Tag: France

  • Une « réforme de façade » sur le sport professionnel

    Une « réforme de façade » sur le sport professionnel

    Présentée comme une refonte destinée à moderniser la gouvernance du sport professionnel français, cette réforme, adoptée au Sénat il y a un an, divise entre promesses de compétitivité accrue et critiques d’un modèle jugé à bout de souffle.

    Cette proposition de loi, portée par les sénateurs Laurent Lafon (Union centriste) et Michel Savin (LR), a été adoptée en première lecture lundi à l’Assemblée nationale avec 75 votes pour et 2 votes contre.

    Elle vise notamment à adapter l’organisation du sport professionnel en lui donnant les outils nécessaires pour gagner en compétitivité dans un environnement de plus en plus concurrentiel.

    Cette réforme entend également renforcer le rôle du ministère des Sports dans ses relations avec les Fédérations et les Ligues, et s’articule autour de quatre grands axes présentés, lundi matin, par la ministre Marina Ferrari : la lutte contre le piratage, la réaffirmation de l’architecture du modèle sportif français, le soutien au développement du sport professionnel féminin, ainsi que la réforme de la gouvernance du football professionnel.

    Sur le papier, le programme apparaît structuré et comporte plusieurs pistes jugées sérieuses à explorer. Mais pour Soumya Bourouaha, députée communiste de la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis et membre du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, le constat est bien plus réaliste. « Ce texte ne réforme rien de fondamental. Il y avait pourtant à faire, tant le modèle du sport professionnel est un échec », a-t-elle réagi.

    Chute de 80% en six ans

    Elle dénonce notamment une stratégie qu’elle qualifie de « locomotive », consistant, au sujet du football, à concentrer toujours davantage de ressources sur un seul club, le PSG. « Elle est inefficiente. Nous avons tout sacrifié : la solidarité entre les clubs, les liens entre le football professionnel et amateur, le sport féminin, les intérêts des supporters, au nom d’une prétendue compétitivité économique », ajoute Soumya Bourouaha.

    Pour quel résultat ? « Les inégalités ont explosé, l’aléa sportif a quasiment disparu, une partie des clubs professionnels est au bord de la faillite et les droits télévisuels sont revenus à leur niveau d’il y a trente ans. La théorie du ruissellement n’existe pas, le tout business n’a construit aucun business », affirme-t-elle. Des villes comme Auxerre, Sochaux ou Guingamp n’existent souvent plus qu’au rythme des fermetures d’usines ou des exploits de leurs clubs. L’élue francilienne revient également sur la crise profonde que traverse le football professionnel, malgré « l’apport d’oxygène » amené par le fonds CVC, en 2022. Selon elle, la baisse des droits télévisés et les conflits entre diffuseurs ont mis en lumière les limites du modèle économique actuel et les difficultés structurelles de gouvernance.

    Les droits audiovisuels, qui s’élevaient à 1,153 milliard d’euros en 2021, pourraient chuter à environ 205 millions d’euros en 2026, soit une baisse estimée de plus de 80% en six ans. Un effondrement qui, selon elle, illustre les fragilités d’un système arrivé à bout de souffle.

    Mais que contient réellement cette proposition de loi ? Un renforcement du contrôle exercé par les Fédérations sur les Ligues ? « Une mesure bienvenue, mais d’une portée limitée tant les Fédérations restent soumises aux mêmes logiques de marché », estime-t-elle. Un encadrement des droits télévisuels ? « Minimaliste et largement vidé de sa substance par de nombreuses exceptions. » Un renforcement des pouvoirs de la DNCG, le gendarme du football français ? « Souhaitable, mais fragilisé par le manque d’indépendance de cette instance. » Des engagements en faveur de la visibilité des compétitions sportives féminines ? « Nécessaires, mais insuffisants pour consolider durablement leur modèle économique », poursuit la députée communiste, en indiquant que ce texte « fait le choix de la répression ».

  • Avocats et magistrats font bloc contre la réforme

    Avocats et magistrats font bloc contre la réforme

    Les dysfonctionnements entourant l’affaire Lyhanna ont remis un coup de projecteur sur une institution en souffrance. L’Assemblée nationale examine, ce mardi, le projet de loi Sure (« Sanction utile, rapide et effective ») portant sur la justice criminelle et le respect des victimes, défendu par Gérald Darmanin, sur lequel le gouvernement a engagé une procédure accélérée.

