Tag: Gard

  • Le PCF alésien annonce une rentrée chargée

    Le PCF alésien annonce une rentrée chargée

    Cette nouvelle direction, « rajeunie et féminisée avec 50% de ses membres en activité professionnelle », n’a pas lésiné cet été pour préparer la rentrée. Après avoir vu la gauche disparaître du conseil municipal, le Parti communiste alésien souhaite repartir à l’offensive. Pour cela, il s’est déjà mobilisé cet été contre « la décision du maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas (ED) d’augmenter les tarifs de la cantine et de la garderie » et a lancé une « campagne de solidarité auprès des familles victimes des incendies » tout en réclamant « davantage de moyens humains et matériels pour les sapeurs-pompiers, pour l’Office national des forêts et une politique publique de prévention et d’adaptation face aux conséquences du changement climatique ». La section alerte également sur la fermeture d’une classe à Bagard et soutient la mobilisation à l’école Joséphine-Baker au Près-Saint-Jean pour l’ouverture d’une classe supplémentaire.

    « Nous voulons aussi porter haut et fort les intérêts des travailleurs et les porter avec eux : hausse des salaires bruts, retraite à 60 ans à taux plein, réindustrialisation, revalorisation du point d’indice… Les sujets ne manquent pas », détaille la nouvelle secrétaire de section, Cécile Alphon-Layre. Pour cela, le PCF alésien participera aux journées d’actions du 15 septembre sur la santé et l’énergie et surtout celle du 29 septembre pour la fonction publique.

    Lutte contre l’extrême droite

    Face à la montée de l’extrême droite (44% aux dernières élections municipales à Alès) et les violences qui l’accompagnent, la section organise un « forum unitaire contre les idées d’extrême droite et la montée des fascismes » le samedi 26 septembre (14h-23h à l’espace Cazot, entrée libre). 28 collectifs, organisations politiques, associations et librairies locales se sont joints à l’appel pour proposer des débats et conférences avant une grande soirée musicale. Ce premier forum unitaire sera également l’occasion de rappeler la violence qui s’est exercée au Prolé lors de la feria 2025 par le groupuscule Bloc Montpelliérain et d’appeler à un grand rassemblement le 6 octobre (8h30) pour l’ouverture du procès de trois de ses membres. « Nous sommes soulagés qu’il y ait un procès mais aujourd’hui, le caractère prémédité et politique n’est pas mentionné. Or, ils ne sont pas venus par hasard donc les avocats des victimes vont vraiment insister sur ces deux points », souligne Cécile Alphon-Layre.

    Après ce rendez-vous attendu depuis de longs mois maintenant, le PCF alésien participera le 16 octobre aux initiatives organisées autour de l’anniversaire du Front Populaire et organise un débat le 17 octobre sur les menaces contre la culture avec Pierre Dharréville, Denis Lanoy et Patrick Malavieille.

  • À Aramon, « Émergences » fait de l’eau une affaire commune

    À Aramon, « Émergences » fait de l’eau une affaire commune

    À Aramon, l’eau ne sera pas un décor. Du 11 au 13 septembre, Émergences revient pour une cinquième édition qui entend faire de cette ressource vitale un sujet de culture, de débat et d’action. Né en 2022 dans le sillage de la mémoire des inondations meurtrières de 2002, le festival revendique depuis sa devise : « Alerter et émerveiller ». Une manière de ne pas opposer la fête à l’urgence écologique.

    Au bord du Rhône, dans une commune de 4 500 habitants, Émergences assume ainsi le contre-pied des grands rassemblements. « Alors que certains événements se pressent dans la course au gigantisme, nous opposons une logique de sobriété, un festival à taille humaine », revendiquent les organisateurs : jauges modestes, lieux déjà existants, hébergement des artistes dans le village, circuits courts, tri des déchets, fontaines à eau et zéro bouteille plastique, limitation des impressions, covoiturage et mobilités douces. Le festival, labellisé « Événement détonnant » niveau 1, met aussi en avant une « green team » chargée de réduire son empreinte. Environ 3 000 visiteurs sont attendus sur trois jours.

