Tag: FO

  • À Eurenco, à Sorgues, les négociations au point mort, pas la grogne

    À Eurenco, à Sorgues, les négociations au point mort, pas la grogne

    « Ce troisième rassemblement n’est pas un simple point d’étape, mais une nouvelle vague plus massive et déterminée », lance avec hargne Jérémy Caillé, secrétaire général central d’Eurenco, devant environ 150 grévistes, ce mercredi 11 février, lors d’un troisième rassemblement en quatre semaines devant la poudrerie, pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires.

    Alors que, depuis le début du mouvement, avec une première grève enclenchée le 21 janvier, les échanges avec la direction n’avancent pas, la CGT et FO portent toujours les mêmes revendications. Ils demandent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise, ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI.

    Influence interne

    Des augmentations « calculées en fonction du coût de la vie et des bons résultats de l’entreprise », assure Nicolas Maroncelli, représentant FO et employé à Eurenco depuis 25 ans. « La direction ne nous donne aucun signe de vie. On a même l’impression qu’elle fait de la communication pour essayer d’influencer les salariés. Mais le mouvement prend de l’ampleur, donc cela montre bien que les revendications tiennent la route », regrette-t-il. « On n’est pas écoutés, donc il va falloir amplifier le mouvement », ajoute Jérémy Caillé. Le responsable syndical CGT estime que les grèves, à chaque fois fortement suivies et de plus de 24 heures, « ont coûté plus cher que s’ils avaient simplement accepté de discuter avec nous ».

    Les deux organisations syndicales assurent qu’il y aurait des « pressions sur les salariés ». « Des employés grévistes entendent de la part de responsables que ce sont eux qui vont couler la boîte. Ils veulent nous diviser, mais le rapport de force est de notre côté contre l’injustice et le mépris », affirme Jérémy Caillé.

  • Le transporteur CAT à l’arrêt pour de meilleurs salaires à Miramas

    Le transporteur CAT à l’arrêt pour de meilleurs salaires à Miramas

    Plus aucun poids lourd ne passe à l’entrée du dépôt CAT de Miramas. Depuis lundi, l’entreprise de transport d’automobiles vit un mouvement social national dans le contexte des négociations annuelles obligatoires. Le long de la route parallèle à la D10, les camions se succèdent en ligne, eux qui relient normalement les usines Stellantis, Ford ou Mercedes aux concessions, entreprises de location et exportateurs.

    En cause, un dialogue social compliqué. Lundi, Cédric Lopez, délégué national CGT originaire de Miramas, expliquait que « les négociations n’ont rien donné » parlant de « propositions indécentes de la direction », soit 0,8% d’augmentation générale des salaires. Les revendications de l’intersyndicale CGT et FO, en face, sont de 4 % d’augmentation, la réouverture de négociations sur l’intéressement et la mise en place d’une prime évènements climatiques de 2,50 euros par jour. Mardi, le mouvement de grève reconduit chez Cat à Miramas a mobilisé une trentaine de salariés sur la soixantaine que compte le site, selon l’intersyndicale. Mais le ton monte. « La direction est bloquée sur ses positions et a refusé de discuter du cahier revendicatif des salariés », dénonce Jérémy Zucchelli, secrétaire de l’union locale CGT de Miramas.

    « Peur des actionnaires »

    Le refus de négocier sur la base des propositions syndicales n’est pas étonnant selon le responsable CGT. « Ils ont peur de dire aux salariés qu’ils refusent 4% d’augmentation car ça voudrait dire autant en moins pour les actionnaires », tance Jérémy Zucchelli. Le responsable pointe « 63 millions d’euros de bénéfices sur deux ans » en 2024 et 2025. Dans ce contexte, « ce n’est pas la direction qui décide quand les salariés doivent arrêter de faire grève. Une négociation Implique que chacun examine les propositions de l’autre », juge-t-il.

    Sur le piquet de grève, Virginie Tilmont, réceptionnaire depuis 23 ans, fait part de ses raisons d’être en grève. « Je travaille avec des chauffeurs étrangers. Heureusement que je parle espagnol, anglais et roumain », explique-t-elle. Avec ses collègues, elle souhaite « une reconnaissance quand on met ses compétences à profit au travail ». Son rôle est pivot : « Je suis toujours dehors, au début de la chaîne », déterminant les réserves sur un chargement et la suite du processus logistique. « Je ne demande pas grand-chose, mais on me répond que je suis pas traductrice », regrette la réceptionnaire.

