Tag: France

  • La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    S’attaquer au 1er-Mai, seul jour férié et chômé du calendrier, c’est piétiner l’Histoire de France. Si le gouvernement de Sébastien Lecornu a fait mine de reculer en ne soutenant pas la proposition de loi d’Ensemble pour la République (groupe macroniste de l’Assemblée nationale), il a décidé de le satisfaire en partie en rompant avec le respect de la Journée internationale des travailleurs et ce dès ce 1er-Mai et en préparant un projet de loi autorisant les artisans boulangers et fleuristes à faire travailler « leurs » salariés le 1er-Mai 2027. Le tout sur la base du « volontariat », dont on sait ce qu’il pèse dans un rapport de subordination, c’est-à-dire rien. La décision n’est pas anecdotique. C’est une brèche ouverte. Pour mesurer la gravité de ce geste politique du macronisme finissant, mais surtout pour replacer le 1er-Mai dans l’histoire des conquêtes sociales, un bref retour historique est d’intérêt public.

    Au cœur de la matrice du 1er-Mai figure une revendication aussi vitale que centrale : la journée de huit heures de travail à une époque, le XIXe siècle, où les 12 heures quotidiennes sont la norme minimale, six jours sur sept. Dès 1880, « le journal L’Egalité publie un programme élaboré à Londres par Karl Marx, Friedrich Engels, Paul Lafargue et Jules Guesde. La réduction légale de la journée de travail à huit heures y figure comme l’une des principales revendications de son volet économique » relate l’Institut d’Histoire Sociale (IHS), rattaché au syndicat CGT. C’est lors des célébrations du centenaire de la Révolution française, en 1889, que « l’idée d’un mouvement national à date fixe prend corps ».

    En juillet 1889, le IIe Congrès international socialiste réunit à Paris 377 délégués venus du monde entier. Ils votent le 20 juillet une résolution qui marque la naissance officielle du 1er-Mai. Ce texte appelle les travailleurs à organiser « une grande manifestation internationale à date fixe de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail ». L’IHS complète : « Au cours des débats, la date retenue fut fixée au 1er mai, en référence à la décision, prise en 1888 par l’American Federation of Labor lors de son congrès de Saint-Louis, de faire du 1er mai 1890 un temps fort de lutte pour la journée de huit heures. » En France, le deuxième 1er-Mai, en 1891, demeure dans la mémoire collective : à Fourmies, dans le nord, l’armée tire sur la foule qui revendique la journée de huit heures. Même revendication le 1er-Mai 1906, où la CGT fait de la journée de huit heures le cœur de manifestations grandioses mais aussi meurtrières notamment à Paris. Une année marquée par la pire catastrophe minière à Courrières (Pas-de-Calais) qui fit 2 000 morts.

    Il faudra attendre 1919 pour conquérir les huit heures. La montée du fascisme puis du nazisme accélère l’histoire avec la construction du Front populaire. Le 1er mai 1936 annonce les grandes grèves et les accords de Matignon de juin avec la semaine de 40 heures, les congés payés… Des conquêtes que l’État collaborationniste dirigé par Pétain veut détruire en instaurant « la Fête du travail » en 1941. Après la Victoire sur le nazisme, le 1er-Mai retrouve figure humaine et, en 1947, le ministre communiste du Travail Ambroise Croizat le rend férié, obligatoire, chômé et payé. C’est toujours le cas en dépit de l’offensive des droites et de l’extrême droite en 2026. La guerre d’Algérie est un prétexte pour interdire, à Paris, les défilés du 1er-Mai de 1954 à 1967 ! La CGT décide en 1967 « de reconquérir les rues de Paris en lançant un appel à manifester de la République à Bastille ».

    Parmi les autres grands 1er-Mai figure 2002. Un marée humaine anti Jean-Marie Le Pen (FN), qualifié pour le second tour de la présidentielle. Vingt-quatre ans plus tard, le mouvement social est plus que jamais antifasciste alors que l’extrême droite toque aux portes de l’Élysée à moins d’un an du scrutin.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille à 10h30 au Vieux-Port. Martigues à 10h, place Jean-Jaurès. Aix-en-Provence à 10h30, place de la Rotonde. La Ciotat à 10h30 à l’Union locale. Tarascon à partir de 10h30 à la gare. Salon-de-Provence à 10h, devant la mairie. Port-de-Bouc à 10h, parking des Sardinades. Port-Saint-Louis à 10h à la Bourse du Travail. Arles à 10h30, place de la République. Toulon à 10h30 à la Bourse du travail. Draguignan à 10h30 à la Bourse du travail. Saint-Raphaël à 10h30 au rond-point Kennedy. Avignon à 10h30, cours Jean-Jaurès, puis cortège vers le Palais des Papes. Digne-les-Bains à 10h30, place Général-de-Gaulle. Manosque à 11h place Rossini. Gap à 10h place de la République. Briançon à 10h30, esplanade de la mairie.

