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  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • Le RN lorgne sur le troisième siège sénatorial

    Le RN lorgne sur le troisième siège sénatorial

    Dans le Gard, les élections du 27 septembre se joueront au suffrage indirect, par quelque 1 900 grands électeurs issus des conseils municipaux. En 2020, la liste RN menée par Julien Sanchez avait recueilli un peu plus de 200 voix, sans vraiment inquiéter les partis historiques. La droite avait décroché deux sièges avec 672 voix, la gauche un seul avec 663. Une photographie politique que les municipales de mars ont fait voler en éclats.

    Car le département a changé de visage. Bagnols-sur-Cèze et Vauvert ont basculé sous bannière RN, rejoignant Beaucaire. L’ancien bastion socialiste de Saint-Hilaire-de-Brethmas a suivi le même chemin. À Nîmes, Sanchez a fait 37,52%. À Alès, le candidat du parti à la flamme a frôlé les 45%. Ces résultats se traduisent mécaniquement en grands électeurs supplémentaires : dans les quatre principales villes du Gard, l’extrême droite compte une cinquantaine d’élus de plus, entre majorités et oppositions.

    Le vote secret, terrain

    des bascules

    Mais c’est dans les coulisses des intercommunalités que l’inquiétude est la plus vive. Lors des scrutins à bulletin secret pour les présidences d’agglomération, l’extrême droite a systématiquement récolté davantage de voix que ses élus désignés. Autour de Vauvert, des maires sans étiquette ont voté pour le candidat RN à la tête de la communauté de communes. Le signal est limpide : à l’abri du regard, certains élus franchissent la ligne. Referont-ils de même en septembre ?

    Le troisième siège est donc bel et bien menacé. Pas forcément par une droite traditionnelle affaiblie, mais par une extrême droite qui transforme ses scores en réseaux d’élus et sait aimanter une partie des élus ruraux. D’autant que Julien Sanchez, qui n’a pas digéré sa défaite à Nîmes, a ouvertement fixé son cap : barrer la route à Laurent Burgoa, qu’il tient pour responsable de l’union des droites contre le RN au second tour des municipales. Face à cette poussée, la gauche n’a guère le luxe de la division.

  • Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Cette année, le festival Passeurs de livres a décidé de placer son édition sous le thème de la liberté. Pour cela, le festival a fait appel à l’auteur local Lionnel Astier pour incarner cette liberté en présidant le festival. L’acteur viendra notamment y présenter sa pièce de théâtre Élise, la colère de Dieu, qui est la suite de La Nuit des Camisards. La maison d’édition indépendante nîmoise Alcide qui « explore principalement l’histoire et la photographie », sera aussi mise à l’honneur durant cette édition.

    Liberté à toutes
    les sauces

    Après une première journée jeudi marquée par des rencontres avec les auteurs, une dictée et surtout le banquet républicain, le festival se poursuit ce 5 juin avec de nouveaux dialogues organisés entre auteurs. Car Passeurs de livre n’est pas un simple salon du livre, c’est aussi un espace de débats où les auteurs confrontent leurs opinions sur des sujets choisis. Ainsi, à 14h, Marella Nappi, autrice d’Antigone l’insoumise (Les Belles Lettres-La Vie des Classiques, 2025) échangera sur la liberté avec Diane Richard (Lutter sans se trahir) et Émilie Sartre (L’économie politique du populisme). « L’écriture comme refuge de la liberté », « Souveraines de nos corps : du mythe à la réalité », « La musique : arme de la liberté ou marchandisation », « Liberté religieuse en République » avec Nicolas Cadène et « Libres ou endettés ? Le capitalisme face à nos libertés », seront les autres thèmes abordés vendredi. La journée se clôturera par un dialogue entre Lionnel Astier et le journaliste Jean Lebrun au Cineplanet.