    Du climat à la piste

    de danse

    Mais l’écologie ne se limite pas aux coulisses. Elle irrigue toute la programmation. Deux tables rondes doivent aborder la gestion de la ressource, le risque inondation et les solutions locales d’adaptation. Dans la zone humide des Paluns, balades botaniques, spectacle « L’arbre fleuve » et sorties à vélo invitent à regarder autrement des milieux fragiles. Expositions sur les glaciers et les deltas, marché de producteurs, ateliers de réparation, cuisine durable ou fresque de l’eau prolongent cette volonté : donner des clés concrètes plutôt que réduire le climat à une menace abstraite.

    La musique reste toutefois au cœur du rendez-vous. Vendredi 11 septembre, la pianiste Bridget Yee précédera Walid Ben Selim, voix profonde de la poésie soufie. Samedi 12, le Brésilien João Selva mêlera samba, soul et funk, avec un engagement assumé contre la déforestation. Dimanche 13, La Mal Coiffée refermera le week-end avec ses polyphonies occitanes et ses percussions. La plupart des rencontres, animations et balades sont gratuites, tandis que les concerts au château sont annoncés à 18 euros, 12 euros en tarif réduit. À Aramon, Émergences veut ainsi faire de l’eau un bien commun dont on parle ensemble, sans renoncer au plaisir de chanter, marcher ou danser.

  • Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Ils roulent vite ces bougnoules (…) J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan… ». Les propos racistes mais aussi misogynes, transphobes et complotistes de policiers municipaux de Carcassonne filmés à leur insu et dévoilés mardi 8 septembre par Midi Libre sont si abjects que le RN – dont est proche l’un des agents incriminés – s’est lui-même vu obligé de réagir.

    Christophe Barthès, le nouvel édile RN de Carcassonne, a qualifié les propos « d’inacceptables » et promis d’engager « des procédures et des sanctions (…) à la hauteur de la gravité des faits ». Lesquels remontent à novembre 2025, mais semblent, depuis son arrivée fin mars, avoir été portés à sa connaissance sans provoquer de réaction.

    Du côté du RN, pour lequel le principal auteur visé, un ex-militaire de 50 ans, était bénévole (notamment auprès de Jordan Bardella), il a été « immédiatement suspendu de ses fonctions de bénévoles auprès du service d’ordre du parti ». Une « procédure d’exclusion » a été engagée par le RN. « Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l’ensemble du corps de la police municipale. C’est évidemment un cas isolé », tempère le maire RN de Perpignan, Louis Aliot.

    Pour beaucoup d’autres au contraire, ce scandale est révélateur. À la fois des maux dont souffre la police et du vrai visage du parti d’extrême droite. « Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le RN ouvrent les yeux : rien n’a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme », a lancé sur X Manuel Bompard (LFI). La présidente PS de la Région Occitanie, Carole Delga, s’est dite sur X « écœurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne ». Elle a appelé à des sanctions.

    Du côté de SOS Racisme, qui a porté plainte et se constituera partie civile en cas de procès, « cette affaire grave montre une fois de plus la réalité crasse du racisme des individus qui gravitent autour du RN. Et l’absence de fermeté des élus face au racisme dans la police ». Le parquet de Carcassonne qui a fait suspendre les policiers, a fait savoir qu’une enquête est en cours depuis plusieurs mois. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’Inspection générale de l’administration (IGA). En 2023, le même prétendait qu’« il n’y a pas de racisme dans la police »…

    En novembre 2025, une patrouille de 4 policiers municipaux avait filmé à son insu 6h de ses interventions. Sur la vidéo, s’enchaînent les tirades tantôt misogynes : « Le patriarche, c’est celui qui commande à la maison, celui qui bande et qui a les muscles (…). les connasses à l’époque dans les grottes, si elles n’étaient pas avec leur mec, elles se faisaient buter à l’extérieur ». Tantôt complotistes transphobes visant Brigitte Macron. Et systématiquement xénophobes, comme sur la guerre d’Algérie. « Et alors ? On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! Et eux, combien de soldats ils ont niqué ? (…) Après, où commence la torture ? ». Enfin des relents colonialistes sur les peuples africains. « Entre tribus, ils se vendaient, ces singes (…) Je crois que je commence à devenir raciste ». Un éclair de lucidité dans un océan de vomi.

