Tag: France

  • Le Grand J.T. des Territoires du 9 mai

    Le Grand J.T. des Territoires du 9 mai

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde

    Vivre sous 50 degrés, ce n’est bientôt plus de la science-fiction ! En Moselle, immersion dans une expérience qui reproduit ces conditions de vie, pour y découvrir les changements sur le corps humain.

    Territoires : plusieurs régions en France ont ouvert à la concurrence l’exploitation des lignes TER. Dans la région Sud, la SNCF propose désormais un train toutes les 15 minutes entre Cannes et Menton. Immersion dans ce journal.

    Ils volent sur l’eau ! Les pratiquants de wingfoil glissent sur l’eau de manière spectaculaire. Découverte de cette discipline avec un wingfoiler professionnel pendant une compétition en Corse.

  • [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste »

    [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste »

    La Marseillaise : En quoi fêter le Front populaire est toujours aussi important, 90 ans après ?

    Guillaume Roubaud-Quashie : C’est toujours compliqué de choisir une date pour fêter le Front populaire. Car c’est d’abord une grande ambition, une grande orientation stratégique qui commence dès 1934. Et qui se traduit par une victoire électorale au début de mai 1936. Un grand mouvement social s’enclenche par la suite. C’est un peu compliqué de séparer ces trois dimensions. On voulait absolument le fêter car c’est un moment qui concerne de près l’histoire du Parti communiste et l’histoire des travailleurs et travailleuses de notre pays. Par leur mobilisation massive, alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir, ils ont réussi à obtenir une amélioration concrète de leur sort. Prenons l’exemple des congés payés, ce sont des mesures symboliques et très concrètes en même temps. Aujourd’hui encore, on le voit avec les polémiques autour du 1er-Mai, c’est quelque chose que le patronat a du mal à digérer : payer des gens qui ne travaillent pas, c’est difficile à conquérir, ça ne tombe pas du ciel. Même principe pour le passage des 48 heures de travail à 40 heures par semaine : c’est considérable. Son mot d’ordre était « pain, paix, liberté », on voit là les aspirations profondes derrière cet élan populaire.

    C’est aussi un renforcement des droits syndicaux, avec des mesures qui ont été attaquées au fil du temps ?

    G.R.-Q. : L’idée du Front populaire, qu’est-ce que c’est ? Regardons les accords de Matignon pour l’augmentation des salaires qui se font au terme de grands mouvements de grève. Ce sont des accords pour tous les travailleurs, mais des accords minimaux. C’est-à-dire que les salaires augmentent pour tout le monde, au minimum, de 7 à 13%. Mais dans la vie concrète, là où le rapport de force était fort, dans les entreprises, il y a eu des accords à condition qu’ils soient meilleurs que ce qui était acquis pour tout le monde. C’est la logique des conventions collectives. Le droit du travail est conforté, pour l’ensemble des travailleurs, mais quand il y avait un rapport de force dans certaines branches, on pouvait aller au-delà, faire mieux. Il y a une volonté de casser cette architecture que les luttes et le Front populaire ont construite.

    Le mouvement social est indissociable de la victoire électorale ? Les deux se sont nourris mutuellement ?

    G.R.-Q. : On ne peut pas séparer une dimension de l’autre, sans quoi, l’édifice s’effondre. Parlons clairement : sur les congés payés, il est évident que ça n’aurait pas été obtenu sans la victoire électorale. Mais en même temps, ce n’était pas dans le programme du Front populaire. C’est parce qu’il y a eu des mobilisations sociales que ça a été obtenu. Et on pourrait ajouter la dimension culturelle. Car cela s’appuie sur une grande rencontre entre le monde du travail et celui de la création. C’était une dynamique profonde et antifasciste.

    Vous parlez d’antifascisme : en quoi était-ce une réponse du monde du travail à la montée de l’extrême droite ? Et en quoi peut-on s’en inspirer aujourd’hui ?

    G.R.-Q. : Il faut avoir en tête la situation spécifique des années 30. Il y a d’abord une situation sociale et économique difficile pour les travailleurs, avec la dépression. Sur ce fond, il y a une espèce de tache brune qui grandit en Europe et qui menace explicitement la France en 1934. Cela fait des dégâts considérables dans des pays voisins : en Italie, en Allemagne. Face à cela, il y a une prise de conscience dans le mouvement ouvrier qu’il faut faire barrage. Faire barrage, c’est l’unité. Mais c’est aussi se mettre à l’écoute, la plus attentive possible, des aspirations majoritaires du monde du travail. Forcément, quand on regarde la France d’aujourd’hui et la France des années 30, il y a de grandes différences : la ruralité, la place des villages, le téléphone, internet, un monde du travail qui n’a rien à voir. Mais il y a aussi de quoi faire écho. On ne commémore pas le Front populaire par envie de faire un cours d’histoire, mais car on garde une conscience de ce moment-là. C’est la démonstration, dans un univers où il y a l’impression que le fascisme est dans une irrésistible ascension, qu’on peut le mettre en échec. Alors qu’au début du Front populaire, la classe ouvrière est peu syndiquée, peu présente dans les partis politiques. Ça dit des choses pour notre temps : quand les travailleurs s’organisent sur la base de leurs revendications, ils sont en capacité de gagner d’importantes avancées.

