Tag: France

  • Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    C’est un nouveau coup de théâtre auquel Les Républicains nous ont habitués. Que va-t-il advenir des six membres qui ont bravé l’interdit de Bruno Retailleau pour rejoindre l’éphémère gouvernement Lecornu II ? Leur sort définitif sera tranché par les instances du parti dans les prochains jours.

    La décision risque de coûter cher au parti de droite. Car parmi eux, Annie Genevard, reconduite au ministère de l’Agriculture. Poids lourd de LR, elle a été nommée au début de l’année présidente de la stratégique commission nationale d’investiture (CNI). Figure également Rachida Dati qui poursuit son activité à la Culture, alors qu’elle vient tout juste d’être investie par les Républicains comme candidate à la mairie de Paris. La droite va-t-elle s’en priver à quelques mois de l’élection ?

    Reconduit aux Transports, Philippe Tabarot a écrit à ses collègues du Sénat en leur disant qu’il était « cohérent avec la position qui était celle des Républicains jusqu’au 5 octobre dernier ». Les trois autres LR à entrer au gouvernement sont tous députés : Vincent Jeanbrun (Logement), Sébastien Martin (Industrie) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur et attractivité). Avec une cinquantaine d’élus, les députés LR occupent une position pivot à l’Assemblée et constituent aux côtés du bloc macroniste la deuxième composante du socle commun.

    En première ligne en cas de dissolution, ils étaient largement favorables à la participation au gouvernement Lecornu II, contrairement aux sénateurs qui ont soutenu la position de Bruno Retailleau. Après la dissolution de juin 2024, de nombreux députés LR avaient sauvé leur siège face au RN, en grande partie grâce à leur ancrage local. Mais aussi grâce au front républicain, auquel ils n’ont pourtant pas appelé.

  • Le PS conditionne la non-censure à la suspension de la réforme des retraites

    Le PS conditionne la non-censure à la suspension de la réforme des retraites

    Censurera, censurera pas ? Quelques heures avant la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste conditionne la chute du gouvernement à une suspension de la réforme des retraites.

    « Nous demandons clairement la suspension immédiate et complète de la réforme des retraites. Il faut que les choses soient claires et que chacun prenne ses responsabilités. Alors que les Français ont donné la priorité à la gauche, depuis un an, trois Premiers ministres de droite se sont succédé, et aujourd’hui nous en sommes au quatrième. Il est temps que le Président accepte une idée simple : quand on a perdu les élections, on ne peut pas vouloir imposer ses décisions », assure Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste sur France 5 ce lundi soir.

    Lors d’une réunion avec les chefs de parti vendredi, Emmanuel Macron avait esquissé une concession : un décalage dans le temps de « la mesure d’âge » de départ à la retraite (passage progressif à 64 ans), symbole de son deuxième quinquennat. Un geste insuffisant aux yeux du PS, qui veut à la fois une suspension de la mesure d’âge légal et de l’accélération de la hausse du nombre de trimestres cotisés. Sur ce point, les socialistes vont plus loin que la CFDT.

    La CGT demande l’abrogation

    La CGT elle, demande l’abrogation de cette loi contre laquelle des millions de Français ont manifesté. « Le décalage reviendrait à confirmer les 64 ans dont l’application ne serait que décalée de quelques mois, au mépris de la mobilisation de millions de travailleurs et de travailleuses. La seule réelle suspension de la réforme des retraites c’est le blocage immédiat, par la loi, à 62 ans et 9 mois et 170 trimestres, qui doit ensuite permettre au parlement de voter son abrogation », pousse la centrale syndicale de Montreuil dans un communiqué.

    Une fois de plus, les socialistes sont faiseurs de roi, attendus au tournant par leurs (ex) partenaires du Nouveau front populaire. Une motion de censure a été déposée ce lundi matin par les insoumis, communistes, écologistes et Génération.s. Reste à savoir ce que feront les Roses. Leurs voix seront déterminantes pour faire chuter (ou pas) le gouvernement.

