Tag: France

  • Deux offres de reprise pour le verrier Duralex

    Deux offres de reprise pour le verrier Duralex

    Les candidats avaient jusqu’à jeudi midi pour se manifester : deux ans seulement après sa reprise par les salariés sous forme de Scop (société coopérative et participative), Duralex joue à nouveau son avenir devant le tribunal de commerce d’Orléans. La verrerie de la Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret, placée en redressement judiciaire le 1er juin dernier pour cause de « tensions de trésorerie », cherche un repreneur.

    Parmi les candidats révélés à l’heure où nous écrivons ces lignes, le groupe français Carlesimo, spécialisé dans la fonderie et la transformation de matériaux, qui avait annoncé à ICI Orléans le 10 juillet dernier être « prêt à investir cinq millions d’euros de fonds propres pour relancer Duralex ». Mais aussi l’entrepreneur Cédric Meston, qui a racheté Tupperware France l’an dernier et s’était également positionné sur Brandt, en vain.

    Quand Jean-Christophe Chanjou, le fondateur d’APAr, a indiqué se retirer de la course estimant, ce jeudi matin sur BFM Business que « le niveau d’investissement à réaliser pour remettre l’entreprise à niveau nous semble démesuré ». « Le critère fondamental, c’est la viabilité, est-ce que je peux tenir mes engagements, payer les salaires, mes créanciers. Les hypothèses que j’ai faites pour sortir l’entreprise de l’eau me semblent avec mes moyens pas réalisables », a-t-il précisé sur la chaîne.

    250 salariés dans l’incertitude

    Pour les 250 salariés du site c’est une nouvelle période d’incertitude qui s’ouvre. C’est la troisième fois en six ans – et la cinquième en moins de vingt ans – que l’emblématique verrerie fondée en 1945 est placée en redressement judiciaire. 60% des travailleurs de l’usine avaient investi dans la coopérative, soutenue, y compris financièrement, par la région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole.

    « Il n’est pas envisageable qu’une nouvelle industrie en France connaisse le même sort que toutes les autres avec ses milliers de travailleuses et de travailleurs et leur famille jetés à la rue ! À l’image de Brandt et de ses 700 travailleuses et travailleurs, la casse industrielle, le chômage de masse et la perte de souveraineté dans la production industrielle n’ont que trop duré. Les salariés ne sont pas des variables d’ajustement et ne veulent plus perdre leur vie à essayer de la gagner », alertait il y a un mois déjà dans un communiqué l’UD CGT 45.

    Pour le syndicat, « l’industrie verrière a un avenir en France et l’engouement de la population française et mondiale pour cette marque emblématique Duralex, symbole du “made in France” est porteur de perspectives solides et viables ». En atteste la levée de fonds lancée à l’automne dernier avait enregistré près de 20 millions d’euros de promesses d’investissement d’environ 20 000 particuliers. Si les Français sont attachés aux verres incassables qui évoquent l’enfance, les investissements pour sauver l’outil de production et ses salariés sont nécessaires. L’audience est prévue le 17 septembre prochain.

  • [C’est l’été] Lecture : « Les beignets de ma mère », de Jacky Durand

    [C’est l’été] Lecture : « Les beignets de ma mère », de Jacky Durand

    Lui reviennent alors les souvenirs de tout ce qui les opposait et les unissait, mais surtout le goût et l’odeur des beignets de la mère du prisonnier évadé, modeste couturière qui élevait seule son fils. En faisant de la cuisine le trait d’union qui relie le passé et le présent, Jacky Durand, chroniqueuse culinaire, signe une troublante fiction qui nous prend aux entrailles.

    Éditions Flammarion,

    20,90 euros.

  • [Tour de France] Demi Vollering prend le meilleur

    [Tour de France] Demi Vollering prend le meilleur

    La Néerlandaise Demi Vollering a remporté mercredi à Belleville-en-Beaujolais la 5e étape du Tour de France Femmes en devançant au sprint la Suissesse Marlen Reusser, qui a conservé le maillot jaune, et la Polonaise Kasia Niewiadoma.