  • Le Jeu provençal a-t-il perdu son identité ?

    Le Jeu provençal a-t-il perdu son identité ?

    Aujourd’hui, nous sommes loin des envolées des Lilou Maurin, Baldi. Locatelli, Benoît Gonin, Lovino, Griseri, Massoni avec parfois cette manière de valoriser le tir en claquant le troisième pas. C’est une époque révolue. Certes on retrouve quelques tireurs au style d’antan à l’image de Benmostefa mais ils se comptent sur les doigts d’une main. Essentiellement disputé dans le Sud pendant de longues décennies, le Jeu provençal s’est démocratisé il y a plus de 20 ans. Les titres nationaux en triplette ont toujours été l’apanage du Sud (Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Gard, Alpes, jusqu’en 2000 où trois gars du Rhône Besacier, Cazemajou, Chapeland triomphent). C’est le début de la démocratisation et de la transformation du Jeu provençal, jusqu’à « la déformation ». Entre-temps, une triplette de Gironde en 2016 avait suivi celle du Rhône (Bardolle, Sanchez, Grilleau) et celle des Pyrénées-Orientales avait carrément la main mise sur la France (Pedragosa, Pedragosa, Cazorla 2019/2021/2022).

    Pour Yves Rinck, président de Nyons de longue et champion de France doublette 1998 (avec Michel Lienard), « il va falloir que les deux fédérations se réunissent ». « Le Jeu Provençal de nos ancêtres a pris un coup dans l’aile », poursuit-il.

    « Samedi, j’ai passé la journée au boulodrome de Nyons où se déroulait le Championnat régional des clubs (CRC 1) au Jeu provençal je me suis régalé ! », nous raconte Yves Rinck avant d’analyser : « Force est de constater que dans la région Rhône-Alpes le Jeu provençal est devenu le Jeu lyonnais. Les nouveaux règlements de la FFPJP m’amènent à cette constatation. »

    « Le temps (1 mn 15) pour jouer la boule, la durée 2 h + 2 mènes, le cadre (lignes de pertes) , le tir (4 pas), on ne prend pas de temps à faire une donnée. La majorité des pointeurs sont sur le mauvais pied. Bref pour moi le Jeu provençal a perdu son identité », explicite-t-il.

    Mais le nouveau Jeu provençal, « lyonnais comme je me permets de l’appeler, est très attrayant et d’un très bon niveau ».

    À son avis il va falloir que les deux fédérations (boules et pétanque) s’entendent sur les dates des compétitions et que les joueurs de Lyonnaise puissent participer à toutes les rencontres fédérales de Jeu provençal. Selon lui, le jeu en sortira gagnant. « On a tout intérêt que tous ces talentueux joueurs du sport boules relèvent le niveau du Jeu provençal », conclut-il.

    « Le Jeu provençal évolue comme la société »

    Vincent Meger, responsable de la commission Jeu provençal dans le Gard, tient à souligner les efforts faits par la Fédération pour promouvoir le Jeu provençal. Pour ce passionné, « il faut trouver un compromis entre modernité et respect de la tradition ». « Il y a eu cette sélection de l’équipe de France, dans un premier temps, elle s’attache à être une locomotive, surtout auprès des jeunes. La Fédération donne de la visibilité en publiant beaucoup de vidéos », se félicite le passionné.

    Ce puriste à la belle plume cite volontiers Victor Hugo : « Soyez comme l’arbre. Changez vos feuilles mais jamais vos racines. »

    Quant à Pierre Dantin, vice-doyen sport de haut niveau de la Faculté des sciences du sport de Marseille, son regard est assez proche de ceux de Vincent Meger et Yves Rinck.

    « Le Jeu provençal évolue comme la société c’est implacable », campe ce féru de la longue distance. « Contrairement aux idées reçues je trouve un rajeunissement dans les pratiquants et surtout des jeunes très performants. Ils viennent avec leur culture, leur identité et dans une notion de véritable performance sportive », relativise-t-il. Même si « je suis nostalgique d’une certaine époque ». Malgré tout, il reconnaît : « Dans une société où tout va à 200 à l’heure, il est inconcevable aujourd’hui qu’une partie puisse durer 6h. Mettreun temps imparti de 2h est une bonne chose. » Pierre Dantin complète : « J’ai disputé sept championnats de France et les joueurs de grosses boules ont toujours été performants. Qu’ils arrivent en force aujourd’hui n’est pas une surprise mais une suite logique de leur incorporation. »

    Patrick Fara, président du Comité 13, est catégorique : « Non, le Jeu provençal n’a pas perdu son identité, il évolue avec son temps. » Il s’explique : « Les jeunes aujourd’hui apprennent avec les nouvelles règles, aux anciens de s’adapter. » Il semble évident pour le président que « la pratique est diversifiée avec des championnats des clubs pour lesquels il était obligatoire de mettre une limite de temps (2h+ 2 mènes) ».

    « Les règles sont appelées à évoluer comme dans tous les sports. Le plus préoccupant est la difficulté d’attirer les très jeunes vers cette discipline. Une dizaine sont recensés dans les Bouches-du-Rhône. C’est trop peu et inquiétant pour l’avenir », s’alarme Patrick Fara.