    Accusés d’avoir scellé un accord de non-censure avec la présidence, ils nient en bloc et qualifient l’information élyséenne « d’intox ». « Une partie des socialistes sont prêts à se faire acheter », a accusé le chef du RN, Jordan Bardella, dont le parti d’extrême droite réclame la dissolution. « Si nous devons aller aux urnes dans les prochaines semaines, nous irons sans crainte. Nous sommes prêts. Et nous vous battrons, comme nous vous avons déjà battus en juillet 2024 », rétorque le secrétaire général du parti Pierre Jouvet.

  • Remaniés, les Bleus trébuchent en Islande

    Remaniés, les Bleus trébuchent en Islande

    L’Islande, escale parfaite pour atterrir en Amérique du Nord, mais les Bleus devront encore attendre pour sécuriser leur place à la Coupe du monde. Ce lundi soir, ils ont fait match nul sur la pelouse de l’Islande, malgré des buts de Nkunku puis Mateta. L’échéance est reportée au mois de novembre.

    Les Bleus auraient pu idéalement débuter leur rencontre dans le Grand nord, mais Elias Olofsson, le portier islandais, en a décidé autrement. Suite à un corner à la 2e minute, Christopher Nkunku a eu l’occasion d’ouvrir le score mais le gardien s’est interposé. Ensuite, les hommes de Didier Deschamps ont siégé dans les 40 mètres adverses. Face à une défense compacte, ils ont eu du mal à trouver des solutions. Le manque logique d’automatismes, vu la composition alignée, a aussi fait défaut à l’équipe de France. Jean-Philippe Mateta n’a pas eu l’opportunité de toucher beaucoup de ballons durant cette première période de jeu. Ce dernier a tout de même une occasion sur un centre (21e).

    Sur un coup franc généreusement donné par l’arbitre israélien du soir, Viktor Palsson a placé le bout de son pied pour tromper Mike Maignan. Malgré la forêt de jambes, l’Islande a ouvert le score quelques minutes avant le retour aux vestiaires. Les champions du monde 2018 étaient très proches d’égaliser dans le temps additionnel, mais les locaux ont sauvé sur la ligne une double balle de but.

    Le match s’est emballé

    à l’heure de jeu

    Les Français ont continué d’avoir le monopole du cuir, dès la reprise de la partie. Cette confiscation du ballon a – enfin – fini par payer. Servi sur son côté gauche, Christopher Nkunku a repiqué intérieur et a décoché une frappe croisée trompant Elias Olofsson. C’est à ce moment que le match a pris une autre tournure. Maghnès Akliouche a été percutant lors de son entrée et a trouvé Jean-Philippe Mateta dans la surface. Le joueur de Crystal Palace s’est offert son premier but en A et a permis aux Bleus de passer devant. Pour une minute. Dès le coup d’envoi, la charnière centrale tricolore s’est oubliée et le jeune Kristian Hlynsson a immédiatement égalisé d’un tir sous la barre.

    Les coéquipiers du capitaine Mike Maignan ont beaucoup tenté dans les derniers instants de la rencontre. Tout Reykjavik a retenu son souffle durant cette fin de partie où les Bleus ont catapulté de nombreux ballons dans la surface. Ce petit but supplémentaire n’est pas venu. Il faudra attendre un mois de plus pour assurer une place à la Coupe du monde.

    ISLANDE 2 (1) France 2 (0)

    Éliminatoires Coupe du monde 2026, 4e journée

    Stade de Laugardasvöllur

    Arbitre : Orel Grinfeeld (ISR)

    Buts : Palsson (39e), Hlynsson (70e) ; Nkunku (63e), Mateta (68e)

    Islande : Olafsson – Palsson, Ingason, Gretarsson, Ellertsson – Tomasson, Haraldsson (cap.), Johannesson, Gudmundsson – Gudjohnsen, Magnusson

    Entraîneur : Arnar Gunnlaugsson

    France : Maignan (cap.) – Koundé, Upamecano, Saliba, Digne – Koné, Camavinga – Nkunku, Olise, Thauvin – Mateta

    Entraîneur : Didier Deschamps.