    Ces trois coureuses se sont isolées en tête en deux temps, sous l’impulsion de Vollering, dans les deux dernières des huit difficultés du jour, le Col de Durbize et Mont Brouilly, à 30 puis 10 kilomètres de la ligne. Auparavant, un groupe s’était échappé dans la seconde partie de journée avec quelques éléments solides, ce qui pouvait espérer une victoire finale. Ce ne fut finalement pas le cas. Lauréate sortante, la Française Pauline Ferrand-Prévot a connu une mauvaise journée en terminant à deux minutes et demie de la vainqueure, perdant toute chance de réaliser le doublé. Elle pointe désormais à la 17e place du classement à cinq minutes de la tête. « Il ne faut pas se voiler la face : un tel écart, c’est irrécupérable », a concédé la Rémoise.

    Pieterse fait le trou pour

    le maillot à pois

    Demi Vollering / Marlen Reusser / Kasia Niewiadoma : le trio de tête de cette étape disputée dans les monts du Beaujolais préfigure sans doute le podium final le 9 août. Restera à connaître l’ordre dimanche soir à Nice.

    Au classement provisoire, Reusser reste en tête avec 12 secondes d’avance sur Vollering. Niewiadoma, 3e, concède 1 mn 17 sec.

    Le trou est fait avec la quatrième place occupée par l’Allemande Antonia Niedermaier à 2:40. Autre grande gagnante de la journée de mercredi sur les routes du Tour : Puck Pieterse. La Néerlandaise d’Alpecin, championne du monde de VTT comme Pauline Ferrand-Prévot, a accentué son avance au classement de la montagne. En passant en tête des six premiers grands prix (sur huit), elle compte désormais 37 points au compteur, soit 23 de mieux que sa dauphine.

    La vallée du Rhône

    avant le Ventoux

    Jeudi, entre Montbrison et Tournon-sur-Rhône, la 6e étape propose un nouveau parcours accidenté, délicat à négocier après six jours de course. À moins de 50 km de la ligne, le col de Lalouvesc (8,6 km à 5%) favorisera un écrémage et peut-être une belle échappée.

    Une nouvelle journée casse-pattes donc, avant que le peloton du Tour de France Femmes ne s’attaque au Mont Ventoux. Le géant de Provence devrait être le juge de paix de cette édition 2026. Après cette étape, les favorites y verront sans doute plus clair à propos de leurs ambitions.

    Ce jeudi, 6e étape entre Montbrison et Tournon-sur-Rhône (153,4 km)

  • [C’est l’été] « Le goût du journalisme »

    [C’est l’été] « Le goût du journalisme »

    Trente-deux auteurs, de Pétrone à Lauren Malka, en passant par Octave Mirbeau et Joseph Kessel, sont là pour vous le démontrer. Un excellent choix de textes, présentés par Ariane Charton. Notre préférence va à Jaurès, qui prit la direction de L’Humanité avec promesse faite aux lecteurs qu’ils pouvaient compter sur la loyauté des analyses de ses rédacteurs, la sûreté de leurs renseignements.

    Mercure de France, 10 euros.

  • [Tour de France] Ferrand-Prévot perd deux minutes

    [Tour de France] Ferrand-Prévot perd deux minutes

    Arc-en-ciel pour Marlen Reusser, nuages gris pour Pauline Ferrand-Prévot. La championne du monde de l’exercice a remporté mardi la 4e étape du Tour de France Femmes, un contre-la-montre de 21 kilomètres entre Gevrey-Chambertin et Dijon où elle a pris le maillot jaune de leader à la Norvégienne Sigrid Haugset.

    La Française Pauline Ferrand-Prévot, tenante du titre, a échoué au-delà de la 30e place, concédant 2 minutes et 13 secondes à Reusser, ou 1mn55 à la Néerlandaise Demi Vollering, 3e, présentée comme l’autre grande favorite de la Grande Boucle. Un revers conséquent pour la championne olympique de VTT, qui n’avait plus pratiqué l’effort solitaire en compétition officielle depuis 2021.

    Demi Vollering impressionne

    Dès les premiers instants de ce contre-la-montre, les doutes sont apparus à propos de la dernière vainqueure du Tour de France. Une position bien différente par rapport aux grandes spécialistes du genre et des secondes perdues, kilomètre après kilomètre. Elle concédait déjà plus d’une 1min20 de retard lors du seul passage intermédiaire. Ensuite, dans la descente puis les rues de Dijon, « PFP » a continué de perdre du temps face aux autres favorites pour le classement général. Au final, elle compte 2 minutes de retard sur Reusser et Vollering, avant les étapes de montagne.