  • 8-Mai, leçons pour nos temps troublés

    8-Mai, leçons pour nos temps troublés

    La capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, le 8-Mai 1945, symbolise la victoire des Alliés sur une armée et, surtout, une idéologie mortifère aux multiples crimes de guerre et contre l’humanité, dont le génocide des juifs d’Europe, avec la complicité d’États collaborateurs zélés, à l’instar du gouvernement de Vichy, en France.

    C’est, à ce titre, bien plus qu’une page de notre Histoire. Car les mécanismes qui ont accouché du fascisme et du nazisme semblent se remettre en branle, en ce premier quart du XXIe siècle. Il est donc impérieux de tirer les leçons de l’ascension de ces idéologies racistes et antisémites, qui charrient la haine de l’autre.

    Le patronat mise sur le RN

    Car leurs héritiers, les partis d’extrême droite contemporains, misent sur l’amnésie quatre-vingt-un an après la capitulation nazie. L’entreprise leur est facilitée par les partis conservateurs, dits de droite classique, qui font leurs les thèmes obsessionnels de l’extrême droite : la famille, la patrie, la xénophobie, le nationalisme, la guerre… En 2007, Nicolas Sarkozy crut avoir dompté le FN. Près de vingt ans plus tard, le parti des Le Pen a avalé la droite. Désormais, le patronat français mise clairement sur le RN.

    La mécanique est la même outre-Rhin. Qui aurait pu croire que le parti des héritiers des nazis, l’AfD, puisse obtenir des scores records et supplanter les conservateurs ? L’accession de l’extrême droite au pouvoir est-elle résistible ? Oui, si les forces progressistes se réveillent et font déferler un tsunami de progrès social comme ce fut le cas après-guerre. C’est la grande leçon du 8-Mai.

  • Le rapport qui veut détruire l’audiovisuel public

    Le rapport qui veut détruire l’audiovisuel public

    Les 551 pages ont été publiées en début de journée, mardi : le rapport sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public de Charles Alloncle est désormais consultable en ligne. Ce document fait suite à près de six mois de travaux qui auront servi de tribune au député d’extrême droite. « Disons-le clairement : ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C’est une occasion manquée. Car la seule vraie question est celle de la vision pour l’avenir », estime dans un long post sur X le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Le président de la commission d’enquête, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus a, pour sa part, dénoncé les « contre-vérités » et les « mensonges » : « ça suffit ! », a-t-il lancé. « Je regrette que cette commission d’enquête ait été au service d’un projet politique : l’affaiblissement de l’audiovisuel public en vue de sa privatisation », insiste-t-il.

    Au fil de ses 69 recommandations, l’élu UDR (Union des droites pour la République), le parti ciottiste, s’en est pris à France Télévisions et Radio France, dénonçant ce qu’il considère comme des « biais militants », une « hostilité ciblée et assumée » à l’égard du Rassemblement national concernant certains journalistes ou encore « l’humour érigé en expression militante ».

    Dans un communiqué, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, fustige ces conclusions : « Il faut regarder le rapport pour ce qu’il est : il n’est pas seulement un document sur l’audiovisuel public, il est devenu le terrain d’un procès politique où chacun cherche à imposer sa lecture idéologique du service public. » Parmi les préconisations, le rapporteur pousse pour la réduction de trois quarts le budget des jeux télévisés et d’un tiers le budget des sports du groupe public. « En réduisant le divertissement, il porte une vision élitiste, éloignée des familles, des publics les plus populaires et en coupant d’un tiers les compétitions sportives emblématiques de France Télévisions, il rendra payant l’accès au sport pour ceux qui n’ont pas les moyens de le payer », renchérit-elle.

    « Permettre un financement pérenne »

    Charles Alloncle préconise jusqu’à un milliard d’euros d’économies, notamment par la fusion de plusieurs chaînes, dont France 2 et France 5, ainsi que celle de franceinfo et France 24. « Ce rapport aux méthodes biaisées préconise des fusions à tout va et un contrôle politique renforcé sur l’audiovisuel public. Nous devons au contraire renforcer son indépendance, permettre un financement pérenne pour des missions de service public plus ambitieuses dans des conditions de travail dignes. Préserver l’audiovisuel public c’est protéger la démocratie », fait valoir la députée Génération.s, Sophie Taillé-Poilan.

    Même son de cloche pour Ayda Hadizadeh, « il faut que l’audiovisuel public, France TV et Radio France aient de la visibilité dans leurs financements », pousse la députée PS. Si elle n’appelle pas à « revenir à la redevance » supprimée sous le premier mandat d’Emmanuel Macron, elle appelle à « créer une taxe sur la publicité sur les plateformes, qui dégage énormément de revenus sur ces plateformes-là ». C’est peu ou prou l’une des 15 recommandations issues du rapport des États généraux de l’information.