    Le 6 juin, la liberté de mourir dans la dignité, de conscience, artistique, la paix, la guerre (avec Pierre Haski), l’exil, la mythologie de la liberté, la démocratie, ou encore la liberté d’informer (avec Jean-Michel Aphatie) seront au menu de la dernière journée. Pendant les trois jours du festival, un espace est également consacré aux enfants (3-10 ans) avenue Carnot.

  • Sénatoriales : 23 sièges en lice en Occitanie

    Sénatoriales : 23 sièges en lice en Occitanie

    Ce vendredi 5 juin, les délégués municipaux qui voteront le 27 septembre pour élire les sénatrices et sénateurs, sont désignés par les conseils municipaux, eux-mêmes élus par les citoyens en mars dernier. C’est en quelque sorte le « top départ » de la campagne des élections sénatoriales ; un scrutin au suffrage universel indirect où chacune des communes concernées, selon sa taille, aura au moins un délégué.

    Cette année, 178 sièges sont en lice, soit un peu plus de la moitié des 348 sièges du Sénat. En 2023, 170 ont été renouvelés. Pour le scrutin du 27 septembre, les « grands électeurs » seront environ 87 000. Donnée importante à avoir en tête, l’essentiel du corps électoral, dans chaque département (la circonscription de ce scrutin), est composé par les élus des communes de moins de 10 000 habitants. Ce corps électoral est donc le fruit, à 95%, des élections municipales de 2026 mais aussi des élections départementales et régionales de 2021 et, dans une moindre mesure, des législatives anticipées de juin 2024, puisque les élus départementaux, régionaux et les parlementaires votent également le 27 septembre. Pour autant, il est difficile de plaquer les résultats de ces élections passées sur l’issue des sénatoriales. Comme le souligne le politologue montpelliérain Julien Audemard, « le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique ». Analyse également partagée par Émeric Bréhier et Sébastien Roy de l’Observatoire de la vie politique de la Fondation Jean Jaurès, qui insistent, dans une note dédiée aux élections sénatoriales, sur la « désaffiliation partisane des élus territoriaux [qui ] rend les campagnes, et les additions, plus complexes qu’auparavant ». Les enjeux locaux sont au cœur de cette campagne bien plus que les enjeux nationaux. Et pour cause, le Sénat représente les collectivités territoriales. Cela étant dit, la perspective de l’élection présidentielle du printemps 2027 va sans nul doute jouer un rôle. En effet, la nouvelle assemblée sénatoriale élue le 27 septembre sera celle que trouvera le ou la futur.e président.e de la République. Et, à l’inverse de l’Assemblée nationale, l’hôte de l’Élysée ne peut pas dissoudre la chambre haute.

    Les enjeux sont particulièrement cruciaux en Occitanie, une région qui compte un total de 30 sénateurs et dont 23 sièges sont en lice en septembre prochain : un en Ariège, deux dans l’Aude, deux dans l’Aveyron, trois dans le Gard, cinq en Haute-Garonne, deux dans le Gers, quatre dans l’Hérault, deux dans le Tarn et deux dans le Tarn-et-Garonne. Le mode de scrutin est différent selon le nombre de sénateur à élire. Ainsi, en Ariège, l’Aude, l’Aveyron, le Gers, le Tarn et le Tarn-et-Garonne, le mode de scrutin est uninominal majoritaire à deux tours. Si un candidat atteint plus de 50%, il est élu. Si ce n’est pas le cas, un second tour est organisé le jour même et le vainqueur est celui qui recueille le plus de voix. Pour les départements qui élisent trois sénateurs ou plus, le scrutin est de liste à la proportionnelle : les sièges sont répartis selon le nombre de voix obtenues par les listes. Autant dire que chaque bulletin va compter dans le Gard, l’Hérault et la Haute-Garonne.