    PAROLES DE SYNDICALISTES

    Sabrina Manca, Secrétaire de l’Union départementale CGT Bouches-du-Rhône

    « Ce 1er-Mai est l’occasion de rappeler l’héritage des luttes ouvrières. Il ne faut pas oublier d’où il vient, que c’est un des seuls jours fériés, chômés et payés ! Ce n’est pas une fête, c’est un moment de lutte pour les droits des travailleurs, c’est une bataille qui a été menée par nos anciens. Il y a eu des morts pour nos droits. On continuera à se battre pour garder ce jour non travaillé, on ne le lâchera pas, d’autant que le gouvernement a voulu passer une mesure de travail pour le 1er-Mai. La mobilisation les a fait reculer, mais on sait qu’ils n’ont pas oublié et qu’ils reviendront à la charge en 2027. Si on perd le 1er-Mai, les travailleurs auront beaucoup perdu. »

    Propos recueillis par Amaury Baqué

    Patrick Vaniscotte, Membre du bureau départemental CGT Vaucluse

    « Le 1er-Mai est un symbole important pour les travailleurs. Et aujourd’hui, il est directement attaqué, en voulant imposer le travail à plus d’un million de personnes. On ne laissera personne supprimer cette journée de lutte. Une journée de mobilisation pour les salaires, la justice sociale, la défense des services publics, mais aussi la paix et la solidarité entre les peuples. Car ce sont les travailleurs et les civils qui trinquent. Sans oublier de rappeler la totale opposition aux valeurs et aux principes de l’extrême droite. On voit une partie de la droite aller dans ce sens, comme le montre le rapport de Charles Alloncle (UDR) contre l’audiovisuel public. Il faut refuser cette extrême droitisation de la vie politique. »

    Propos recueillis par Mack Salman

    Stéphane Martins de Araujo, Secrétaire général CGT ArcelorMittal Fos-sur-mer Bouches-du-Rhône

    « Le gouvernement attaque tous nos conquis sociaux et casse le monde du travail, tout ça pour rentrer de l’argent dans les caisses de l’État et le dilapider en aides aux entreprises. Heureusement que les camarades se sont levés avec certains élus pour faire reculer le gouvernement sur le 1er-Mai. Un peu comme les miniers, les métallos ont travaillé longtemps dans des conditions pas possibles avec des salariés qui venaient au travail et n’allaient pas au bout de leur vie. Ils se sont mobilisés pour qu’on aille mieux. On continue ces luttes pour améliorer la sécurité et la santé au travail. On se battra comme nos aînés pour travailler pour gagner notre vie et pas pour la perdre. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Sylvain Moretti, Secrétaire départemental de la CGT Alpes-de-Haute-Provence

    « Le 1er-Mai appartient aux travailleurs, il est donc hors de question de se le faire voler par la droite et l’extrême droite ! Les mobilisations de demain ont pour objectif d’affirmer que le 1er-Mai restera pour tous et toutes une journée fériée chômée et payée ! Dans le même temps, la volonté de la CGT 04 est aussi de faire de cette mobilisation très attendue dans un contexte où le prix des carburants explose et pénalisent fortement celles et ceux qui tous les jours utilisent leur véhicule pour aller travailler, le point de départ d’un processus pour le blocage des prix du carburant et des augmentations de salaire. Les travailleurs n’ont pas à choisir entre conduire et manger ! »

    Propos recueillis par Lisa Défossez

    Pascal Maestracci, Secrétaire régional de la CGT construction bois et ameublement Paca

    « Ce 1er-Mai sera plus revendicatif que jamais puisque Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale, a tenté de faire passer une loi sur ce jour chômé, le plus symbolique pour les travailleurs. Ce gouvernement a déjà essayé de nous enlever deux jours fériés. Nous continuerons sans relâche à défendre nos droits, à lutter contre cette volonté d’exploitation des classes laborieuses par les plus riches. Nous restons vigilants sur la déréglementation insidieuse du Code du travail. Elle n’est jamais favorable au salarié. On l’a vu sur Plan-de-Campagne : au début, c’était le dimanche sur la base du volontariat, et au final, c’est devenu un jour normal. On ne lâchera jamais le 1er-Mai. »

    Propos recueillis par Myriam Guillaume

    Richard Roméo-Giberti, Secrétaire de l’Union départementale CGT Var

    « C’est une journée pour les droits des travailleurs, et ce jour-là dans le monde entier les gens manifestent de manière coordonnée. Et dans une période où le pouvoir d’achat est attaqué, la crise des énergies grève le portefeuille de tout le monde, le gouvernement et ses alliés, la droite et l’extrême droite, ont secoué l’épouvantail du 1er-Mai et ont ouvert des brèches pour que puissent travailler des salariés. C’est conforme à leur grand projet qui est d’entamer toujours davantage les droits acquis des travailleurs. Lorsqu’ils vont s’attaquer à la cinquième semaine de congés payés j’espère que tout le monde ne trouvera pas ça normal. Alors, manifestons et soyons nombreux ! »

    Propos recueillis par Thierry Turpin

    Alain Tournay, Secrétaire départemental de la FSU Var

    « Ce 1er-Mai est un peu particulier, puisque le gouvernement, aidé par la droite la plus dure et l’extrême droite, voulait nous le voler. Aujourd’hui, grâce à la mobilisation, on a gagné le droit de continuer à avoir ce jour férié. Mais rien n’est joué, puisque de toute façon, ils vont réaborder ça l’an prochain. On veut rappeler que le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition, c’est une journée de lutte. C’est pour ça qu’on veut un 1er-Mai le plus unitaire et le plus populaire possible. »

    Propos recueillis par T.T.

