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  • [Maj] Pas de grève de Force ouvrière sur le métro marseillais

    [Maj] Pas de grève de Force ouvrière sur le métro marseillais

    Coup de chaud et rififi sur le métro marseillais, ce jeudi. Car le syndicat Force ouvrière de la RTM avait déposé un préavis de grève, qui devait débuter ce vendredi. Un préavis concernant les agents d’exploitation du métro, mais qui n’était pas forcément suivi d’un franc appel à la grève puisque des négociations étaient prévues dans la journée. Et qui portait sur l’organisation du centre de commande. De quoi rappeler le conflit qui avait eu lieu l’année dernière, à la même époque, et qui avait privé la ville de métro pendant plusieurs jours.

    Il n’en fallait pas plus pour que la RTM crie au loup avec un étonnant communiqué de presse, dès le matin, à propos dudit préavis. Et que nos confrères multiplient les articles évoquant, sans conditionnel pour certains, un impact sur les lignes de métro à venir. Après le premier round de discussions de la matinée, FO jugeait les réponses de la RTM non satisfaisantes… Puis est venu le second round de négociations, l’après-midi, durant lequel direction et syndicat ont finalement trouvé un terrain d’entente. « Notre organisation syndicale demandait la formalisation de garanties claires concernant l’organisation du Centre Métro et les conditions de travail des agents. Les réponses apportées permettent aujourd’hui de répondre à plusieurs revendications », justifie le syndicat. Avant de conclure : « Dans ces conditions, Force ouvrière a décidé de lever son préavis de grève. »

    Même retour de la RTM : « Le dialogue engagé ces derniers jours, et plus particulièrement aujourd’hui, a permis de trouver une issue constructive, garantissant la qualité du service public de transport. En conséquence, aucune perturbation n’est à prévoir demain et l’ensemble du réseau fonctionnera normalement. »

  • Un accord sur l’organisation du travail entre FO et la direction du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Un accord sur l’organisation du travail entre FO et la direction du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    « C’est comme ça qu’il faut faire ! Il faut parler à la direction quand on n’est pas d’accord ! » Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, lève le poing, devant une foule d’environ 200 salariés massés devant l’hôpital Sainte-Musse, jeudi midi, après l’appel à la grève lancé par le syndicat. Raisons de la colère, « la démolition de l’hôpital public et le mépris des personnels », et « un dialogue social devenu une illusion », malgré des « lits fermés par manque d’effectifs, des services d’urgences saturés, le sous-effectif quotidien, l’épuisement généralisé des équipes et la perte de sens au travail ».

    Une mobilisation qui a porté ses fruits et provoqué un immense soulagement chez les soignants, dont les nombreuses embrassades à l’intention de leurs représentants syndicaux étaient à la hauteur de leur reconnaissance. « Je leur ai dit que c’était eux qu’il fallait remercier, car sans eux, la direction n’aurait pas répondu comme ça », salue Jessica Michel, qui loue aussi l’implication de Josée Massi, maire (SE) de Toulon et présidente du conseil de surveillance de l’hôpital : « Elle nous a entendus et écoutés. Elle connaissait le dossier, la vie des agents lui tient à cœur. »

    Un cycle de négociations va débuter

    Trois des revendications émises par les travailleurs ont été entendues. Tout d’abord, la prise en compte de la pause méridienne dans le temps de travail. Deuxièmement, le passage de 35 à 37h30 de travail hebdomadaires, alors que de nombreuses heures supplémentaires n’étaient ni récupérées, ni payées. « Le passage aux 35 heures au sein de l’hôpital en 2002 s’est fait sans moyen », évoque Gilles Manchon, secrétaire régional Paca-Corse FO Santé. « Les agents hospitaliers ont absorbé la surcharge de travail depuis maintenant 24 ans. Ils doivent avoir leur repos compensateur par rapport à la surcharge de travail qu’ils ont. »

    Un point sur lequel FO CHITS restera particulièrement vigilant, certains agents cumulant « plus de 300 heures non payées, ni récupérées », ajoute Gilles Manchon. Cela, grâce à la troisième avancée obtenue, à savoir l’implication des salariés dans la construction des cycles de travail (gestion des horaires, des temps de repos).

