Tag: Gard

  • [Exposition] Le Cercle de l’avenir met Cuba sous les projecteurs

    [Exposition] Le Cercle de l’avenir met Cuba sous les projecteurs

    L’objectif c’est faire connaître la réalité cubaine et développer les liens de solidarité et d’amitié », précise Marcel Rubio. Touchés par le blocus américain qui a été renforcé ces derniers mois par Donald Trump et face au manque d’approvisionnement en pétrole, nécessaire à la production d’électricité sur l’île, les Cubains sont actuellement en grande difficulté. « À l’agression contre le Venezuela a succédé, le 29 janvier, la mise en place de facto d’un blocus énergétique sur Cuba par la Maison Blanche. Conséquence immédiate : à l’exception d’un pétrolier humanitaire russe fin mars, plus aucun pétrolier n’est arrivé sur l’île, alors qu’il en faudrait au moins sept par mois pour que Cuba fonctionne a minima », ajoute le président du Cercle de l’avenir qui s’était rendu à Cuba en 2024 alors que « la situation était déjà difficile mais il y avait du carburant donc on pouvait encore se déplacer facilement ».

    C’est donc face à cette situation que le Cercle de l’avenir de Nîmes accueille jusqu’au 15 novembre les photos de Gérard Abizanda, un artiste touche à tout, de la peinture à la sculpture en passant par l’écriture de bandes dessinées. Cette exposition est issue d’un voyage réalisé en 2014. Les photos de Gérard Abizanda, dont une partie de sa famille vit à Cuba, mettent en lumière les habitants, les paysages, l’architecture et la vie quotidienne des Cubains sur leur île.

    Aider Cuba Coopération

    Tous les bénéfices de cette exposition seront reversés à l’association Cuba Coopération. « Après l’envoi de deux conteneurs de matériel médical en juillet, le Parti communiste appelle à organiser des actions d’informations et de solidarité partout en France. Au Cercle de l’Avenir nous répondons à cet appel aujourd’hui certes, mais c’est aussi depuis plusieurs années que nous travaillons avec Cuba Coopération pour continuer à tisser des liens de solidarité et d’amitié avec le peuple cubain », conclut Marcel Rubio.

    * 25 rue Nicot, Nîmes

  • 1,7 million d’Occitans invités à la vaccination

    1,7 million d’Occitans invités à la vaccination

    Vingt-quatre mille hospitalisations, 12 000 décès. Voilà le triste bilan de la grippe saisonnière l’an passé en France.

    Parce que rien ne vaut la prévention, l’Assurance maladie, qui incite au respect des gestes barrières en présence de personnes à risques, vient de lancer, le 13 octobre, la campagne vaccinale 2026-2027.

    En Occitanie, 1 706 454 personnes dites « fragiles » viennent de recevoir leur bon les invitant à aller se faire vacciner gratuitement contre la grippe, le Covid et autres virus de l’hiver. Sont concernées les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes souffrant de maladies chroniques (diabète, cancer…), d’obésité, les femmes enceintes ainsi que les nourrissons de moins de 6 mois (voire leur entourage). Les aides à domicile et les professionnels de santé sont incités également, eux qui seront peut-être obligés par la loi dès mars 2027, si l’avis de la Haute autorité de santé est suivi.

    2 000 décès par an évités

    En Occitanie comme ailleurs, la couverture vaccinale progresse (27,7% chez les moins de 65 ans à risques soit +3,7 points en deux ans et 55,8% chez les seniors de plus de 64 ans, soit +2,8 points) mais reste « en retrait comparé à la moyenne française [respectivement 28,9% et 56,7%] », regrette François Mengin-Lecreulx. Le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie rappelle que la seule « grippe n’est pas un virus anodin ». Elle peut donner lieu à des complications type « infections pulmonaires, cardiaques (…) et des surinfections », liste la professeure Anke Bourgeois.

