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  • Les profs remplaçants inquiets de la refonte de leur dispositif

    Les profs remplaçants inquiets de la refonte de leur dispositif

    Nous ne voulons pas de cette fusion, elle dégradera les conditions de travail et la qualité du service public de l’éducation. » Devant la direction des services départementaux de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN 13) à Marseille ce vendredi à midi, les syndicats de l’Éducation (FSU-SNUipp, CGT Éduc’action, Snudi-FO et SUD Éducation) font du bruit contre une refonte du système de remplacement sur le département.

    Un système qui fonctionne actuellement par brigade d’instituteurs qui remplacent les absents selon les besoins. « Avec la fusion, nous serons amenés à nous déplacer de façon accrue avec des difficultés à assurer une continuité pédagogique », dénonce Florence Bourdin, pour la FSU-SNUipp. Même raisonnement pour Franck Neff, du Snudi-FO : « Avec la fusion et la mutualisation des brigades, on est dans une logique de dégradation des conditions de travail. » Et la CGT Éduc’action dénonce « des conséquences pour les élèves surtout les plus précaires ». Le tout, avant une instance entre direction et représentants des personnels lors de laquelle l’ensemble des syndicats a voté contre le projet.

    Contacté, Jean-Yves Bessol, directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), maintient sa position et dit ne pas comprendre les inquiétudes syndicales : « On acte une zone de remplacement à un niveau départemental et on reste sur la gestion qui est celle que nous connaissons jusqu’à maintenant. Il n’y aura pas de changement pour les personnels concernés. »

  • Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Urgences de Nîmes en danger : soutenez les soignants », invite une pétition en ligne sur Change.org qui a rassemblé quelque 2 000 signatures.

    Les personnels mobilisés ne contestent pas, loin s’en faut, l’ouverture prévue d’une unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), destinée à « mieux accueillir des patients au lieu de les laisser sur des brancards pendant 24, 48 voire 72h », explique Audrey Solignac, secrétaire départementale du syndicat FO santé. « Les patients y seront accueillis dans des lits et non sur des brancards. Des travaux sont en cours pour améliorer dans les meilleurs délais les conditions d’accueil des patients en attente d’hospitalisation ou de retour à domicile », précise de son côté, dans un communiqué, la direction du CHU de Nîmes, qui rappelle que l’établissement « dispose d’un des services d’urgences les plus importants en France avec plus de 120 000 passages par an ». Sur le principe, donc, tout le monde est d’accord. C’est la mise en œuvre qui pose problème.

    Car l’ouverture de cette nouvelle unité de 19 lits se fait à effectifs constants. Le projet prévoit donc de transférer vers l’UHCD un poste d’aide-soignant(e) qui officie actuellement à l’accueil des urgences en journée. « Ils ne veulent pas le remplacer. Pour eux, un infirmier est capable de gérer tout le flux », dénonce Audrey Solignac.

    En grève le 5 décembre

    Le projet prévoit par ailleurs « des effectifs UHCD différents entre le jour et la nuit, alors que les besoins de surveillance et de soins sont identiques 24h/24 ». L’unité bénéficierait ainsi de deux infirmiers et deux aides-soignants le jour, mais seulement d’un infirmier et un aide-soignant la nuit. « La direction nous dit : pourquoi mettre du personnel supplémentaire, puisque vous vous occupez déjà de ces gens en attente sur des brancards ? Sauf qu’à créer une unité, il faut pouvoir mieux les prendre en charge. Si c’est pour les mettre dans des box sans s’en occuper plus que ce qu’on le faisait dans les couloirs, je ne vois pas l’intérêt », dénonce la responsable FO.

    Suite à un CSE qui s’est déroulé le 1er décembre sans apporter d’avancée, le syndicat FO, majoritaire, a déposé un préavis de grève aux urgences pour le 5 décembre. Les personnels mobilisés se rassembleront devant l’entrée du CHU pour réclamer « un aide-soignant pérenne sur le service d’accueil des urgences, les mêmes effectifs de jour comme de nuit à l’UHCD et, pour la période hivernale, un renfort d’aide-soignant sur les urgences en général, qu’on avait et qu’on nous a enlevé », indique Audrey Solignac.