    Guillaume Pascal, Secrétaire général UD CFDT Bouches-du-Rhône

    « Le 1er-Mai est une journée internationale, fêtée dans 180 pays dans le monde, ce n’est pas une exception française. Aujourd’hui, il est attaqué, fragilisé. Et à force de dérogations : juste pour les fleuristes, juste pour les boulangers, juste ceux qui veulent, ça finit par juste tout le monde ! Ça a commencé avec Sarkozy et le travail du dimanche, ensuite les ordonnances Macron ont grignoté, jusqu’où va-t-on aller ? C’est encore un mépris des syndicats et des travailleurs. » A.B.

    Franck Balliot, Co-secrétaire général FSU Bouches-du-Rhône

    « On est dans une crise profonde du néolibéralisme, il y a une fuite avant du capitalisme. On le voit avec la position du gouvernement qui demande à ses agents du ministère du travail de ne pas sanctionner certaines entreprises lors des contrôles du travail à ce 1er-Mai, donc il leur demande de ne pas appliquer la loi. À côté de ça, les dépenses militaires augmentent, notre slogan pour ce 1er-Mai est donc de «financer les salaires, pas la guerre». »

    Propos recueillis par A.B.

    Etienne Raoul, Secrétaire général Force ouvrière Vaucluse

    « C’est une journée historique, 120 ans après les manifestations pour la journée de huit heures. La journée des travailleurs, ce n’est pas une journée de fête. Il faut rappeler que le budget de la défense dépasse celui de l’Éducation nationale, ce qui est inacceptable. On demande le maintien inconditionnel du caractère férié et chômé du 1er-Mai. Le volontariat le 1er-Mai, ça n’existe pas. Et on continuera à combattre les gouvernements, quels qu’ils soient. »

    Propos recueillis par M.S.

    Alexandra Pourroy, Représentante syndicale CGT poste et télécommunications (FATP) Hautes-Alpes

    « Le gouvernement a essayé de supprimer le 1er-Mai très récemment, et il y a encore des discussions en cours là-dessus dans certains secteurs, ça en fait donc un symbole particulier cette année. On le voit, sans cesse, les droits des travailleurs reculent, ceux des travailleuses je n’en parle même pas… Mais nous tenons à montrer qu’il y a toujours des gens qui veillent sur ces acquis sociaux et qui sont prêts à se mobiliser. »

    Propos recueillis par Ange Fabre

    Sylvain Bartet, Secrétaire départemental FSU Vaucluse

    « Cette journée n’a aucun équivalent, ni en termes symboliques, ni en termes pratiques. S’y attaquer est une offensive idéologique, presque une bataille culturelle. Et ce, de la part des députés macronistes, de droite et d’extrême droite. Ce qui est à nouveau la preuve de l’imposture sociale de l’extrême droite. Car ils sont contre le modèle social, la protection sociale, les droits sociaux. D’autant que cette journée arrive dans une situation très grave d’un point de vue économique, du fait des nombreux conflits. »

    Propos recueillis par M.S.

  • « Pain, paix, liberté », les mots de 1936 sont les nôtres

    « Pain, paix, liberté », les mots de 1936 sont les nôtres

    Premier-Mai 1936-Premier-Mai 2026. Quatre-vingt-dix ans séparent ces deux dates mais les résonances entre les deux époques sont éloquentes. En premier lieu, la montée des périls fasciste et nazi menace la paix dans les années 1930 et le Front populaire va se construire en riposte aux périls et à l’ordre dominant en tenant les deux faces du combat : l’antifascisme et le progrès social.

    Aujourd’hui, la menace d’extrême droite est prégnante et l’aspiration à vivre bien, qui exige un projet progressiste du XXIe siècle alliant le social au politique, est la seule issue positive aux visées mortifères du RN en France et d’autres partis extrémistes ailleurs en Europe et dans le monde. Une des grandes conquêtes pour le monde du travail, concrétisées par les accords de Matignon de juin 1936, fruit des grandes grèves de mai, fut la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Le Premier-Mai, « fête » ou « journée » internationale des travailleurs depuis 1890, est justement né de la revendication centrale de la réduction du temps de travail, la journée de 8 heures, sans réduction de salaire. Un long combat, toujours en cours après les 39 heures (années 1980), les 35 heures (années 1990) et désormais la revendication des 32 heures portée par la CGT. Les cris du patronat sont toujours les mêmes hier comme aujourd’hui.