    Parce qu’on estime que 2 000 décès annuels pourraient être évités en France grâce à la vaccination (70% des seniors hospitalisés ne sont pas vaccinés), les publics à risques vont être sensibilisés par SMS, appels téléphoniques, spots télé… Y compris pour la vaccination Covid qui n’a convaincu l’an passé que 14,2% des publics à risques, dont 60,3% dans les Ehpad (contre 82,2% contre la grippe). « Les deux tiers des vaccinations sont faites par les pharmaciens, puis les infirmiers et les médecins », précise Philippe Trotabas, directeur de l’Assurance maladie de l’Hérault.

    En outre, l’ARS rappelle qu’il existe des traitements préventifs pour la femme enceinte (53,8% s’étaient protégées en 2025) et le nourrisson contre la bronchiolite, maladie respiratoire très contagieuse souvent due au Virus respiratoire syncytial. Première cause d’hospitalisation des nourrissons, ce VRS peut aussi créer des infections graves chez les personnes âgées et fragiles. Outre les mesures d’hygiène à respecter, un vaccin existe pour les seniors. Enfin, un vaccin est disponible pour protéger les publics fragiles contre les infections à pneumocoques, responsables d’otites, sinusites, méningites, pneumonies… L’an passé, seuls 27,5% des seniors s’étaient fait vacciner.

  • À Bagnols, la situation entre la Mairie et la CGT se tend

    À Bagnols, la situation entre la Mairie et la CGT se tend

    La nouvelle maire d’extrême droite de Bagnols-sur-Cèze avait-elle envisagé une telle passe d’armes avec la CGT ? Rien n’est moins sûr. Tout a commencé avec la volonté de Pascale Bordes (RN) de récupérer avant le 30 novembre les locaux de Mendès-France où sont logés quatre syndicats et six associations.

    Les syndicats et responsables associatifs concernés ont tenu un point presse lundi 19 octobre pour réaffirmer leur refus de quitter leurs locaux et se disent prêts à engager un bras de fer avec la municipalité. Ils lui ont d’ailleurs écrit à plusieurs reprises pour demander la présentation du projet pour les locaux de Mendès-France qui justifierait leur départ. Aucun plan n’a été présenté en conseil municipal, mais Pascale Bordes a précisé auprès de Midi Libre qu’elle souhaitait rassembler ici des services municipaux éclatés sur plusieurs sites, et peut-être y installer les locaux de la police municipale, signe que rien n’est encore décidé.

    En parallèle, la CGT a lancé une campagne pour informer la population de cette décision et des conséquences qu’elle pourrait avoir, à la fois pour les travailleurs mais aussi pour les adhérents des associations concernées.

    Contre le travail

    du dimanche

    La municipalité a également consulté les organisations syndicales pour l’ouverture des commerces quinze dimanches par an, dont dix pour les commerces de grande distribution et cinq pour les concessions automobiles. « L’Union locale CGT du Gard rhodanien a émis un avis défavorable à l’ensemble des propositions », précise le syndicat qui rappelle que le repos dominical est un droit arraché en 1906 et que les ouvertures le dimanche favorisent avant tout les grandes enseignes au détriment des commerces de proximité. « À Bagnols, les inquiétudes s’accumulent : départ possible du cinéma, recul des ambitions pour la Pyramide, incertitudes sur la poursuite du partenariat Ville-Département autour du musée Albert-André… À force de fragiliser tout ce qui faisait la vie de notre cité, que restera-t-il à ses habitants, sinon des commerces ouverts plus longtemps avec un pouvoir d’achat en baisse constante ? », interroge la CGT.

  • À Nîmes, les femmes de chambre en grève depuis plus d’un mois

    À Nîmes, les femmes de chambre en grève depuis plus d’un mois

    Après un pique-nique solidaire devant l’Imperator le 15 octobre dernier, les femmes de chambre ont reçu le soutien de 3 000 personnes le 17 octobre. En effet, pour la journée de mobilisation, le cortège nîmois s’est arrêté devant l’hôtel de luxe pour marquer son soutien à leur combat. « Cette mobilisation montre que les enjeux de rémunération, de pénibilité, d’effectifs et de conditions de travail dépassent le seul cadre de l’établissement. Après plus d’un mois de mobilisation, les témoignages de solidarité toujours plus nombreux renforcent la détermination des femmes de chambre à poursuivre leur combat », souligne David Goslin, le délégué syndical CGT de l’Imperator qui accompagne cette mobilisation depuis le début. Une caisse de grève, via notamment une cagnotte Leetchi*, a également été ouverte pour les soutenir, avec déjà de nombreux dons.

