Tag: France

  • [Rétrospective politique 2025 1/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    [Rétrospective politique 2025 1/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    Sébastien Lecornu est la personnalité politique française la plus recherchée sur le moteur de recherche de Google en 2025. Une nouvelle distinction pour celui qui s’était autoproclamé « le Premier ministre le plus faible de l’histoire de la Ve République » peu après sa nomination par le président de la République, le 9 septembre.

    Qu’en penser ? Que la surprise fut grande dans l’esprit des Français lorsqu’Emmanuel Macron dans une fin de règne devenue éreintante, s’entêtant depuis les élections législatives anticipées de juillet 2024 à ne pas vouloir désigner une personnalité issue des rangs de la gauche, le plaça à Matignon ? Il y a sans doute de ça.

    Et pourtant. L’homme a été d’absolument tous les gouvernements durant les deux quinquennats Macron. Sept en huit ans sans compter les deux qui porteront désormais son nom. Sébastien Lecornu ne devrait donc pas être un illustre inconnu aux yeux des Français. D’autant que les postes qu’il a occupés n’étaient pas de petits strapontins : secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire (2017-2018), ministre des collectivités territoriales (2018-2020), ministre des Outre-mer (2020-2022) puis ministre des Armées (2022-2025)… Sans compter que le nom de celui qui est toujours conseiller départemental de l’Eure a régulièrement circulé lorsqu’il a été question de trouver un locataire à Matignon…

    Lecornu s’en va et revient

    Plus vraisemblablement, cette curiosité numérique est à rechercher dans ce qui, selon un sondage Odoxa sorti ces derniers jours, est considéré par 47% Français comme l’événement le plus marquant de l’année 2025 : l’instabilité politique. Ils la placent devant le retour de Donald Trump et les problèmes de pouvoir d’achat (40%), avant la poursuite de la guerre en Ukraine (33%) ou le conflit israélo-palestinien (27%)…

    Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, l’absence de majorité claire, les chutes des gouvernements Barnier et Bayrou, sur fond de difficultés récurrentes à faire adopter un budget à l’état, ont nourri un climat d’incertitude prolongée. S’il est parvenu à faire adopter celui de la Sécurité sociale pour 2026, Lecornu a lui aussi entretenu ce trouble.

    En septembre, il ne mettra pas moins de 26 jours pour former une équipe gouvernementale. Un choix que l’on pensait mûrement réfléchi mais dont l’annonce, le 5 octobre, suscitera une telle réaction épidermique des Républicains, qu’il démissionnera dans la foulée. Quatorze heures. Le gouvernement Lecornu 1 restera le plus éphémère de l’histoire. Mais n’étant pas à une contradiction près, il finira par accepter, « par devoir », la nouvelle nomination du président, le 10 octobre, sacrifiant au passage, la réforme des retraites, suspendue jusqu’en 2027, et promettant de ne pas recourir au 49-3

    Emmanuel Macron qui souhaitait dans ses vœux aux Français que cette année 2024 soit celle du « ressaisissement collectif » et de « la stabilité » avait une nouvelle fois tout faux.

    Ch.C.

    9 septembre : Bayrou démissionne

    Le 8 septembre, à l’issue d’une déclaration de politique générale centrée sur la dette, la gauche, l’extrême droite et une partie de la droite de l’Assemblée refusent de voter leur confiance au Premier ministre qui l’avait sollicitée. Une première dans la Ve République. Le lendemain, acculé par les critiques sur son plan de rigueur budgétaire (43,8 milliards d’économies, suppression du 8-Mai et du lundi de Pâques fériés), fragilisé par l’affaire Bétharram et l’échec du conclave sur les retraites, plombé par la loi Duplomb, François Bayrou, nommé à Matignon fin 2024 tout en restant maire de Pau dont il dirigera une séance du conseil municipal en pleine crise humanitaire à Mayotte, présente sa démission au président de la République qui l’accepte.

    Ch.C.