    Mais le secrétaire régional FO Santé tempère : « On a gagné un match contre la direction, mais le championnat est long et d’autres matches s’annoncent. » Car, désormais, place à un cycle de négociations entre les deux parties, qui concernera les cycles de travail, donc, et les moyens matériels et humains accordés aux services.

    Yann le Bras, directeur du CHITS, se place lui aussi dans une logique d’ouverture : « Il faut une méthode pour porter un dialogue social constructif, qui prenne en compte le vécu des agents, mais aussi les réalités de l’établissement. » Dans cette perspective, la question du temps de travail fera l’objet d’une attention particulière : « Il y a parfois des sujets à modifier, notamment quand le rapport à la loi est en jeu, et c’est un des sujets qui est sur la table », promet-il aux 4 000 agents hospitaliers de l’établissement.

  • Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les organisations syndicales de la Métropole Aix-Marseille avaient déjà alerté face à la copie budgétaire présentée par la chambre régionale des comptes, jeudi 11 juin. En adoptant les 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement de l’intercommunalité préconisées par les magistrats financiers pour arrêter le budget de l’institution sous tutelle depuis le mois d’avril, le préfet de région n’a fait que confirmer leurs craintes.

    « À la fin, nous le savons bien, les seuls qui devront faire des efforts, ce sera nous, constate ainsi, ce jeudi, le syndicat CGT des agents de la Métropole. Leur seule proposition semble être de nous imposer des sacrifices, tel que réduire la médecine de prévention, comme si cela ne posait de problème à personne. » En déplorant qu’en un mois, « aucun élu n’a même évoqué notre existence ». Au total, ce sont pourtant 4,5 millions d’euros d’économies qui ciblent directement les agents, que ce soit en gelant remplacements et recrutements, en réduisant les heures supplémentaires et le complément indemnitaire annuel (CIA) ou en sabrant dans la médecine du travail. « Une ligne rouge à ne surtout pas franchir », déplorait, mercredi, le syndicat FO de la Ville et de la Métropole. « Il n’est pas question de faire des économies sur le dos des agents qui payent déjà cash la facture des choix politiques de l’État ! », dénonce l’organisation, qui rappelle que des grilles salariales commencent sous le Smic. Tandis que les magistrats financiers justifiaient les coupes dans la médecine du travail « au regard de l’exécution moyenne de cet article les trois années précédentes », le syndicat les juge « hors-sol », en particulier après avoir demandé un renforcement des visites de prévention après trois décès prématurés d’agents, qui avaient suscité une vive émotion. « Aucun agent contractuel occupant un emploi permanent ne sera licencié dans le cadre des mesures budgétaires annoncées, aucun acquis social ne sera rogné cette année », veut tempérer la FSU. Tout en reconnaissant que « les interrogations demeurent concernant les recrutements, le remplacement des départs, les moyens des services et l’avenir des missions ».

    Inquiétude sur la gratuité

    Parmi ces missions, la CGT Métropole appelle déjà à « défendre la culture, les sports, les compétences que nous exerçons avec professionnalisme ». Mais le syndicat dénonce aussi le choix du préfet de retirer 53 millions d’euros aux attributions de compensations reversées aux communes pour compenser l’ancienne taxe professionnelle. Rappelant qu’elles sont versées aux territoires qui accueillaient l’industrie « sacrifiant parfois la santé de leur population au nom du développement économique ». À contre-courant de la FSU qui refuse « une Métropole qui renoncerait à son ambition de solidarité territoriale ».

    Enfin, si l’union syndicale des retraités CGT se réjouit de voir la gratuité des transports maintenue, « elle est toujours largement menacée », reconnaît-elle, s’opposant à la refonte des tarifs proposée par la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali.

  • Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Face aux grandes cheminées de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, dont presque plus aucune fumée ne sort depuis le placement en redressement judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, fin avril par le tribunal de commerce de Toulouse, une bonne partie des plus de 300 salariés étaient présents avec le sourire, ce jeudi 18 juin. Et pour cause, ils ont appris l’entrée, ce mercredi, d’un investisseur de taille dans l’unique offre de reprise : Matthieu Pigasse.

    En conséquence, l’audience devant le tribunal de commerce, qui devait statuer sur l’avenir de la structure et était initialement prévue le mercredi 17 juin, a été reportée au 6 juillet, le temps d’étoffer le dossier. L’entreprise risquait notamment la liquidation judiciaire après le retrait de son actionnaire principal indonésien, il y a bientôt deux mois.

    La plupart des salariés ont ainsi suivi en visioconférence la conférence de presse organisée sur l’autre site de l’entreprise, à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, en présence de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et de la présidente du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga (PS). Depuis le parking de l’usine, une télévision avait été installée pour l’occasion. Les élus locaux et les représentants syndicaux, quant à eux, ont suivi l’événement depuis le réfectoire de l’entreprise.

    « Il y a 48 heures, on a appris qu’un investisseur français allait essayer de sauver 10 700 emplois directs et indirects. Le ministre avait des réserves avant, car les investisseurs étaient Indonésiens. Maintenant que c’est un Français, il faut y aller. C’est une très bonne chose pour nous, mais le combat n’est pas fini. Si ça se réalise, c’est comme si le père Noël était passé en juin », se réjouit, sous les applaudissements, Laurent Quinto, salarié du site de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT. « Il ne faut plus traîner », lance de son côté Florent Bertaud, secrétaire FO du site. Il dénonce le « blocage du gouvernement » qui selon lui « a l’entière responsabilité » de la situation, tout en appelant à « passer par une nationalisation temporaire si nécessaire ». « Ce matin, on a la banane avec cette petite lueur d’espoir », conclut Frédéric Sanchez, représentant de la CFDT, qui donne rendez-vous le 6 juillet. En espérant une bonne nouvelle.

    Table ronde

    L’occasion, également, pour les responsables politiques de réaffirmer leur soutien. Si les Régions Occitanie et Sud ont mis la main à la poche (lire ci-dessous), les différents maires et présidents d’intercommunalités alentour rappellent l’importance de Fibre Excellence pour le territoire. Le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), n’a pas été convié à la conférence de presse, la CGT rappelant son opposition aux idées de son parti. L’édile aurait menacé de porter plainte avant de publier un communiqué sur les réseaux sociaux de la commune.

    C’est son prédécesseur et vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Lucien Limousin (DVD), qui a pu s’exprimer aux côtés des maires d’Arles et de Maussane-les-Alpilles. « L’intersyndicale réalise quelque chose d’énorme. On espère que l’État va se réveiller », lance-t-il.

    « On ne peut pas claironner haut et fort être en faveur de la réindustrialisation de la France et ne pas s’occuper des sites industriels », abonde l’édile arlésien Patrick de Carolis (Horizons), avec l’approbation de ses voisins. Comme la plupart des acteurs autour de la table, il attend une position claire de l’État sur l’avenir du site, alors que de nombreuses lettres adressées aux ministères sont restées sans réponse jusqu’ici. « Le plus important, c’est le rapport de force que vous avez su créer. C’est vous les experts de l’outil de travail et la suite doit être créée avec vous. C’est pour cela qu’il faut désormais impérativement organiser une table ronde », plaide Camille Di Falco, attaché parlementaire du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi, qui n’a pas pu être présent ce jeudi.

    Après ces moments intenses, place au barbecue, avec merguez et saucisses sous le barnum installé à côté du parking à motos. Un moment de répit après des mois de stress. « Une petite heure de décompression qui va faire du bien à tout le monde », lance joyeusement au micro Laurent Quinto.