    Déjà en grève durant l’été, les femmes de chambre se sont à nouveau mobilisées à partir du 18 septembre, souhaitant que cette grève en pleine feria fasse plier la direction. Elles réclament notamment une « revalorisation salariale du taux horaire brut de 12,31 à 13,17 euros » (soit 86 centimes de l’heure), des effectifs « adaptés à la charge réelle de travail », des temps de nettoyage « réalistes » et des équipements « ergonomiques adaptés » ainsi qu’une « meilleure prévention des troubles musculosquelettiques et la reconnaissance de la pénibilité de leurs métiers ».

    Après plus d’un mois de grève et de débrayages, la direction n’a consenti qu’à tenir deux réunions de négociations qui n’ont pas permis d’entériner un accord. « Cette absence de nouvelle rencontre constitue une préoccupation majeure », précise David Goslin.

    L’inspection du travail saisie

    Depuis le début du mouvement, la CGT dénonce les actions de la direction, qu’elle accuse de vouloir contourner le droit de grève de ses salariés d’abord par l’embauche de personnels en CDD aux premières heures de la grève puis en faisant appel à « des personnels cadres du siège du groupe Centaurus dans les activités d’entretien des chambres de L’Imperator ». La CGT dénonce notamment que cette nouvelle organisation ait été décidée « sans information ni consultation préalable du CSE ».

    David Goslin a d’ailleurs saisi à plusieurs reprises l’inspection du travail à ce sujet. La dernière saisine date du lundi 19 octobre : « La CGT considère que le recours répété à des cadres du siège pour effectuer l’entretien des chambres alors que les salariées du service sont en grève nécessite un examen attentif. Il appartiendra à l’Inspection du travail d’apprécier les faits signalés », précise-t-il.

  • Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    C’est le Lunellois qui a enregistré les plus gros dégâts dans l’Hérault lors de l’épisode méditerranéen survenu dans la nuit du 19 au 20 octobre. Jusqu’à 200 mm de pluie sont en effet tombés localement en quelques heures. Face à la montée des eaux, la maire de Lunel, Paulette Gougeon, a activé la cellule de crise dès 1h du matin. Les agents municipaux se sont relayés toute la nuit au gymnase Arnassan pour accueillir les personnes sinistrées. Selon la préfecture, 25 personnes ont été mises en sécurité, une dizaine d’habitations ont été touchées et près de 70 sapeurs-pompiers mobilisés. Quatre véhicules ont également été bloqués par les eaux après s’être engagés sur des axes inondés. Mardi 20 au matin, la préfète de l’Hérault s’est rendue sur place aux côtés de la maire de Lunel pour établir un bilan de la situation. Les communes voisines de Saint-Just, Saint-Nazaire et Villetelle ont aussi été impactées. L’agglomération de Montpellier a, elle, été relativement épargnée. Les volumes de pluie y ont été bien moindres que dans les secteurs voisins.

    Axes routiers coupés

    De l’autre côté du Vidourle, dans le Gard, les conséquences ont aussi été importantes. Les plaines et la Petite Camargue ont subi d’importants ruissellements. Les villes d’Aigues-Mortes, Vauvert et Vergèze ont été particulièrement touchées par les inondations. Les débordements et les chaussées submergées ont entraîné de nombreuses coupures de routes et de ponts, notamment autour du Vidourle (qui a atteint, à Sommières, une hauteur de 3,10 mètres) et du Vistre (qui a atteint 2,88 mètres au Cailar), compliquant les déplacements entre la Petite Camargue et le Lunellois. L’autoroute A9, fermée dans les deux sens entre Nîmes et le secteur de Gallargues-le-Montueux, a été progressivement rouverte mardi 20. Les inondations ont également endommagé des voies ferrées, entraînant une interruption du trafic sur tout ou partie des lignes Nîmes-Lunel (les premières circulations devraient reprendre le 25 octobre) et Nîmes-Grau-du-Roi. Lié à la dépression « Adam », l’épisode a ensuite progressé vers la Provence.