  • [Entretien] Emmanuel Maurel : « Une volonté de détruire l’audiovisuel public »

    [Entretien] Emmanuel Maurel : « Une volonté de détruire l’audiovisuel public »

    L’Assemblée nationale publie ce mardi matin le rapport du député ciottiste Charles Alloncle rédigé à l’issue des six mois d’une commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public décriée. Le document de 400 pages a été adopté la semaine dernière de justesse, par 12 voix contre dix, et huit abstentions. Il contient les 80 recommandations de l’élu d’extrême droite qui relayent les obsessions de son clan d’une cure d’austérité de France Télévisions, la soumission des journalistes à une prétendue « neutralité ». Démanteler pour mieux privatiser, résume le député GRS Emmanuel Maurel.

    La Marseillaise : Le rapport sur l’audiovisuel public de Charles Alloncle est rendu public ce lundi. Vous étiez contre sa publication ?

    Emmanuel Maurel : J’étais surtout opposé au rapport sur le fond. C’est un rapport assez médiocre, avec beaucoup d’approximations, d’insinuations et des préconisations que je conteste absolument. Le fait qu’il soit publié, il n’y a pas de problème à ce niveau-là, de toute façon les auditions menées étaient publiques. Je ne suis pas un censeur dans l’âme. C’est le fond que je conteste.

    Sur les 80 préconisations du député ciottiste laquelle vous alerte particulièrement ?

    E.M. : Mon désaccord principal, c’est la volonté du rapporteur d’économiser 1 milliard d’euros sur le budget de l’audiovisuel public notamment par une série de fusions ou de suppressions qui aboutissent à ce résultat. C’est clairement une volonté d’affaiblir, de démanteler, voire de détruire l’audiovisuel public. Je suis en désaccord total avec ça. C’est un rapport qui n’a pas beaucoup de hauteur de vue parce que l’audiovisuel public participe largement à la création audiovisuelle et cinématographique en France. C’est un secteur qui, en réalité, est bénéfique économiquement pour le pays.

    Jordan Bardella a annoncé que s’il arrivait au pouvoir, il privatiserait l’audiovisuel public. Si ce n’est pas écrit dans le rapport, c’est l’objectif à terme de l’extrême droite ?

    E.M. : Je crois surtout que Charles Alloncle a mis en place une entreprise de dénigrement de l’audiovisuel public, en inventant des histoires, en montant en épingle des faits qui sont complètement dérisoires pour préparer le terrain. Et ce, dans le but de mettre en place ce que veut Bardella et sûrement ses amis, y compris économiques. Il est évident que le groupe Bolloré a eu une influence dans cette affaire. L’idée à terme est de démanteler et de vendre l’audiovisuel public à la découpe, c’est ce qu’ont démontré ces six mois d’auditions. Des questions légitimes se posent sur l’audiovisuel public, ce qui est normal après tout. Ces vrais enjeux qui sont de savoir comment on adapte la télévision au tout numérique, comment on fait face à l’intelligence artificielle, comment l’audiovisuel public se défend face à l’hégémonie des Gafam, des plateformes américaines, ont été passés sous silence au profit de ragots.

    Que contient la contribution que vous avez apportée à ce document ?

    E.M. : Dans la première partie de ma contribution, j’expose les intentions de Charles Alloncle qui voulait démontrer que l’audiovisuel public n’était pas impartial, n’était pas neutre. En réalité, sa démonstration est très faible voire inexistante. Il y a des pages et des pages de ragots qui n’aboutissent à pas grand-chose. La deuxième partie est une démonstration assez rigoureuse sur pourquoi couper un milliard d’euros dans l’audiovisuel public, c’est une folie aussi bien en matière d’exception culturelle que de conséquences économiques et industrielles. Puis, la troisième partie contient un certain nombre de préconisations qui posent notamment la question importante du recours croissant à l’externalisation, c’est-à-dire faire appel à des sociétés privées pour réaliser des émissions de débat. Il y a aussi quelques mesures pour essayer de faire en sorte que France Télévisions, notamment, soit à la hauteur des enjeux du numérique.

    L’association AC !! Anticorruption a déposé samedi plainte contre X pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence, visant Charles Alloncle et la direction de Lagardère News.

    E.M. : Il est évident que M. Alloncle a un agenda politique qui coïncide avec celui du groupe Bolloré. Ça, tout le monde le sait, il suffisait de regarder les auditions pour s’en rendre compte. C’était, d’une certaine façon, transparent. On verra ce que donnera cette plainte.

    Cette commission d’enquête parlementaire instaure un précédent ?

    E.M. : C’était une tonalité très inquisitoriale et en même temps une stratégie de victimisation permanence. M. Alloncle, après avoir posé des questions très agressives, se plaint d’être malmené, critiqué. C’est pour ça que j’avais eu cette formule qui ne lui avait pas plu, en lui disant : « Vous commencez en Torquemada et vous finissez systématiquement en Calimero. » Je suis surtout déçu. Le rapport n’est vraiment pas bon. C’est vraiment une occasion manquée. On verra ce que ça donnera après sa publication mais ça en dit long sur les intentions de l’extrême droite.

  • Pas de fatalité aux sols contaminés

    Pas de fatalité aux sols contaminés

    Métal lourd naturellement présent dans les roches à l’origine de la formation des sols, le cadmium a proliféré à cause des activités agricoles intensives (les engrais en sont porteurs). Son taux est désormais anormalement haut dans l’organisme humain et son caractère cancérogène avéré.