    2 janvier – 26 décembre : les ministres en visite à Marseille

    Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a ouvert le bal le 2 janvier. Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, l’a refermé le 26 décembre. En 2025, Marseille a reçu plus d’une vingtaine de visites officielles de ministres, la plupart sous le gouvernement Bayrou qui y passera, lui-même, le 5 mai. Emmanuel Macron s’y est rendu à deux reprises : en février avec le président indien, Narendra Modi, puis en décembre sur fond de guerre contre le narcotrafic.

    Ch.C.

    Nouveau mode de scrutin pour voter à Marseille

    Les encarts publicitaires du président (Ren.) de Région, Renaud Muselier, dans la presse nationale en février n’y auront rien fait : le 8 août, le Conseil constitutionnel a définitivement validé la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille dit loi PLM pour les prochaines municipales. Emporté dans les vicissitudes de la dissolution, le texte initialement porté par le député (Ren.) de Paris Sylvain Maillard a été repris à la volée, au début du mois de février, par le Premier ministre François Bayrou. Une réforme largement perçue comme un coup de pouce pour faciliter une candidature de la ministre de la Culture Rachida Dati à Paris, et qui, à fronts renversés, a rencontré l’opposition ferme de la droite marseillaise et le soutien du maire (DVG) de Marseille. Après le début de l’examen du texte au mois de mars, il a été définitivement adopté le 11 juillet, avec les voix de Renaissance, LFI, le RN et une minorité de socialistes. Instituant désormais deux scrutins distincts dans les secteurs et à l’échelle municipale, avec deux urnes.

    Y.S.

  • [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    Fin septembre, les gestes de soutien de plusieurs maires envers le peuple palestinien massacré ont suscité un déferlement de haine.

    A l’instar du maire LFI de Grabels, René Revol, ou de son homologue communiste de Cendras, Sylvain André, le drapeau palestinien a été hissé sur le fronton des mairies le 22 septembre, jour de la reconnaissance par la France de la Palestine.

    Un geste de solidarité aussitôt amalgamé par certains au Hamas et au terrorisme. Certes, de manière incompréhensible, les préfets de l’Hérault et du Gard avaient au préalable interdit cette symbolique. « On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole Ensemble pour la paix quand la guerre en Ukraine a commencé », s’étonnait Sylvain André.

    La seule provocation sera celle d’Alexandre Allegret-Pilot. Le député UDR s’est octroyé le pouvoir d’aller dans la nuit retirer le drapeau de la mairie de Cendras. Il n’a pas été inquiété depuis.

  • [Passerelle interculturelle] CMG dévoile le thème et le logo du Gala de la Fête du Printemps

    [Passerelle interculturelle] CMG dévoile le thème et le logo du Gala de la Fête du Printemps

    Placée sous le signe de l’Année du Cheval, cette édition adopte pour thème « Des coursiers au galop, en marche sans entrave », promettant un spectacle culturel à la fois dynamique et ambitieux.

    Le concept central du thème, « Qi Ji », que l’on peut traduire par « coursier », est un terme ancien et élégant de la culture chinoise, désignant le légendaire « cheval capable de parcourir mille lis », symbole de vitesse, d’excellence et de puissance. Cette image forte incarne l’esprit intrinsèque de la nation chinoise : l’audace d’innover, la persévérance dans l’effort et l’élan constant vers l’avant.

    Plus encore, « Qi Ji » présente une proximité phonétique avec le mot chinois signifiant « miracle ». Cette double résonance exprime une détermination affirmée à créer de nouveaux prodiges et une confiance inébranlable dans la réalisation des objectifs nationaux. Le thème s’inscrit ainsi dans une vision pleine d’espoir pour une nouvelle ère et un nouveau parcours, en résonance avec l’ouverture de la période du 15e Plan quinquennal (2026-2030).

    Sur le plan artistique, l’inspiration du thème trouve ses racines dans le célèbre poème antique « Li Sao », issu du recueil classique « Chants de Chu » (Chu Ci), qui évoque la chevauchée d’un noble destrier, métaphore du courage de prendre les devants et d’ouvrir la voie pour les autres.