    Le rôle déterminant des Régions

    Pour sauver Fibre Excellence, Région Occitanie comme Région Sud ont « mouillé le maillot », confie Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Et pour cause : elles appuient à hauteur de 8 millions d’euros (5 pour Occitanie, 3 pour Sud) l’unique offre de reprise présentée par la direction actuelle de Fibre Excellence. « Sa disparition serait la signature de l’arrêt de mort pour nos territoires », a expliqué Cyril Juglaret, représentant du président (Ren.) de Région Sud, Renaud Muselier, ce mercredi. Avant de se réjouir : « On va rentrer au capital, c’est exceptionnel ! ». Quand Carole Delga, présidente (PS) de Région Occitanie, a souligné avoir « remué ciel et terre » dans la recherche d’un investisseur et avoir « pensé à Matthieu Pigasse ». « La France a besoin de cette production, il y a un débouché, un marché pour la pâte à papier », a-t-elle martelé. A.B.

    TÉMOIGNAGES DE SALARIÉS DE FIBRE EXCELLENCE

    Philippe Verdiere, Opérateur service régénération

    « J’ai grandi ici et j’ai toujours connu l’usine. Même si elle a connu des périodes de bien et de moins bien, il y a beaucoup de peur liée à la précarité de la situation. Pas mal d’entre nous étaient au chômage partiel. Ça fait mal au niveau du salaire et, pour certains, c’était dur de joindre les deux bouts. Cette bonne nouvelle nous donne un espoir qu’on était en train de perdre.

    Cette possible issue favorable, c’est un coup de boost. »

    Martine Barbier, Comptable

    « C’est une société importante et on aimerait tous qu’elle reste en vie. Il y a quand même 600 salariés concernés. Il faut que l’État réagisse. Je suis fatiguée après des mois de «ça va fermer» et de «ça ne va pas fermer». Et encore plus avec les collègues mis au chômage partiel. Cela fait très bizarre de se promener dans une si grande entreprise, où nous sommes généralement très nombreux, et qui est désormais quasiment vide. On se sent seuls. »

    Muriel Sanchez, Assistante de direction

    « Je travaille ici depuis 30 ans, depuis l’obtention de mes diplômes. Quasiment toute ma famille y travaille et j’y ai même rencontré mon époux.

    À l’annonce de la mise au chômage partiel, j’ai mis quinze jours à m’en remettre.

    Et là, je ressens enfin une lueur d’espoir et je croise les doigts, car une fermeture ferait énormément de malheureux. Toute cette solidarité que l’on voit permet en tout cas d’y croire. »

    Recueillis par M.S.

  • À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    « On ne manquera pas de s’étonner qu’un orage, phénomène atmosphérique ordinaire, particulièrement dans notre région, puisse faire fermer un EHPAD », regrette le syndicat Force ouvrière des retraités de Vaucluse dans un communiqué ce mardi 9 juin, en écho à la fermeture en urgence de la maison de retraite « L’Âge d’or » à Cucuron suite à un orage fin mai.

    L’endommagement du système de sécurité incendie a poussé l’ARS à décider d’une fermeture anticipée, alors qu’un arrêt était prévu initialement en 2029. « Plusieurs équipements associés à la sécurité incendie ont été impactés, notamment le déclenchement de l’alarme sonore, les portes coupe-feu et le dispositif de désenfumage », précise l’Agence régionale de santé. Les premiers résidents ont déjà pu déménager.

    « Dépérissement organisé »

    L’ARS précise que 22 des 28 résidents disposent d’une solution d’accueil et que « les recherches se poursuivent activement pour les six autres résidents, avec plusieurs visites d’établissements actuellement en cours ».

    Le syndicat estime de son côté que des « explications s’imposent ». Dans son communiqué, FO refait un historique des décisions de ces dernières années, entre travaux d’extension avortés et refus de nouveaux pensionnaires dans l’optique de fermer le site.

    Une partie de l’activité irait vers l’Ehpad de Cadenet, dont les travaux d’agrandissement sont en cours. Et que cette fermeture, « au-delà des explications techniques, s’inscrit dans le virage domiciliaire que l’ARS, au nom du gouvernement, et le Conseil départemental promeuvent », conclut le syndicat.