  • La discrète première pierre du chantier du nouvel hôpital

    La discrète première pierre du chantier du nouvel hôpital

    Deux tractopelles sont stationnées en contrebas de la D69, sur le chemin de la Renardière, à l’Ouest de Salon-de-Provence. Depuis quelques mois, un nouvel ouvrage en béton voit le jour : l’exutoire pluvial où seront envoyées les eaux du nouvel hôpital et de son village santé avant d’atterrir dans le grand fossé Bel Air, qui se jette dans la Touloubre. « Discrètement, les travaux commencent, se réjouit le maire (LR) Nicolas Isnard. Bien sûr, ce n’est pas le gros chantier sur site, mais même si on le fait modestement il fallait marquer le coup. »

    C’est à 1,7 kilomètre de là que 9,5 hectares de terrain seront artificialisés pour accueillir le complexe flambant neuf. « La deuxième étape débutera d’ici un an ou plus, lorsque les entreprises qui vont intervenir pour réaliser le village de santé seront désignées, détaille l’édile. C’est ce à quoi se consacre l’hôpital, qui établit le cahier des charges pour préparer l’appel d’offres. On lancera le marché dans le premier semestre de l’année 2026. Le début des vrais travaux est prévu pour fin 2026, début 2027 pour les premières fondations, avec une mise en service en 2029/2030. »

    À l’arrivée, 245 lits et 42 places en ambulatoire seront créés sur 35 760 m² de surface. À proximité de cet hôpital implanté sur 6,5 hectares, un village santé de 3 hectares avec l’installation d’une douzaine de partenaires comme un centre de dialyses, un laboratoire d’analyses médicales, une clinique ou un hôtel hospitalier. « 80 lits resteront en centre-ville, puisque les soins palliatifs et la gériatrie ne bougent pas », précise Nicolas Isnard.

    La coopération

    « C’est le seul hôpital déménagé depuis trente ans dans la région Paca », se targue le premier adjoint au maire Michel Roux (DVD). Une victoire rendue possible par la volonté et la coopération des acteurs du territoire. C’est en juillet 2019 que vingt villes du bassin salonais s’associent dans un Syndicat intercommunal à vocation unique pour acheter, ensemble, un terrain, afin d’inciter l’État à agir et de lui faciliter la tâche. « Chaque commune a investi 10 euros par habitant pour acheter ces 9,5 hectares », précise Nicolas Isnard.

    Les agents de l’hôpital aussi ont consenti à des efforts pour voir le projet sortir de terre. « Ça a donné lieu à de gros sacrifices en interne en termes de budget, raconte la représentante FO Magali Brotons. Il a fallu revenir sur des accords locaux, voter et accepter des requalifications en instance… »

    Ces économies, réalisées de sorte à aider l’hôpital à trouver 27 des 172 millions d’euros fléchés pour le nouvel hôpital sur ses fonds propres, étaient une nécessité. « On a huit pavillons. Le plus ancien date de 1903. En hiver il fait très froid, en été il fait 40 degrés. Il devient de plus en plus difficile de prendre en charge les patients. Par exemple, les couloirs et les portes sont trop petits, les lits n’y passent plus, il faut démonter les barrières, ce qui est épuisant. » Au-delà des conditions de travail, c’est surtout pour les malades que le personnel est soulagé. « C’est important de pouvoir les accompagner dans un bel environnement, c’est notre vocation », affirme Magali Brotons.

    À Martigues, la CGT lutte pour qu’une somme de la même ampleur soit investie dans l’hôpital, exsangue. Le syndicat revendique également la création de 90 emplois statutaires immédiats. L’établissement saura-t-il suivre la même voie que celui de Salon ?

  • Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    « Ici, c’est pire que la Banque de France. » Sur le parking d’Orange, à Saint-Mauront (3e), les trois gardiens qui assurent la sécurité ne sont pas tranquilles. Leur responsable a pris la décision, ce mardi 25 novembre à midi, de confiner durant une demi-heure tous les salariés, potentiellement 1 200, dans les faits de 400 à 450 en présentiel chaque jour, pour éviter les « dommages collatéraux ».