    Deux rencontres qualificatives restantes pour les Bleus

    L’équipe de France est toute proche d’une nouvelle qualification directe pour la Coupe du monde. Si ce n’est pas encore mathématiquement fait, les hommes de Didier Deschamps vont avoir deux rencontres lors de la prochaine fenêtre internationale, en novembre. Dès le premier match, la décision pourrait être scellée. En effet, les Bleus accueillent l’Ukraine, 2e du groupe, au Parc des Princes (13/11).

    Un simple match nul qualifierait la France pour le Mondial nord-américain, l’été prochain. S’il y avait défaite dans l’enceinte du PSG, une seconde chance est programmée trois jours plus tard, à Bakou, en Azerbaïdjan. La qualification est donc presque là pour Kylian Mbappé et consorts.

  • Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Comme à l’accoutumée depuis la dissolution ratée de juin 2024, c’est une semaine cruciale qui s’ouvre pour le gouvernement en place. Le premier Conseil des ministres de cette équipe fraîchement nommée se tient ce mardi matin à l’Élysée, autour du président. Seront ainsi présentés les deux projets de budget, de l’État et de la Sécurité sociale, afin qu’ils puissent être transmis dans les temps au Parlement.

    « Notre seul objectif et seule mission » est « de surpasser et de dépasser cette crise politique » qui « sidère », et ce avec « sobriété » et « humilité », en mettant « les ego de côté », a déclaré le Premier ministre, en introduction d’une réunion de son nouveau gouvernement à Matignon, lundi après-midi. Il avait auparavant demandé des passations de pouvoir « sobres » qui se sont déroulées au moment du déjeuner, sans presse ni invités. Et, a fortiori, sans règlements de compte… La priorité pour le chef de gouvernement est de « donner un budget à la France d’ici la fin de l’année », assène Sébastien Lecornu. Parallèlement, la commission des Finances de l’Assemblée nationale, présidée par le député LFI éric Coquerel, commence ses auditions ce mardi.

    Puis, vient le moment de vérité. Le Premier ministre est ensuite attendu à l’Assemblée nationale, où il prononcera son discours de politique générale à partir de 15 heures. Les socialistes y attendent notamment la suspension « immédiate et complète » de la réforme des retraites de 2023. Si tel n’est pas le cas, les députés PS pourraient voter la censure déposée par leurs partenaires de gauche (lire ci-contre).

    Macron s’en prend

    aux oppositions

    De son côté, comme à son habitude, l’artisan du chaos en cours renvoie la responsabilité à ses opposants. « Je trouve que beaucoup de ceux qui ont nourri la division, les spéculations, n’ont pas été au niveau du moment où vit la France et de ce qu’attendent les Françaises et les Français », a insisté le chef de l’État à son arrivée en Égypte, pour assister à un « sommet pour la paix » à Gaza. « Les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les seules responsables de ce désordre », a-t-il osé. Les réactions ne se sont pas fait attendre. « Comment cet homme méprisant le peuple, plus préoccupé par les marchés que par les Français, peut-il encore se dédouaner de ses responsabilités. Emmanuel Macron est le seul responsable et coupable du chaos », conspue Stéphane Peu, co-président du groupe communiste à l’Assemblée.

    Le locataire de l’Élysée persiste et signe, demandant « à tout le monde de se ressaisir, de travailler avec exigence, respect ». Interrogé sur une possible dissolution en cas de nouvelle chute du gouvernement, il a assuré ne « faire aucun pari ». « Je souhaite que le pays puisse avancer dans l’apaisement, la stabilité, l’exigence et le service des Français », a encore déclaré le président.