    Voilà plus d’un an que le garde des Sceaux tente de faire passer ce texte, critiqué de toutes parts. Il a d’ores et déjà été contraint à retirer sa mesure phare et la plus controversée : le plaider-coupable criminel pour les infractions les plus graves. Mais les articles restants, comme l’allongement de la détention provisoire et la réforme des cours criminelles départementales, scandalisent.

    Avocats, magistrats

    et police judiciaire

    Des rassemblements se sont tenus partout en France, de Brest à Cayenne en passant par Angers, Paris, Toulouse, Montpellier, Aix-en-Provence, Marseille et Ajaccio, ce lundi devant les tribunaux (lire ci-contre), afin d’exiger le retrait du texte. Une large part des 78 000 avocats de France étaient en grève. « Abandon de la cour d’assises, éloignement du jury populaire, extension du fichage génétique, recul des droits fondamentaux, tel est le projet aberrant du garde des Sceaux », fustige, dans un communiqué, le Syndicat des avocats de France (SAF), qui dénonce un « projet dévastateur pour la justice et les libertés fondamentales ».

    De son côté, l’Union syndicale des magistrats (USM), qui représente 60% de la profession, a appelé à des débrayages. Son secrétaire général adjoint, Aurélien Martini, s’est livré vendredi à une violente charge contre son ministre de tutelle, lors d’une réunion à la Chancellerie : « Vous avez perdu la confiance des magistrats, elle est aujourd’hui brisée », a-t-il lancé en l’absence de Gérald Darmanin. Dans un long texte, le procureur adjoint de la République de Meaux prévient : « Nos moyens, vos directives, notre environnement institutionnel et juridique ne permettent pas à l’institution de prévenir de telles situations. Il y aura d’autres drames. Malgré tout l’engagement des magistrats, il y a dans les stocks de procédures, à l’évidence, des dossiers semblables. Et il faudra plus que des mesures démagogiques laissant croire que l’on peut traiter efficacement 70 000 procédures en un mois ou dématérialiser toutes nos procédures en six mois pour que le problème soit derrière nous. »

    L’association nationale de la police judiciaire (ANPJ) s’est jointe à la mobilisation : « Après avoir perdu la confiance des policiers quand vous étiez ministre de l’Intérieur, vous avez désormais aussi perdu celle des magistrats », écrit-elle dans une lettre. « Il est accablant d’éluder la question du manque de moyens (…) qui contraint les services de police et de la justice à fonctionner avec des process et des modes dégradés, au détriment des victimes, et sous la pression d’orientations politiques et opportunistes qui varient au gré de l’actualité », dénonce-t-elle.

    Gérald Darmanin

    en difficulté extrême

    À la fronde des professionnels s’ajoute celle des parlementaires. Le texte a été rejeté le 10 juin dernier lors de son examen en commission des Lois, par 16 voix contre, celles de la gauche, et 10 voix pour, celles du bloc central, tandis que le Rassemblement national s’est abstenu. Sur les 72 députés que compte cette commission, la plupart ont déserté, favorisant la mise en échec du texte. Un camouflet pour Gérald Darmanin, mis en extrême difficulté depuis le début de l’affaire Lyhanna. Les appels à sa démission s’enchaînent. L’avenir de ce texte pourrait remettre en question sa place au sein du gouvernement.

  • Un été de plomb

    Un été de plomb

    L’été est aussi cruel que l’hiver pour les sans-abri. 960 d’entre eux sont décédés l’an passé, selon le décompte -non exhaustif- réalisé par l’association Morts dans la rue, auprès des associations, collectivités et structures d’entraide. Il y en a déjà 260 depuis le début de l’année.
    Deux autres à Argenteuil, mercredi, un autre encore, jeudi, retrouvé mort dans un square à Angers, et encore un autre à Nantes… Une hécatombe silencieuse pendant les longues journées d’été étouffantes. Et ils ne sont pas les seuls à tomber, il y a aussi les mal-logés, plus de 4 millions de personnes, qui « donnent la priorité au loyer » quitte à se priver de repas… Ceux à qui le ministre du Logement voudrait refourguer les bouilloires thermiques, comme il l’a très sérieusement annoncé cette semaine, en pleine canicule.

    Lorsque le cynisme le dispute à l’indécence, il semble difficile
    d’en appeler à l’État, au gouvernement et à ses représentants, pour répondre à l’urgence vitale que constituent les vagues de chaleur pour les plus démunis. Et pourtant.