    La leçon d’unité du Premier-Mai

    Le nom du programme du Front populaire, « Pain, paix, liberté » est un manifeste contre l’oppression et les injustices et n’a pas pris une ride tant ces fléaux font rage sur notre planète. Une autre des grandes leçons du Premier-Mai est sa dimension unitaire dans la lutte. À ses débuts, le Front populaire s’est nommé « Rassemblement populaire » et a rassemblé outre les partis des gauches, des radicaux aux communistes, le vaste mouvement social et intellectuel et les associations antifascistes et de défense des droits humains. Cette unité permit la victoire de la gauche aux élections législatives d’avril et mai 1936. Si l’Histoire ne se répète jamais à l’identique, elle peut bégayer. La leçon d’unité du Premier-Mai nous invite à trouver dans l’histoire les clés de notre avenir.

  • [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    La Marseillaise : Que représente cette journée mondiale pour les agents de l’inspection du travail ?

    Cécile Clamme : Pour nous, cette journée mondiale est une grosse date. Il faut mettre en avant le fléau social que sont les accidents du travail et les maladies professionnelles. On oublie souvent ce deuxième point alors qu’elles provoquent de gros dégâts : le sujet emblématique est celui de l’amiante, qui est au cœur des préoccupations de l’inspection du travail depuis des années. Pour nous, dédier une journée dans l’année à ces questions, mettre l’accent sur ces questions, c’est majeur. Cela permet de s’interroger collectivement : Pourquoi on est encore là en 2026 ? Pourquoi la France a des chiffres aussi inquiétants ? À l’inspection du travail, on est justement pas trop mal placés pour avoir des indications et des réponses. On est directement concerné. Pour nous, il y a deux éléments de réponse : le manque de moyens, les sanctions en cas de manquements qui ne sont pas assez importantes.

    Quelle est l’ampleur du manque de moyens à l’inspection du travail ? Quel lien avec le nombre d’accidents et de morts au travail en France ?

    C.C. : Une des dimensions majeures de notre travail est d’enquêter lorsque l’accident du travail survient, mais c’est aussi de contrôler, en amont, pour que l’accident de travail ne survienne pas. Or, dans l’état actuel de nos effectifs, nous ne pouvons pas toujours assurer cet aspect de prévention. Quand on est pris par l’actualité, par les dossiers qui s’accumulent, on ne peut pas faire d’actions de prévention. Avec des effectifs en berne comme ils le sont actuellement, on a moins le temps pour faire ce travail-là. Sur les 15 dernières années, on estime à entre 20% et 25% de baisse du nombre d’agents. On a une énorme baisse des effectifs pour les agents d’assistance, ceux qui font le travail administratif. Pareil pour les agents en charge des renseignements, qui sont pourtant les premiers interlocuteurs des salariés en difficulté. À l’heure actuelle, notre direction considère qu’une charge de travail « normale » pour un agent de contrôle, c’est 1 pour 10 000 salariés. Mais, sur le papier, on est moins de 2 000 alors qu’il y a entre 21 et 22 millions de salariés : on est environ 1 800 avec 10% de postes vacants. Il y a peu, on était 1 600. Entre-temps, il y a eu trois ans où les recrutements étaient plus importants, avec des grosses campagnes de communication. Mais malheureusement, tout a été stoppé l’année dernière. On aura donc la dernière grosse promotion pour cet été 2026.

    Quelle estimation des besoins ?

    C.C. : Il aurait fallu continuer encore 3 ans de plus pour atteindre les 2 000… Pour toute la France, il y a eu 45 inspecteurs du travail recrutés l’année dernière, cette année ce seront 60 recrutements. Alors qu’il y a 200 postes vacants et, qu’au bas mot, 100 collègues partent pour différentes raisons chaque année. Très rapidement, on va encore être dépassée par les départs en retraite et les promotions. Quoi qu’il arrive, il y a un problème. D’autant qu’on ne s’occupe pas uniquement des travailleurs salariés. Par exemple, la direction a engagé, il y a 6 mois, une action sur les faux travailleurs indépendants. Cela se fait en plus du travail sur les salariés, puisque par définition ils ne sont pas comptés dans les 21-22 millions de salariés. On est aussi compétent pour la santé et sécurité de la fonction publique hospitalière. Si, sur un secteur, il y a un gros CHU, cela va alourdir la charge de travail sans que ça ne soit compté officiellement… À la CGT TEFP, on revendique 1 agent pour 5 000. Ça n’aurait rien de délirant si l’on compare à d’autres missions de service public. Surtout quand on voit les statistiques de la France en matière d’accidents du travail : 2 morts par jour. Il faudrait donc plus que doubler les effectifs, 3 000 inspecteurs de plus.

    Comment expliquez-vous ces statistiques ?

    C.C. : Notre mot d’ordre est simple : des moyens pour la prévention, des sanctions pour les patrons. Quand il y a un manquement, les sanctions ne sont pas assez dissuasives ! Quand un employeur est condamné, on est en général sur des peines qui sont de l’ordre de l’amende. Lesquelles sont d’un montant qui sera ridicule pour un grand groupe mais important pour une petite entreprise. Par exemple : pour une condamnation faisant suite à un accident mortel, il y a souvent une condamnation, de la personne morale donc pas du dirigeant directement, a une amende, parfois partiellement assorti du sursis… C’est aberrant. Et c’est sans compter toutes les fois où les procédures n’aboutissent pas : classées sans suite pour telle ou telle raison, quand l’entreprise a un avocat meilleur que celui de la victime… La CGT a fait des estimations sur certains départements sur plusieurs années : en moyenne, moins de 20% des procédures vont au bout, y compris pour des accidents graves ou mortels.