    130 ministres nommés depuis 2022

    Ces nouvelles accusations en irresponsabilité ne passent pas. « L’arrogance et l’absence totale de remise en question d’Emmanuel Macron sont des cas d’école à enseigner sur la toxicité de la Ve République. Son refus d’admettre sa défaite est le seul responsable du chaos actuel, mais il prétend incarner la stabilité. Hallucinant », tacle la patronne des Écologistes Marine Tondelier.

    En réunissant pour la première fois ses troupes, Sébastien Lecornu les a remerciés « d’avoir accepté de rentrer au gouvernement de la République dans un moment qui, on le sait, est difficile ». Et pour cause, cette nomination a des airs de mission d’intérim. Celui qui a participé à tous les gouvernements depuis 2017, sans discontinuer, le sait mieux que quiconque. Peu de doutes subsistent sur la durée de vie de ce nouvel effectif. Hasard du calendrier ou pas, l’AFP a compilé, lundi, des données qui donnent le vertige. Depuis la réélection d’Emmanuel Macron en mai 2022, 130 personnalités se sont succédé au gouvernement, brisant déjà, à un an et demi de la prochaine présidentielle, le record absolu de ministres nommés sous un mandat présidentiel sous la Ve République. Une énième preuve, s’il en fallait, de l’instabilité chronique dans laquelle Emmanuel Macron a plongé le pays.

  • Le grand déni

    Le grand déni

    Emmanuel Macron ne supporte pas d’avoir tort et choisit donc de faire porter la responsabilité de la crise politique aux autres qui ont eu l’audace, selon lui, de bousculer son alter ego, l’autoproclamé moine-soldat, le Premier ministre Sébastien Lecornu, aussi illégitime que fragile. Tout cela est dérisoire au regard des défis du XXIe siècle. Au regard de la soif d’égalité qui irrigue la société.

    L’Histoire jugera la trace que le méprisant de la République laissera. Les Français l’ont déjà fait. Son impopularité est stratosphérique.

    Les citoyens sont épuisés par ces dirigeants politiques hors-sol, hautains et incapables de répondre à leurs aspirations et aux urgences sociales, écologiques, éducatives etc. Ce dégoût rejaillit sur les élus locaux et alimente le « tous pareils ». On sait qui en fait son fiel : le fascisme d’aujourd’hui.

    Macron est aussi l’incarnation d’un présidentialisme hypertrophié, usant de façon irresponsable des outils de la Ve République.

    L’extrême droite prospère

    La dissolution de juin 2024 et le refus d’en respecter les résultats en s’obstinant à ne pas nommer la gauche a aggravé le climat politique et social.

    Pendant ce temps, l’extrême droite prospère en désignant les mêmes boucs émissaires, les étrangers. Un thème repris en chœur par une large partie de la droite qui va se faire avaler par l’hydre.

    La démocratie est en souffrance et donc en danger. Qu’attendent les formations progressistes de gauche pour réagir et présenter un front commun, une alternative au service des gens ? Pour l’heure, c’est le grand déni. À tous les étages.

  • Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Le gouvernement a été dévoilé dimanche à 22h, composé de 34 ministres nommés « pour donner un budget » au pays « avant la fin de l’année », selon le Premier ministre. Voici la liste des principaux membres de l’exécutif.

    Laurent Nunez, ministre de l’intérieur.
    Catherine Vautrin, ministre des Armées.
    Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.
    Monique Barbut, ministre de la Transition écologique.
    Gérald Darmanin garde des Sceaux, ministre de la justice.
    Roland Lescure, ministre de l’économie.
    Serge Papin, ministre

    des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du tourisme.
    Annie Genevard, ministre de l’agriculture.
    Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale.
    Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et

    des affaires étrangères.
    Rachida Dati, ministre de la Culture.
    Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.
    Naïma Moutchou, ministre des outre-mer.
    Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.
    Amélie de Montchalin, ministre de l’action et des comptes publics.
    Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace.
    Marina Ferrari, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative.
    Philippe Tabarot, ministre des Transports.
    Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement.