    Au regard de ses résultats obtenus aux élections municipales, l’extrême droite RN et son supplétif ciottiste l’UDR, seront-ils en capacité de gagner des sièges en Occitanie ? C’est une des grandes inconnues du scrutin. L’objectif du parti de Le Pen et Bardella est de pouvoir créer un groupe au Sénat et donc d’atteindre 10 sièges contre 3 aujourd’hui. Dans le Gard, le RN a raflé Vauvert et Bagnols-sur-Cèze tout en conservant Beaucaire mais n’a pu faire main basse sur Nîmes, remportée par la gauche emmenée par Vincent Bouget (PCF). Ce qui fait dire à Julien Audemard que le RN fera sans doute chou blanc dans ce département. Mais il est moins affirmatif à propos du Tarn où Castres a fini dans les filets du RN, de l’Aude avec la chute de Carcassonne à l’extrême droite et du Tarn-et-Garonne où, après Moissac, Montauban est désormais aux mains du RN. D’où, pour la gauche, la nécessité de ne point s’éparpiller et de jouer à fond la carte de l’union.

  • Nuñez muscle la flotte contre les incendies

    Nuñez muscle la flotte contre les incendies

    Sous le soleil de Nîmes-Garons (Gard), là où les avions jaunes et rouges de la Sécurité civile attendent la saison comme d’autres attendent l’orage, Laurent Nuñez a lancé depuis le tarmac, jeudi 4 juin, la campagne nationale 2026 de lutte contre les feux de forêt. Aux côtés de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, et de la commissaire européenne Hadja Lahbib, le ministre de l’Intérieur est venu donner corps à une promesse présidentielle née après les incendies ravageurs de l’été 2022 : renforcer les moyens aériens français face à un risque qui ne cesse de gagner du terrain.

    L’annonce tient en une signature : l’État commande deux nouveaux Canadair DHC-515 au constructeur canadien De Havilland, pour près de 200 millions d’euros. Ils s’ajouteront aux deux appareils déjà commandés en 2024, attendus en avril et novembre 2028. Les deux nouveaux, eux, ne devraient arriver qu’en 2032 ou 2033. À terme, la flotte française doit compter 16 Canadair amphibies, en plus des huit Dash, trois Beechcraft, hélicoptères Dragon en renouvellement, dix hélicoptères bombardiers d’eau et six Air Tractors loués chaque été.

    « Le risque incendie ne cesse d’augmenter et nous devons l’intégrer », a martelé Laurent Nuñez, rappelant qu’en 2025, près de 15 000 départs de feu ont été recensés en France, pour 30 000 hectares brûlés. Parmi eux, 1 800 feux de forêt ont ravagé près de 20 000 hectares, avec le traumatisme encore vif du massif des Corbières, dans l’Aude. En Europe, ce sont environ un million d’hectares qui sont partis en fumée l’an dernier. Dans l’Aude, le mégafeu des Corbières a rappelé combien le Sud reste en première ligne, du Gard aux Bouches-du-Rhône, même si le danger s’étend désormais bien au-delà du pourtour méditerranéen.

    Le gouvernement met en avant une stratégie en trois temps : « Mieux prévenir, mieux combattre et mieux reconstruire. » La ministre Monique Barbut a insisté sur la prévention, avec les obligations de débroussaillement et les gestes du quotidien, rappelant que « neuf incendies sur dix sont d’origine humaine ». Laurent Nuñez a aussi annoncé le renforcement des véhicules terrestres, avec un parc qui doit passer d’environ 541 unités à 1 200 d’ici 2028.

    Des avions, mais

    quels moyens au sol ?

    Mais derrière la mise en scène ministérielle, la question sociale demeure brûlante. Car les avions ne suffisent pas à éteindre la colère des soldats du feu. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers alerte : « La France ne peut pas attendre la livraison de nouveaux appareils étrangers pour préparer l’avenir. » Elle réclame une capacité française et européenne de production d’avions bombardiers d’eau, et s’inquiète de la baisse de 54,7% de la dotation de soutien à l’investissement structurant des Sdis.

    Quelques jours plus tôt, neuf syndicats de pompiers interpellaient déjà le gouvernement sur un financement des Sdis « au bord de la rupture ». Dans les casernes, la saison des feux commence rarement avec des discours : elle débute avec des effectifs tendus, des matériels vieillissants, des volontaires épuisés et des territoires qui brûlent plus vite que les budgets ne suivent.