  • Le rapport Alloncle adopté sans les voix de la gauche

    Le rapport Alloncle adopté sans les voix de la gauche

    C’est un vote qui acte la fin d’une mascarade qui aura duré six mois. Une commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public instrumentalisée par son rapporteur, le député ciottiste Charles Alloncle. Au total, 67 auditions ont été menées 234 personnes interrogées durant 200 heures de d’échanges particulièrement tendus et très médiatisés. Passé de l’ombre à la lumière, l’élu d’extrême droite a soumis au vote de ses collègues son rapport rédigé à l’issue des travaux. Un document de 400 pages, truffés de mensonges, aux relents trumpistes, avec 80 préconisations dont quelques-unes ont été dévoilées par l’AFP. À savoir : la suppression de la chaîne France 4 et France TV Slash, dédiées aux publics jeunes, pour « redéployer les moyens » sur une nouvelle offre diffusée sur France.tv et les réseaux sociaux ainsi que les fusions de France 2 et France 5 de même que Franceinfo et France 24. Aussi, le député d’extrême droite veut soumettre les figures de la télévision et de la radio publiques à une stricte neutralité et de revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l’Élysée.

    L’objectif final est la privatisation de l’audiovisuel public. Un projet poussé par toute l’extrême droite, des ciottistes, aux zemmouristes en passant par les lepénistes, jusqu’aux libéraux de l’Institut Montaigne et défendu par les médias du milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré. Le Monde a par ailleurs révélé que Lagardère News, propriétaire du JDD et du JDNews médias de la galaxie Bolloré, a envoyé à des députés de la commission d’enquête une série de questions à poser aux personnes auditionnées. Le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission évoque « des éléments concordants [qui] accréditent des tentatives d’ingérence inédites ».

    « Un précédent détestable »

    Réunis à huis clos, la trentaine de membres de la commission a débattu pendant près de cinq heures. Le vote a été acquis par 12 voix contre 10. La gauche s’y est opposée « nous ne souhaitons pas légitimer la manière dont les auditions ont été conduites et le rapport écrit. Cette commission a créé un précédent détestable », estime la députée Génération.s. Sophie Taillé-Poilan. Avant la réunion, les socialistes avaient proposé de couper le voter en deux : l’un pour approuver ou non la publication du rapport et l’autre pour approuver la publication ou non des recommandations de Charles Alloncle. « Pour dissocier les choses », pousse la députée PS Ayda Hadizadeh. « Il y a un autre précédent si on laisse publier ce rapport tel quel », fait-elle valoir, « le précédent selon lequel on peut tout faire, tout dire dans une commission d’enquête, et à la fin il n’y a aucune conséquence ».

    Pour Aurélien Saintoul, « le document est mensonger, partiel, malveillant et lui-même contradictoire » parmi les éléments évoqués par le député insoumis « le rapporteur explique avoir soutenu toutes les demandes d’auditions formulées par d’autres membres de la commission d’enquête : c’est faux. Nous avons, par exemple, demandé l’audition de Gérard Larcher et fort opportunément, il n’a pas soutenu cette demande ». Et pour cause, en tant que « président du Sénat il a nommé lui-même plusieurs personnes au sein du collège de l’Arcom », abonde l’élu.

    Le rapport sera rendu public dans une semaine.

  • Deux accidents mortels au travail par jour

    Deux accidents mortels au travail par jour

    Calvin Simon n’avait que 15 ans, mais il fait désormais partie de la longue liste des personnes ayant perdu la vie au travail. Ce jeune élève d’un lycée professionnel était en stage d’observation dans une entreprise de matériaux de construction à Bagnols-sur-Cèze (Gard), lorsque le 17 avril, il perd la vie, écrasé par un engin élévateur dont il avait perdu le contrôle. Quelques heures plus tard, c’est vers Lyon qu’un jeune intérimaire de 22 ans meurt dans une usine Lustucru.

    De tragiques accidents qui révèlent un véritable fait de société auquel veulent sensibiliser syndicats et associations à l’occasion de la journée mondiale de la Santé et de la sécurité au travail ce mardi (rendez-vous ci-contre). Date également de commémoration pour les morts et les accidentés du travail, le 28 avril permet de rappeler « que la question [de la sécurité au travail] est essentielle, selon Michel Bianco qui a perdu son fils dans un accident du travail en 2006 et milite au sein de l’association Familles Stop mort au travail. Il faut que la société prenne conscience du caractère insupportable de trois morts par jour au travail.* »

    Des victimes de plus

    en plus nombreuses

    Des mobilisations d’autant plus importantes que le nombre d’accidents semble repartir à la hausse. Les derniers chiffres, qui datent de 2024, font état de 1 297 décès liés au travail, soit 10 de plus que l’année 2023, et qui suivent une augmentation observée depuis 2021. En région Paca, ce sont 107 personnes qui ont perdu la vie, dont 56 sur le lieu de travail. Et pour Pascal Maestracci, secrétaire régional de l’Union régionale Construction, Bois et Ameublement, CGT « les chiffres de 2025 risquent d’être catastrophiques. Car il y a eu une recrudescence du nombre de morts au début de l’année », affirme-t-il.