    Selon lui, une bagarre entre dealers au moyen d’un club de golf qui aurait pu dégénérer : « Une kalach, c’était pareil. » Il a préféré fermer le site « le temps que ça se calme ». Depuis une semaine, toujours selon lui, la venue des ministres de l’Intérieur et de la Justice, suite à l’assassinat de Mehdi Kessaci par un commando à moto, a « mis de l’huile sur le feu ». « C’est un quartier défavorisé, on n’a pas tous les tenants et les aboutissants, mais on pourrait aussi choisir d’éteindre l’incendie », estime-t-il.

    Concrètement, de nouvelles inscriptions sont apparues sur le mur de la sortie du métro National, indiquant que le point de deal voisin, au cœur de la cité de Félix-Pyat, était ouvert H24. Sur les grilles du siège d’Orange, ou sur les immeubles en face, il suffit de suivre les flèches blanches ou rouges pour y arriver. On arrive au pied des barres, avec un petit comité d’accueil où des minots encagoulés essaient de se réchauffer au soleil. Même si dans le quartier, entre mamans qui discutent, minots qui sortent du bus et ouvriers qui rentrent après une journée de travail, la vie s’écoule… paisiblement.

    Laurent, délégué syndical CFE-CGC d’Orange, raconte, lui, les emballages de médicaments jetés par-dessus la clôture, direct dans la pelouse. « On a aussi retrouvé des douilles suite à une fusillade au bar d’en face », ajoute le syndicaliste. Résultat, « les salariés ont peur, ils ont développé des stratégies pour ne pas venir, en recourant au télétravail, en multipliant les missions de terrain ». Il poursuit : « En tant que salarié d’Orange, on n’est pas là pour vivre ça. » Nexity, qui avait son siège juste en face, a aussi « déménagé parce qu’il y avait trop de problèmes », témoigne-t-il, « ils ont vendu ça avec l’espoir de la revitalisation, mais c’est trop tôt, on est un peu des spécimens d’expérience avec eux, ce n’est pas encore un quartier de droit. On vit dans une citadelle assiégée. »

    Une direction

    qui se dit mobilisée

    Il dénonce également le manque de sérieux de sa direction. Pour badger, il faut rentrer dans un sas « un peu sombre », qui « doit faire 30 m2 et dont la porte reste ouverte ». C’est « Riri, Fifi et Loulou qui gèrent la sécurité », ironise-t-il.

    Si un cap a été franchi, le phénomène n’est pas nouveau. « On ne voulait pas venir là et, d’ailleurs, on devait intégrer les bâtiments de Nédélec, à côté de la gare, mais Orange a préféré vendre, en partie à l’Agence régionale de santé », croit savoir le responsable syndical, « et nous rapatrier tous ici il y a deux ans ». CGT, FO, SUD et CFE-CGC s’étaient mobilisés en 2022 contre la fusion et le transfert des salariés de Nédélec, Réattu et la tour La Marseillaise, bref tous les sites marseillais, sur la rue Félix-Pyat. La sécurité du site n’est pas le seul point noir. « On a aussi eu des punaises de lit, avec des fermetures de plateaux entiers pour la fumigation », indique-t-il.

    La direction arguait, elle, de sa volonté de mettre en place un campus à Saint-Mauront pour « maîtriser [son] empreinte immobilière par la restitution d’immeubles à Marseille ». Sur « l’incident » survenu ce mardi, elle indique avoir « constaté un attroupement inhabituel d’une vingtaine d’individus proche de la sortie du métro National, à l’extérieur de l’entrée du site Massalia ». Afin de « préserver la sécurité des salariés et du site, Orange [leur] a demandé de ne pas quitter le site pendant 30 minutes, le temps que cet attroupement extérieur se disperse ». Et la direction d’assurer qu’elle est « en lien avec les forces de l’ordre pour toutes les questions liées à la sécurité de [ses] sites », que « la sécurité de [ses] salariés est une priorité ».

    Côté CFE-CGC, un courrier devait partir, ce mercredi, pour réclamer des mesures et des explications sur les raisons du déménagement à Saint-Mauront.