    La première citée s’est montrée ravie, après course, puisqu’elle a rempli le but qu’elle s’était fixé. « Ce n’était pas parfait aujourd’hui, mais je suis super contente. Le Tour de France, c’était mon objectif numéro 1 de la saison. J’avais un “objectif Dijon”, j’y pensais depuis décembre. Je suis tellement heureuse de prendre le maillot jaune. » Une seule adversaire de Ferrand-Prévot a fait pire qu’elle : Kim Le Court-Pienaar. La Mauricienne a lâché 10 secondes de plus que la Française.

    Au classement général, Marlen Reusser possède donc 14 secondes d’avance sur Demi Vollering, la Tricolore Cédrine Kerbaol montant sur le podium provisoire (+54’’). La Bretonne s’est classée à une excellente 7e place, en Bourgogne, ce mardi après-midi. Mercredi, une 5e étape accidentée entre Mâcon et Bellevile-en-Beaujolais, avec pas moins de huit grands prix de la montagne sur les 140 kilomètres du parcours.

  • [C’est l’été] «J’irai jusqu’au rivage du soleil», de Forough Farrokhzâd

    [C’est l’été] «J’irai jusqu’au rivage du soleil», de Forough Farrokhzâd

    « Livre, intimité, poème, silence/Voilà pour moi l’ivresse de la vie/Qu’importe de n’avoir pas voie à l’Éden/Si en mon cœur est un éternel paradis », ainsi parlait Forough Farrokhzâd. Féministe, progressiste, et iconoclaste, la figure incontournable de la poésie iranienne est née à Téhéran en 1934, et morte dans un accident de voiture en 1967. À la faveur de la traduction et de l’avant-propos de Leili Anvar, elle revient à la vie pour entonner son hymne à la beauté, écouter le chant du chagrin, s’envoler au pays rose des fées de l’oubli.

    Gallimard, 10,40 euros.

  • Belle victoire et maillot jaune pour Haugset

    Belle victoire et maillot jaune pour Haugset

    La Norvégienne Sigrid Haugset a remporté la troisième étape du Tour de France Femmes lundi à Poligny dans le Jura français, où elle a endossé le maillot jaune au détriment de la Néerlandaise Lorena Wiebes.

    La coureuse de la formation UNO-X Mobility s’est imposée en solitaire après un cavalier seul de 88 kilomètres alors que les principales favorites pour la victoire finale le 9 août à Nice, la Française Pauline Ferrand-Prévot et la Néerlandaise Demi Vollering notamment, ont toutes terminé dans le même temps à plus de deux minutes.

    C’est un numéro incroyable qu’a réalisé la championne de Norvège, ce lundi. Au moment où le peloton quittait la Suisse pour arriver sur le territoire français, la jeune femme de 27 ans a décidé de s’échapper. Un raid en solo alors que la vague de chaleur était bien présente sur le Jura. Le mercure a frôlé les 40 degrés toute la journée, lors d’une étape accidentée, avec plus de 1 000 mètres de dénivelé positif. L’écart avec le groupe des favorites a d’abord fait le yo-yo avant que celui-ci ne revienne même à moins d’une minute.

    À l’arrière, l’effort a diminué et la cycliste d’UNO-X Mobility a finalement obtenu jusqu’à 4 minutes de marge. Reine de la bicyclette avec notamment deux titres de championne du monde, Lotte Kopecky est ensuite partie à la chasse de la Norvégienne. La Belge est même revenue à 10 secondes, apercevant le dos de sa concurrente, mais elle n’a jamais réussi à recoller.

    Les favorites à l’épreuve du contre-la-montre

    Sigrid Haugset apporte à son pays sa première victoire sur un Tour de France Femmes, qui plus est en endossant le maillot jaune. Un rêve devenu réalité. « Je ne m’attendais pas à ça. Être assise ici, c’est irréel. Je pensais que Kopecky allait me rattraper, j’ai mis plus d’énergie et ça l’a fait. C’était impossible pour moi de porter le maillot jaune », dit-elle exténuée, mais avec le sourire. Ce mardi, elle s’élancera la dernière lors de l’unique contre-la-montre de cette édition 2026, entre Gevrey-Chambertin et Dijon (21 km). Haugset possède ce matin 2 minutes et 2 secondes de marge sur la Mauricienne Kim Le Court-Pienaar, une bonne marge pour espérer conserver cette lumineuse tunique dorée.