    Mardi soir, le mouvement devrait être reconduit, à moins d’un accord entre les autres organisations syndicales et la direction. Contactée, l’entreprise Cat n’a pas répondu à nos sollicitations dans nos délais.

  • Les travailleuses sociales en quête de reconnaissance à Marseille

    Les travailleuses sociales en quête de reconnaissance à Marseille

    « Ce mouvement est inédit. » Ce jeudi, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille, les travailleuses sociales de la région mettent les bouchées doubles pour se faire entendre des pouvoirs publics. La sono du camion de la CGT pousse les décibels à fond et elles redoublent de slogans autour d’une demande unanime : « La reconnaissance de nos métiers. »

    La mobilisation est en effet inédite à plusieurs titres. D’abord, elle rassemble des assistantes sociales, éducateurs spécialisés ou conseillers de plusieurs organismes sociaux, des caisses d’allocations familiales (CAF), des caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) et des mutualités sociales agricoles (MSA). Ensuite, car elle est à l’initiative « des agents » réunis en collectifs pour une grève nationale, appuyée par les syndicats, CGT et FO localement. Enfin, puisque « le mouvement est particulièrement bien suivi avec des services en grève à 100% », comme le résume Béatriz Marques, responsable régionale de la fédération CGT des organismes sociaux. Il faut dire que les travailleuses sociales ont de quoi revendiquer. « Elles ont des Bac+3, mais sont reconnues comme des Bac+2 dans la classification professionnelle, ça a un impact négatif sur le niveau de rémunération qui ne correspond pas à leur diplôme », explique la syndicaliste.

    Des centaines d’euros de manque à gagner

    Selon les calculs syndicaux, le manque à gagner de cette mauvaise reconnaissance dépasse les 600 euros mensuels, a minima, en comparaison avec des travailleurs sociaux de collectivités territoriales. « On a une différence de presque 1 000 euros avec nos homologues de la fonction publique territoriale ou hospitalière pour une ancienneté similaire », abonde Isabelle Becchere, secrétaire générale de la CGT cadres et employés à la Carsat Sud-Est. De quoi pointer « un double discours » : « D’un côté, on nous dit que les travailleurs sociaux sont l’entrée essentielle dans la vie sociale pour les assurés précaires. Mais de l’autre, les budgets sont réduits. » Et surtout, c’est l’illustration d’un manque global de reconnaissance de leur métier. L’exemple de la « prime Ségur », résume à leurs yeux le manque de considération auxquelles elles font face. « Elle a été étendue aux métiers du social et du médicosocial suite à la deuxième version du Ségur. Mais les travailleurs sociaux de nos organismes en sont exclus », pointe Adeline Constantino, assistante sociale et représentante de la CGT CAF 13. Une situation ubuesque alors que des travailleurs sociaux de certaines collectivités y ont droit. « Il y a une fin de non-recevoir de nos ministères de tutelles pour nous y inclure », rajoute Sabrina Jorda, toujours pour la CGT CAF 13.

    Forcément, le refus de la revalorisation unanimement demandée est vécu comme « une injustice ». « On fait pas un métier anodin, on a des missions difficiles avec de l’épuisement professionnel », insiste Florence, du service social de la Carsat d’Aubagne. Sabrina Jorda conclut : « Au-delà de nous et de nos salaires, c’est une question de choix de société. Au travers du manque de reconnaissance de nos métiers et du manque de reconnaissance, c’est la rupture avec le système de solidarité voulu par le Conseil national de la Résistance dont sont issus nos organismes. »

  • FO Territoriaux fait son congrès et dresse un bilan de mandat

    FO Territoriaux fait son congrès et dresse un bilan de mandat

    « Top chrono, à deux sur la moto. Asalto avec un bon poto. » Pour le congrès et les vœux de Force ouvrière Territoriaux Marseille Métropole, Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, fait son entrée sur le refrain bien connu du son Asalto de Jul et de l’album La zone en personne. Une arrivée en mode rock star dans le théâtre de l’Odéon, aux côtés du secrétaire général de l’organisation syndicale Patrick Rué et chaudement accueillie par les centaines de militants, à grands coups d’accolades et d’embrassades. « C’est la première fois que nos vœux s’inscrivent dans un congrès statutaire, c’est un hasard des dates. Et nous sommes en pleine campagne, je dois donc peser chaque mot », ironise Patrick Rué.