    Ce constat très documenté dressé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) doit être suivi de décisions collectives. Il est indispensable que les pouvoirs publics prennent à bras-le-corps cet enjeu de santé publique au risque d’une véritable catastrophe sanitaire. Or, depuis la publication de ce rapport implacable de l’Anses, les mesures annoncées sont minimales à l’instar du remboursement (60% par la Sécu, 40% par les complémentaires) des analyses pour mesurer le taux de cadmium et encore pas pour tous.

    S’attaquer au mal à la racine

    Il convient de s’attaquer au mal à la racine en musclant les réglementations. L’urgence est là : près de la moitié de la population générale adulte en France est concernée par un taux critique de cadmium dans l’organisme. Les mesures quand elles sont prises sont suivies de résultats. L’exemple de l’industrie est à ce titre très parlant : « Les émissions de cadmium par les sources industrielles ont fortement diminué en dix ans, de 48% dans l’air et de 69% dans l’eau, grâce au renforcement de la réglementation », souligne l’Anses dans son rapport. Des progrès également constatés dans la zone de Fos. Les normes et les réglementations protègent !

  • Le cadmium, un enjeu sanitaire majeur

    Le cadmium, un enjeu sanitaire majeur

    Des avocats rappelés massivement partout en France car ils contiennent trop de cadmium, dans les enseignes Lidl et Carrefour le 21 avril… Moins de 15 jours après une étude fracassante publiée par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) sur l’exposition croissante de la population à ce métal lourd, ce problème de santé publique refait surface et les autorités ne semblent pas vraiment en prendre la mesure.

    Dans son étude, l’Anses tire la sonnette d’alarme pressant d’agir sur les sols agricoles et la teneur des fertilisants, comme les engrais minéraux phosphatés. Naturellement présent dans la nature, cet élément toxique se retrouve présent dans le corps des Français dans des doses trois à quatre fois plus élevées que dans d’autres pays européens, par le biais de notre alimentation. Près de la moitié de la population présentant des expositions dépassant les valeurs sanitaires de référence, l’Anses évoquant « une imprégnation préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge ».

    Une énième alerte quand dès 2021, l’étude « Esteban » menée par Santé publique France estimait déjà que 47,6% de la population générale adulte (18-60 ans) dépassait le niveau « critique » de concentration urinaire de cadmium. Niveau qui est encore monté avec un taux d’imprégnation de trois à quatre fois supérieur à celui constaté « dans d’autres pays nord-américains et européens ».

    L’Anses recommande notamment d’agir « à la source », au niveau des engrais utilisés, des effluents d’élevage et des boues de station d’épuration. Et de revoir « dès que possible » les valeurs limites fixées pour le cadmium dans les engrais, à 20 milligrammes par kilo, contre 90 actuellement. Ce qu’elle préconisait déjà en 2019.

    Dans la foulée, le gouvernement a annoncé un décret en ce sens. En octobre 2023, le ministère de l’Agriculture avait mis en consultation un arrêté envisageant de réduire ce taux, sans suites depuis. « C’est en cours » a juste indiqué la ministre Anne Genevard en marge d’un colloque début avril.

    Le dépistage remboursé pour les plus exposés

    De son côté, la filière des engrais, via son association France Fertilisants, a fait valoir une réduction d’environ 70% de l’usage d’engrais minéraux phosphatés depuis 1988, assurant développer des procédés de « décadmiation », toutefois « complexes et coûteux » estime-t-elle pour réduire les teneurs en cadmium.

    « On a beaucoup de technologies pour dépolluer les sols » des métaux lourds, affirme de son côté Rémi Muth, directeur technique de la branche dépollution de Séché Environnement, entreprise spécialisée dans la gestion des déchets. Mais, ajoute-t-il, elles ne sont pas adaptées aux sols agricoles. Notamment parce que ces travaux mobilisent « souvent des moyens lourds », avec des durées de traitement « assez peu compatibles avec une exploitation agricole », qui verrait ses surfaces cultivables réduites. Mais aussi parce que le traitement lui-même peut fragiliser ou tuer la matière organique du sol.

    Quant à la dépollution grâce aux plantes, elle est « encore au stade expérimental », observe Thibault Sterckeman, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) qui conclut : « La décontamination des sols agricoles en France n’est pas pour demain. »

    Seule maigre avancée à ce jour, les représentants des biologistes médicaux et l’Assurance maladie ont trouvé un accord mi-mars sur le tarif du dépistage de l’exposition au cadmium en laboratoire de ville a-t-on appris le 9 avril. Le dosage sanguin et urinaire du cadmium à un tarif de 27,50 euros, sera pris en charge à 60% par l’Assurance maladie et 40% par les complémentaires santé dès cet été, a indiqué François Blanchecotte, président du syndicat représentatif SDBIO. Seules seraient concernées les personnes vivant à proximité de sites industriels ou des salariés exposés.