  • La politique du chiffre fait dérailler la RTM

    La politique du chiffre fait dérailler la RTM

    Parmi les contrôleurs rencontrés ce lundi, la colère est palpable. « Ce sont des quotas qu’ils nous demandent, ils n’ont pas le droit », s’indigne l’un d’entre eux. Autour, ses collègues acquiescent. Et témoignent des invitations qui ont été adressées à plusieurs cadres, par leur hiérarchie au sein de la coordination à la sûreté de la RTM, pour venir prendre un café. Des convocations officieuses pour leur reprocher le manque de contrôles réalisés. À tel point que le syndicat FO a dû monter au créneau, le 28 octobre dernier, pour recommander aux salariés : « Si vous êtes convoqués sans courrier (pour aller boire un café) n’y allez pas ! »

    « À ma connaissance, ça a commencé au mois d’octobre, ils ont demandé aux agents de maîtrise qui encadrent les vérificateurs de monter dans les bureaux », explique Dominique Alaimo, élu FO au comité social et économique (CSE) de la RTM. Lui a eu connaissance d’au moins quatre cas différents. « Mais il y en a plus à qui on a dit : tu vas être convoqué, parce que tu ne passes pas assez de cartes, assure-t-il. Une fois que l’agent est dans le bureau, ils leur parlent de passages de cartes. Ils mettent la pression aux agents, à regarder les appareils de contrôle. Alors qu’ils n’ont pas le droit de les regarder ! »

    70 contrôles par jour

    Car derrière ces convocations, il y a une politique du chiffre dénoncée par l’organisation syndicale. Des consignes orales sont données, témoigne le syndicaliste, sur le nombre de contrôles quotidien à réaliser par chaque agent. « L’année dernière, ils nous demandaient 50 passages de cartes par jour. Depuis le mois de septembre, c’est 70 passages », indique Dominique Alaimo. Des consignes illégales : « Pour demander un quota à un agent, il faut que ce soit inscrit dans son contrat de travail », explique l’élu syndical. Après avoir déjà alerté il y a un an, il menace cette fois de saisir l’inspection du travail, tandis que les services juridiques lui ont indiqué qu’ils vérifieraient la légalité de ces mesures.

    De son côté, la RTM, sollicitée par La Marseillaise, a refusé de s’expliquer sur ces convocations pointées comme illégales par FO. Tout comme elle refuse de donner le moindre chiffre sur les contrôles. La lutte contre la fraude est pourtant régulièrement mise en avant par la régie des transports, tandis que la Métropole, son autorité de tutelle, prône la tolérance zéro avec l’installation de portails anti-fraude depuis 2023 pour 12,5 millions d’euros, la mise en place d’amendes pédagogiques au mois de décembre dernier, puis d’un outil de vérification pour les contrôles en janvier… Mettant en avant un manque à gagner de 24 millions d’euros par an. En 2023, 36,5% des voyageurs avaient fraudé, dévoilait la RTM au détour d’un marché public.

    Quel nouveau contrat ?

    Mais sur le terrain, les agents de contrôle sont à bout. « Nous sommes en sous-effectifs », alerte Dominique Alaimo face aux non-remplacements des arrêts maladie. Et la politique du chiffre, au détriment des missions d’orientation des voyageurs ou de dissuasion, dégrade les conditions de travail, d’autant plus face aux défaillances de la régie. « Nous faisons des opérations de contrôle sur des lignes où il manque deux ou trois bus, la clientèle est énervée à cause de ça et ne paie pas, et tout s’enchaîne », déplore-t-il. Cela au moment où le nouveau contrat de services entre la Métropole et la RTM, qui doit être présenté aux organisations syndicales le 9 décembre, devait mettre encore plus l’accent sur la sécurité.

  • Contre un « boulevard pour l’extrême droite » à l’université d’Avignon

    Contre un « boulevard pour l’extrême droite » à l’université d’Avignon

    « On est dans une totale incompréhension », confie Théo Carette, membre de la liste de l’Union étudiante pour les élections des représentants des usagers des 5 et 6 novembre, quelques jours après que la liste a été déclarée irrecevable par la présidence de l’université. Et ce, d’après l’arrêté de recevabilité des candidatures publié par cette même présidence, que nous avons pu consulter, pour une raison : le dépôt de la candidature aurait été effectué « après les dates et heures limites de dépôt des listes ».