    Première organisation syndicale des deux collectivités, revendiquant près de 3 000 adhérents et historiquement décrite comme en cogestion avec la municipalité sous les mandats de Gaston Defferre (PS) et Jean-Claude Gaudin (LR), ce congrès des agents territoriaux FO est donc un moment particulièrement attendu à Marseille. Il clôt une mandature qui s’est déroulée avec Benoît Payan comme édile. Et encore plus attendue avant des élections municipales où le maire sortant est candidat à sa succession. « Les écoles et les crèches ont été très satisfaites avec une nette amélioration des effectifs. La réduction du temps de travail a été une grande avancée », entame Patrick Rué.

    Il dresse le même bilan pour d’autres services de la collectivité, comme la police municipale. Et insiste sur tout un panel d’avancées salariales à mettre au crédit de FO, comme « la revalorisation des tickets-restaurants, la prime d’inflation qui a été pérennisée en prime d’été, la prime à la police municipale… ». En clair, le syndicaliste loue le dialogue social avec la mairie et salue, tout en le tutoyant, le travail « respectueux » avec Joël Canicave, l’adjoint aux finances. Mais, il fait aussi part des revendications de l’organisation, comme la mise en place d’une « direction générale administrative de la sécurité » ou encore la municipalisation des repas pour les minots.

    « Je ne peux pas dire chers camarades »

    Si Benoît Payan est soumis à la réserve électorale et ne peut pas vanter son bilan, il est en terrain visiblement conquis. Il a d’ailleurs largement salué le travail quotidien des agents, des personnels de crèches aux policiers municipaux, en passant par les services administratifs. « Vous êtes les piliers essentiels de la vie de la cité, vous servez l’intérêt général, vous servez la République. On vous doit le respect », insiste le maire. Il prend un exemple parlant : « Ce sont les régies de Marseille qui ont fabriqué le trône du Pape, ce sont les seules au monde de l’histoire à l’avoir fait ! ». En résumé, il adresse une vraie ode aux travailleurs de la collectivité : « Je ne serais rien si je n’avais pas les agents de la Ville derrière moi. » Et toujours avec une pointe d’humour, il utilise les termes « mesdames, messieurs » pour les congressistes car « je ne peux pas vous dire chers camarades »…

  • [Entretien] Patrick Rué : « Les dossiers portés par FO territoriaux se retrouvent au cœur de la campagne »

    [Entretien] Patrick Rué : « Les dossiers portés par FO territoriaux se retrouvent au cœur de la campagne »

    La Marseillaise : Que mettez-vous à l’ordre du jour de ce congrès ?

    Patrick Rué : Aujourd’hui, je présenterai mon rapport d’activité et je le soumettrai à l’approbation de la Métropole. Et puis, c’est statutaire, tous les quatre ans, nous renouvelons nos instances. Nous aurons deux autres moments forts : la présence du maire de Marseille ce mercredi, et celle -a priori- de la présidente de la Métropole, jeudi, mais elle ne m’a pas encore répondu.

    Vous représentez-vous pour un nouveau mandat ?

    P.R. : C’est la question que tout le monde se pose. La réponse sera donnée lors de la séance… Mais, quoi qu’il en soit, je resterai syndicaliste jusqu’au bout.

    Quels sont les grands chantiers à venir pour les territoriaux ?

    P.R. : Au plan local, tous nos dossiers, la sécurité, la propreté, les écoles et les crèches, sont des sujets qui se retrouvent au cœur de la campagne pour les élections municipales. Et puis, il y aura la question de nos salaires, car le point d’indice, c’est Hibernatus.

  • L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    « Si on tombe, c’est toute la filière française de bois qui est en danger. » Ce vendredi, les représentants de l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT) de l’usine de pâte à papier de Tarascon, Fibre Excellence, ont le ton grave.