  • Édouard Philippe en campagne à Alès

    Édouard Philippe en campagne à Alès

    Après Gérald Darmanin et Gérard Larcher (LR), c’est donc Édouard Philippe (Hor.) qui s’est rendu à Alès pour soutenir son maire Christophe Rivenq (LR) après les menaces reçues cet été signées DZ Mafia. Alors que la campagne présidentielle s’accélère en cette rentrée, Alès est devenue le symbole de ces villes moyennes gangrenées par le trafic de drogue et donc le lieu idéal pour les responsables politiques pour affirmer leur combat contre le narcotrafic à peu de frais.

    L’ancien Premier ministre a donc rencontré le maire d’Alès lundi 7 septembre. Après avoir rencontré les membres de la majorité municipale, déjeuné avec des chefs d’entreprise et échangé sur les enjeux de sécurité, de justice, et la lutte contre le narcotrafic à l’hôtel municipal d’Alès, il a détaillé plusieurs mesures face à la presse.

    Édouard Philippe a par exemple proposé la mise en place d’un « état d’urgence » sur le narcotrafic qui permettrait, selon lui, de « prendre des mesures administratives, de réaliser des perquisitions, d’utiliser des moyens technologiques comme la reconnaissance faciale, d’interdire l’accès d’une zone à des trafiquants ». Le maire du Havre souhaite aussi « taper les narcotrafiquants au portefeuille » et être « beaucoup plus ferme avec les consommateurs ».

    Celui qui a reçu le soutien de Gérald Darmanin cet été, ministre de la Justice depuis 2024 et ancien ministre de l’Intérieur entre 2020 et 2024, s’inscrit donc dans la lignée du tout répressif de son allié alors que les résultats en la matière sont plus que contestables. La consommation de cocaïne a par exemple triplé en cinq ans, celle d’ecstasy/MDMA a doublé entre 2019 et 2023, les violences pour le contrôle des points de deal ont explosé et le trafic n’a cessé de s’étendre ces dernières années, touchant désormais une majorité de communes rurales. L’actuelle situation à Alès, comparable à celle également très inquiétante de Bagnols-sur-Cèze, n’en est qu’un nouvel exemple. Dans ce contexte, les remèdes du candidat Édouard Philippe semblent loin de pouvoir régler le problème.

  • Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    La situation dans la santé, à l’hôpital ou en Ehpad, ne fait plus la une de l’actualité. Pourtant, la situation reste critique dans ces structures. Encore plus après l’été que les agents ont enduré, devant faire face à un afflux de patients à cause des canicules à répétition. « Il y a une journée où on a dépassé les 230 passages aux urgences, ce qui n’était jamais arrivé », confirme Romain Sabran, le secrétaire général de la CGT du centre hospitalier Alès-Cévennes.

    Mardi 15 septembre, il accompagnera une délégation d’Alès et des alentours à Montpellier pour manifester devant la préfecture. « On a toujours un absentéisme élevé, notamment dans les maisons de retraite. On est à 15-16% d’absentéisme, ce qui est bien au-dessus de la moyenne nationale. Quelques structures ont fonctionné tout l’été en sous-effectifs. Des lits ont été fermés durant l’été, notamment des lits d’ambulatoire et d’hospitalisation de jour. Des lits en pédopsychiatrie ont aussi été fermés temporairement », décrit Romain Sabran.

    Face à cette situation loin d’être isolée, la CGT appelle à se rassembler devant la préfecture entre 12h et 14h. Une délégation doit d’ailleurs être reçue par la préfète. Les agents souhaitent ainsi continuer d’alerter sur leur situation mais aussi peser dans le débat à venir sur le financement du budget de la sécurité sociale. « On a besoin d’un renfort de personnel. On demande aussi des hausses de salaires car avec le tassement des grilles, des agents se retrouvent aujourd’hui en dessous du Smic et reçoivent donc une indemnité compensatrice. Il y a aussi la question de la formation du personnel car on emploie de plus en plus de gens non qualifiés, notamment dans les Ehpad. On demande aussi l’abrogation de la fameuse taxe sur les salaires, qui est en grande partie responsable des difficultés financières des hôpitaux », liste Romain Sabran.