  • Manifestation interdite à Nîmes, la réaction de Vincent Bouget

    Manifestation interdite à Nîmes, la réaction de Vincent Bouget

    «Je prends acte de la décision de l’Etat d’interdire demain toute manifestation à Nîmes. Malheureusement, la manifestation pacifique initialement déclarée sur un parcours validé jusqu’à ce [vendredi] midi par la Préfecture ne pourra avoir lieu, et je le regrette». Le maire de Nîmes Vincent Bouget (PCF) a tenu à réagir à l’interdiction gravissime de manifester dans la capitale du Gard, samedi 24 octobre. « La liberté de manifester est un droit fondamental dans notre République. Si le maintien de l’ordre est une exigence légitime, les restrictions à la liberté de manifester doivent rester exceptionnelles» souligne Vincent Bouget. Il s’ « interroge aussi sur la responsabilité de nombreux commentateurs ou représentants politiques qui ont fait le choix de présenter les manifestants comme des délinquants, créant un climat anxiogène empêchant l’organisation de manifestations et l’expression de revendications pacifiques.» Et de développer : « Je suis très inquiet par cette situation, révélatrice de l’état d’un pays où un fossé immense s’est créé entre les habitants et les institutions de l’Etat».

    Le maire de Nîmes estime qu’ «Après avoir décrédibilisé pendant des années les corps intermédiaires, les associations, les syndicats, les partis politiques, la responsabilité du gouvernement est immense».

    Pour Vincent Bouget « les revendications des salariés, de la jeunesse, de la population française, pour le pouvoir d’achat, pour les services publics, doivent pouvoir s’exprimer». Et de rappeler le rendez-vous annoncé par les organisations syndicales pour le 5 novembre. « Ces revendications doivent surtout être entendues par le gouvernement, principal responsable, par son mépris, de l’impasse démocratique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui », conclut le maire de Nîmes.

  • Profils, motivations, dépenses : portrait-robot des touristes en Occitanie

    Profils, motivations, dépenses : portrait-robot des touristes en Occitanie

    Parce que le tourisme constitue « la deuxième économie régionale » (22,4 milliards de retombées, 138 000 emplois) et que l’Occitanie « sera l’une des régions les plus impactées par le réchauffement climatique », « nous avons besoin d’être innovant », justifie Vincent Garel.

    Voilà pourquoi le président du Comité régional du tourisme et des loisirs (CRTL) a confié à l’agence Ad’Occ le soin de réaliser, de mi-mars 2025 à mi-mars 2026 avec Ipsos-BVA, une radioscopie du tourisme en Occitanie. Un échantillon représentatif de 36 527 questionnaires auprès de touristes et 10 514 auprès d’excursionnistes* aide à comprendre qui vient visiter la région, pour quelles raisons et avec quel ressenti.

    86% des visiteurs sont Français, 14% étrangers (top 5 : Espagnols, Allemands, Britanniques, Néerlandais, Belges). Seuls 45% logent dans des hébergements marchands (hôtel, camping, location). Chez les touristes (ceux qui dorment sur place), les vacances/loisirs sont la principale motivation (54% contre 49% chez les excursionnistes), devant les visites de la famille ou des amis (26% contre 22%) et les raisons professionnelles (8%). Un excursionniste sur dix se déplace à la journée pour des festivals ou événements culturels. Les touristes dépensent en moyenne 63 euros par jour (contre 50 euros pour les excursionnistes). 78% sont venus en voiture (12 en train, 5% en avion). 59% viennent seuls ou en couple, 34% en famille, 7% avec des amis.

    Un ressenti plutôt positif

    Le critère numéro 1 pour le choix du lieu du séjour est la beauté des paysages (44%), devant le patrimoine historique et architectural (36%), le calme (31%). Toutefois, les motivations divergent entre nationalités. Les Belges (45%) et les Britanniques (43%) insistent davantage sur le climat agréable. Une fois sur place, 56% se livrent à des visites, 47% à des balades à pied ou au farniente, 45% vont au restaurant, 45% font du shopping, 32% se rendent sur les marchés alimentaires. Des activités évolutives en fonction de l’univers choisi (littoral, urbain, campagne, montagne). 90% ont goûté une spécialité culinaire locale.