    Le logo du Gala de la Fête du Printemps 2026 constitue une abstraction visuelle riche, inspirée de ce thème. Son design intègre harmonieusement des motifs décoratifs traditionnels chinois, tels que les motifs de nuages (« yunwen ») et les motifs de tonnerre (« leiwen »), pour esquisser la silhouette de quatre coursiers avançant côte à côte. Pensé comme une forme infiniment extensible, transformable et cyclique, le logo compose une image vivante de dizaines de milliers de chevaux lancés dans une course irrésistible.

    Cette création met en valeur le charme de l’esthétique traditionnelle tout en transmettant l’énergie impétueuse et ascendante d’une époque en plein essor. Ensemble, le thème et le logo instaurent une atmosphère festive et porteuse de bon augure, destinée à rassembler les communautés chinoises du monde entier autour d’un grand festin culturel à l’occasion du réveillon du Nouvel An chinois.

    La Fête du Printemps, ou Nouvel An chinois, est l’une des célébrations traditionnelles les plus importantes de la culture chinoise. Le Gala annuel de la Fête du Printemps demeure une tradition profondément ancrée et chérie par les familles chinoises à travers le monde, jouant un rôle fédérateur majeur. Depuis sa première diffusion en 1983, l’émission est reconnue par le Guinness World Records comme le programme télévisé le plus regardé au monde.

  • Laurent Lamy : « La radioastronomie prend de l’ampleur en France, y compris à Marseille »

    Laurent Lamy : « La radioastronomie prend de l’ampleur en France, y compris à Marseille »

    La Marseillaise : La première détection d’une éruption stellaire hors de notre système solaire a été faite grâce à la radioastronomie. Est-ce une forme commune d’astronomie ?

    Laurent Lamy : Oui, elle étudie le spectre radio des ondes lumineuses et est composée de deux familles, en fonction des fréquences observées. Les basses fréquences – qui ont permis cette première détection – sont étudiées en France depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, avec le développement des radars et des télécommunications. Les rayonnements radio à basse fréquence du soleil et des planètes sont étudiés depuis les années 1950. Cette thématique prend de l’ampleur aujourd’hui en France, y compris à Marseille.

    Pourquoi ?

    L.L. : Car la France est partenaire de l’Observatoire Square Kilometer Array (SKAO) : un radiotélescope ultime en construction. Il observera dans une large bande de fréquences : entre 50 mégahertz (MHz) et plusieurs gigahertz. La partie basse fréquence – de 50 à 350 MHz – réalisera des relevés très sensibles pour détecter plus d’étoiles et faire de la physique comparée avec un grand nombre d’objets. Les travaux que nous menons aujourd’hui préparent l’arrivée de SKAO.

    Que signifie radiotélescope « ultime » ?

    L.L. : SKAO sera un radiotélescope géant de taille inégalée. Il est peu probable que nous arrivions à faire mieux. Depuis des décennies, nous progressons vers des radiotélescopes de plus en plus sensibles et nous découvrons à chaque fois de nouvelles choses. Mais faire mieux que SKAO sera technologiquement difficile et trop coûteux.

  • Michelin va rembourserl’État de 4,3 millions d’euros

    Michelin va rembourserl’État de 4,3 millions d’euros

    Le groupe Michelin et son PCG Florent Menegaux ont décidé de sortir le chéquier pour faire « don » à l’État de 4,3 millions d’euros, d’après le journal officiel en date du 26 décembre.

    Cette somme correspond « à une somme perçue par le fabricant de pneus au titre d’un crédit d’impôt » pour moderniser son usine sur le site de La Roche-sur-Yon, usine qui a fermé ses portes en 2020. « Un remboursement strictement volontaire et responsable », précise le groupe au quotidien Le Monde.