  • Cezanne et Monet : palette en main, ils ne concevaient la vie que devant une toile

    Cezanne et Monet : palette en main, ils ne concevaient la vie que devant une toile

    Il y a cent ans, Monet s’éteignait dans sa maison-jardin de Giverny. L’ancien journaliste, Philippe Simon, lui rend un hommage, ô combien mérité, dans Le miroir des eaux. Il y a cent vingt ans, Cezanne s’éteignait à Aix-en-Provence, sa ville natale. L’essayiste et romancier, Thierry Maugenest, fait apparaître son fantôme durant la Seconde Guerre mondiale, au sein de sa sublime fiction : Dans l’ombre de Cezanne. Autant dire que notre plume déborde de joie, puisque nous avons toujours mis la peinture au sommet de tous les arts – du naïf à l’expressionniste, en passant par le figuratif, l’abstrait, l’impressionniste, le symboliste, le cubiste, et le surréaliste. Un proverbe chinois ne dit-il pas que le pinceau laisse des traces, alors que les paroles sont vides ?… Surtout lorsqu’il est tenu par deux génies.

    Le miroir des eaux

    Qui dit Claude Monet, dit Octave Mirbeau, l’un des plus grands écrivains et critique d’art du XIXe siècle, amoureux, comme l’était le peintre, des arbres et des fleurs ; mais aussi Georges Clemenceau, ministre de l’Intérieur qui créa les Brigades mobiles, ancêtres de l’actuelle Police judiciaire. C’est à ce dernier, auteur d’un article sur les Nymphéas, que Philippe Simon donne une place de choix pour la collection : « Le roman d’un chef-d’œuvre ». Pourquoi ? Parce qu’une amitié, qui durera par-delà la mort de Monet, naquit entre l’artiste qui vivait loin des hommes, et un Tigre politique, passionné de culture. C’était en un temps où l’on croyait encore en la liberté de l’esprit, et au sentiment du beau. Merci à Clemenceau d’avoir retiré le voile noir qui recouvrait le cercueil de son ami, en disant « Jamais de noir pour Monet ! »

    Dans l’ombre de Cezanne

    Nous sommes en Provence, la Seconde Guerre mondiale fait rage, et des peintres, décidés à entrer en résistance contre le régime de Vichy, se retrouvent dans une bastide (Château Noir) où Cezanne travailla durant les quinze dernières années de sa vie. Comment alors ne pas être hantés par le spectre qui habita ce domaine posé au pied de la montagne Sainte-Victoire, et dont le maître des rouges, des jaunes, et des bleutés, aimait le silence si profond qu’il en devenait harmonie ? Aussi, malgré les bombardements, la Gestapo, les miliciens, et les blindés, trouvons-nous agréable de retrouver en cet inattendu revenant, le timide, l’indépendant, le solitaire, jamais satisfait de lui-même, et qu’une pneumonie terrassa, alors qu’il peignait sur le motif, sans lui laisser le temps de comprendre qu’il deviendrait un mythe.

    En guise de conclusion

    Que l’on s’appelle Claude Monet ou Paul Cezanne, les peintres ont vécu, vivent, et vivront pour le plaisir de nos yeux. Même les Anciens se plaisaient à dire que leurs divinités étaient mieux servies par eux que par les poètes. Nous ne craignons pas de l’écrire hautement, et les lecteurs de bonne foi se rangeront à notre avis, ces deux livres sont parmi les meilleurs de l’année 2026. Nous finirons par des citations. La première est de Monet, la seconde de Cezanne : « J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas… Je les cultivais sans songer à les peindre… Puis, tout d’un coup, j’ai pris ma palette. Depuis, je n’ai guère eu d’autre modèle. »… « Le Louvre est le livre où nous apprenons à lire. Nous ne devons pas nous contenter de retenir les belles formules de nos illustres devanciers. Sortons-en pour étudier la belle nature, tâchons d’en dégager l’esprit, cherchons à nous exprimer suivant notre tempérament personnel. »

  • [C’est l’été] Lecture : « Mémoires sur la guerre d’Indépendance américaine », de La Fayette

    [C’est l’été] Lecture : « Mémoires sur la guerre d’Indépendance américaine », de La Fayette

    Moins connu pour ses actions menées en France, dont sa contribution à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, demeure celui qui, en posant le pied sur le sol américain, s’est juré, au nom de son amour du risque et de son goût de l’aventure, de vaincre ou de périr pour la cause des partisans pro-indépendantistes. D’où ces souvenirs, préfacés par Virginie Yvernault, et publiés après son décès par sa famille, que nous vous invitons à découvrir. Une lecture des plus enrichissantes.