    À Nîmes-Garons, l’État a donc affiché ses ailes. Reste à savoir si, sur le terrain, les femmes et hommes du feu auront les bras, les camions et les budgets pour tenir jusqu’à l’arrivée des avions.

  • Uzès fête ses 30 ans de danse populaire

    Uzès fête ses 30 ans de danse populaire

    À Uzès, les pierres blondes ont de la mémoire. Depuis trente ans, elles voient passer des corps, des élans, des silences, des foules debout. Le festival La Maison danse revient du 3 au 7 juin pour souffler ses bougies, non pas dans la nostalgie, mais dans le mouvement. Vingt-trois spectacles, vingt-deux chorégraphes, des ateliers, des films, des expositions, un bal, un jeu de piste et ce fameux 1 km de danse : la cité ducale se prépare à devenir, cinq jours durant, un grand plateau à ciel ouvert.

    Cette édition anniversaire relie les fils d’une histoire commencée en 1996 avec le Festival de la nouvelle danse. Trente ans plus tard, La Maison danse revendique toujours la même ambition : porter l’art chorégraphique au plus grand nombre, mêler les générations, ouvrir les scènes aux habitants, faire de la culture un bien commun plutôt qu’un privilège. La directrice Émilie Peluchon ne cache pas l’ambition du propos : le festival se dresse comme « une réponse à la brutalité du monde et au contexte politique de notre époque ». La danse comme résistance. Le corps comme argument.

    Une fête à hauteur d’habitants

    Symbole fort, Maguy Marin revient avec May B, pièce fondatrice déjà présente lors de la première édition. À ses côtés, les figures de ces trente années (Haleb, Ramalingom, Wampach, Hammoud, Carriau) passent le flambeau aux émergents : Aina Alegre, Soa Ratsifandrihana et Jonas Chéreau, nouvel artiste associé.

    Le festival ne se referme pas sur son histoire : il la met en jeu. Jeu de piste collectif dans les rues d’Uzès le samedi 6, exposition photographique en plein air sur trois décennies d’archives, mur de témoignages ouvert à toutes et tous, et un bal chorégraphié qui promet de faire tomber les frontières entre artistes et public. Et dimanche 7, le fameux « 1 km de danse » mêlera amateurs, scolaires et professionnels sur trois scènes simultanées. Gratuit, populaire et festif, comme 1996.

  • À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    Contrairement à son homologue de Vauvert, Pascale Bordes avance masquée à Bagnols-sur-Cèze. Déjà comme députée, l’avocate avait adopté la stratégie de dédiabolisation de son parti et évitait sagement toute polémique. Désormais à la tête de la troisième ville du Gard, elle tente de conserver cette image consensuelle. Lorsqu’elle a été écartée de toutes les vice-présidences de l’agglomération du Gard rhodanien, l’édile s’est simplement fendue d’un communiqué laconique, se limitant à répondre aux « nombreuses interrogations d’habitants du territoire ». Côté communication, tout est donc verrouillé. Ses adjoints sont peu présents sur le terrain et c’est bien le cabinet de la nouvelle maire qui gère toutes les demandes.

    « Elle avance masquée », confirme Elian Cellier, secrétaire de la section bagnolaise du PCF. « Pour l’instant, elle ne commet pas d’erreurs majeures. Les adjoints ont consigne de ne rien dire. Sur certaines manifestations, il n’y a même pas de représentant de la mairie. Depuis les élections, j’ai assisté à plusieurs vernissages par exemple et je ne sais toujours pas à quoi ressemble l’adjoint à la culture. »

    Face aux contraintes budgétaires, Pascale Bordes a lancé plusieurs audits notamment sur la question de la couverture de la piscine. Elle fustige aussi le coût de la passerelle piétonne au-dessus de la Cèze, grand sujet de débat durant la campagne municipale. « Ils se plaignent mais lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ils ont voté pour ces projets. Aujourd’hui, Pascale Bordes se plaint de l’endettement de la ville mais elle n’est jamais venue en conseil municipal lorsqu’elle était dans l’opposition pour alerter sur ces sujets. Et en même temps, elle a accordé toutes les majorations réglementaires d’indemnités d’élus, même celles qui ne sont pas obligatoires. Cela va coûter 54 000 euros par an à la commune pour les neuf adjoints », fustige l’élu d’opposition Jérôme Jackel (Debout).