    Les énergéticiens

    en colère

    Les acteurs de la santé ne seront pas les seuls en grève mardi 15 septembre. Quatre organisations syndicales de l’énergie, dont la CGT, appellent également à la mobilisation. C’est un rapport de la Cour des comptes préconisant de revenir sur le tarif agent qui a mis le feu aux poudres. « Le tarif agent permet de payer 10% de l’électricité », explique la secrétaire générale de la CGT Énergie du Gard, Élodie Constantin. « Mais en contrepartie, on a des salaires qui sont inférieurs au salaire du commun des mortels. C’est un droit hérité de la création du statut de 1946. »

    Les agents sont donc appelés à se rassembler devant les préfectures. 300 d’entre eux sont ainsi attendus devant la préfecture du Gard à Nîmes. « Il y a de la colère parce qu’il n’y a pas que le tarif agent. Ils remettent aussi en question les heures supplémentaires et les astreintes alors qu’on ne peut pas s’en passer car on n’a pas assez d’agents. Si on veut supprimer les heures supplémentaires, il faut doubler les effectifs. Il y a aussi un problème de formation. On demande aussi le retour à un prix garanti car l’énergie est un bien commun », détaille Élodie Constantin.

    Une situation d’autant plus compliquée que les agents de l’énergie ont également été particulièrement sollicités face aux canicules et aux incendies. « Déjà en décembre, il y avait eu une tempête puis en janvier des inondations. Avec les canicules, nos ouvrages souffrent et il faut des agents sur le terrain. En ville, des agents vont travailler en soute et quand il fait 40 degrés dehors, il fait 60 dans la soute », conclut Élodie Constantin.

  • Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Utilisé pour des usages légaux, notamment dans l’industrie et la médecine, le protoxyde d’azote est massivement détourné pour un usage dit « récréatif » mais qui n’a plus rien d’hilarant. Il suffit d’une petite cartouche de protoxyde, ou désormais d’une bonbonne jetable, d’un banal ballon gonflable pour se droguer à moindres frais. Sauf que depuis une dizaine d’années, le « proto » est devenu une des substances les plus populaires chez les jeunes, entraînant accidents et handicaps à vie.

    Peu nombreux sont les usagers de cette drogue à mesurer qu’ils sont les victimes d’un trafic très lucratif à échelle européenne et mondiale. Exemple : en 2023 à Nîmes un vaste réseau de vente illicite de bonbonnes de protoxyde d’azote a été démantelé. Les chiffres sont énormes : entre « 200 000 et 500 000 bonbonnes » auraient été achetées puis revendues par le principal suspect « via plusieurs sociétés. Un trafic estimé entre 2,7 et 6,7 millions d’euros » relatait à l’époque France 3 Occitanie. Deux ans plus tard, en avril 2025, le tribunal correctionnel de Nîmes avait lourdement condamné les trois prévenus : « 3 750 euros d’amende pour la vente des crackers (dispositif d’extraction) ; 1 an avec sursis et 60 000 euros ; 4 ans de prison, 250 000 euros et confiscation de 3 immeubles pour l’organisateur » avait résumé sur les réseaux sociaux la procureure de Nîmes, Cécile Gensac.

    La Ville de Montpellier fait usage de fermeté, sans trembler, depuis septembre 2024 en interdisant la vente au détail et en procédant à des fermetures administratives d’épiceries de nuit. Selon la police municipale deux cents de ces établissements vendaient des bonbonnes. L’arrêté municipal signé par le maire socialiste Michaël Delafosse (PS), justifie ces mesures par la dangerosité du produit. « La consommation de cette substance entraîne des risques graves pour la santé : troubles moteurs, altération de la perception, convulsions, troubles neurologiques », précise l’arrêté municipal. Elles « ont été sources d’accidents parfois mortels et de refus d’obtempérer ».

    Dès 2021 la loi sanctionne la détention et le transport par un particulier de protoxyde d’azote au-delà d’une certaine quantité. La législation s’est encore musclée en 2026 : la loi fourre-tout, Ripost, promulguée le 18 août prévoit qu’à partir du « 1er février 2027, la vente de protoxyde d’azote aux particuliers sera purement et simplement interdite. En outre, un délit d’inhalation détournée de protoxyde d’azote hors cadre médical est créé ». L’amende sera de 500 euros. La répression donc.

    Mais pour Yann Bisiou, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’université Paul Valéry de Montpellier, spécialiste des politiques publiques sur la drogue, la réponse apportée par la loi Ripost « ne sera pas efficace ».