    Enfin, le ressenti des visiteurs semble plutôt positif. 97% se disent satisfaits, 58% très satisfaits avec une note globale de 8,7/10 et un gain d’image de 17 points entre avant et après le séjour. La beauté des paysages (27%), et le bon accueil (26%) sont cités en premier. Les transports (14%), les prix (10%) et le stationnement (8%) sont les principales critiques. Autant d’axes à améliorer avec un « net promoter score » (indicateur de la satisfaction) bloqué à 62/100. « Il existe une marge de manœuvre pour aller vers une expérience d’excellence », concède Fabien Guillermot (Ipsos-BVA).

    D’autant qu’avec la canicule et les feux, l’été 2026 pourrait avoir écorné l’image occitane. « L’impression de terrain, c’est que l’attractivité naturelle a été ébranlée », confie un professionnel du Lot. Dans les mois à venir, la réflexion va se poursuivre. Vincent Garel promet « une promotion et une communication rassurantes » auprès des clientèles étrangères.

    * Visiteurs qui rentrent dormir chez eux.

  • Nîmes attire les foules mais perd ses visiteurs antiques

    Nîmes attire les foules mais perd ses visiteurs antiques

    Les guitares de The Cure ont fait vibrer les arènes, mais les vieilles pierres n’ont pas connu le même succès. Présenté ce 14 octobre, le bilan estival de la municipalité affiche deux visages. Du 1er mai au 17 septembre, Nîmes a enregistré 742 600 nuitées, soit 2,5% de plus qu’en 2025. Pourtant, la fréquentation des monuments romains dégringole de 25,2%. Un sacré paradoxe pour une ville qui fait de son patrimoine antique sa carte de visite.

    Le moteur de la saison reste événementiel. Hors ferias, les dix nuits les plus fréquentées correspondent à des soirs de concert. Deux des trois soirées de The Cure ont dépassé les 9 200 nuitées. La Feria des Vendanges a comptabilisé 755 800 présences en quatre jours. Des « rendez-vous capables de déclencher une venue, un séjour », souligne Laurent Mespoulet, adjoint au maire chargé du Tourisme. Les nuitées étrangères progressent de 3%. « L’Espagne reste le premier marché international, devant les États-Unis et l’Allemagne », précise l’élu. Ces pays représentent 37% des nuitées étrangères.

    « Adapter » le tourisme

    Derrière les bons chiffres, le patrimoine antique fait grise mine. Pendant que les monuments romains perdent un quart de leurs visiteurs, le Musée de la Romanité gagne 4,5% de fréquentation et les musées plus de 16%. La chaleur a-t-elle poussé les touristes vers des lieux plus frais ? C’est l’hypothèse de Mespoulet, sans qu’elle explique à elle seule ce décrochage.

    Face à des étés brûlants, la Ville tente de s’adapter. « Le programme de visites guidées a été repensé pour mieux répondre aux conditions estivales », assure l’adjoint. En juillet et août, la moitié des visites ont été programmées le matin ou en soirée. Des « parcours fraîcheur » sont aussi envisagés. L’objectif est d’« anticiper les dispositifs nécessaires pour ne pas subir », conclut l’adjoint.

  • [Entretien] Pascal Rousson : « Prévue en 2026, la réouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône est décalée à 2031 ou 2032 »

    [Entretien] Pascal Rousson : « Prévue en 2026, la réouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône est décalée à 2031 ou 2032 »

    La Marseillaise : Rappelez-nous pourquoi la ligne est actuellement fermée en semaine ?