    Coupe dans

    les subventions

    Lors du dernier conseil municipal où a été voté le budget primitif, une coupe dans les subventions aux associations a bien été prévue mais la majorité a joué le flou, disant étudier au « cas par cas » l’attribution de ces subventions. Pour l’heure, les associations ne savent donc pas à quelle hauteur leurs subventions vont être amputées. « La municipalité a prévu une coupe de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget pour les associations était de 953 000 euros en 2023 et il passe cette année à 465 000 », explique Jérôme Jackel. Autre économie décidée sur le dos des associations : le camion qui livrait habituellement le matériel municipal lors d’événements ne sera plus mis à disposition. Ce sont donc désormais à elles de s’organiser.

    La grogne et l’inquiétude commencent donc à se faire sentir dans les associations bagnolaises. Le foot et le handball seraient notamment visés par d’importantes coupes. Le club de foot avait en effet déjà été la cible de la candidate d’extrême droite en campagne qui jugeait que la somme allouée au regard des résultats était trop élevée. « Pour l’instant on est dans le flou, on ne se sait pas qui va être raboté en premier. Mais je pense que le foot va prendre un coup de rabot. J’ai bien peur qu’elle utilise la scission du club puisque Pont-Saint-Esprit veut remonter un club, pour justifier le coup de rabot de peut-être 50% », prévient Jérôme Jackel avant d’ajouter : « Le tissu associatif, c’est la force vive d’un territoire. Si une mairie n’est pas capable de venir en soutien de ses forces vives, que fait le territoire ? Il meurt. »

    Discrète, Pascale Bordes va devoir, dans les prochains mois, assumer ses choix. Car si elle coupe dans les subventions aux associations, elle devra ensuite justifier l’important investissement promis dans la sécurité avec notamment le recrutement de policiers municipaux (le coût d’un policier municipal est estimé entre 62 000 et 63 000 euros par an) pour qu’ils soient disponibles 7j/7 et 24h/24 et « armés comme une BAC ». Tout cela épaulé par « un centre de supervision moderne ». Pour l’heure, l’ancienne députée s’est contentée de lancer un audit sur la sécurité mais le coût de ses promesses de campagne interroge sur sa réelle capacité à les mettre en œuvre. « Pour une commune comme Bagnols, un tel audit coûte déjà entre 40 000 et 60 000 euros », s’agace Jérôme Jackel qui préférerait que l’argent soit utilisé autrement. « Nous, au quotidien, on ne voit aucune différence. Les dealers sont toujours là. La ville est toujours aussi sale. Les problèmes sont toujours les mêmes », résume Elian Cellier.

  • En Occitanie, l’agriculture en quête d’un second souffle

    En Occitanie, l’agriculture en quête d’un second souffle

    N’en déplaise à Pascal Praud et sa clique de climatosceptiques, le dérèglement climatique est un fait bien réel, en témoignent les fortes chaleurs de ces derniers jours, inimaginables pour un mois de mai. Ce dérèglement se traduit par des épisodes climatiques plus intenses et plus fréquents, notamment des périodes de sécheresses. Obligeant certaines professions à réinventer ses modes de production, sous peine de disparaître. C’est le cas des agriculteurs, aux premières loges de ce dérèglement. « L’augmentation des températures et l’évapotranspiration plus importante impactent les cultures. Chacun essaye de s’adapter en fonction de son territoire, de son fonctionnement. Dans le pastoralisme, beaucoup vont au Mont Lozère pour mettre leurs bêtes au frais pendant 15 jours, 3 semaines. Pour ceux qui traient à l’année, les bêtes sont dehors toute la nuit. En maraîchage, face aux fortes températures, les produits susceptibles de se faire brûler seront couverts, mis à l’ombre », détaille Dominique Soullier, secrétaire de la Confédération paysanne héraultaise.