    Rapport et contrôles

    La question des aides d’État perçues par les entreprises a été remise sur la table, lorsque le sénateur communiste Fabien Gay avait rendu les travaux de la commission portant sur ce thème et assuré que ces aides avait un coût de « 211 milliards d’euros » avec des contreparties infimes voire nulles. Et de pointer notamment du doigt les grands groupes français et internationaux qui profitaient des crédits d’impôt notamment pour augmenter uniquement leurs bénéfices et les dividendes versés à leurs actionnaires, plutôt que de réellement moderniser leurs moyens de production et créer de l’emploi. « Le paysage des aides publiques aux entreprises semble aujourd’hui éclaté et échapper à toute réflexion d’ensemble », constatait le sénateur communiste. La commission formulait notamment en conclusion de son rapport plusieurs propositions, et en premier lieu « un choc de transparence », « un choc de responsabilisation » et « un choc de rationalisation ». Bref, remettre un peu d’ordre dans les largesses accordées aux entreprises avec, par exemple, des contrôles effectifs sur l’utilisation des fonds…

  • Une ténébreuse affaire

    Une ténébreuse affaire

    C’est, pour pasticher le titre d’un célèbre roman de Balzac, celle que nous narre aujourd’hui Hervé Jubert. Outre aux thrillers sanguinolents, la mode revient aujourd’hui aux romans historiques. Si la plupart des auteurs montrent quelque compétence dans la recherche documentaire, il leur manque trop souvent l’essentiel, sa digestion et on a l’impression d’ingurgiter des pavés démonstratifs bourrés d’invraisemblances psychologiques et d’anachronismes de style. Aussi convient-il de saluer cette Affaire Balzac et son auteur, auquel on n’adressera qu’un reproche, ne pas avoir fourni une bibliographie en fin de volume.

    Tout commence en 1818 par la rencontre inopinée entre un jeune Balzac encore inconnu et un narrateur anonyme qui ne va pas tarder à devenir son serviteur. Et, aussitôt, à se laisser entraîner dans une enquête surprenante qui va réserver des mésaventures qui ne le seront pas moins. Car les deux hommes, à pied, en diligence ou à dos de mule, vont traverser la France pour gagner la région d’Albi où se prépare l’exécution de Louis Balssa, dit Le Prince, qui n’est autre qu’un oncle du futur écrivain. C’est à partir de ces données authentiques, d’un travail de recherche important et du postulat de l’innocence de l’oncle que Jubert a donné une reconstitution possible des faits.

    Balzac mène l’enquête

    La grande habileté de l’auteur c’est de rendre vraisemblable la possibilité d’une telle aventure. Après tout, on sait que Balzac a bien connu Vidocq, que la troisième partie de Splendeurs et Misères des courtisanes est une authentique enquête et que ses débuts se plaçaient sous l’influence du roman noir gothique anglo-saxon. Néanmoins, le principal mérite de Jubert est d’avoir parfaitement saisi les conditions historiques de l’époque, la psychologie d’une région et de ses habitants, qu’il décrit avec infiniment de poésie et d’humour. Son Balzac avant Balzac, ses saillies, ses foucades, son caractère tantôt grave et angoissé tantôt léger et primesautier, raconté par un narrateur pittoresque qui est bien plus qu’un faire-valoir, tout au long d’une quête à rebondissements, est aussi un véritable régal tant le style, les tournures, le vocabulaire, ne versant jamais dans l’anachronisme, font mouche. Un roman original et passionnant dont on se délectera.

    L’Affaire Balzac La Manufacture de livres
    225 p. 19€90

  • Logocratie, l’ère de la post-vérité

    Logocratie, l’ère de la post-vérité

    Le politologue, docteur en sciences politiques Clément Viktorovitch connu des plateaux de France 5 pour la pertinence et la clarté de ses propos décide de réfléchir face à ces vérités alternatives qui font les punchlines des discours politiques. Et le politologue n’y va pas par quatre chemins. Il accuse le Président d’être le plus grand responsable de l’avènement de la post-vérité sous les latitudes de la République.