    Des villes pas ou peu adaptées

    Ce danger permanent tient d’un bilan d’étape : malgré les efforts de villes comme Marseille, qui a fait de l’accès à l’eau dans l’espace public et de la création d’îlots de fraîcheur des priorités, les communes restent encore pas ou peu adaptées aux crises climatiques après des décennies de bétonisation intensive.

    C’est aussi le constat d’une société qui laisse sur le bord de la route des millions de citoyens, et dont la survie dépend souvent de l’action de bénévoles dont les structures sont elles-mêmes menacées par
    les plans d’austérité successifs. Et les étés de plomb se succèdent.

  • Le résistant Marc Bloch entre au Panthéon

    Le résistant Marc Bloch entre au Panthéon

    Pour la première fois de son histoire, le Panthéon, sanctuaire de la mémoire nationale, accueille un historien qui fut aussi un grand résistant, engagé dans la clandestinité à Lyon en 1943-1944. Issu d’une famille alsacienne attachée de longue date à l’idée de République, Marc Bloch a donné sa vie pour que la France demeure libre face au nazisme et que la pensée des citoyens puisse s’appuyer sur une critique rigoureuse des sources et des faits. Liberté et critique sont les maîtres mots qui guident et éclairent le parcours de chercheur et d’enseignant de Marc Bloch. Des bancs de l’École normale supérieure (1904) à Saint-Didier-de-Formans (Ain), où il est tragiquement assassiné quarante ans plus tard, il s’est efforcé de mettre en accord son discours et ses actes.

    Né à Lyon en 1886, agrégé d’histoire en 1908, professeur à Strasbourg puis à la Sorbonne, il traverse deux guerres mondiales. Combattant en 1914-1918, il analyse les rumeurs et fausses nouvelles du conflit, posant les bases d’une histoire attentive aux représentations collectives, prélude à ce que l’on appelle aujourd’hui « fake news ». Entre 1912 et 1914, il enseigne l’histoire-géographie au lycée de Montpellier, puis d’Amiens. Dans l’entre-deux-guerres, il renouvelle profondément la façon dont on comprend le Moyen Âge, en développant une histoire économique et sociale comparée. Mobilisé à sa demande en 1939, témoin de la débâcle, il rédige L’Étrange Défaite, témoignage lucide d’un intellectuel face à l’effondrement politique, militaire et moral de la France. Dans cet ouvrage, publié à titre posthume, il analyse le « plus atroce effondrement de notre histoire ».

    Torturé puis assassiné par

    la Gestapo en 1944

    À partir de 1942, il entre en résistance à Montpellier. Un an plus tard, il bascule définitivement dans la clandestinité, rejoint Lyon et intègre le mouvement Franc-Tireur, dont le programme socialiste modéré correspond à ses convictions républicaines. Sous le pseudonyme de « Narbonne », il assume des responsabilités importantes en matière de propagande et de logistique. « Quoi de plus utopique que l’idée d’organiser, dans un pays asservi et jeté au plus bas, un vain sursaut de révolte en un vaste réseau de volontés ? C’est pourtant ainsi que la Résistance a fini par voir le jour », écrivait-il deux ans auparavant dans l’Étrange Défaite.

    À près de 60 ans, l’historien devient un combattant de l’ombre, publiant des articles, coordonnant les Cahiers politiques du Comité général d’études, s’imposant comme l’une des têtes pensantes de la Résistance. Il est délégué régional de Franc-Tireur au sein des Mouvements unis de la Résistance (MUR). Le 8 mars 1944, dans le cadre d’une vaste opération contre les MUR, la Gestapo l’arrête à Lyon, sur le pont de la Boucle. Emprisonné au fort de Montluc dans la cellule 75, il est interrogé pendant des jours sous la torture. Pris pour un dirigeant communiste, il échappe à la déportation. Conformément aux consignes de la Résistance, Marc Bloch protège ses compagnons par des demi-vérités calculées : noms de résistants déjà arrêtés ou ayant changé de pseudonyme, descriptions qui égarent ses tortionnaires. Le 16 juin 1944, il est assassiné avec 27 autres prisonniers, dans un champ près de Saint-Didier-de-Formans, par la police politique du régime nazi. Deux survivants témoignent du massacre. Quelques jours plus tard, Simonne Vidal meurt à son tour, emportée par la maladie, sans avoir su le sort de son époux. Tous les deux reposeront désormais ensemble dans le temple des grands de la Nation.