  • [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Arrêter de penser que le service public est un coût »

    [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Arrêter de penser que le service public est un coût »

    La Marseillaise : Quels sont les enjeux sociaux du moment selon vous ?

    Frédéric Souillot : Les enjeux sociaux dans le pays à l’heure actuelle, c’est la remise en cause de notre protection sociale collective en permanence. On l’a vu encore cette semaine avec les programmes des uns ou des autres. Donc pour contrer cela, on s’est mis d’accord entre les organisations professionnelles et les cinq organisations syndicales représentatives pour parler d’agenda autonome. Et on se voit la semaine prochaine, le 18 au soir, pour parler de notre agenda social autonome. Dans cet agenda social, on va parler de modèle productif à quatre quinquennats. Et autour du modèle productif, comment est-ce qu’on parle de transport, logistique, services et protection sociale collective. Et une discussion pour la reprise de la gouvernance de notre système de retraite par répartition par les employeurs et les salariés, ce que nous avions jusqu’en 1996. C’est nous qui définirons les orientations, les montants des cotisations pour les uns ou pour les autres, une gestion paritaire, comme on le fait pour notre retraite complémentaire. Je me dis que, dans un contexte de budget d’austérité, quand nous reprenons la main, nous, pour la pratique contractuelle et conventionnelle, c’est une bonne idée. Ce n’est pas qu’on ne travaille pas assez, c’est que nous ne sommes pas assez nombreux à travailler. On a le taux d’emploi des 15-25 ans 8 points en dessous de celui de l’OCDE. Au niveau de l’Europe, on est à 17 points en dessous. Et au niveau des seniors, 55-64 ans, on a encore le plus bas taux d’emploi de toute l’Union européenne. Donc on doit reprendre les choses en main, les interlocuteurs sociaux.

    Quels sont les combats, les luttes sociales à venir dans les prochains mois selon vous ?

    F.S. : Dans les prochains mois, c’est comment est-ce qu’on arrive à arrêter de penser que le service public et le service public de proximité, c’est un coût. C’est une richesse à chaque crise, et, une fois les crises passées, ça redevient un coût. On ne regarde les choses que sous le volet économique. À partir du moment où l’État ne garantit plus l’égalité partout dans les départements ou sur les territoires, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Où que je me déplace, c’est les mêmes discussions : les fermetures de classes, de lits d’hôpitaux. Quand on va se revoir la semaine prochaine, on va certainement parler de mobilisation. Je ne sais pas comment on la fera. Depuis la loi sur la représentativité, les organisations syndicales, on a l’air de s’entendre tous, mais on se fait aussi la course à l’échalote sur les élections. Donc on va se voir et en parler pour la rentrée de septembre.

    Est-ce qu’il y a des dates importantes à venir pour FO ?

    F.S. : On va créer une date importante pour nous. Au mois d’octobre, on va faire une journée sur l’industrie et la réindustrialisation, et je veux débattre avec le ministre de l’Industrie. Je sais que sur le fond, il est d’accord avec nous. On doit réindustrialiser. Comment est-ce qu’on fait une conditionnalité des aides publiques versées aux entreprises pour maintenir l’emploi ? Comment est-ce qu’on reparle de souveraineté industrielle ? Et la souveraineté industrielle, ce n’est pas un gros mot. Ce n’est pas un mot politique. C’est ce qui fait la souveraineté de notre République.

  • Front commun pour sauver Fibre Excellence

    Front commun pour sauver Fibre Excellence

    « Dans quelques jours, Fibre Excellence peut disparaître. » C’est le cri d’alarme lancé par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet lors d’une conférence de presse ce vendredi. Ce rendez-vous convoqué la veille a réuni acteurs politiques de la région Sud et Occitanie, aux côtés des membres de l’intersyndicale du groupe. « Nous serons mobilisés, cette usine elle ne fermera pas parce qu’on a besoin de production industrielle en France », martèle la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga.