    Quinze ministres délégués ont également été nommés.

  • Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • La « carte blanche », une impasse

    La « carte blanche », une impasse

    C’est une nouvelle fois dans la précipitation et dans une vaste pagaille politique que le gouvernement a été nommé, dimanche soir. Un exécutif sans relief, bancal et toujours libéral, piloté par un Premier ministre en sursis.

    En reconduisant Sébastien Lecornu à Matignon, Emmanuel Macron ne cherche pas à résoudre la crise politique, il l’aggrave. Ce choix illustre un refus obstiné d’écouter le peuple.

    Car cette crise est l’héritage direct de la dissolution de 2024. Une manœuvre présidentielle qui a tourné au désastre. Le Nouveau Front populaire (NFP), rassemblant les partis de gauche, est sorti vainqueur de ces législatives, porté par une dynamique forte. Mais, au lieu de respecter ce verdict, Emmanuel Macron a préféré ignorer les urnes, contourner les équilibres parlementaires et imposer un Premier ministre sans majorité. Depuis, règne une instabilité sans précédent.

    Paysage fracturé

    Sébastien Lecornu se retrouve avec une « carte blanche » qui ressemble surtout à une impasse. Il a composé un gouvernement dans un paysage politique fracturé, où les soutiens traditionnels se dérobent et où les oppositions se préparent à censurer. À gauche, la colère est légitime, avec des exigences concrètes : retrait de la réforme des retraites, justice fiscale ou encore un meilleur pouvoir d’achat.

    La semaine qui s’ouvre s’annonce tumultueuse, avec un gouvernement équilibriste déjà proche de chuter, juste en place pour déposer un projet de budget dans les temps.

    Il est temps que la gauche prenne le gouvernail du pays, avec une alternative crédible, sociale, écologique et démocratique. Le peuple a parlé en 2024. Il est urgent que le pouvoir l’écoute, enfin.

  • [Le coin de la bande dessinée] Plongée dans les nouvelles luttes féministes, face aux violences et au déni

    [Le coin de la bande dessinée] Plongée dans les nouvelles luttes féministes, face aux violences et au déni

    On ne peut plus ne pas savoir, ni ne rien faire ! Féminicides, viols, harcèlement sexuel… Malgré des avancées majeures, les violences faites aux femmes persistent. Cette somme signée Géraldine Grenet et Marie-Ange Rousseau permet d’aborder la question des violences sexistes et sexuelles de manière pédagogique par le biais d’une vaste étude socio-historique. L’objectif, atteint, était d’inscrire ces faits longtemps masqués et même excusés dans un contexte social, d’éclairer la perception de ces violences pour en comprendre les mécanismes et les dimensions politiques et juridiques. Mais aussi de montrer l’engagement et les résultats obtenus par les mouvements féministes dont le rôle est toujours indispensable.

    Leur travail des autrices transforme cette BD en un outil de transmission et de réflexion, capable de toucher un large public pour mieux comprendre ces questionnements et de donner de la voix aux femmes souvent réduites au silence.

    À travers des exemples concrets et des rencontres d’acteurs de terrain, cette BD, qui est à la fois un reportage et une encyclopédie, est complétée par de multiples notes pour aller plus loin et s’impose comme un ouvrage essentiel face à un système patriarcal de plus en plus contesté. Instructif, vulgarisant des notions parfois complexes et documenté, ce livre est aussi une arme destinée à un large public dans ce combat.

    Chez le même éditeur, il existe par ailleurs d’autres bandes dessinées qui touchent à des sujets d’actualité tels que « Tant pis pour l’amour », « IVG, A nos corps libre », « Amours » ou « Cher corps ».