    Cette panthéonisation est la sixième depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir. Dans une lettre lui étant adressée, les héritiers du résistant ont expressément réclamé « que l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie », rappelant que l’œuvre de leur aïeul, « patriote convaincu », était « profondément anti-nationaliste, construite contre le roman national et la réduction de l’histoire française aux frontières nationales ».

    Une partie du texte est tirée de l’exposition conçue par l’association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) et le Centre des monuments nationaux (CMN).

  • Pour une France qui fait Bloch

    Pour une France qui fait Bloch

    L’historien et résistant, victime des lois antisémites et de la barbarie nazie, entre ce mardi au Panthéon, aux côtés de son épouse Simonne Vidal.

    Après la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian avec le groupe de l’affiche rouge, c’est une nouvelle figure de la Résistance qui intègre ce temple républicain. Un homme d’histoire qui entre dans l’Histoire de la Nation.

    Marc Bloch était un patriote profondément opposé aux nationalismes et aux dérives meurtrières qu’ils portent en germes.

    Sa vie comme sa mort sont des symboles.

    Marc Bloch était tout ce que les nazis et leurs complices de Vichy haïssaient : issu d’une famille juive d’Alsace, érudit, républicain dans l’âme, Résistant à leur folie barbare. Ils l’ont torturé puis assassiné.

    L’entrée de Marc Bloch au Panthéon résonne avec les enjeux de notre temps

    Marc Bloch était tout ce que la France fait de mieux.

    Une France qui est capable de faire Bloch, c’est une France fidèle à l’idéal républicain, en mesure de promouvoir des femmes et des hommes quelle que soit leur origine, leurs croyances réelles ou supposées.

    Sa panthéonisation résonne avec les enjeux de notre temps.

    Face aux semeurs de haine, aux héritiers de Pétain, aux falsificateurs de l’histoire, face à tous les racismes, antisémitismes, discriminations… la France d’aujourd’hui doit faire bloc. Et faire vivre en actes les principes républicains comme l’héritage
    de la Résistance.

  • Une qualification à portée de main pour les Bleus face à l’Irak

    Une qualification à portée de main pour les Bleus face à l’Irak

    Grâce à une deuxième mi-temps pleinement maîtrisée, les Bleus ont débuté leur campagne du Mondial-2026 par un valeureux succès face aux Lions de la Teranga, mardi à East Rutherford (New Jersey). De quoi idéalement lancer leur phase de poule dans le sillage de leur vedette madrilène, Kylian Mbappé, auteur d’un doublé. Maintenant, les protégés de Didier Deschamps vont devoir tenir ce même cap, ce lundi, face à l’Irak, avec en jeu une qualification pour le prochain tour.

    Histoire de s’éviter un match décisif contre la Norvège d’Erling Haaland, quatre jours plus tard à Foxborough (Massachusetts). Sur le papier, l’Irak reste l’adversaire le plus faible de la poule. La tâche devrait être théoriquement une formalité pour les Tricolores, qui font partie des principaux prétendants au titre suprême.

    Mais pas question de se faire piéger par une formation qui a certes été écrasée par les Norvégiens (4-1) mais qui avait tout de même réussi à tenir en échec rien de moins que l’Espagne en match de préparation (1-1), le 4 juin à La Corogne. La vigilance est donc de mise et Deschamps n’a cessé d’insister sur ce message à ses hommes durant la semaine précédant la rencontre.

    Nouveau record en vue

    « Ne les considérez pas comme une petite équipe parce que ce n’est pas le cas, je peux vous l’assurer », leur a dit le sélectionneur juste avant la séance d’entraînement de vendredi, selon une vidéo diffusée par la FFF, rappelant le succès des Lions de la Mésopotamie lors du barrage intercontinental face à la Bolivie (2-1), fin mars au Mexique. La consigne a visiblement été retenue par les Bleus. « Cela va être un match très intense. Ils vont jouer pour rester dans la compétition. Ce sera très physique et on sait dans quel système ils jouent avec leur 4-4-2 et leurs deux attaquants. Je pense que ce sera un match assez direct et il faudra être prêt pour ça », a prévenu samedi le défenseur Lucas Digne, qui devrait suppléer à gauche Théo Hernandez, guère à son aise contre le Sénégal. Le défenseur William Saliba, passé par l’Olympique de Marseille avant de faire désormais les beaux jours d’Arsenal, récent finaliste déchu de la Ligue des Champions, s’attend « à une grande bataille ». Pour éviter toute mauvaise surprise, Didier Deschamps a décidé de ne pas trop bouleverser son onze de départ et de mobiliser ses cadres. Mis à part Digne, le milieu Manu Koné et l’attaquant Bradley Barcola devraient être les seuls non-titularisés contre le Sénégal à gagner d’entrée de jeu leurs places. En cas de doublé face à l’Irak, Kylian Mbappé, devenu mardi le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France avec 58 réalisations, égalerait le record de Miroslav Klose et de Lionel Messi en Coupe du monde (16). Ce qui ferait également de lui le héros des Bleus.