    Et pour cause : leur site et ses plus de 250 salariés sont « menacés de redressement judiciaire puis de liquidation » d’ici la fin du mois de mars. « C’est ce qui a été annoncé par notre PDG lors d’un comité social et économique extraordinaire mercredi dernier, sans mesures concrètes à la mi-février, on serait en redressement à la fin mars », explique Laurent Quinto représentant de la Filpac-CGT sur le site. Le lendemain, les syndicalistes du site étaient à Bercy, où ils enchaînent des réunions depuis décembre avec le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) entre quelques rencontres avec les maires environnants et en sous-préfecture. Leur objectif ? « Sauver le site et les 5 000 emplois induits ».

    Car l’usine qui produit de la pâte à papier, à partir de bois, laquelle sert ensuite de base à de multiples formes de papiers, cartons ou emballages, tourne à plein régime. En 2025, le site tarasconnais a « battu des records de production » avec quelque 230 000 tonnes de pâte produite. Mais elle fait face à une conjoncture plus que difficile. « En 3 ans, le prix du bois a pris plus de 50% », explique Laurent Quinto, évoquant un coût de plus d’une centaine d’euros la tonne. « On vend moins de 500 euros la tonne de pâte à papier », ajoute Edwige Le Gangneux, pour la CFDT. Et il faut environ 4 tonnes de bois pour faire une tonne de pâte à papier. À partir de là, le calcul est simple : « On est quasiment à perte. »

    Le site peut donc difficilement faire face à la concurrence américaine mais il est pourtant essentiel au tissu industriel local et même national. « On est l’un des derniers acteurs de la filière papetière française », insiste Laurent Quinto. Car l’usine se targue de se fournir en « bois essentiellement français » et de faire vivre une multitude de « forestiers locaux », une partie de sa matière première fournie par l’ONF. Avec une usine sœur à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne et la reprise de la symbolique Chapelle d’Arblay par le groupe, une liquidation de l’entreprise aurait en effet des conséquences désastreuses sur l’économie forestière. Et, in fine, l’entretien des forêts en Paca et Occitanie.

    Un appel à l’aide à l’État

    L’intersyndicale s’en remet donc à l’État et aux élus locaux pour tenter de sauver le site dans un territoire au taux de chômage élevé, à près de 9% selon l’Insee. Et visiblement, ils ne peuvent pas compter sur leur actionnaire principal, Domtar (ex-Paper Excellence), pas vraiment en difficulté financière, pour mettre la main à la pâte. Rappelons que ce dernier avait fait la bonne affaire de reprendre son propre site en 2021 après l’avoir lâché, via une cessation de paiement. « L’actionnaire a dit plusieurs fois qu’il n’aiderait plus le groupe. Il a déjà fermé deux usines en deux mois au Canada, et bien plus grosses que nous », commente avec inquiétude Laurent Quinto. Les représentants des salariés ne croient pas non plus à un plan de sauvegarde : « On ne peut pas faire tourner le site avec moins de salariés. Après le dernier plan on est déjà au minimum, il n’y en aura pas d’autre », abonde Florian Berthone, pour FO. Un levier que veulent actionner les syndicats serait une revalorisation du prix de revente à EDF, donc l’État, de l’électricité que produit le site via ses résidus de bois et une turbine. Ils prennent l’exemple de la Centrale de Gardanne qui revend aux environs des 250 euros le mégawattheure, contre une centaine environ pour le site tarasconnais. « Si l’on passe à 200 euros, on sort la tête de l’eau immédiatement », assure Laurent Quinto. Une prochaine réunion à Bercy est prévue le 11 février. D’ici là, les salariés espèrent recevoir le soutien des présidents de Région respectives, Renaud Muselier et Carole Delga.

  • FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    « Des dossiers chauds pour 2026, ce n’est pas ce qui manque. » En visite à Marseille, le secrétaire général de la fédération FO Métallurgie, Valentin Rodriguez, a des messages à faire passer aux acteurs locaux comme nationaux. Forte d’une bonne représentativité dans le secteur, des industries sidérurgiques à l’aéronautique, Force ouvrière tient à alerter sur une année charnière pour les travailleurs métallos et ses « points de vigilance ». « On a une industrie en souffrance, on ne découvre pas la nécessité d’avoir une industrie souveraine aujourd’hui », campe le secrétaire général.