    PR : Elle est fermée depuis le 16 mars 2026 à cause de travaux de régénération de la voie, c’est-à-dire de gros travaux sur les rails et le ballast. Ce sont des travaux indépendants de la réouverture de la ligne qui se font tous les 40 ans. C’est un investissement réalisé par SNCF Réseau de 230 millions d’euros. La ligne sera fermée jusqu’au mois de juin 2027. Après plus d’un an de fermeture, nous craignons que la ligne soit à nouveau fermée parce qu’il faut réaliser des travaux d’aiguillage. Il semblerait qu’une fermeture partielle soit envisagée mais ce n’est pas encore sûr. Je ne comprends pas pourquoi ces travaux ne sont pas réalisés actuellement.

    Quand la ligne de la Rive droite du Rhône a rouvert, tous les travaux devaient se terminer en 2026. Comment a évolué le calendrier ?

    PR : Il a pris énormément de retard. On est passé d’une réouverture complète prévue en 2026 à une réouverture décalée à 2031 ou 2032. La mairie de Villeneuve-lez-Avignon vient de voter le budget pour son Pôle d’échanges multimodal (PEM). L’ouverture de cette gare est prévue pour décembre 2027, après des travaux sur les quais et les passerelles. En septembre 2027, les travaux de la gare de Roquemaure débutent pour une réouverture en décembre 2028. Des travaux ont également commencé ce mois-ci sur la gare du Teil (en Ardèche, Ndlr). Aujourd’hui, les trains montent au Teil à vide pour effectuer leur retournement. Ils transporteront des voyageurs dès l’an prochain. Une enquête publique environnementale a également débuté sur le bas de la ligne, entre Nîmes et Villeneuve-lez-Avignon, qui va durer deux ans. Celle-ci va valider la suite des travaux.

    Quels sont ces travaux prévus ?

    PR : Ce sont les travaux sur les gares de Marguerittes, Remoulins et Aramon pour créer des passerelles. L’enquête devrait se terminer en 2028 et j’espère que les travaux débuteront l’année suivante. Les réouvertures de ces gares devraient ensuite s’étaler à partir de 2030. L’ouverture de la dernière gare, celle de Laudun-L’Ardoise, est prévue en 2032. En 2029, Pont-Saint-Esprit devrait aussi être un terminus où les trains pourront se retourner, ce qui évitera de monter jusqu’au Teil. Ça va permettre de gagner du temps pour avoir des horaires intéressants pour les gens qui travaillent et pour les étudiants.

    Comment expliquez-vous que le calendrier ait pris autant de retard ?

    PR : Il y a plusieurs raisons. Il y a des contraintes de procédure administrative, qui sont très longues. Le cahier des charges a aussi changé entre-temps. Par exemple, il va y avoir des travaux sur tous les passages à niveau pour les sécuriser entre Nîmes et le Teil alors qu’initialement on espérait qu’il n’y ait des travaux que sur les passages à niveau près des gares. Il y a aussi eu les travaux de régénération de SNCF Réseau, qui ont été décalés dans le temps à plusieurs reprises et qui nécessitent, à un moment donné, d’être réalisés. Mais, le problème, c’est surtout le budget. Car je rappelle que le financement de la partie ferroviaire est assuré à 100% par la Région. Et la Région a eu, en trois ans, 400 millions d’euros de dotation de l’État en moins. Donc forcément, le budget est étalé sur plusieurs exercices.

    Votre regret, c’est surtout que ces travaux interrompent une dynamique, puisque la ligne enregistrait un nombre croissant de voyageurs depuis sa réouverture…

    PR : Oui, chaque année depuis trois ans, le nombre de voyageurs augmentait parce que cette ligne répond à un besoin sur un territoire industriel comme le Gard rhodanien. Elle répond aussi à la demande, parce qu’avec le prix de l’essence qui explose, c’est une manière de faire des économies. Face au dérèglement climatique, les gens veulent aussi de plus en plus de mobilités douces. Donc les chiffres augmentent alors que la dernière année, on a eu quasiment 20% de suppression de trains à cause du manque de conducteurs.

    L’augmentation de la fréquence de passage des trains reste l’autre combat que vous menez. Combien d’allers-retours à terme sont-ils prévus ?