    ET AUSSI

    L’Allemagne survit enfin à une phase de poule

    Après deux échecs conséquents en 2018 et 2022, l’Allemagne est enfin parvenue à sortir de son groupe pour avancer en 16es de finale du Mondial, en battant difficilement (2-1) la Côte d’Ivoire qui menait pourtant au score, samedi à Toronto. À Houston, les Pays-Bas se sont rapprochés d’une qualification, grâce à leur attaque débridée qui a saccagé la défense suédoise samedi (5-1).

    Premier point historique pour Curaçao

    Curaçao, petite île des Antilles néerlandaises, a décroché son premier point pour sa première participation à la Coupe du monde de foot, en tenant tête à l’Équateur (0-0) samedi à Kansas City. L’Équateur, qui a tiré 27 fois au but, en vain, se retrouve en grande difficulté avec un seul petit point, comme son adversaire du jour, avant un dernier match contre l’Allemagne, désormais assurée d’être leader du groupe E.

    Le Sénégal doit se relancer face à la Norvège

    Le Sénégal, nettement battu par la France pour ses débuts au Mondial-2026 et miné par des polémiques extra-sportives, doit se relancer lundi dans un match déjà crucial contre la Norvège d’Haaland, qui voudra assurer sa qualification après son large succès face à l’Irak.

    Le Japon corrige et élimine la Tunisie

    Le Japon a infligé une nouvelle déconvenue à la Tunisie (4-0), déjà éliminée du Mondial-2026 après deux matches seulement, sans avoir bénéficié de l’arrivée d’Hervé Renard, sur le banc samedi à Monterrey (Mexique). Giflée 5-1 par la Suède pour son entrée en lice, la Tunisie n’a pas trouvé le moyen d’exister, à l’heure où les pays africains progressent.

  • [Entretien] Carlos Tunon, Filpac-CGT : « L’État doit s’engager pour défendre Fibre Excellence »

    [Entretien] Carlos Tunon, Filpac-CGT : « L’État doit s’engager pour défendre Fibre Excellence »

    La Marseillaise : L’arrivée de Matthieu Pigasse est une première victoire mais il y a toujours urgence ?

    Carlos Tunon : Il va falloir approfondir pour transformer cette lettre d’intention en reprise ferme. Mais on a déjoué le scénario prévu, qui était la mise en liquidation des entités, ça nous a été confirmé. « Prévu » par un certain nombre de personnes, dont le Ciri, le comité interministériel de restructuration industrielle.

    Sophie Binet explique que le Ciri
    a soufflé le chaud et le froid, comment analysez-vous la position du gouvernement ?

    C.T. : Depuis un certain temps, quand on fait des rencontres à Bercy, ils essaient de nous rassurer. Mais le lendemain, il y a des déclarations où il est dit quasiment l’inverse de ce qui était raconté la veille. C’est forcément difficile d’avancer avec cette façon de faire.

    Ça reflète la politique industrielle menée depuis deux mandats ?

    C.T. : Tout à fait. L’impression qu’on a, c’est que le Ciri n’est pas en capacité de prendre de certaines décisions alors qu’il devrait. Idem pour le Premier ministre et le ministre de l’industrie. Un exemple : la réintégration de l’usine de Saint-Gaudens dans les quotas carbone [Marché des quotas carbone européens, ndlr]. C’est une décision qui dépend de l’État mais elle n’est pas prise. Alors que c’est seulement une application des textes de loi et qu’il n’y a pas de difficultés particulières.