    Il prend l’exemple de l’automobile, un secteur qui « a perdu 100 000 emplois sur les 20 dernières années ». De quoi afficher la position de l’organisation qui se veut empreinte de « pragmatisme ». « On dit “pourquoi pas” à l’accord récemment signé à Bruxelles [qui assouplit l’interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035 Ndlr]. Mais on est vigilant à ce que les salariés français ne soient pas les dindons de la farce », développe Valentin Rodriguez. En clair, FO appuie la nécessité de « plus de protectionnisme » et souhaite imposer un haut pourcentage de production locale dans l’industrie.

    Même raisonnement quand l’organisation réclame « un moratoire sur la décarbonation de la sidérurgie ». Sujet ô combien local avec « la situation critique » du site d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer. « On tourne en mode dégradé, le groupe a mis les moyens pour qu’on redémarre en partie la production », juge David Thourey, délégué syndical d’ArcelorMittal Méditerranée. Avant de dénoncer : « Il n’y a pas de vision à long terme, le secteur attend des mesures de l’Union européenne. » Pragmatisme encore donc. « C’est compliqué d’être compétitif quand l’acier chinois peut être vendu à perte car il a le soutien de son gouvernement », développent les syndicalistes.

    FO favorable à la ligne THT

    Avant de demander « plus de soutien et moins de pression sur la décarbonation » de la part du gouvernement français actuel. De quoi faire le lien avec la réindustrialisation du golfe de Fos. Gérard Ciannarella, coordinateur de FO Métallurgie dans la région dénonce « l’attitude irresponsable de l’État » au sujet de la ligne Très Haute Tension (THT) qui doit relier Fos et Jonquières, dans le Gard. Une infrastructure « nécessaire » aux différents projets industriels à venir. « On y est très clairement favorable, le secteur en a besoin. Il faut une décision rapidement, ce n’est pas normal que l’État reporte sa prise de position pour après les municipales », tempête le syndicaliste. Valentin Rodriguez insiste : « On parle de plus de 10 000 emplois à la clé, ce n’est pas rien ! ».

  • La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La CGT des agents territoriaux de la Ville de Marseille débute l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a déposé un « préavis de grève reconductible du 1er au 31 janvier 2026, couvrant l’ensemble des services municipaux ». Et si le préavis reprend, sans surprise, des revendications d’ordre national sur fond de « politique d’austérité depuis le mandat d’Emmanuel Macron », une « nouveauté importante » s’est ajoutée dans les demandes des agents. « Face aux nombreuses situations injustes remontées par les agents ces dernières semaines, la CGT a décidé d’ajouter une nouvelle revendication au préavis : la fin des inégalités dans l’attribution du CIA », explique la CGT Territoriaux Ville de Marseille. Et cette dernière ne parle pas de l’agence de renseignement états-unienne mais du complément indiciaire annuel (CIA). Une sorte de prime, versée pour l’année 2025 en ce mois de décembre, intégrée au régime indemnitaire des fonctionnaires, lequel est une partie de la rémunération de l’agent public. « C’est la première année que le CIA est attribué d’une manière aussi injuste », dénonce Mikael Casanova, secrétaire général de l’organisation. Avant de développer : « Le CIA est en place depuis un moment à la Ville, mais auparavant il dépendait de “raisons exceptionnelles”. Par exemple pour les agents qui ont aidé sur les Jeux olympiques ou les événements de la rue d’Aubagne. » Et c’est là où ça coince pour l’organisation syndicale. Car selon elle, le CIA a été attribué « au soi-disant mérite» pour 2025. « Ce sont les supérieurs hiérarchiques des agents qui l’ont donné de manière subjective. Certains se sont investis et ont eu le niveau 1, donc 0 euro, d’autres beaucoup moins et ont eu le niveau 3, plusieurs centaines d’euros », poursuit le syndicaliste. Il y voit là « un outil opaque, source de divisions entre collègues, générateur d’injustices et de frustrations, sans critères clairs ni équité de traitement ».