    Le groupe qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, a été placé en redressement judiciaire le 27 avril dernier. Depuis, les deux usines sont à l’arrêt et l’inquiétude plane sur leur avenir. Au total, plus de 10 000 emplois pourraient être impactés par la décision de mercredi. Ce qui implique entre autres la Chapelle Darblay, en Seine-Maritime, dont Fibre Excellence est l’un des repreneurs. « L’État a tout intérêt à se mobiliser. Le coût de la facture qui nous attendrait, qu’elle soit humaine, sociale, environnementale ou territoriale, serait terrible », alerte Cyril Juglaret, président de la Commission d’appel d’offres de la Région Sud.

    À ce jour, une seule offre de reprise a été déposée par Fibre Excellence, soutenue par les salariés et les collectivités locales. Le ferrailleur SPB (Société de participation de la Braye) allié au papetier canadien Paper Mill Industry aurait montré son intérêt pour le papetier dans une lettre d’intention communiquée au tribunal. La CGT craint qu’une reprise par un concurrent vise en réalité à démanteler le groupe. « Nous ne voulons pas de projet porté par des liquidateurs, par des rapaces. Nous allons continuer à améliorer d’ici mercredi ce projet industriel parce que nous avons besoin d’une diversification de production de pâtes à papier », fait valoir Carole Delga. « Nous demandons deux choses au tribunal : la poursuite de la période d’observation pour permettre à l’État de lever les conditions suspensives et la lettre d’engagement de l’État. Ces deux demandes vont ensemble », appuie Romuald Fontaine, secrétaire fédéral de la CFDT Chimie Énergie.

    « Que l’État prenne

    ses responsabilités »

    Hasard du calendrier – ou pas – le ministre de l’Industrie a adressé une heure avant le point presse une lettre aux acteurs concernés dans laquelle il détaille ses « engagements », parmi lesquels « la réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité de Fibre Excellence jusqu’à +20% dans le respect du cadre juridique applicable, national et européen », écrit Sébastien Martin. Une formulation alambiquée, qui ne convainc pas : « Cette réponse est insuffisante », tranche Sophie Binet.

    Le député PS de Haute-Garonne, Joël Avignaret, a demandé au gouvernement la « nationalisation temporaire » de l’entreprise et « l’entrée de l’État à son capital ». Et a reçu une fin de non-recevoir. « La solution immédiate existe. Que l’État prenne ses responsabilités et mette les bouchées doubles pour préserver les deux sites. (…) On est en train de détruire toute une filière industrielle », tempête René Sale de l’UD FO 13. Sophie Binet, qui a fait de la lutte contre l’extrême droite l’une des priorités de son second mandat, prévient : « Quand on laisse les territoires se désertifier, les industries fermer, le déclassement s’organiser avec du travail qui ne paye plus, qui récupère les dividendes ? C’est l’extrême droite. »

  • Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    À l’entrée du Centre pénitentiaire de la Farlède, ce jeudi matin, trône une banderole sur laquelle on peut lire : « Prenez soin de nous comme on prend soin de vous. » Un message qui fait écho à la prise d’otage subie par une infirmière dimanche dernier, ressentie comme « une prise d’otage générale, qui a eu beaucoup de répercussions au niveau des salariés », décrit Ludivine, l’une des infirmières de l’établissement. Celles-ci se sont toutes réunies en blouses blanches, dès 7h, devant le centre pénitentiaire, répondant à l’appel à la grève des syndicats FO du Centre hospitalier Toulon-La Seyne (CHITS) et de l’établissement psychiatrique du Var.

    Un mouvement soutenu par les syndiqués FO Pénitentiaire avant leur prise de poste, la grève ne leur étant pas permise. Et qui pourra être reconduit « pour faire comprendre qu’on a besoin de réponse », affirme Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, reçue ce vendredi par l’Agence régionale de santé (ARS), en compagnie de membres du personnel. « On va exiger de mettre la pression sur la direction du centre pénitentiaire pour mettre en œuvre les choses qu’on a demandées », promet-elle.