    Outre les quotas carbone, il y a d’autres « conditions suspensives » qui dépendent de l’État…

    C.T : L’État doit s’engager clairement et lever de ces conditions suspensives. Outre les quotas carbone, il y a la fameuse question du prix de revente du mégawatheure. Aujourd’hui, la formule de calcul n’est pas très claire et il faut que l’État éclaircisse cette question. Pour l’approvisionnement en bois, autre condition suspensive, c’est pareil : il n’y a pas l’application d’une directive européenne qui permettrait une restructuration de la filière avec une priorisation des utilisations des bois pour ainsi fournir plus de volumes pour les fabricants de pâte à papier. On voit là l’échec de la politique de soi-disant réindustrialisation de l’État. À une époque, l’État nous avait assuré que si l’on trouvait un investisseur fiable, il mettrait tout en place pour aider à la reprise. Il va devoir passer des paroles aux actes. Surtout au regard des 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises qui profitent beaucoup aux multinationales et aux grands groupes.

    Justement, l’ancien actionnaire indonésien de Fibre Excellence
    a eu un soutien financier public…

    C.T. : Il a largement bénéficié d’argent public et il a bénéficié d’effacements de dettes, notamment en 2022 quand il avait mis Tarascon en redressement judiciaire. De mémoire, on était autour des 170 millions d’euros, payés par l’état et donc les contribuables.

    Vous portiez l’idée d’une nationalisation, comment passe-t-on de cette proposition à un soutien d’un investisseur privé ?

    C.T. : On portait l’idée d’une nationalisation temporaire pour avoir du temps pour trouver des investisseurs et pouvoir travailler avec eux, sur un projet pérenne. Avec l’arrivée de Matthieu Pigasse, on peut s’exonérer de ce sujet là pour l’instant. Mais si l’État souhaite entrer au capital, pourquoi pas ? Il y a déjà les régions.

    Quel impact sur la filière si Fibre Excellence disparaît ?

    C.T. : En France, on dépense 1 milliard d’euros pour acheter de la pâte à papier dans d’autres pays, en comptant la production de Fibre Excellence. Cela veut bien dire qu’il y a un marché pour ce produit sur le territoire. Si l’entreprise disparaît, on doublerait cette somme pour acheter ailleurs. Le déficit serait énorme, la balance commerciale ne s’arrangerait pas et cela poserait des questions de dépendance. Quand on voit la situation géopolitique actuelle, en cas de blocage, on peut se retrouver sans pâte à papier. Reconstruire une capacité industrielle comme celle de Fibre Excellence, c’est un coût astronomique et prendrait des dizaines d’années. Refaire l’usine de Saint-Gaudens, c’est environ 1 milliard d’euros.

  • Des petites secousses aux grands tremblements de terre

    Des petites secousses aux grands tremblements de terre

    Un tremblement de terre ne survient pas d’un seul coup sans prévenir. Il se passe des choses en amont. La faille se débloque à un endroit, commence à glisser puis tout devient instable et le glissement accélère jusqu’à générer un gros séisme. « C’est ce que dit la théorie et ce que montrent les expériences en laboratoire », pointe François Passelègue, chercheur CNRS au laboratoire Géoazur (Valbonne). Mais la réalité est plus complexe avec une grande variété de situations. Cette phase de préparation d’un séisme – appelée phase de « nucléation » – peut parfois durer quelques heures, quelques jours voire quelques mois. Elle a duré quelques jours avant le séisme de Tohoku-Oki qui a frappé durement le Japon en 2011, mais plusieurs mois avant celui d’Iquique au Chili en 2014. Et dans certains cas, cette phase de nucléation semble inexistante. Pourquoi une telle variété ? « C’est la grande question à laquelle nous avons voulu répondre », ajoute le chercheur.

    Dans un article paru dans Nature, il montre pour la première fois que des petites secousses précoces influencent la durée de la nucléation. Celle-ci sera d’autant plus courte que ces secousses – appelées « foreshocks » – sont fortes. « Quand elles sont vraiment fortes, la phase de nucléation est presque invisible », insiste Barnaby Fryer, post-doctorant à Géoazur et premier auteur de l’étude.