    PR : Aujourd’hui, on n’a que cinq allers-retours. À terme, au moment de l’ouverture complète, il doit y avoir environ 10 allers-retours. Entre le PEM de Villeneuve-les-Avignons et les ouvertures de Marguerittes et Remoulins, les chiffres vont exploser. Marguerittes sera à 8 minutes de Nîmes et Remoulins à 12 minutes. Aujourd’hui, on demande surtout que les études soient compactées pour gagner du temps et qu’il y ait bien des conducteurs sur chaque train à la réouverture.

  • La décharge oubliée du Gard depuis 12 ans

    La décharge oubliée du Gard depuis 12 ans

    À l’image des déchets désormais recouverts, certains n’ont pas vraiment intérêt à ce que le sujet de la décharge de Saint-Martin-de-Valgalgues ressorte de terre. En 2014, ce dossier avait pourtant connu un tournant qui semblait décisif. De l’amiante avait été découvert sur les parcelles jouxtant cette décharge et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) avait alors ouvert une enquête. Mais depuis, la justice n’a donné aucune information sur la moindre avancée dans ce dossier.

    France nature environnement, qui a organisé du 7 septembre au 7 octobre une grande campagne nationale pour recenser les décharges sauvages oubliées sur tout le territoire national, a mis celle de Saint-Martin, au nord d’Alès, en lumière. « Avec 500 000 m3, elle est hors norme », prévient Rémy Coulet de la FNE-Ocmed. « En plus, elle n’a jamais été reconnue en tant que décharge, puisqu’elle a été réalisée au motif fallacieux de constituer le merlon. On a accumulé là tous les déchets de façon irrégulière, en contradiction avec toutes les règles concernant le stockage des déchets. »

    Sujet explosif pour Alès agglomération

    En réalité, ce sujet inquiète depuis les années 2000. Devant les nuisances sonores du pôle mécanique ouvert en 1999, un merlon, présenté comme un mur anti-bruit, est proposé. En 2002, les premiers dépôts commencent et vont s’accélérer à partir de 2005. Les déchets provenant de l’ancien hôpital, de la maison de retraite d’Alès ou des tribunes de l’ancien stade Pibarot sont par exemple déposés ici. « Toutes les ruines des travaux qui étaient faits aux alentours d’Alès étaient déposées dans ce mur anti-bruit », rappelle Alain Martin, ancien employé municipal de Saint-Martin et membre de l’association Clarté et Démocratie, qui avait alerté dès 2007, avec plusieurs riverains, sur la nature des matériaux déposés.

    L’Oclaesp diligente alors une enquête : sur « les 13 prélèvements, 10 fois ils sont tombés sur de l’amiante à 50cm de profondeur ». Une phase d’enfouissement est alors déclenchée pour recouvrir tous les matériaux laissés pendant plusieurs années à l’air libre. En 2013, malgré l’avis défavorable du commissaire enquêteur, le maire UMP de l’époque Alain Marrot, a tout de même fait voter une modification du plan local d’urbanisme permettant de valider a posteriori la création de ce mur anti-bruit. Sauf que l’année d’après, le tribunal administratif de Nîmes a invalidé cette délibération et condamné la municipalité à verser 1 200 euros aux plaignants. Pour le nouveau maire Claude Cerpédès (PCF) et les riverains, cette décision confirme le caractère illégal de la décharge. Sauf qu’après cette décision, la justice n’a plus jamais communiqué sur les suites du dossier.

    « Ce dossier est en train de s’enliser », regrette Rémy Coulet. « Lucie Pialat, une riveraine qui a été par la suite première adjointe, a déposé plainte. La mairie s’était aussi constituée partie civile. S’il n’y a pas de procès et pas de condamnation, c’est révoltant et c’est la place à l’impunité parce que les protagonistes sont parfaitement identifiés. Suite à notre campagne, Lucie Pialat a demandé au tribunal d’Alès la communication du dossier d’enquête et a aussi relancé la procureure générale de la cour d’appel de Nîmes. »

    Et Alain Martin d’abonder : « C’est un scandale écologique et financier. Tout ça était organisé par l’Agglomération. L’enquête devra identifier tous les responsables mais on connaît aussi les transporteurs qui sont venus déverser ici. »