    Car selon la syndicaliste, cette situation aurait pu être évitée si les infirmières avaient été écoutées. Or, « on a toujours eu des réponses négatives de la part de la direction du centre, qui rétorque qu’on ne peut pas tout faire en milieu pénitentiaire. On peut l’entendre, sauf que la sécurité des agents est notre priorité, et que ce qu’on réclame est a priori faisable ».

    La surpopulation, facteur d’insécurité pour tous

    Les mesures demandées, dès lors : la création d’un troisième poste d’infirmière le week-end – elles n’étaient que deux au moment de l’incident -, et le renforcement du dispositif de sécurité. Cela, au moyen de portiques de sécurité positionnés devant l’infirmerie, d’un système d’alarme silencieuse déclenchable à tout moment contrairement aux alarmes sonores pouvant faire davantage dégénérer les situations. Mais aussi par un réaménagement des bureaux, avec l’installation d’alarmes, et un positionnement dos à la porte pour que les soignants puissent s’enfuir plus rapidement, chose qui a déjà commencé à être mise en place cette semaine.

    Derrière ces demandes, une réalité : celle d’un système carcéral à bout de souffle, où la surpopulation (130% à la Farlède, 850 détenus pour 660 places) « met en jeu la sécurité de tous, des détenus comme des personnels pénitentiaires et génère des pertes de qualité, bien évidemment », déplore Marion, l’une des infirmières. Pour autant, elle et ses collègues n’ont jamais pensé à exercer ailleurs, elles qui évoluent dans ce milieu par vocation et humanisme au nom de « l’accessibilité aux soins pour tous, à ces personnes-là qui sont au ban de la société ». Des détenus sur lesquels elles refusent de jeter l’opprobre : « Ils sont à nos côtés et sont généralement les premiers à nous protéger », appuie Ludivine.

    Au-delà de ces revendications, le manque de reconnaissance financière est également déploré par les soignants, à qui l’on octroie seulement une famélique prime de risque de 90 euros bruts mensuels : « Une revalorisation nationale du salaire infirmier est attendue depuis des années. Est-ce que la vie d’un soignant en détention vaut 90 euros, pour soigner des gens qui, comme on a pu le voir, peuvent nous prendre en otage ? », demande Ludivine.

    Des questions adressées aux pouvoirs publics à travers une lettre ouverte, alors que les syndicats ont sollicité une entrevue avec le préfet (jusqu’ici restée sans réponse), et que des échanges auront lieu entre les directions des établissements de santé et du centre pénitentiaire, les 24 et 25 juin.

  • FO ne lâche pas sur les suppressions de classes

    FO ne lâche pas sur les suppressions de classes

    Un an après son dernier congrès de mai 2025, le Snudi-FO (Syndicat national unifié des directeurs, instituteurs et professeurs des écoles de l’enseignement public) de Vaucluse tenait, vendredi dernier à Avignon, son assemblée générale. Avec, d’une année sur l’autre, des problématiques qui s’étirent.

    Comme la révision de la carte scolaire, entraînant son lot de suppressions de classes et de postes malgré quelques ouvertures (nos éditions des 9 et 11 avril). Dans une riche résolution, l’AG a donné quitus au conseil syndical de plaider pour « la restitution des 12 postes retirés au département, l’annulation des fermetures et l’ouverture des classes demandées, et pour l’abaissement des effectifs dans toutes les écoles », mais aussi « la création d’au moins 5 postes de titulaires remplaçants de plus par circonscription et l’abandon de la départementalisation du remplacement ».

    Autre sujet fort de mobilisation, le rôle des AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap). Un rassemblement en intersyndical se tient d’ailleurs ce mardi (12h30) devant la direction académique afin que les AESH soit reconnus comme des fonctionnaires de catégorie B, « avec un temps plein de 24 heures hebdomadaires », précise le Snudi-FO. Dans la même veine, le syndicat demande « la scolarisation adaptée à chaque élève, en milieu ordinaire chaque fois que possible, en établissement spécialisé chaque fois que nécessaire » et dénonce « des situations ingérables et/ou dangereuses pour les personnels comme pour les élèves qui résultent de l’inclusion systématique ».