    Mais face à l’ampleur du trafic, c’est la loi du bâton qui domine. Début septembre, le préfet de police de Paris a révélé que 26 tonnes de bonbonnes de protoxyde d’azote ont été saisies dans l’agglomération parisienne au cours des 8 premiers mois de l’année, soit déjà dix fois plus que sur l’ensemble de l’année 2025. le protoxyde d’azote « est un problème sanitaire et un problème d’ordre public », résume Patrice Faure. Mais il mise sur la loi Ripost pour « apporter des réponses beaucoup plus fermes et visibles ».

    Les professionnels de santé souhaiteraient de véritables campagnes préventives à l’échelle nationale comme l’explique à La Marseillaise la professeure Hélène Donnadieu-Rigole, responsable du service addictologie du CHU de Montpellier. Pour l’heure, les villes sont en première ligne et mènent leur propre campagne de prévention tout en devant gérer la terrible pollution générée par ces bonbonnes.

    EN CHIFFRES

    12%

    des jeunes âgés de 16 à 30 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote comme gaz hilarant contre 6% il y a quatre ans, selon le baromètre Ipsos commandé par la Macif en juin 2026. L’Occitanie est l’une des régions les plus touchées.

    27%

    des consommateurs de protoxyde d’azote déclarent avoir des pensées suicidaires selon la même étude Ipsos.

    25%

    des consommateurs réguliers déclarent avoir eu un accident de la route après avoir inhalé du protoxyde d’azote. En tête des consommations chez les jeunes : l’alcool, suivi du tabac puis du cannabis.

  • Avignon : l’arrêté polémique devant le tribunal

    Avignon : l’arrêté polémique devant le tribunal

    Deux semaines après le dépôt de recours en annulation de la Ligue des Droits de l’homme et la fédération des acteurs de la solidarité (FAS) contre l’arrêté réglementant l’occupation de l’espace public à Avignon, l’affaire était étudiée au tribunal administratif de Nîmes ce jeudi 10 septembre.

    Plusieurs points étaient contestés par les structures, notamment à propos de la proportionnalité géographique et temporelle. « L’arrêté évoque des personnes qui occupent l’espace “de manière prolongée” des “regroupements de personnes“ ou des périodes de “forte affluence“. La commune a dû s’expliquer sur ces notions assez vagues », explique en sortie d’audience Philippe Ramon, avocat de la FAS Paca.

    La municipalité a transmis un dossier de plusieurs centaines de pages. Où sont listés plusieurs centaines d’« évènements », à savoir des verbalisations ou des mains courantes, dressées depuis le 31 juillet, date de publication de l’arrêté. « On produit beaucoup de pièces pour dire, “regardez, il y a beaucoup de problèmes“. C’est pour nous un nuage de fumée. Pour certaines rues, il y a peu ou pas d’actes qui les concernent », argumente Philippe Ramon.

    Attente de la décision

    Du côté de la municipalité, contactée par La Marseillaise, pas de commentaire tant que la décision du tribunal n’est pas rendue. Celle-ci devrait être donnée en cette fin de semaine ou en début de semaine prochaine. Pour rappel, l’arrêté avait été décidé suite à un « à des constats des forces de l’ordre, à des signalements de riverains, d’usagers et de commerçants, ainsi qu’à des actions préalables de prévention et de médiation ». Et qu’il « réglemente des comportements susceptibles de constituer un trouble à l’ordre public » sans viser « une catégorie particulière de population ».

  • Carole Delga acte un cluster nucléaire pour « préparer l’avenir »

    Carole Delga acte un cluster nucléaire pour « préparer l’avenir »

    À Laudun-l’Ardoise, le vieux bassin industriel gardois entend ouvrir un nouveau chapitre. Autour de Marcoule, près de 70 ans de nucléaire ont façonné un bassin de sous-traitants, d’ingénieurs, de chercheurs et d’ouvriers qui reste, avec près de 160 entreprises, le deuxième pôle industriel d’Occitanie. Vendredi 4 septembre, Carole Delga (PS) est venue y défendre une ligne claire : faire de cet héritage un levier de réindustrialisation et de souveraineté énergétique.

    « Nous avons besoin d’être de nouveau un pays producteur », a martelé la présidente de Région devant les représentants de Cyclium et du Collectif. Pour elle, « le débat pro ou anti-nucléaire est derrière nous ». Dans un contexte géopolitique tendu, elle assume son soutien aux EPR2 de Tricastin et de Golfech comme au développement des petits réacteurs modulaires. « Notre indépendance énergétique ou la dépendance au gaz russe » : elle pose le choix en ces termes, tout en appelant à ne plus opposer nucléaire et renouvelables.