    Pourtant, les membres de la liste de l’Union étudiante assurent avoir déposé les documents dans les temps. Une erreur avait été notée par la direction des Affaires juridiques et institutionnelles (DAJI), quelques heures avant la limite. Un délai de quelques heures aurait été accordé pour se mettre en conformité. Le Comité électoral consultatif, lors de sa séance du 14 octobre, a également confirmé que le document avait bien été fourni dans les délais impartis. L’avis consultatif n’a donc pas été suivi par Georges Linarès, président de l’Université d’Avignon.

    Un recours gracieux a été envoyé par les membres de la liste, le 22 octobre dernier, demandant à la direction de l’établissement universitaire de « réexaminer » sa position. Contacté, le président n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    La crainte est que la question politique, dans ces instances, soit monopolisée par des listes proches ou clairement d’extrême droite. Parmi les trois listes restantes, l’une est apolitique, mais pas les deux autres : à savoir l’UNI (Union nationale inter-universitaire), historiquement de droite forte mais qui se radicalise, et surtout la Cocarde étudiante, qui affiche clairement son bord politique en évoquant sur ses réseaux être, par exemple, contre « l’utopie du multiculturalisme qui sape les fondements de notre peuple (sic) ».

    L’ombre du RN

    Les élus peuvent obtenir des sièges au conseil d’administration, organe décisionnaire sur le budget et les orientations de l’université.

    « Ce sont les seuls qui peuvent porter un message politique. C’est un boulevard pour l’extrême droite s’ils gagnent ces élections », souligne Théo Carette. D’autant que deux collaborateurs parlementaires de députés du Rassemblement national, étudiants à Avignon, figurent sur l’une des deux listes. « On ne peut pas laisser le RN s’immiscer dans la vie de la fac. Surtout que le président s’est opposé à ces idées », assure Jana, membre de la structure. La CGT et FO ont exprimé leur soutien à la liste évincée.

  • Marseille : un réseau de bus en attente d’un nouveau souffle

    Marseille : un réseau de bus en attente d’un nouveau souffle

    Le réseau de bus marseillais est-il en train de craquer ? C’est le ressenti de beaucoup d’usagers et de traminots depuis la rentrée de septembre. Bus qui ne passent pas, largement en retard ou dans un état « catastrophique », les critiques contre le service rendu par la Régie des transports métropolitains (RTM) sont de plus en plus nombreuses.

    « Ma fille attend le 10 en direction des Caillols depuis une heure ! Aucun bus n’est passé ! », témoigne Sabine, sur les réseaux sociaux, avant de remercier ironiquement la RTM pour « le bus fantôme des Caillols tous les matins ». Des bus fantômes, c’est aussi ce que pointe la CGT RTM, dans une communication assassine à l’endroit de leur direction, en date du 16 octobre. Le tableau que dresse l’organisation syndicale fait froid dans le dos : « Certains bus sont dans un état d’épaves, désastreux. Plus de pare-chocs, trappes ouvertes, pare-brise fissuré. »

    La liste est évidemment non exhaustive, mais c’est surtout la face visible d’un iceberg bien plus alarmant pour les transports en commun marseillais : « Le pire, ce n’est pas seulement l’état, mais le manque de matériel, nous n’avons plus de bus pour faire tourner le réseau correctement, et ceux qui restent tombent en panne (avaries, incidents techniques, fuites etc…) et ne peuvent pas être réparés. » Le constat est sans appel du côté des représentants des traminots : « Des tours délestés, des lignes amputées, des usagers en colère, des chauffeurs épuisés, un centre de régulation essoufflé. »

    « Il y avait 185 véhicules immobilisés »

    Nicolas Ruiz, secrétaire général de FO RTM, développe : « Pendant des mois, sur de grandes lignes comme la 32, on avait la moitié des bus effectifs, avec donc des retards conséquents. » « Tous syndicats confondus, on reproche la mise en fonction de nouvelles lignes à la rentrée, la B3, B4 et B5, alors qu’on n’était pas prêts, on n’avait pas assez de bus. » La CGT pointe également une ligne B3, qui relie Saint-Jérôme et Château-Gombert, « à bout de souffle » avec des « temps de parcours irréalistes » et demandait des véhicules supplémentaires. « Au gros de la crise, il y avait 185 véhicules immobilisés, aujourd’hui c’est moins de 100 », abonde Nicolas Ruiz, qui cite des exemples de bus roulants malgré la présence de « voyants rouges » au tableau de bord.