    « La décontamination des sols agricoles en France n’est pas pour demain »

  • La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    S’attaquer au 1er-Mai, seul jour férié et chômé du calendrier, c’est piétiner l’Histoire de France. Si le gouvernement de Sébastien Lecornu a fait mine de reculer en ne soutenant pas la proposition de loi d’Ensemble pour la République (groupe macroniste de l’Assemblée nationale), il a décidé de le satisfaire en partie en rompant avec le respect de la Journée internationale des travailleurs et ce dès ce 1er-Mai et en préparant un projet de loi autorisant les artisans boulangers et fleuristes à faire travailler « leurs » salariés le 1er-Mai 2027. Le tout sur la base du « volontariat », dont on sait ce qu’il pèse dans un rapport de subordination, c’est-à-dire rien. La décision n’est pas anecdotique. C’est une brèche ouverte. Pour mesurer la gravité de ce geste politique du macronisme finissant, mais surtout pour replacer le 1er-Mai dans l’histoire des conquêtes sociales, un bref retour historique est d’intérêt public.

    Au cœur de la matrice du 1er-Mai figure une revendication aussi vitale que centrale : la journée de huit heures de travail à une époque, le XIXe siècle, où les 12 heures quotidiennes sont la norme minimale, six jours sur sept. Dès 1880, « le journal L’Egalité publie un programme élaboré à Londres par Karl Marx, Friedrich Engels, Paul Lafargue et Jules Guesde. La réduction légale de la journée de travail à huit heures y figure comme l’une des principales revendications de son volet économique » relate l’Institut d’Histoire Sociale (IHS), rattaché au syndicat CGT. C’est lors des célébrations du centenaire de la Révolution française, en 1889, que « l’idée d’un mouvement national à date fixe prend corps ».

    En juillet 1889, le IIe Congrès international socialiste réunit à Paris 377 délégués venus du monde entier. Ils votent le 20 juillet une résolution qui marque la naissance officielle du 1er-Mai. Ce texte appelle les travailleurs à organiser « une grande manifestation internationale à date fixe de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail ». L’IHS complète : « Au cours des débats, la date retenue fut fixée au 1er mai, en référence à la décision, prise en 1888 par lAmerican Federation of Labor lors de son congrès de Saint-Louis, de faire du 1er mai 1890 un temps fort de lutte pour la journée de huit heures. » En France, le deuxième 1er-Mai, en 1891, demeure dans la mémoire collective : à Fourmies, dans le nord, l’armée tire sur la foule qui revendique la journée de huit heures. Même revendication le 1er-Mai 1906, où la CGT fait de la journée de huit heures le cœur de manifestations grandioses mais aussi meurtrières notamment à Paris. Une année marquée par la pire catastrophe minière à Courrières (Pas-de-Calais) qui fit 2 000 morts.

    Il faudra attendre 1919 pour conquérir les huit heures. La montée du fascisme puis du nazisme accélère l’histoire avec la construction du Front populaire. Le 1er mai 1936 annonce les grandes grèves et les accords de Matignon de juin avec la semaine de 40 heures, les congés payés… Des conquêtes que l’État collaborationniste dirigé par Pétain veut détruire en instaurant « la Fête du travail » en 1941. Après la Victoire sur le nazisme, le 1er-Mai retrouve figure humaine et, en 1947, le ministre communiste du Travail Ambroise Croizat le rend férié, obligatoire, chômé et payé. C’est toujours le cas en dépit de l’offensive des droites et de l’extrême droite en 2026. La guerre d’Algérie est un prétexte pour interdire, à Paris, les défilés du 1er-Mai de 1954 à 1967 ! La CGT décide en 1967 « de reconquérir les rues de Paris en lançant un appel à manifester de la République à Bastille ».

    Parmi les autres grands 1er-Mai figure 2002. Un marée humaine anti Jean-Marie Le Pen (FN), qualifié pour le second tour de la présidentielle. Vingt-quatre ans plus tard, le mouvement social est plus que jamais antifasciste alors que l’extrême droite toque aux portes de l’Élysée à moins d’un an du scrutin.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille à 10h30 au Vieux-Port. Martigues à 10h, place Jean-Jaurès. Aix-en-Provence à 10h30, place de la Rotonde. La Ciotat à 10h30 à l’Union locale. Tarascon à partir de 10h30 à la gare. Salon-de-Provence à 10h, devant la mairie. Port-de-Bouc à 10h, parking des Sardinades. Port-Saint-Louis à 10h à la Bourse du Travail. Arles à 10h30, place de la République. Toulon à 10h30 à la Bourse du travail. Draguignan à 10h30 à la Bourse du travail. Saint-Raphaël à 10h30 au rond-point Kennedy. Avignon à 10h30, cours Jean-Jaurès, puis cortège vers le Palais des Papes. Digne-les-Bains à 10h30, place Général-de-Gaulle. Manosque à 11h place Rossini. Gap à 10h place de la République. Briançon à 10h30, esplanade de la mairie.