    Sur ce territoire présenté comme le « berceau du nucléaire français » par Patrick Palisse, vice-président de la Communauté d’agglomération du Gard rhodanien, les projets se multiplient. Hexana et Otrera travaillent sur des réacteurs de nouvelle génération autour de Marcoule. À quelques kilomètres, MGH Energy prévoit sur l’ancienne friche ArcelorMittal de L’Ardoise une usine de carburants de synthèse, avec un investissement annoncé d’un milliard d’euros et quelque 200 emplois permanents à terme. Des projets encore soumis à des calendriers, financements et autorisations, mais qui redonnent des perspectives à un bassin marqué par plusieurs abandons industriels.

    C’est dans ce contexte que Carole Delga a acté la création d’un cluster nucléaire, destiné à donner davantage de visibilité au tissu local et à coordonner entreprises, recherche, innovation et formation. Ses contours et son articulation avec les réseaux déjà existants restent à préciser. Mais derrière l’outil de structuration, une question demeure : quelle réindustrialisation et pour quels emplois ?

    Des milliards, mais quels emplois ?

    Car les milliards annoncés ne suffiront pas à eux seuls à faire vivre le territoire. Les industriels alertent déjà sur les départs à la retraite et le manque de salariés qualifiés. « La question de la formation initiale et continue est essentielle », insiste Carole Delga. Le CEA de Marcoule, l’INSTN, le Campus des métiers ou encore le futur dispositif Invictus doivent permettre de transmettre des savoir-faire parfois longs à acquérir et d’éviter que la relance industrielle ne se heurte à une pénurie de compétences.

    Encore faut-il que ces emplois soient suffisamment attractifs pour retenir les salariés. Salaires, conditions de travail, logement, services publics et transports pèseront autant que les investissements industriels dans une filière largement structurée par la sous-traitance. Carole Delga place elle-même le travail au cœur de son discours. « Nous avons besoin de créer des emplois qui rémunèrent et de garantir la dignité à tous nos habitants », affirme-t-elle. Une promesse qui donne aussi une mesure à l’ambition affichée : la réindustrialisation ne pourra être jugée seulement au nombre de milliards investis ou de réacteurs annoncés, mais à sa capacité à créer des emplois durables, qualifiés et correctement rémunérés sur le territoire.

  • « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    Ils sont venus par centaines, debout dans les travées, agglutinés sous les voûtes du Parnasse où la chaleur du jour ne retombait pas. Mardi 8 septembre au soir, près de 1 500 Nîmois ont répondu présent à la restitution des rencontres « Bonjour Nîmes », l’exercice de démocratie participative lancé au printemps par le maire communiste Vincent Bouget et sa majorité. Sept réunions de quartier entre le 7 mai et le 2 juillet, entre 2 500 et 3 000 habitants croisés, 197 prises de parole recueillies et passées au crible. La restitution devait initialement se tenir le 8 juillet ; la canicule l’avait forcée à s’effacer. Ironie du calendrier, c’est encore dans une salle suffocante que Nîmes est venue parler de sa ville. Ce soir-là, il fallait rendre des comptes.

    « On peut faire de la politique autrement, et on va faire de la politique autrement », lance en ouverture Laurent Mespoulet, adjoint au développement économique. La formule résume l’ambition de cette méthode, à l’opposé d’un programme ficelé d’en haut : une parole recueillie sur le terrain, restituée point par point devant les habitants eux-mêmes. « Cela fait un peu plus de cinq mois que nous avons été élus, personne n’a de baguette magique », prévient d’emblée Vincent Bouget, avant de laisser le micro à ses adjoints, qui défilent un à un.

    Trois urgences : la ville,

    la jeunesse, les services

    Sans surprise, la chaleur et la propreté urbaine dominent les échanges. « L’été caniculaire nous oblige, il faut anticiper pour ne pas subir », martèle Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation. Fontaine à boire remise en eau place aux Herbes, voiles d’ombrage testés dès l’été 2027, brumisateurs aux futures pépinières Pichon, permis de végétaliser renforcé pour les habitants comme pour les commerçants : la ville veut « cheminer à l’ombre ». Sur la propreté, « notre ville est formidable, mais elle est dégueulasse », résume sèchement l’adjoint François Seguy. Pour y remédier, un numéro unique « Allô Nîmes propre » doit centraliser le signalement des dépôts sauvages dès 2027, la limite des deux encombrants disparaît et une marche verte citoyenne est annoncée pour novembre.