    ET AUSSI

    Emma Goldman, femme et anarchiste

    Voici la première biographie dessinée d’Emma Goldman qui au tournant des XIXe et XXe siècle fut qualifiée de « femme la plus dangereuse d’Amérique ». Militante anarchiste originaire de l’empire tsariste, « Emma la rouge » a participé à tous les combats de la classe ouvrière tout en étant une pionnière du féminisme. Léa Gauthier et Hélène Aldeguer mettent à l’honneur cette figure d’une incroyable actualité. Le parti pris narratif, entre les années 1930 où elle vit à Saint-Tropez, et son parcours militant, permet d’aborder tous les aspects de ses luttes.

    Chez Futuropolis, 23 euros

    Une obsession

    Autrice à part, Nine Antico explore le désir féminin, le sien en l’occurrence, en replongeant dans son histoire et ses souvenirs. Rares sont celles et ceux qui arrivent à toucher à l’universel à partir d’eux-mêmes et Nine Antico en fait partie, parlant d’elle en évitant les écueils du voyeurisme ou de l’exhibitionnisme, le tout servi par un graphisme personnel et délicat. Le pitch ? Au lendemain d’une séparation douloureuse, elle embarque pour Venise afin de comprendre les schémas qui ont structuré ses relations sexuelles et amoureuses…

    Chez Dargaud Charivari, 29,95 euros

    Ces lignes qui tracent mon corps

    Vivant en France depuis 2011, Mansoureh Kamari se penche dans cet album magnifique, son premier !, sur son enfance et sa jeunesse en Iran, un pays où le père de famille est propriétaire du sang de ses enfants et a les pleins pouvoirs sur les femmes de sa famille. Interdictions multiples, peur permanente, impuissance et incapacité à maîtriser son destin… Un témoignage indispensable de quelqu’un qui a fui cette prison pour femme et rappeler que le mouvement « Femme, vie, liberté » se poursuit là-bas malgré une répression féroce.

    Chez Casterman, 24 euros

    Rojava

    Premier volume d’un diptyque signé Aurélien Ducoudray et Sébastien Morice, cette BD suit les pas de Rojava, jeune kurde syrienne engagée dans les bataillons féminins des YPJ pour mener la lutte contre Daesh. Portant le nom de l’entité automne kurde de Syrie qui a mis en place la constitution la plus démocratique et égalitaire du Moyen-Orient, l’héroïne de cette fiction montre la complexité de la guerre, entre solidarité, humour et désespoir… Et rappelle que le conflit est aussi une bataille intérieure pour préserver son humanité.

    Chez Grand Angle, 15,90 euros

    Semmelweis, le médecin des femmes

    Isabelle Bauthian et Eva Rossetti redonnent vie au médecin qui dans la plus grande clinique de Vienne au XIXe siècle s’est véritablement préoccupé de l’état de santé des femmes venant d’accoucher et de l’incroyable mortalité qui les frappait alors, 10% en moyenne, considérée par tous les pontes comme une fatalité. Face à l’entêtement et au conservatisme de ses supérieurs, il va mener seul une lutte pour la diffusion de l’asepsie, un combat qui lui coûtera sa carrière et sa santé mentale. 30 ans après sa mort, ses préconisations seront devenues des évidences !

    Chez Steinkis, 22,50 euros

    La mère vénère

    Cru et drôle ! Camille Besse rappelle dans cette petite BD faites de strips d’une page que la maternité est un sport de combat, surtout quand elle est solo. Car le quotidien d’une mère célibataire est une course semée d’embûches. Sans tomber dans le moralisme, cet album féministe évoque les affres de la parentalité, entre quotidien, transmission des valeurs et liberté laissée à sa progéniture. Une suite de scènes succulentes et vengeresses dans un album à l’humour corrosif d’une autrice qui dessine également beaucoup pour la presse.

    Chez Glénat, 14 euros