès le premier tour sur la ville lors des législatives de 2024). Et surtout une belle division à gauche avec deux listes concurrentes, l’une conduite par l’insoumis Frédéric Grimaud et une autre de son ancienne adjointe Anne-Marie Sudry (GRS). Lors des dernières municipales, il avait été réélu dès le 1er tour (plus de 60%), contre deux listes qui retentent le coup pour ce scrutin : une d’extrême droite et une pour Les Républicains.

    C’est un peu le même principe à Fos-sur-Mer où Rémi Esnault, le successeur désigné du maire, René Raimondi (ex-PS), fait face à une autre liste classée à gauche, et une liste d’alliance entre la droite et l’extrême droite ainsi qu’une liste centriste. À Miramas, là aussi la gauche part en ordre dispersé. Avec d’un côté, la liste du maire sortant, Frédéric Vigouroux (DVG) élu depuis 2008, et d’un autre côté la liste d’union de la gauche. Le tout, face à une liste du RN. Et que dire de Berre-l’Étang où le maire candidat à sa succession, Mario Martinet, se retrouve avec deux autres listes divers gauche et le RN.

    À Istres comme à Vitrolles, les deux maires sortants en place depuis plusieurs mandats et élus dès le premier tour en 2020, font aussi face à des oppositions à l’affût. Pour Istres, François Bernadini (DVG), en lice pour un 5e mandat retrouve une liste du RN, une liste de droite et une autre liste estampillée à gauche pour lui contester cette sous-préfecture. Configuration moins élargie à Vitrolles où le socialiste Loïc Gachon, maire depuis 2009, a le RN et une liste centriste face à lui.

    Des progressistes

    en bonne position

    Il y a des villes où les listes progressistes ont des raisons d’espérer une bonne position au soir du premier tour. À Roquevaire, c’est Hélène Spinelli, la première adjointe du maire sortant Yves Mesnard, qui conduit la seule liste de gauche sur la commune et peut compter sur la division de la droite avec deux listes, ainsi qu’une liste centriste. À Septèmes-les-Vallons, le maire communiste historique de la commune, André Molino vise un 5e mandat. Mais à la différence de sa victoire de 2020 dès le premier tour (plus de 80%) des voix face à une liste RN, il fait face cette fois à un candidat investi par l’Union des droites d’Éric Ciotti et une liste insoumise.

    Des duels et des bastions

    à reconquérir

    Dans deux autres bastions communistes, à Port-de-Bouc et au Rove, la configuration est similaire : le PCF est en duel direct avec l’extrême droite et l’élection sera jouée dès ce 15 mars. Pour la première, le maire sortant, Laurent Belsola est confronté à une liste de droite soutenue indirectement par le RN. Pour la seconde, Paul Sabatino, également maire sortant puisque le défunt Georges Rosso lui avait passé la main, a un duel avec une liste RN.

    Du côté des reconquêtes possibles, trois communes d’importance sont dans le viseur. À Arles, ville longtemps sous pavillon rouge, le maire sortant, Patrick De Carolis (Horizon), voit son siège contesté avec une désunion dans son camp via une autre liste centriste. Une fenêtre donc pour le communiste Nicolas Koukas, arrivé 2e en 2020, à la tête d’une vaste liste d’union de la gauche mais sans les insoumis, qui en conduisent une autre.

    Même principe à Aubagne, également ancienne ville communiste, prise en 2014 par l’actuel maire sortant Gérard Gazay (LR). La présence de deux listes classées au centre, conduites par d’anciens adjoints, risque de ne pas l’aider. Le candidat de l’union de la gauche (là encore hors LFI qui a sa propre liste), Jean-Pierre Squillari, a une carte à jouer. Quid de Gardanne, ville historiquement PCF malencontreusement passée à droite en 2020. Le maire de droite sortant, Hervé Granier (LR) fait face à une gauche largement unie autour de Jean-Marc La Piana et une candidature du RN.

  • À Gardanne, un cap sur « le soin et le lien »

    À Gardanne, un cap sur « le soin et le lien »

    Quelque 200 places assises occupées et des dizaines de Gardannais et Bivérois restés débout au fond de la salle. Sur la scène, des colistiers et des vidéos pour donner du corps au slogan de la liste Ensemble, changeons de cap pour Gardanne, qui synthétise le programme et la méthode La Piana.

    Un programme en rupture avec l’expérience de 5 ans et demi de gestion municipale par le maire LR Hervé Granier, marquée par « une gestion non concertée », ont souligné Jean-Louis Gil et Sylvia Caramanna, un projet de Smart City suspendu et un autre de centre aéré à 13 millions d’euros empêtré dans de coûteuses études. Mais aussi, des fermetures de services publics, centre de santé, bureau de poste, boutiques, « sans rien faire », alors que le foncier a grimpé en flèche. Dans son programme, la liste menée par le fondateur de La Maison, spécialisée dans les soins palliatifs, s’engage à redresser la barre avec « un nouveau centre aéré, des écoles rénovées, une crèche municipale, une mutuelle communale, une salle de spectacle, un cadre de vie sécurisé avec une police municipale d’îlotiers présents sur le terrain et un renforcement de la médiation sociale, des tarifs municipaux revus à la baisse… ».

    Un programme travaillé par l’équipe La Piana, partie à la rencontre des habitants. « On a joué le jeu avec six concertations de quartiers et dix mois de réunions thématiques sur les grands axes », a résumé Jean-Michel Cordier pour la méthode. « Et un questionnaire distribué à 10 000 exemplaires » pour l’outil. Des réunions « d’un excellent niveau où on a senti une écoute sincère » a apprécié une femme « exigeante », interrogée à la sortie de l’une d’elles, dans une des vidéos qui ont ponctué les prises de parole. Et pour sceller leur engagement, réunis sur le podium, les colistiers ont paraphé une Charte de probité et de prévention des conflits d’intérêts.

    Amine Kessaci et Sébastien Meï en soutien

    Deux touchantes surprises également lors de ce show fraternel à la gardannaise. Le jeune militant de la lutte contre le narcotrafic Amine Kessaci, qui figure en troisième position sur la liste de Benoît Payan, maire sortant de Marseille, est apparu sur une vidéo dans laquelle il a apporté son soutien à Jean-Marc La Piana, « un homme attaché à son territoire. Car nous avons besoin d’une dimension métropolitaine », a-t-il précisé. De quoi tisser un lien entre la ville et sa région. Mais aussi entre son histoire et son avenir. Avec un autre soutien incarné par Sébastien Meï, petit-fils de l’ancien maire communiste. En montant sur la scène l’enfant du pays a salué les colistiers par leur prénom. « J’ai grandi avec eux, on était content d’être les uns avec les autres quels que soient nos milieux sociaux. J’ai envie que les jeunes connaissent les couleurs de la solidarité. Jean-Marc les incarne. »

    Ému, porté par la confiance retrouvée, le candidat de cette union à gauche a assuré relever le défi d’une ville « du soin et du lien » afin de « rompre avec l’immobilisme et la mauvaise gestion » pour mettre le cap sur « une ville inclusive, protectrice, solidaire, engagée pour la jeunesse et attentive à tous ses habitants » dans une « démarche volontariste, territoriale et partenariale ».