    Contactée, la RTM ne nie pas les difficultés récentes. « La RTM a rencontré, depuis la rentrée de septembre, des difficultés de disponibilité de son parc autobus sur le réseau de Marseille, qui ont eu un impact sur les fréquences de passage. […] En septembre, le taux d’indisponibilité du parc était de l’ordre de 5% », explique la Régie. Une indisponibilité « qui peut apparaître relativement faible, mais qui est pour autant directement perceptible par la clientèle ».

    La RTM reste positive : « La situation est aujourd’hui en très nette amélioration avec un service très proche de l’offre nominale. » Elle en veut pour preuve le recrutement de « 22 opérateurs de maintenance pour accélérer la réparation des véhicules immobilisés ». Et renvoie surtout sur la livraison de bus électriques Iveco, qui a du retard, mais dont « la totalité devait être livrée au 1er semestre 2025 ». Avant de conclure : « Daimler Buses France (Mercedes) a remporté l’appel d’offres portant sur un ensemble de 200 bus articulés 100% électriques, qui devront être livrés à partir de l’automne 2026. »

  • Hérault : alerte rouge de l’intersyndicale sur l’école inclusive

    Hérault : alerte rouge de l’intersyndicale sur l’école inclusive

    Depuis la rentrée de septembre, le second degré est sous tension. Dans le sillage de plusieurs collèges de l’Hérault, Louis-Germain a débrayé durant trois jours la semaine dernière pour dénoncer une école inclusive au rabais. Le mercredi 15 octobre, un rassemblement a également été organisé devant le rectorat, tandis qu’une délégation était reçue par l’entourage de la rectrice.

    « Nous avions treize AESH, mais nous en avons perdu trois cette année. Ce sont des départs forcés, on n’a pas eu le choix. Le Pial (Pôle inclusif d’accompagnement localisé) nous a réparti.es autrement parce qu’il manquait de personnels dans le premier degré », explique Isabelle, accompagnante d’élèves en situation de handicap et syndiquée à la FSU.

    Dans le détail, trois accompagnatrices du Pial sont actuellement en congés maternité, parental et arrêt maladie, mais l’Éducation nationale ne prévoit aucun remplacement pour ces personnels spécifiques. Mécaniquement, le bahut a perdu 84 heures de présence. À échelle du Pial, les AESH restantes ont donc été redirigées en priorité sur les élèves bénéficiant d’une notification individualisée – puisque la loi les concernant exige une application stricte – au détriment des notifications mutualisées, dont l’application a été rabotée. « On est donc passé de six heures par élève chaque semaine, à deux ou trois heures. Mais malheureusement, le handicap ne s’arrête pas au bout des trois heures de suivi », s’indigne Olivier, AESH lui aussi (Sud Éducation).

    À leur côté, les parents sont consternés. « Dans ce collège, nous n’avons que des classes de 30 élèves. Elles sont surchargées, donc l’absence d’une AESH impacte forcément l’ensemble du groupe », témoigne une mère présente devant le rectorat. Sans compter la perte de chance pour les élèves porteurs de handicap, dont certains « décrochent » littéralement.

    Contacté, le rectorat se retranche derrière le règlement. « La MDA (Maison départementale de l’autonomie) notifie à hauteur de 3 ou 4% d’élèves en plus chaque année, mais nos dotations n’augmentent pas autant… Et le Département de l’Hérault a affecté tous les AESH dont il disposait début septembre. On ne peut pas nier qu’il y ait des tensions, et on comprend les difficultés des personnels, mais ce n’est que le témoignage d’un Pial qui fonctionne comme il doit fonctionner », réagit Sandy-David Noisette, directeur académique adjoint des services de l’éducation nationale dans l’Hérault.