    PAROLES DE SYNDICALISTES

    Sabrina Manca, Secrétaire de l’Union départementale CGT Bouches-du-Rhône

    « Ce 1er-Mai est l’occasion de rappeler l’héritage des luttes ouvrières. Il ne faut pas oublier d’où il vient, que c’est un des seuls jours fériés, chômés et payés ! Ce n’est pas une fête, c’est un moment de lutte pour les droits des travailleurs, c’est une bataille qui a été menée par nos anciens. Il y a eu des morts pour nos droits. On continuera à se battre pour garder ce jour non travaillé, on ne le lâchera pas, d’autant que le gouvernement a voulu passer une mesure de travail pour le 1er-Mai. La mobilisation les a fait reculer, mais on sait qu’ils n’ont pas oublié et qu’ils reviendront à la charge en 2027. Si on perd le 1er-Mai, les travailleurs auront beaucoup perdu. »

    Propos recueillis par Amaury Baqué

    Patrick Vaniscotte, Membre du bureau départemental CGT Vaucluse

    « Le 1er-Mai est un symbole important pour les travailleurs. Et aujourd’hui, il est directement attaqué, en voulant imposer le travail à plus d’un million de personnes. On ne laissera personne supprimer cette journée de lutte. Une journée de mobilisation pour les salaires, la justice sociale, la défense des services publics, mais aussi la paix et la solidarité entre les peuples. Car ce sont les travailleurs et les civils qui trinquent. Sans oublier de rappeler la totale opposition aux valeurs et aux principes de l’extrême droite. On voit une partie de la droite aller dans ce sens, comme le montre le rapport de Charles Alloncle (UDR) contre l’audiovisuel public. Il faut refuser cette extrême droitisation de la vie politique. »

    Propos recueillis par Mack Salman

    Stéphane Martins de Araujo, Secrétaire général CGT ArcelorMittal Fos-sur-mer Bouches-du-Rhône

    « Le gouvernement attaque tous nos conquis sociaux et casse le monde du travail, tout ça pour rentrer de l’argent dans les caisses de l’État et le dilapider en aides aux entreprises. Heureusement que les camarades se sont levés avec certains élus pour faire reculer le gouvernement sur le 1er-Mai. Un peu comme les miniers, les métallos ont travaillé longtemps dans des conditions pas possibles avec des salariés qui venaient au travail et n’allaient pas au bout de leur vie. Ils se sont mobilisés pour qu’on aille mieux. On continue ces luttes pour améliorer la sécurité et la santé au travail. On se battra comme nos aînés pour travailler pour gagner notre vie et pas pour la perdre. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Sylvain Moretti, Secrétaire départemental de la CGT Alpes-de-Haute-Provence

    « Le 1er-Mai appartient aux travailleurs, il est donc hors de question de se le faire voler par la droite et l’extrême droite ! Les mobilisations de demain ont pour objectif d’affirmer que le 1er-Mai restera pour tous et toutes une journée fériée chômée et payée ! Dans le même temps, la volonté de la CGT 04 est aussi de faire de cette mobilisation très attendue dans un contexte où le prix des carburants explose et pénalisent fortement celles et ceux qui tous les jours utilisent leur véhicule pour aller travailler, le point de départ d’un processus pour le blocage des prix du carburant et des augmentations de salaire. Les travailleurs n’ont pas à choisir entre conduire et manger ! »

    Propos recueillis par Lisa Défossez

    Pascal Maestracci, Secrétaire régional de la CGT construction bois et ameublement Paca

    « Ce 1er-Mai sera plus revendicatif que jamais puisque Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale, a tenté de faire passer une loi sur ce jour chômé, le plus symbolique pour les travailleurs. Ce gouvernement a déjà essayé de nous enlever deux jours fériés. Nous continuerons sans relâche à défendre nos droits, à lutter contre cette volonté d’exploitation des classes laborieuses par les plus riches. Nous restons vigilants sur la déréglementation insidieuse du Code du travail. Elle n’est jamais favorable au salarié. On l’a vu sur Plan-de-Campagne : au début, c’était le dimanche sur la base du volontariat, et au final, c’est devenu un jour normal. On ne lâchera jamais le 1er-Mai. »

    Propos recueillis par Myriam Guillaume

    Richard Roméo-Giberti, Secrétaire de l’Union départementale CGT Var

    « C’est une journée pour les droits des travailleurs, et ce jour-là dans le monde entier les gens manifestent de manière coordonnée. Et dans une période où le pouvoir d’achat est attaqué, la crise des énergies grève le portefeuille de tout le monde, le gouvernement et ses alliés, la droite et l’extrême droite, ont secoué l’épouvantail du 1er-Mai et ont ouvert des brèches pour que puissent travailler des salariés. C’est conforme à leur grand projet qui est d’entamer toujours davantage les droits acquis des travailleurs. Lorsqu’ils vont s’attaquer à la cinquième semaine de congés payés j’espère que tout le monde ne trouvera pas ça normal. Alors, manifestons et soyons nombreux ! »

    Propos recueillis par Thierry Turpin

    Alain Tournay, Secrétaire départemental de la FSU Var

    « Ce 1er-Mai est un peu particulier, puisque le gouvernement, aidé par la droite la plus dure et l’extrême droite, voulait nous le voler. Aujourd’hui, grâce à la mobilisation, on a gagné le droit de continuer à avoir ce jour férié. Mais rien n’est joué, puisque de toute façon, ils vont réaborder ça l’an prochain. On veut rappeler que le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition, c’est une journée de lutte. C’est pour ça qu’on veut un 1er-Mai le plus unitaire et le plus populaire possible. »

    Propos recueillis par T.T.