    Que se passe-t-il quand les discours du pouvoir cèdent à la déloyauté ? Quand les gouvernants ne cessent de mentir, sans jamais avoir à en payer le prix ? Quand la communication se permet de dire ce qui est faux, taire ce qui est vrai, et ne pas faire ce qui est dit ? Toutes les dérives deviennent possibles.

    Ce livre démontre combien, loin d’avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité incarnée par le Trumpisme, la présidence d’Emmanuel Macron l’y a au contraire précipitée. Il révèle comment la corruption du langage nous a plongés dans un exercice dévoyé de l’autorité, où les mots ne visent plus à éclairer le débat public, mais à l’empêcher.

    Lorsque la parole officielle s’affranchit du réel, c’est la démocratie elle-même qui chancelle. Insidieusement, elle se pervertit en logocratie.

    La logocratie c’est ce point de bascule terrible où la parole l’emporte face aux actes.

    LOGOCRATIE

    par Clément Viktorovitch

    Éditions du Seuil

    304p, 20,90 €

  • [Un brin d’histoire de Noël] La revente du cadeau, fin d’un tabou ?

    [Un brin d’histoire de Noël] La revente du cadeau, fin d’un tabou ?

    On estime qu’un cadeau sur trois n’est pas désiré et reste inutilisé dans le système d’échanges contraints qu’est le cadeau de Noël. En France, 12 millions de cadeaux n’ont pas fait d’heureux.

    « Oh surprise, vous avez reçu un cadeau pourri. Oh merci, j’adore ! Arrêtez de faire semblant, revendez-le vite ! Pas de panique Amazon est là ! » énonce cash un site listant le top 15 des meilleurs e-commerces « pour revendre ses cadeaux de Noël et se faire, au moins, un peu de pognon ». La revente des cadeaux de Noël n’est vraiment plus un tabou. C’est une tendance de fond depuis les années 2000 que les plateformes de e-commerce ont vu venir et veulent capter. Il n’y a plus trop de complexes à briser la norme de l’interdit social de se séparer d’un objet offert. Dès le 25 décembre, un nouveau business s’ouvre qui joue sur l’argument de lutte contre le gaspillage pour donner une seconde vie à la chemise à rayures trop grande de la tante ou au mug hideux de belle-maman.

    L’anthropologue Dominique Desjeux a analysé ce phénomène social. « Plus les objets sont offerts par des personnes proches et plus les objets sont chauds émotionnellement et sont donc difficiles à revendre. Mais, à l’inverse, plus ils sont offerts par des personnes éloignées affectivement plus il est envisageable de les revendre », explique le chercheur. Les outils numériques rempliraient la « fonction de refroidissement » de ces cadeaux pour les remettre dans le circuit marchand, en levant la gêne de l’ingratitude.

    « La revente des cadeaux de Noël s’impose : 1 Français sur 2 l’envisage » clame le site Rakuten qui affirme que « le 25 décembre 2021 à 15h, Rakuten comptabilisait déjà 600 000 annonces de cadeaux à revendre ! Un chiffre en plein essor qui illustrait déjà à quel point la revente des cadeaux de Noël était devenue un réflexe de consommation pour les Français. » Pour influer sur le processus mental de refroidissement, il joue sur l’argument de la « prise de conscience écocitoyenne ».

  • [Un brin d’histoire de Noël] La débauche hyperconsumériste

    [Un brin d’histoire de Noël] La débauche hyperconsumériste

    Les achats de Noël sont un point d’acmé de la consommation. Depuis les Trente Glorieuses, la société d’abondance commande de dépenser pour cette fête préférée des Français. La course aux cadeaux mobilise les familles. Dans une société qui n’en fait pas, c’est une saignée budgétaire. Après Halloween et le Black friday, le capitalisme comment de faire encore chauffer la carte bleue pour combler tout le monde et pas seulement les enfants. Derrière la magie et l’enchantement de Noël, c’est une injonction à la dépense, à la surconsommation et au gaspillage aussi. Noël est à ce titre un fait anthropologique total car il s’impose à tous.