    La relégation de l’écologie et de la défense de l’environnement au second plan par nos responsables politiques ne risque pas d’inverser la tendance du dérèglement climatique. « À la vitesse où ça va, que faire ? Nous, paysans, sommes seuls. Quand est-ce que les collectivités territoriales vont s’apercevoir qu’il y a une grosse problématique avec l’agriculture méditerranéenne. Avec toute la matière grise que l’on a à Montpellier, nous avons besoin de nous mettre autour d’une table et d’avoir une réflexion collective afin d’amener des réponses sur le devenir de l’agriculture méditerranéenne dans 5, 10, 15 ans », poursuit Dominique Soullier.

    Des pistachiers et grenadiers

    Et l’agriculteur d’envisager plusieurs pistes de réflexion. Notamment sur la culture. « Nous sommes en train de voir mourir une filière, la viticulture, qui a besoin d’être remplacée. Car ce n’est pas en mettant des bassines de rétention que cela va changer la donne pour le vigneron, qui a besoin de revenu plus que d’eau. Il faut repenser l’agriculture méditerranéenne. On pourrait planter des pistachiers, des grenadiers ou encore des caroubiers, des plantes qui consomment beaucoup moins d’eau et qui pourraient être cultivées ici. Mais il y a besoin d’organiser la filière », insiste Dominique Soullier. Des idées que le syndicaliste aimerait être mises au débat. Mais il semblerait que taper sur l’interdiction de pesticides est plus porteur électoralement.

  • La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    C’est le paradoxe sur lequel mise la direction de McDonald’s : malgré la fronde d’une partie des habitants à chaque annonce d’implantation d’un nouveau restaurant, si celui-ci parvient à ouvrir, il est très vite pris d’assaut. Le nouveau fast-food inauguré à Saint-Geniès-de-Malgoirès, bourgade de 3 200 habitants située entre Nîmes et Alès, l’illustre parfaitement. « J’ai rencontré des riverains, des locaux et des paysans de Saint-Geniès pour leur demander comment ça se passe avec ce nouveau McDo en zone rurale. Ils me disent que c’est plein. C’est incompréhensible. Mais s’il y a des gens qui sont en demande de cette bouffe-là, à ce prix-là, et que McDo offre ça, en tant que paysan, je n’ai pas grand-chose à dire », regrette Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard qui s’était mobilisé contre cette ouverture.

    La direction de McDo en est bien consciente et a d’ailleurs affiné sa stratégie ces derniers mois autour de la ruralité. L’objectif désormais affiché par l’enseigne est simple : posséder un « restaurant » à moins de 20 minutes de chaque Français. Cette ambition est désormais lancée dans tous les départements. Dans le Gard, trois McDo ont ainsi ouvert en 2025 à Saint-Geniès donc, à Garons (5 400 habitants) et Langlade (2 300).

    Exploiter

    la désertification

    Après avoir maillé la banlieue nîmoise, le groupe américain cherche désormais à s’aventurer dans le reste du département. Un projet est actuellement à l’étude aux Mages, commune de 2 100 habitants au nord d’Alès. Un permis de construire déposé en avril est actuellement à l’étude. Mais la population locale a décidé de se mobiliser pour arrêter le projet en lançant une pétition qui a déjà rassemblé 600 signatures sur papier et près d’un millier en ligne. Elle avance plusieurs arguments pour s’opposer au projet comme « l’augmentation importante de la circulation automobile », les « risques accrus pour la sécurité des piétons et des enfants », les « nuisances sonores et olfactives », la « pollution visuelle et lumineuse dans une zone classée Réserve internationale de Ciel Étoilé », ou encore « l’impact économique très négatif sur l’ensemble des restaurants et commerces déjà présents ».