    Prédictions

    Ce résultat a été obtenu en laboratoire sur un dispositif expérimental simulant une faille avec du plexiglas, dans le cadre du projet européen Hope qui se termine en 2027. « Notre but est de déterminer quelles sont les informations minimales qu’il nous faut pour prédire la sismicité dans le temps et l’espace, résume François Passelègue. La conclusion actuelle est qu’il faut réussir à mesurer la contrainte sur toute la faille en temps réel ». Ce qui est faisable en laboratoire mais semble totalement impossible sur le terrain pour l’instant. « Cela impliquerait de faire des forages profonds pour installer des capteurs de contraintes et de pression, ajoute le chercheur. C’est beaucoup trop coûteux. »

    Maintenant que l’importance des secousses précoces dans la phase de nucléation est démontrée, les chercheurs aimeraient être capables de prédire où va commencer cette phase de nucléation. « Dans nos expériences de laboratoire, c’est très hétérogène », souligne François Passelègue. L’endroit où la faille commence à glisser change d’une expérience à l’autre. « Nous y travaillons depuis quelques années, ajoute-t-il. Cela serait une grande avancée dans la compréhension des processus de préparation des séismes ». Tout comme l’étude de scénarios plus complexes. « Jusqu’à présent, nous nous sommes limités au cas simple d’une seule secousse précoce située sur la faille », souligne Barnaby Fryer. Mais que se passerait-il s’il y en avait plusieurs et qu’elles se produisaient à distance de la faille ?

  • Soif de conquêtes

    Soif de conquêtes

    Dans un paysage politique dévasté par le présidentialisme et une société en proie à la crise de l’engagement, le congrès du PCF fait figure d’ovni. Confronter des idées, échanger des expériences, écrire un projet à plusieurs dizaines de milliers de mains, agir en « intellectuel collectif », c’est relever un défi démocratique considérable.

    Parmi ces militants, jeunes ou expérimentés, issus du monde du travail et de la création, des quartiers populaires, s’exprime une soif de conquêtes sociales, écologiques et démocratiques nouvelles.

    Il sera beaucoup question dans les débats des prochaines échéances électorales et de l’exigence de barrer la route à l’extrême droite mais aussi du projet de société apte à mettre cette menace durablement à distance. Un projet d’émancipation humaine fondé sur la mise en commun.

    Une lumière que d’autres n’ont pas

    Les communistes proposent des solutions immédiates mais aussi voir loin, mener la bataille culturelle pour ouvrir un chemin d’avenir à une humanité qui crève des inégalités, de l’injustice, de l’exploitation et des effets de la course folle au profit sur l’ensemble du vivant et de notre planète.

    Pour y parvenir, les congressistes discuteront des moyens de regagner en influence. On ne gouverne pas la France de la même manière avec un PCF à 5% ou à 20% prophétisait Yvon Gattaz alors patron des patrons.

    Les militants communistes rassemblés ce week-end ne travaillent pas pour eux-mêmes, ils veulent contribuer à rassembler toutes celles et tous ceux qui ont intérêt à ne plus laisser aux puissants la mainmise sur leurs vies là où tant d’autres sèment la division.

    C’est peut-être pour cela que Richard Bohringer disait que « les communistes ont dans l’œil une lumière que les autres n’ont pas. »

  • La femme est l’avenir de l’homme… À part peut-être, Mme Thatcher

    La femme est l’avenir de l’homme… À part peut-être, Mme Thatcher

    L’historien et scénariste Jean-Yves Le Naour retourne au cœur des années 1980 aujourd’hui si à la mode pour continuer à en montrer le côté sombre. Cette fois, il s’associe au dessinateur Emilio Van der Zuiden pour rappeler le destin et les méfaits de la première ministre britannique Margareth Thatcher. Fille d’un épicier-pasteur, elle va entre 1979 et 1990 entrer en guerre avec l’État-providence, les syndicats, les républicains irlandais qu’elle laissera mourir de leur grève de la faim, l’Argentine pour les Malouines… Et au nom de sa vision ultralibérale changer le Royaume-Uni mais aussi toute l’Europe avec des conséquences néfastes que l’on subit aujourd’hui. Surnommée « la Dame de fer », elle va écraser y compris dans le sang toute contestation de sa vision de la société, qui est qu’il n’y en a pas et que chacun doit se débrouiller alors que les riches doivent s’enrichir pour faire ensuite « ruisseler ». Une vision anti-anthropologique brutale totalement assumée dont nous ne sommes malheureusement pas sortis aujourd’hui. Deux de ses phrases résument encore tragiquement en ce XXIe siècle : « There is no such thing as society » et « There is no alternative ». À lire pour se rappeler qu’il faut enfin en sortir.