    Éditions Rivages, 8 euros

  • [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « La Fondation Gabriel-Péri, encore plus que les autres, est menacée »

    [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « La Fondation Gabriel-Péri, encore plus que les autres, est menacée »

    La Marseillaise : Vous avez alerté sur la situation financière de la Fondation Gabriel-Péri, son existence est-elle aujourd’hui menacée ?

    Guillaume Roubaud-Quashie : Depuis le début de son financement public, la trajectoire est simple, on est autour d’une division par quatre des budgets de la Fondation depuis 2007. Depuis l’accession d’Emmanuel Macron au pouvoir, donc sur seulement 10 ans, on a plus que divisé par deux. Ce sont des baisses bien plus radicales que dans d’autres secteurs, il y a des responsabilités politiques claires de ce côté-là. Si on continue comme ça, dans peu de temps, ça sera fini, tout simplement. C’est une mise en danger mortelle des fondations à vocation politique, à commencer par la Fondation Gabriel-Péri qui, encore plus que les autres, est menacée aujourd’hui.

    Cet affaiblissement
    des fondations politiques représente-t-il un danger pour
    le débat démocratique
     ?

    G.R.-Q. : Oui, on vit un moment de crise démocratique considérable, et on a besoin de débats argumentés pour l’affronter. Il faut savoir qu’en France, ce qui a compté dans le développement des fondations, c’est l’accession pour la première fois de l’extrême droite au pouvoir le 21 avril 2002, et l’idée que la République française était peut-être menacée. Il fallait réfléchir à des structures contribuant à renforcer l’ampleur, la vitalité et la qualité du débat démocratique. C’est dans cet esprit que la Fondation Gabriel-Péri a été créée, en 2004, à l’initiative du Parti communiste français. Les raisons qui ont mené à la création de ces fondations sont aujourd’hui encore plus fortes qu’elles ne l’étaient à l’époque. Je pense que, par leur capacité à produire des travaux qui vont au-delà des tweets, des expressions courtes ou des polémiques superficielles, les fondations ont aujourd’hui un rôle très précieux.

    Vous vous êtes rendus mardi dernier à Matignon, avez-vous eu les réponses que vous espériez ?

    G.R.-Q. : Avec d’autres fondations, nous avons alerté le Premier ministre quant à la situation d’extinction des fondations. Nous sommes actuellement en discussion pour envisager la suite.

    Concrètement, comment soutenir la Fondation ?

    G.R.-Q. : On a l’objectif de récolter plusieurs dizaines de milliers d’euros pour affronter les coupes de l’année. Il y a deux choses à faire. D’abord, souscrire est une aide concrète et immédiate. Sur le site de la Fondation, on peut faire des dons défiscalisés. Le deuxième aspect, c’est de participer aux activités qu’organise la Fondation. Elle a une revue qui s’appelle La Pensée et propose aussi des expositions gratuites. Il faut faire vivre et connaître la Fondation Gabriel-Péri, nous solliciter pour l’organisation de débats… Ce travail, il est à la disposition de toutes et tous, et pour que ça puisse continuer, on a besoin d’un soutien plus large. On a commencé à recevoir un certain nombre de dons, c’est encourageant, mais il faut que cette dynamique se poursuive. J’espère que la période de difficulté financière lourde que nous affrontons sera l’occasion pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore la Fondation de découvrir ce qu’elle fait et par la même occasion, de multiplier les partenaires et les initiatives à l’échelle nationale. La période que l’on vit mène à beaucoup d’interrogations, beaucoup de gens cherchent des réponses, des éléments de réflexion, et s’il y a une demande, nous on est là pour ça. Je suis confiant, même s’il y a des batailles à mener, on a l’habitude.

    Entretien réalisé par Andréa Goyard-de Castro