    Guillaume Pascal, Secrétaire général UD CFDT Bouches-du-Rhône

    « Le 1er-Mai est une journée internationale, fêtée dans 180 pays dans le monde, ce n’est pas une exception française. Aujourd’hui, il est attaqué, fragilisé. Et à force de dérogations : juste pour les fleuristes, juste pour les boulangers, juste ceux qui veulent, ça finit par juste tout le monde ! Ça a commencé avec Sarkozy et le travail du dimanche, ensuite les ordonnances Macron ont grignoté, jusqu’où va-t-on aller ? C’est encore un mépris des syndicats et des travailleurs. » A.B.

    Franck Balliot, Co-secrétaire général FSU Bouches-du-Rhône

    « On est dans une crise profonde du néolibéralisme, il y a une fuite avant du capitalisme. On le voit avec la position du gouvernement qui demande à ses agents du ministère du travail de ne pas sanctionner certaines entreprises lors des contrôles du travail à ce 1er-Mai, donc il leur demande de ne pas appliquer la loi. À côté de ça, les dépenses militaires augmentent, notre slogan pour ce 1er-Mai est donc de «financer les salaires, pas la guerre». »

    Propos recueillis par A.B.

    Etienne Raoul, Secrétaire général Force ouvrière Vaucluse

    « C’est une journée historique, 120 ans après les manifestations pour la journée de huit heures. La journée des travailleurs, ce n’est pas une journée de fête. Il faut rappeler que le budget de la défense dépasse celui de l’Éducation nationale, ce qui est inacceptable. On demande le maintien inconditionnel du caractère férié et chômé du 1er-Mai. Le volontariat le 1er-Mai, ça n’existe pas. Et on continuera à combattre les gouvernements, quels qu’ils soient. »

    Propos recueillis par M.S.

    Alexandra Pourroy, Représentante syndicale CGT poste et télécommunications (FATP) Hautes-Alpes

    « Le gouvernement a essayé de supprimer le 1er-Mai très récemment, et il y a encore des discussions en cours là-dessus dans certains secteurs, ça en fait donc un symbole particulier cette année. On le voit, sans cesse, les droits des travailleurs reculent, ceux des travailleuses je n’en parle même pas… Mais nous tenons à montrer qu’il y a toujours des gens qui veillent sur ces acquis sociaux et qui sont prêts à se mobiliser. »

    Propos recueillis par Ange Fabre

    Sylvain Bartet, Secrétaire départemental FSU Vaucluse

    « Cette journée n’a aucun équivalent, ni en termes symboliques, ni en termes pratiques. S’y attaquer est une offensive idéologique, presque une bataille culturelle. Et ce, de la part des députés macronistes, de droite et d’extrême droite. Ce qui est à nouveau la preuve de l’imposture sociale de l’extrême droite. Car ils sont contre le modèle social, la protection sociale, les droits sociaux. D’autant que cette journée arrive dans une situation très grave d’un point de vue économique, du fait des nombreux conflits. »

    Propos recueillis par M.S.

  • « Pain, paix, liberté », les mots de 1936 sont les nôtres

    « Pain, paix, liberté », les mots de 1936 sont les nôtres

    Premier-Mai 1936-Premier-Mai 2026. Quatre-vingt-dix ans séparent ces deux dates mais les résonances entre les deux époques sont éloquentes. En premier lieu, la montée des périls fasciste et nazi menace la paix dans les années 1930 et le Front populaire va se construire en riposte aux périls et à l’ordre dominant en tenant les deux faces du combat : l’antifascisme et le progrès social.

    Aujourd’hui, la menace d’extrême droite est prégnante et l’aspiration à vivre bien, qui exige un projet progressiste du XXIe siècle alliant le social au politique, est la seule issue positive aux visées mortifères du RN en France et d’autres partis extrémistes ailleurs en Europe et dans le monde. Une des grandes conquêtes pour le monde du travail, concrétisées par les accords de Matignon de juin 1936, fruit des grandes grèves de mai, fut la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Le Premier-Mai, « fête » ou « journée » internationale des travailleurs depuis 1890, est justement né de la revendication centrale de la réduction du temps de travail, la journée de 8 heures, sans réduction de salaire. Un long combat, toujours en cours après les 39 heures (années 1980), les 35 heures (années 1990) et désormais la revendication des 32 heures portée par la CGT. Les cris du patronat sont toujours les mêmes hier comme aujourd’hui.

    La leçon d’unité du Premier-Mai

    Le nom du programme du Front populaire, « Pain, paix, liberté » est un manifeste contre l’oppression et les injustices et n’a pas pris une ride tant ces fléaux font rage sur notre planète. Une autre des grandes leçons du Premier-Mai est sa dimension unitaire dans la lutte. À ses débuts, le Front populaire s’est nommé « Rassemblement populaire » et a rassemblé outre les partis des gauches, des radicaux aux communistes, le vaste mouvement social et intellectuel et les associations antifascistes et de défense des droits humains. Cette unité permit la victoire de la gauche aux élections législatives d’avril et mai 1936. Si l’Histoire ne se répète jamais à l’identique, elle peut bégayer. La leçon d’unité du Premier-Mai nous invite à trouver dans l’histoire les clés de notre avenir.