    Faire un cadeau est un impératif social profondément inscrit dans la psyché collective pour réaffirmer la mutualité des liens sociaux, le partage, la solidarité la sacralité de la famille, la compassion pour les isolés ! En France, 368 millions de cadeaux sont échangés à Noël donnant la mesure du volume des poubelles du 25 décembre. Ce potlatch général, ou surenchère dans la prodigalité, c’est la « guerre des dons » théorisée en 1923 par l’anthropologue Marcel Mauss. Le don est tout sauf gratuit. Il appelle au contre-don. L’avare craint toujours les cadeaux !

    Pour Pierre Bourdieu, au-delà du plaisir qu’il procure, Noël est un rite d’intégration. En dépensant, le snob affiche aussi son rang social. Cette consommation ostentatoire conduit à un paradoxe économique théorisé par l’économiste Thorstein Veblen (1857-1929) : la demande d’un bien de luxe, de différenciation sociale donc, croît à mesure que son prix augmente. C’est l’effet Veblen : c’est le prix qui génère la demande.

    Pour le philosophe marxiste Michel Clouscard (1928-2009), critique de la société du « capitalisme de la séduction », Noël dresse les enfants à consommer toujours plus, sans se soucier des effets de cette consommation sur l’environnement et sur autrui. Noël répond aux impératifs de la société de l’hyperconsommation. Le sapin de Noël est l’emblème d’une catastrophe écologique : en Europe, 50 millions de sapin finiront broyés.

  • Des jouets achetés sur Temu et Shein à haut risque pour les enfants

    Des jouets achetés sur Temu et Shein à haut risque pour les enfants

    Une console de jeu à 10 euros, un lot de 1 000 briques à assembler à 4 euros ou encore un téléphone intelligent à 20 euros. Les prix sur les sites chinois de Temu et Shein sont dérisoires et le choix de références infini.

    Face à la baisse du pouvoir d’achat et à l’approche de Noël, les Français sont de plus en plus nombreux à se tourner vers ces sites pour mettre des cadeaux au pied du sapin. Pourtant, derrière ces prix cassés se cachent une qualité médiocre et surtout des risques pour la santé des plus petits.

    Petit prix, grand danger

    En 2024, ce sont 775 millions de petits colis en provenance de l’étranger qui ont été livrés en France, soit deux millions par jour, d’après le site Vie publique. Parmi ces colis, la plupart ont été commandés sur les sites de Temu ou Shein, devenus leaders mondiaux de la vente en ligne. Pourtant, parmi ces millions de colis qui ont envahis les maisons françaises, seuls 0.0082% ont été contrôlés en physique l’année passée, d’après la commission européenne.

    Face à ce manque de contrôle, l’association de consommateur UFC-que choisir, associée à ses homologues allemand, belge et danois, ont enquêté sur ces produits. D’après leur étude, publiée le 30 octobre dernier, 69% des produits testés ne répondaient pas aux normes en vigueur dans l’Union européenne et 57% pouvaient s’avérer dangereux…

    Mais c’est avant tout au rayon jouet que les résultats sont les plus inquiétants. En effet, sur 54 articles destinés aux enfants testés, seul un jouet respectait les normes européennes. Le principal problème relevé est la taille des pièces souvent trop facilement détachables. Pour l’association de consommateurs « le risque qu’un enfant les ingère et s’étouffe est loin d’être négligeable ». Certains produits avaient également des taux très élevés de substances dangereuses comme des perturbateurs endocriniens dépassant plus de quatre fois la réglementation imposée par l’Union européenne.

    Ces normes européennes relatives à la sécurité des jouets sont pourtant en application depuis 2011 sur tout le territoire européen. Une réglementation qui impose à chaque fabricant d’analyser les dangers que ses jouets peuvent présenter en matière chimique, physique, mécanique, électrique, d’inflammabilité, de radioactivité et d’hygiène.

    Face à ces manquements répétés et au manque de contrôle de ces articles, la commission européenne a voté le 12 décembre, une taxe de 3 euros pour tous les colis de moins de 150 euros issus de l’étranger.