    Un réexamen pour FO

    En tout cas, la CGT n’est pas la seule organisation à se pencher sur le sujet. Le 14 décembre dernier, Patrick Rué, figure du syndicat FO de la Ville, s’alarmait sur les réseaux sociaux : « FO a demandé à ce que les agents privés de prime sans critères objectifs puissent demander la révision de cette décision ! ». Deux jours plus tard, son organisation explique avoir obtenu « le réexamen des décisions de niveau 1 » après « une alerte auprès de la direction des ressources humaines ». « Les procédures d’évaluation […] ont été appliquées d’une manière différente d’un manager à l’autre ou d’une direction à l’autre. De nombreux agents s’estiment injustement lésés par la décision d’attribution », développe le syndicat. Avant de se féliciter : « Le maire [Benoît Payan Ndlr] a donné suite favorable à la demande de réexamen. »

  • FO s’inquiète de l’arrêt de l’usine Fibre Excellence

    FO s’inquiète de l’arrêt de l’usine Fibre Excellence

    Fibre Excellence Provence de nouveau sur la corde raide ? C’est ce que laisse entendre le syndicat FO du site de Tarascon, dans un communiqué de presse pour le moins alarmant. « Suite à l’annonce brutale de l’arrêt de l’usine de Fibre Excellence Provence à Tarascon en date du 18 décembre et jusqu’au 5 janvier 2026, l’inquiétude à rapidement gagné les salariés », explique l’organisation syndicale de l’usine de pâte à papier. Avant de dénoncer : « Voilà que 5 ans après la liquidation/cession de Fibre Excellence Tarascon pour le compte de son propre actionnaire, le spectre de la fermeture plane à nouveau ». Référence au fait que le site avait été repris, en 2021, par son actionnaire principal Paper Excellence, après un dépôt de bilan puis un passage en redressement judiciaire

    « La baisse d’activité sur le marché européen »

    L’inquiétude syndicale ne vient pas de nulle part : « L’usine sœur de Saint-Gaudens [Haute-Garonne, Ndlr.] a subi un arrêt conjoncturel de 5 semaines cet automne », affirme Force Ouvrière. Contactée, Fibre Excellence n’a pas répondu à nos sollicitations. Mais elle expliquait, dans une communication officielle, que l’arrêt de l’usine de Saint-Gaudens était due à « une mesure préventive face à la baisse d’activité sur le marché européen de la pâte à papier ». « Un plan d’activité partielle avait été mis en place pour les 271 salariés du site afin de réduire au maximum les conséquences de cette suspension », développe l’entreprise, renvoyant à « des facteurs économiques défavorables ». D’où la demande de FO : « Nous avons également demandé à pouvoir nous rendre aux côtés des représentants CGT et CFDT à la réunion au ministère de l’Économie à Bercy du 7 janvier 2026. »

  • Les syndicats réclament des moyens

    Les syndicats réclament des moyens

    « Qu’ils inaugurent, c’est bien mais qu’ils respectent aussi les engagements d’échelonner l’ouverture, nous serons vigilants. » À la veille de la venue d’Emmanuel Macron pour inaugurer les Baumettes 3, Catherine Forzi, surveillante pénitentiaire et déléguée FO Justice, réclame des effectifs. Après l’ouverture d’un quartier homme mi-novembre, d’un autre la semaine suivante, un troisième va suivre en janvier, précise-t-elle. Mais il manquera toujours une vingtaine d’effectifs pour permettre le fonctionnement des deux « quartiers de confiance », en mai, où les détenus peuvent, durant la journée, circuler librement dans les coursives, assure-t-elle.

    Le chef de l’État n’a pas prévu de recevoir les organisations syndicales, mais Aïcha Khelfa, secrétaire régionale adjointe de la CGT Pénitentiaire a tout de même un message à lui faire passer : « qu’avec le ministre, ils se donnent les moyens humains et financiers de leurs ambitions ! Nous sommes la troisième force d’État mais la cinquième roue du carrosse. »

    Elle insiste aussi sur les effectifs : « on ne sait pas ce que ça va donner à la prochaine sortie de l’Enap [École nationale d’administration pénitentiaire Ndlr]. Il manque des personnels aussi dans l’insertion, la probation, l’administratif… » Ce qu’elle craint, c’est le transfert de détenus depuis les autres établissements, surtout avec l’ouverture du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) à Luynes. De manière plus générale, sur les mesures prises dans les établissements pénitentiaires comme les « fouilles XXL » qui ont permis de saisir le 11 décembre, 44 téléphones et 70 g de substances illicites, rappelle FO, les deux syndicats appellent à plus de discrétion. « Le ministre communique à outrance, les détenus ont la télé » résume Aicha Khelfa, qui là encore, réclame des effectifs et un assouplissement de l’article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 pour permettre des fouilles plus « systématiques. »