    Il y a un peu plus d’un mois, les habitants du territoire d’Anduze se sont aussi mobilisés. En effet, une zone commerciale est à l’étude sur la commune voisine de Boisset-et-Gaujac où seraient implantés une boulangerie Marie Blachère, un Carrefour Market et un McDo. Une pétition a également été lancée et dépasse les 1 500 signatures. Ici aussi les élus s’opposent au projet mais les maires font aussi part de leur impuissance face à des projets construits sur des terrains privés. Il y a quelques mois, c’était à Laroque, petit village héraultais à la frontière du Gard, que s’est constitué un collectif pour s’opposer au McDo qui a rassemblé 3 000 personnes pour sa pétition.

    « Ces nouvelles implantations ne vont pas dans le bon sens », regrette Claude Gaubert de l’association Que choisir de l’Hérault. « Ça va mettre en difficulté tout un tas de petits restaurants et cantines. Cela va à l’encontre d’une approche tournée vers les circuits courts et les produits locaux. Ça pose finalement un problème d’éducation à la nourriture puisqu’ils rencontrent un public. L’éducation nutritionnelle devrait être abordée dans les écoles. »

    Aujourd’hui, élus et collectifs s’interrogent effectivement sur leur capacité à lutter face à une telle multinationale. Ses installations posent aussi une question démocratique. « On peut le faire comme à l’ancienne, à la José Bové, et tout casser. Aujourd’hui trouver des militants qui sont prêts à faire de la prison pour s’opposer à un projet de construction, c’est compliqué. Certains seraient quand même motivés chez nous. Mais pour quel but ? Nous avons un doute à la Conf’ sur la pertinence de ces actions pour faire arrêter un projet », explique Simon Le Berre.

    Surtout, McDo, qui promet à chaque projet de créer de l’emploi, exploite une ruralité abandonnée par les services publics et touchée par le chômage. Dans ces terres où les lieux de sociabilisation disparaissent, la multinationale s’implante pour devenir le lieu de rendez-vous du territoire. Au détriment du local : ses restaurants, ses camions pizzas et ses agriculteurs locaux.

  • Gard : 129 nouveaux maires, un seul rendez-vous

    Gard : 129 nouveaux maires, un seul rendez-vous

    Dans le Gard, les élections municipales ont rebattu les cartes jusque dans les plus petites mairies. Avec 129 nouveaux maires sur 350 communes, des milliers d’adjoints et de conseillers fraîchement élus, le Salon des communes et intercommunalités du Gard arrive à point nommé. Le rendez-vous se tiendra jeudi 4 juin au Parc des expositions, pour une 10e édition qui prend des airs de passage de relais.

    Car derrière les rubans coupés et les stands alignés, c’est bien du quotidien des habitants qu’il sera question : éclairage public, écoles à rénover, réseaux d’eau vieillissants, subventions à décrocher, dossiers administratifs à déminer. En 2025, le salon avait réuni 2 400 participants. Cette année, les organisateurs espèrent faire mieux, avec 145 exposants, dont 80% d’entreprises locales.

    Un espace de ressources

    « Les maires morflent, on a besoin d’être ensemble », résume Joël Roudil, maire de Carnas et élu de l’AMF 30. Dans une période où les communes encaissent les contraintes budgétaires et les injonctions contradictoires, ce salon veut offrir un lieu de respiration, mais surtout d’outillage. Services de l’État, intercommunalités, entreprises, notaires, acteurs de l’énergie ou de l’Europe : tout est pensé pour permettre aux élus de repartir avec des contacts et des réponses.

    La journée s’ouvrira par l’assemblée générale de l’AMF 30, où Philippe Ribot devrait être réélu. Le maire de Saint-Privat-des-Vieux défend une association capable de dépasser les étiquettes politiques : Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, et Christophe Rivenq, maire LR d’Alès, sont ainsi pressentis comme vice-présidents. Une manière de rappeler que, dans les villages comme dans les villes, la défense des communes reste d’abord une affaire de terrain.