    Pourtant depuis les années d’après guerre et la régulation du monde du travail, la tendance était plutôt à la baisse, jusqu’en 2008 où ils se mettent à stagner, pour augmenter de nouveau en 2021. Pour le père endeuillé, cette augmentation s’explique facilement : « Les questions de sécurité ont un coût [pour les entreprises], assène-t-il. Et il faut les limiter, augmenter les cadences, aller toujours plus vite », s’indigne-t-il. L’adhérent du collectif familles stop à la mort au travail pointe également du doigt l’augmentation des accidents des jeunes de moins de 25 ans, à l’instar de ceux évoqués plus haut. « C’est flagrant qu’il y a un manque d’accompagnement des jeunes, martèle-t-il. Comment ce jeune s’est-il retrouvé sur cet engin alors qu’il était en stage d’observation ? », pointe-t-il…

    Le BTP est d’ailleurs l’un des secteurs les plus touchés. « C’est la profession la plus meurtrière, affirme le secrétaire de l’Union régionale Construction, Bois et Ameublement de la CGT. Que ce soit sur les chantiers, accidents de trajet ou les maladies professionnelles. On a l’équivalent malheureusement de plus d’un mort par jour travaillé », se désole le syndicaliste. Une sinistralité importante qui s’explique par la nature de ce secteur, mais également par l’explosion de la sous-traitance « en cascade » très pratiquée dans ce milieu. « Certaines petites entreprises sous traitantes à bas coût font des économies sur les mesures de sécurité, et passe plus facilement entre les mailles du filet [des contrôles] », commente le cégétiste.

    Des chiffres alarmants mais qui seraient sous-estimés, d’après de nombreux experts. En effet, les chiffres de l’assurance-maladie ne prennent pas en compte les indépendants, les régimes spéciaux, la fonction publique ou les travailleurs non déclarés. Et faut-il encore que l’accident soit déclaré « de travail ». Ce qui est loin d’être toujours le cas.

    Pour réduire les risques

    Ces accidents pourraient être évités, selon les syndicats et les associations, en limitant la sous-traitance, qui permet de diluer la responsabilité, et en augmentant les contrôles et la régulation. La CGT réclame notamment le doublement des effectifs de l’inspection du travail. « Rien que sur les Bouches-du-Rhône, il y a 20% de postes vacants à l’inspection du travail, dénonce le cégétiste. Sans compter les arrêts-maladies à cause du surmenage. Ils n’ont donc pas les moyens de pouvoir faire les contrôles qui devraient être faits pour maintenir un niveau de sécurité au travail correct », insiste-t-il.

    Par ailleurs, ils réclament la création d’un observatoire des morts et des accidents du travail, tout secteurs confondus, afin d’avoir une base de données plus large pour mieux répondre aux besoins de santé et sécurité. « Lorsque la société, à un moment, n’a plus accepté qu’il y ait dix mille morts par an d’accidents de la route, on a mis en place toute une législation, une limitation de vitesse et des radars. Et on est descendu à quatre mille morts. Donc quand on décide de mettre les moyens, on peut réduire les risques », s’exclame Michel Bianco.

    Pour Pascal Maestracci, il est urgent d’agir. « Car ce sont des drames humains. Derrière le salarié, il y a des familles victimes de ces accidents au travail. Et tout ça sur l’autel du profit pour un patronat qui néglige les conditions de travail et la mise en sécurité des travailleurs. »

    * En prenant en compte
    les maladies professionnelles
    et les accidents sur le trajet.

    107

    C’est le nombre de morts au travail en région Paca, en 2024, d’après la direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et de la solidarité. Pour la région, si le nombre d’accidents a diminué, leur gravité elle, augmente.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    La CGT bois métaux construction organise un rassemblement à partir de 7h devant la chambre patronale du BTP 13.

    Venelles

    Une conférence-débat, comprenant la projection du film L’histoire de Souleymane et une exposition photo, se tient à la Médiathèque l’Etincelle à partir de 18h. Entrée libre sur inscription à l’adresse suivante : carrefourcitoyenvenelles@gmail.com.

    Châteauneuf-les-Martigues

    La fédération des industries chimiques de la CGT Paca appelle à la grève et à un rassemblement à 10h sur le site de Total la Mède, sur le rond-point d’accès à l’entreprise.

    Avignon

    L’union départementale de la CGT 84 appelle au rassemblement sur le parvis de la gare centre à 10h30.