    En présence aussi d’Étienne Raoul, secrétaire général de l’UD FO 84, FO espère le retour de la semaine à 4 jours à Avignon à la rentrée 2027 et, plus largement, prépare les élections professionnelles qui se tiendront, du 3 au 10 décembre, dans toute la fonction publique.

  • Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    « La direction de Decathlon ne veut rien nous donner alors que tous les chiffres sont au vert. » Abdallah Draoui, délégué syndical CFDT de l’entrepôt des Aiguilles à Ensuès-la-Redonne, résume l’amertume des salariés en ce jour de grève de lundi. Après un premier round côté commercial samedi (notre édition du 8/06), les logisticiens de l’enseigne sportive prennent le relais de l’appel intersyndical à la mobilisation, notamment à la grève et au débrayage.

    Le piquet de ce lundi matin rassemble une trentaine de grévistes, avant que les syndicalistes n’aient fait le tour de l’entrepôt. Les poids lourds sont arrêtés au portail, pendant une quinzaine de minutes. Une action symbolique pour une cause bien réelle : celle des salaires. « La direction a refusé de répercuter l’augmentation du Smic », selon Abdallah Draoui, ce qui était pourtant auparavant de mise proportionnellement sur la grille des salaires. « Déjà qu’on n’a rien eu aux négociations annuelles obligatoires [NAO, Ndlr], en plus on nous prive de la hausse du Smic et on n’a même pas un euro de ticket restau », abonde Laurent Curti, délégué syndical CGT du site.

    Une exception est à noter : « On a eu un jour de congé payé et un dispositif mobilité verte, mais on n’a pas de voiture électrique et on ne covoiture pas », pointe le syndicaliste, railleur. Son confrère de la CFDT rapporte qu’en face « la direction est en avance de 80 millions d’euros sur sa trajectoire et que bientôt les actionnaires vont se virer encore 900 millions d’euros ». Laurent Curti rappelle les autres chiffres : 1,4 milliard d’euros, 412 millions ou encore 605 millions sur les dernières années.

    « On n’y arrive pas »

    Le pouvoir d’achat face à l’inflation n’est pas la seule bataille. « Le Smic a été la goutte d’eau, mais les conditions de travail sont également déplorables », tance Angélique Geraci, de la CFTC du site des Aiguilles. La syndicaliste parle « de plus en plus de charge de travail pour des objectifs qui sont inatteignables. On ouvre déjà 24 heures sur 24 pour livrer 70 magasins et on n’y arrive pas quand on nous demande de traiter une commande de l’un d’eux en 24 heures » au lieu de 48. Les primes, liées au chiffre d’affaires, en pâtissent : « On n’y arrive juste pas, et les primes trimestrielles ont le même calcul. »

    Mais cette marche forcée est censée être justifiée par l’assistance de la technologie. « Ils ont investi 20 millions d’euros dans la mécanisation », remarque Abdallah Draoui. « Mais ce n’est pas encore au point pour marcher comme ils l’espéraient », complète Laurent Curti. Un matériel qui nécessite une astreinte de techniciens de maintenance du prestataire.

    Mais la logique du « travailler plus pour gagner plus » rapportée par Abdallah Draoui trouve ses limites. « Seule la suractivité paye à 150% du salaire. Mais la direction planifie à l’avance et on n’a plus que quelques heures ici et là », pointe Laurent Curti, quand Frédéric Pellier de FO rappelle qu’« il n’y a pas de majoration le dimanche ».

    Contactée, la direction de Decathlon assure du « maintien d’un dialogue social régulier, constructif et continu. L’entreprise reste à l’écoute de l’ensemble de ses collaborateurs au quotidien. »

    En face, 80 revendications restent non satisfaites.