    Jeunesse et éducation, à égalité en tête des attentes recensées, ne sont pas en reste. Une direction de la jeunesse a vu le jour, une centaine de stagiaires de troisième et de seconde seront accueillis en mairie, un portail unique d’information doit voir le jour pour les étudiants. Côté écoles, 90 agents périscolaires ont été déprécarisés, un repas végétarien sera proposé chaque midi en cantine, et six établissements seront rénovés thermiquement chaque année du mandat.

    Sur la santé, la Ville mise sur un conseil local de santé mentale dès le 7 octobre, un centre de santé au Mas de Mingue au premier semestre 2027, une mutuelle communale à tarif négocié au premier trimestre et une école de kinésithérapie publique. Sur la sécurité enfin : l’arrêté de fermeture des épiceries de nuit après 22h (312 infractions relevées cet été) sera prolongé ; un poste de police est annoncé sur l’Esplanade, et la coopération avec la police nationale va être renforcée contre le narcotrafic.

    Reste le temps long. Bouget annonce pour 2027 un projet « Vivre et habiter à Nîmes », élaboré avec professionnels et habitants, un outil de maîtrise foncière pour produire du logement accessible, deux « places communes », et la gratuité des transports, déjà testée pendant les ferias, qui doit s’étendre dès cet hiver.

    « Il n’y a pas les mêmes attentes partout, mais la même envie », observe Soukaïna BenJaafar, adjointe à l’administration générale, qui évoque une « aspiration à être considérés à égalité » d’un quartier à l’autre. Dans la salle, on opine, on chuchote, on retrouve un voisin croisé lors de l’une des sept réunions du printemps.

    « On aura besoin de tout le monde pour la relever », conclut Vincent Bouget, qui évoque une ville « un peu abîmée » mais promise, selon lui, à devenir une « ville pilote » de l’adaptation climatique d’ici six ans. « Nous scellons avec vous un pacte démocratique », affirme-t-il encore. La majorité a fixé elle-même l’échéance : automne 2027, pour revenir devant les Nîmois et rendre des comptes.

  • La Région Occitanie met la culture camarguaise à l’étude

    La Région Occitanie met la culture camarguaise à l’étude

    Des sabots sur le bitume, des arènes pleines un soir d’été, des manades dans les prés et des villages qui vivent au rythme des abrivados. La culture camarguaise se voit, s’entend et se vit. Mais combien pèse-t-elle réellement ? C’est la question à laquelle veut répondre la Région Occitanie avec une étude consacrée à ses retombées économiques, sociales et culturelles.

    Depuis 2018, plus de 30 millions d’euros ont été engagés par la collectivité dans le cadre du Plan Camargue. Pourtant, les données permettant d’évaluer précisément ce que génère cet écosystème restent parcellaires. Courses camarguaises, fêtes votives, élevage, artisanat ou tourisme irriguent pourtant une large partie du Gard et de l’Hérault. Lors de la crise sanitaire, les seules traditions et fêtes votives avaient été créditées de 120 millions d’euros de retombées économiques.

    Mettre des chiffres derrière les traditions

    Pour y voir plus clair, le cabinet Pluricité a été chargé de conduire l’enquête. Après une première rencontre le 7 juillet avec les principales fédérations et associations camarguaises, professionnels, collectivités et habitants vont être sollicités. Deux questionnaires sont notamment proposés aux habitants et aux spectateurs. « Qu’ils soient habitant du territoire, spectateur d’un événement camarguais, chaque témoignage est précieux », insiste la Région.

    L’étude doit mesurer les retombées en matière d’emplois, d’économie, de tourisme, mais aussi de lien social et de transmission. Une culture « vivante » qui, selon la collectivité, « fait vivre les territoires » et contribue à leur attractivité. Les résultats serviront enfin « d’outil d’aide à la décision » pour orienter les politiques publiques. Des chiffres pour mieux défendre, préserver et transmettre ce patrimoine.