  • Ne plus perdre sa vie à la gagner

    Ne plus perdre sa vie à la gagner

    Ce sont les chiffres des services de l’État qui le disent : en France, on meurt encore au travail. En moyenne 2 travailleurs perdent la vie par jour et 100 sont blessés d’après les dernières données disponibles. Dans notre région, ce sont 107 personnes qui ont trouvé la mort dans leur activité professionnelle durant l’année 2024.

    Ce n’est pas un phénomène marginal, c’est un mal systémique, un fait social qui passe trop souvent sous les radars de l’actualité.

    Ce n’est pas non plus une fatalité mais le résultat de politiques libérales qui, au prétexte de « simplifier » et d’« économiser » produisent des résultats qui se chiffrent en vies humaines sacrifiées.

    Ainsi, la disparition des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, les regrettés CHSCT mais aussi la chute drastique du nombre d’inspecteurs du travail, ont eu des conséquences mécaniquement funestes.

    Une question de classe

    C’est sans conteste une question de classe car ces morts sont, pour beaucoup, des travailleurs du secteur du Bâtiment Travaux Publics et de l’industrie.

    Il y a dix jours, l’émotion était forte après la mort d’un élève de 15 ans d’un lycée professionnel du Gard écrasé par un chariot élévateur lors de son stage en entreprise.

    Une information judiciaire du chef d’homicide involontaire dans le cadre du travail a été ouverte selon le parquet de Nîmes.

    Un tel fait d’actualité appelle un changement dans les pratiques et les priorités à l’entreprise.

    Il n’est plus possible de perdre sa vie à la gagner. Il y a urgence à placer l’Humain d’abord.

  • Un avenir à bâtir

    Un avenir à bâtir

    Sébastien Lecornu a dévoilé un projet de loi destiné à atteindre l’objectif de construction de 2 millions de logements d’ici 2030, soit « 100 000 de plus par an que ce qui est construit aujourd’hui », en additionnant des incitations et des simplifications de procédure. Le Premier ministre a annoncé également une troisième vague de rénovation urbaine jusqu’en 2040.

    C’est une bonne nouvelle et pour tout dire une décision qui s’impose au regard de l’état du secteur du logement dans tout le pays.

    Que l’hôte de Matignon choisisse Marseille pour faire ces annonces n’est pas anodin. Ici, la crise du logement – ou plutôt ceux qui en profitent – a des morts sur la conscience.

    Paradoxe

    On ne le répétera jamais assez. Non, ce n’est pas la pluie qui a tué rue d’Aubagne. C’est la rapacité des uns et la complicité des autres.

    Oui, il y a besoin de construire, de rénover, d’isoler les logements massivement ici et dans toute la France.

    C’est un paradoxe : cette ambition est très difficilement compatible avec la politique d’austérité que le Premier ministre mène.

    Elle pourrait même être à la source d’un changement de politique profond en constituant le cœur d’un plan de relance fondé sur la réponse aux besoins humains et la transition écologique.

    Même contradiction sur l’avenir de la Métropole Aix-Marseille Provence : le développement impératif des transports exige des moyens que l’État rechigne à aligner.

    Et pourtant, l’argent existe à condition de vouloir le trouver lorsqu’on a un avenir à bâtir. La France est championne d’Europe du versement des dividendes.

  • Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Le texte de 144 pages, rédigé sous l’égide de l’eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, a vocation « à nous identifier sur le long terme », au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a précisé Chloé Ridel à la presse. Il part du principe que le modèle de la social-démocratie « a permis des progrès sociaux considérables » mais « n’a jamais pris en compte les limites planétaires, n’a pas effacé les inégalités entre femmes et hommes ni les discriminations racistes et s’est progressivement fissuré sous l’effet de la mondialisation libérale ». Il doit désormais « être dépassé ». Le texte doit être enrichi par les militants, qui ont six semaines pour l’amender, pour un vote avant l’été.

    Tous les courants du PS ont été associés à la rédaction mais, lors d’un bureau national mardi soir, les opposants à Olivier Faure se sont désolidarisés, déplorant que ce projet soit présenté à la presse avant la consultation des militants. Cette présentation est une réponse de la direction du parti, souvent accusée par ses détracteurs de ne pas avoir « travaillé » sur le fond. « On nous a reproché de ne rien produire, là on a 144 pages qu’on peut amender », défend un proche d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire du PS est notamment contesté sur sa volonté de faire participer le PS à une primaire de la gauche et des écologistes, qu’il souhaite soumettre au vote des militants. Ses opposants réclament eux un vote pour désigner rapidement le candidat des socialistes pour 2027. Le projet fait la part belle à la notion de liberté, que le PS veut « reprendre à la droite et l’extrême droite ». Pour la droite et l’extrême droite, la liberté, « c’est l’absence de règles communes, c’est la fin de l’État et des services publics, c’est le règne du tout marché », a détaillé Chloé Ridel. Pour les socialistes, « pour que la liberté soit réelle pour tous, il faut des règles communes, des sociétés solidaires, une puissance publique forte ».

    Le projet entend aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon, et à sa notion de « nouvelle France » qu’il semble opposer à « une ancienne France », selon Chloé Ridel. Le PS veut plutôt « réconcilier les Français » par « des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, pour les services publics, pour les transports ».