    Réunis en intersyndicale mercredi 15 octobre, Sud Éducation, la FSU, la CGT, FO et la CNT réclament une « alerte d’urgence pour l’Hérault » comme celle qui avait été lancée en Seine-Saint-Denis l’année dernière. « Le problème existe dans toute l’académie, mais l’Hérault est le département qui regroupe le plus d’établissements, et nous manquons de tout  : AESH, médecins scolaires, médecins de prévention… », détaille Jordan Homps (Snes FSU). Les syndicats appellent donc l’ensemble des établissements de l’Hérault à faire remonter leurs difficultés pour évaluer plus précisément les manques… Avant d’envisager une action collective courant novembre.

  • Le futur quartier de haute sécurité soulève des questions

    Le futur quartier de haute sécurité soulève des questions

    Le personnel pénitentiaire aura obtenu plus de précisions, sans pour autant lever toutes les zones de flou.

    Dimanche 12 octobre dernier, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé dans l’émission Zone Interdite (M6) l’arrivée de trois nouveaux quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), système de détention permettant d’isoler les profils les plus dangereux. L’un d’entre eux sera installé au centre pénitentiaire de Luynes, à Aix-en-Provence.

    Les syndicats ont vivement réagi, avec le Snepap-FSU « effaré par cette modalité de communication managériale ». L’annonce a « estomaqué le personnel » pour la CGT Spip 13. Les syndicats attendaient les précisions de l’administration pénitentiaire, en visite, vendredi dernier, au centre pénitentiaire de Luynes, qui souffre déjà d’un taux d’occupation de 150%, selon les derniers chiffres des syndicats. FO Justice a taxé le projet de « véritable bombe à retardement pour le CP d’Aix-Luynes, déjà à genoux ». Les inquiétudes portent notamment sur une délocalisation du Centre national d’évaluation (CNE) et de son personnel, actuellement situés dans les locaux du Quartier d’accueil et d’évaluation (QAE). L’Ufap Unsa Justice a demandé de son côté un choix « du bon sens et de la stabilité » et assurait rester mobilisée pour que le projet « voie le jour dans le respect des agents et de leurs missions ».

    Et le personnel ?

    Vendredi, les agents ont donc appris que le QLCO devrait accueillir une trentaine de détenus à partir du second semestre 2026. « On a été rassurés sur le fait que la structure du CNE bougerait à l’intérieur même du centre pénitentiaire, mais ne serait pas délocalisée », rapporte Olivier Caquineau, pour le Snepap-FSU. Des promesses « d’engagements humains et matériels, sans plus de précisions », auraient été formulées, rapporte le syndicat. « On a quand même un cumul de quartiers spécialisés, poursuit Olivier Caquineau. Mais au moment ou l’on se parle, il y a plus de questions que de réponses sur ce qu’on va faire, pouvoir faire et ce qu’il sortira de ce dispositif. On nous annonce qu’il y aura des réunions de travail pour préparer tout ça et la visite du garde des Sceaux, dans les quatre semaines à venir. »

    « Ce quartier, historiquement, on est d’accord, il va permettre d’enlever de la détention des détenus dangereux. Mais il y a des priorités qui doivent être respectées, rapporte Cédric Apatou, secrétaire local FO pour le centre pénitentiaire. On a déjà moins 80 agents sur le CP. Au niveau des quartiers spécifiques, est-ce qu’il y aura assez d’agents pour gérer les croisements de détenus ? On ne nous a pas dit combien de personnels allaient arriver pour le QLCO. Nous n’avons pas ces précisions. Plus on va rajouter des quartiers, plus on aura le souci d’effectifs. S’ajoutent à ça les soucis d’hébergement. C’est comme apporter de l’eau dans un panier percé… »

    Sollicitée, la Direction interrégionale des services pénitentiaires n’a pas pu nous répondre.