    Smic à 1 690 euros net

    Parmi les mesures, le PS veut rehausser le Smic à 1 690 euros net, instaurer la taxe Zucman de 2% sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d’euros et créer un « impôt sur les grandes successions ». Il prévoit aussi d’abroger la réforme Borne sur les retraites et de conserver un régime par « répartition », avec une durée de cotisation de 43 annuités « réductible en fonction de la pénibilité » et des carrières hachées, et « un âge légal de départ ramené à 62 ans » mais qui ne constituera « pas le critère central du système ».

    Concernant l’immigration, autre thème monopolisé par la droite et l’extrême droite, le PS propose une régularisation par le travail, avec un titre de séjour pour toute personne étrangère ayant un contrat de travail depuis au moins 6 mois. En matière de bifurcation écologique, le PS, veut « sortir l’électricité de la logique de marché » et planifier la sortie des énergies fossiles et la transition vers « un mix énergétique 100% décarboné en 2050 ». Le parti à la rose développe aussi de nombreuses mesures pour le logement, les transports, le grand âge (création d’un service public de l’autonomie), l’enfance et l’école (avec un objectif de 19 élèves par classe en 10 ans par exemple). Le projet fait aussi de la réindustrialisation une priorité, et propose « un plan de prises de participation minoritaires ou de nationalisations en dernier recours » sur des filières stratégiques comme « la sidérurgie, l’énergie et la chimie ».

  • Wembanyama touché à la tête et incertain

    Wembanyama touché à la tête et incertain

    Victor Wembanyama est définitivement sorti pour respecter le « protocole commotion » suite à une lourde chute lors du deuxième quart-temps du deuxième match de play-offs des Spurs face aux Trail Blazers mardi à San Antonio.

    Le Français de 22 ans a chuté vers l’avant avec un gros choc de la tête face au parquet, restant allongé quelques secondes avant de se relever et de se diriger au pas de course vers le vestiaire, sans assistance. Il s’est blessé lors d’une action offensive à 8 min 57 de la pause.

    Les Spurs ont annoncé juste avant la pause qu’il ne reviendrait pas au jeu mardi soir en raison du « protocole commotion », avec 5 points et 4 rebonds au compteur.

    En attente d’un diagnostic plus précis

    D’après le règlement de la NBA, un joueur ne doit pas revenir sur le parquet s’il est « suspecté d’avoir subi une commotion » ou s’il « présente les symptômes d’une commotion ».

    Si une commotion est avérée, Wembanyama devra observer au moins 48 heures de repos. Il pourrait être disponible pour le troisième match de la série, à Portland, vendredi, en cas d’examen rassurant.

    Les joueurs du coach Mitch Johnson se sont donc inclinés sur leur parquet pour cette deuxième rencontre du 1er tour des play-offs dans la conférence ouest. Sans sa star, fraîchement élue défenseur de l’année, les Spurs ont fini par s’incliner 106-103.

    San Antonio avait remporté le premier match de la série, dimanche, avec une excellente performance du Français, auteur de 35 points pour ses débuts en play-offs.

  • Faire de la France une puissance de paix

    Faire de la France une puissance de paix

    Sommes-nous déjà dans un monde où la loi du plus fort a repris le dessus sur tous les garde-fous issus
    de la Seconde Guerre mondiale ? Organisation
    des Nations unies, multilatéralisme, diplomatie, Déclaration universelle des Droits de l’Homme, liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, droit international… Tous ces cadres et ces principes n’ont jamais, il est vrai, éliminé les rapports de force, les interventions impérialistes et les conflits armés mais ils avaient considérablement « civilisé » notre monde à la sortie de la grande barbarie que fut le nazisme.

    Depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la domination sans partage du modèle libéral, ses partisans nous avait décrit une « fin de l’Histoire » dans une forme de prospérité généralisée et pacifique fondée sur le libre-échange et le ruissellement des richesses du haut vers le bas de la société…

    Enjeu de 2027

    Le mirage s’est depuis longtemps dissipé notamment parmi les classes populaires des pays désindustrialisés et l’avènement du trumpisme aux États-Unis a tout bousculé. Affirmant sans fard ses ambitions dans le contrôle des ressources et des territoires, le président étasunien s’en est tour à tour pris au Venezuela puis à l’Iran tout en ayant menacé le Groenland et Cuba, en dépit de toutes les règles internationales, ivre de sa puissance militaire.

    Dans ce monde nouveau et dangereux, la France cherche sa place. Elle doit être une puissance de paix.

    Si vis pacem para bellum « si tu veux la paix, prépare la guerre » dit la célèbre locution latine. Si tu veux la paix, prépare ta défense,
    oui sans nul doute. Mais surtout si tu veux la paix… prépare la paix !

    La France, avec son histoire et son réseau diplomatique, ses moyens de défense, doit se mettre au service de la construction d’une paix mondiale durable qui ne peut être fondée que sur la justice, le respect et la prospérité partagée.

    Ce ne sera pas le moindre des enjeux de la présidentielle de 2027.