  • Verrerie : le préfet du côté des salariés mais sans solution

    Verrerie : le préfet du côté des salariés mais sans solution

    Demi-teinte. À la sortie de leur entrevue avec le préfet, l’intersyndicale, qui était également accompagnée de la maire de Vergèze Pascale Fortunat-Deschamps (SE) et des sénateurs Denis Bouad (PS) et Vivette Lopez (LR), était rassurée sur un point : le préfet a confirmé les avoir soutenus face à la direction d’Owens Illinois (OI). « Nous avons eu confirmation qu’OI avait demandé des réquisitions pour envoyer des gendarmes sur le site par exemple et il a refusé. Il était complètement contre l’arrêt de ce four dans l’urgence. Il a demandé à OI de faire les choses dans les règles, mais OI ne l’a pas respecté. Il va aussi mettre la pression à OI vis-à-vis des agents de sécurité qui nous sont envoyés pour nous mettre la pression », a souligné Yvon Pallier, délégué syndical FO.

    Mais au-delà de ce soutien, Jérôme Bonet a confirmé son incapacité à pouvoir s’opposer à un groupe privé. Il a tout de même assuré qu’il contacterait la nouvelle équipe gouvernementale comme il l’avait fait avec les ministres de François Bayrou, pour les pousser à trouver une solution pour les salariés.

    Le four est en cours d’arrêt

    Depuis début octobre, les salariés oscillent entre tristesse et colère. En effet, le 9 octobre, la direction d’Owens Illinois a envoyé un communiqué de presse (sans avertir l’intersyndicale de son contenu) pour annoncer la fermeture prochaine du four à cause de la mobilisation des salariés qui occupent l’entrée du site depuis une quinzaine de jours. « Il s’agit de la seule option permettant de rétablir la sécurité des personnes et des installations, tout en préservant l’intégrité du four », écrit la direction. L’intersyndicale, composée de la CGT, de la CFE-CGC et de FO, a immédiatement réagi en organisant un rassemblement avec les salariés et les élus locaux le lendemain pour dénoncer « les mensonges de la direction d’OI ». « Ce sont des menteurs », a martelé Yohan Goupille, délégué syndical CGT.

    « Les prétextes cités ne sont pas justifiés. Pendant plus de dix jours, ce sont les salariés qui ont maintenu l’activité et la sécurité en l’absence totale de direction sur le site. Un accord de méthode a été signé stipulant la fin du PSE au 31 octobre. Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI, ce sont des voyous », fustige Yohan Goupille qui affirme que si le four est arrêté, il ne pourra pas redémarrer, contrairement à ce qu’avance la direction. Les syndicats ont également mis en avant les risques de sécurité d’un arrêt décidé à la hâte. Car la manœuvre est complexe. Pour stopper le four, il faut notamment le percer, faire couler 300 tonnes de verre liquide au sol et le refroidir.

    Lundi 13 octobre, du personnel de sécurité extérieur a été dépêché par OI à Vergèze pour s’assurer que les salariés n’allaient pas s’opposer à l’arrêt du four. Mais les syndicats ont rapidement contacté l’inspection du travail face à des manquements à la sécurité. « Il y a des risques humains et environnementaux », précise le délégué syndical CGT Bruno Santiago. « Ils étaient en costumes et chaussures de ville et n’avaient pas les équipements de protection. Y compris l’huissier. Et ils ont demandé à ce que le personnel ne s’approche pas. »

    Le lendemain, le four a finalement bien été percé, lançant la première phase de l’arrêt du four. Trop éprouvés, certains salariés n’ont pu contenir leurs larmes. « Maintenant, la direction nous annonce que nous ne sommes pas en indisponibilité totale mais partielle. Ils veulent qu’on vienne nettoyer le site. Ils disent que c’est pour présenter un site propre s’il y a un repreneur. C’est se foutre de nous. Pour attirer un repreneur, il aurait fallu lui montrer un site avec un four qui fonctionne et des salariés au travail. Pour moi, c’est de la torture psychologique », fustige Bruno Santiago.

    Les négociations autour du Plan de « sauvegarde de l’emploi » doivent en parallèle se poursuivre jusqu’au 31 octobre.

    « Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI,
    ce sont des voyous »